Adhyaya 17
Vayaviya SamhitaPurva BhagaAdhyaya 1733 Verses

मनु-शतरूपा-प्रसूतिः तथा दक्षकन्याविवाहाः (Manu–Śatarūpā, Prasūti, and the Marriages of Dakṣa’s Daughters)

Ce chapitre poursuit la suite de création et de généalogie. Vāyu raconte que Prajāpati reçut d’Īśvara une puissance divine durable (śāśvatī parā śakti) et voulut engendrer une création par couples, issue de l’union (maithunaprabhavā sṛṣṭi). Une manifestation scindée survient : le créateur devient moitié homme, moitié femme, et la moitié féminine se manifeste comme Śatarūpā. Brahmā produit Virāj ; le principe masculin est identifié à Svāyaṃbhuva Manu. Śatarūpā accomplit un tapas rigoureux et accepte Manu pour époux. D’elle naissent deux fils, Priyavrata et Uttānapāda, et deux filles, Ākūti et Prasūti. Manu donne Prasūti à Dakṣa et Ākūti à Ruci ; d’Ākūti naissent Yajña et Dakṣiṇā, par lesquels l’ordre du monde est maintenu. Dakṣa engendre vingt-quatre filles, dont Śraddhā, Lakṣmī, Dhṛti, Puṣṭi, Tuṣṭi, Medhā, Kriyā, Buddhi, Lajjā, Vapuḥ, Śānti, Siddhi et Kīrti. Dharma prend les Dākṣāyaṇī pour épouses, et le texte énumère encore d’autres filles telles que Khyāti, Smṛti, Prīti, Kṣamā, Anasūyā, Ūrjā, Svāhā et Svadhā. De grands ṛṣi et des agents cosmiques (Bhṛgu, Marīci, Aṅgiras, Pulaha, Kratu, Pulastya, Atri, Vasiṣṭha, Pāvaka, les Pitṛ) les épousent, donnant naissance à de nombreuses lignées. Le chapitre oppose la descendance issue du dharma, source de sukha, à celle liée à l’adharma, source de duḥkha et de hiṃsā, faisant de la généalogie une causalité morale et cosmique.

Shlokas

Verse 1

स्वायंभुवसुतायां तु प्रसूत्यां लोकमातरः

De Prasūti, fille de Svāyambhuva Manu, naquirent les Mères des mondes.

Verse 3

विराजमसृजद्ब्रह्मा सो ऽर्धन पुरुषो ऽभवत् । स वै स्वायंभुवः पूर्वं पुरुषो मनुरुच्यते । सा देवी शतरूपा तु तपः कृत्वा सुदुश्चरम् । भर्तारं दीप्तयशसं मनुमेवान्वपद्यत

Brahmā créa Virāj, et cet être devint l’Homme primordial, le premier Puruṣa. C’est lui que l’on nomme Svāyambhuva Manu, le plus ancien des hommes. La Déesse Śatarūpā, après avoir accompli des austérités très difficiles, accepta Manu lui-même —à la gloire éclatante— pour époux.

Verse 5

तस्मात्तु शतरूपा सा पुत्रद्वयमसूयत । प्रियव्रतोत्तानपादौ पुत्रौ पुत्रवतां वरौ । कन्ये द्वे च महाभागे याभ्यां जातास्त्विमाः प्रजाः । आकूतिरेका विज्ञेया प्रसूतिरपरा स्मृता

Ensuite, Śatarūpā enfanta deux fils—Priyavrata et Uttānapāda—tous deux éminents parmi ceux que la grâce a comblés de fils. Elle mit aussi au monde deux filles nobles ; par elles se propagèrent ces lignées d’êtres : l’une doit être connue sous le nom d’Ākūti, et l’autre est mémorisée comme Prasūti.

