Mahabharata Adhyaya 13
Virata ParvaAdhyaya 1348 Verses

Adhyaya 13

Virāṭa-parva Adhyāya 13 — Kīcaka’s Proposition and Draupadī’s Dharmic Refusal

Upa-parva: Kīcaka–Draupadī Saṃvāda (Episode within Virāṭa-parva)

Vaiśaṃpāyana reports that ten months of the Pandavas’ concealed residence in Matsya have elapsed. Draupadī, serving Queen Sudeṣṇā as a Sairandhrī, is seen by Kīcaka, Virāṭa’s commander, who becomes infatuated and approaches the queen to inquire about the attendant. He then addresses Draupadī directly with persuasive and transactional language, offering wealth, status, and household prosperity in exchange for her association, framing desire as entitlement. Draupadī responds with a structured ethical rebuttal: she identifies herself as another’s wife (paradārā), emphasizes the impropriety of his intent, and articulates a normative rule—virtuous persons avoid wrongful acts. She warns of reputational and existential consequences for coercive pursuit and invokes protective agency by stating her husbands are “Gandharvas,” a strategic claim consistent with incognito conditions. The chapter’s thematic center is dharma under asymmetric power: refusal grounded in marital ethics, social norms, and deterrence, while maintaining operational secrecy for the Pandavas’ larger objective.

Chapter Arc: वैशम्पायन जनमेजय से कहते हैं—मत्स्यनगर में पाण्डव अज्ञातवास के व्रत को निभाते हुए विराट की सेवा में लगे हैं; पर नगर के उत्सव-समाज में एक नया आकर्षण उठता है: मल्ल-युद्ध का कोलाहल। → तृणबिन्दु के प्रसाद और धर्म की अनुकम्पा से सुरक्षित रहते हुए भी पाण्डवों का छिपा हुआ तेज़ भीतर-भीतर उबलता है। सभा-उत्सव में प्रसिद्ध मल्ल जीमूत का नाम गूँजता है; भीमसेन का क्षात्र-बल और मल्ल-धर्म उसे चुनौती की ओर खींचता है, जबकि पहचान छिपाए रखना अनिवार्य है। → भीम और जीमूत—दो मतवाले महागजों की भाँति—निःशस्त्र बाहुबल से घोर संग्राम करते हैं। प्रहार-प्रतिप्रहार, जकड़न, पटकनी और उछाल के बीच जनसमूह का निनाद उठता है; युद्ध वृत्र-वासव के समान प्रतीत होता है और अखाड़ा रणभूमि बन जाता है। → भीमसेन अपने पराक्रम से जीमूत को परास्त कर उत्सव-सभा में विजय का हर्ष भर देते हैं, पर स्वयं को विराट का साधारण सेवक/मल्ल ही बनाए रखते हैं। पाण्डव उसी प्रकार प्रच्छन्न रहकर विराट के कार्यों में लगे रहते हैं; द्रौपदी अपने पतियों के क्लेश को देखकर भीतर से व्याकुल होती है। → विजय के शोर के बीच द्रौपदी की निःश्वास-भरी चिंता संकेत देती है—यह तेज़ बार-बार प्रकट होगा तो अज्ञातवास की डोर कब तक सुरक्षित रहेगी?

Shlokas

Verse 1

(दाक्षिणात्य अधिक पाठके २ श्लोक मिलाकर कुल १५ श्लोक हैं।) हि >> आय ० (0) है 7 (समयपालनपर्व) त्रयोदशो 5 ध्याय: भीमसेनके द्वारा जीमूत नामक विश्वविख्यात मलल्‍लका वध जनमेजय उवाच एवं ते मत्स्यनगरे प्रच्छन्ना: कुरुनन्दना: । अत ऊर्ध्व॑ महावीर्या: किमकुर्वत वै द्विज

Janamejaya demanda : « Ô brahmane, après que les puissants fils de Pāṇḍu—la joie des Kurus—eurent ainsi vécu cachés dans la cité des Matsyas, que firent-ils ensuite ? »

Verse 2

वैशम्पायन उवाच एवं मत्स्यस्य नगरे प्रच्छन्ना: कुरुनन्दना: । आराधयन्तो राजानं यदकुर्वत तच्छुणु

Vaiśampāyana dit : «Ainsi, dans la cité du roi des Matsya, la joie de la lignée des Kuru (les Pāṇḍava) vécut dissimulée. Tout en servant le roi avec respect et en cherchant à lui plaire, quels que fussent les actes qu’ils accomplirent—écoute-les à présent.»

