Adhyaya 174
Avanti KhandaReva KhandaAdhyaya 174

Adhyaya 174

Ce chapitre est un mahātmya à visée prescriptive, formulé comme l’enseignement de Mārkaṇḍeya à un roi. Il enjoint le pèlerin de se rendre à Gopeśvara, sur la rive nord de la Narmadā, et affirme qu’un seul bain sacré en ce lieu délivre des fautes et des souillures morales. Il expose ensuite une chaîne de mérites : (1) le snāna au tīrtha ; (2) en option, le prāṇasaṃkṣaya (mort volontaire) sur place, décrit comme conduisant, par un véhicule céleste, à la demeure de Śiva ; (3) la jouissance en Śiva-loka puis une renaissance heureuse en roi puissant, comblé de prospérité et de longue vie ; (4) un vrata fixé au calendrier, au mois de Kārttika, le neuvième jour de la quinzaine claire (śukla navamī), avec jeûne, pureté, don de lampes, culte par parfums et fleurs, et veille nocturne. La logique du phala est chiffrée : le nombre de lampes offertes correspond à des milliers de yuga d’honneurs en Śiva-loka. D’autres offrandes sont aussi répertoriées—rite liṅga-pūraṇa, offrandes de lotus, dadhy-anna (riz au caillé)—et le mérite se mesure au compte des graines de sésame et des lotus. Enfin, il est proclamé que tout don fait en ce tīrtha est multiplié « d’un koṭi », au-delà de tout calcul, et que ce lieu surpasse tous les autres tīrtha.

Shlokas

Verse 1

श्रीमार्कण्डेय उवाच । गोपेश्वरं ततो गच्छेदुत्तरे नर्मदातटे । यत्र स्नानेन चैकेन मुच्यन्ते पातकैर्नराः

Śrī Mārkaṇḍeya dit : Ensuite, qu’on aille à Gopeśvara, sur la rive nord de la Narmadā ; là, par un seul bain, les hommes sont délivrés de leurs péchés.

Verse 2

तत्र तीर्थे तु यः स्नात्वा कुरुते प्राणसंक्षयम् । बर्हियुक्तेन यानेन स गच्छेच्छिवमन्दिरे

En ce tīrtha, celui qui s’y baigne puis y abandonne son souffle vital, se rend au sanctuaire-demeure de Śiva, porté par un char orné de l’herbe sacrée barhis.

Verse 3

क्रीडित्वा सुचिरं कालं शिवलोके नराधिप । इह मानुष्यतां प्राप्य राजा भवति वीर्यवान्

Ô seigneur des hommes, après avoir longtemps goûté la félicité dans le monde de Śiva, il revient ici, obtient de nouveau la naissance humaine et devient un roi vaillant.

Verse 4

हस्त्यश्वरथसम्पन्नो दासीदाससमन्वितः । पूज्यमानो नरेन्द्रैश्च जीवेद्वर्षशतं नरः

Pourvu d’éléphants, de chevaux et de chars, entouré de servantes et de serviteurs, et honoré même par d’autres rois, cet homme vit cent ans.

Verse 5

सम्प्राप्ते कार्त्तिके मासि नवम्यां शुक्लपक्षतः । सोपवासः शुचिर्भूत्वा दीपकांस्तत्र दापयेत्

Quand vient le mois de Kārttika, au neuvième jour lunaire de la quinzaine claire, qu’on jeûne, qu’on demeure pur, et qu’on fasse allumer là des lampes en offrande.

Verse 6

गन्धपुष्पैः समभ्यर्च्य रात्रौ कुर्वीत जागरम् । तस्य यत्फलमुद्दिष्टं तच्छृणुष्व नराधिप

Après avoir rendu un culte comme il se doit avec parfums et fleurs, qu’on veille durant la nuit. Ô roi, écoute maintenant le fruit proclamé pour cette observance.

Verse 7

यावत्पुण्यं फलं संख्या दीपकानां तथैव च । तावद्युगसहस्राणि शिवलोके महीयते

Selon la mesure du mérite et le nombre de lampes offertes, durant autant de milliers de yuga le dévot est honoré et glorifié dans le monde de Śiva.

Verse 8

तस्मिंस्तीर्थे तु राजेन्द्र लिङ्गपूरणकं विधिम् । तथैव पद्मकैश्चैव दधिभक्तैस्तथैव च

Ô meilleur des rois, en ce gué sacré qu’on accomplisse le rite de « combler/parer le liṅga », et qu’on offre aussi des lotus, ainsi que du caillé et du riz cuit en nourriture dévotionnelle.

Verse 9

यस्तु कुर्यान्नरश्रेष्ठ तस्य पुण्यफलं शृणु । यावन्ति तिलसंख्यानि दधिभक्तं तथैव च

Mais quiconque l’accomplit, ô meilleur des hommes—écoute le fruit de son mérite : il est aussi innombrable que les grains de sésame, et de même pour l’offrande de caillé et de riz.

Verse 10

पद्मसंख्या शिवे लोके मोदते कालमीप्सितम् । तस्मिंस्तीर्थे तु राजेन्द्र यत्किंचिद्दीयते नृप

Dans le monde de Śiva, il se réjouit durant le temps désiré, compté comme des lotus. Et, ô roi des rois, quoi que l’on donne en ce tīrtha, ô souverain,

Verse 11

सर्वं कोटिगुणं तस्य संख्यातुं वा न शक्यते । एवं ते कथितं सर्वं सर्वतीर्थमनुत्तमम्

Tout y est multiplié par dix millions, et l’on ne peut même pas en faire le compte entier. Ainsi t’ai-je tout exposé sur ce tīrtha sans égal, le plus excellent de tous les gués sacrés.

Verse 174

अध्याय

Chapitre (marque de colophon manuscrit).