Verse 4.1
अथ हैनं सौर्यायणि गार्ग्यः पप्रच्छ । भगवन्नेतस्मिन् पुरुषे कानि स्वपन्ति कान्यस्मिञ्जाग्रति कतर एष देवः स्वप्नान् पश्यति कस्यैतत् सुखं भवति कस्मिन्नु सर्वे सम्प्रतिष्टिता भवन्तीति ॥१॥
Alors Sauryayani Gargya lui demanda : 'Ô Vénéré, en cette personne que dort ? Qu'y reste-t-il éveillé ? Quelle divinité voit les songes ? À qui appartient cette félicité ? En quoi tous ces éléments sont-ils établis ?'
Verse 4.2
तस्मै स होवाच । यथा गार्ग्य मरीचयोऽर्कस्यास्तं गच्छतः सर्वा एतस्मिंस्तेजोमण्डल एकीभवन्ति । ताः पुनः पुनरुदयतः प्रचरन्त्येवं ह वै तत् सर्वं परे देवे मनस्येकीभवति तेन तर्ह्येष पुरुषो न शृणोति न पश्यति न...
Il lui dit : 'De même, ô Gargya, les rayons du soleil, lorsqu'il se couche, tous s'unifient dans cet orbe de lumière, et lorsqu'il se lève à nouveau ils en émergent — ainsi en vérité tout cela s'unifie dans la divinité suprême, l'esprit. C'est pourquoi alors cette personne n'entend pas, ne voit pas, ne sent pas, ne goûte pas, ne touche pas, ne parle pas, ne prend pas, ne jouit pas, n'excrète pas, ne se meut pas — on dit qu'elle dort.'
Verse 4.3
प्राणा वा अग्र एवैतस्मिन् पुरे जाग्रति । गार्हपत्यो ह वा एषोऽपानो व्यानोऽन्वाहार्यपचनो यद्गार्हपत्यात् प्रणीयते प्रणयनादाहवनीयः प्राणः ॥३॥
Les pranas, en vérité, restent éveillés dans cette cité. Cet apana est le feu Garhapatya ; le vyana est le feu Anvaharyapachana. Puisque du Garhapatya l'Ahavaniya est allumé, le prana est l'Ahavaniya.
Verse 4.4
यदुच्छ्वासनिःश्वासावेतावाहुती समं नयतीति स समानः । मनो ह वाव यजमानः । इष्टफलमेवोदानः । स एनं यजमानमहरहर्ब्रह्म गमयति ॥४॥
Ce qui porte les deux oblations de l'expiration et de l'inspiration de manière égale, cela est le Samana. L'esprit en vérité est le sacrificateur. Le fruit du sacrifice seul est le Udana. Il conduit ce sacrificateur jour après jour vers Brahman.
Verse 4.5
अत्रैष देवः स्वप्ने महिमानमनुभवति । यद्दृष्टं दृष्टमनुपश्यति श्रुतं श्रुतमेवार्थमनुशृणोति देशदिगन्तरैश्च प्रत्यनुभूतं पुनः पुनः प्रत्यनुभवति दृष्टं चादृष्टं च श्रुतं चाश्रुतं चानुभूतं चाननुभूतं च सच्च...
Ici cet être divin expérie la grandeur dans le rêve. Ce qui fut vu, il le voit à nouveau comme vu; ce qui fut entendu, il entend à nouveau cette chose même; ce qui fut expérimenté dans d'autres régions et directions, il l'expérimente encore et encore. Le vu et le non-vu, l'entendu et le non-entendu, l'expérimenté et le non-expérimenté, l'être et le non-être—il voit tout; étant tout, il voit tout.
Verse 4.6
स यदा तेजसाऽभिभूतो भवति । अत्रैष देवः स्वप्नान्न पश्यत्यथ यदैतस्मिञ्शरीर एतत्सुखं भवति ॥६॥
Mais lorsqu'il est surpassé par la lumière (tejas), alors cet être divin ne voit plus de rêves. Alors, en ce corps même, surgit cette félicité.
Verse 4.7
स यथा सोम्य वयांसि वसोवृक्षं सम्प्रतिष्ठन्ते । एवं ह वै तत् सर्वं पर आत्मनि सम्प्रतिष्ठते ॥७॥
De même que, cher enfant, les oiseaux se posent sur un arbre pour se reposer, ainsi en vérité tout cela repose dans le Soi Suprême.
Verse 4.8
पृथिवी च पृथिवीमात्रा चापश्चापोमात्रा च तेजश्च तेजोमात्रा च वायुश्च वायुमात्रा चाकाशश्चाकाशमात्रा च चक्षुश्च द्रष्टव्यं च श्रोत्रं च श्रोतव्यं च घ्राणं च घ्रातव्यं च रसश्च रसयितव्यं च त्वक्च स्पर्शयित...
La terre et la mesure (substrat) de la terre ; les eaux et la mesure des eaux ; le feu et la mesure du feu ; le vent et la mesure du vent ; l’espace et la mesure de l’espace ; l’œil et ce qui doit être vu ; l’oreille et ce qui doit être entendu ; le nez et ce qui doit être senti ; le goût et ce qui doit être goûté ; la peau et ce qui doit être touché ; la parole et ce qui doit être dit ; les mains et ce qui doit être saisi ; l’organe de génération et ce qui doit être goûté comme jouissance ; l’anus et ce qui doit être excrété ; les pieds et ce vers quoi il faut aller ; le mental et ce qui doit être pensé ; l’intellect et ce qui doit être compris ; l’egoïté et ce qui est approprié comme « moi » ; le citta et ce à quoi l’on doit prêter attention ; la lumière et ce qui doit être illuminé ; et le prāṇa et ce qui doit être soutenu.
Verse 4.9
एष हि द्रष्टा स्प्रष्टा श्रोता घ्राता रसयिता मन्ता बोद्धा कर्ता विज्ञानात्मा पुरुषः । स परेऽक्षर आत्मनि सम्प्रतिष्ठते ॥९॥
Celui-ci est en vérité le voyant, le toucheur, l'auditeur, le flaireur, le goûteur, le penseur, le connaisseur, l'agent—le Purusha de nature conscience. Il repose dans l'Imperissable, dans le Soi.
Verse 4.10
परमेवाक्षरं प्रतिपद्यते स यो ह वै तदच्छायमशरीरमलोहितं शुभ्रमक्षरं वेदयते यस्तु सोम्य । स सर्वज्ञः सर्वो भवति । तदेष श्लोकः ॥१०॥
On atteint l'Imperissable Suprême. Quiconque, cher enfant, connaît cela qui est sans ombre, sans corps, sans sang, pur et imperissable—il devient omniscient, il devient tout. Ceci est le verset.
Verse 4.11
विज्ञानात्मा सह देवैश्च सर्वैः प्राणा भूतानि सम्प्रतिष्ठन्ति यत्र तदक्षरं वेदयते यस्तु सोम्य स सर्वज्ञः सर्वमेवाविवेशेति ॥११॥
Le soi conscient, avec tous les dieux, les souffles vitaux et les êtres, s'établit là où l'on connaît l'Impérissable. Celui qui connaît cela, ô bien-aimé, est l'omniscient; il est entré en tout.
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