Adhyaya 164
Avanti KhandaReva KhandaAdhyaya 164

Adhyaya 164

Śrī Mārkaṇḍeya décrit un tīrtha « suprême » nommé Sāṃvaura, marqué par la présence singulière de Bhānu/Sūrya (le Soleil), adoré par les devas comme par les asuras. Le chapitre met en avant un motif social et théologique : ce lieu de pèlerinage est présenté comme un refuge pour ceux que frappent de grandes souffrances—infirmités, maux semblables à des maladies, abandon et isolement—dépeints comme « engloutis dans un océan de chagrin ». Leur protecteur est Sāṃvauranātha, divinité établie sur la rive de la Narmadā, louée comme celui qui ôte la détresse (ārtihā) et détruit la douleur. Une observance est prescrite : se baigner sans relâche au tīrtha pendant un mois, tout en rendant un culte à Bhāskara (le Soleil). Le mérite est amplifié par des équivalences—comme si l’on se baignait dans les mers des diverses directions—et il est affirmé que les péchés accumulés durant la jeunesse, l’âge mûr et la vieillesse sont anéantis par le seul bain. Parmi les autres fruits : délivrance de la maladie, de la pauvreté et de la séparation d’avec ce que l’on désire, et cela sur sept naissances. Le jeûne au jour de Saptamī (septième jour lunaire) et des offrandes telles que l’arghya au santal rouge sont également exaltés. Les eaux de la Narmadā sont louées comme détruisant universellement le péché ; ceux qui s’y baignent et contemplent Sāṃvaureśvara sont déclarés bénis, avec la promesse finale de demeurer dans le monde solaire jusqu’à la dissolution cosmique.

Shlokas

Verse 1

श्रीमार्कण्डेय उवाच । ततो गच्छेन्महाराज सांवौरं तीर्थमुत्तमम् । यत्र संनिहितो भानुः पूज्यमानः सुरासुरैः

Śrī Mārkaṇḍeya dit : «Ensuite, ô grand Roi, qu’on se rende au Tīrtha excellent de Sāṃvaura, où Bhānu, le Soleil, demeure en présence manifeste, vénéré également par les devas et les asuras».

Verse 2

तत्र ये पङ्गुतां प्राप्ताः शीर्णघ्राणनखा नराः । दद्रुमण्डलभिन्नाङ्गा मक्षिकाकृमिसंकुलाः

Là, ces hommes devenus boiteux—le nez et les ongles rongés, le corps meurtri par des éruptions en cercles, et tourmentés par des nuées de mouches et de vers—(viennent chercher le soulagement).

Verse 3

मातापितृभ्यां रहिता भ्रातृभार्याविवर्जिताः । अनाथा विकला व्यङ्गा मग्ना ये दुःखसागरे

Privés de mère et de père, sans frère ni épouse—sans appui, affaiblis et infirmes—ceux qui sombrent dans un océan de chagrin (y trouvent refuge).

Verse 4

तेषां नाथो जगद्योनिर्नर्मदातटमाश्रितः । सांवौरनाथो लोकानामार्तिहा दुःखनाशनः

Leur protecteur est la Source du monde, demeurant sur la rive de la Narmadā : Sāṃvauranātha, celui qui ôte la détresse des êtres et anéantit la douleur.

Verse 5

तत्र तीर्थे तु यः स्नात्वा मासमेकं निरन्तरम् । पूजयेद्भास्करं देवं तस्य पुण्यफलं शृणु

En ce tīrtha, quiconque s’y baigne et, durant un mois entier sans interruption, adore le dieu Bhāskara—écoute le fruit de mérite qu’il obtient.

Verse 6

यत्फलं चोत्तरे पार्थ तथा वै पूर्वसागरे । दक्षिणे पश्चिमे स्नात्वा तत्र तीर्थे तु तत्फलम्

Quel que soit le fruit obtenu en se baignant dans les eaux sacrées du nord, et de même dans l’Océan de l’Est—ainsi qu’en se baignant dans les mers du sud et de l’ouest—ce même fruit est obtenu en se baignant en ce tīrtha.

Verse 7

कौमारे यौवने पापं वार्द्धके यच्च संचितम् । तत्प्रणश्यति सांवौरे स्नानमात्रान्न संशयः

Tout péché amassé dans l’enfance, la jeunesse et la vieillesse est détruit à Sāṃvaura par le seul bain; sans aucun doute.

Verse 8

न व्याधिर्नैव दारिद्र्यं न चैवेष्टवियोजनम् । सप्तजन्मानि राजेन्द्र सांवौरपरिसेवनात्

Ô seigneur des rois, en recourant à Sāṃvaura et en le servant, il n’y a ni maladie, ni pauvreté, ni séparation d’avec ce qui est cher—durant sept naissances.

Verse 9

सप्तम्यामुपवासेन तद्दिने चाप्युपोषिते । स तत्फलमवाप्नोति तत्र स्नात्वा न संशयः

En jeûnant le septième jour lunaire et en observant ce jeûne ce jour-là, on obtient sans doute le fruit promis en se baignant là-bas.

Verse 10

रक्तचन्दनमिश्रेण यदर्घ्येण फलं स्मृतम् । तत्र तीर्थे नृपश्रेष्ठ स्नात्वा तत्फलमाप्नुयात्

Ô meilleur des rois, quel que soit le fruit déclaré naître de l’offrande d’un arghya mêlé de santal rouge—en se baignant dans ce même tīrtha, on obtient ce fruit-là.

Verse 11

नर्मदासलिलं रम्यं सर्वपातकनाशनम् । निरीक्षितं विशेषेण सांवौरेण महात्मना

Les belles eaux de la Narmadā, qui détruisent tous les péchés, furent contemplées avec une révérence particulière par le grand d’âme à Sāṃvaura.

Verse 12

ते धन्यास्ते महात्मानस्तेषां जन्म सुजीवितम् । स्नात्वा पश्यन्ति देवेशं सांवौरेश्वरमुत्तमम्

Vraiment bénis sont ces grands êtres; leur naissance est une vie bien accomplie : après le bain rituel, ils contemplent le Seigneur des dieux, Sāṃvaureśvara, le Suprême.

Verse 13

सूर्यलोके वसेत्तावद्यावदाभूतसम्प्लवम्

Il demeure dans le monde du Soleil jusqu’à la dissolution cosmique des êtres.

Verse 164

। अध्याय

« Chapitre » (titre ou colophon).