Verse 7

स्वायंभुवः प्रसूतिं च ददौ दक्षाय तां प्रभुः । रुचेः प्रजापतिश्चैव चाकूतिं समपादयत् । आकूत्यां मिथुनं जज्ञे मानसस्य रुचेः शुभम् । यज्ञश्च दक्षिणा चैव याभ्यां संवर्तितं जगत्

Le Seigneur Svāyaṃbhuva (Manu) donna Prasūti à Dakṣa en mariage. Et le Prajāpati Ruci, de même, prit Ākūti. D’Ākūti, par Ruci né de l’esprit, naquit un couple de bon augure—Yajña et Dakṣiṇā—par lesquels l’ordre et la continuité du monde furent mis en mouvement.

Verse 9

चतस्रो विंशतिः कन्या दक्षस्त्वजनयत्प्रभुः । श्रद्धा लक्ष्मीर्धृतिः पुष्टिस्तुष्टिर्मेधा क्रिया तथा । बुद्धिर्लज्जा वपुः शांतिस्सिद्धिः कीर्तिस्त्रयोदशी

Le seigneur Dakṣa engendra vingt-quatre filles : Śraddhā (la foi), Lakṣmī (la fortune), Dhṛti (la constance), Puṣṭi (la nutrition), Tuṣṭi (le contentement), Medhā (l’intelligence) et Kriyā (l’action juste) ; ainsi que Buddhi (le discernement), Lajjā (la pudeur), Vapuḥ (la beauté), Śānti (la paix), Siddhi (l’accomplissement) et Kīrti (la bonne renommée) — telles sont les treize nommées ici.

Verse 11

पत्न्यर्थं प्रतिजग्राह धर्मो दाक्षायणीः प्रभुः । ताभ्यः शिष्टा यवीयस्य एकादश सुलोचनाः । ख्यातिः सत्यर्थसंभूतिः स्मृतिः प्रीतिः क्षमा तथा । सन्नतिश्चानसूया च ऊर्जा स्वाहा स्वधा तथा

Afin de prendre épouses, le Seigneur Dharma accepta les filles de Dakṣa. De ces épouses naquirent à la plus jeune onze filles aux yeux magnifiques : Khyāti, Satyārtha-Saṃbhūti, Smṛti, Prīti, Kṣamā, Sannati, Anasūyā, Ūrjā, Svāhā et Svadhā.

Verse 13

भृगुश्शर्वो मरीचिश्च अंगिराः पुलहः क्रतुः । पुलस्त्यो ऽत्रिर्विशिष्ठश्च पावकः पितरस्तथा । ख्यात्याद्या जगृहुः कन्यामुनयो मुनिसत्तमाः । कामाद्यास्तु यशोंता ये ते त्रयोदश सूनवः

Bhṛgu, Śarva, Marīci, Aṅgiras, Pulaha, Kratu, Pulastya, Atri, Vasiṣṭha et Pāvaka — ainsi que les Pitṛ — ces plus grands des sages prirent pour épouses des jeunes filles telles que Khyāti. D'eux naquirent treize fils, commençant par Kāma et finissant par Yaśas.

Verse 15

धर्मस्य जज्ञिरे तास्तु श्रद्धाद्यास्सुसुखोत्तराः । दुःखोत्तराश्च हिंसायामधर्मस्य च संततौ । निकृत्यादय उत्पन्नाःपुत्राश्च धर्मलक्षणाः । नैषां भार्याश्च पुत्रा वा सर्वे त्वनियमाः स्मृताः

De Dharma naquirent les êtres commençant par Śraddhā (la Foi), dont la descendance était marquée par un bonheur de bon augure. Mais dans la lignée d'Adharma — par Hiṃsā (la Violence) — surgit une progéniture dont l'aboutissement était la souffrance, telle que Nikṛti (la Tromperie) et d'autres. Leurs fils portaient également les signes de cette nature injuste. Parmi ceux-ci, ni les épouses ni les fils ne sont considérés comme réglés ou ordonnés ; tous sont restés dans les mémoires comme vivant sans règle ni contrainte.

