Adhyaya 66
Avanti KhandaReva KhandaAdhyaya 66

Adhyaya 66

Mārkaṇḍeya enjoint à Yudhiṣṭhira de se rendre au Mātṛtīrtha sans égal, situé près d’un confluent sur la rive méridionale de la Narmadā. La sainteté du lieu est présentée par son origine : les Mātṛs, les Mères divines, s’y seraient manifestées sur la berge, et Śiva—décrit avec Umā comme moitié de son être et portant un serpent en guise de cordon sacré—répond à l’appel d’une assemblée de Yoginīs. Śiva consacre alors ce tīrtha comme renommé sur la terre puis disparaît, faisant de l’aval divin la source de son pouvoir. Le chapitre prescrit une observance au jour de navamī (neuvième jour lunaire) : le dévot, réglé et pur, doit jeûner et adorer dans le domaine des Mères (mātṛ-gocara). Les fruits annoncés sont à la fois spirituels—les Mātṛs et Śiva sont satisfaits—et concrets : pour les femmes dites stériles, privées d’enfants ou sans fils, un maître versé dans les mantras et les śāstras doit initier un rite de bain avec un vase d’or muni de cinq gemmes et de fruits ; le maître administre ensuite le bain dans un récipient de bronze afin d’obtenir un fils. La conclusion affirme que tout désir médité s’accomplit, et qu’aucun tīrtha ne surpasse Mātṛtīrtha.

Shlokas

Verse 1

श्रीमार्कण्डेय उवाच । ततो गच्छेत्तु राजेन्द्र मातृतीर्थमनुत्तमम् । सङ्गमस्य समीपस्थं नर्मदादक्षिणे तटे

Śrī Mārkaṇḍeya dit : Ensuite, ô seigneur des rois, qu’on se rende au Mātṛtīrtha sans égal, proche du saṅgama, sur la rive méridionale de la Narmadā.

Verse 2

मातरस्तत्र राजेन्द्र संजाता नर्मदातटे । उमार्धनारिर्देवेशो व्यालयज्ञोपवीतधृक्

Ô meilleur des rois, là, sur la rive de la Narmadā, les Mères se manifestèrent. Là se tient aussi le Seigneur des dieux—Śiva, dont l’autre moitié est Umā—portant un cordon sacré tressé de serpents.

Verse 3

उवाच योगिनीवृन्दं कष्टंकष्टमहो हर । अजेयाः सर्वदेवानां त्वत्प्रसादान्महेश्वर

Il s’adressa à la troupe des Yoginīs : « Hélas, hélas, ô Hara ! Par ta grâce, ô Maheśvara, ils sont devenus invincibles même pour tous les dieux. »

Verse 4

तीर्थमत्र विधानेन प्रख्यातं वसुधातले । एवं भवतु योगिन्य इत्युक्त्वान्तरधाच्छिवः

« Que ce tīrtha, par l’ordonnance rituelle convenable, devienne illustre sur la terre. » Ayant dit : « Qu’il en soit ainsi, ô Yoginīs », Śiva disparut aux regards.

Verse 5

श्रीमार्कण्डेय उवाच । तत्र तीर्थे तु यो भक्त्या नवम्यां नियतः शुचिः । उपोष्य परया भक्त्या पूजयेन्मातृगोचरम्

Śrī Mārkaṇḍeya dit : Quiconque, en ce tīrtha, au neuvième jour lunaire, maître de soi et pur, jeûne et—plein de dévotion suprême—adore la sphère des Mères (Mātṛs),

Verse 6

तस्य स्युर्मातरः प्रीताः प्रीतोऽयं वृषवाहनः । वन्ध्याया मृतवत्साया अपुत्राया युधिष्ठिर

Pour lui, les Mères sont satisfaites, et ce Seigneur à l’étendard du taureau (Śiva) l’est aussi. Ô Yudhiṣṭhira, pour une femme stérile, pour celle dont les enfants sont morts, ou pour celle qui n’a pas de fils—

Verse 7

स्नापनं चारभेत्तत्र मन्त्रशास्त्रविदुत्तमः । सहिरण्येन कुम्भेन पञ्चरत्नफलान्वितः

Là, le plus éminent connaisseur des mantras et de la science rituelle doit commencer le snāpana, avec une cruche d’eau accompagnée d’or, pourvue du « fruit » des cinq gemmes.

Verse 8

स्नापयेत्पुत्रकामायाः कांस्यपात्रेण देशिकः । पुत्रं सा लभते नारी वीर्यवन्तं गुणान्वितम्

Le maître officiant doit accomplir le rite du bain pour la femme qui désire un fils, au moyen d’un vase de bronze ; et cette femme obtient un fils, plein de vigueur et paré de vertus.

Verse 9

यो यं काममभिध्यायेत्ततः स लभते नृप । मातृतीर्थात्परं तीर्थं न भूतं न भविष्यति

Quel que soit le désir qu’on y médite, on l’obtient, ô roi. Il n’a jamais existé, et n’existera jamais, de tīrtha plus grand que Mātṛtīrtha.

Verse 66

। अध्याय

Fin du chapitre (marque de colophon).