
Āvāhāryaka-Śrāddha: Qualifications of Recipients, Paṅkti-Pāvana, and Exclusions
Poursuivant l’orientation dharma-śāstrique de l’Uttara-bhāga sur les offrandes aux ancêtres, Vyāsa décrit l’āvāhāryaka śrāddha, à accomplir durant la quinzaine décroissante après le bain et le tarpaṇa aux Pitṛ. Le chapitre quitte ensuite la procédure pour la question décisive : « qui nourrir ? », en proposant une hiérarchie de bénéficiaires : d’abord les yogin et les connaisseurs de la vérité, puis les renonçants et ascètes disciplinés tournés vers le service, ensuite les chefs de maison détachés et portés vers la mokṣa, et enfin, faute de mieux, les sādhaka sincères. Vient le portrait du brāhmaṇa qualifié : maîtrise des Veda, observances śrauta (feux, agnihotra), Vedāṅga, véracité, vœux (tels que cāndrāyaṇa), et une synthèse théologique marquante — fermeté en Brahman, bhakti envers Mahādeva et pureté vaiṣṇava authentique. Le texte définit les paṅkti-pāvana (purificateurs de la rangée du repas) et exige des invités non apparentés et d’un gotra différent afin d’éviter un échange rituel compromis. Il met en garde contre les convives achetés, les amis choisis par désir, les mangeurs ignorants des mantras, et une longue liste de types « déchus » ou blâmables (brahma-bandhu, patita, liés aux pāṣaṇḍa, immoraux, négligents de la sandhyā/mahāyajña), déclarant que leur présence annule le fruit du śrāddha et corrompt la fraternité dharmique, ouvrant sur la suite concernant pureté, rite et conséquences.
Verse 1
इति श्रीकूर्मपुराणे षट्साहस्त्र्यां संहितायामुपरिविभागे विशो ऽध्यायः व्यास उवाच स्नात्वा यथोक्तं संतर्प्य पितॄंश्चन्द्रक्षये द्विजः / पिण्डान्वाहार्यकं श्राद्धं कुर्यात् सौम्यमनाः शुचिः
Ainsi, dans le Śrī Kūrma Purāṇa, dans la Saṃhitā de six mille vers, dans la section ultérieure, chapitre vingt et un. Vyāsa dit : «Après s’être baigné selon l’ordonnance et avoir dûment rassasié les Pitṛ (Pères-ancêtres), au déclin de la lune le deux-fois-né accomplira le śrāddha āvāhāryaka avec des offrandes de piṇḍa—pur, l’esprit doux et recueilli.»
Verse 2
पूर्वमेव परीक्षेत ब्राह्मणं वेदपारगम् / तीर्थं तद् हव्यकव्यानां प्रदाने चातिथिः स्मृतः
Qu’on examine d’abord et qu’on s’assure d’un brāhmaṇa accompli dans les Veda. Un tel homme est tenu pour un tīrtha, un gué sacré pour les offrandes havya et kavya destinées aux dieux et aux ancêtres; et, dans l’acte de donner, il est reconnu comme le véritable hôte (atithi).
Verse 3
ये सोमपा विरजसो धर्मज्ञाः शान्तचेतसः / व्रतिनो नियमस्थाश्च ऋतुकालाभिगामिनः
Ceux qui boivent le Soma, sans la poussière des passions, connaissant le dharma et l’esprit pacifié—observants de vœux, établis dans les disciplines, et ne s’approchant de leurs épouses qu’en la saison prescrite—(tels sont les véritables maîtrisés).
Verse 4
पञ्चाग्निरप्यधीयानो यजुर्वेदविदेव च / बह्वृचश्च त्रिसौपर्णस्त्रिमधुर्वाथ यो भवेत्
Même si un homme entretient les cinq feux (pañcāgni) et se voue à l’étude védique—connaissant le Yajurveda, récitant le Ṛgveda, et versé encore dans les trois textes Sauparṇa et les trois hymnes Madhu—il est ici décrit selon ces qualifications vediques.
Verse 5
त्रिणाचिकेतच्छन्दोगो ज्येष्ठसामग एव च / अथर्वशिरसो ऽध्येता रुद्राध्यायी विशेषतः
Qu’il soit un Chāndogya versé dans le Triṇāciketa (rite/cycle d’hymnes) et aussi chantre du Jyeṣṭha-sāman ; qu’il étudie l’Atharvaśiras et, tout particulièrement, se voue à l’étude et à la récitation des adhyāyas de Rudra.
