Adhyaya 68
Avanti KhandaReva KhandaAdhyaya 68

Adhyaya 68

Mārkaṇḍeya enseigne à Yudhiṣṭhira de se rendre au tīrtha de Dhanadā sur la rive méridionale de la Narmadā, loué comme destructeur universel des péchés et dispensateur du fruit de tous les tīrthas. Une observance à date fixe est prescrite : au jour de Trayodaśī de la quinzaine claire du mois de Caitra, le pratiquant doit se maîtriser, jeûner et veiller toute la nuit. Il est prescrit de baigner rituellement « Dhanadā » avec le pañcāmṛta, d’offrir une lampe de ghee, et de soutenir la bhakti par le chant et les instruments. À l’aube, on doit honorer des brāhmanes qualifiés—dignes de recevoir des dons, établis dans l’étude et le débat des śāstras, engagés dans la conduite śrauta/smārta et retenus dans l’éthique. Les dons comprennent vaches, or, vêtements, chaussures et nourriture, avec en option ombrelle et lit ; l’effet annoncé est l’effacement complet des fautes sur trois naissances. La phalāśruti distingue les fruits selon la disposition : le non-discipliné obtient le ciel, le discipliné atteint la délivrance. Le pauvre reçoit de la nourriture à maintes reprises ; une noblesse innée et l’allègement des souffrances sont accordés ; l’eau de la Narmadā détruit les maladies. Un mérite particulier est attribué au don de connaissance (vidyā-dāna) au tīrtha de Dhanadā, menant au « monde du Soleil » sans afflictions ; et ceux qui multiplient les offrandes à Devadroṇī, sur la rive sud de la Revā, atteignent le « monde de Śaṅkara », exempt de chagrin.

Shlokas

Verse 1

श्रीमार्कण्डेय उवाच । धनदस्य तु तत्तीर्थं ततो गच्छेद्युधिष्ठिर । नर्मदादक्षिणे कूले सर्वपापक्षयंकरम्

Śrī Mārkaṇḍeya dit : Alors, ô Yudhiṣṭhira, qu’on se rende à ce tīrtha de Dhanada (Kubera), sur la rive méridionale de la Narmadā, expiation qui anéantit tous les péchés.

Verse 2

सर्वतीर्थफलं तत्र प्राप्यते नात्र संशयः । चैत्रमासत्रयोदश्यां शुक्लपक्षे जितेन्द्रियः

Là, on obtient le fruit de tous les tīrtha ; il n’y a là aucun doute. Le treizième jour lunaire de la quinzaine claire du mois de Caitra, les sens maîtrisés,

Verse 3

उपोष्य परया भक्त्या रात्रौ कुर्वीत जागरम् । पञ्चामृतेन राजेन्द्र स्नापयेद्धनदं बुधः

Après avoir jeûné avec une dévotion suprême, qu’on veille toute la nuit. Ô le meilleur des rois, le dévot sage doit baigner Dhanada (Kubera) avec le pañcāmṛta.

Verse 4

दीपं घृतेन दातव्यं गीतं वाद्यं च कारयेत् । प्रभाते पूजयेद्विप्रानात्मनः श्रेय इच्छति

Qu’on offre une lampe nourrie de ghee, et qu’on fasse retentir le chant et les instruments. À l’aube, celui qui désire son plus haut bien doit honorer les brāhmaṇas.

Verse 5

प्रतिग्रहसमर्थांश्च विद्यासिद्धान्तवादिनः । श्रौतस्मार्तक्रियायुक्तान् परदारपराङ्मुखान्

—ces brāhmaṇas dignes de recevoir des dons, qui exposent le savoir et la doctrine établie, accomplissant les rites Śrauta et Smārta, et se détournant de l’épouse d’autrui.

Verse 6

पूजयेद्गोहिरण्येन वस्त्रोपानहभोजनैः । छत्रशय्याप्रदानेन सर्वपापक्षयो भवेत्

Qu’on rende un culte en offrant des vaches et de l’or, ainsi que vêtements, chaussures et nourriture. Par le don d’ombrelles et de lits, s’accomplit l’entière destruction de tous les péchés.

Verse 7

त्रिजन्मजनितं पापं वरदस्य प्रभावतः । स्वर्गदं दुर्विनीतानां विनीतानां च मोक्षदम्

Par la puissance de Celui qui accorde les grâces, le péché amassé en trois naissances est effacé. Il donne le ciel aux indisciplinés et la délivrance (mokṣa) aux disciplinés.

Verse 8

अन्नदं च दरिद्राणां भवेज्जन्मनिजन्मनि । कुलीनत्वं दुःखहानिः स्वभावाजायते नरे

Pour les pauvres, il devient donateur de nourriture naissance après naissance. Chez l’homme, la noblesse de caractère et la disparition de la souffrance naissent naturellement.

Verse 9

व्याधिध्वंसो भवेत्तेषां नर्मदोदकसेवनात् । धनदस्य तु यस्तीर्थे विद्यादानं प्रयच्छति

Pour eux, les maladies sont anéanties par la consommation de l’eau sacrée de la Narmadā. Et celui qui, au tīrtha de Dhanada, accorde le don de la connaissance—

Verse 10

स याति भास्करे लोके सर्वव्याधिविवर्जिते । देवद्रोणीं च तत्रैव स्वशक्त्या पाण्डुनन्दन

Il se rend au monde de Bhāskara, exempt de toute maladie. Et là même, il obtient aussi Deva-droṇī, selon sa propre capacité, ô fils de Pāṇḍu.

Verse 11

ये प्रकुर्वन्ति भूयिष्ठां रेवाया दक्षिणे तटे । ते यान्ति शांकरे लोके सर्वदुःखविवर्जिते

Ceux qui accomplissent abondamment (ces rites) sur la rive méridionale de la Revā vont au monde de Śaṅkara, délivrés de toute peine.

Verse 68

। अध्याय

«Chapitre» (marque de colophon, limite de section).