Opening the text

Piṇḍakalpa-śrāddhotpatti-prakaraṇa (Aśauca-vidhi)
Ritual-Manual (Antyeṣṭi/Preta-saṃskāra and Śrāddha)
Dans un dialogue d’instruction, Pṛthivī demande à Varāha d’expliquer l’aśauca (impureté après un décès) et la juste manière d’accomplir le śrāddha et les offrandes de piṇḍa. Varāha décrit une discipline jour par jour : bain dans l’eau du fleuve, offrande de piṇḍas et libations d’eau (tarpaṇa), lessive et purification au dixième jour, rites de rasage, puis la cérémonie ekoddiṣṭa au onzième jour, avec le repas offert à un brāhmaṇa qualifié servant de substitut rituel du preta. Le texte précise les lieux convenables et inconvenables pour le preta-kārya, privilégiant un sol pur et évitant les espaces souillés ou troublés, Pṛthivī étant présentée comme témoin et support de la terre. Il détaille les règles d’hospitalité, les mantras d’invitation et d’hommage au preta, les dons (ombrelle, chaussures, vêtements, nourriture), le traitement des restes, ainsi que les observances ultérieures (rites mensuels et cérémonie annuelle). Il conclut en attribuant l’institution de ces rites à Ātreya, sous le témoignage de Nārada.
Verse 1
अथ पिण्डकल्पश्राद्धोत्पतिप्रकरणम् ॥ धरण्युवाच ॥ देवदेवोऽसि देवानां लोकनाथोऽपरिग्रहः ॥ आशौचकर्म विधिवच्छ्रोतुमिच्छामि माधव ॥
Commence maintenant la section sur l’origine et la procédure du rite de piṇḍa et du śrāddha. Dharaṇī dit : « Tu es le dieu des dieux, le seigneur des mondes, exempt de tout esprit d’appropriation. Je souhaite entendre, ô Mādhava, les règles des rites d’impureté (āśauca) selon la juste méthode. »
Verse 2
श्रीवराह उवाच ॥ आशौचं शृणु कल्याणि यथा शुध्यन्ति मानवाः ॥ गतायुषस्तृतीयेन स्नानं कुर्यान्नदीजले ॥
Śrī Varāha dit : « Écoute, ô bienheureuse, au sujet de l’āśauca—comment les humains se purifient. Le troisième jour après que la vie s’en est allée, on doit se baigner dans l’eau d’une rivière. »
Verse 3
पिण्डं सञ्चूरणं दद्यात्रिंश्च दद्याज्जलाञ्जलीन् ॥ चतुर्थे पञ्चमे षष्ठे पिण्डमेकं जलाञ्जलिम् ॥
On doit offrir le piṇḍa et le sañcūraṇa, et présenter aussi trois poignées d’eau. Les quatrième, cinquième et sixième jours, on offrira un piṇḍa et une poignée d’eau.
Verse 4
अन्यस्थानेषु दातव्यं स्नानात्त्वहनि सप्तमे ॥ एवं प्रतिदिनं कार्यं यावच्च दशमं दिनम् ॥
En un autre lieu, cela doit être donné après le bain, le septième jour. Ainsi, on l’accomplira chaque jour jusqu’au dixième jour.
Verse 5
क्षारादिना वस्त्रशौचं दिने च दशमे तथा ॥ तिलामलकस्नेहेन गोत्रजः स्नानमाचरेत् ॥
Par l’alcali et autres moyens, on doit purifier les vêtements, et de même au dixième jour. Le parent du même gotra accomplira le bain avec de l’huile de sésame et d’āmalaka.
Verse 6
पिण्डदानं विवर्त्याथ क्षौरकर्म तु कारयेत् ॥ स्नानं कृत्वा विधानॆन ज्ञातिभिः स्वगृहं व्रजेत् ॥
Ensuite, après avoir achevé l’offrande de piṇḍa, qu’on fasse accomplir le rite du rasage. Après s’être baigné selon la règle, qu’on regagne sa demeure avec ses parents.
Verse 7
एकादशे च दिवसे एकोद्दिष्टं यथाविधि ॥ स्नात्वा चैव शुचिर्भूत्वा प्रेतं विप्रेषु योजयेत् ॥
Et le onzième jour, qu’on accomplisse le rite ekoddiṣṭa selon la règle. Après s’être baigné et être devenu pur, qu’on confie l’offrande destinée au preta aux brāhmaṇas, comme prescrit.
Verse 8
एकोद्दिष्टं मनुष्याणां चातुर्वर्ण्यस्य माधवि॥ यथैकं द्रव्यसंयुक्तं स्वं विप्रं भोजयेत् तदा
Ô Mādhavī, pour les hommes des quatre varṇa, le rite ekoddiṣṭa doit être accompli ; alors on nourrira le brāhmaṇa que l’on a soi-même invité avec une unique offrande dûment préparée.
Verse 9
स्नात्वा चैव शुचिर्भूत्वा प्रेतं प्रेतेषु योजयेत्॥ एकोद्दिष्टं तु द्रव्याणां चातुर्वर्ण्यस्य माधवि
Après s’être baigné et être devenu rituellement pur, on doit établir le défunt comme preta parmi les pretas ; et, ô Mādhavī, l’offrande ekoddiṣṭa des substances rituelles est prescrite pour les quatre varṇa.
Verse 10
शुश्रूषया विपन्नानां शूद्राणां च वरानने॥ त्रयोदशे दिने प्राप्ते सुपक्वैर्भोजयेद्द्विजान्
Ô toi au beau visage, avec un esprit de service envers les affligés —y compris les śūdras—, lorsque vient le treizième jour, on doit nourrir les dvija d’une nourriture bien cuite.