Verse 17

स एष तामसस्सर्गो जज्ञे धर्मनियामकः । या सा दक्षस्य दुहिता रुद्रस्य दयिता सती । भर्तृनिन्दाप्रसंगेन त्यक्त्वा दाक्षायिणीं तनुम् । दक्षं च दक्षभार्यां च विनिंद्य सह बन्धुभिः

Ainsi naquit cette création tāmasa, régulatrice du dharma. Elle—Satī, fille de Dakṣa et bien-aimée de Rudra—lorsque survint l’affront fait à son époux, abandonna son corps de Dakṣāyaṇī; et, blâmant Dakṣa et l’épouse de Dakṣa avec leurs proches, elle le quitta.

Verse 19

सा मेनायामाविरभूत्पुत्री हिमवतो गिरेः । रुद्रस्तु तां सतीं दृष्ट्वा रुद्रांस्त्वात्मसमप्रभान् । यथासृजदसंख्यातांस्तथा कथितमेव च । भृगोः ख्यात्यां समुत्पन्ना लक्ष्मीर्नारायणप्रिया

Elle se manifesta comme fille de Menā et d’Himavat, roi des montagnes. Lorsque Rudra vit cette Satī, il fit surgir d’innombrables Rudra, rayonnants et égaux à sa propre splendeur—comme il a déjà été dit. De même, Lakṣmī, bien-aimée de Nārāyaṇa, naquit de Bhṛgu et de Khyāti.

Verse 21

देवौ धातृविधातारौ मन्वंतरविधारिणौ । तयोर्वै पुत्रपौत्राद्याश्शतशो ऽथ सहस्रशः । स्वायंभुवे ऽंतरे नीताः सर्वे ते भार्गवा मताः । मरीचेरपि संभूतिः पौर्णमासमसूयत

Il est deux puissances divines—Dhātṛ et Vidhātṛ—qui soutiennent et règlent les Manvantaras. D’eux naquirent, en vérité, fils, petits-fils et autres descendants, par centaines et même par milliers. Dans le Manvantara de Svāyambhuva, tous sont tenus pour appartenir à la lignée des Bhārgava. De Marīci aussi naquit une descendance ; Paurṇamāsī enfanta.

Verse 23

कन्याचतुष्टयं चैव महीयांसस्तदन्वयाः । येषां वंशे समुत्पन्नो बहुपुत्रस्य कश्यपः । स्मृतिश्चांगिरसः पत्नी जनयामास वै सुतौ । आग्नीध्रं शरभञ्चैव तथा कन्याचतुष्टयम्

De cette lignée naquirent d’illustres descendants ; et dans leur race vint au monde Kaśyapa, renommé comme père de nombreux fils. Smṛti, l’épouse du sage Aṅgirā, enfanta en vérité deux fils—Āgnīdhra et Śarabha—ainsi que quatre filles.

Verse 25

तदीयाः पुत्रपौत्राश्च येतीतास्ते सहस्रशः । प्रीत्यां पुलस्त्यभार्यायां दन्तोग्निरभवत्सुतः । पूर्वजन्मनि योगस्त्यस्स्मृतः स्वायंभुवे ऽंतरे । तत्संततीया बहवः पौलस्त्या इति विश्रुताः । क्षमा तु सुषुवे पुत्रान्पुलहस्य प्रजापतेः

Leurs fils et petits-fils déjà disparus se comptaient par milliers. De Prīti, l’épouse de Pulastya, naquit un fils nommé Dantogni. Dans une existence antérieure, on se souvient de lui comme de Yogastya durant le Manvantara de Svāyambhuva. Beaucoup de ses descendants devinrent célèbres sous le nom de Paulastya. Et Kṣamā enfanta des fils pour Pulaha, le Prajāpati.

