
ध्रुवचर्याकीर्तनं / Dhruva-caryā-kīrtana (Account of Dhruva’s Course and Related Cosmological Ordering)
Le chapitre s’ouvre sur Sūta (Lomaharṣaṇa) répondant aux sages qui, après avoir entendu ce qui précède, nourrissent encore des doutes et demandent une explication plus développée. L’enquête porte explicitement sur les “devagṛhāṇi” (demeures divines/maisons astrales) et sur la classification et la détermination des “jyotīṃṣi” (lumineux astres). En réponse (selon le courant d’enseignement attribué à Vāyu), est d’abord évoqué le récit de l’origine du Soleil et de la Lune, puis une présentation technique du feu en trois formes : feu divin/solaire, feu atmosphérique/éclair, et feu terrestre/physique ; avec des sous-types tels que jāṭhara (feu digestif) et vaidyuta (feu électrique ou de la foudre). La progression relie l’obscurité primordiale indifférenciée à la manifestation de principes fonctionnels (lumière, chaleur et régulateurs célestes), proposant une cosmologie à la fois descriptive et classificatoire, qui nomme et ordonne les phénomènes.
Verse 1
इति श्रीब्रह्माण्डे महादृवायुप्रोक्ते पूर्वभागे द्वितीये ऽनुषङ्गपादे ध्रुवचर्याकीर्त्तनं नाम त्रयोविंशतितमो ऽध्यायः सूत उवाच एतच्छ्रुत्वा तु सुनयः पुनस्ते संशयान्विताः / पप्रच्छुरुत्तरं भूयस्तदा ते रोमहर्षणम्
Ainsi, dans le Śrī Brahmāṇḍa Purāṇa, dans la partie antérieure, au second anuṣaṅga-pāda, le vingt-troisième chapitre intitulé « Louange de la conduite de Dhruva ». Sūta dit : ayant entendu cela, les Sunaya, encore pleins de doutes, interrogèrent de nouveau Romaharṣaṇa pour une réponse plus complète.
Verse 2
यदेतदुक्तं भवतागृहाणीत्येव विस्तृतम् / कथं देवगृहाणि स्युः कथं ज्योतींषिवर्णय
Tu as dit en détail : «reçois les gṛha» ; comment sont les demeures des dieux, et comment décrire les luminaires célestes ?
Verse 3
एतत्सर्वं समाचक्ष्व ज्योतिषां चैव निर्णयम् / वायुरुवाच श्रुत्वा तु वचनं तेषां तदा सूतः समाहितः
Expose tout cela, ainsi que la détermination concernant les luminaires. Vāyu dit : ayant entendu leurs paroles, alors Sūta se recueillit, l’esprit concentré.
Verse 4
उवाच परमं वाक्यं तेषां संशयनिर्णयम् / अस्मिन्नर्थे माहाप्राज्ञैर्यदुक्तं ज्ञानबुद्धिभिः
Alors il prononça la parole suprême qui tranchait leurs doutes, selon ce qu’en cette matière ont dit les très sages, par l’intelligence de la connaissance.
Verse 5
एतद्वो ऽहं प्रवक्ष्यामि सूर्याचन्द्रमसोर्भवम् / यथा देवगृहाणीह सूर्यचन्द्रग्रहाः स्मृताः
Je vais maintenant vous exposer l’origine du Soleil et de la Lune, et comment ici le Soleil et la Lune sont tenus pour des gṛha, demeures divines.
Verse 6
ततः परं च त्रिविधस्याग्नेर्वक्ष्ये समुद्भवम् / दिव्यस्य भौतिकस्याग्नेरब्योनेः पार्थि वस्य तु
Ensuite, j’exposerai l’origine de l’Agni triple : le feu divin, le feu matériel, ainsi que le feu « sans matrice » (abyoni) et le feu terrestre (pārthiva).
Verse 7
व्युष्टायां तु रजन्यां वै ब्रह्मणो ऽव्यक्तजन्मनः / अव्याकृतमिदं त्वासीन्नैशेन तमसावृतम्
Quand la nuit se fut dissipée, au temps de Brahmā, dont la naissance est non manifestée, tout ceci demeurait indifférencié, enveloppé par les ténèbres de la nuit.
Verse 8
सर्वभूतावशिष्टे ऽस्मिंल्लोके नष्टविशेषणे / स्वयंभूर्भगवांस्तत्र लोकतन्त्रार्थसाधकः
Lorsque, dans ce monde, tous les êtres s’étant résorbés, les distinctions furent abolies, alors le Bienheureux Svayambhū apparut pour établir l’ordonnance du cosmos.
Verse 9
खद्योतवत्स व्यचरदाविर्भावचिकीर्षया / सो ऽग्निं दृष्ट्वाथ लोकादौ पृथिवीजलसंश्रितम्
Désireux de se manifester, il erra tel une luciole; puis il vit le Feu, au commencement du monde, établi dans la terre et dans les eaux.
Verse 10
संवृत्य तं प्रकाशार्थं त्रिधा व्यमजदीश्वरः / पवनो यस्तु लोके ऽस्मिन्पार्थिवः सो ऽग्निरुच्यते
Pour la clarté, le Seigneur le retint et le répartit en trois; et le souffle qui, en ce monde, est de nature terrestre (grossière) est appelé « Agni ».
Verse 11
यश्चासौ तपते सूर्ये शुचिरग्निस्तु स स्मृतः / वैद्युतो ऽब्जस्तु विज्ञेयस्तेषां वक्ष्ये ऽथ लक्षमम्
Ce qui brûle dans le Soleil est tenu pour Śuci-Agni; et ce qui, de nature fulgurante, demeure dans les eaux doit être connu—j’exposerai maintenant leurs caractères.
Verse 12
वैद्युतो जाठरः सौरो ह्यपां गर्भास्त्रयो ऽग्रयः / तस्मादपः पिबन्सूर्यो गोभिर्दीप्यत्यसौ दिवि
L’éclat de l’éclair, le feu du ventre et la splendeur solaire : trois lumières souveraines nées du sein des eaux. Ainsi le Soleil, buvant les eaux, resplendit au ciel par ses rayons.
Verse 13
वैद्युतेन समाविष्टो वार्ष्यो नाद्भिः प्रशाम्यति / मानवा नां च कुक्षिस्थो नाद्भिः शास्यति पावकः
Le feu pénétré par la puissance de l’éclair, se manifestant comme pluie, ne s’apaise pas par l’eau. Et le Pāvaka demeurant dans le ventre des hommes n’est pas non plus maîtrisé par les eaux.
Verse 14
तस्मात्सौरो वैद्युतश्च जाठरश्चप्यनिन्धनः / किञ्चिदप्सु मतं तेजः किञ्चिद्दृष्टमबिं धनम्
Ainsi, le solaire, l’électrique et le feu jāṭhara sont des lumières sans combustible. Une part de ce tejas est tenue pour cachée dans les eaux, et une part se voit manifestement sans bois.
Verse 15
काष्ठेन्धनस्तु निर्मथ्यः सो ऽद्भिः शाम्यति पावकः / अर्चिष्मान्पवमानो ऽग्निर्निष्प्रभो जाठरः स्मृतः
Le feu obtenu par friction du bois s’éteint avec l’eau. L’Agni pavamāna, riche de flammes, resplendit; mais le feu jāṭhara est tenu pour sans éclat extérieur.