Verse 11
मृतस्य नाम चोद्दिश्य यस्यार्थे च प्रयोजितः॥ स्वर्गतस्येति संकल्प्य कृत्वा ब्राह्मणमन्दिरम्
Après avoir indiqué le nom du défunt et orienté le rite pour son bien, en formant l’intention : «pour celui qui est allé au ciel», et après avoir préparé la demeure ou le lieu rituel d’un brāhmaṇa…
Verse 12
गत्वा निमन्त्रितं विप्रं नम्रो भूत्वा समाहितः॥ मन्त्रेणानेन भो देवि मनस्येव पठन्ति तम्
S’étant rendu auprès du brāhmaṇa invité, devenu humble et recueilli, ô déesse, on récite cela au moyen de ce mantra ; en vérité, on le récite intérieurement, dans l’esprit même, avec concentration.
Verse 13
गतोऽसि दिव्यलोके त्वं कृतान्तविहितेन च॥ मनसा वायुभूतस्त्वं विप्रमेनं समाश्रय
Tu es allé au monde divin selon ce qu’a prescrit Kṛtānta (la Mort) ; devenu subtil comme le vent par le mental, prends refuge auprès de ce brāhmaṇa.
Verse 14
पादसंवाहनं कार्यं प्रेतस्य हितकाम्यया॥ प्रेतभोगशरीरे तु ब्राह्मणस्य च सुन्दरि
Ô belle, pour le bien du défunt, il convient d’accomplir le massage des pieds (pādasaṃvāhana) ; car, en ce contexte, le corps du brāhmaṇa sert de « corps de jouissance » (bhoga-śarīra) au preta.
Verse 15
यावत्तु तिष्ठते तत्र प्रेतभोगमुदीक्षते॥ तावन्न संस्पृशेद्भूमे मम गात्रं प्रतिष्ठितम्
Tant qu’il demeure là, observant la jouissance du preta (de l’offrande), durant ce temps il ne doit pas toucher le sol, car mon corps y est établi.
Verse 16
प्रभातायां तु शर्वर्यामुदिते च दिवाकरे॥ श्मश्रुकर्म प्रकर्तव्यं विप्रस्य तु यथाविधि
À l’aube, lorsque le soleil s’est levé, on doit accomplir pour le brāhmaṇa l’observance du rasage (śmaśru-karma), selon la règle prescrite.
Verse 17
अस्तंगते तथादित्ये गत्वा ब्राह्मणमन्दिरम्॥ दत्त्वा तु पाद्यं विधिवन् नमस्कृत्य द्विजोत्तमम्
Lorsque le soleil s’est couché, s’étant rendu à la demeure du brāhmaṇa, on doit offrir selon le rite l’eau pour laver les pieds (pādya) et, après s’être incliné, rendre hommage au meilleur des dvijas.
Verse 18
स्नापनाभ्यञ्जनं कार्यं प्रेतसन्तोषदायकम्॥ गृहीत्वा भूमिभागं च स्थण्डिलं तत्र कारयेत्॥
Il convient d’accomplir le bain rituel et l’onction, car on tient qu’ils procurent satisfaction au défunt (preta). Ayant pris et préparé une portion de terre, qu’on y façonne l’aire-autel rituelle (sthaṇḍila).
Verse 19
चतुःषष्ठिकृतं भागं यथावत्सुकृतं भवेत्॥ ततो दक्षिणपूर्वेषु दिग्विभागेषु सुन्दरी॥
Qu’on fasse correctement une division en soixante-quatre parts, afin que l’agencement soit dûment accompli. Ensuite, ô belle, on procède selon les subdivisions des directions, en commençant par le sud-est.
Verse 20
छायायां कुञ्जरस्यापि नदीकूलद्रुमे तथा॥ चाण्डालादिप्रहीणे तु प्रेतकार्यं समाचरेत्॥
À l’ombre même d’un éléphant, et de même près d’un arbre sur la rive d’une rivière—pourvu que l’endroit soit exempt de Cāṇḍālas et autres semblables—qu’on accomplisse les rites pour le défunt (preta-kārya).
Verse 21
यं देशं च न पश्यन्ति कुक्कुटश्वानशूकराः॥ श्वा चापोहति रावेण गर्जितेन च शूकरः॥
Le lieu que ne voient ni n’approchent poules, chiens et porcs—et où l’on chasse le chien par des cris, et le porc par un rugissement puissant—est tenu pour convenable.
Verse 22
कुक्कुटः पक्षवातेन चाण्डालश्च यथा धरे॥ तत्र कुर्वन्ति ये श्राद्धं पितॄणां बन्धनप्रदम्॥
Là où un coq s’introduit par le battement de ses ailes, et là où un Cāṇḍāla est présent sur le sol—ceux qui y accomplissent le śrāddha sont dits procurer un lien d’asservissement aux ancêtres.
Verse 23
वर्जनीया बुधैरेते प्रेतकार्येषु सुन्दरी॥ देवतासुरगन्धर्वाः पिशाचोरगराक्षसाः॥
Ceux-ci doivent être évités par les sages dans les rites pour les défunts, ô belle: les devas, les asuras, les gandharvas, les piśācas, les nāgas et les rākṣasas.
Verse 24
नागा भूतानि यज्ञाश्च ये च स्थावरजङ्गमाः॥ स्नानं कृत्वा यथा देवि तव पृष्ठे प्रतिष्ठिताः॥
Les nāgas, les bhūtas et les yajñas, et tout ce qui est immobile ou mobile—après s’être baignés, ô déesse, ils sont établis sur ton dos, c’est-à-dire sur la Terre.
Verse 25
धारयिष्यामि सुश्रोणि विष्णुमायाततं जगत्॥ चण्डालमादितः कृत्वा नराणां तु शुभाशुभम्॥
Je porterai, ô toi aux belles hanches, ce monde déployé par la māyā de Viṣṇu—incluant aussi l’état des humains, favorable ou défavorable, depuis le Cāṇḍāla et au-delà, embrassant toute l’étendue.