Verse 6
अग्निहोत्रपरो विद्वान् न्यायविच्च षडङ्गवित् / मन्त्रब्राह्मणविच्चैव यश्च स्याद् धर्मपाठकः
Un homme savant—voué à l’Agnihotra quotidien, habile en Nyāya (raisonnement), versé dans les six Vedāṅga et connaissant à la fois les mantras védiques et les sections Brāhmaṇa—un tel être est apte à enseigner et à réciter le Dharma.
Verse 7
ऋषिव्रती ऋषीकश्च तथा द्वादशवार्षिकः / ब्रह्मदेयानुसंतानो गर्भशुद्धः सहस्रदः
Celui qui observe le ‘ṛṣi-vrata’, qui suit la discipline d’un voyant (ṛṣīka) et qui accomplit l’observance de douze ans ; celui qui maintient sans rupture la lignée des Brahma-deya (dons sacrés) et dont la descendance est purifiée dès le sein maternel—un tel être obtient le mérite d’un « donateur au millefold ».
Verse 8
चान्द्रायणव्रतचरः सत्यवादी पुराणवित् / गुरुदेवाग्निपूजासु प्रसक्तो ज्ञानतत्परः
Il accomplit le vœu de Cāndrāyaṇa, dit la vérité et connaît les Purāṇa ; il se consacre au culte du guru, de la divinité et du feu sacré, demeurant tourné vers la connaissance spirituelle.
Verse 9
विमुक्तः सर्वतो धीरो ब्रह्मभूतो द्विजोत्तमः / महादेवार्चनरतो वैष्णवः पङ्क्तिपावनः
Entièrement délivré, ferme en toute situation et établi en Brahman—ce plus éminent des deux-fois-nés se voue au culte de Mahādeva ; et il est aussi un véritable Vaiṣṇava, qui purifie toute la rangée du repas (pankti) par sa seule présence.
Verse 10
अहिंसानिरतो नित्यमप्रतिग्रहणस्तथा / सत्रिणो दाननिरता विज्ञेयाः पङ्क्तिपावनाः
Ceux qui demeurent sans cesse établis dans l’ahiṃsā, qui n’acceptent pas de dons pour un gain personnel, qui entretiennent les charités sacrificielles (satra) et restent fermes dans le don—ceux-là sont reconnus comme « purificateurs de la rangée du repas sacré » (paṅkti-pāvana).
Verse 11
युवानः श्रोत्रियाः स्वस्था महायज्ञपरायणाः / सावित्रीजापनिरता ब्राह्मणाः पङ्क्तिपावनाः
De jeunes brāhmanes, śrotriya (instruits des Veda), sains et maîtres d’eux-mêmes, voués aux grands sacrifices, et constamment appliqués au japa de la Sāvitrī (Gāyatrī), sont ceux qui purifient la rangée sacrée du repas (paṅkti-pāvana).
Verse 12
कुलीनाः श्रुतवन्तश्च शीलवन्तस्तपस्विनः / अग्निचित्स्नातका विप्रा विज्ञेयाः पङ्क्तिपावनाः
Les brāhmanes de bonne lignée, instruits de la śruti, dotés d’une conduite droite et voués à l’austérité—surtout ceux qui ont accompli l’Agnicayana et ceux qui ont achevé le vœu de Snātaka—doivent être reconnus comme « purificateurs de la rangée du repas » (paṅkti-pāvana).
Verse 13
मातापित्रोर्हिते युक्तः प्रातः स्नायी तथा द्विजः / अध्यात्मविन्मुनिर्दान्तो विज्ञेयः पङ्क्तिपावनः
Ce deux-fois-né, appliqué au bien de sa mère et de son père, se baignant à l’aube, connaissant le Soi intérieur, semblable à un muni et maître de lui—doit être reconnu comme « purificateur de la rangée du repas » (paṅkti-pāvana).
Verse 14
ज्ञाननिष्ठो महायोगी वेदान्तार्थविचिन्तकः / श्रद्धालुः श्राद्धनिरतो ब्राह्मणः पङ्क्तिपावनः
Le brāhmane établi dans la connaissance libératrice, grand yogin qui médite le sens du Vedānta; plein de foi (śraddhā) et voué aux rites de śrāddha pour les ancêtres—lui purifie toute la rangée du repas (paṅkti-pāvana).
