Adhyaya 13
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Adhyaya 13

अग्निनिचयः (Agninichaya) / The Accumulation of Sacred Fire & the Classification of Pitṛs by Time-Order

Le chapitre s’ouvre sur le récit de Sūta, qui situe l’enseignement dans le Svāyambhuva Manvantara : tandis que Brahmā engendre la descendance, apparaissent divers ordres d’êtres—humains, asuras et devas—puis les Pitṛs (ancêtres), qui considèrent Brahmā dans une relation de paternité (pitṛvat). Le texte récapitule brièvement leur origine et organise ensuite les Pitṛs selon une grille calendaire et cosmologique : les six saisons (ṛtu), à partir de Madhu, reçoivent le statut de Pitṛ‑devatā, appuyé par une formule de type śruti : « ṛtavaḥ pitaraḥ devāḥ ». Il distingue aussi des groupes nommés, tels Agniṣvātta et Barhiṣad, d’après leur compétence rituelle et leur lien aux rites du feu (ceux qui n’allument pas le feu sacré versus les accomplisseurs de l’agnihotra), reliant ainsi l’ontologie ancestrale à la taxinomie du yajña. Le chapitre énumère encore des paires de mois correspondant aux phases saisonnières (Madhu–Mādhava, Śuci–Śukra, Nabhas–Nabhasya, etc.) et explique “abhi‑mānin” comme des identités présidantes établies dans des lieux du temps : quinzaine, mois, saison, ayana et année. Dans l’ensemble, l’adhyāya transforme les catégories généalogiques en une carte rigoureuse du temps, unifiant création, classification rituelle et chronologie cosmique en un seul schéma.

Shlokas

Verse 1

इति श्रीब्रह्माण्डे महापुराणे वायुप्रोक्ते पूर्वभागे द्वितीये ऽनुषङ्गपादे अग्निनिचयो नाम द्वादशो ऽध्यायः सुत उवाच ब्रह्मणः सृजतः पुत्रान् पूर्वं स्वायंभुवेंऽतरे / गात्रेभ्यो जज्ञिरे तस्य मनुष्यासुरदेवताः

Ainsi, dans le Śrī Brahmāṇḍa Mahāpurāṇa, dans la partie antérieure enseignée par Vāyu, au second Anuṣaṅga-pāda, le douzième chapitre nommé « Agninicaya ». Sūta dit : au commencement du Manvantara de Svāyambhuva, tandis que Brahmā engendrait ses fils, de ses membres naquirent les hommes, les asura et les deva.

Verse 2

पितृवन्मन्यमानास्तं जज्ञिरे पितरो ऽपि च / तेषां निसर्गः प्रागुक्तः समासाच्छ्रुयतां पुनः

Le tenant pour un père, les Pitṛ aussi naquirent. Leur origine a été dite auparavant ; qu’on l’entende de nouveau, en bref.

Verse 3

देवासुरमनुष्यांश्च सृष्ट्वा ब्रह्माभ्यमन्यत / पितृवन्मन्यमाना वै जज्ञिरे ऽस्योपपक्षतः

Après avoir créé les deva, les asura et les hommes, Brahmā réfléchit ; et les Pitṛ, le tenant pour père, naquirent de son flanc.

Verse 4

मध्वादयः षडृतवः पितॄंस्तान्परिचक्षते / ऋतवः पितरो देवा इत्येषा वैदिकी श्रुतिः

Les six saisons, à commencer par Madhū, désignent ces Pitṛ. «Les saisons sont les Pitṛ, et les Pitṛ sont les deva» : telle est la śruti védique.

Verse 5

मन्वन्तरेषु सर्वेषु ह्यतीतानागतेषु वै / एते स्वायंभुवे पूर्वमुत्पन्नाश्चान्तरे शुभे

Dans tous les Manvantara, passés comme à venir, ceux-ci apparurent d’abord dans l’auspicieux Manvantara de Svāyambhuva.