Verse 3

तृणबिन्दुप्रसादाच्च धर्मस्य च महात्मन: । अज्ञातवासमेवं तु विराटनगरेडवसन्‌

Vaiśampāyana dit : «Par la grâce bienveillante du roi-ṛṣi Tṛṇabindu et par la faveur de Dharma, l’âme magnanime, les Pāṇḍava continuèrent ainsi de demeurer dans la cité de Virāṭa, achevant la période de leur vie incognito.»

Verse 4

युधिष्ठटिर: सभास्तारो मत्स्यानामभवत्‌ प्रिय: । तथैव च विराटस्य सपुत्रस्थ विशाम्पते

Vaiśampāyana dit : «Yudhiṣṭhira devint un membre éminent de la cour des Matsya et fut cher au peuple. De même, ô seigneur des hommes, le roi Virāṭa—avec ses fils—lui porta une affection particulière.»

Verse 5

स हाक्षह्ददयज्ञस्तान्‌ क्रीडयामास पाण्डव: । अक्षवत्यां यथाकामं सूत्रबद्धानिव द्विजान्‌

Vaiśampāyana dit : «Ce Pāṇḍava, versé au plus intime du jeu de dés, les faisait jouer. Dans la salle des dés, il lançait les dés à son gré, tel celui qui, des oiseaux liés par un fil, les fait voler comme il l’entend.»

Verse 6

अज्ञातं च विराटस्य विजित्य वसु धर्मराट्‌ । भ्रातृभ्य: पुरुषव्याप्रो यथा सम्प्रयच्छति

Vaiśampāyana dit : «Ayant gagné des richesses, le roi juste Yudhiṣṭhira—tigre parmi les hommes—les distribuait à ses frères selon la juste mesure, sans que le roi Virāṭa en eût connaissance.»

Verse 7

भीमसेनो<पि मांसानि भक्ष्याणि विविधानि च । अतिसृष्टानि मत्स्येन विक्रीणीते युधिष्ठिरे

Bhīmasena, lui aussi, vendait les viandes et les mets variés que le roi des Matsya (Virāṭa) lui accordait en récompense, et il consacrait l’argent ainsi gagné au service de Yudhiṣṭhira.

Verse 8

वासांसि परिजीर्णानि लब्धान्यन्तःपुरेडर्जुन: । विक्रीणानश्न सर्वेभ्य: पाण्डवेभ्य: प्रयच्छति

Vaiśampāyana dit : Dans les appartements des femmes, Arjuna obtenait des vêtements précieux, devenus vieux et usés. Il les vendait, puis distribuait à tous les Pāṇḍava l’argent tiré de cette vente, soutenant en secret la famille durant l’exil par des moyens honnêtes et sans violence, sans faire peser son fardeau sur autrui.

Verse 9

सहदेवो<पि गोपानां वेषमास्थाय पाण्डव: । दध्षि क्षीरं घृतं चैव पाण्डवेभ्य: प्रयच्छति,पाण्डुनन्दन सहदेव भी ग्वालोंका वेश धारणकर पाण्डवोंको दही, दूध और घी दिया करते थे

Vaiśampāyana dit : Sahadeva, fils de Pāṇḍu, prit lui aussi le déguisement d’un vacher. Dans ce rôle, il fournissait aux Pāṇḍava du caillé, du lait et du ghee, les soutenant en secret durant leur vie cachée.