Verse 16
यश्चायं मण्डले शुक्लो निरूष्मा संप्रकाशकः / प्रभा सौरी तु पादेन ह्यस्तं याति देवाकरे
Et cette lumière blanche dans le disque, sans chaleur mais illuminante, est la prabhā solaire. Elle se couche dans le Devākara (le Soleil) par un seul « pāda ».
Verse 17
अग्निमाविशते रात्रौ तस्माद्दूरात्प्रकाशते / उद्यन्तं च पुनः सूर्यमौष्णमयमाग्नेयमाविशत्
La nuit pénètre dans le Feu; c’est pourquoi elle brille même de loin. Et lorsque le Soleil se lève de nouveau, la chaleur de nature ignée entre en Surya.
Verse 18
पादेन पार्थिवस्याग्नेस्तस्मादग्निस्तपत्यसौ / प्राकाश्यं च तथौष्ण्यं च सौराग्नेये तु तेजसी
Par une part du feu terrestre, ce feu brûle avec ardeur. Dans l’éclat solaire-igné se trouvent à la fois la lumière et la chaleur.
Verse 19
परस्परानुप्रवेशादाप्यायेते परस्परम् / उत्तरे चैव भूम्यर्द्धे तथा ह्यग्निश्च दक्षिणे
Par leur pénétration réciproque, ils se fortifient l’un l’autre. Dans la moitié nord de la terre (se tient l’un), et dans le sud se tient aussi Agni.
Verse 20
उत्तिष्ठति पुनः सूर्ये रात्रिराविशते ह्यपः / तस्मात्तप्ता भवन्त्यापो दिवारत्रिप्रवेशनात्
Quand le Soleil se lève de nouveau, la Nuit entre dans les eaux. Ainsi, par l’entrée du jour et de la nuit, les eaux deviennent chauffées.
Verse 21
अस्तं याति पुन सूर्ये अहर्वै प्रविशत्यपः / तस्मान्नक्तं पुनः शुक्ला आपो ऽदृश्यन्त भास्वराः
Quand le Soleil se couche de nouveau, le Jour entre dans les eaux. Ainsi, la nuit, les eaux apparaissent encore blanches et lumineuses.
Verse 22
एतेन क्रमयोगेन भूम्यर्द्धे दक्षिणोत्तरे / उदयास्तमने नित्यमहोरात्रं विशत्यपः
Par cet enchaînement ordonné, les eaux pénètrent sans cesse dans la moitié méridionale et septentrionale de la terre, au rythme du lever et du coucher, tout au long du jour et de la nuit.
Verse 23
यश्चासौ तपते सूर्यः पिबन्नंभो गभस्तिभिः / पार्थिवाग्निविमिश्रो ऽसौ दिव्यः शुचिरिति स्मृतः
Le Soleil qui brûle boit les eaux par ses rayons; bien qu’il soit mêlé au feu terrestre, il est tenu pour divin et pur.
Verse 24
सहस्रपादसौ वह्निर्घृतकुंभनिभः शुचिः / आदत्ते स तु नाडीनां सहस्रेण समन्ततः
Ce feu pur, comme pourvu de mille pieds et brillant tel un vase de ghee, recueille les eaux de toutes parts par mille canaux.
Verse 25
नादेयीश्चैव सामुद्रीः कौप्याश्चैव समन्ततः / स्थावरा जङ्गमाश्चैव याश्च कुल्यादिका अपः
Eaux des rivières, eaux de l’océan et eaux des puits de toutes parts; celles qui résident dans l’immobile et le mobile, ainsi que les eaux des rigoles et canaux—toutes.
Verse 26
तस्य रश्मिसहस्रं तु शीतवर्षोष्णनिःस्तवम् / तासां चतुःशता नाड्यो वर्षन्ते चित्र मूर्त्तयः
Ses mille rayons manifestent le froid, la pluie et la chaleur; et parmi eux, quatre cents canaux déversent la pluie sous des formes diverses.
Verse 27
चन्दनाश्चैव साध्यश्च कूतनाकूतनास्तथा / अमृता नामतः सर्वा रश्मयो वृष्टिसर्जनाः
Les rayons nommés Candana, Sādhya et Kūtanā-Akūtanā—tous appelés ‘Amṛtā’—font naître la pluie.
Verse 28
हिमोद्गताश्च ताभ्यो ऽन्या रश्मयस्त्रिशताः पुनः / दृश्या मेघाश्च याम्यश्च ह्रदिन्यो हिमसर्जनाः
D’elles naissent encore trois cents autres rayons issus du givre; nommés Dṛśyā, Meghā, Yāmya et Hradinī, ils engendrent la neige.
Verse 29
चन्द्रास्ता नामतः प्रोक्ता मिताभास्तु गभस्तयः / शुक्लाश्च कुहकाश्चैव गावो विश्वभृतस्तथा
On les nomme ‘Candrā’; leurs lueurs (gabhasti) sont d’un éclat mesuré. Il y a aussi Śuklā, Kuhakā, Gāvo et Viśvabhṛt.
Verse 30
शुक्लास्ता नामतः सर्वस्त्रिशता धर्मसर्जनाः / समं विभज्य नाडीस्तु मनुष्टपितृदेवताः
Les trois cents rayons nommés ‘Śuklā’ sont tous générateurs du Dharma; ils répartissent également les canaux (nāḍī) pour les hommes, les Pitṛs et les devas.
Verse 31
मनुष्यानौषधेनेह स्वधया तु पितॄनपि / अमृतेन सुरान्सर्वांस्त्रींस्त्रिभिस्तर्पयत्यसौ
Ici, il rassasie les hommes par les plantes médicinales, les Pitṛs par la svadhā, et tous les devas par l’amṛta : les trois, par trois offrandes.
Verse 32
वसंते चैव ग्रीष्मे च शतैः स तपति त्रिभिः / वर्षास्वथो शरदि वै चतुर्भिश्च प्रवर्षति
Au printemps et en été, Il brûle de trois cents rayons; et durant la saison des pluies et l’automne, Il fait pleuvoir par quatre cents rayons.
Verse 33
हेमन्ते शिशिरे चैव हिम मुत्सृजते त्रिभिः / इन्द्रो धाता भगः पूषा मित्रो ऽथ वरुणोर्ऽयमा
En hémanta et en sisira, Il répand la neige par trois cents rayons; (comme formes d’Aditya) sont Indra, Dhâtâ, Bhaga, Pûshâ, Mitra, Varuna et Aryamâ.
Verse 34
अंशुर्विवस्वास्त्वष्टा च सविता विष्णुरेव च / माघमासे तु वरुणः पूषा चैव तु फलाल्गुने
Anshu, Vivasvân, Tvashtri, Savitâ et Vishnu—telles sont (les formes d’Aditya); au mois de Mâgha c’est Varuna, et en Phâlguna l’on se souvient de Pûshâ.
Verse 35
चैत्रे मासि तु देतोंशुर्धाता वैशाखतापनः / ज्येष्ठमासे भवेदिन्द्रश्चाषाढे सविता रविः
Au mois de Chaitra, c’est Detomshu; en Vaishâkha, Dhâtâ (le Chauffant); en Jyeshtha, il devient Indra; et en Âshâdha, Savitâ-Ravi.