Verse 15
वेदविद्यारतः स्नातो ब्रह्मचर्यपरः सदा / अथर्वणो मुमुक्षुश्च ब्राह्मणः पङ्क्तिपावनः
Un brāhmaṇa voué au savoir védique—purifié par le bain rituel de fin d’études, toujours établi dans le brahmacarya, enraciné dans la tradition atharvanique et aspirant à la mokṣa—purifie, par sa seule présence, toute la rangée du repas (paṅkti).
Verse 16
असमानप्रवरको ह्यसगोत्रस्तथैव च / असंबन्धी च विज्ञेयो ब्राह्मणः पङ्क्तिपावनः
On doit reconnaître comme « purificateur de la rangée du repas » (paṅkti-pāvana) le brāhmaṇa qui relève d’un pravara différent, n’est pas du même gotra et n’a pas de lien de parenté avec les autres.
Verse 17
भोजयेद् योगिनं पूर्वं तत्त्वज्ञानरतं यतिम् / अलाभे नैष्ठिकं दान्तमुपकुर्वाणकं तथा
D’abord, qu’on nourrisse un yogin—un yati voué à la connaissance de la Réalité (tattva). S’il n’en est pas disponible, qu’on nourrisse un renonçant constant, maître de lui-même; et de même celui qui s’emploie à un service utile et bienfaisant.
Verse 18
तदलाभे गृहस्थं तु मुमुक्षुं सङ्गवर्जितम् / सर्वालाभे साधकं वा गृहस्थमपि भोजयेत्
Si l’on ne trouve pas de tel récipiendaire, qu’on nourrisse un maître de maison (gṛhastha) aspirant à la mokṣa et sans attachement au monde. Et si même cela fait défaut, alors, en l’absence totale de récipiendaires idéaux, on peut nourrir aussi un gṛhastha qui soit sādhaka, pratiquant spirituel.
Verse 19
प्रकृतेर्गुणतत्त्वज्ञो यस्याश्नाति यतिर्हविः / फलं वेदविदां तस्य सहस्रादतिरिच्यते
Le fruit obtenu par ceux qui ne font que connaître le Veda est surpassé mille fois par le mérite de celui dont un yati—connaissant la réalité de Prakṛti et de ses guṇa—prend part à l’offrande sacrificielle (havis).
Verse 20
तस्माद् यत्नेन योगीन्द्रमीश्वरज्ञानतत्परम् / भोजयेद् हव्यकव्येषु अलाभादितरान् द्विजान्
Ainsi, avec un effort vigilant, lors des rites de havya et de kavya (offrandes aux dieux et aux ancêtres), qu’on nourrisse le plus éminent des yogins, voué à la connaissance du Seigneur (Īśvara). Ce n’est qu’à défaut d’un tel homme qu’on nourrira d’autres « deux-fois-nés » (brāhmaṇas).
Verse 21
एष वै प्रथमः कल्पः प्रिदाने हव्यकव्ययोः / अनुकल्पस्त्वयं ज्ञेयः सदा सद्भिरनुष्ठितः
Ceci est, en vérité, la première règle prescrite pour l’offrande correcte du havya et du kavya (oblations aux dieux et aux ancêtres). Et cela doit aussi être compris comme une procédure subsidiaire autorisée, toujours observée par les gens de bien.
Verse 22
मातामहं मातुलं च स्वस्त्रीयं श्वशुरं गुरुम् / दौहित्रं विट्पतिं बन्धुमृत्विग्याज्यौ च भोजयेत्
Dans l’observance du śrāddha, qu’on offre un repas au grand-père maternel, à l’oncle maternel, au fils de la sœur, au beau-père, au maître spirituel (guru), au fils de la fille, au chef de la communauté, à un parent, ainsi qu’au prêtre officiant (ṛtvij) et à celui pour qui le rite est accompli (yājya).
Verse 23
न श्राद्धे भोजयेन्मित्रं धनैः कार्यो ऽस्य संग्रहः / पैशाची दक्षिणा सा हि नैवामुत्र फलप्रदा
Lors d’un Śrāddha, on ne doit pas nourrir un ami, ni chercher à le « s’assurer » par de l’argent comme pot-de-vin. Une telle gratification est dite paiśācī, de nature démoniaque, et ne donne aucun fruit dans l’au-delà.