Verse 27

कर्दमश्च सुरिश्चैव सहिष्णुश्चेति ते त्रयः । त्रेताग्निवर्चसस्सर्वे येषां वंशः प्रतिष्ठितः । क्रतोः क्रतुसमान्भार्या सन्नतिस्सुषुवे सुतान् । नैषां भार्याश्च पुत्राश्च सर्वे ते ह्यूर्ध्वरेतसः

Kardama, Suri et Sahiṣṇu—ces trois-là resplendissaient tels les feux sacrés de l’âge Tretā, et par eux leur lignée fut solidement établie. De Kratu, son épouse Sannati—digne de Kratu lui-même—enfanta des fils. Pourtant, pour ces fils, il n’y eut ni épouses ni descendance, car tous étaient ūrdhva-retas, conservant leur puissance génératrice par la discipline du célibat spirituel.

Verse 29

षष्टिस्तानि सहस्राणि वालखिल्या इति स्मृताः । अनूरोरग्रतो यांति परिवार्य दिवाकरम् । अत्रेर्भार्यानुसूया च पञ्चात्रेयानसूयत । कन्यकां च श्रुतिं नाम माता शंखपदस्य च

On se souvient d’eux comme des Vālakhilya—au nombre de soixante mille—qui, entourant le Soleil, marchent devant lui, à l’avant de sa cuisse. Et Anasūyā, l’épouse d’Atri, enfanta cinq fils appelés Ātreya ; elle mit aussi au monde une jeune fille nommée Śruti, qui devint la mère de Śaṅkhapada.

Verse 31

सत्यनेत्रश्च हव्यश्च आपोमूर्तिश्शनैश्चरः । सोमश्च पञ्चमस्त्वेते पञ्चात्रेयाः प्रकीर्तिताः । तेषां पुत्राश्च पौत्राश्च ह्यात्रेयाणां महात्मनाम् । स्वायंभुवे ऽंतरे ऽतीताः शतशो ऽथ सहस्रशः

Satyanetra et Havya, Āpomūrti et Śanaiścara, et Soma comme cinquième : tels sont proclamés les cinq Ātreya. Et les fils et petits-fils de ces Ātreya, aux grandes âmes, s’éteignirent durant le Manvantara de Svāyambhuva, par centaines et, certes, par milliers.

Verse 33

ऊर्जायां तु वसिष्ठस्य पुत्रा वै सप्त जज्ञिरे । ज्यायसी च स्वसा तेषां पुंडरीका सुमध्यमा । रजो गात्रोर्ध्वबाहू च सवनश्चानयश्च यः । सुतपाश्शुक्र इत्येते सप्त सप्तर्षयः स्मृताः

D’Ūrjā, en vérité, naquirent à Vasiṣṭha sept fils. Leur sœur aînée fut Jyāyasī, et naquit aussi Puṇḍarīkā, à la taille fine. Rajo, Gātra, Ūrdhvabāhu, Savana, Anaya, Sutapā et Śukra : ceux-là sont tenus pour les sept Saptarṣi.

Verse 35

गोत्राणि नामभिस्तेषां वासिष्ठानां महात्मनाम् । स्वायंभुवे ऽंतरे ऽतीतान्यर्बुदानि शतानि च । इत्येष ऋषिसर्गस्तु सानुबंधः प्रकीर्तितः । समासाद्विस्तराद्वक्तुमशक्यो ऽयमिति द्विजाः

Ainsi ont été proclamés les gotra et les noms de ces descendants de Vasiṣṭha, aux grandes âmes, avec leurs liens et leur succession. Dans le Manvantara de Svāyambhuva, d’innombrables koṭi—et même des centaines de koṭi—se sont déjà écoulés. C’est pourquoi, ô deux-fois-nés, cette genèse et cette propagation des ṛṣi ne peuvent être dites qu’en abrégé : en exposer tout le détail est impossible.

