Adhyaya 221
Prabhasa KhandaPrabhasa Kshetra MahatmyaAdhyaya 221

Adhyaya 221

Cet adhyāya est présenté comme un enseignement d’Īśvara décrivant un lieu sacré à Prabhāsa, centré sur la divinité/liṅga nommé «R̥ṇamocana» (celui qui “délivre de la dette”). Il est affirmé que le simple darśana—la vision dévotionnelle—de R̥ṇamocana abolit la dette issue des lignées maternelle et paternelle, c’est-à-dire la dette envers les ancêtres. Le récit évoque ensuite un groupe de Pitṛs (Ancêtres) ayant pratiqué de longues austérités (tapas) à Prabhāsa et établi un liṅga avec bhakti. Mahādeva, satisfait, apparaît et les invite à demander une grâce. Les Pitṛs sollicitent une vṛtti durable—un moyen religieusement efficace—pour les êtres des ordres divin, des ṛṣi et humain : que ceux qui viennent avec foi soient libérés de la dette ancestrale et des souillures morales; et que même les ancêtres morts de façon irrégulière (serpents, feu, poison) ou dont les rites posthumes furent incomplets—sans sapīṇḍīkaraṇa, offrandes ekoddiṣṭa/ṣoḍaśa, vṛṣotsarga, ou la pureté rituelle (śauca)—obtiennent une voie plus élevée lorsqu’ils sont apaisés ici. Maheśvara répond que les humains voués à la pitṛ-bhakti, en se baignant dans l’eau sacrée et en accomplissant le pitṛ-tarpaṇa, reçoivent une délivrance immédiate; même chargés de lourds péchés, Il demeure varapradā, dispensateur de dons. Le cœur prescriptif relie le snāna et le culte du liṅga établi par les Pitṛs à la libération de la dette ancestrale, et explique le nom : puisque le darśana affranchit de ṛṇa, il est appelé R̥ṇamocana. Un rite supplémentaire mentionne le bain après avoir posé de l’or sur la tête, dont le mérite équivaut au don de cent vaches. Le chapitre se clôt en recommandant d’y accomplir le śrāddha avec plein effort et d’adorer le pitṛ-liṅga, cher aux dieux.

Shlokas

Verse 1

ईश्वर उवाच । ततो गच्छेन्महादेवि देवं च ऋणमोचनम् । तस्मिन्दृष्टे ऋणं न स्यान्मातापितृसमुद्भवम्

Īśvara dit : «Alors, ô Mahādevī, qu’on aille vers la divinité nommée Ṛṇamocana. À sa vue, il ne demeure plus aucune dette née de la mère et du père (devoir envers les ancêtres).»

Verse 2

पितरस्तु पुरा सर्वे दिव्यक्षेत्रं समागताः । प्रभासे तपसा युक्ताः स्थिता वर्षगणान्बहून्

Autrefois, tous les Pitṛ vinrent se rassembler en ce lieu sacré et divin. À Prabhāsa, ils demeurèrent de longues années, voués à l’austérité (tapas).

Verse 3

अग्निष्वात्ता बर्हिषदः सोमपा आज्यपास्तथा । लिंगं संस्थापयामासुः सर्वे भक्तिपरायणाः

Les Agniṣvātta, les Barhiṣad, les Somapā et aussi les Ājyapā — tous voués à la bhakti — établirent un liṅga de Śiva.

Verse 4

ततः कालेन महता तुष्टस्तेषां महेश्वरः । ततः प्रत्यक्षतां गत्वा वाक्यमेतदुवाच ह

Après un long temps, Maheśvara fut satisfait d’eux. Alors, se manifestant en personne, il prononça ces paroles.

Verse 5

परितुष्टोऽस्मि भद्रं वो ब्रूत यन्मनसेप्सितम्

«Je suis pleinement satisfait de vous ; que le bien vous advienne. Dites ce que votre cœur désire.»

Verse 6

पितर ऊचुः । अस्माकं दीयतां वृत्तिर्जगत्यस्मिन्स्वयं कृते । देवानां च ऋषीणां च मानुषाणां महीतले

Les Pitṛs dirent : «Accorde-nous un moyen de subsistance en ce monde que Tu as façonné Toi-même, sur la terre, pour les dieux, les ṛṣi et les humains.»

Verse 7

भवानेव परो लोके सर्वेषां पद्मसंभव । आगत्य वर्णाश्चत्वार इह ये श्रद्धयान्विताः

«Toi seul es le refuge suprême dans les mondes pour tous, ô Padma-saṃbhava. Ceux des quatre varṇa qui viennent ici, animés de foi…»

Verse 8

पैतृकात्तु ऋणान्मुक्ता भवंतु गतकल्मषाः । व्यन्तरत्वं सुरश्रेष्ठ येषां वै पितरो गताः

«Qu’ils soient délivrés des dettes envers les ancêtres et purifiés de toute souillure. Ô le meilleur des dieux, même ceux dont les pères sont tombés à l’état de vyantara, êtres intermédiaires errants, qu’ils soient ici relevés.»

