Adhyaya 8
Bhumi KhandaAdhyaya 8105 Verses

Adhyaya 8

Womb-Suffering and the Path to Liberation (Dialogue of Wisdom, Meditation, and Discernment)

PP.2.8 met en scène le saṃsāra comme une captivité intérieure qui commence dès le sein maternel : l’embryon souffre, puis, à la naissance, oublie la connaissance et se trouve pris dans la māyā, les liens de parenté et les objets des sens. Des puissances personnifiées—Jñāna (Sagesse), Dhyāna (Méditation), Vītarāga (Détachement) et Viveka (Discernement)—apparaissent alors comme sauveurs et instructeurs. L’enseignement de Mahādeva/Śiva à Devī souligne la douleur du corps et la tragédie métaphysique de l’oubli de l’ātman. Un interlude philosophique discute la nudité, la honte (lajjā) et la bienséance sociale, puis s’oriente vers des aperçus non-duels et le schéma Puruṣa–Prakṛti. Le chapitre s’achève sur des conseils yogiques concrets : stabilité telle une lampe sans vent, solitude, mesure et méditation du Soi, promettant l’accès à la demeure suprême de Viṣṇu.

Shlokas

Verse 1

कश्यप उवाच । स गर्भे व्याकुलो जातः खिद्यमानो दिने दिने । दुःखाक्रांतो हि धर्मात्मा सर्वपीडाभिपीडितः

Kaśyapa dit : Dès le sein maternel il fut agité, s’affligeant de jour en jour. Cette âme droite fut submergée de peine, accablée par toutes sortes de tourments.

Verse 2

अधोमुखस्तु गर्भस्थो मोहजालेन बंधितः । आधिव्याधिसमाक्रांतो हाहाभूतो विचेतनः

La face tournée vers le bas dans le sein, l’embryon est lié par un filet d’illusion. Accablé d’angoisse mentale et de maladie du corps, il devient sans recours—criant «hélas, hélas !»—et tombe dans l’inconscience.

Verse 3

दुःखेन महताविष्टो ज्ञानमाह प्रपीडितः । आत्मोवाच । तव वाक्यं महाप्राज्ञ न कृतं तु मया तदा

Accablé d’une grande douleur et pressé par la détresse, Jñāna parla. Le Soi dit : «Ô grand sage, je n’ai pas alors suivi tes paroles».

Verse 4

ध्यानेन वार्यमाणोपि पतितो मोहसंकटे । तस्माद्रक्ष महाप्राज्ञ गर्भवासात्सुदारुणात्

Même retenu par la méditation, on peut encore tomber dans le péril de l’illusion. C’est pourquoi, ô très-sage, protège-moi de l’effroyable séjour dans le sein maternel.

Verse 5

ज्ञानमुवाच । मया त्वं वारितो ह्यात्मन्कृतं वाक्यं न चैव मे । पंचात्मकैर्महाक्रूरैः पातितो गर्भसंकटे

Jñāna dit : «Ô bien-aimé, je t’ai averti, mais mes paroles n’ont pas été écoutées. Par les cinq forces, d’une cruauté extrême, tu as été précipité dans le péril du sein».

Verse 6

इदानीं गच्छ त्वं ध्यानं तस्मात्संप्राप्स्यसे सुखम् । गर्भवासाद्भविष्यस्ते मोक्ष एव न संशयः

À présent, va et entre en méditation ; de là tu obtiendras la félicité. Et par le séjour dans le sein, la délivrance elle-même viendra à toi, sans aucun doute.

Verse 7

तस्य तद्वचनं श्रुत्वा ज्ञात्वा ज्ञानस्य तत्त्वताम् । ध्यानमाहूय प्रोवाच श्रूयतां वचनं मम

Ayant entendu ses paroles et compris la vérité du principe de la connaissance, il appela Dhyāna et dit : «Qu’on écoute mes paroles».

Verse 8

त्वामहं शरणं प्राप्तो ध्यान मां रक्ष नित्यशः । एवमस्तु महाप्राज्ञ ध्यानमाह महामतिम्

«Je viens à toi comme refuge. Ô Dhyāna, protège-moi sans cesse.» «Qu’il en soit ainsi, ô très-sage», dit Dhyāna à cet être au noble esprit.

Verse 9

एतद्वाक्यं ततः श्रुत्वा आत्मा वै ध्यानमागतः । ध्यानेन हि समं गर्भे संस्थितो मोहवर्जितः

Ayant entendu ces paroles, le Soi entra en méditation; et par cette méditation, demeurant stable dans le sein, il fut délivré de l’illusion.

Verse 10

यदा ध्यानं गतो ह्यात्मा विस्मृतं गर्भजं भयम् । स द्वाभ्यां सहितस्तत्र आत्मा मोह विना कृतः

Lorsque le Soi entra en méditation, la crainte née de l’incarnation fut oubliée; et là, accompagné des deux, le Soi fut rendu sans illusion.

