Adhyaya 30
Purva BhagaAdhyaya 3029 Verses

Adhyaya 30

Oṅkāra-Liṅga and the Secret Pañcāyatana Liṅgas of Kāśī: Kṛttivāseśvara-Māhātmya

Sūta raconte comment Vyāsa s'approche de l'Oṅkāra-Liṅga, identifié au sacré 'Om' et à la philosophie Pāśupata. Le chapitre révèle cinq Liṅgas secrets (Pañcāyatana) à Vārāṇasī, connaissables uniquement par la grâce de Śiva. Il détaille l'origine de Kṛttivāseśvara, où Śiva a tué un démon éléphant et s'est vêtu de sa peau. Un refuge inébranlable ici accorde la libération (Moksha) en une seule vie.

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Shlokas

Verse 1

इति श्रीकूर्मपुराणे षट्साहस्त्र्यां संहितायां पूर्वंविभागे एकोनत्रिशो ऽध्यायः सूत उवाच स शिष्यैः संवृतो धीमान् गुरुर्द्वैपायनो मुनिः / जगाम विपुलं लिङ्गमोङ्कारं मुक्तिदायकम्

Ainsi, dans le Śrī Kūrma Purāṇa—au sein de la compilation de six mille śloka, dans le Pūrva-bhāga—commence le trentième chapitre. Sūta dit : Le sage Dvaipāyana (Vyāsa), le précepteur, entouré de ses disciples, se rendit au vaste Oṅkāra-Liṅga, emblème du « Om », dispensateur de délivrance.

Verse 2

तत्राभ्यर्च्य महादेवं शिष्यैः सह महामुनिः / प्रोवाच तस्य माहात्म्यं मुनीनां भावितात्मनाम्

Là, après avoir rendu un culte à Mahādeva avec ses disciples, le grand sage proclama Sa grandeur aux munis dont l’âme était purifiée et disciplinée intérieurement.

Verse 3

इदं तद् विमलं लिङ्गमोङ्कारं नाम शोभनम् / अस्य स्मरणमात्रेण मुच्यते सर्वपातकैः

Voici ce Liṅga sans tache, nommé Oṅkāra, beau et rayonnant. Par le seul souvenir de Lui, on est délivré de tous les péchés et de toutes les chutes.

Verse 4

एतत् परतरं ज्ञानं पञ्चयतनमुत्तमम् / सेवितं सूरिभिर्नित्यं वाराणस्यां विमोक्षदम्

Voici la connaissance suprême et transcendante : le Pañcāyatana, culte quintuple par excellence. Toujours pratiqué par les sages, il accorde la délivrance à Vārāṇasī.

Verse 5

अत्र साक्षान्महादेवः पञ्चायतनविग्रहः / रमते भगवान् रुद्रो जन्तूनामपवर्गदः

Ici, en vérité, se tient Mahādeva Lui-même, manifesté sous la forme du Pañcāyatana, le sanctuaire quintuple. Ici le Bienheureux Rudra se réjouit, dispensant aux êtres l’apavarga, la délivrance ultime.

Verse 6

यत् तत् पाशुपतं ज्ञानं पञ्चार्थमिति शब्द्यते / तदेतद् विमलं लिङ्गमोङ्कारे समवस्थितम्

Cette connaissance pāśupata, dite « aux cinq sens », est cette même Réalité : le Liṅga sans tache, demeurant dans la syllabe Oṃ (Oṅkāra).

Verse 7

शान्त्यतीता तथा शान्तिर्विद्या चैव परा कला / प्रतिष्ठा च निवृत्तिश्च पञ्चार्थं लिङ्गमैश्वरम्

Au-delà de la paix, et la paix elle-même ; la connaissance (vidyā) et la puissance suprême de manifestation (parā kalā) ; puis l’établissement dans le Soi (pratiṣṭhā) et le retrait des liens du monde (nivṛtti) : ces cinq forment le Liṅga divin d’Īśvara.

Verse 8

पञ्चानामपि देवानां ब्रह्मादीनां सदाश्रयम् / ओङ्कारबोधकं लिङ्गं पञ्चायतनमुच्यते

Ce Liṅga, refuge constant des cinq dieux —à commencer par Brahmā— et qui dévoile le sens de la syllabe sacrée Oṃ, est appelé Pañcāyatana, le sanctuaire quintuple.

Verse 9

संस्मरेदैश्वरं लिङ्गं पञ्चायतनमव्ययम् / देहान्ते तत्परं ज्योतिरानन्दं विशते बुधः

Que le sage se souvienne sans cesse du liṅga du Seigneur Īśvara, le Pañcāyatana impérissable. À la fin du corps, tout entier voué à Cela, il entre dans la Lumière resplendissante qui est Béatitude (Ānanda).