Verse 10

नकुलो<पि धनं लब्ध्वा कृते कर्मणि वाजिनाम्‌ । तुष्टे तस्मिन्‌ नरपतौ पाण्डवेभ्य: प्रयच्छति

Vaiśampāyana dit : Nakula aussi, ayant gagné de l’argent en accomplissant le travail de dresser les chevaux, lorsque ce roi (Virāṭa) se montrait satisfait, remettait cette récompense aux Pāṇḍava.

Verse 11

कृष्णा तु सर्वान्‌ भर्तुस्तान्‌ निरीक्षन्ती तपस्विनी । यथा पुनरविज्ञाता तथा चरति भामिनी,तपस्विनी एवं सुन्दरी द्रौपदी भी उन सब पतियोंकी देखभाल करती हुई ऐसा बर्ताव करती, जिससे फिर कोई उसे पहचान न सके

Vaiśampāyana dit : Draupadī (Kṛṣṇā), tout en vivant comme une femme d’ascèse, veillait sur tous ses époux et prenait soin d’eux ; mais elle se comportait avec une discipline si prudente que nul ne pût la reconnaître de nouveau.

Verse 12

एवं सम्पादयन्तस्ते तदान्योन्यं महारथा: । विराटनगरे चेरु: पुनर्गर्भधृता इव,इस प्रकार एक-दूसरेका सहयोग करते हुए वे महारथी पाण्डव विराटनगरमें बहुत छिपकर रहते थे; मानो पुनः माताके गर्भमें निवास कर रहे हों

Ainsi, se soutenant les uns les autres et réglant entre eux toutes choses, ces grands guerriers de char (les Pāṇḍava) circulaient dans la cité de Virāṭa dans une dissimulation profonde—comme des êtres demeurant à nouveau dans le sein de leur mère.

Verse 13

साशड्का धार्तराष्ट्रस्य भयात्‌ पाण्डुसुतास्तदा । प्रेक्षमाणास्तदा कृष्णामूषुश्छन्ना नराधिप,इति श्रीमहाभारते विराटपर्वणि समयपालनपर्वणि जीमूतवधे त्रयोदशो 5ध्याय:

Vaiśampāyana dit : Alors, craignant le fils de Dhṛtarāṣṭra et le cœur plein d’appréhension, les fils de Pāṇḍu demeurèrent cachés, tout en veillant sans cesse sur Kṛṣṇā (Draupadī), ô roi.

Verse 14

राजन! दुर्योधनद्वारा पहचान लिये जानेके भयसे पाण्डव सदा सशंक रहते थे; अत: वे उस समय द्रौपदीकी देखभाल करते हुए भी छिपकर ही वहाँ निवास करते थे ।।

Vaiśaṃpāyana dit : «Ô roi, craignant que Duryodhana ne les reconnût, les Pāṇḍava vivaient dans une prudence constante. Aussi, même en veillant sur Draupadī, ne demeuraient-ils là que dans la dissimulation. Puis, lorsque commença le quatrième mois, au pays des Matsyas on célébra une grande fête, riche et solennelle, en l’honneur de Brahmā, fort estimée et aimée du peuple.»

Verse 15

तत्र मल्‍्ला: समापेतुर्दिग्भ्यो राजन्‌ सहस्रश: । समाजे ब्रह्मणो राजन्‌ यथा पशुपतेरिव

Vaiśampāyana dit : Alors, ô roi, des milliers de lutteurs s’y rassemblèrent de toutes les directions. Dans cette assemblée, ô roi, l’affluence dans la cité royale était comme la congrégation de Brahmā, et comme celle de Paśupati (Śiva).

Verse 16

महाकाया महावीर्या: कालखज्जा इवासुरा: । वीर्योन्मत्ता बलोदग्रा राज्ञा समभिपूजिता:

Vaiśampāyana dit : Ces lutteurs arrivés là semblaient l’asura Kālakhajja : vastes de corps et redoutables de force. Enivrés de leur propre prouesse et gonflés de puissance, ils furent néanmoins accueillis et honorés comme il se doit par le roi Virāṭa, qui leur accorda une hospitalité entière.