Verse 11

चिंतयन्नेव वै नित्यमात्मकं सुखमेव हि । इतो निष्क्रांतमात्रस्तु त्यजे पंचात्मकं वपुः

Contemplant sans cesse la béatitude qui n’est que le Soi, celui qui vient de quitter ce lieu abandonne le corps composé des cinq éléments.

Verse 12

एवं चिंतयते नित्यं गर्भवासगतः प्रभुः । सूतिकाले तु संप्राप्ते प्राजापत्ये वरानने

Ainsi le Seigneur, demeurant dans le sein, médite continuellement. Et lorsque vient l’heure de l’enfantement, ô toi au beau visage, cela advient selon l’ordonnance de Prajāpati.

Verse 13

वायुना चलितो गर्भः प्राणेनापि बलीयसा । योनिर्विकासमायाति चतुर्विंशांगुलं तदा

Mû par le vent vital—plus puissant encore que le souffle—l’embryon s’ébranle; alors le sein s’ouvre et s’étend jusqu’à vingt-quatre largeurs de doigt.

Verse 14

पंचविंशांगुलो गर्भस्तेन पीडा विजायते । एवं संपीड्यमानस्तु मूर्च्छया मूर्च्छितः प्रिये

Lorsque l’embryon atteint vingt-cinq largeurs de doigt, une douleur intense s’élève. Ainsi, pressé et resserré de la sorte, il tombe en syncope, vaincu par l’évanouissement, ô bien-aimée.

Verse 15

पतितो भूमिभागे तु ज्ञानध्यानसमन्वितः । प्राजापत्येन दिव्येन वायुना स पृथक्कृतः

Tombé sur une étendue de terre, et pourtant pourvu de connaissance et de méditation, il fut séparé (du reste) par un vent divin, issu de Prajāpati.

Verse 16

भूमिसंस्पर्शमात्रेण ज्ञानध्याने तु विस्मृते । संसारबंधसंदिग्ध आत्मा प्रियतया स्थितः

Par le seul contact avec la terre, la connaissance et la méditation sont oubliées. L’âme, incertaine et prise dans les liens du saṃsāra, demeure fixée dans l’attachement et la tendresse.

Verse 17

गुणदोषसमाक्रांतो महामोहसमन्वितः । खाद्यं पानादिकं सर्वमिच्छत्येव दिनेदिने

Envahi par les qualités et les défauts tout ensemble, et habité par la grande illusion, il désire toutes sortes de nourritures, de boissons et autres, jour après jour.

Verse 18

एवं संपुष्यमाणस्तु आत्मा पंचात्मकैः सह । व्यापितो हींद्रियैः सर्वैर्विषयैः पापकारिभिः

Ainsi, tandis qu’il est sans cesse nourri, l’âme—avec les cinq constituants—se trouve pénétrée par tous les organes des sens et par leurs objets, qui mènent au péché.

Verse 19

बांधवानां समोहेन भार्यादीनां तथैव च । आकुलव्याकुलो देवि जायते च दिनेदिने

Ô Déesse, sous la pression de la foule des parents—et de l’épouse et des autres dépendants—l’homme devient, jour après jour, de plus en plus troublé et agité.

Verse 20

महामोहेन संदिग्धो मोहजालगतः प्रभुः । कैवर्तेन यथा बद्धः शकुलो जालबंधनैः

Égaré par la grande illusion, le seigneur tomba dans le filet de l’aveuglement, tel un poisson solidement pris dans les mailles du pêcheur.

Verse 21

चलितुं नैव शक्तोस्ति तथात्मासीत्प्रबंधितः । मोहजालैस्तु तैः सर्वैर्दृढबंधैस्तु बंधितः

Il ne pouvait plus bouger du tout ; son être même était entravé. Pris dans ces filets d’illusion, il fut lié de toutes parts par des liens solides.

Verse 22

एवमादिप्रपंचेन व्यापितो व्यापकेन हि । ज्ञानविज्ञानविभ्रष्टो रागद्वेषादिभिर्हतः

Ainsi, dans ce déploiement multiple, pénétré par le Seigneur qui est partout, l’homme est privé de la vraie connaissance et du discernement réalisé, et il est terrassé par l’attachement, l’aversion et autres passions.

Verse 23

कामेन पीड्यमानस्तु क्रोधेनैव तथैव वा । प्रकृत्या कर्मणाबद्धो महामूढो व्यजायत

Tourmenté par le désir—ou de même par la colère—lié par la nature et par ses propres actes, l’être entièrement égaré renaît de nouveau.

Verse 24

सूत उवाच । एवं मूढो यदात्मासौ कामक्रोधवशंगतः । लोभरागादिभिः सर्वैर्व्यापृतस्तैर्दुरात्मभिः

Sūta dit : Ainsi, lorsque l’homme s’égare et tombe sous l’emprise du désir et de la colère, il est tout entier accaparé par ces penchants mauvais : l’avidité, l’attachement et le reste.