Verse 24
काम श्राद्धे ऽर्चयेन्मित्रं नाभिरूपमपि त्वरिम् / द्विषता हि हविर्भुक्तं भवति प्रेत्य निष्फलम्
Dans un Śrāddha, on ne doit pas, par désir personnel, honorer comme récipiendaire même un ami, ni même un homme beau et empressé. Car lorsque l’oblation (havis) est mangée par quelqu’un qui porte la haine, elle devient sans fruit après la mort.
Verse 25
ब्राह्मणो ह्यनधीयानस्तृणाग्निरिव शाम्यति / तस्मै हव्यं न दातव्यं न हि भस्मनि हूयते
Un brahmane qui n'étudie pas les textes sacrés s'éteint comme un feu d'herbe. On ne doit pas lui offrir d'oblations, car on ne verse pas l'offrande sur des cendres.
Verse 26
यथेरिणे बीजमुप्त्वा न वप्ता लभते फलम् / तथानृचे हविर्दत्त्वा न दाता लभते फलम्
Tout comme le semeur n'obtient aucun fruit en jetant la semence sur un sol stérile, le donateur n'obtient aucun mérite en offrant des oblations à celui qui ignore les Védas.
Verse 27
यावतो ग्रसते पिण्डान् हव्यकव्येष्वमन्त्रवित् / तावतो ग्रसते प्रेत्य दीप्तान् स्थूलांस्त्वयोगुडान्
Autant de boules de nourriture un ignorant consomme des offrandes aux dieux et aux ancêtres, autant de boules de fer brûlant il devra avaler après la mort.
Verse 28
अपि विद्याकुलैर्युक्ता हीनवृत्ता नराधमाः / यत्रैते भुञ्जते हव्यं तद् भवेदासुर द्विजाः
Même s'ils sont érudits, ceux qui ont une conduite vile deviennent des deux-fois-nés 'asuriques'. Là où ils mangent les offrandes, ce rite est considéré comme démoniaque.
Verse 29
यस्य वेदश्च वेदी च विच्छिद्येते त्रिपूरुषम् / स वै दुर्ब्राह्मणो नार्हः श्राद्धादिषु कदाचन
Celui dont l'apprentissage et la lignée védiques sont interrompus depuis trois générations est un « mauvais brahmane » ; il n'est jamais apte aux rites ancestraux.
Verse 30
शूद्रप्रेष्यो भृतो राज्ञो वृषलो ग्रामयाजकः / बधबन्धोपजीवी च षडेते ब्रह्मबन्धवः
Celui qui sert sur l’ordre d’un Śūdra, celui qui est entretenu comme mercenaire salarié du roi, l’homme déchu, le prêtre de village qui accomplit des rites pour le peuple afin d’en vivre, et celui qui subsiste par l’abattage ou par l’emprisonnement et les liens—ces six sont appelés « brahma-bandhu », brahmanes de nom seulement.
Verse 31
दत्तानुयोगान् वृत्यर्थं पतितान् मनुरब्रवीत् / वेदविक्रायिणो ह्येते श्राद्धादिषु विगर्हिताः
Manu a déclaré que ceux qui, pour subsister, acceptent des commissions rémunérées (afin d’officier des rites) sont « déchus » ; car ils vendent le Veda, et sont donc blâmés dans des rites tels que le śrāddha et les cérémonies apparentées.
Verse 32
श्रुतिविक्रयिणो ये तु परपूर्वासमुद्भवाः / असमानान् याजयन्ति पतितास्ते प्रकीर्तिताः
Mais ceux qui trafiquent du Veda (le savoir sacré), qui proviennent d’une lignée hors du juste ordre des ancêtres, et qui officient des sacrifices pour des personnes qui ne sont pas leurs égales—ceux-là sont déclarés « déchus ».
Verse 33
असंस्कृताध्यापका ये भृत्या वाध्यापयन्ति ये / अधीयते तथा वेदान् पतितास्ते प्रकीर्तिताः
Ceux qui enseignent le Veda sans la consécration et la discipline requises, et ceux qui font enseigner le Veda par des serviteurs ou des dépendants salariés—ces personnes, ainsi que ceux qui étudient les Vedas de cette manière indue, sont déclarés « déchus » (patita).