Verse 17

सिंहस्कन्धकटिग्रीवा: स्ववदाता मनस्विन: । असकृल्लब्धलक्षास्ते रड़े पार्थिवसंनिधौ

Vaiśaṃpāyana dit : «Leurs épaules, leurs hanches et leur cou étaient comme ceux des lions — rayonnants de leur splendeur naturelle et doués d’un esprit élevé. À maintes reprises, sous les yeux mêmes du roi, ils avaient remporté honneur et succès dans l’arène.»

Verse 18

तेषामेको महानासीत्‌ सर्वमल्लानथादह्वयत्‌ । आवल्गमानं तं रड्भे नोपतिष्ठति कश्नन

Parmi eux se trouvait un lutteur d’une force prodigieuse, qui défiait tous les autres au combat. Lorsqu’il entra dans l’arène et se mit à lutter, déployant sa puissance, nul ne put s’approcher de lui ni lui tenir tête.

Verse 19

यदा सर्वे विमनसस्ते मल्‍ला हतचेतस: । अथ सूदेन तं मल्‍ल॑ योधयामास मत्स्यराट्‌,जब वे सभी मल्ल उदासीन हो हिम्मत हार बैठे, तब मत्स्यनरेशने अपने रसोइयेसे उस पहलवानको लड़ानेका निश्चय किया

Lorsque tous les lutteurs furent abattus et perdirent courage, le roi des Matsyas résolut de faire affronter ce lutteur par son propre cuisinier, suscitant ainsi un nouveau challenger quand les autres avaient renoncé.

Verse 20

नोद्यमानस्तदा भीमो दुःखेनैवाकरोन्मतिम्‌ | न हि शक्नोति विवृते प्रत्याख्यातुं नराधिपम्‌

Bien que le roi l’y pressât alors, Bhīma—tourmenté par la crainte d’être reconnu—se résolut, dans la tristesse, à engager le combat. Car il ne pouvait refuser ouvertement le seigneur des hommes.

Verse 21

ततः स पुरुषव्यात्र: शार्ट्लशिथिलश्चरन्‌ । प्रविवेश महारजं विराटम भिपूजयन्‌,तदनन्तर पुरुषसिंह भीमने सिंहके समान धीमी चालसे चलते हुए राजा विराटका मान रखनेके लिये उस विशाल रंगभूमिमें प्रवेश किया

Alors ce tigre parmi les hommes, Bhīma, d’un pas volontairement lent et délié, entra dans la grande arène, afin d’honorer le roi Virāṭa et de préserver la bienséance de l’assemblée royale.

Verse 22

बबन्ध कक्षां कौन्तेयस्तत: संहर्षयन्‌ जनम्‌ । ततस्तु वृत्रसंकाशं भीमो मल्लं समाह्दयत्‌

Vaiśampāyana dit : Alors le fils de Kuntī resserra sa ceinture de lutteur, soulevant l’ardeur de la foule. Puis Bhīma lança un défi à un lutteur qui ressemblait à Vṛtra — une rencontre conçue non comme un simple jeu, mais comme une épreuve publique de force, de résolution et de discipline sous les lois de l’arène.

Verse 23

तावुभौ सुमहोत्साहावुभौ भीमपराक्रमौ

Vaiśampāyana dit : Tous deux étaient animés d’un zèle et d’une énergie prodigieux, et tous deux possédaient une puissance de combat digne de Bhīma — des hommes dont le courage et la force annonçaient des actes décisifs dans la suite des événements.

Verse 24

ततस्तौ नरशार्दूलौ बाहुयुद्धं समीयतु:

Alors ces deux hommes, pareils à des tigres, se rapprochèrent pour un combat de bras — un affrontement direct, corps à corps. Le récit souligne le code du guerrier : lorsque les mots et la distance ne suffisent plus, la lutte se prend face à face, éprouvant la force, la résolution et la retenue dans les limites de la conduite kṣatriya.