Verse 25

इयं भार्या ह्ययं पुत्र इदं मित्रमिदं गृहम् । एवं संसारजालेन महामोहेन बंधितः

«Voici mon épouse ; voici mon fils ; voici mon ami ; voici ma demeure» : ainsi, par la grande illusion, il se trouve lié dans le filet de l’existence mondaine.

Verse 26

पुत्रशोकादिभिर्दुःखैर्विविधैराकुलस्तदा । जरयाव्याधिभिश्चैव संग्रस्तश्चाधिभिस्तथा

Alors il est accablé par maintes douleurs —telles que le chagrin pour un fils—, et de même affligé par la vieillesse et la maladie, et assailli par divers tourments de l’esprit.

Verse 27

एवमात्मा संप्रतप्तो दुःखमोहैः सुदारुणैः । अभिमानैर्मानभंगैर्नानादुःखैश्च खंडितः

Ainsi, le soi, brûlé par la douleur et l’illusion d’une cruauté extrême, est brisé par l’orgueil, par l’atteinte à l’honneur, et par maintes formes de souffrance.

Verse 28

वृद्धत्वेन तथा देवि शबलत्वेन पीडितः । दुःखं चिंतयते नित्यं हाहाभूतो विचेतनः

Affligé, ô Déesse, par la vieillesse et la faiblesse, il ne cesse de ruminer la douleur ; criant « hélas, hélas ! », il demeure comme sans conscience.

Verse 29

रात्रौ स्वप्नान्प्रपश्येत दिवा चैतन्यवर्जितः । वैकल्येन तथांगानां व्याप्तो देवि दिनेदिने

La nuit, il ne voyait que des songes, et le jour il était privé de conscience; et, ô Déesse, de jour en jour l’infirmité pénétrait ses membres.

Verse 30

संसारे भ्रममाणेन वैराग्यं तत्र दर्शितम् । निःशंकं बंधुहीनं च प्रशांतं तुष्टमेव च

Pour celui qui erre dans le samsara, le détachement s’y manifeste : sans crainte, sans liens de parenté, paisible et, certes, comblé.

Verse 31

तमुवाच तदात्मा वै कामक्रोधविवर्जितम् । को भवान्नग्नरूपेण कथं मित्रैर्न लज्जसे

Alors cet homme maître de lui, exempt de désir et de colère, lui dit : «Qui es-tu, sous cette forme nue, et comment n’as-tu point honte devant tes compagnons ?»

Verse 32

यत्र लोकाः स्त्रियो वृद्धा युवत्यो मातरस्तथा । एतासां हि गतो मध्ये न बिभेषि अनावृतः

Là où se trouvent des gens—des femmes, des vieillards, des jeunes filles et des mères—tu es allé au milieu d’elles, et tu n’éprouves aucune crainte, bien que tu sois sans voile ni protection.

Verse 33

वीतराग उवाच । को ह्यत्र नग्नो दृश्येत न नग्नोस्मीति वै कदा । सुसंबद्धस्त्वमेवापि परिधान समन्वितः

Vītarāga dit : «Qui donc ici pourrait être vu comme nu ? Et quand peut-on vraiment dire : “Je ne suis pas nu” ? Toi aussi, en vérité, tu es bien lié, pleinement pourvu de vêtements et de couvertures.»

Verse 34

न नग्नोस्मि कदा दिव्यभवान्नग्नः प्रदृश्यते । इंद्रियार्थवशेवर्ती मर्यादापरिवर्जितः

«Je ne suis jamais nu ; c’est plutôt toi, bien que divin, qui parais nu : asservi aux objets des sens et ayant rejeté toute bienséance et toute retenue.»

Verse 35

आत्मोवाच । पुरुषस्य का हि मर्यादा तामाचक्ष्व च सुव्रत । विस्तरेण महाप्राज्ञ यदि जानासि निश्चितम्

Ātman dit : «Quelle est donc, en vérité, la juste limite—la règle de conduite—pour un homme ? Dis-le-moi, ô toi aux bons vœux. Expose-la en détail, ô très sage, si tu la connais avec certitude.»

Verse 36

वीतरागो महाप्राज्ञस्तमुवाच महामतिः । सुस्थैर्यं भजते चित्तं सुखदुःखेषु नित्यदा

Le sage sans attachement lui répondit : «L’esprit obtient une stabilité ferme en tout temps, au milieu du bonheur comme de la peine.»

Verse 37

क्लेशितं सर्वभावैश्च तेषुतेषु परित्यजेत् । अथ लज्जां प्रवक्ष्यामि मनो या निर्विशत्यलम्

Qu’on abandonne, encore et encore, ces états de l’esprit tourmentés par toutes sortes de peines, en les laissant derrière soi. Maintenant j’exposerai la «pudeur» (lajjā), celle qui pénètre et imprègne pleinement le mental.