Verse 26
स्नानं कुर्वन्तु ते भूमे स्थण्डिले तदनन्तरे॥ अकृत्वा पृथिवीभागं निवापं ये तु कुर्वते॥
Qu’ils se baignent, ô Terre, puis qu’ils procèdent sur le sthaṇḍila préparé. Mais ceux qui accomplissent l’offrande (nivāpa) sans avoir d’abord préparé une portion de sol—
Verse 27
त्वदधीनं जगद्भद्रे तवोच्छिष्टं हतं भवेत्॥ न देवाः पितरस्तस्य गृह्णन्तीह कदाचन॥
Le monde dépend de toi, ô bienheureuse; ce qui est traité comme tes restes devient souillé et gâté. Ni les dieux ni les ancêtres ne l’acceptent jamais ici.
Verse 28
कृत्वा तु पिण्डसङ्कल्पं नामगोत्रेण माधवि ॥ पश्चादश्नन्ति गोत्राणि कुलजाश्चैकभोजनाः ॥
Après avoir d’abord accompli le saṅkalpa rituel pour l’offrande de piṇḍa, en énonçant le nom et le gotra, ô Mādhavī, alors mangent ensemble, comme un seul repas, ceux du même gotra et ceux issus de la lignée familiale.
Verse 29
न दद्यादन्यगोत्रेभ्यो ये न भुञ्जन्ति तत्र वै ॥ चतुर्णामपि वर्णानां प्रेतकार्येषु सुन्दरी ॥
On ne doit pas donner la part attribuée à ceux d’un autre gotra qui ne mangent pas là; dans les rites pour les défunts, ô Sundarī, cela vaut pour les quatre varṇa.
Verse 30
एवं दत्तेन प्रीयन्ते प्रेतलोकगता नराः ॥ अदत्वा प्रेतभागं तु भुङ्क्ते यस्तत्र मानवः ॥
Par des offrandes données ainsi, on dit que les êtres parvenus au monde des défunts sont apaisés. Mais l’homme qui mange là sans avoir d’abord donné la part du défunt (pretabhāga) agit à l’encontre du rite.
Verse 31
गत्वा महानदीं सोऽपि सचैलं स्नानमाचरेत् ॥ तीर्थानि मनसा गत्वा त्रिभिरभ्युक्षयेद्भुवम् ॥
Étant allé à un grand fleuve, lui aussi doit se baigner en gardant ses vêtements. Se rendant par l’esprit aux tīrtha sacrés, il doit asperger le sol trois fois.
Verse 32
एवं शुद्धिं ततः कृत्वा ब्राह्मणान् शीघ्रमानयेत् ॥ आगतांश्च द्विजान् दृष्ट्वा कर्त्तव्या स्वागतकिया ॥
Après avoir ainsi accompli la purification, il faut faire venir promptement les brāhmaṇa. Et, voyant les hôtes dvija, les « deux-fois-nés », arrivés, on doit accomplir les rites d’accueil.
Verse 33
अर्घ्यं पाद्यं ततो दद्याद्धृष्टपुष्टेन माधवि ॥ आसनं चोपकल्पेत मन्त्रेण विधिपूर्वकम् ॥
Ensuite, l’on doit offrir l’arghya et l’eau pour laver les pieds, ô Mādhavī, avec un esprit recueilli et bien préparé ; puis l’on doit disposer un siège, accompagné d’un mantra, selon la règle rituelle.
Verse 34
मन्त्रः— इदं ते आसनं दत्तं विश्रामं क्रियतां द्विज ॥ कुरुष्व मे प्रसादं च सुप्रसीद द्विजोत्तम ॥
Mantra : «Ce siège t’est offert ; prends repos, ô dvija. Accorde-moi ta grâce et sois pleinement satisfait, ô le meilleur des deux-fois-nés».
Verse 35
उपवेश्यासने विप्रं छत्रं सङ्कल्पयेत्पुनः ॥ निवारणार्थमाकाशे भूता गगनचारिणः ॥
Après avoir fait asseoir le brāhmane sur le siège, l’on doit de nouveau formuler le sankalpa rituel au sujet d’un parasol (chatra), afin d’écarter les êtres aériens qui parcourent le ciel.
Verse 36
देवगन्धर्व यक्षाश्च सिद्धसङ्घा महासुराः ॥ धारणार्थं तथाकाशे छत्रं तेजस्विनां कृतम् ॥
Devas, Gandharvas, Yakṣas, assemblées de Siddhas et grands Asuras : ainsi, dans le ciel, un parasol est établi comme protection et couverture pour les êtres illustres et rayonnants.
Verse 37
छत्रमावरणार्थं तु दद्याञ्चैव द्विजातये ॥ आकाशे तत्र पश्यन्ति देवाः सिद्धपुरोगमाः ॥
Il faut assurément offrir un parasol à un dvijāti pour servir de couverture et de protection ; et là, dans le ciel, on dit que les devas—conduits par les siddhas—regardent et témoignent.
Verse 38
गन्धर्वा ह्यसुराः सिद्धा राक्षसाः पिशिताशिनः ॥ दृश्यामानेषु सर्वेषु प्रेतः संव्रीडितो भवेत् ॥
Lorsque les Gandharvas, les Asuras, les Siddhas, les Rākṣasas et les mangeurs de chair apparaissent tous autour de lui, le preta (esprit du défunt) est saisi de honte et de confusion.
Verse 39
व्रीडमानं ततो दृष्ट्वा हसन्त्यसुरराक्षसाः ॥ एवं निवारणं छत्रमादित्येन कृतं पुरा ॥
Le voyant ainsi confus, les Asuras et les Rākṣasas éclatent de rire. C’est ainsi que jadis Āditya (le Soleil) façonna un « parasol » protecteur, destiné à écarter le mal.
Verse 40
प्रेतलोकगतानां च सर्वदेवर्षिणां पुरा ॥ अग्निवर्षं शिलावर्षं तप्तं तत्र जलोदकम् ॥
Autrefois, pour tous les rishis divins qui étaient allés au monde des pretas, il y eut une pluie de feu, une pluie de pierres, et là même l’eau était brûlante.