Verse 25

वीरौ परमसंहृष्टावन्‍्योन्यजयकाड्क्षिणौ | आसीत्‌ सुभीम: सम्पातो वज्रपर्वतयोरिव

Vaiśampāyana dit : Les deux héros, transportés de joie et chacun brûlant de vaincre l’autre, se ruèrent l’un sur l’autre avec un élan des plus terribles — comme la collision d’un foudre et d’une montagne. Le vers souligne l’ivresse de la victoire au combat, tout en laissant pressentir les lourdes conséquences lorsque la prouesse n’est mue que par le désir d’écraser.

Verse 26

अत्यन्त हर्षमें भरकर एक-दूसरेको जीत लेनेकी इच्छावाले वे दोनों नरश्रेष्ठ वीर बाहुयुद्ध करने लगे। उस समय उन दोनोंमें बड़ी भयंकर भिड़न्त हुई। उनके परस्परके आघातसे इस प्रकार चटचट शब्द होने लगा, मानो वज्र और पर्वत एक-दूसरेसे टकरा गये हों ।।

Vaiśampāyana dit : Tous deux, ces hommes d’élite, remplis d’une exaltation intense, étaient d’une force prodigieuse. Chacun cherchait une ouverture chez l’autre et désirait la victoire. Lorsqu’ils se rapprochèrent pour le combat bras à bras, un choc terrible éclata entre eux ; de leurs coups réciproques jaillit un claquement sec, comme si la foudre et la montagne s’étaient heurtées. Le passage met en lumière l’ivresse de la joie guerrière et le péril de la soif de vaincre, qui pousse les combattants à guetter la moindre faiblesse de l’adversaire.

Verse 27

उभौ परमसंद्ृष्टी मत्ताविव महागजौ | कृतप्रतिकृतैश्षित्रैर्बाहुभिश्व सुसड्कटै: । संनिपातावधूतैश्न प्रमाथोन्‍्मथनैस्तथाः

Vaiśampāyana dit : Les deux combattants, égaux en force et en résolution, se ruèrent l’un sur l’autre tels deux éléphants seigneurs ivres. Leurs bras puissants, étroitement verrouillés, échangeaient prises, contre-prises et renversements rapides : chacun défaisait aussitôt l’étreinte de l’autre. Ils saisissaient et contraignaient les mains, frappaient de façons singulières, s’empoignaient poitrine contre poitrine, puis se repoussaient de nouveau. Tantôt l’un jetait l’autre à terre et le broyait contre le sol ; tantôt celui qui était dessous bondissait, projetait son adversaire au loin, ou se relevait en le portant, l’écrasant et lui malaxant les membres par la seule force du corps. Ce spectacle ne montrait pas seulement la rage, mais une endurance disciplinée et la volonté de rendre coup pour coup dans un combat d’égaux.

Verse 28

क्षेपणै्मुष्टिभिश्वैव* * वराहोद्धूतनि:स्वनै:३ | तलैरवजनिपातैश्वरं प्रसृष्ठाभिस्तथैव" च

Vaiśampāyana dit : Ils se battaient au plus près—se poussant et frappant du poing, dans un fracas âpre, pareil au grognement d’un sanglier secoué jusqu’à la fureur. Tantôt l’un refoulait l’autre de force ; tantôt ils se martelaient la poitrine à coups de poing. Parfois l’un hissait l’autre sur son épaule, le faisait tournoyer face contre terre et l’écrasait au sol dans un choc retentissant. À d’autres instants, ils échangeaient des coups de main ouverte—claques aux doigts écartés et frappes sèches de la paume—mettant à l’épreuve la force et la résolution de chacun dans un concours de seule prouesse physique.

Verse 29

शलाकानखपातैश्न पादोदधूतैश्न दारुणै: । जानुभिश्नचाश्मनिर्घोषै: शिरोभि श्चावघट्टनै:

Vaiśampāyana dit : Dans leur fureur, ils se griffaient de leurs ongles aigus comme des pointes ; ils se crochetaient et se faisaient tomber par de rudes balayages de jambe ; et ils frappaient du genou et s’entrechoquaient la tête, faisant retentir un fracas effroyable, comme des pierres qui se heurtent—image d’un combat mené par la colère plutôt que par la maîtrise.

