Adhyaya 100
Avanti KhandaReva KhandaAdhyaya 100

Adhyaya 100

Le chapitre rapporte l’enseignement de Mārkaṇḍeya adressé à un roi (nommé « mahīpāla » et « Pāṇḍunandana »), l’invitant à accomplir un pèlerinage vers le tīrtha hautement loué de Mārkaṇḍeśa, sur la rive méridionale de la Narmadā. Ce lieu est présenté comme d’une sainteté exceptionnelle—vénéré même par les êtres divins—et comme un sanctuaire confidentiel du culte śaiva rendu à Śiva. Un témoignage personnel s’y insère : Mārkaṇḍeya déclare y avoir jadis établi le centre sacré, et que, par la grâce de Śaṅkara, la connaissance libératrice s’est éveillée en lui. Le texte détaille ensuite les rites et leurs fruits : le japa accompli en entrant dans l’eau délivre des fautes morales accumulées et purifie les transgressions issues de la pensée, de la parole et de l’action. Une orientation et une posture sont prescrites : se tenir debout tourné vers le sud, en tenant une piṇḍikā, puis pratiquer le « yoga » ou l’adoration concentrée de Śūlin (Śiva) dans ses formes multiples ; il est affirmé qu’à la mort le dévot atteint Śiva. Parmi les observances figurent encore l’allumage, la nuit du huitième jour lunaire, d’une lampe au ghee pour obtenir les mondes célestes, et l’accomplissement du śrāddha sur place afin de satisfaire les ancêtres jusqu’à la dissolution cosmique. Enfin, le tarpaṇa avec des offrandes simples (iṅguda, badara, bilva, akṣata ou de l’eau) est dit conférer à la lignée le « fruit de la naissance ».

Shlokas

Verse 1

श्रीमार्कण्डेय उवाच । ततो गच्छेन्महीपाल तीर्थं परमरोचनम् । मार्कण्डेशमिति ख्यातं नर्मदादक्षिणे तटे

Śrī Mārkaṇḍeya dit : Alors, ô roi, qu’on se rende à un tīrtha d’un éclat suprême, nommé Mārkaṇḍeśa, sur la rive méridionale de la Narmadā.

Verse 2

उत्तमं सर्वतीर्थानां गीर्वाणैर्वन्दितं शिवम् । गुह्याद्गुह्यतरं पुत्र नाख्यातं कस्यचिन्मया

Ô mon fils, voici le suprême de tous les tīrthas—de bon augure et empli de Śiva—vénéré même par les dieux. C’est un secret au-delà des secrets, et jusqu’ici je ne l’avais confié à personne.

Verse 3

स्थापितं तु मया पूर्वं स्वर्गसोपानसंनिभम् । ज्ञानं तत्रैव मे जातं प्रसादाच्छङ्करस्य च

Autrefois, je l’ai établi, tel un escalier menant au ciel. Là même, la connaissance s’éveilla en moi, par la grâce de Śaṅkara.

Verse 4

अन्यस्तत्रैव यो गत्वा द्रुपदामन्तर्जले जपेत् । स पातकैरशेषश्च मुच्यते पाण्डुनन्दन

Ô fils de Pāṇḍu, quiconque s’y rend et accomplit le japa au sein des eaux intérieures de Drupadā est entièrement délivré de tous les péchés.

Verse 5

वाचिकैर्मानसैश्च वा कर्मजैरपि पातकैः । पिण्डिकां चाप्यवष्टभ्य याम्यामाशां च संस्थितः

Même souillé par des péchés nés de la parole, de l’esprit ou des actes—s’étant appuyé sur la Piṇḍikā et se tenant tourné vers le sud—

Verse 6

योजयेच्छूलिनं भक्त्या द्वात्रिंशद्बहुरूपिणम् । देहपाते शिवं गच्छेदिति मे निश्चयो नृप

Avec dévotion, qu’il s’unisse (par le culte et la méditation) au Seigneur au trident, qui se manifeste en trente-deux formes. À la chute du corps, il parvient à Śiva : telle est ma ferme certitude, ô roi.

Verse 7

आज्येन बोधयेद्दीपमष्टम्यां निशि भारत । स्वर्गलोकमवाप्नोति इत्येवं शङ्करोऽब्रवीत्

Ô Bhārata, la nuit du huitième tithi (aṣṭamī), qu’on allume une lampe avec du ghee. Il atteint le monde céleste—ainsi parla Śaṅkara.

Verse 8

श्राद्धं तत्रैव यो भक्त्या कुर्वीत नृपनन्दन । पितरस्तस्य तृप्यन्ति यावदाभूतसम्प्लवम्

Ô fils de roi, quiconque y accomplit le śrāddha avec dévotion—ses ancêtres demeurent comblés jusqu’à la fin de la dissolution cosmique.

Verse 9

इङ्गुदैर्बदरैर्बिल्वैरक्षतेन जलेन वा । तर्पयेत्तत्र यो वंश्यानाप्नुयाज्जन्मनः फलम्

Quiconque y offre le tarpaṇa à sa lignée avec des fruits d’iṅguda, des badara (jujubes), des bilva, ou bien avec du riz intact et de l’eau—obtient le véritable fruit de sa naissance.

Verse 100

। अध्याय

Marque de fin de chapitre : « Adhyāya » (chapitre).