Verse 41
भस्मवर्षं ततो घोरमहोरात्रेण माधवि ॥ पादौ च ते न दह्येतां यमस्य विषयं गते ॥ तमोऽन्धकारविषमं दुर्गमं घोरदर्शनम् ॥
Puis, ô Mādhavī, en l’espace d’un seul jour et d’une seule nuit, tombe une effroyable pluie de cendre. Quand on est entré dans le domaine de Yama, puissent tes pieds ne pas être brûlés. Ce royaume, inégal et plein d’ombre, est difficile à traverser et terrible à voir.
Verse 42
एकाकी दुःसहं लोके पथा येन स गच्छति ॥ कालो मृत्युश्च दूतश्च यष्टिमुद्यम्य पृष्ठतः ॥
Seul, endurant l’insupportable en ce monde, il avance sur ce chemin; et derrière lui suivent le Temps, la Mort et le messager, brandissant un bâton.
Verse 43
अहोरात्रेण घोरेण प्रेतं नयति माधवि ॥ दद्यात्तदर्थं विप्राय पदत्रे च सुखावहे ॥
En l’espace d’un jour et d’une nuit terribles, il conduit le preta, ô Mādhavī. À cette fin, qu’on donne à un brāhmaṇa une paire de sandales procurant le réconfort.
Verse 44
पश्चाद्धूपं च दीपं च दद्याद्वै मन्त्रपूर्वकम् ॥ याति येन विजानीयात्पृथक्प्रेतेन योजयेत् ॥
Ensuite, qu’on offre vraiment l’encens et la lampe, précédés de mantra. Qu’on sache la voie par laquelle (le preta) s’en va, et qu’on attribue (ces offrandes) séparément à chaque preta.
Verse 45
नामगोत्रमुदाहृत्य प्रेताय तदनन्तरम् ॥ शीघ्रमावाहयेद्भूमे दर्भपात्रे च भूतले ॥
Après avoir énoncé le nom et le gotra (lignée), aussitôt après on doit promptement invoquer (le preta) sur le sol, dans un récipient de darbha posé à même la terre.
Verse 46
मन्त्रः— इह लोकं परित्यज्य गतोऽसि परमां गतिम् ॥ गृह्ण गन्धं मुदा युक्तो भक्त्या प्रेतोपपादितम् ॥
Mantra : «Ayant quitté ce monde, tu es allé à la condition suprême. Reçois ce parfum, uni à la joie, offert avec dévotion et présenté pour le preta».
Verse 47
गन्धमन्त्रः— सर्वगन्धं सर्वपुष्पं धूपं दीपं तथैव च ॥ प्रतिगृह्णीष्व विप्रेन्द्र प्रेतमोक्षप्रदो भव ॥
Mantra du parfum : «Reçois tout parfum, toutes les fleurs, l’encens et de même la lampe ; ô meilleur des brāhmaṇas, deviens celui qui accorde au preta la délivrance (de l’état de preta)».
Verse 48
एवं वस्त्राणि विप्राय सर्वाण्याभरणानि च ॥ पुनः पुनश्च पक्वान्नं प्रयच्छेत् तु वसुन्धरे ॥
Ainsi, l’on doit donner des vêtements à un brāhmaṇa, avec tous les ornements; et, encore et encore, ô Vasundharā, offrir de la nourriture cuite.
Verse 49
एवमादीनि द्रव्याणि प्रेतभोग्यानि सर्वशः ॥ पादशौचादि त्रिः कृत्वा चातुर्वर्ण्यस्य माधवि ॥
Des biens de cette sorte—tenus pour appropriés au preta—doivent être disposés en tous points; après avoir accompli trois fois le lavage des pieds et les purifications connexes, ô Mādhavī, (cela est prescrit) pour les quatre varṇa.
Verse 50
एवंविधः प्रयोक्तव्यः शूद्राणां मन्त्रवर्जितम् ॥ अमन्त्रस्य च शूद्रस्य विप्रो गृह्णाति मन्त्रतः ॥
Ainsi doit-on l’accomplir pour les Śūdra sans mantras; et, pour un Śūdra à l’égard duquel on n’emploie pas de mantras, un brāhmaṇa reçoit (l’offrande) avec des mantras.
Verse 51
एतत्सर्वं विनिर्वर्त्य पक्वान्नं भोजयेद् द्विजम् ॥ भोक्ष्यमाणेन विप्रेण ज्ञानशुद्धेन सुन्दरि ॥
Après avoir accompli tout cela, l’on doit nourrir le dvija de nourriture cuite—par le brāhmaṇa qui doit manger, purifié par la connaissance, ô Sundarī.
Verse 52
प्रेताय प्रथमं दद्याद् न स्पृशेत परात्परम् ॥ सर्वं व्यञ्जनसंयुक्तं प्रेतभागं प्रकल्पयेत् ॥
D’abord, l’on doit donner une part au preta, et ensuite ne plus toucher (la nourriture); l’on doit préparer la portion du preta, pourvue de tous les accompagnements.
Verse 53
पितृस्थाने प्रदातव्यं विधानान्मन्त्रसंयुतम् ॥ एवं प्रेतेषु विप्रेषु एव कालो न विद्यते ॥
Il convient de l’offrir au lieu assigné aux Pitṛ, selon la procédure prescrite et accompagné de mantras ; ainsi, dans de tels rites pour les défunts impliquant des brāhmaṇa, aucune restriction de temps distincte n’est énoncée.
Verse 54
हस्तशौचं पुनः कृत्वा ह्युपस्पृश्य यथाविधि ॥ समन्त्रं प्रतिगृह्णाति पक्वान्नं भक्ष्यभोजनम् ॥
Après avoir de nouveau accompli la purification des mains et touché l’eau selon la règle, il reçoit avec des mantras la nourriture cuite, tant les aliments à mâcher que ceux destinés au repas.
Verse 55
भुज्यमानस्य विप्रस्य प्रेतभागं च नित्यशः ॥ ज्ञातिवर्गेषु गोत्रेषु सम्बन्धिस्वजनेषु च ॥
Pendant que le brāhmaṇa mange, la part du preta doit être maintenue constamment ; elle s’applique parmi les groupes de parents, au sein des lignées (gotra) et aussi parmi les proches apparentés.