Verse 38

मयाद्यैवं न कर्तव्यं नग्नः स्थानविवर्जितः । पश्चात्तापे सुसंलीनः सा लज्जा परिकथ्यते

«Dès aujourd’hui, je ne dois plus agir ainsi : me tenir nu et hors de propos. Quand, ensuite, on demeure profondément absorbé par le repentir, c’est cela qu’on appelle la “honte” (lajjā).»

Verse 39

कस्य लज्जा प्रकर्तव्या द्वितीयो नास्ति सर्वदा । एकश्च पुरुषो दिव्यः कस्य किंचिन्न नाशयेत्

Pour qui y aurait-il honte ? Car il n’existe jamais, en vérité, de « second ». Il n’y a qu’une seule Personne divine ; qu’y a-t-il qu’Il ne puisse dissoudre et mener à sa fin ?

Verse 40

अथ लोकान्प्रवक्ष्यामि ये त्वया परिकीर्तिताः । यथा कुलालकश्चक्रे मृत्पिंडं च निधापयेत्

À présent, je décrirai les mondes que tu as évoqués, comme le potier pose une motte d’argile sur le tour.

Verse 41

भ्रामयित्वा तु सूत्रेण नानाभेदान्प्रकाशयेत् । भांडानां तु सहस्राणि स्वेच्छया मतिसंस्थितः

L’ayant fait tourner au moyen d’un fil, il en manifeste les multiples formes ; l’esprit stable et agissant à son gré, il façonne des milliers de vases différents.

Verse 42

तथायं सृजते धाता नानारूपाणि नान्यथा । पश्चाद्विनाशमायांति येनकेनापि हेतुना

Ainsi le Créateur fait naître des formes innombrables—et pas autrement ; puis, pour telle ou telle cause, elles vont vers la destruction.

Verse 43

सर्वदैव स्थिता ये च ये लोकाश्च सनातनाः । तेषां लज्जा प्रकर्तव्या नावर्तंते हि ते भुवि

Ces mondes qui demeurent à jamais—ces royaumes éternels—doivent être tenus dans une crainte révérencielle ; car ils ne reviennent pas de nouveau sur la terre.

Verse 44

आकाशवायुतेजांसि पृथ्वी चापश्च पंचमः । अमी लोकाः प्रकाशंते ये च सर्वत्र संस्थिताः

Éther, air et feu ; la terre et l’eau comme cinquième : ces cinq éléments resplendissent et demeurent établis partout.

Verse 45

सत्त्वानामंगदेशेषु पंचैतेषु सुसंस्थिताः । सर्वत्रैव च वर्तंते कस्य लज्जा विधीयते

Ces cinq sont solidement établis dans les régions du corps des êtres vivants. Puisqu’ils opèrent partout, à qui donc pourrait-on prescrire la honte ?

Verse 46

स्त्रीणां रूपं प्रवक्ष्यामि श्रूयतां तात सांप्रतम् । यथाघटसहस्रेषुसोदकेषुविराजते

À présent, cher enfant, écoute tandis que j’expose la nature de la beauté des femmes : elle resplendit comme l’eau qui brille au sein de milliers de jarres.

Verse 47

एकश्चंद्रो हि सर्वत्र भवांस्तद्वद्विराजते । गतो जंतुसहस्रेषु मोहचक्रे महात्मवान्

De même qu’il n’y a qu’une seule lune qui luit partout, ainsi toi aussi tu resplendis. Et pourtant, cette grande âme a erré parmi des milliers d’êtres, prise dans la roue tournoyante de l’illusion.

Verse 48

स्थावरेषु च सर्वेषु जंगमेषु तथा भवान् । योनिद्वारेण पापेन मायामोहमयेन वै

Tu existes certes en tous les êtres immobiles, et de même en toutes les créatures mobiles : entrant par la porte de la naissance, par cette puissance fautive de māyā, faite d’illusion et d’égarement.

Verse 49

कुचाभ्यां च नितंबाभ्यां वयसा च विराजते । हृन्मांसस्याधिका वृद्धिर्दृष्टा चात्र न संशयः

Elle resplendit par ses seins et ses hanches, et aussi par la fraîcheur de sa jeunesse ; et ici, certes, l’on voit un accroissement de la chair du cœur—sans aucun doute.

Verse 50

पतनाय च लोकानां मोहरूपं विदर्शितम् । नभवत्येव सा नारी या त्वया परिकीर्तिता

Et pour la chute des êtres, une forme d’illusion a été exhibée. En vérité, la femme que tu as décrite n’existe nullement.

Verse 51

लीलया कुरुते धाता विनोदाय सदात्मनः । यथा नार्यास्तथा पुंसो जीवः सर्वत्र संस्थितः

Le Créateur (Dhātā) agit comme par jeu, pour la joie du Soi toujours présent. Comme dans la femme, ainsi dans l’homme : l’âme individuelle demeure partout.