Verse 37

यो ऽसौ रुद्रात्मको बह्निब्रह्मणो मानसस्सुतः । स्वाहा तस्य प्रिया लेभे पुत्रांस्त्रीनमितौजसः । पावकः पवमानश्च शुचिरित्येष ते त्रयः । निर्मंथ्यः पवमानस्स्याद्वैद्युतः पावकस्स्मृतः

Ce Feu, de la nature même de Rudra—fils né de la pensée de Brahmā—prit Svāhā pour bien-aimée. De lui naquirent trois fils à la puissance sans mesure : Pāvaka, Pavamāna et Śuci ; tels sont les trois. Parmi eux, le feu obtenu par le frottement est appelé Pavamāna, et le feu né de l’éclair est tenu pour Pāvaka.

Verse 39

सूर्ये तपति यश्चासौ शुचिः सौर उदाहृतः । हव्यवाहः कव्यवाहः सहरक्षा इति त्रयः । त्रयाणां क्रमशः पुत्रा देवपितृसुराश्च ते । एतेषां पुत्रपौत्राश्च चत्वारिंशन्नवैव ते

Celui qui resplendit en brûlant dans le Soleil est nommé Śuci, et l’on l’appelle aussi Saura. De lui naquirent trois : Havyavāha, Kavyavāha et Saharakṣā. Selon l’ordre établi, les fils de ces trois devinrent les Devas, les Pitṛ (manes ancestraux) et les Suras. Les fils et petits-fils de ces lignées sont dits au nombre de quarante-neuf.

Verse 41

काम्यनैमित्तिकाजस्रकर्मसु त्रिषु संस्थिताः । सर्वे तपस्विनो ज्ञेयाः सर्वे व्रतभृतस्तथा । सर्वे रुद्रात्मकश्चैव सर्वे रुद्रपरायणाः । तस्मादग्निमुखे यत्तद्धुतं स्यादेव केनचित्

Établis dans les trois sortes de rites — ceux accomplis pour un fruit désiré, ceux dictés par une circonstance, et ceux pratiqués régulièrement — tous doivent être reconnus comme des ascètes et comme des observateurs de vœux. Tous sont, en vérité, de la nature de Rudra, et tous n’ont pour refuge que Rudra. Ainsi, quoi que quiconque verse dans le feu, dans la bouche d’Agni, devient assurément une offrande à Lui, Rudra.

Verse 43

तत्सर्वं रुद्रमुद्दिश्य दत्तं स्यान्नात्र संशयः । इत्येवं निश्चयोग्नीनामनुक्रांतो यथातथम् । नातिविस्तरतो विप्राः पितॄन्वक्ष्याम्यतः परम् । यस्मात्षडृतवस्तेषां स्थानं स्थानाभिमानिनाम्

Tout cela doit être offert en ayant Rudra pour visée ; il n’y a là aucun doute. Ainsi a été exposé, tel qu’il est, l’ordre arrêté concernant les feux sacrés. Maintenant, ô brāhmaṇas, sans m’étendre outre mesure, je parlerai ensuite des Pitṛ (êtres ancestraux), car les six saisons sont leurs demeures assignées, chacune présidée par ceux qui s’identifient à leur propre station.

Verse 45

ऋतवः पितरस्तस्मादित्येषा वैदिकी श्रुतिः । युष्मादृतुषु सर्वे हि जायंते स्थास्नुजंगमा । तस्मादेते पितर आर्तवा इति च श्रुतम् । एवं पितॄणामेतेषामृतुकालाभिमानिनाम्

Ainsi, la révélation védique déclare : «Les saisons sont les Pitṛs». Car de vous, en tant que saisons, naissent en vérité tous les êtres—immobiles et mobiles. C’est pourquoi l’on entend aussi que ces Pitṛs sont appelés «Ārtava» (ceux qui relèvent des saisons). Ainsi ces Pitṛs sont compris comme présidant aux temps et aux cycles saisonniers.