Verse 56
भागस्तत्र प्रदातव्यस्तस्यार्थे यस्य विद्यते ॥ विप्राय दीयमाने तु वारणीयं न केनचित् ॥
Là, une part doit être donnée pour celui à qui elle revient ; et lorsqu’elle est donnée à un brāhmaṇa, nul ne doit l’entraver.
Verse 57
निवारयति यो दत्तं गुरुघात्याफलं लभेत् ॥ न देवा प्रतिगृह्णन्ति नाग्नयः पितरस्तथा ॥
Celui qui entrave ce qui est donné obtient le fruit d’un meurtre de maître ; les devas ne l’acceptent pas, ni les feux sacrés, ni non plus les ancêtres.
Verse 58
एवं विलुप्यते धर्मः प्रेतस्तत्र न तुष्यति ॥ एवं विचिन्त्यमानस्य यथा धर्मो न लुप्यते ॥
Ainsi le dharma est entamé, et le défunt n’en est point satisfait. Il faut donc réfléchir de manière à ce que le dharma ne soit pas amoindri.
Verse 59
ज्ञातिसम्बन्धिमध्ये तु यो दद्यात्प्रेतभोजनम् ॥ हृष्टेन मनसा विप्रे प्रेतभागं विशेषतः ॥
Mais parmi les parents et les proches, quiconque donne la nourriture au défunt—ô brāhmane—d’un esprit joyeux, offre tout particulièrement la part destinée au défunt.
Verse 60
कूटवत्प्रतितिष्ठेत दृष्ट्वा तृप्तिं न गच्छति ॥ एवं तु प्रेतभावेन शीघ्रं मुञ्चति किल्बिषात् ॥
Qu’il demeure comme immobile, tel un pilier; même en voyant (le rite), on n’atteint pas aussitôt la satisfaction. Pourtant, de cette manière, par l’état du défunt, on est vite délivré de la faute.
Verse 61
तृप्तिं ज्ञात्वा तु विप्रस्य पक्वान्नेन तु माधवि ॥ दातव्यमुदके तस्य पाणावभ्युक्षणं ततः ॥
Après avoir constaté la satisfaction du brāhmane à l’égard du mets cuit, ô Mādhavī, on doit lui donner de l’eau; ensuite, qu’on fasse l’aspersion sur sa main.
Verse 62
दातव्यं तत्र चोच्छिष्टं येन हेतुमगर्हितम् ॥ उपस्पृश्य विधानेंन मम तीर्थगतेन च ॥
Là, le reste (ucchiṣṭa) doit être donné d’une manière dont le motif n’est pas blâmable. Après s’être purifié en sirotant/touchant l’eau selon la règle, et aussi conformément à ma prescription du tīrtha—…
Verse 63
शुचिर्भूत्वा तु विधिवत्कृत्वा शान्त्युदकानि तु ॥ प्रणम्य शिरसा देवि निवापस्थानमागतः ॥ मन्त्रैः स्तुतिस्तु कर्त्तव्या तव भक्त्या । अवतिष्ठता ॥
S’étant purifié et ayant accompli selon le rite les eaux d’apaisement, s’inclinant la tête, ô Déesse, qu’on s’approche du lieu du nivāpa (offrande). Ensuite, qu’on accomplisse la louange par des mantras, demeurant là avec dévotion envers Toi.
Verse 64
नमो नमो मेदिनी लोकमातरुर्व्यै महाशैलशिलाधरायै ॥ नमो नमो धारिणि लोकधात्रि जगत्प्रतिष्ठे वसुधे नमोऽस्तु ते ॥
Hommage, hommage à Medinī, Mère du monde, à la vaste Terre qui porte les grandes montagnes et les rochers. Hommage, hommage à la Porteuse, Soutien des mondes; ô Vasudhā, assise de l’univers, que l’hommage soit à Toi.
Verse 65
एवं निवापदानेन तव भक्तेन सुन्दरि ॥ दद्यात्तिलोदकं तस्य नामगोत्रमुदाहरेत् ॥
Ainsi, par le don de l’offrande de nivāpa, ton dévot, ô Belle, doit offrir pour lui (le défunt) de l’eau mêlée de sésame et énoncer le nom et le gotra (lignée).
Verse 66
जानुभ्यामवनीं गत्वा नमस्कृत्य द्विजोत्तमान् ॥ पाणिं संगृह्य हस्तेन मन्त्रेणोत्थापयेद्द्विजान् ॥
S’étant abaissé jusqu’au sol sur les genoux et ayant salué les meilleurs des dvija (deux-fois-nés), prenant leur main de sa propre main, qu’il relève les brāhmaṇas au moyen d’un mantra.
Verse 67
दद्याच्छय्यानं देवि तथैवाञ्जनकङ्कणम् ॥ अञ्जनं कङ्कणं गृह्य शय्यामाक्रम्य स द्विजः ॥
Qu’on donne un lit, ô Déesse, et de même du collyre (añjana) et un bracelet. Prenant le collyre et le bracelet, ce brāhmaṇa, montant sur le lit, …
Verse 68
मुहूर्तं तत्र विश्रम्य निवापस्थानमागतः॥ गवां लाङ्गूलमुद्धृत्य दद्याद्ब्राह्मणहस्तके
Après s’y être reposé un court instant, il se rend au lieu de l’offrande (nivāpa). Ayant soulevé la queue d’une vache, qu’il la dépose dans la main d’un brāhmaṇa.
Verse 69
पात्रेणोदुम्बरस्थेन कृत्वा कृष्णतिलोदकम्॥ उदाहरेत्तु मन्त्रान्वै सौरभेयान् द्विजातयः
Au moyen d’un récipient en bois d’udumbara, ayant préparé de l’eau mêlée de sésame noir, les deux-fois-nés doivent réciter les mantras relevant de la tradition saurabheya (liée à la vache).