Verse 36
विवस्वाञ्छ्रावणे मासि प्रोष्ठे मासे भागः स्मृतः / पर्जन्यो ऽश्वयुजे मासि त्वष्टा च कार्तिके रविः
Au mois de Shrâvana, c’est Vivasvân; en Proshthapada, Bhaga est rappelé; en Ashvayuja, Parjanya; et en Kârtika, Tvashtri et Ravi.
Verse 37
मार्गशीर्षे भवेन्मित्रः पौषेविष्णुः सनातनः / पञ्चरश्मिसहस्राणि वरुणस्यार्ककर्मणि
Au mois de Mārgaśīrṣa, le Soleil devient Mitra ; en Pauṣa, il est Viṣṇu l’Éternel. Dans l’office solaire de Varuṇa, cinq mille rayons sont à l’œuvre.
Verse 38
षड्भिः सहस्रैः पूषा तु देवो ऽशुसप्तभिस्तथा / धाताष्टभिः सहस्रैस्तु नवभिस्तु शतक्रतुः
Avec six mille rayons œuvre le dieu Pūṣā ; avec sept mille, Aśu. Avec huit mille, Dhātā ; et avec neuf mille rayons, Śatakratu (Indra) accomplit sa charge.
Verse 39
सविता दशभिर्याति यात्येकादशभिर्भगः / सप्तभिस्तपते सित्रस्त्वष्टा चैवाष्टभिस्तपेत्
Savitā chemine avec dix (mille) rayons ; Bhaga chemine avec onze. Sitra brûle de sept rayons ; et Tvaṣṭā brûle aussi de huit (mille) rayons.
Verse 40
अर्यमा दशाभिर्याति पर्जन्यो नवभिस्तपेत् / षड्भी रश्मिसहस्रैस्तु विषणुस्तपति मेदिनीम्
Aryamā chemine avec dix (mille) rayons ; Parjanya brûle de neuf. Et Viṣaṇu, avec six mille rayons, réchauffe Medinī (la Terre).
Verse 41
वसंते कपिलः सूर्यो ग्रीष्मेर्ऽकः कनकप्रभः / श्वेतवर्णस्तु वर्षासु पाण्डुः शरदि भास्करः
Au printemps, le Soleil est kapila (rougeoyant) ; en été, Arka resplendit d’une lueur d’or. Pendant les pluies, il est de blanche couleur ; et en automne, Bhāskara prend une teinte pâle.
Verse 42
हेमन्ते ताम्रवर्णस्तु शैशिरे लोहितो रविः / इति वर्णाः समा ख्याताः सूर्यस्यर्तुसमुद्भवाः
En la saison hemanta, le Soleil prend une teinte cuivrée ; en la śaiśira, Ravi devient rougeoyant. Ainsi sont réputées les couleurs du Soleil, nées des saisons.
Verse 43
औषधीषु बलं धत्ते स्वधया च पिदृष्वपि / सूर्यो ऽमरेष्वप्यमृतं त्रयं त्रिषु न यच्छति
Le Soleil met sa force dans les plantes médicinales et, par la svadhā, rassasie aussi les Pitṛ. Même parmi les dieux, il est la cause de l’amṛta ; pourtant, ce triple don, il ne l’accorde pas aux trois indistinctement.
Verse 44
एवं रश्मिसहस्रं तु सौरं लोकार्थसाधकम् / भिद्यते ऋतुमासाद्य जलशीतोष्णनिस्रवम्
Ainsi, les mille rayons solaires, qui accomplissent le bien du monde, parvenus aux saisons se divisent et font naître dans les eaux un écoulement de fraîcheur et de chaleur.
Verse 45
इत्येतन्मण्डलं शुक्लं भास्वरं सूर्य संज्ञितम् / नक्षत्रग्रहसोमानां प्रतिष्ठा योनिरेव च
Ainsi, cet orbe blanc et lumineux est nommé Surya. Il est le support et aussi la matrice des constellations, des planètes et de Soma (la Lune).
Verse 46
चन्द्रऋक्षग्रहाः सर्वे विज्ञेयाः सूर्यसंभवाः / नक्षत्राधिपतिः सोमो ग्रह राजो दिवाकरः
La Lune, les constellations et toutes les planètes doivent être reconnues comme issues du Soleil. Le maître des constellations est Soma, et le roi des planètes est Divākara (le Soleil).
Verse 47
शेषाः पञ्च ग्रहा ज्ञेया ईश्वराः कामचारिणः / पठ्यते चाग्निरादित्य उदकं चन्द्रमाः स्मृतः
Les cinq astres restants doivent être connus comme des formes du Seigneur, se mouvant selon leur volonté. Dans la récitation, Agni est nommé Āditya, et l’eau est rappelée comme Candra.
Verse 48
शेषाणा प्रकृतीः स्मयग्वर्ण्यमाना निबोधत / सुरसेनापतिः स्कन्दः पठ्यते ऽङ्गारको ग्रहः
Écoutez avec justesse les natures des grahas restants, telles qu’elles sont décrites. Skanda, chef de l’armée des dieux, est récité comme le graha Aṅgāraka (Mars).
Verse 49
नारायणं बुधं प्राहुर्वेदज्ञानविदो बुधाः / रुद्रो वैवस्वतः साक्षाद्यमो लोकप्रभुः स्वयम्
Les sages versés dans la connaissance védique disent que le graha Budha est Nārāyaṇa. Et Rudra lui-même est Vaivasvata : Yama en personne, seigneur des mondes.
Verse 50
महाग्रहो द्विजश्रेष्ठो मन्दगामी शनैश्वरः / देवासुरगुरू द्वौ तु भानुमन्तौ महा ग्रहौ
Śanaiśvara est le grand astre, le plus excellent parmi les dvija, à la marche lente. Et les deux maîtres des dieux et des asura—Śukra et Bṛhaspati—sont des grands astres rayonnants.
Verse 51
प्रजापतिसुतावेतावुभौ शुक्रबृहस्पती / आदित्यमूलमखिलं त्रैलोक्यं नात्र संशयः
Tous deux—Śukra et Bṛhaspati—sont fils de Prajāpati. L’ensemble des trois mondes a pour racine Āditya; il n’y a là aucun doute.
Verse 52
भवत्यस्माज्जगत्कृत्स्नं सदेवासुरमानुषम् / रुद्रोपेन्द्रेन्द्रचन्द्राणां विप्रेन्द्रास्त्रिदिवौकसाम्
De Lui naît l’univers tout entier, avec dieux, asura et humains; de Lui procèdent Rudra, Upendra, Indra et Chandra, ainsi que les brahmanes suprêmes qui demeurent au séjour céleste.
Verse 53
द्युतिर्द्युतिमतां कृत्स्नं यत्तेजः सार्वलौकिकम् / सर्वात्मा सर्वलोकेशो महादेवः प्रजापतिः
Il est l’éclat total de tous les êtres éclatants, le tejas qui pénètre tous les mondes; Il est l’Âme de tout, le Seigneur de tous les lokas : Mahadeva, Prajapati.
Verse 54
सूर्य एव त्रिलोकस्य सूलं परमदैवतम् / ततः संजायते सर्वं तत्र चैव प्रलीयते
Le Soleil lui-même est la divinité suprême des trois mondes, tel un trident sacré; de Lui tout naît, et en Lui tout se résorbe.