Verse 6

अग्निष्वात्ता स्मृता नाम्ना तथा बर्हिषदश्च वै / अयज्वानस्तथा तेषामासन्ये गृहमेधिनः

Ils sont rappelés sous le nom d’Agniṣvātta, et aussi comme Barhiṣada ; et parmi eux se trouvaient d’autres qui n’accomplissaient pas le yajña, des gṛhamedhin, maîtres de maison.

Verse 7

अग्निष्वात्ता स्मृतास्ते वै पितरो नाहिताग्नयः / यज्वानस्तेषु ये त्वासन्पितरः सोमपीथिनः

Les Pitara dits Agniṣvātta sont ceux qui n’ont pas établi le feu sacré ; et parmi eux, ceux qui furent yajvān sont les Pitara buveurs de Soma.

Verse 8

स्मृता बर्हिषदस्ते वै पितर स्त्वग्निहोत्रिणः / ऋतवः पितरो देवाः शास्त्रे ऽस्मिन्निश्चयं गताः

Les Pitara nommés Barhiṣada sont ceux qui accomplissent l’agnihotra ; et dans ce śāstra il est établi avec certitude que les saisons sont des Pitara-deva.

Verse 9

मधुमाधवौ रसौ ज्ञेयौ शुचिशुक्रौ च शुष्मिणौ / नभाश्चैव नभस्यश्च जीवावेतापुदात्दृतौ

Madhu et Mādhava doivent être connus comme des essences de rasa ; Śuci et Śukra comme les vigoureux et resplendissants ; et Nabhā et Nabhasya — ces deux-là sont appelés « Jīva », de condition apudāt-dṛta.

Verse 10

इषश्चैव तथोर्जश्च स्वधावन्तावृदात्दृतौ / सहश्चैव सहस्यश्च घोरावेतापुदात्दृतौ

Iṣa et Ūrja — tous deux sont dits svadhāvant et de condition vṛdāt-dṛta ; Saha et Sahasya — tous deux sont dits ghora et de condition apudāt-dṛta.

Verse 11

तपाश्चैव तपस्यश्च मन्युमन्तौ तु शैशिरौ / कालावस्थासु षट्स्वेते मासाख्या वै व्यवस्थिताः

Tapa et Tapasya, ainsi que Manyumanta et Śaiśira : ces six noms de mois sont établis dans les six états du Temps.

Verse 12

इमे च ऋतवः प्रोक्ताश्चेतनाचेतनेषु वै / ऋतवो ब्रह्मणः पुत्रा विज्ञेयास्ते ऽभिमानिनः

On dit que ces saisons agissent dans le vivant comme dans l’inanimé ; les saisons sont des fils de Brahmā, à connaître comme des divinités ‘abhimānin’.

Verse 13

मासार्द्धमासस्थानेषु स्थानिनौ ऋतवो मताः / स्थानानां व्यतिरेकेण ज्ञेयाः स्थानागिमानिनः

Dans les positions du mois et du demi-mois, les saisons sont tenues pour des régentes établies ; selon la distinction des positions, elles sont dites ‘sthānābhimānin’.

Verse 14

अहोरात्राणि मासाश्च ऋतवश्चायनानि च / संवत्सराश्च स्थानानि कामाख्या ह्यभिमानिनाम्

Jour et nuit, mois, saisons, ayanas et années : tels sont les sièges des ‘abhimānin’, désignés sous le nom de ‘Kāma’.

Verse 15

एतेषु स्थानिनो ये तु कालावस्था व्यवस्थिताः / तत्सतत्त्वास्तदात्मानस्तान्वक्ष्यामि निबोधत

Les états du Temps établis en ces sièges sont d’une même essence et d’un même Soi ; je vais les exposer : écoutez avec recueillement.

Verse 16

पार्वण्यस्ति थयः संध्याः पक्षा मासार्द्धसंमिताः / निमेषाश्च कलाः कष्ठा मुहुर्त्ता दिवसाः क्षयाः

Les parva, les sandhyā, les quinzaines (pakṣa) et les demi-mois sont des mesures du temps. Le nimeṣa, la kalā, la kāṣṭhā, le muhūrta, le jour et le kṣaya relèvent aussi du comput du temps.