Verse 52

कुचयोनिविहीना ये जीवन्मुक्ताः सदैव हि । नरस्तु पुरुषः प्रोक्तो नारी प्रकृतिरुच्यते

Ceux qui sont affranchis des notions de « sein » et de « matrice »—toujours libérés même en vivant—sont véritablement libres. « L’homme » est déclaré Puruṣa, et « la femme » est dite Prakṛti.

Verse 53

रमते तेन वै सार्द्धं न मुक्ता हि कदाचन । भवान्प्रकृतिसंयुक्तः पुरुषेषु प्रदृश्यते

Elle, certes, se complaît avec cela (Prakṛti) et n’est jamais, à aucun moment, libérée. Toi, conjoint à Prakṛti, tu es vu parmi les êtres incarnés comme le soi individuel.

Verse 54

कः कस्य कुरुते लज्जामेवं ज्ञात्वा सुखं व्रज । वृद्धां स्त्रियं प्रवक्ष्यामि सदावृद्धां वरानने

Qui éprouve la honte devant qui ? L’ayant compris, va en paix. Ô toi au visage gracieux, je vais parler d’une vieille femme, d’une femme toujours vieille.

Verse 55

त्वचा जर्जरतां याता यस्याप्यंगे वरानने । श्वेतैश्चैव तथाकेशैः पलितैश्च समाकुला

Ô toi au beau visage, même le corps de quiconque porte la marque de l’âge : la peau se ride, et les cheveux, blancs et grisonnants, l’envahissent.

Verse 56

बलहीनाथ दीनापि व्यापिता वलिना तदा । नेयं वृद्धा भवेन्नारी परं वृद्धा च कथ्यते

Ô Seigneur, bien qu’elle soit faible et misérable, lorsqu’elle est couverte de rides on ne l’appelle pas pour autant vieille femme ; c’est en un autre sens, plus élevé, qu’on la dit vraiment vieille.

Verse 57

एतस्या लक्षणं प्रोक्तं युवतीं प्रवदाम्यहम् । ज्ञानेन वर्द्धते नित्यं जीवपार्श्वे समाश्रिता

Son signe a été exposé ; maintenant je parlerai de la jeune fille. Par la connaissance elle croît sans cesse et demeure tout près de l’être vivant (jīva).

Verse 58

सुमतिर्नाम संप्रोक्ता सा वृद्धा युवतीति च । नारी पुरुषलोकेषु सर्वदैव प्रतिष्ठिता

On déclare qu’elle se nomme Sumati ; on la dit à la fois vieille femme et jeune fille. Ce principe féminin demeure à jamais établi parmi les mondes des hommes.

Verse 59

लज्जा तस्याः प्रकर्तव्या अन्यच्चैव वदाम्यहम् । मातरं वै प्रवक्ष्यामि या त्वया परिकीर्तिता

Sa pudeur doit être gardée. Et je te dirai encore ceci : maintenant je parlerai de la Mère que tu as évoquée.

Verse 60

प्राणिनामंगदेशेषु सदैव चेतना स्थिता । परज्ञानप्रदा या च सा प्रज्ञा परिकथ्यते

Dans les organes du corps des êtres vivants, la conscience demeure toujours ; et ce qui confère la connaissance supérieure est appelé prajñā, la vraie sagesse.

Verse 61

प्रज्ञा माता समाख्याता प्राणिनां पालनाय सा । संस्थिता सर्वलोकेषु पोषणाय हिताय वा

La sagesse (prajñā) est appelée la Mère, car elle protège les êtres vivants. Elle demeure dans tous les mondes, les nourrissant et œuvrant pour leur bien.

Verse 62

सुमतिर्नाम या प्रोक्ता सा माता परिकथ्यते । संसारद्वारमार्गाणि यानि रूपाणि नित्यशः

Celle qui est proclamée sous le nom de Sumati est dite la Mère ; et l’on énonce les formes qui, sans cesse, sont les voies menant à la « porte » du saṃsāra, l’existence mondaine.

Verse 63

भवंति मातरो ह्येता बहुदुःखप्रदर्शिकाः । मातृरूपं समाख्यातमन्यत्किं ते वदाम्यहम्

En vérité, celles-ci deviennent des « mères », mais elles révèlent bien des sortes de souffrance. J’ai exposé la nature de la maternité ; que puis-je te dire de plus ?