Verse 70
मन्त्रपूतं तदा तोयं सर्वपापप्रणाशनम्॥ उद्धृत्य तच्च लाङ्गूलं तोयेनाभ्युक्ष्य वै ततः
Alors on prend l’eau purifiée par le mantra—dite anéantir toute faute—; puis, ayant soulevé cette queue, on l’asperge ensuite de cette eau.
Verse 71
गत्वा तु ब्राह्मणेभ्योऽपि स्वगृहं यत्र तिष्ठति॥ पक्वान्नं भोजयेत्सर्वं न तिष्ठेत् प्रतिवासिकम्
Ensuite, après s’être occupé des brāhmaṇas, qu’il retourne à sa demeure où il réside. Qu’il les nourrisse de tous les mets cuits, et qu’il ne demeure pas en prativāsika (celui qui reste en arrière ou prolonge un état de restriction).
Verse 72
पिपीलिकादिभूतानि प्रेतभागं च सर्वशः॥ कृत्वा तु तर्पणं देवि यस्यार्थे तस्य कल्पयेत्
Même les êtres tels que les fourmis, ainsi que toute la part destinée aux défunts : ayant ainsi accompli le tarpaṇa, ô Devī, qu’on l’affecte au bénéfice de la personne pour laquelle cela est fait.
Verse 73
भुक्तेषु तेषु सर्वेषु दीनानाथान् प्रतर्प्य च॥ प्रेतराजपुरं गत्वा प्रयच्छति स माधवि
Quand tous ont mangé, et après avoir aussi rassasié les pauvres et les sans-protecteur, lui—ô Mādhavī—se rend à la cité du Seigneur des Défunts et en reçoit le fruit correspondant.
Verse 74
सर्वान्नमक्षयं तस्य दत्तं भवति सुन्दरि॥ कर्तव्य एवं संस्कारः प्रेतभावविशोधनः
Pour lui, toute nourriture ainsi donnée devient impérissable quant à son mérite, ô Sundarī. C’est ainsi que doit être accompli le saṁskāra, celui qui purifie l’état de « preta ».
Verse 75
नेमिपभृतिभिः शौचं चातुर्वर्ण्यस्य सर्वतः॥ भविष्यति न सन्देहो दृष्टपूर्वं स्वयम्भुवा
Par Nemi et d’autres, la pureté pour les quatre varṇa sera établie partout—il n’y a aucun doute ; cela fut jadis vu par Svayambhū, le Né-de-lui-même.
Verse 76
कृत्वा तु धर्मसंकल्पं प्रेतकार्यं विशेषतः॥ न भेतव्यं त्वया पुत्र प्रेतकार्ये कृते सति
Après avoir pris une résolution fondée sur le dharma et avoir accompli tout particulièrement les rites pour les défunts, tu ne dois pas craindre, ô fils, une fois ces rites dûment accomplis.
Verse 77
विस्तरेण मया प्रोक्तं प्रत्यक्षं नारदस्य च॥ त्वया वत्स सुतस्यार्थे क्रतुरेकः प्रतिष्ठितः
Je l’ai exposé en détail, et c’est aussi une chose connue directement de Nārada. Par toi, cher enfant, pour le bien de ton fils, un unique kratu (rite sacrificiel) a été dûment établi et accompli.
Verse 78
तस्मात्प्रभृति लोकेषु पितृयज्ञो भविष्यति ॥ एवं यास्यति वत्स त्वं न शोकं कर्त्तुमर्हसि ॥
Ainsi, dès lors, parmi les hommes en ce monde, l’offrande sacrificielle aux ancêtres (pitṛyajña) aura lieu. Ainsi cela se poursuivra, mon cher enfant ; tu ne dois pas te laisser aller au chagrin.
Verse 79
शिवलोकं ब्रह्मलोकं विष्णुलोकं न सशंयः ॥ एवमुक्त्वा तदात्रेयः पितृकर्म यथाविधि ॥
(Il atteint) le monde de Śiva, le monde de Brahmā ou le monde de Viṣṇu — sans aucun doute. Ayant ainsi parlé, cet Ātreya accomplit le rite des ancêtres selon la règle.
Verse 80
प्रेतस्यावाहनं कृत्वा शुचिर्भूत्वा समाहितः ॥ पक्वान्नं भोजयेत्तत्र प्रेतभागं यथाविधि ॥
Après avoir accompli l’invocation du défunt (preta), devenu pur et l’esprit recueilli, on doit y offrir de la nourriture cuite, en réservant la part destinée au preta, selon la règle.
Verse 81
मन्त्रयुक्तोपचारेण चातुर्वर्ण्यस्य सर्वतः ॥ वृषलानाममन्त्राणां प्रयोक्तव्यं यथाविधि ॥
Par des services rituels accompagnés de mantras, le rite doit être appliqué en tout point aux quatre varṇa ; mais, pour les vṛṣala, il doit être accompli sans mantras, selon la règle.
Verse 82
प्रेतकार्ये निवृत्ते तु पूर्णे संवत्सरे तथा ॥ प्रयान्ति जन्तवः केचिद्गत्वा गच्छन्ति चापरे ॥
Lorsque les rites pour le preta sont achevés et qu’une année entière est accomplie, certains êtres s’en vont ; d’autres, étant allés plus loin, poursuivent encore leur chemin.
Verse 83
पितामहः स्नुषा भार्या ज्ञातिसम्बन्धिबान्धवाः ॥ यद्येते बहवः सन्ति स्वप्नोपममिदं जगत् ॥
Grand-père, belle-fille, épouse et parents—relations et compagnons : même s’ils sont nombreux, ce monde est comparable à un songe.
Verse 84
स्वयं मुहूर्त्तं रोदित्वा ततो याति पराङ्मुखः ॥ स्नेहपाशेन बद्धो वै क्षणार्द्धान्मुच्यते ततः ॥
Après avoir pleuré durant un seul muhūrta, il se détourne ensuite et s’en va. Vraiment, lié par le lien de l’affection, il en est délivré après un demi-instant.