Verse 17

द्वावर्द्धमासौ मासस्तु द्वौ मासावृ तुरुच्यते / ऋतुत्रयं चाप्ययनं द्वे ऽयने दक्षिणोत्तरे

Deux demi-mois font un mois; deux mois sont appelés ṛtu (saison). Trois saisons forment un ayana; et il y a deux ayana, du sud et du nord.

Verse 18

संवत्सरः समेतश्च स्थानान्येतानि स्थानिनाम् / ऋतवस्तु निमेः पुत्रा विज्ञेयास्ते तथैव षट्

L’ensemble de tout cela est le saṃvatsara (l’année) : tels sont les domaines de ceux qui portent le temps. Les saisons (ṛtu) sont les fils de Nimi; on doit les connaître au nombre de six.

Verse 19

ऋतुपुत्राः स्मृताः पञ्च प्रजाः स्वार्तवलक्षणाः / यस्माच्चैवार्त्तवेभ्यस्तु जायन्ते स्थाणु जङ्गमाः

Des fils des saisons sont rappelées cinq sortes de créatures, portant la marque de l’ārtava, le rythme saisonnier. Car de ces ārtava naissent les êtres immobiles et les êtres mobiles.

Verse 20

आर्तवाः पितरस्तस्मादृतवश्च पितामहाः / समेतास्तु प्रसूयन्ते प्रजाश्चैव प्रजापतेः

Ainsi, les ārtava sont dits ‘pères’ et les saisons ‘aïeux’. Réunis, ils engendrent les créatures de Prajāpati.

Verse 21

तस्मात्स्मृतः प्रजानां वै वत्सरः प्रपितामहः / स्थानेषु स्थानिनो ह्येते स्थानात्मानः प्रकीर्त्तिताः

Ainsi, pour les créatures, le « Vatsara » est tenu pour le Prapitāmaha, l’ancêtre suprême. Eux, établis en leurs demeures propres, sont célébrés comme l’âme même des lieux.

Verse 22

तदाख्यास्तत्ससत्त्वाश्च तदात्मानश्च ते स्मृताः / प्रजापतिः स्मृतो यस्तु स तु संवत्सरो मतः

Ils sont rappelés par son nom, porteurs de son sattva et tenus pour sa propre essence. Celui qui est mémoré comme Prajāpati, c’est lui que l’on considère comme le Saṃvatsara.

Verse 23

संवत्सरसुतो ह्यग्नि ऋत इत्युच्यते बुधैः / ऋतात्तु ऋतवो यस्माज्जज्ञिरे ऋतवस्ततः

Agni, fils du Saṃvatsara, est nommé par les sages « Ṛta », l’ordre sacré. Et de ce Ṛta naquirent les saisons; c’est pourquoi on les appelle Ṛtavaḥ.

Verse 24

मासाः षडर्तवो ज्ञेयास्तेषां पञ्चर्तवाः स्मृताः / द्विपदां चतुष्पदां चैव पक्षिणां सर्वतामपि

Des mois, il faut connaître six saisons; et parmi elles, cinq sont tenues pour « ārtava », pour les bipèdes, les quadrupèdes et aussi pour les oiseaux, en toute leur variété.

Verse 25

स्थावराणां च पञ्चानां पुष्पं कालार्त्तवं स्मृतम् / ऋतुत्वमार्तवत्वं च पितृत्वं च प्रकीर्त्तितम्

Pour les cinq sortes d’êtres immobiles (sthāvara), la fleur est tenue pour « kāla-ārtava », le signe saisonnier du temps. Sont aussi proclamés ici : l’état de saison (ṛtutva), la qualité ārtava et la paternité (pitṛtva).

Verse 26

इत्येते पितरो ज्ञेया ऋतवश्चार्तवाश्च ये / सर्वभूतानि तेभ्यो यदृतुकालाद्विजज्ञिरे

Ainsi, ces Pitṛs doivent être reconnus comme les saisons et comme les ‘ārtava’ ; car de leur puissance naquirent tous les êtres, selon le temps des saisons.