Verse 30

तद्‌ युद्धमभवद्‌ घोरमशस्त्रं बाहुतेजसा । बलप्राणेन शूराणां समाजोत्सवसंनिधौ

Vaiśampāyana dit : Alors s’éleva un combat terrible—sans armes, mû seulement par l’ardeur des bras et la force vitale des héros—se déroulant sous les yeux de la foule assemblée, comme en plein festival populaire.

Verse 31

अरज्यत जन: सर्व: सोत्क़रुष्टनिनदोत्थित: । बलिनो: संयुगे राजन्‌ वृत्रवासवयोरिव

Vaiśampāyana dit : Toute la foule fut saisie d’agitation, soulevée par une clameur forte et exaltée. Ô Roi, c’était comme si deux champions puissants s’étaient rencontrés au combat—tels Vṛtra et Vāsava (Indra) dans leur lutte fameuse.

Verse 32

प्रकर्षणाकर्षणयोरभ्याकर्षविकर्षणै:* | आकर्षतुरथान्योन्यं जानुभिश्चापि जघ्नतु:

Vaiśampāyana dit : Dans l’affrontement de traction et de contre‑traction — chacun tirant, tordant et arrachant l’autre — ils se ramenèrent l’un l’autre au plus près, et se frappèrent même du genou. La scène peint une lutte corporelle à l’état brut, où la force remplace la retenue, montrant comment l’orgueil et la rivalité peuvent mener les hommes à une violence toujours croissante.

Verse 33

कभी वे प्रतिपक्षीको गोदमें घसीट लाते

Vaiśampāyana dit : Tantôt ils traînaient l’adversaire jusque sur leurs cuisses, tantôt, au cœur même du jeu de l’arène, ils le tiraient face à eux ; tantôt ils changeaient de pas, en avant et en arrière, à droite et à gauche ; tantôt, soudain, ils le repoussaient et le jetaient à terre. Ainsi, chacun attirait l’autre vers soi et frappait du genou. En cette fête publique, près des lutteurs et de la foule du Matsya, sans aucune arme, se livra un combat effrayant : seule la force des bras, la vigueur du corps et le souffle de vie. Ô roi ! Pareils à Indra et Vṛtra, Bhīma et Jīmūta réjouirent tous les assistants ; les spectateurs poussaient de grands cris de joie pour encourager celui qu’ils espéraient voir vainqueur. Puis, dans un immense vacarme, ces deux héros—à la poitrine large, aux longs bras, experts en prises—se défièrent et se rapprochèrent, croisant leurs membres tels des massues de fer, et s’engagèrent dans une lutte féroce.

Verse 34

चकर्ष दोर्भ्यामुत्पात्य भीमो मल्लममित्रहा । निनदन्तमभिक्रोशन्‌ शार्दूल इव वारणम्‌

Vaiśampāyana dit : Bhīma, le pourfendeur des ennemis, saisit le lutteur de ses deux bras, l’arracha du sol et—rugissant, criant—le traîna de côté et d’autre, tel un tigre maîtrisant un éléphant. L’exploit révélait la puissance écrasante de Bhīma et sa maîtrise disciplinée de la force, déployée ici dans une joute publique plutôt que sur un champ de bataille.

Verse 35

समुद्यम्य महाबाहुर्भ्रामयामास वीर्यवान्‌ । ततो मल्लाश्न मत्स्याश्न विस्मयं चक्रिरे परम्‌

Vaiśampāyana dit : Le héros aux bras puissants le souleva et se mit à le faire tournoyer. À cette vue, les lutteurs comme le peuple du Matsya furent saisis d’un étonnement extrême.

Verse 36

भ्रामयित्वा शतगुणं गतसत्त्वमचेतनम्‌ । प्रत्यपिंघन्महाबाहुर्मलल्‍लं भुवि वृकोदर:

Vaiśampāyana dit : L’ayant fait tournoyer cent fois, jusqu’à ce que sa force et sa conscience s’éteignent et qu’il demeure inerte, Vṛkodara, aux bras puissants, le jeta à terre et l’écrasa là. L’épisode souligne la puissance irrésistible de Bhīma et la fin tranchée, conforme au devoir, dès lors que l’adversaire est entièrement hors d’état de combattre.