Verse 85
कस्य माता पिता कस्य कस्य भार्या सुतास्तथा ॥ युगे युगे तु वर्त्तन्ते मोहपाशेन बध्यते ॥
À qui la mère, à qui le père ? À qui l’épouse, et de même les fils ? D’âge en âge ils reviennent ; l’être est lié par le lien de l’illusion.
Verse 86
स्नेहभावेन कर्त्तव्यः संस्कारो हि मृतस्य च ॥ मातापितृसहस्राणि पुत्रदारशतानि च ॥
En vérité, l’observance funéraire pour le défunt doit être accomplie dans un esprit d’affection. Car il y eut des milliers de mères et de pères, et des centaines de fils et d’épouses.
Verse 87
संसारेष्वनुभूतानि कस्य ते कस्य वा वयम् ॥ स्वयम्भुवा विधिः प्रोक्तः प्रेतसंस्कारलक्षणः ॥
Éprouvées au fil des cycles du saṃsāra—à qui sont-elles, et à qui sommes-nous vraiment ? Svayambhū (l’Auto-né) a énoncé la procédure, caractérisée comme le rite pour le preta.
Verse 88
प्रेतकार्ये निवृत्ते तु पितृत्वमुपजायते ॥ मासि मासि ह्यमायां वै कर्त्तव्यं पितृतर्पणम् ॥
Lorsque les rites pour le défunt (preta) sont achevés, le mort accède au statut d’« ancêtre » (pitṛ). C’est pourquoi, à chaque jour de nouvelle lune, il convient d’accomplir l’offrande de libations aux ancêtres (pitṛ-tarpaṇa).
Verse 89
एवमुक्त्वा स आत्रेयः पितृयज्ञविनिश्चयम् ॥ मुहूर्ते ध्यानमास्थाय तत्रैवान्तरधीयत ॥
Après avoir ainsi énoncé la règle arrêtée concernant le pitṛ-yajña, le sage Ātreya, entrant en méditation un bref instant, disparut sur-le-champ, en ce même lieu.
Verse 90
नारद उवाच ॥ श्रुत्वा तु मृतसंस्कारमात्रेयोक्तं यथाविधि ॥ चातुवर्ण्यस्य सर्वस्य त्वया धर्मः प्रतिष्ठितः ॥
Nārada dit : Ayant entendu les rites funéraires, tels qu’Ātreya les a enseignés selon la règle prescrite, c’est par toi que le dharma a été établi pour l’ensemble de l’ordre social quadruple.
Verse 91
पितृयज्ञमुपश्राद्धे मासि मासि दिने तथा ॥ वर्त्तयन्ति यथान्यायमृषयश्च तपोधनाः ॥
Les ṛṣis, riches en austérité, accomplissent le pitṛ-yajña lors du śrāddha accessoire, et de même au jour mensuel, conformément à l’usage légitime.
Verse 92
निर्दिष्टं ब्राह्मणानां वै शूद्राणां मन्त्रवर्जितम् ॥ नेमिना च कृतं श्राद्धं ततः प्रभृति वै द्विजाः ॥
Pour les brāhmaṇas, cela est prescrit avec des mantras, tandis que pour les śūdras il est décrit comme dépourvu de mantras. Nemi accomplit un śrāddha, et dès lors les « deux-fois-nés » (dvija) suivirent cette pratique.
Verse 93
कुर्वन्ति सततं श्राद्धं नैमिश्राद्धं तदुच्यते ॥ स्वस्त्यस्तु ते महाभाग यास्यामि मुनिसत्तम ॥
Ils accomplissent sans cesse le śrāddha ; cela est appelé le « Naimi-śrāddha ». Que le bien-être soit pour toi, ô fortuné ; je m’en vais, ô le meilleur des sages.
Verse 94
एवमुक्त्वा मुनिश्रेष्ठो नारदो द्विजतत्तमः ॥ तेजसा द्योतयन्सर्वं गतः शक्रपुरं प्रति ॥
Ayant ainsi parlé, Nārada — le meilleur des sages, le premier parmi les deux-fois-nés — partit vers la cité de Śakra, illuminant tout de son éclat.
Verse 95
एवं च पिण्डसंकल्पं श्राद्धोत्पत्तिश्च माधवि ॥ आत्रेयेणैव मुनिना स्थापितं ब्राह्मणेषु च ॥
Ainsi, ô Mādhavi, la détermination de l’offrande de piṇḍa et l’origine du śrāddha furent établies parmi les Brāhmaṇas par le sage Ātreya lui-même.
Verse 96
अपाकद्रव्यं संगृह्य ब्रह्मणो वचनं यथा ॥ त्रिषु वर्णेषु कर्त्तव्यं पाकभोजनमित्युत ॥
Après avoir rassemblé les substances non cuites, selon l’injonction de Brahmā, il est dit que l’offrande du repas cuit doit être accomplie parmi les trois varṇa (ordres sociaux).
Verse 97
पिता पितामहश्चैव तथैव प्रपितामहः ॥ जुहुयाद्ब्राह्मणमुखे तृप्तिर्भवति शाश्वती ॥
Au père, au grand-père et de même à l’arrière-grand-père, on doit offrir (l’oblation) dans la bouche d’un Brāhmaṇa ; ainsi s’obtient une satisfaction durable (pour les ancêtres).
Verse 98
निपातदेशं संगृह्य शुचिदेशे समाहितः॥ नदीकूले निखाते वा प्रेतभूमिं विनिर्देशेत्॥
Après avoir rassemblé l’emplacement où l’offrande doit être déposée, et demeurant recueilli en un lieu purifié, qu’on désigne un « terrain des preta », soit sur la rive d’une rivière, soit dans un endroit creusé.
Verse 99
पतन्ति नरके घोरे तेनोच्छिष्टेन सुन्दरी॥ स्थण्डिले प्रेतभागं तु दद्यात्पूर्वाह्णिकं तु तम्॥
«Ô belle», à cause de ce reste impur (mal géré) ils tombent dans un enfer terrible ; c’est pourquoi, sur un sol nettoyé, on doit offrir la part destinée aux défunts, précisément comme rite du matin.
