
Thème principal : Protection et restauration atharvaniques de la vie incarnée — assurer la maison, la grossesse, la vitalité et la victoire par l’expulsion, portée par le mantra, des forces hostiles. Sous-thèmes : (1) Guerre d’abhicāra au moyen d’une technologie sonore/rituelle (tambour de guerre). (2) Bhaiṣajya : expulsion des agents de maladie (takmán – fièvre, krimi – vers/parasites, piśāca). (3) Rites āyuṣya : lier prāṇa/asu et prolonger la vie. (4) Consécration gṛhya et protection du foyer (navaśālā, Agni). (5) « Couverture » rituelle et sauvegarde du processus de yajña/saṃskāra.
L’Atharvaveda 5.21 est un hymne d’abhicāra à caractère martial qui arme le tambour de guerre (dundubhi) comme une puissance opérative vivante : son grondement, chargé de mantra, doit inoculer la terreur, provoquer la désunion mentale et mettre en déroute l’armée ennemie. Le sūkta « place » à plusieurs reprises dans l’adversaire la peur (bhaya/trāsa), la haine et la confusion, tout en ralliant des « troupes » divines alliées afin d’assurer la victoire et la souveraineté sur le champ de bataille.
L’Atharvaveda 5.22 est un hymne curatif d’expulsion qui affronte Takmán (la fièvre) comme une affection consciente et mobile, et lui ordonne de s’en aller « vers le bas et au loin » du patient. Il identifie des formes graves de fièvre (dure, rougeâtre) et, par une adjuration d’autorité, empêche la rechute, avertissant expressément Takmán de ne pas s’allier à la toux ni aux complications flegmatiques. La force de l’hymne réside dans la nomination de l’agent morbide, l’orientation de son départ et le scellement du bannissement afin qu’il ne revienne pas.
AV 5.23 est un hymne thérapeutique krimi-ghna (qui détruit les vers/la maladie parasitaire) : il lie le patient dans un « tissage » divin protecteur, puis démembre et extermine avec force les krimi dans toute cachette — au-dedans, autour, et sous des formes infimes. Sa puissance tient à la totalisation de l’infestation (nommer les formes et les lieux) et à la conversion de la parole en arme écrasante ; Dyāvā‑Pṛthivī, Sarasvatī, Indra et Agni sont invoqués comme gardiens enveloppants et exécuteurs de la maladie.
AV 5.24 est une litanie de puissances tutélaires protectrices, invoquées pour « couvrir » chaque strate d’un acte de consécration : le mantra, l’opération rituelle, l’intention, la résolution, la bénédiction et l’invocation formelle des dieux. En nommant les divinités par des épithètes de souveraineté (adhipati) — telles que « Seigneur des Nakṣatras » et « Père des Maruts, Seigneur du bétail » — l’hymne instaure une supervision cosmique du rite, afin qu’il s’accomplisse sans obstacle et qu’il produise une prospérité stable.
AV 5.25 est un hymne atharvanique de protection obstétricale qui sacralise la conception et la « mise en place » du fœtus (garbha-dhāraṇa), en demandant aux puissances divines d’implanter, de stabiliser et de mener l’embryon à maturité jusqu’à une naissance à terme. Centré sur Dhātṛ comme établisseur/créateur, il associe des invocations de fécondité (Sinīvālī, Sarasvatī, les Aśvins) à un langage protecteur d’« ouverture/assise » afin d’assurer une grossesse sans atteinte et un accouchement réussi, souvent avec le souhait explicitement formulé d’un enfant mâle au dixième mois.
Cet hymne est une consécration de type gṛhya pour une demeure nouvellement construite (navaśālā), établissant un ordre rituel propice par Agni, premier protecteur de la maison et porteur des offrandes. Par l’« attelage » répété (yuj) de formules yajus, de bois d’allumage, de l’exclamation svāhā et de puissances divines associées, il stabilise le rite, écarte les infortunes domestiques et transforme le nouvel espace en un foyer porteur de prospérité pour le yajamāna.
AV 5.27 est un hymne à Agni centré sur le homa, qui fortifie l’adhvara en appelant le feu à « s’avancer » comme porteur (vahni) et à manifester sa majesté sacrificielle par des oblations correctement offertes. Il stabilise l’espace rituel (śānti) et accroît la prospérité (paustika) en veillant à ce que le havis soit adouci, libéré et transmis sans danger aux dieux, apaisant les obstacles susceptibles de troubler le rite.
L’Atharvaveda 5.28 est un charme thérapeutique Āyuṣya (« longue vie ») qui rassemble, mesure et refixe les prāṇa afin que le sujet atteigne « cent automnes ». Il opère en stabilisant la vitalité par un ordonnancement neuf fois des souffles de vie et en scellant la protection par des triades de métaux, consacrées par tapas/tejas et renforcées par les puissances des saisons et de l’année (ṛtu/saṃvatsara).
AV 5.29 est un hymne rakṣoghna-bhaiṣajya vigoureux qui mobilise Agni Jātavedas comme médecin et tueur de démons afin de chasser un Piśāca mangeur de chair, tenu pour l’agent de l’affliction du patient. Par des images de perforation, de coupe et de riposte, le mantra fait de la clarté brûlante d’Agni un exorcisme « chirurgical » qui rétablit l’intégrité du corps, la force et la vie. L’hymne s’achève sur une bénédiction réparatrice : croissance, pureté, délivrance de la maladie dévorante (yakṣma) et prolongation de la vie.
AV 5.30 est un charme atharvanique de prolongation de la vie : il arrête le glissement d’une personne vers la mort en « liant fermement » le souffle vital (asu) et en rappelant les facultés dispersées. Il barre explicitement la voie vers les Pitṛs (les ancêtres défunts comme destination de celui qui meurt) et détourne les forces hostiles, y compris le mal que l’on pensait pouvoir être envoyé même depuis le cercle de la parenté. Sa puissance est conçue comme une réintégration : souffle, esprit, vue, force et stabilité corporelle sont rassemblés de nouveau afin que le patient demeure ici, debout et ferme dans le monde des vivants.
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