Verse 55
भावाभावौ हि लोकानामादित्यान्निःमृतौ पुरा / जगज्ज्ञेयो ग्रहो विप्रा दीप्तिमान्सुप्रभो रविः
Ô vipras ! L’être et le non-être des mondes, jadis, émanèrent d’Aditya ; l’astre que l’univers doit reconnaître est Ravi, lumineux et d’un éclat souverain.
Verse 56
अत्र गच्छन्ति निधनं जायन्ते च पुनः पुनः / क्षणा मुहूर्त्ता दिवसा निशाः पक्षाश्च कृत्स्नशः
Ici, instants, muhūrtas, jours, nuits et toutes les quinzaines naissent sans cesse, et sans cesse vont à leur terme.
Verse 57
मासाः संवत्सराश्चैव ऋतवो ऽथ युगानि च / तदादित्यादृते ह्येषा कालंसख्या न विद्यते
Mois, années, saisons et yuga—tout cela; sans cet Aditya, il n’est point de décompte du Temps.
Verse 58
कालादृते न निगमो न दीक्षा नाह्निकक्रमः / ऋतूनामविभागाच्च पुष्पमूलफलं कुतः
Sans le Temps, point de Nigama, point d’initiation, point d’ordre des rites quotidiens; et sans la division des saisons, d’où viendraient fleur, racine et fruit?
Verse 59
कुतः सस्यविनिष्पत्तिस्तृणौषधिगणो ऽपि वा / अभावो व्यवहाराणां जन्तूनां दिवि चैह च
D’où viendrait l’accomplissement des récoltes, ou même la multitude des herbes et des plantes médicinales? Les usages des êtres s’éteindraient, au ciel comme ici-bas.
Verse 60
जगत्प्रतापनमृते भास्करं वारितस्करम् / स एष कालश्चाग्निश्च द्वादशात्मा प्रजापतिः
Sans Bhāskara, qui embrase le monde, qui retiendrait le voleur qu’est l’obscurité? Il est le Temps, il est le Feu—Prajāpati aux douze formes.
Verse 61
तपत्येष द्विजश्रेष्ठास्त्रैलोक्यं सचराचरम् / स एष तेचसां राशिस्तमो घ्रन्सार्वलौकिकम्
Ô dvijas éminents! Il échauffe les trois mondes avec tout ce qui est mobile et immobile; il est un amas de splendeur qui abat les ténèbres de tous les mondes.
Verse 62
उत्तमं मार्गमास्थाय वायोर्भाभिरिदं जगत् / पार्श्वमूर्ध्वमधश्चैव तापयत्येष सर्वशः
Ayant pris la voie suprême, par les splendeurs de Vāyu ce monde est échauffé de toutes parts : sur les côtés, en haut et en bas.
Verse 63
यथा प्रभाकरो दीपोगृहमध्ये ऽवलंबितः / पार्श्वमूर्ध्वमधश्चैव तमो नाशयते समम्
Tel un flambeau lumineux suspendu au milieu de la demeure, il dissipe également les ténèbres : sur les côtés, en haut et en bas.
Verse 64
तद्वत्सहस्रकिरणो ग्रहराजो जगत्पतिः / सूर्यो गोभिर्जगत्सर्वमादीपयति सर्वतः
De même, le Soleil aux mille rayons, roi des astres et seigneur du monde, illumine l’univers entier par ses lueurs en tous lieux.
Verse 65
रवे रश्मिसहस्रं यत्प्राङ्मया समुदात्दृतम् / तेषां श्रेष्ठाः पुनः सप्त रश्मयो ग्रहयो नयः
Parmi les mille rayons du Soleil évoqués plus haut, il en est encore sept qui sont les plus excellents : ceux qui conduisent la marche des planètes.
Verse 66
सुषुम्णो हरिकेशश्च विश्वकर्मा तथैव च / विश्वश्रवाः पुनश्चान्यः संपद्वसुरतः परः
Ces sept rayons sont : Suṣumṇā, Harikeśa, Viśvakarmā, Viśvaśravā ; et encore deux—Saṃpad et Vasurata—tout à fait éminents.
Verse 67
अर्वावसुः पुनश्चान्यः स्वराडन्यः प्रकीर्त्तितः / सुषुम्णः सूर्यरश्मिस्तु क्षीण शशिनमेधयेत्
Puis l’on célèbre un autre rayon nommé Arvāvasu, et un autre encore connu comme Svarāṭ. Suṣumṇā est un rayon du Soleil, qui fortifie même la Lune lorsqu’elle décline.
Verse 68
तिर्यगूर्ध्वप्रचारो ऽसौ सुषुम्णः परिकीर्त्तितः / हरि केशः पुरस्ताद्य ऋक्षयोनिः स कीत्यते
On proclame que Suṣumṇā se déplace à la fois de biais et vers le haut. Celle qui se tient à l’orient est nommée Harikeśa, et l’on la connaît aussi comme Ṛkṣayoni.
Verse 69
दक्षिणे विश्वकर्मा तु रश्मिन्वर्द्धयते वुधम् / विश्वश्रवास्तु यः पश्चच्छुक्रयोनिः स्मृतो बुधैः
Au sud, le rayon nommé Viśvakarmā accroît Budha. Et celui qui se tient à l’occident est Viśvaśravā, que les sages se remémorent comme Śukrayoni.
Verse 70
संपद्वसुस्तु यो रश्मिः स योनिर्लोहितस्य तु / षष्ठस्त्वर्व्वावसू रश्मिर्योनिस्तु स बृहस्पतेः
Le rayon nommé Saṃpadvasu est la yoni, la source de Lohita (Mars). Et le sixième rayon, Arvāvasu, est dit être la yoni de Bṛhaspati (Jupiter).
Verse 71
शनैश्चरंपुन श्चापि रश्मिराप्यायते स्वराट् / एवं सूर्यप्रभावेण ग्रहनक्षत्रतारकाः
Et par le rayon Svarāṭ, Śanaiścara (Saturne) est lui aussi nourri. Ainsi, par la puissance du Soleil, planètes, constellations et étoiles deviennent rayonnantes.
Verse 72
वर्त्न्ते दिवि ताः सर्वा विश्वं चैदं पुनर्जगत् / नक्षीयन्ते यतस्तानि तस्मान्नक्षत्रसंज्ञिताः
Elles demeurent toutes dans le ciel, et cet univers revient sans cesse en son cours; parce qu’elles ne s’épuisent pas, on les nomme « nakshatra ».
Verse 73
क्षेत्राण्येतानि वै पूर्वमापतन्ति गभस्तिभिः / तेषां क्षेत्राण्यथादत्ते सूर्यो नक्षत्रकारकाः
Ces domaines apparaissent d’abord avec leurs rayons; puis le Soleil, cause des nakshatras, en reçoit les domaines selon l’ordre établi.
Verse 74
तीर्णानां सुकृतेनेह सुकृतान्ते ग्रहाश्रयात् / तारणात्तारका ह्येताः शुक्लत्वाच्चैव तारकाः
Ceux qui ont traversé ici par le mérite, au terme de leur mérite trouvent refuge auprès des grahas; parce qu’elles font franchir, elles sont dites « tārakā », et par leur blanche clarté aussi « tārakā ».
Verse 75
दिव्यानां पार्थिवानां च नैशानां चैव सर्वशः / आदानान्नित्यमादित्यस्तेजसा तपसामपि
Du céleste, du terrestre et du nocturne, de toutes parts; l’Aditya, par sa splendeur, prélève sans cesse toute chose, même l’éclat du tapas des ascètes.
