
Ce chapitre se déploie comme un enseignement théologique en questions–réponses. Les sages demandent au narrateur d’identifier les onze appellations liées aux brāhmanes à Vārāṇasī, décrites comme un groupe d’onze en relation avec Rudra. Le narrateur énumère : Mṛgavyādha, Sarvajña, Nindita, Mahāyaśas, Ajāikapād, Ahirbudhnya, Pinākī, Paraṃtapa, Dahana, Īśvara et Kapālī, en déclarant que ces noms correspondent à des formes de Rudra instituées par Hari. Les sages sollicitent ensuite des indications sur les dons (dāna) convenables et sur le japa mentionné auparavant. Le narrateur prescrit un rite de dāna structuré : offrir successivement des vaches « présentes et réelles » (pratyakṣā dhenu), chacune associée à une offrande selon son origine—jaggery/sucre brut, beurre, ghee, or, sel, rasa/jus doux, nourriture et eau. Le chapitre s’achève par une phalāśruti explicite : celui qui accomplit ces dons devient cakravartin (souverain universel), et l’on souligne que les présents offerts près de la Présence sacrée portent un fruit accru ; si l’on ne peut tout donner, qu’on offre au moins une vache avec effort, en l’intention de tous les Rudra.
Verse 1
ऋषय ऊचुः । कि नामानो द्विजास्ते च वाराणस्याः समागताः । एकादशप्रकारोऽसौ येषां रुद्रः प्रभक्तितः । तत्संज्ञाश्च समाचक्ष्व विस्तरेण महामुने
Les sages dirent : «Quels sont les noms de ces dvija, les “deux-fois-nés”, rassemblés à Vārāṇasī—ceux dont le lien à Rudra est d’onze manières ? Ô grand muni, expose-nous leurs appellations en détail.»
Verse 2
सूत उवाच । एकस्तेषां मृगव्याधो विख्यातो भुवनत्रये । द्वितीयः सर्वसंज्ञश्च निंदितश्च तृतीयकः
Sūta dit : « Parmi eux, l’un est Mṛgavyādha, renommé dans les trois mondes. Le second est appelé Sarvasaṃjña, et le troisième est connu sous le nom de Nindita. »
Verse 3
महायशाश्चतुर्थस्तु कथ्यते मुनिसत्तमाः । अजैकपाद इत्युक्तः पंचमो मुनि सत्तमाः
« Ô sages éminents, le quatrième est dit Mahāyaśas. Le cinquième, ô muni le plus excellent, est appelé Ajaikapāda. »
Verse 4
अहिर्बुध्न्यस्तथा षष्ठः पिनाकी सप्तमस्तथा । परं तपस्तथान्यस्तु दहनो नवमस्तथा
« Le sixième est Ahirbudhnya ; le septième est Pinākī. Un autre est nommé Paraṃtapas, et le neuvième est Dahana. »
Verse 5
ईश्वरो दशमः प्रोक्तः कपाली चांति मस्तथा । तेषामेतानि नामानि स्थितान्येव हि यानि च । रुद्राणामपि तान्येव विहितानि हरेण तु
« Le dixième est proclamé Īśvara, et Kapālī est pareillement le dernier. Tels sont leurs noms établis ; et ces mêmes noms des Rudra furent institués par Hari. »
Verse 6
ऋषय ऊचुः । कानि दानानि शस्यानि तदर्थं वद नो द्रुतम् । जपश्चैव पुरा प्रोक्तस्त्वया कार्यो यथैव च
Les sages dirent : « Dis-nous promptement quels dāna (dons sacrés) sont les plus dignes d’éloge pour ce but. Et, comme tu l’as enseigné jadis, quel japa doit être accompli, et de quelle manière. »
Verse 7
सूत उवाच । तदुद्दिश्य प्रदातव्यमेकैकस्य पृथक्पृथक् । प्रत्यक्षाश्च महाभाग दातव्या धेनवः क्रमात्
Sūta dit : «En les gardant à l’esprit, qu’on fasse des offrandes à chacun, séparément, l’un après l’autre. Et, ô noble, que des vaches bien réelles soient données en don selon l’ordre prescrit.»
Verse 8
मृगव्याधाय प्रत्यक्षा गौर्देया च गुडोद्भवा । कपालिने प्रदातव्या नवनीतसमुद्भवा
«À Mṛgavyādha, qu’on donne une vache bien réelle associée au guḍa (sucre brut). À Kapālī, qu’on offre une vache associée au navanīta (beurre frais).»
Verse 9
अजपादाय चाज्योत्था अहिर्बुध्न्याय हेमजा । पिनाकिने प्रदातव्या धेनुर्लवणसम्भवा
Une vache née du ghee (ājya) doit être donnée à Ajapāda ; une vache née de l’or, à Ahirbudhnya ; et une vache née du sel doit être offerte à Pinākin (Śiva, porteur de l’arc Pināka).
Verse 10
परंतपाय विप्रेन्द्रास्तथैव रसस म्भवा । अन्नजा दहनायोक्ता ईश्वराय जलोद्भवा
Ô le meilleur des brāhmaṇas, de même : une vache née de la douce essence (rasa) doit être donnée à Parantapa ; une vache née des grains de nourriture est prescrite pour Dahana ; et une vache née de l’eau doit être offerte à Īśvara.
Verse 11
एता ददाति यो विप्रा एतेषां च महात्मनाम् । चक्रवर्ती भवेन्नूनमेतदाह पितामहः
Ô brāhmaṇas, quiconque offre ces dons prescrits à ces grands êtres deviendra assurément un cakravartin, souverain universel ; ainsi l’a proclamé Pitāmaha (Brahmā).
Verse 12
अन्यत्रापि प्रदत्ताश्च किं पुनर्भवसंनिधौ । तस्मात्सर्वप्रयत्नेन एता देयाः प्रयत्नतः
Même offerts ailleurs, ces dons portent du fruit—combien plus encore en la présence même de Bhava (Śiva) ! C’est pourquoi, avec tous ses efforts, on doit les offrir avec soin et assiduité.
Verse 13
धेनवो यो न शक्तः स्यादेका देया प्रयत्नतः । सर्वेषामेव रुद्राणां भर्तृयज्ञवचो यथा
Si l’on n’a pas la force d’offrir de nombreuses vaches, qu’on s’efforce d’en offrir une seule—car elle est reçue comme appartenant à tous les Rudra, selon la parole de Bhartṛyajña.
Verse 277
इति श्रीस्कान्दे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां षष्ठे नागरखण्डे हाटकेश्वरक्षेत्रमाहात्म्ये एकादशरुद्रसमीपे दानमाहात्म्यवर्णनं नाम सप्तसप्तत्युत्तरद्विशततमोऽध्यायः
Ainsi s’achève le chapitre deux cent soixante-dix-sept, intitulé « Description de la gloire du don auprès des Onze Rudra », dans le Hāṭakeśvara-kṣetra-māhātmya du sixième livre, le Nāgara-khaṇḍa, au sein du Śrī Skanda Mahāpurāṇa, la compilation de quatre-vingt-un mille śloka.