Verse 47

आत्मैश्वर्या महात्मानस्तिष्ठंतीहाब्भ्रसंगमात् । आग्निष्वात्ता बर्हिषदः पितरो द्विविधाः स्मृताः । अयज्वानश्च यज्वानः क्रमात्ते मृहमेधिनः । स्वधासूत पितृभ्यश्च द्वे कन्ये लोकविश्रुते

Ici demeurent les Pitṛs au grand cœur, pourvus de leur propre puissance souveraine, au lieu de rencontre des nuées. Les Pitṛs sont tenus pour de deux sortes : les Āgniṣvāttas et les Barhiṣads. Selon l’ordre, on les dit aussi, parmi les maîtres de maison, non-sacrifiants et sacrifiants. Et des Pitṛs naquit Svadhā, ainsi que deux filles célèbres dans les mondes.

Verse 49

मेनां च धरणीं चैव याभ्यां विश्वमिदं धृतम् । अग्निष्वात्तसुता मेना धरणी बर्हिषत्सुता । मेना हिमवतः पत्नी मैनाकं क्रौंचमेव च । गौरीं गंगां च सुषुवे भवांगाश्लेषपावनीम्

Menā et Dharaṇī—par lesquelles cet univers tout entier est soutenu. Menā fut la fille des Āgniṣvāttas, et Dharaṇī la fille des Barhiṣads. Menā devint l’épouse d’Himavat et enfanta Maināka ainsi que Krauñca ; et elle mit au monde Gaurī et Gaṅgā—Gaṅgā, la purificatrice par son contact avec le corps de Bhava (le Seigneur Śiva).

Verse 51

मेरोस्तु धरणी पत्नी दिव्यौषधिसमन्वितम् । मंदरं सुषुवे पुत्रं चित्रिसुन्दरकन्धरम् । स एव मंदरः श्रीमान्मेरुपुत्रस्तपोबलात् । साक्षाच्छ्रीकंठनाथस्य शिवस्यावसथं गतः

Dharaṇī, l’épouse de Meru, enfanta un fils nommé Mandara, pourvu d’herbes divines aux vertus guérisseuses et paré d’une beauté merveilleuse. Ce Mandara illustre—fils de Meru—par la puissance de ses austérités, se rendit directement à la demeure même de Śiva, le Seigneur à la gorge bleue (Śrīkaṇṭha).

Verse 53

सासूता धरणी भूयस्त्रिंशत्कन्याश्च विश्रुताः । वेलां च नियतिं चैव तृतीयामपि चायतिम् । आयतिर्नियतिश्चैव पत्न्यौ द्वे भृगुपुत्रयोः । स्वायंभुवे ऽंतरे पूर्वं कथितस्ते तदन्वयः

Dharaṇī, la Déesse-Terre, devint encore mère et fut renommée pour ses trente filles. Parmi elles se trouvaient Velā et Niyati, et, comme troisième, Āyati. Āyati et Niyati devinrent les deux épouses des fils de Bhṛgu. Leur lignée t’a déjà été exposée auparavant, dans le Svāyambhuva Manvantara.

Verse 55

सुषुवे सागराद्वेला कन्यामेकामनिंदिताम् । सवर्णां नाम सामुद्रीं पत्नीं प्राचीनबर्हिषः । सामुद्री सुषुवे पुत्रान्दश प्राचीनबर्हिषः । सर्वे प्राचेतसा नाम धनुर्वेदस्य पारगाः

De l’Océan, Velā enfanta une unique jeune fille sans reproche. On la nomma Savarṇā, appelée aussi Sāmudrī, et elle devint l’épouse de Prācīnabarhiṣ. Puis Sāmudrī donna à Prācīnabarhiṣ dix fils; tous furent connus sous le nom de Prācetas, et chacun maîtrisait le Dhanurveda, la science de l’arc.