Verse 76
स्वनं स्यन्दनार्थे चु धातुरेषु विभाव्यते / स्वनात्तेजसो ऽपां च तेनासौ सविता मतः
Parmi les racines, ‘svan’ est aussi envisagée au sens de ‘syandana’, « faire couler »; parce qu’il fait couler le tejas et les eaux, on le tient pour Savitā.
Verse 77
बह्वर्थश्चदिरित्येष ह्लादने धातुरुच्यते / शुक्लत्वे चामृतत्वे च शीतत्वे च विभाव्यते
La racine « cadi » est dite aux sens multiples et signifie le hlādana, la joie; on la reconnaît aussi dans la blancheur, dans la nature d’amṛta et dans la fraîcheur.
Verse 78
सूर्याचन्द्रमसो र्दिव्ये मण्डले भास्वरे खगे / जलतेचौमये शुक्ले वृत्तकुंभनिभे शुभे
Les mandalas divins du Soleil et de la Lune, resplendissants dans le ciel, sont blancs, faits d’eau et d’éclat, semblables à une jarre ronde et de bon augure.
Verse 79
घनतोयात्मकं तत्र मण्डलं शशिनः स्मृतम् / घनतेजोमयं शुक्लं मण्डलं भास्करस्य तु
Là, on se souvient que le mandala de Śaśin (la Lune) est d’essence d’eau dense; tandis que le mandala blanc de Bhāskara (le Soleil) est d’essence de splendeur dense.
Verse 80
विशन्ति सर्वदेवास्तु स्थानान्येतानि सर्वशः / मन्वन्तरेषु सर्वेषु ऋक्षसूर्यग्रहाश्रयाः
Tous les devas pénètrent de toutes parts en ces demeures; et, dans tous les manvantaras, ils demeurent sous l’appui des constellations, du Soleil et des grahas.
Verse 81
तानि देवगृहाण्येव तदाख्यास्ते भवन्ति च / सौरं सूर्यो विशेत्स्थानं सौम्यं सोमस्तथैव च
Ces lieux sont véritablement des demeures des devas et portent ces mêmes noms; le Soleil entre dans le séjour « saura », et Soma (la Lune) de même dans le séjour « saumya ».
Verse 82
शौक्रं शुक्रो विशेत्स्थानं षोड शार्चिः प्रभास्वरम् / जैवं बृहस्पतिश्चैव लौहितं चैव लोहितः
Śukra pénètre dans le séjour nommé Śaukra, éclatant de seize rayons. Bṛhaspati entre dans le séjour Jaiva, et Lohita (Mars) dans le séjour Lauhita.
Verse 83
शनैश्चरो र्विशेत्स्थानं देवः शानैस्चरं तथा / बौधं बुधो ऽथ स्वर्भानुः स्वर्भानुस्थानमास्थितः
Śanaiścara (Saturne) entre dans le séjour nommé Śanaiścara; et le deva, de même, dans Śānaiscara. Puis Budha entre dans le séjour Baudha, et Svarbhānu demeure en son propre séjour.
Verse 84
नक्षत्राणि च सर्वाणि नक्षत्राणि विशन्त्युत / गृहाण्येतानि सर्वाणि ज्योतींषि सुकृतात्म नाम्
Toutes les nakṣatra entrent dans leurs propres sièges stellaires. Toutes ces demeures planétaires deviennent des maisons de lumière pour les âmes au mérite vertueux.
Verse 85
कल्पादौ संप्रवृत्तानि निर्मितानि स्वयंभुवा / स्थानान्येतानि तिष्ठन्ति यावदात्रूतसंप्लवम्
Au commencement du kalpa, cela se mit en mouvement et fut créé par Svayambhū (Brahmā). Ces demeures subsistent jusqu’au grand déluge de la dissolution (pralaya).
Verse 86
मन्वन्तरेषु सर्वेषु देवस्थानानि तानि वै / अभिमानिनो ऽवतिष्ठन्ते देवस्थानानि वै पुनः
Dans tous les manvantara, ces demeures des devas existent assurément. Dans ces demeures, les divinités tutélaires (abhimānī) reviennent sans cesse s’établir.
Verse 87
अतीतैस्तु सहातीता भाव्या भाव्यैः सुरैः सह / वर्त्तन्ते वर्त्तमानैश्च स्थानिभिस्तैः सुरैः सह / अस्मिन्मन्वन्तरे चैव ग्रहा वैतानिकाः स्मृताः
Les dieux qui se sont écoulés avec le passé, ceux qui seront avec l’avenir et ceux qui demeurent avec le présent—tels sont les sura établis. En ce manvantara, les graha sont dits « vaitānika ».
Verse 88
विवस्वानदितेः पुत्रः सूर्यो वैवस्वते ऽन्तरे / त्विषिनामा धर्मसुतः सोमो देवो वसुः स्मृतः
Vivasvān, fils d’Aditi, est le Soleil dans le manvantara de Vaivasvata. Et le dieu Soma, nommé Tviṣi et fils de Dharma, est tenu pour un Vasu.
Verse 89
शुक्रो देवस्तु विज्ञेयो भार्गवो ऽसुरयाजकः / बृहत्तेजाः स्मृतो देवो देवाचार्यो ऽगि रस्सुतः
Śukra doit être connu comme un dieu : un Bhārgava, prêtre des asura. Et le dieu nommé Bṛhattejā, fils d’Aṅgiras, est tenu pour l’ācārya des dieux.
Verse 90
बुधो मनोहरश्चैव त्विषिपुत्रस्तु स स्मृतः / शनैश्चरो विरूपस्तु संज्ञापुत्रो विवस्वतः
Budha est gracieux et l’on se souvient de lui comme fils de Tviṣi. Et Śanaiścara, nommé Virūpa, est le fils de Saṃjñā, issue de Vivasvān.
Verse 91
अग्नेर्विकेश्यां जज्ञे तु युवासौ लोहिताधिपः / नक्षत्राण्यृक्षनामानो दाक्षायण्यस्तु ताः स्मृताः
D’Agni, en Vikeśyā, naquit Yuvā, seigneur de Lohita. Et les nakṣatra portant le nom de Ṛkṣa sont tenues pour les Dākṣāyaṇī, les filles de Dakṣa.
Verse 92
स्वर्भानुः सिंहिकापुत्रो भूतसंतापनो ऽसुरः / सोमर्क्षग्रहसूर्येषु कीर्त्तिता ह्यभिमानिनः
Svarbhānu, fils de Siṃhikā, est l’asura qui tourmente les êtres; on le dit orgueilleux à l’égard de Soma, des astres, des planètes et du Soleil.
Verse 93
स्थानान्येतानि चोक्तानि स्थानिनश्चाथ देवताः / शुक्लमग्निमयं स्थानं सहस्रांशोर्विवस्वतः
Ces lieux ont été énoncés, ainsi que les divinités qui y résident; la demeure de Vivasvat, le Soleil aux mille rayons, est blanche et de nature ignée.
Verse 94
सहस्रांशोस्त्विषेः स्थानमम्मयं शुक्लमेव च / आप्यं श्यामं मनोज्ञस्य पञ्चरश्मेर्गृहं स्मृतम्
Le lieu de l’éclat du Soleil aux mille rayons est lui aussi blanc et de nature aqueuse; la demeure du gracieux Pañcaraśmi (la Lune) est tenue pour aqueuse et d’une teinte sombre.