Verse 37

तस्मिन्‌ विनिहते वीरे जीमूते लोकविश्वुते । विराट: परम हर्षमगच्छद्‌ बान्धवै: सह,इस प्रकार उस लोकविख्यात वीर जीमूतके मारे जानेपर राजा विराटको अपने बन्धु-बान्धवोंके साथ बड़ी प्रसन्नता हुई

Vaiśampāyana dit : Lorsque le vaillant Jīmūta, renommé parmi le peuple, eut été mis à mort, le roi Virāṭa, avec ses parents et ses proches, fut saisi d’une très grande joie.

Verse 38

प्रहर्षात्‌ प्रददौ वित्तं बहु राजा महामना: । बललवाय महारज्रे यथा वैश्रवणस्तथा,उस समय कुबेरके समान महामनस्वी राजा विराटने अत्यन्त हर्षमें भरकर बलल्‍लवको उस विशाल रंगभूमिमें ही बहुत धन दिया

Vaiśampāyana dit : Transporté de joie, le roi Virāṭa, à l’âme magnanime, accorda à Ballava d’abondantes richesses, là même, dans cette vaste arène, donnant comme Vaiśravaṇa (Kubera) en personne.

Verse 39

एवं स सुबहून्‌ मल्लान्‌ पुरुषांश्न महाबलान्‌ | विनिध्नन्‌ मत्स्यराजस्य प्रीतिमाहरदुत्तमाम्‌,इसी तरह बहुत-से पहलवानों और महाबली पुरुषोंको मारकर भीमसेनने मत्स्यनरेश विराटका उत्तम प्रेम प्राप्त किया

Vaiśampāyana dit : Ainsi Bhīmasena, après avoir terrassé de nombreux lutteurs et d’autres hommes d’une grande force, gagna la plus haute faveur du roi des Matsyas, Virāṭa.

Verse 40

यदास्य तुल्य: पुरुषो न कश्रित्‌ तत्र विद्यते । ततो व्यप्रैश्व सिंहैश्व द्विरदेश्वाप्पपोधयत्‌,जब वहाँ उनकी जोड़का कोई पहलवान नहीं रह गया, तब विराट उन्हें व्याप्रों, सिंहों और हाथियोंसे लड़ाने लगे

Vaiśampāyana dit : Lorsqu’en ce lieu il ne resta plus aucun homme capable de l’égaler, le roi Virāṭa fit alors en sorte qu’on l’éprouvât au combat contre des bêtes féroces—tigres et lions—et même contre de puissants éléphants.

Verse 41

पुनरन्तःपुरगतः स्त्रीणां मध्ये वृकोदर: । योध्यते स विराटेन सिंहैर्मत्तैमहाबलै:

Vaiśampāyana dit : De nouveau, Vṛkodara (Bhīma) entrait dans les appartements intérieurs des femmes et, au milieu d’elles, sur l’incitation du roi Virāṭa, combattait des lions puissants et enragés, afin de leur montrer sa prouesse.

Verse 42

बीभत्सुरपि गीतेन स्वनृत्येन च पाण्डव: । विराट तोषयामास सर्वाश्वान्त:पुरस्त्रिय:,पाण्डुनन्दन अर्जुनने भी अपने गीत और नृत्यसे राजा विराट तथा अन्तःपुरकी सम्पूर्ण स्त्रियोंको संतुष्ट कर लिया था

Vaiśampāyana dit : Même Bībhatsu (Arjuna), fils de Pāṇḍu, sut contenter le roi Virāṭa et toutes les femmes du gynécée par son chant et sa propre danse.