Verse 34
वृद्धश्रावकनिर्ग्रन्थाः पञ्चरात्रविदो जनाः / कापालिकाः पाशुपताः पाषण्डा ये च तद्विधाः
Les Śrāvakas âgés et les Nirgranthas, les gens versés dans le Pañcarātra, les Kāpālikas, les Pāśupatas, et ceux qu’on appelle pāṣaṇḍa—avec d’autres du même genre—(sont évoqués ici).
Verse 35
यस्याश्नन्ति हवींष्येते दुरात्मानस्तु तामसाः / न तस्य तद् भवेच्छ्राद्धं प्रेत्य चेह फलप्रदम्
Si la nourriture d’offrande (havīs) est mangée par des êtres au cœur mauvais, de nature tamasique, alors ce rite n’est pas un véritable Śrāddha pour celui au nom duquel il est accompli, et il ne porte aucun fruit, ni après la mort ni en ce monde.
Verse 36
अनाश्रमो यो द्विजः स्यादाश्रमी वा निरर्थकः / मिथ्याश्रमी च ते विप्रा विज्ञेयाः पङ्क्तिदूषकाः
Ô vipras : le dvija qui vit sans aucun āśrama ; ou celui qui porte le nom d’āśramī mais demeure vain, sans suivre sa discipline ; et celui qui se fait passer faussement pour āśramī—de tels brahmanes doivent être reconnus comme des souilleurs de la rangée du repas (pañkti), indignes des nourritures sacrées.
Verse 37
दुश्चर्मा कुनखी कुष्ठी श्वित्री च श्यावदन्तकः / विद्धप्रजननश्चैव स्तेनः क्लीबो ऽथ नास्तिकः
Un tel homme est frappé de maladies de peau, d’ongles difformes, de lèpre, de vitiligo et de dents noircies ; sa puissance de génération s’altère ; puis il devient voleur, impuissant, et enfin négateur du sacré (nāstika).
Verse 38
मद्यपो वृषलीसक्तो वीरहा दिधिषूपतिः / आगारदाही कुण्डाशी सोमविक्रयिणो द्विजाः
Le dvija qui boit des enivrants, celui qui s’attache à une femme śūdra, celui qui tue un héros, celui qui prend pour épouse une femme dont le mari est vivant, l’incendiaire de maisons, celui qui mange d’un pot offert au feu sacré de façon impropre, et celui qui vend le Soma—tels sont les déchus parmi les deux-fois-nés.
Verse 39
परिवेत्ता तथा हिंस्त्रः परिवित्तिर्निराकृतिः / पौनर्भवः कुसीदी च तथा नक्षत्रदर्शकः
De même : celui qui se marie avant son frère aîné, l’homme violent, l’aîné écarté parce que le cadet s’est marié le premier, l’exclu de la caste, celui qui se remarie, l’usurier, et l’astrologue qui vit de la divination des étoiles—tous sont comptés parmi les blâmables.
Verse 40
गीतवादित्रनिरतो व्याधितः काण एव च / हीनाङ्गश्चातिरिक्ताङ्गो ह्यवकीर्णिस्तथैव च
Celui qui s’adonne avec excès au chant et aux instruments; celui qui est malade; celui qui n’a qu’un œil; celui qui est privé d’un membre; celui qui a un membre en trop; et de même l’« avakīrṇin » (déchu, impur au regard du rite) — tous ceux-là sont tenus pour inaptes à l’observance sacrée visée.
Verse 41
कन्यादूषी कुण्डगोलौ अभिशस्तो ऽथ देवलः / मित्रध्रुक् पिशुनश्चैव नित्यं भार्यानुवर्तकः
Celui qui souille une jeune fille; celui qui naît d’unions illicites (kuṇḍa et gola); celui qui est sous blâme public; le prêtre qui vit en servant des idoles contre salaire; le traître aux amis; le médisant; et celui qui est toujours dominé par son épouse — tous sont comptés parmi les déchus et blâmables.
Verse 42
मातापित्रोर्गुरोस्त्यागी दारत्यागी तथैव च / गोत्रभिद् भ्रष्टशौचश्च काण्डस्पृष्टस्तथैव च
Celui qui abandonne sa mère, son père ou son maître; celui qui abandonne son épouse; celui qui transgresse les limites du lignage par des unions illicites; celui qui déchoit de la pureté de conduite et de la propreté rituelle; et celui qui est souillé par des actes interdits — tous sont déclarés impurs en matière de dharma.