Verse 57

येषां स्वायंभुवे दक्षः पुत्रत्वमगमत्पुरा । त्रियम्बकस्य शापेन चाक्षुषस्यांतरे मनोः । इत्येते ब्रह्मपुत्राणां धर्मादीनाम्महात्मनाम् । नातिसंक्षेपतो विप्रा नाति विस्तरतः क्रमात्

Ces êtres au grand cœur—Dharma et les autres—que l’on connaît comme les fils de Brahmā : parmi eux, Dakṣa obtint jadis l’état de fils durant le Manvantara de Svāyambhuva ; et, par la malédiction de Tryambaka (Śiva), il l’obtint encore dans l’intervalle du Manu Cākṣuṣa. Ainsi, ô brāhmaṇas, j’ai rapporté, dans l’ordre convenable, le récit de ces fils de Brahmā, ni trop bref ni démesurément long.

Verse 59

वर्णिता वै मया वंशा दिव्या देवगणान्विताः । क्रियावंतः प्रजावंतो महर्धिभिरलंकृताः । प्रजानां संनिवेशो ऽयं प्रजापतिसमुद्भवः । न हि शक्यः प्रसंख्यातुं वर्षकोटिशतैरपि

J’ai, en vérité, décrit les lignées divines, accompagnées des cohortes des dieux—actives dans les rites sacrés, fécondes en descendance et parées de grandes puissances. Cet immense agencement des êtres est né des Prajāpatis, et il ne saurait être dénombré, fût-ce en des centaines de crores d’années.

Verse 61

राज्ञामपि च यो वंशो द्विधा सो ऽपि प्रवर्तते । सूर्यवंशस्सोमवंश इति पुण्यतमः क्षितौ । इक्ष्वाकुरम्बरीषश्च ययातिर्नाहुषादयः । पुण्यश्लोकाः श्रुता ये ऽत्र ते पि तद्वंशसंभवाः

Même la lignée des rois se déploie en deux rameaux. Sur la terre, on la tient pour la plus méritoire sous les noms de Dynastie Solaire et Dynastie Lunaire. Ikṣvāku, Ambarīṣa, Yayāti, Nahuṣa et d’autres—ceux dont la renommée sacrée est ici entendue—sont eux aussi issus de ces mêmes dynasties.

Verse 63

अन्ये च राजऋषयो नानावीर्यसमन्विता । किं तैः फलमनुत्क्रांतैरुक्तपूर्वैः पुरातनैः । किं चेश्वरकथा वृत्ता यत्र तत्रान्यकीर्तनम् । न सद्भिः संमतं मत्वा नोत्सहे बहुभाषितुम्

« Il y eut aussi d’autres rois-sages, pourvus de maintes formes de vaillance. Mais quel fruit y a-t-il à redire des choses anciennes déjà dites, qui ne mènent pas au-delà de l’attache ? Et à quoi bon raconter l’histoire du Seigneur (Īśvara) pour s’en écarter ensuite en louant d’autres ici et là ? Sachant qu’un tel discours n’est pas approuvé des sages, je ne souhaite pas m’étendre. »

Verse 65

प्रसंगादीश्वरस्यैव प्रभावद्योतनादपि । सर्गादयो ऽपि कथिता इत्यत्र तत्प्रविस्तरैः

Ici, même les récits de la création et du reste n’ont été rapportés qu’incidemment, uniquement pour faire rayonner la majesté du Seigneur. Il faut donc les comprendre dans ce contexte, avec les développements appropriés.

Frequently Asked Questions

The paired manifestation leading to Manu and Śatarūpā, their children (Priyavrata, Uttānapāda, Ākūti, Prasūti), and the subsequent marital-genealogical distribution through Dakṣa and Ruci that stabilizes cosmic order (including Yajña and Dakṣiṇā).

Genealogy encodes metaphysics: śakti enables differentiation into complementary principles, and the resulting marriages assign cosmic functions (virtues, ritual powers, sages) to maintain ṛta/dharma—turning lineage into a symbolic ontology.

Śatarūpā as the feminine manifestation from the creator’s half; Manu as the primordial human/progenitor; and Dakṣa’s daughters as personified qualities and ritual agencies (e.g., Śraddhā, Lakṣmī, Svāhā, Svadhā) distributed among dharmic and ṛṣi lineages.