Verse 43

अश्जैविनीतैर्जवनैस्तत्र तत्र समागतै: । तोषयामास राजानं नकुलो नृपसत्तमम्‌

Vaiśampāyana dit : En dressant et en disciplinant les chevaux rapides venus de contrées diverses, Nakula contenta le roi Virāṭa, le meilleur des souverains. Ravi, le roi le récompensa d’une richesse abondante. De même, voyant les taureaux entraînés et rendus dociles par Sahadeva, Virāṭa—le plus éminent des hommes—lui accorda aussi de grands biens en guise de prix.

Verse 44

तस्मै प्रदेयं प्रायच्छत्‌ प्रीतो राजा धन बहु । विनीतान्‌ वृषभान्‌ दृष्टवा सहदेवस्य चाभित: । धनं ददौ बहुविधं विराट: पुरुषर्षभ:

Vaiśampāyana dit : Satisfait, le roi lui accorda une généreuse récompense de richesses. Et lorsque Virāṭa—le meilleur des hommes—vit les taureaux bien dressés et disciplinés sous la garde de Sahadeva, il lui fit aussi don de biens abondants et de maintes sortes.

Verse 45

द्रौपदी प्रेक्ष्य तान्‌ सर्वान्‌ क्लिश्यमानान्‌ महारथान्‌ । नातिप्रीतमना राजन्‌ नि:श्वासपरमा भवत्‌

Vaiśampāyana dit : Voyant tous ces grands guerriers de char—ses époux—souffrir l’épreuve, Draupadī ne trouvait point la paix, ô roi ; son cœur s’alourdissait, et elle ne pouvait que pousser de longs soupirs de tristesse.

Verse 46

एवं ते न्यवसंस्तत्र प्रच्छन्ना: पुरुषर्षभा: । कर्माणि तस्य कुर्वाणा विराटनृपतेस्तदा,इस प्रकार वे पुरुषशिरोमणि पाण्डव उस समय राजा विराटके भिन्न-भिन्न कार्य सँभालते हुए वहाँ छिपकर रहते थे

Vaiśampāyana dit : Ainsi, ces hommes, forts comme des taureaux—les Pāṇḍava, les plus éminents des mortels—vécurent là dans la dissimulation, et, en ce temps-là, ils accomplirent les diverses charges et besognes du roi Virāṭa.

Verse 236

मत्ताविव महाकायौ वारणौ षष्टिहायनौ । वे दोनों बड़े उत्साहमें भरे थे। दोनों ही प्रचण्ड पराक्रमी थे, ऐसा लगता था मानो साठ वर्षके दो मतवाले एवं विशालकाय गजराज एक-दूसरेसे भिड़नेको उद्यत हों

Vaiśampāyana dit : Tous deux, au corps immense et comme enivrés de puissance, semblaient deux éléphants seigneuriaux de soixante ans prêts à se heurter. Ils débordaient d’ardeur et d’une vaillance farouche, comme s’ils allaient se rencontrer de front dans une joute décisive.

Verse 2236

जीमूतं नाम तं तत्र मल्लं प्रख्यातविक्रमम्‌ । फिर लोगोंमें हर्षका संचार करते हुए उन्होंने लँगोट बाँधा और उस प्रसिद्ध पराक्रमी जीमूत नामक मल्लको, जो वृत्रासुरके समान दिखायी देता था, युद्धके लिये ललकारा

Vaiśampāyana dit : Là, il provoqua au combat le lutteur nommé Jīmūta, renommé pour sa prouesse. Soulevant la joie et l’ardeur de la foule, il serra son pagne de lutte et appela dans l’arène ce champion illustre—qui paraissait tel Vṛtrāsura—ouvrant ainsi un concours public de force et d’honneur.

Frequently Asked Questions

The dilemma is the conflict between coercive desire backed by institutional power and the ethical boundary of marital integrity: whether authority can override consent and dharma, and how a vulnerable court dependent can defend lawful limits.

Desire is not self-justifying; dharma requires restraint, respect for another’s marital status, and avoidance of harm. The chapter also illustrates prudent speech as a defensive instrument when direct force or formal justice may be inaccessible.

No explicit phalaśruti appears in this passage; its value is contextual and instructional—clarifying dharmic norms and social power dynamics that shape subsequent events within Virāṭa-parva.

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