Adhyaya 160
Avanti KhandaReva KhandaAdhyaya 160

Adhyaya 160

Mārkaṇḍeya s’adresse à un descendant de Pāṇḍu et le guide vers l’incomparable Mokṣatīrtha, gué sacré fréquenté par les devas, les gandharvas et les sages ascètes. Le texte remarque que beaucoup ne reconnaissent pas ce lieu à cause de l’illusion née de la māyā de Viṣṇu, tandis que des ṛṣi accomplis y ont obtenu la délivrance. Vient ensuite l’énumération de grands sages—Pulastya, Pulaha, Kratu, Prācetasa, Vasiṣṭha, Dakṣa, Nārada, etc.—puis l’affirmation que « sept mille » êtres éminents, avec leurs fils, ont atteint le mokṣa en ce lieu, établissant ainsi le tīrtha comme dispensateur de libération. Le chapitre situe aussi un saṅgama : au milieu du courant, une rivière nommée Tamahā se jette, et cette confluence est louée comme détruisant tous les péchés. La récitation correcte du japa de la Gāyatrī y est tenue pour équivalente aux fruits d’une vaste étude védique (Ṛg/Yajus/Sāman) ; les dons, oblations et récitations accomplis là deviennent impérissables et constituent un moyen supérieur vers la libération. Enfin, il est dit que les renonçants « deux fois nés » qui meurent à ce tīrtha obtiennent une destinée de non-retour (anivartikā gati) par la puissance du lieu ; la procédure est exposée brièvement, tandis que son ample développement est enseigné dans le Purāṇa.

Shlokas

Verse 1

श्रीमार्कण्डेय उवाच । ततो गच्छेत्पाण्डुपुत्र मोक्षतीर्थमनुत्तमम् । सेवितं देवगन्धर्वैर्मुनिभिश्च तपोधनैः

Śrī Mārkaṇḍeya dit : «Alors, ô fils de Pāṇḍu, il faut se rendre au Mokṣatīrtha sans égal, honoré et fréquenté par les dieux, les Gandharvas et les sages riches d’austérités.»

Verse 2

बहवस्तन्न जानन्ति विष्णुमायाविमोहिताः । यत्र सिद्धा महाभागा ऋषयः सतपोधनाः

Beaucoup ne le connaissent pas, égarés par la māyā de Viṣṇu ; là se trouvent les siddhas, les ṛṣis fortunés, véritablement riches d’austérités, qui ont atteint l’accomplissement.

Verse 3

पुलस्त्यः पुलहो विद्वान्क्रतुश्चैव महामतिः । प्राचेतसो वसिष्ठश्च दक्षो नारद एव च

Pulastya, Pulaha le savant, et Kratu à l’intelligence sublime ; Prācetasa, Vasiṣṭha, Dakṣa, et aussi Nārada — tous sont liés à la sainteté de ce tīrtha.

Verse 4

एते चान्ये महाभागाः सप्तसाहस्रसंज्ञिताः । मोक्षं गताः सह सुतैस्तत्तीर्थं तेन मोक्षदम्

Ceux-ci et d’autres grands bienheureux, appelés les « Sept Mille », atteignirent la délivrance avec leurs fils ; ainsi ce tīrtha est renommé comme dispensateur de mokṣa.

Verse 5

तत्र प्रवाहमध्ये तु पतिता तमहा नदी । तत्र तत्सङ्गमं तीर्थं सर्वपापक्षयंकरम्

Là, au cœur du courant principal, se jette la rivière Tamahā ; et à cette confluence se trouve un tīrtha qui anéantit tous les péchés.

Verse 6

ऋग्यजुःसामसंज्ञानामभ्यस्तानां तु यत्फलम् । सम्यग्जप्त्वा तु विधिना गायत्रीं तत्र तल्लभेत्

Quel que soit le fruit obtenu par la maîtrise du Ṛg, du Yajus et du Sāman, ce même fruit est acquis là en récitant correctement la Gāyatrī selon la règle.

Verse 7

तत्र दत्तं हुतं जप्तं तीर्थसेवार्जितं फलम् । सर्वमक्षयतां याति मोक्षसाधनमुत्तमम्

L’aumône donnée là, les oblations versées au feu, la récitation des mantras et le fruit acquis par le service du tīrtha — tout devient impérissable, moyen suprême vers la délivrance.

Verse 8

तत्र तीर्थे मृतानां तु संन्यासेन द्विजन्मनाम् । अनिवर्तिका गतिस्तेषां मोक्षतीर्थप्रभावतः

En ce tīrtha, pour les deux-fois-nés qui y meurent dans le renoncement, la voie est sans retour, par la puissance du Mokṣatīrtha.

Verse 9

एष ते विधिरुद्दिष्टः संक्षेपेण मयानघ । व्युष्टिस्तीर्थस्य महती पुराणे याभिधीयते

Ainsi, ô irréprochable, je t’ai indiqué brièvement la règle prescrite ; la grande et plus ample exposition de ce tīrtha est dite dans le Purāṇa.

Verse 160

। अध्याय

« Chapitre ». (marque de colophon et de transition)