Verse 10

अत्र देवर्षयः पूर्वं सिद्धा ब्रह्मर्षयस्तथा / उपास्य देवमीशानं प्राप्तवन्तः परं पदम्

Ici, jadis, les devarṣis, avec les siddhas et les grands brahmarṣis, ayant adoré le Seigneur Īśāna, atteignirent l’état suprême.

Verse 11

मत्स्योदर्यास्तटे पुण्यं स्थानं गुह्यतमं शुभम् / गोचर्ममात्रं विप्रेन्द्रा ओङ्कारेश्वरमुत्तमम्

Sur la rive de la Matsyodarī se trouve un lieu saint, riche en mérite, le plus secret et le plus propice. Ô meilleurs des brāhmaṇas, bien qu’il n’ait que la taille d’une peau de vache, c’est le sanctuaire suprême d’Oṅkāreśvara.

Verse 12

कृत्तिवासेश्वरं लिङ्गः मध्यमेश्वरमुत्तमम् / विश्वेश्वरं तथोङ्कारं कपर्देश्वरमेव च

Les liṅgas sacrés de Śiva sont : Kṛttivāseśvara, l’excellent Madhyameśvara, Viśveśvara, de même Oṅkāra, et aussi Kapardeśvara.

Verse 13

एतानि गुह्यलिङ्गानि वाराणस्यां द्विजोत्तमाः / न कश्चिदिह जानाति विना शंभोरनुग्रहात्

Ô meilleurs des deux-fois-nés, tels sont les liṅgas secrets de Vārāṇasī ; nul ici ne les connaît vraiment sans la grâce de Śambhu (Śiva).

Verse 14

एवमुक्त्वा ययौ कृष्णः पाराशर्यो महामुनिः / कृत्तिवासेश्वरं लिङ्गं द्रष्टुं देवस्य शूलिनः

Ayant ainsi parlé, le grand sage Kṛṣṇa Dvaipāyana, fils de Parāśara, s’en alla contempler le Liṅga de Kṛttivāseśvara, du Seigneur au trident (Śiva).

Verse 15

समभ्यर्च्य तथा शिष्यैर्माहात्म्यं कृत्तिवाससः / कथयामास शिष्येभ्यो भगवान् ब्रह्मवित्तमः

Après avoir dûment adoré avec ses disciples, le Bienheureux—suprême parmi les connaisseurs de Brahman—raconta aux disciples la sainte grandeur de Kṛttivāsa (Śiva).

Verse 16

अस्मिन् स्थाने पुरा दैत्यो हस्ती भूत्वा भवान्तिकम् / ब्राह्मणान् हन्तुमायातो ये ऽत्र नित्यमुपासते

En ce lieu même, jadis, un daitya, ayant pris la forme d’un éléphant, s’approcha avec l’intention de tuer les brāhmaṇas qui ici adorent sans cesse (le Seigneur).

Verse 17

तेषां लिङ्गान्महादेवः प्रादुरासीत् त्रिलोचनः / रक्षणार्थं द्विजश्रेष्ठा भक्तानां भक्तवत्सलः

De leur liṅga se manifesta Mahādeva, le Seigneur aux trois yeux, ô le meilleur des deux-fois-nés, afin de les protéger; car il chérit ses dévots et demeure plein de tendresse envers ceux qui l’adorent.

Verse 18

हत्वा गजाकृतिं दैत्यं शूलेनावज्ञया हरः / वसस्तस्याकरोत् कृत्तिं कृत्तिवासेश्वरस्ततः

Hara (Śiva) tua de son trident le daitya qui avait pris la forme d’un éléphant, par mépris pour cet ennemi; puis il fit de sa peau un vêtement pour lui-même. C’est pourquoi le Seigneur fut appelé Kṛttivāsa, «celui qui se vêt d’une peau».

Verse 19

अत्र सिद्धिं परां प्राप्ता मुनयो मुनिपुङ्गवाः / तेनैव च शरीरेण प्राप्तास्तत् परमं पदम्

Ici, les munis—les plus éminents des voyants—atteignirent la perfection suprême; et avec ce même corps, ils parvinrent à l’État Suprême, l’ultime demeure.

Verse 20

विद्या विद्येश्वरा रुद्राः शिवाये च प्रकीर्तिताः / कृत्तिवासेश्वरं लिङ्गं नित्यमावृत्य संस्थिताः

Les Vidyās divines, les Vidyeśvaras, les Rudras et les cohortes célébrées comme appartenant à Śiva demeurent là pour toujours, entourant sans cesse le Liṅga de Kṛttivāseśvara.