Verse 64

आत्मोवाच । भवान्को हि समायातो मम संतापनाशकः । विस्तरेण समाख्याहि स्वरूपमात्मनः स्वयम्

Le Soi dit : « Qui es-tu, toi qui es venu ici comme celui qui dissipe ma détresse ? Décris en détail ta nature véritable — ta forme — toi-même. »

Verse 65

वीतराग उवाच । यस्मात्कामानि वर्तंते निराशाः सर्व एव ते । यं दुष्टत्वान्न पश्यंति कर्माण्येतानि नान्यथा

Vītarāga dit : « Parce que les désirs ne cessent de surgir, tous ceux-là sont réellement sans espérance. Par leur perversité, ils ne perçoivent pas la Vérité ; telles sont ces actions, et il n’en va pas autrement. »

Verse 66

यत्समीपं हि नायाति आशा चैव कदाचन । क्रोधो लोभस्तथा मोहो यद्भयात्प्रलयं गताः

Celui près de qui même le désir ne s’approche jamais ; par crainte de Lui, la colère, l’avidité et l’illusion sont allées à leur anéantissement.

Verse 67

वीतरागोस्मि भद्रं ते विवेको मम बांधवः । आत्मोवाच । कीदृशोऽसौ तव भ्राता विवेको नाम नामतः

« Je suis Vītarāga, affranchi de l’attachement — bénédiction sur toi. Viveka, le Discernement, est mon parent. » Le Soi dit : « Quel est donc ce frère qui est tien, nommé “Viveka” ? »

Verse 68

तस्य त्वं लक्षणं ब्रूहि भ्रातुरात्मन एव च । वीतराग उवाच । तस्यैव लक्षणं रूपं न वदामि तवाग्रतः

«Dis-moi ses marques distinctives — celles de ton frère, et aussi sa nature même.» Vītarāga dit : «Je ne dirai pas devant toi ses caractéristiques et sa forme.»

Verse 69

भ्रातुस्तस्य महाभाग आह्वानं च करोम्यहम् । भोभो विवेक मे भ्रातरावयोस्त्वं वचः शृणु

Ô noble seigneur, j’appellerai aussi ce frère. Hé, Viveka, mon frère, écoute les paroles de nous deux.

Verse 70

एह्येहि सुमहाभाग मम स्नेहान्महामते । कश्यप उवाच । शांतिक्षमाभ्यां संयुक्तो भार्याभ्यां च समागतः

«Viens, viens, ô très fortuné, par mon affection, ô sage à la grande intelligence.» Kaśyapa dit : «Accompagné de ses deux épouses, Śānti et Kṣamā, il arriva.»

Verse 71

सर्वदृक्सर्वगो व्यापी सर्वतत्त्वपरायणः । संदेहानां च सर्वेषां यो रिपुर्ज्ञानवत्सलः

Il est le Seigneur qui voit tout et pénètre tout, présent en tout lieu, voué à la vérité suprême ; ennemi de tout doute, et pourtant plein d’affection pour la vraie connaissance.

Verse 72

धारणा धीश्च द्वे पुत्र्यौ तस्यैव हि महात्मनः । तस्य योगः सुतो ज्येष्ठो मोक्षो यस्य महागुरुः

Dhāraṇā et Dhī furent bien les deux filles de ce grand être. Son fils aîné fut Yoga, et son grand maître fut Mokṣa, la Délivrance.

Verse 73

निर्मलो निरहंकारो निराशो निष्परिग्रहः । सर्ववेलाप्रसन्नात्मा गतद्वंद्वो महामतिः

Il est sans tache et sans orgueil, sans désir et sans attachement ; en tout temps son âme demeure paisible, au-delà des couples d’opposés, véritablement d’une grande intelligence.

Verse 74

स विवेकः समायातो गुणरत्नैर्विभूषितः । यस्यामात्यौ महात्मानौ धर्मसत्यौ महामती

Vint alors le sage au discernement, paré de vertus telles des joyaux ; et dans ce royaume se tenaient deux ministres magnanimes, fermes dans le dharma et la vérité, d’un esprit sublime.

Verse 75

क्षमाशांतिसमायुक्तः स विवेकः समागतः । वीतरागमुवाचेदमाहूतोहं समागतः

Doué de pardon et de paix intérieure, Viveka, le Discernement, arriva. Alors Vītarāga déclara : «Ayant été appelé, je suis venu».

Verse 76

तद्भ्रातः कारणं सर्वं कथ्यतां हि ममाग्रतः । यमाश्रित्य त्वयाद्यैव कृतमाह्वानमेव मे

Ainsi donc, ô frère, dis-moi clairement, ici devant moi, toute la raison sur laquelle tu t’es appuyé pour me faire appeler aujourd’hui même.

Verse 77

वीतराग उवाच । पुमान्स्थितो यः पुरतो महापाशैर्नियंत्रितः । मोहस्य बाणैः संभ्रांतः संसारस्य च बंधनैः

Vītarāga dit : «Un homme se tient devant, entravé par de puissants lacets ; égaré par les flèches de l’illusion (moha) et lié par les liens du saṃsāra».

Verse 78

सर्वस्य व्यापकः स्वामी अयमात्मा ममैव च । पंचतत्त्वैः समाविष्टो ज्ञानध्यानविवर्जितः

Cet Ātman est le Seigneur qui pénètre tout, le Maître de tous — et certes aussi mon propre Soi ; pourtant, enveloppé des cinq éléments, il demeure privé de connaissance et de méditation (dhyāna).