Verse 27

तस्मादेते हि पितर आर्तवा इति नः श्रुतम् / मन्वन्तरेष्विह त्वेते स्थिताः कालभिमानिनः

C’est pourquoi nous avons entendu que ces Pitṛs sont appelés ‘ārtava’ ; au fil des manvantaras, ils demeurent ici, se tenant pour les régents du Kāla, le Temps.

Verse 28

कार्यकारणयुक्तास्तु ए श्वर्याद्व्याप्य संस्थिताः / स्थानाभिमानिनो ह्येते तिष्ठन्तीह प्रसंगमात्

Liés au rapport de cause et d’effet, établis en pénétrant tout de leur souveraineté; attachés à leur demeure, ils demeurent ici selon l’enchaînement des circonstances.

Verse 29

अग्निष्वात्ता बर्हिषदः पितरो विविधाः पुनः / जज्ञे स्वधापितृभ्यस्तु द्वे कन्ये लोकविश्रुते

Les Pitṛs nommés Agniṣvātta et Barhiṣad sont encore de diverses sortes ; et des Svadhā-Pitṛ naquirent deux jeunes filles renommées dans le monde.

Verse 30

मेना च धारणी चैव याभ्यां धतमिदं जगत् / ते उभे ब्रह्मवादिन्यौ योगिन्यौ चैव ते उभे

Ces deux-là—Menā et Dhāraṇī—par qui ce monde est soutenu ; toutes deux sont des brahmavādinī, et toutes deux sont aussi des yoginī.

Verse 31

पितरस्ते निजे कन्ये धर्मार्थं प्रददुः शुभे / अग्निष्वात्तास्तु ये प्रोक्तास्तेषां मेना तु मानसी

Ô jeune fille de bon augure ! Ces Pitṛs donnèrent leur propre fille pour l’accomplissement du dharma. Ceux qu’on nomme Agniṣvātta eurent Menā pour fille née de l’esprit.

Verse 32

धारणी मानसी चैव कन्या बर्हिषदां स्मृता / मेरोस्तां धारणीं नाम पत्न्यर्थं वा सृजन् घुभाम्

Dhāraṇī, fille née de l’esprit, est tenue pour la fille des Barhiṣad. Méru créa cette bienheureuse, nommée « Dhāraṇī », afin d’en faire son épouse.

Verse 33

पितरस्ते बर्हिषदः स्मृता ये सोमपायिनः / अग्निष्वात्तास्तु तां मेना पत्नी हिमवते ददुः

Les Pitṛs tenus pour des Barhiṣad, buveurs de Soma : ces mêmes Agniṣvātta donnèrent Menā à Himavān pour épouse.

Verse 34

उपहूता स्मृता ये वै तद्दौहित्रान्निबोधत / मेना हिमवतः पत्नी मैनाकं सा व्यजायत

Sachez quels sont les petits-fils de ceux qu’on nomme Upahūta. Menā, épouse d’Himavān, enfanta Maināka.

Verse 35

गङ्गां सरिद्वरां चैव पत्नी या लवणोदधेः / मैनाकस्या त्मजः क्रौचः क्रैञ्चद्वीपो यतः स्मृतः

Gaṅgā, la plus excellente des rivières, est aussi tenue pour l’épouse de l’Océan salé (Lavaṇodadhi). Le fils de Maināka est Krauca ; de lui vient le nom de Kraiñcadvīpa.

Verse 36

मेरोस्तु धारणी पत्नी दिव्यौषधिसमन्वितम् / मन्दरं सुषुवे पुत्रं तिस्रः कन्याश्च विश्रुताः

Dharanī, l’épouse de Meru, riche d’herbes médicinales divines, enfanta un fils nommé Mandara et trois filles de grande renommée.

Verse 37

वेलां च नियतिं चैव तृतीयां चायतिं विदुः / धातुश्चैवायतिः पत्नी विधातुर्नियतिः स्मृता

On les connaît sous les noms de Velā, Niyati et, en troisième, Ayati. Ayati est l’épouse de Dhātu, et Niyati est tenue pour l’épouse de Vidhātu.

