
Ce chapitre rapporte l’enseignement de Mārkaṇḍeya à un souverain au sujet d’un tīrtha renommé, dit « Pitṛ-ṛṇa-mocana », célèbre dans les trois mondes pour délier la dette et l’obligation envers les ancêtres. Le discours décrit l’ordre rituel : se baigner selon le vidhāna, apaiser les divinités pitṛ par le tarpaṇa, puis offrir le dāna ; ainsi l’homme devient anṛṇa, libéré de toute dette. Le texte expose ensuite la justification doctrinale de la descendance et de la continuité des rites : les ancêtres désirent un fils, car le fils est tenu pour le libérateur de l’enfer « Puṇnāmā », motif purāṇique fondant le devoir filial. Les obligations sont classées en triple dette (ṛṇa-traya) : la pitṛ-ṛṇa s’acquitte par le piṇḍadāna et les libations d’eau ; la deva-ṛṇa par l’agnihotra et les yajña ; et la dette humaine/sociale par les dons promis et les devoirs envers les brahmanes, les tīrtha et les travaux du temple. La conclusion, de type phalaśruti, affirme que les offrandes et la satisfaction des maîtres en ce lieu procurent un mérite inépuisable, s’étendant aux défunts jusqu’à sept naissances.
Verse 1
श्रीमार्कण्डेय उवाच । भूमिपाल ततो गच्छेत्तीर्थं परमशोभनम् । विख्यातं त्रिषु लोकेषु पित्ःणामृणमोचनम्
Śrī Mārkaṇḍeya dit : Ô protecteur de la terre, qu’on se rende alors à un tīrtha d’une beauté suprême, renommé dans les trois mondes, qui délivre de la dette envers les ancêtres.
Verse 2
तत्र स्नात्वा विधानेन संतर्प्य पितृदेवताः । मनुष्यश्च नृपश्रेष्ठ दानं दत्त्वानृणो भवेत्
Ô meilleur des rois, après s’y être baigné selon le rite et avoir comblé les divinités ancestrales par des offrandes, l’homme—en faisant l’aumône—devient sans dette.
Verse 3
इच्छन्ति पितरः सर्वे स्वार्थहेतोः सुतं यतः । पुन्नाम्नो नरकात्पुत्रोऽस्मानयं मोचयिष्यति
Tous les ancêtres désirent un fils pour leur propre bien, car ce fils nous délivrera de l’enfer nommé Punnāma.
Verse 4
पिण्डदानं जलं तात ऋणमुत्तममुच्यते । पित्ःणां तद्धि वै प्रोक्तमृणं दैवमतः परम्
Ô cher enfant, l’offrande des piṇḍa et de l’eau est dite le plus haut acquittement de la dette ; car telle est, en vérité, la dette divine envers les ancêtres, au-dessus de toute autre.
Verse 5
अग्निहोत्रं तथा यज्ञाः पशुबन्धास्तथेष्टयः । इति देवर्णं प्रोक्तं शृणु मानुष्यकं ततः
L’Agnihotra, les sacrifices, les offrandes d’animaux et les autres rites : voilà ce qui est proclamé comme la « dette envers les dieux » (deva-ṛṇa). Écoute maintenant ce qui concerne la dette envers les hommes.
Verse 6
ब्राह्मणेषु च तीर्थेषु देवायतनकर्मसु । प्रतिश्रुत्य ददेत्तत्तद्व्यवहारः कृतो यथा
Et concernant les brāhmaṇas, les tīrthas sacrés et les œuvres liées aux sanctuaires des dieux : après avoir promis, qu’on donne ce qui convient, selon les engagements pris et les accords établis.
Verse 7
ऋणत्रयमिदं प्रोक्तं पुत्राणां धर्मनन्दन । सत्पुत्रास्ते तु राजेन्द्र स्नाता य ऋणमोचने
Cette triple dette est énoncée pour les fils, ô joie du Dharma. Et, ô seigneur des rois, sont vraiment de bons fils ceux qui se baignent au tīrtha de la délivrance des dettes.
Verse 8
ऋणत्रयाद्विमुच्यन्ते ह्यपुत्राः पुत्रिणस्तथा । तस्मात्तीर्थवरं प्राप्य पुत्रेण नियतात्मना । पितृभ्यस्तर्पणं कार्यं पिण्डदानं विशेषतः
Les sans-enfants comme ceux qui ont des enfants peuvent être délivrés de la triple dette. C’est pourquoi, parvenu au meilleur des tīrthas, le fils—maître de lui—doit accomplir le tarpaṇa pour les ancêtres et, surtout, offrir les piṇḍas.
Verse 9
तत्र तीर्थे हुतं दत्तं गुरवस्तोषिता यदि । मृतानां सप्त जन्मानि फलमक्षयमश्नुते
Si, en ce tīrtha, l’on offre des oblations, l’on fait des dons et l’on satisfait les aînés (gurus), alors, pour les défunts, le fruit est goûté comme impérissable durant sept naissances.
Verse 208
अध्यायः
Ici se termine le Chapitre sacré.