Verse 21

ज्ञात्वा कलियुगं घोरमधर्मबहुलं जनाः / कृत्तिवासं न मुञ्चन्ति कृतार्थास्ते न संशयः

Sachant que l’âge de Kali est terrible et déborde d’adharma, les hommes n’abandonnent pas Kṛttivāsa; ceux qui agissent ainsi voient leur but accompli, sans aucun doute.

Verse 22

जन्मान्तरसहस्त्रेण मोक्षो ऽन्यत्राप्यते न वा / एकेन जन्मना मोक्षः कृत्तिवासे तु लभ्यते

Ailleurs, la délivrance peut s’obtenir après mille naissances—ou peut-être jamais; mais à Kṛttivāsa, la délivrance se reçoit en une seule vie.

Verse 23

आलयः सर्वसिद्धानामेतत् स्थानं वदन्ति हि / गोपितं देवदेवेन महादेवेन शंभुना

En vérité, ils déclarent que ce lieu est la demeure de tous les Siddhas; il est tenu caché et protégé par le Dieu des dieux : Mahādeva Śambhu.

Verse 24

युगे युगे ह्यत्र दान्ता ब्राह्मणा वेदपारागाः / उपासते महादेवं जपन्ति शतरुद्रियम्

À chaque âge, en ce lieu sacré, des brahmanes maîtres d’eux-mêmes, parvenus à l’autre rive des Veda, adorent Mahādeva et récitent l’hymne Śatarudrīya.

Verse 25

स्तुवन्ति सततं देवं त्र्यम्बकं कृत्तिवाससम् / ध्यायन्ति हृदये देवं स्थाणुं सर्वान्तरं शिवम्

Sans cesse ils louent le Dieu—Tryambaka, le Trois-Yeux, vêtu de peau—et, dans le cœur, ils méditent le divin Sthāṇu : Śiva, présence intime demeurant en tous.

Verse 26

गायन्ति सिद्धाः किल गीतकानि ये वाराणस्यां निवसन्ति विप्राः / तेषामथैकेन भवेन मुक्तिर् ये कृत्तिवासं शरणं प्रपन्नाः

Vraiment, les Siddha chantent des cantiques sacrés au sujet des brahmanes qui demeurent à Vārāṇasī. Pour eux, la délivrance vient en une seule vie : ceux qui ont pris refuge en Kṛttivāsa (Śiva) comme abri.

Verse 27

संप्राप्य लोके जगतामभीष्टं सुदुर्लभं विप्रकुलेषु जन्म / ध्याने समाधाय जपन्ति रुद्रं ध्यायन्ति चित्ते यतयो महेशम्

Ayant obtenu en ce monde ce que les êtres désirent le plus—naître dans une lignée brāhmane, si difficile à obtenir—les ascètes, établis en méditation et en samādhi, répètent le nom de Rudra et contemplent Maheśa dans l’esprit.

Verse 28

आराधयन्ति प्रभुमीशितारं वाराणसीमध्यगता मुनिन्द्राः / यजन्ति यज्ञैरभिसंधिहीनाः स्तुवन्ति रुद्रं प्रणमन्ति शंभुम्

Demeurant au cœur même de Vārāṇasī, les plus grands sages adorent le Seigneur, le Souverain suprême. Sans dessein caché, ils offrent des sacrifices, louent Rudra et se prosternent devant Śambhu.

Verse 29

नमो भवायामलयोगधाम्ने स्थाणुं प्रपद्ये गिरिशं पुराणम् / स्मरामि रुद्रं हृदये निविष्टं जाने महादेवमनेकरूपम्

Hommage à Bhava, demeure immaculée du Yoga ; je prends refuge en Sthāṇu, l’antique Girīśa, Seigneur de la Montagne. Je me souviens de Rudra, établi au cœur ; je reconnais Mahādeva comme l’Unique aux formes innombrables.

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Frequently Asked Questions

It presents the liṅga as the stainless, radiant form of Oṃ itself—both a sacred emblem and a metaphysical disclosure—where remembrance purifies sin and devotion culminates in entry into blissful light.

It is the fivefold sanctuary in which Mahādeva is manifest as the refuge of five deities (beginning with Brahmā) and as a liberating mode of worship tied to the meaning of Oṃ.

Kṛttivāseśvara, Madhyameśvara, Viśveśvara, Oṅkāra, and Kapardeśvara—stated to be truly known only through Śambhu’s grace.

The chapter emphasizes Īśvara as the inner presence (Sthāṇu within the heart) and the goal of final release; liberation is portrayed as entering radiant bliss through exclusive devotion and contemplative establishment in that inner Lord.