Verse 79

पृच्छतामेनमात्मानं भवांस्तत्त्वेषु पंडितः । वीतरागवचः श्रुत्वा विवेको वाक्यमब्रवीत्

«Toi, savant dans les principes véritables, interroge ce Soi même.» Ayant entendu les paroles du détaché, Viveka répondit.

Verse 80

विवेक उवाच । सुखेन स्थीयते देव भवता विश्वनायक । आगते त्वयि संसारे किं किं भुक्तं सुखं स्वयम्

Viveka dit : «Ô Seigneur, ô guide de l’univers : demeurant ici dans l’aisance, étant entré dans cette existence mondaine, quels plaisirs as-tu toi-même goûtés, et de quelles manières ?»

Verse 81

आत्मोवाच । गर्भवासो महद्दुःखमसह्यं दारुणं मया । भुक्तमेव महाप्राज्ञ ज्ञानहीनेन वै सदा

Le Soi dit : «Demeurer dans le sein maternel est une grande souffrance, insupportable et terrible, que j’ai vraiment endurée, ô très sage, toujours privé de la vraie connaissance.»

Verse 82

देहेपि ज्ञानविभ्रष्टः सोहं जातो ह्यनेकधा । बाल्यावस्थां गतेनाथ कृत्याकृत्यं कृतं मया

Même dans ce corps, je me suis écarté de la vraie connaissance, et ainsi je suis né maintes fois, de bien des façons. Ô Seigneur, entré dans l’enfance, j’ai accompli ce qui devait être fait comme ce qui ne devait pas l’être.

Verse 83

तारुण्येन कृता क्रीडा भुक्ता भार्या ह्यनेकशः । वार्धकं प्राप्य संतप्तः पुत्रशोकादिभिस्तथा

Dans la jeunesse, il se divertit aux plaisirs ; maintes fois il jouit de son épouse. Mais parvenu à la vieillesse, il fut accablé, ainsi par le chagrin d’un fils et d’autres peines.

Verse 84

भार्यादीनां वियोगैस्तु दग्धोस्म्यहमहर्निशम् । दुःखैरनेकसंवर्णैः संतप्तोस्मि दिनेदिने

Par la séparation d’avec mon épouse et les autres, je brûle jour et nuit. Accablé de peines de maintes sortes, je suis tourmenté de jour en jour.

Verse 85

दिवारात्रौ महाप्राज्ञ न विंदामि सुखं क्वचित् । एवं दुःखै सुसंतप्तः किं करोमि महामते

Ô très sage, jour et nuit je ne trouve nulle part le bonheur. Ainsi brûlé par les souffrances, ô sage au grand cœur, que dois-je faire ?

Verse 86

तमुपायं वदस्वैव सुखं विंदामि येन वै । अस्मात्संसारजालौघान्मोचयाद्य सुबंधनात्

Dis-moi ce moyen même par lequel je pourrai vraiment obtenir la paix, et par lequel je serai délivré aujourd’hui du vaste flot du filet du saṃsāra, de ce lien qui m’enchaîne.

Verse 87

विवेक उवाच । भवाञ्छुद्धोसि निर्द्वन्द्वो ह्यपापोसि जगत्पते । एनं गच्छ महात्मानं वीतरागं सुखप्रदम्

Viveka dit : «Ô Seigneur du monde, tu es pur, libre de toute dualité et sans péché. Va vers ce grand être, sans attachement, dispensateur de bonheur».

Verse 88

निःसंशयं त्वया दृष्टं नग्नमाचारवर्जितम् । सुखप्रदर्शको ह्येष सर्वसंतापनाशकः

Sans aucun doute, tu as vu quelqu’un nu et dépourvu de la conduite requise. Pourtant, c’est lui qui montre la voie du bonheur et dissipe toute forme de tourment.

Verse 89

एवमाकर्ण्य शुद्धात्मा वीतरागं गतः पुनः । तमुवाच श्वसन्दीनः श्रूयतां वचनं मम

Ayant entendu ainsi, l’âme pure redevint libre de tout attachement. Alors Śvasandīna lui dit : «Que mes paroles soient écoutées».

Verse 90

सुखं विंदामि येनाहं तं मार्गं मम दर्शय । एवमस्तु महाप्राज्ञ करिष्ये वचनं तव

Montre-moi la voie par laquelle je puis atteindre la félicité. «Qu’il en soit ainsi, ô très sage ; j’agirai selon ta parole».

Verse 91

पुनर्गच्छ विवेकं हि सुखवार्ता कृता त्वया । सुखमार्गस्य वै वक्ता तव एष भविष्यति

Retourne encore, ô Viveka ; tu as porté le message du bien. En vérité, il sera pour toi l’enseignant au sujet de la voie de la félicité.