Verse 9

सर्प्पे वह्नि विषैर्वा ये नाशं नीताः पितामहाः । अपुत्रा वा सपुत्रा वा सपिण्डीकरणं विना

«Que les aïeux aient péri par le serpent, par le feu ou par le poison; qu’ils soient morts sans fils ou même avec des fils, mais sans le rite de sapiṇḍīkaraṇa, qu’ils reçoivent ici le bienfait des rites accomplis.»

Verse 10

न कृतानि पुरा येषामेकोद्दिष्टानि षोडश । तथा नैव वृषोत्सर्गो गोहताश्चाथ चान्त्यजैः

«Ceux pour qui, jadis, les seize offrandes ekoddiṣṭa n’ont pas été accomplies; de même ceux pour qui le rite de vṛṣotsarga n’a pas été fait; et aussi ceux qui furent tués par des antyaja, des exclus : que tous ces ancêtres soient secourus par la sainteté de ce lieu.»

Verse 11

अथापरे ये च मृताः शौचेन तु विना कृताः । ते चात्र तर्पिताः सर्वे प्रयान्तु परमां गतिम्

Et aussi les autres—ceux qui moururent sans les observances requises de pureté—que tous, rassasiés ici par les offrandes, s’en aillent vers l’état suprême.

Verse 12

श्रीभगवानुवाच । स्नात्वा तु सलिले पुण्ये पितृणां चैव तर्पणम् । ये करिष्यंति मनुजाः पितृभक्तिपरायणाः

Le Seigneur Bienheureux dit : Les hommes, voués à la piété envers les ancêtres, qui se baignent dans cette eau sacrée et accomplissent le tarpaṇa pour les Pitṛ—

Verse 13

अहं वरप्रदस्तेषां तारयिष्यामि तत्क्षणात् । पितृन्सर्वान्न संदेहो यदि पापशतैर्वृताः

Moi, dispensateur de grâces, je délivrerai à l’instant même tous leurs ancêtres—sans aucun doute—fussent-ils enveloppés de centaines de péchés.

Verse 14

अस्मिंस्तीर्थे नरः स्नात्वा यो लिंगं पूजयिष्यति । युष्माभिः स्थापितं लिंगं स मुक्तः पैतृकादृणात्

Dans ce tīrtha, quiconque se baigne et adore le liṅga—ce liṅga établi par vous—est délivré de la dette envers les ancêtres.

Verse 15

यस्मादृणात्प्रमुच्येत अस्य लिंगस्य दर्शनात् । तस्मान्मया कृतं नाम ह्येतस्य ऋणमोचनम्

Car par la seule vision de ce liṅga on est délivré de la dette; c’est pourquoi je lui ai donné le nom de « Ṛṇamocana », le Libérateur de la Dette.

Verse 16

ईश्वर उवाच । हिरण्यं मस्तके दत्त्वा यः स्नाति ऋणमोचने । आत्मा वै तारितस्तेन दत्तं भवति गोशतम्

Īśvara dit : Celui qui se baigne à Ṛṇamocana après avoir posé de l’or sur sa tête, son être même est délivré par cet acte, et ce mérite équivaut au don de cent vaches.

Verse 17

एवमुक्त्वा स भगवांस्तत्रैवान्तरधीयत । तस्मात्सर्वप्रयत्नेन तत्र श्राद्धं समाचरेत् । पूजयेत्तन्महादेवि पितृलिंगं सुरप्रियम्

Après avoir ainsi parlé, le Seigneur Bienheureux disparut sur-le-champ. C’est pourquoi, avec tous ses efforts, on doit accomplir le śrāddha en ce lieu ; et, ô Grande Déesse, on doit vénérer le Pitṛ-liṅga, cher aux dieux.

Verse 221

इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां सप्तमे प्रभासखण्डे प्रथमे प्रभासक्षेत्रमाहात्म्य ऋणमोचनमाहात्म्यवर्णनंनामैकविंशत्युत्तरद्विशततमो ऽध्यायः

Ainsi, dans le saint Skanda Mahāpurāṇa—au sein de la Saṃhitā de quatre-vingt-un mille vers—dans le septième livre, le Prabhāsa Khaṇḍa, dans la première partie, le Prabhāsa-kṣetra Māhātmya, s’achève le chapitre deux cent vingt et un, intitulé «Description de la grandeur de Ṛṇamocana (le Libérateur des dettes)».