Verse 43
अनपत्यः कूटसाक्षी याचको रङ्गजीवकः / समुद्रयायी कृतहा तथा समयभेदकः
Celui qui demeure sans enfant; celui qui porte un faux témoignage; le mendiant de profession; celui qui vit du théâtre; le voyageur des mers; le tueur à gages (meurtrier sous contrat); et celui qui rompt les conventions ou pactes établis — tout cela est compté parmi les voies de vie blâmables.
Verse 44
देवनिन्दापरश्चैव वेदनिन्दारतस्तथा / द्विजनिन्दारतश्चैते वर्ज्याः श्राद्धादिकर्मसु
De même, celui qui s’acharne à blasphémer les dieux; celui qui se plaît à blasphémer les Veda; et celui qui se plaît à blasphémer les « deux-fois-nés » (dvija) — ceux-là doivent être écartés des śrāddha et des rites semblables.
Verse 45
कृतघ्नः पिशुनः क्रूरो नास्तिको वेदनिन्दकः / मित्रध्रुक् कुहकश्चैव विशेषात् पङ्क्तिदूषकाः
L’ingrat, le diffamateur, le cruel, l’impie, celui qui outrage le Veda, le traître aux amis et le fourbe—ceux-là, avant tout, souillent la rangée du repas commun (pāṅkti) et corrompent la fraternité du dharma.
Verse 46
सर्वे पुनरभोज्यान्नास्त्वदानार्हाश्च कर्मसु / ब्रह्मभावनिरस्ताश्च वर्जनीयाः प्रयत्नतः
Tous ceux-là doivent être tenus pour inaptes à reprendre part à la nourriture sacrée; dans les actes rituels, ils ne sont pas non plus des récipiendaires dignes de tes dons. Ceux qui ont rejeté la contemplation de Brahman doivent être évités avec un soin vigilant.
Verse 47
शूद्रान्नरसपुष्टाङ्गः संध्योपासनवर्जितः / महायज्ञविहीनश्च ब्राह्मणः पङ्क्तिदूषकः
Un brāhmane dont le corps est nourri par une nourriture reçue d’un śūdra, qui néglige l’adoration quotidienne aux sandhyā, et qui est privé des grands sacrifices (mahāyajñas) — un tel brāhmane devient un souilleur de la rangée rituelle/de repas (paṅkti).
Verse 48
अधीतनाशनश्चैव स्नानहोमविवर्जितः / तामसो राजसश्चैव ब्राह्मणः पङ्क्तिदूषकः
Un brāhmane qui ruine (en la négligeant ou en la transgressant) son étude sacrée, qui est privé du bain rituel et de l’offrande au feu (homa), et qui est dominé par tamas et rajas—un tel homme contamine la rangée du repas (paṅkti).
Verse 49
बहुनात्र किमुक्तेन विहितान् ये न कुर्वते / निन्दितानाचरन्त्येते वर्जनीयाः प्रयत्नतः
À quoi bon en dire davantage ici ? Ceux qui n’accomplissent pas les devoirs prescrits et pratiquent au contraire ce qui est blâmé—ceux-là doivent être évités avec un soin appliqué.
A prescribed śrāddha performed in the waning moon phase after ritual bath and satisfaction of the Pitṛs, featuring piṇḍa-offerings and careful selection of qualified recipients for havya-kavya efficacy.
Those whose Vedic learning, conduct, vows, and inner steadiness make the communal feeding line ritually pure—especially disciplined Veda-learned brāhmaṇas and truth-knowing yogic types; additionally, eligibility is strengthened by being of different pravara/gotra and not a close relation to the other diners.
Because it claims the śrāddha fruit multiplies when the offering is consumed by ascetics who know truth—particularly those who understand Prakṛti and the guṇas and are devoted to knowledge of the Lord—making recipient-realization a key amplifier of ritual merit.
Neglect of svādhyāya, selling or commodifying Vedic rites, serving for livelihood in censured ways, serious ethical transgressions (violence, illicit relations, deceit), reviling Veda/devas/dvijas, and failure to perform sandhyā and mahāyajñas—such traits are said to defile the paṅkti and void the rite’s fruit.