Verse 100
प्रेतस्य च हितार्थाय धारयेत वसुन्धरे॥ पूर्वं संहृष्टतुष्टेन प्रेतभागं च दापयेत्॥
Et pour le bien du défunt, ô Vasundharā, qu’on maintienne le rite avec soin ; d’abord, l’esprit joyeux et satisfait, qu’on fasse offrir la part du défunt.
Verse 101
तप्तवालुमयी भूमिः कण्टकैरुपसंस्तृता॥ तेन दुर्गाणि तरति दत्तयोपानहात्र वै॥
Le sol est fait de sable brûlant et jonché d’épines ; par ce don, en vérité, il franchit les passages difficiles, comme s’il était aidé par des chaussures offertes.
Verse 102
देवत्वं ब्राह्मणत्वं च प्रेतपिण्डे प्रदीयते॥ मानुषत्वं निवापेषु ज्ञातव्यं सततं बुधैः॥
On enseigne que l’état divin et l’état de brahmane sont conférés par le preta-piṇḍa ; et que l’état humain l’est par les offrandes de nivāpa : que les savants le comprennent constamment.
Verse 103
दृष्ट्वा तु प्रोषितं तेन उच्छिष्टं न विसर्जयेत्॥ ब्राह्मणे नाप्यनुज्ञातः शीघ्रं संरम्भयेत् ततः॥
Mais, voyant que le brahmane (destinataire) s’est éloigné, on ne doit pas pour cela jeter les restes ; et si un brahmane n’a pas donné son assentiment, on ne doit pas se hâter de partir ou d’agir ensuite.
Verse 104
पश्चात्प्रेतं विसर्ज्यैवं दद्याद्दानं द्विजातये॥ निवापमन्नमशुचिं दद्याद्वायसतर्पणम्॥
Ensuite, après avoir ainsi congédié le preta, on doit faire un don à un « deux‑fois né » ; et l’on doit offrir la nourriture appelée nivāpa — bien que tenue pour rituellement impure — comme tarpaṇa, en nourrissant les corbeaux.
Verse 105
दातव्यं तु तृतीये च मासे सप्तनवेषु च॥ एकादशे तथा मासे दद्यात्सांवत्सरीं क्रियाम्॥
On doit l’offrir au troisième mois, ainsi qu’au septième et au neuvième ; de même, au onzième mois, on accomplira le rite annuel.
Pṛthivī, as lokamātṛ and terrestrial witness, asks Varāha to define aśauca (mourning impurity) and to lay out the correct, socially binding procedure for preta-kārya, piṇḍadāna, and śrāddha so that the dead are supported and the living are purified without violating dharma or contaminating space.
Varāha delivers a practical, day-by-day manual: repeated snāna (preferably in river water), daily jalāñjali/tarpaṇa and piṇḍa offerings, strict site-selection on a prepared śuci-deśa/ sthaṇḍila, and regulated hospitality toward the ritual brāhmaṇa who functions as the preta’s proxy—culminating in the ekoddiṣṭa rite on the eleventh day.
The regimen resolves into formal reintegration: tenth-day laundering and purification, shaving rites, and the eleventh-day ekoddiṣṭa with feeding of a qualified brāhmaṇa, careful handling of the preta’s portion (pretabhāga/nivāpa), and prescribed gifts (cloth, footwear, umbrella, food). The chapter stabilizes the rite by insisting on clean ground and avoidance of polluted/disturbed zones, explicitly tying ritual legitimacy to Pṛthivī’s purity and support.
General sacred-ecological settings rather than named toponyms are emphasized: nadī-jala (river water) for bathing; nadī-kūla (riverbank); śuci-deśa (clean ground); shade of a riverbank tree (nadīkūla-druma); avoidance of spaces associated with caṇḍāla presence and scavenging animals. No specific rivers or cities (e.g., Mathurā) are named in this excerpt.
The text frames mortuary rites as a regulated social-ethical duty: disciplined purification (aśauca management), careful allocation of the pretabhāga (the preta’s portion), and non-obstruction of sanctioned gifts to ritual recipients. It also embeds a terrestrial ethic through Pṛthivī: rites should be performed on clean, properly prepared ground, avoiding spaces depicted as polluted or ecologically/ritually disturbed, thereby linking correct conduct with maintenance of terrestrial order.
A day-sequence is specified: third-day bathing and offerings; continued daily observances through the tenth day; tenth-day laundering/purification and subsequent shaving rite; eleventh-day ekoddiṣṭa; thirteenth-day feeding rites are mentioned. Longer-term markers include rites in the third month, at specified month-count intervals (saptanava as transmitted in the manuscript), an eleventh-month observance, and an annual (saṃvatsarī) ceremony. Ongoing monthly pitṛ-tarpaṇa is assigned to amāvāsyā (new-moon day).
Environmental/terrestrial balance is expressed through prescriptions for spatial purity: selecting a śuci-deśa, preparing a sthaṇḍila (smoothed ritual ground), and preferring riverbanks while avoiding areas associated with contamination or disruptive scavenger presence. Pṛthivī is explicitly invoked and praised as lokamātṛ and dhāriṇī, positioning the Earth as the supporting substrate whose cleanliness and proper partitioning (ritual ‘bhāga’) condition the legitimacy of offerings.
The chapter attributes the establishment and authoritative articulation of these rites to the sage Ātreya, with Nārada appearing as a later narrator/validator who reports the institutionalization of the piṇḍa-saṃkalpa and śrāddha origin. Nemi is referenced in connection with a named śrāddha tradition (naimi-śrāddha) as transmitted practice among dvijas.
Answers come straight from the texts, with the shlokas they draw on. Ask in your own words.
A free sign-in with Google or Apple keeps your chat saved across web and the app.
Read Varaha Purana in the Vedapath app
Scan the QR code to open this directly in the app, with word-by-word meanings, Sanskrit recitation where available, and more.