Verse 95
शुक्रस्याप्यम्मयं शुक्लं पद्मं षौडःशरश्मिषु / नवरश्मेस्तु भौमस्य लौहितं स्थानमम्मयम्
La demeure de Śukra est elle aussi blanche, aqueuse, semblable à un lotus, avec seize rayons; et le lieu de Bhauma aux neuf rayons (Mars) est aqueux et de couleur rouge.
Verse 96
हरिदाप्यं बृहत्स्थानं द्वादशांशैर्बृहस्पतेः / अषृ रश्मिगृहं प्रोक्तं कृष्णं मन्दस्य चाम्मयम्
La vaste demeure de Bṛhaspati aux douze rayons est verdoyante et aqueuse; et la maison de Manda (Saturne) est dite à huit rayons, aqueuse et de couleur noire.
Verse 97
स्वर्भानोस्तामसं स्थानं भूतसंतापनालयम् / विज्ञेयास्तारकाः सर्वा अम्मयास्त्त्वे करश्मयः
Le séjour ténébreux de Svarbhanu est la demeure de l’ardeur qui tourmente les êtres; sachez que toutes les étoiles ont des rayons de nature aqueuse.
Verse 98
आश्रयाः पुण्यकीर्तीनां सुशुक्लाश्चापि वर्णतः / घनतोयात्मिका ज्ञेयाः कल्पादावेव निर्मिताः
Ils sont l’appui de ceux dont la renommée est vertueuse et, par leur couleur, d’une blancheur éclatante; sachez qu’ils sont d’essence d’eau dense, créés dès l’aube du kalpa.
Verse 99
आदित्यरश्मिसंयोगात्संप्रकाशात्मिकाः स्मृताः / नवयोजनसाहस्रो विष्कंभः सवितुः स्मृतः
Par l’union aux rayons d’Aditya, on les tient pour d’essence lumineuse; le diamètre de Savitri (le Soleil) est dit de neuf mille yojanas.
Verse 100
त्रिगुणास्तस्य विस्तारो मण्डलस्य प्रमाणतः / द्विगुणः सूर्यविस्ताराद्विस्तारः शशिनः स्मृतः
L’étendue de ce mandala, selon la mesure, est dite triple; et l’étendue de Shashi (la Lune) est tenue pour le double de celle du Soleil.
Verse 101
तुल्यस्तयोस्तु स्वर्भानुर्भूत्वाधस्तात्प्रसर्पति / उद्धृत्य पृथिवीछायां निर्मितो मण्डलाकृतिः
Devenant l’égal des deux, Svarbhanu se glisse vers le bas; en soulevant l’ombre de la Terre, une forme de mandala est façonnée.
Verse 102
स्वर्भानोस्तु बृहत्स्थानं तृतीयं यत्तमोमयम् / आदित्यात्तच्च निष्क्रम्य सोमं गच्छति पर्वसु
La vaste demeure de Svarbhānu est la troisième, toute tissée d’obscurité; sortant de l’Āditya, aux temps des parva il se rend vers Soma, la Lune.
Verse 103
आदित्यमेति सोमाच्च पुनः सौरेषु पर्वसु / स्वर्भासा नुदते यस्मात्तस्मात्स्वर्भानुरुच्यते
De Soma il parvient à l’Āditya, puis revient encore aux parva solaires; comme il est repoussé par Svarbhā, la clarté, on l’appelle donc Svarbhānu.
Verse 104
चन्द्रस्य षोडशो भागो भार्गवस्तु विधीयते / विष्कंभान्मण्डलाच्चैव योजनाग्रात्प्रमाणतः
Bhārgava (Vénus) est fixé selon la mesure d’un seizième de la Lune; d’après le diamètre de son mandala et l’étalon du yojana.
Verse 105
भार्गवात्पादहीनस्तु विज्ञेयो वै बृहस्पतिः / बृहस्पतेः पाद हीनौ भौमसौरावुभौ स्मृतौ
Bṛhaspati est connu comme ayant un pāda de moins que Bhārgava; et d’un pāda de moins que Bṛhaspati sont tenus Bhauma (Mars) et Saura (Saturne), tous deux.
Verse 106
विस्तारान्मण्डलाच्चैव पादहीनस्तयोर्बुधः / तारानक्षत्ररूपाणि वपुष्मन्ति च यानि वै
Budha (Mercure) est d’un pāda moindre que ces deux-là, tant par l’étendue que par l’orbe; et les formes des étoiles et des nakṣatra sont aussi, en vérité, pourvues de corps et de splendeur.
Verse 107
बुधेन समरूपाणि विस्तारान्मण्डलाच्च वै / प्रायशश्चन्द्रयोगीनि विद्यादृक्षाणि तत्त्ववित्
Que le connaisseur de la vérité sache que les constellations de forme semblable à Budha, selon leur étendue et leur cercle, sont le plus souvent liées au yoga de la Lune (Candra-yoga).
Verse 108
तारानक्षत्ररूपाणि हीनानि तु परस्परात् / शतानि पञ्च चत्वारि त्रीणि द्वे चैव योजने
Les formes des étoiles en tant que nakshatras sont moindres les unes par rapport aux autres ; leur intervalle est dit de cinq cents, quatre cents, trois cents et deux cents yojanas.
Verse 109
पूर्वापरनिकृष्टानि तारकामण्डलानि च / योजनाद्यर्द्धमात्राणि तेभ्यो ह्रस्वं न विद्यते
Les cercles d’étoiles à l’est et à l’ouest sont proches les uns des autres ; leur intervalle n’est que d’une demi-yojana, et rien n’est plus court que cela.
Verse 110
उपरिष्टात्त्रयस्तेषां ग्रहा ये दूरसर्पिणः / सौरोङ्गिराश्च वक्रश्च ज्ञेया मन्दविचारिणः
Au-dessus d’eux se trouvent trois planètes qui cheminent au loin : Saura, Angirasa et Vakra ; il faut les connaître comme d’allure lente.
Verse 111
तेभ्यो ऽध स्तात्तु चत्वारः पुनरेव महाग्रहाः / सूर्यसोमौ बुधश्चैव भार्गवश्चैव शीघ्रगाः
Au-dessous d’eux se trouvent encore quatre grandes planètes : Surya, Soma (Chandra), Budha et Bhargava (Shukra) ; celles-ci sont de marche rapide.
Verse 112
तावत्यस्तारकाकोट्यो यावदृक्षाणि सर्वशः / विधिना नियमाच्चैषामृक्षचर्या व्यवस्थिता
Il y a autant de myriades d’étoiles qu’il existe de ṛkṣa (nakṣatra) en tous lieux ; par le rite et la règle, leur marche astrale est ordonnée.
Verse 113
गतिस्तासु च सूर्यस्य नीचौच्चे त्वयनक्रमात् / उत्तरायणमार्गस्थो यदा पर्वसु चन्द्रमाः
Dans ces nakṣatra, la marche du Soleil devient basse ou haute selon l’ordre de l’ayāna ; et aux temps de parva, la Lune se tient sur la voie de l’Uttarāyaṇa.
Verse 114
उच्चत्वाद्दृश्यते शीघ्रं नीतिव्यक्तैर्गभस्तिभिः / तदा दक्षिणमार्गस्यो नीयां विथीमुपाश्रितः
Du fait de sa hauteur, il se voit vite par des rayons bien distincts ; alors il s’appuie sur la voie plus basse du chemin du Dakṣiṇa.