Verse 92

वीतरागेण पुण्येन प्रेषितो गतवान्प्रभुः । तमुवाच महात्मानं विवेकं शुद्धसत्तमम्

Mandaté par le mérite de celui qui est sans attachement, le Seigneur se mit en route. Puis il s’adressa à ce grand d’âme : Viveka, le plus pur en sa bonté.

Verse 93

सुखं मे दर्शय त्वं हि वीतरागेण प्रेषितः । भवच्छरणमापन्नो रक्ष संसारदारुणात्

Montre-moi la voie de la paix et de la félicité, car tu as été envoyé par celui qui est sans passion. Je me suis réfugié en toi : protège-moi du terrible cycle de l’existence mondaine.

Verse 94

विवेक उवाच । ज्ञानं गच्छमहाप्राज्ञ स ते सर्वं वदिष्यति । आत्मा तथोक्तः संप्राप्तो यत्र ज्ञानं प्रतिष्ठितम्

Viveka dit : «Ô grand sage, va vers Jñāna ; il te dira tout. Ainsi instruit, le Soi est parvenu au lieu où la connaissance demeure solidement établie.»

Verse 95

भोभो ज्ञान महातेजः सर्वभावप्रदर्शक । शरणं त्वामहं प्राप्तः सुखमार्गं प्रदर्शय

«Ô Jñāna, ô splendeur immense, révélateur de toutes les réalités ! Je suis venu à toi en refuge ; montre-moi le chemin du véritable bien-être et de la paix.»

Verse 96

ज्ञानमुवाच । भृत्योहं तव लोकेश त्वं मां वेत्सि न सुव्रत । मया ध्यानेन वै पूर्वं वारितस्त्वं पुनःपुनः

Jñāna dit : «Ô Seigneur des mondes, je suis ton serviteur ; pourtant tu ne me reconnais pas, ô toi au vœu noble. Jadis, par la méditation, je t’ai retenu maintes fois, encore et encore.»

Verse 97

पंचात्मकानां संगेन आपदं प्राप्तवान्भवान् । ध्यानं गच्छ महाप्राज्ञ स ते दाता सुखस्य च

Par l’association aux cinq constituants, tu es tombé dans le malheur. Va vers la méditation, ô très sage ; elle sera aussi pour toi dispensatrice de bonheur.»

Verse 98

ज्ञानेन प्रेषितो ह्यात्मा ध्यानमाश्रित्य संस्थितः । सुखमत्यंतसिद्धं च ध्यानं मे दर्शयस्व ह

Vraiment, le Soi—poussé par la connaissance—demeure établi en prenant refuge dans la méditation. Montre-moi cette méditation, souverainement accomplie et pleine de béatitude.»

Verse 99

भवच्छरणमायातं मामेवं परिरक्षय । एवं संभाषितं तस्य ध्यानमाकर्ण्य तद्वचः

«Je suis venu chercher refuge à tes pieds—protège-moi ainsi.» Ainsi interpellé, il écouta avec recueillement ces paroles et les porta en son esprit pour la méditation.

Verse 100

समुवाच पुनश्चापि तमात्मानं प्रहृष्टवान् । नैव त्याज्योस्म्यहं तात सर्वकर्मसुनिश्चितः

Dans la joie, il parla de nouveau à son propre être : «Mon enfant, je ne dois nullement être abandonné ; en toute action je demeure fermement résolu».

Verse 101

त्वयैव वीतरागेण विवेकेन सदैव हि । ध्यानयुक्तो भवस्व त्वमात्मानमवलोकय

Oui, par ton propre détachement et ton discernement constant, demeure établi dans la méditation ; contemple et scrute ton propre Soi.

Verse 102

आत्मवांस्त्वं स्थिरो भूत्वा निरातंको विकल्पितः । यथा दीपो निवातस्थः कज्जलं वमते स्थिरः

Sois maître de toi ; deviens stable, sans trouble ni hésitation. Car, telle une lampe en un lieu sans vent, qui, demeurant immobile, rejette la suie, ainsi la stabilité chasse l’impureté intérieure.

Verse 103

तथा दोषान्प्रज्वलित्वा निर्वाणं हि प्रयास्यति । एकांतस्थो निराहारो मिताशी भव सर्वदा

Ainsi, après avoir allumé le feu qui consume les fautes, on atteint en vérité le nirvāṇa. Demeure en solitude, jeûne, et sois toujours mesuré dans la nourriture.

Verse 104

निर्द्वंद्वः शब्दसंहीनो निश्चलो ह्यासने स्थितः । आत्मानमात्मना ध्यायन्ममैव स्थिरबुद्धिना

Affranchi des couples d’opposés, retiré des sons, immobile et fermement établi dans l’āsana, il contemple le Soi par le Soi, l’intelligence stable, voué à Moi seul.

Verse 105

प्राप्स्यसे परमं स्थानं तद्विष्णोः परमं पदम्

Tu atteindras la demeure suprême — le plus haut séjour de Viṣṇu.