Verse 115
भूमि लेखावृतः सूर्यः पूर्णामावास्ययोः सदा / न दृश्यते यथाकालं शीघ्रमस्तमुपैति च
À la pleine lune et à la nouvelle lune, le Soleil demeure toujours voilé par la ligne de la terre ; il ne se voit pas en son temps et se couche promptement.
Verse 116
तस्मादुत्तरमार्गस्थो ह्यमावस्यां निशाकरः / दृश्यते दक्षिणे मार्गे नियमाद्दृश्यते न च
Ainsi, à l’amāvāsyā, le Niśākara (la Lune) se voit lorsqu’il est sur la voie du nord ; mais, selon la règle, sur la voie du sud il ne se voit pas.
Verse 117
ज्योतिषां गतियोगेन सूर्याचन्द्रमसावृतः / समानकालास्तमयौ विषुवत्सु समोदयौ
Par la conjonction des mouvements des astres, le Soleil et la Lune se trouvent comme enveloppés ; aux équinoxes, leur coucher et leur lever surviennent au même moment.
Verse 118
उत्तरासु च वीथीषु व्यन्तरास्तमनोदयौ / पूर्णामवास्ययोर्ज्ञोयौ ज्योतिश्चक्रानुवर्तिनौ
Sur les voies du nord, il existe un écart entre leur coucher et leur lever ; à la pleine lune et à la nouvelle lune, il faut connaître cette différence, car ils suivent la roue des astres.
Verse 119
दक्षिणायनमार्गस्थो यदा चरति रश्मिवान् / तदा सर्वग्रहाणां च सूर्यो ऽधस्तात्प्रसर्पति
Lorsque le Soleil, riche de ses rayons, chemine sur la voie du dakṣiṇāyana, alors il semble glisser vers le bas, au-dessous de toutes les planètes.
Verse 120
विस्तीर्ण मण्डलं कृत्वा तस्योर्द्ध्व चरते शशी / नक्षत्रमण्डलं कृत्स्नं सोमादूर्द्ध्व प्रसर्पति
Après avoir formé un vaste cercle, la Lune chemine au-dessus ; et tout le mandala des constellations s’étend plus haut encore que Soma.
Verse 121
नक्षत्रेभ्यो बुधश्चोर्द्ध्र बुधादूर्द्ध्वं तु भार्गवः / वक्रस्तु भार्गवादूर्द्ध्व वक्रादूर्द्ध्वं बृहस्पतिः
Au-dessus des nakṣatras se tient Budha (Mercure), et au-dessus de Budha se tient Bhārgava (Śukra, Vénus) ; au-dessus de Bhārgava se tient Vakra (Maṅgala, Mars), et au-dessus de Vakra se tient Bṛhaspati (Jupiter).
Verse 122
तस्माच्छनैश्चरश्चोर्द्ध्वं तस्मात्सप्तर्षिमण्डलम् / ऋषीणां चापि सप्तानां ध्रुव ऊर्द्ध्वं व्यवस्थितः
Au-dessus se tient Śanaiścara; plus haut encore, le cercle des Saptarṣi; et au-dessus de ces sept ṛṣi, l’étoile Dhruva demeure fermement établie.
Verse 123
द्विगुणेषु सहस्रेषु योजनानां शतेषु च / ताराग्रहान्तराणि स्युरुपरिष्टाद्यथाक्रमम्
Selon des mesures de centaines de yojanas et de milliers doublés, vers les hauteurs se trouvent, dans l’ordre, les intervalles entre étoiles et planètes.
Verse 124
ग्रहाश्च चन्द्रसूर्यौं च दिवि दिव्येन तेज सा / नित्यमृक्षेषु युज्यन्ते गच्छन्तो नियताः क्रमात्
Les planètes, ainsi que la Lune et le Soleil, d’un éclat divin dans le ciel, s’unissent sans cesse aux constellations et vont selon un ordre établi.
Verse 125
ग्रहनक्षत्रसूर्यास्तु नीचोच्चमृजवस्तथा / समागमे च भेदे च पश्यन्ति युगपत्प्रजाः
Les planètes, les étoiles et le Soleil ont des positions basses et hautes, ainsi qu’un mouvement droit; leur conjonction et leur séparation, les êtres les voient simultanément.
Verse 126
परस्परस्थिता ह्येते युज्यन्ते च परस्परम् / असंकरेण विज्ञेयस्तेषां योगस्तु वै बुधैः
Ils se tiennent les uns dans les autres et s’unissent mutuellement; les sages doivent savoir que leur conjonction se comprend sans mélange ni confusion.
Verse 127
इत्येवं सन्निवेशो वै वृथिव्या ज्यौतिषस्य च / द्विपानामुदधीनां च पर्वतानां त्थैव च
Ainsi fut exposée la disposition de la Terre, de l’ordre sacré de la Jyotiṣa, ainsi que des continents, des océans et des montagnes.
Verse 128
वर्षाणां च नदीनां च ये च तेषु वसंति वै / एतेष्वेव ग्रहाः सर्वे नक्षत्रेषु समुत्थिताः
Quant aux régions (varṣa), aux rivières et à ceux qui y demeurent : c’est dans ces mêmes nakṣatra que tous les graha (planètes) ont pris naissance.
Verse 129
विवस्वानदितेः पुत्रः सूर्यो वै चाक्षुषेंऽतरे / विशाखासु समुत्पन्नो ग्रहाणां प्रथमो ग्रहः
Vivasvān, fils d’Aditi, le Soleil (Sūrya), durant le manvantara de Cākṣuṣa naquit sous Viśākhā ; il est le premier des graha.
Verse 130
त्विषिमान् धर्मपुत्रस्तु सोमो देवो वसोस्सुतः / शीतरश्मिः समुत्पन्नः कृत्तिकासु निशाकरः
Soma, resplendissant, fils de Dharma et de Vasu, le Niśākara aux rayons frais, naquit sous le nakṣatra Kṛttikā.
Verse 131
षोडशार्चिर्भृगोः पुत्रः शुक्रः सूर्यादनन्तरम् / ताराग्रहाणां प्रवरस्तिष्यऋक्षे समुत्थितः
Śukra, fils de Bhṛgu, aux seize rayons, surgit après le Soleil ; il est le plus éminent parmi les tārā-graha et apparut sous le nakṣatra Tiṣya.
Verse 132
ग्रहश्चाङ्गिरसः पुत्रो द्वादशार्चिर्बृहस्पतिः / फाल्गुनीषु समुत्पन्नः पूर्वासु च जगद्गुरुः
Brihaspati, planète aux douze rayons, fils d’Angirasa, naquit sous les Purva Phalguni ; il est honoré comme le Guru du monde.
Verse 133
नवार्चिर्लोहिताङ्गश्च प्रजापतिसुतो ग्रहः / आषाढास्विह पूर्वासु समुत्पन्न इति श्रुतिः
Le planète (Mangala), aux neuf rayons et au corps rouge, fils de Prajapati, naquit sous les Purva Ashadha ; ainsi l’enseigne la Shruti.
Verse 134
रेवतीष्वेव सप्तार्चिस्तथा सौरिः शनैश्चरः / सौम्यो बुधो धनिष्ठासु पञ्चार्चिरुदितो ग्रहः
Sous Revati naquit Sauri Shanaishchara (Saturne), aux sept rayons ; et sous Dhanishtha se leva le doux Budha, planète aux cinq rayons.
Verse 135
तमोमयो मृत्युसुतः प्रजाक्षयकरः शिखी / आर्श्लेषासु समुत्पन्नः सर्वहारी महाग्रहः
Shikhi, fait de ténèbres, fils de Mṛtyu, cause de l’extinction des êtres, naquit sous Ashlesha : il est le Mahāgraha qui ravit tout.
Verse 136
तथा स्वनामधेयेषु दाक्षायण्यः समुछ्रिताः / तमोवीर्यमयो राहुः प्रकृत्या कृष्णमण्डलः
Ainsi encore, ils sont exaltés dans les nakshatras Dakshayani portant leurs propres noms ; et Rahu, empli de la puissance des ténèbres, est par nature un disque noir.
Verse 137
भरणीषु समुत्पन्नो ग्रहश्चन्द्रार्कमर्द्दनः / एते तारा ग्रहाश्चापि बोद्धव्या भार्गवादयः
Dans le nakshatra Bharaṇī naquit l’astre-planète nommé Candrārkamardana, qui dompte la Lune et le Soleil. Ces étoiles et planètes, tels Bhārgava et autres, doivent être connus.
Verse 138
जन्मनक्षत्रपीडासु यान्ति वैगुण्यतां यतः / स्पृश्यन्ते तेन दोषेण ततस्तद्ग्रहभक्तितः
Dans les tourments du nakshatra de naissance, on tombe dans l’imperfection. On est touché par cette faute; c’est pourquoi il faut vouer une dévotion au graha concerné.
Verse 139
सर्वग्रहाणामेतेषामादिरादित्य उच्यते / ताराग्रहाणां शुक्रस्तु केतूनामपि धूमवान्
De tous ces graha, l’origine est dite Āditya, le Soleil. Parmi les tārā-graha, c’est Śukra; et parmi les ketu, Dhūmavān, la comète.
Verse 140
ध्रुवः कीलो ग्रहाणां तु विभक्तानां चतुर्द्दिशम् / नक्षत्राणां श्रविष्ठा स्यादयनानां तथोत्तरम्
Pour les graha répartis aux quatre directions, Dhruva est tel le clou de l’axe. Parmi les nakshatra, Śraviṣṭhā; et parmi les ayana, Uttarāyaṇa est le principal.
Verse 141
वर्षाणां चापि पञ्चानामाद्यः संवत्सरः स्मृतः / ऋतूनां शिशिरश्चापि मासानां माघ एव च
Parmi les cinq sortes d’années, la première est tenue pour Saṃvatsara. Parmi les saisons, Śiśira; et parmi les mois, Māgha est le principal.
Verse 142
पक्षाणां शुक्लपक्षश्च तिथीनां प्रतिपत्तथा / अहोरात्रविभागानामहश्चापि प्रकीर्तितम्
Parmi les quinzaine lunaires, la quinzaine claire (Śuklapakṣa) est célébrée; parmi les tithi, la Pratipadā; et, dans la division du jour et de la nuit, le « ahaḥ » (le jour) est aussi proclamé.
Verse 143
मुहूर्त्तानां तथैवादिर्मुहूर्त्तो रुद्रदैवतः / क्षणश्चापि निमेषादिः कालः कालविदां वराः
Parmi les muhūrta, le premier muhūrta relève de la divinité Rudra; et le kṣaṇa commence aussi par le nimeṣa, etc.—ô meilleurs connaisseurs du Temps, tel est Kāla.
Verse 144
श्रवणान्तं धनिष्ठादि युगं स्यात्पञ्चवार्षिकम् / भानोर्गतिविशेषेण चक्रवत्परिवर्त्तते
Le yuga qui commence à Dhaniṣṭhā et s’achève à Śravaṇa est dit de cinq ans; selon la particularité de la marche du Soleil, il tourne comme une roue.
Verse 145
दिवाकरः स्मृतस्तस्मात्कालस्तद्विद्भिरीश्वरः / चतुर्विधानां भूतानां प्रवर्त्तकनिवर्त्तकः
Ainsi Divākara (le Soleil) est tenu pour le Temps, et les connaisseurs le disent Īśvara; il met en marche et fait cesser les êtres de quatre sortes.
Verse 146
तस्यापि भगवान्रुद्रः साक्षाद्देवः प्रवर्त्तकः / इत्येष ज्योतिषामेव संनिवेशोर्ऽथनिश्चयात्
Et même pour cela, l’agent direct est Bhagavān Rudra lui-même, le Deva manifeste; ainsi, par détermination du sens, se trouve l’agencement du jyotiṣa.
Verse 147
लोकसंव्यवहारार्थ मीश्वरेण विनिर्मितः / उत्तराश्रवणेनासौ संक्षिप्तश्च ध्रुवे तथा
Pour l’ordonnance des usages du monde, cela fut établi par le Seigneur Īśvara; et, par Uttarāśravaṇa, cela fut aussi condensé et fixé en Dhruva.
Verse 148
सर्वतस्तेषु विस्तीर्णो वृत्ताकार इव स्थितः / बुद्धिबूर्वं भागवता कल्पदौ संप्रवर्त्तितः
Il s’étend de toutes parts parmi eux, comme s’il demeurait en forme de cercle; et, au commencement du kalpa, le Bhagavān le mit en mouvement avec discernement.
Verse 149
साश्रयः सो ऽभिमानी च सर्वस्य ज्योतिषात्मकः / वैश्वरूपप्रधानस्य परिणामो ऽयमद्भुतः
Il possède un support et le sentiment du « moi », et il est l’essence lumineuse de tout; tel est l’étonnant aboutissement du Pradhāna à forme universelle (Vaiśvarūpa).
Verse 150
नैतच्छक्यं प्रसंख्यातुं याथातथ्येन केनचित् / गतागतं मनुष्येण ज्योतिषां सांसचक्षुषा
Nul ne peut l’énumérer avec justesse; l’homme, avec ses yeux mondains, ne saurait mesurer l’aller et venir des luminaires.
Verse 151
आगमादनुमा नाच्च प्रत्यक्षदुपपत्तितः / परिक्ष्य निपुणं बुद्ध्या श्रद्धातव्यं विपश्चिता
Par l’Āgama, l’inférence et la justesse du témoignage direct—après un examen subtil par l’intelligence—le sage doit établir la śraddhā (foi).
Verse 152
चक्षुः शास्त्रं जलं लेख्यं गणितं बुद्धिवित्तमाः / पञ्चैते हेतवो विप्रा ज्योतिर्गणविवेचने
La vue, le śāstra, l’eau, l’écriture, le calcul et l’intelligence : tels sont, ô brāhmanes, les cinq fondements du discernement des comptes du Jyotiṣa.
They are requesting a structured account of celestial ‘abodes/houses’ and the correct classification of luminaries—i.e., how astral order is organized and named within the Purāṇic cosmological scheme.
The chapter outlines a triadic model: (1) solar/divine fire associated with the Sun’s heat, (2) atmospheric/lightning fire (vaidyuta), and (3) terrestrial/physical fire connected with earth and fuel, alongside related internal fire (jāṭhara).
It presents creation as functional differentiation: light and heat are not incidental but foundational regulators that make the cosmos intelligible and habitable, enabling later discussions of time-cycles, astral motion, and worldly order.