Verse 38

स्वायं भुवेंऽतरे पूर्वं ययोर्वै कीर्त्तिताः प्रजाः / सुषुवे सागराद्वेला कन्यामेकामनिन्दिताम्

Avant le manvantara de Svāyambhuva, de ceux dont la descendance a déjà été célébrée, Velā enfanta de Sāgara une fille unique, sans reproche.

Verse 39

सवर्णां नाम सामुद्रीं पत्नीं प्राचीनबर्हिषः / सवर्णायां सुता जाता दश प्राचीनबर्हिषः

L’épouse de Prācīnabarhiṣ était la fille de l’océan, nommée Savarṇā. De Savarṇā naquirent dix fils de Prācīnabarhiṣ.

Verse 40

सर्वे प्रचेतसो नाम धनुर्वेदस्य पारगाः / तेषां स्वायंभुवो दक्षः पुत्रत्वं जग्मि वान्प्रभुः

Tous étaient connus sous le nom de Pracetas et maîtrisaient le Dhanurveda. Parmi eux, Dakṣa de Svāyambhuva, le Seigneur, advint en qualité de fils.

Verse 41

त्रयंबकस्याभिशापेन चाक्षुषस्यातरे मनोः / एतच्छुत्वा ततः सूतमपृच्छच्छांशपायनिः

Par la malédiction de Tryambaka, cela advint durant l’intervalle du Manu Cākṣuṣa. L’ayant entendu, Śāṃśapāyani interrogea alors le Sūta.

Verse 42

उत्पन्नः स कथं दक्षो ह्यभिशापाद्भवस्य तु / चाक्षुषस्यान्तरे पूर्वं तन्नः प्रब्रूहि पृच्छताम्

Comment Dakṣa naquit-il à cause de la malédiction de Bhava (Śiva) ? Dis-nous, à nous qui interrogeons, ce qui advint auparavant durant l’intervalle de Manu Cākṣuṣa.

Verse 43

इत्युक्तः कथयामास सूतो दक्षाश्रयां कथाम् / शांशपायनिमामन्त्र्य त्र्यंबकाच्छापकारणम्

Ainsi interpellé, le Sūta se mit à raconter le récit relatif à Dakṣa. S’adressant à Śāṃśapāyani, il exposa la cause de la malédiction de Tryambaka.

Verse 44

सूत उवाच दक्षस्यासन्सुता ह्यष्टौ कन्या याः कीर्त्तिता मया / स्वेभ्यो गृहेभ्य आनाय्य ताः पिताभ्यर्चयद्गृहे

Le Sūta dit : Dakṣa eut huit filles, que j’ai déjà mentionnées. Les ayant fait venir de leurs demeures, le père les honora et les vénéra dans sa maison.

Verse 45

ततस्त्वभ्यर्चिताः सर्वा न्यवसंस्ताः पितुर्गृहे / तासां ज्येष्ठा सती नाम पत्नी या त्र्यंबकस्य वै

Alors, toutes, après avoir été honorées, demeurèrent dans la maison du père. L’aînée se nommait Satī, et elle était véritablement l’épouse de Tryambaka (Śiva).

Verse 46

नाजुहावात्मजां तां वै दक्षो रुद्रमभिद्विषन् / अकरोत्संनतिं दक्षे न कदाचिन्महेश्वरः

Daksha, qui haïssait Rudra, n’invita point sa fille; et Maheshvara ne s’inclina jamais devant Daksha.

Verse 47

जामाता श्वशुरे तस्मिन्स्वभावात्तेजसि स्थितः / ततो ज्ञात्वा सती सर्वाः न्यवसंस्ताः पितुर्गृहे

Le gendre, devant ce beau-père, demeura par nature établi dans sa propre splendeur; l’ayant compris, Satī resta dans la maison de son père avec toutes ses sœurs.

Verse 48

जगाम साप्यनाहूता सती तत्स्व पितुर्गृहम् / ताभ्यो हीनां पिता चक्रे सत्याः पूजामसंमताम्

Bien que non invitée, Satī se rendit à la maison de son père; mais celui-ci fit pour elle un culte inférieur, indigne et non approuvé.

Verse 49

ततो ऽब्रवीत्सा पितरं देवी क्रोधादमर्षिता / यवीयसीभ्यो प्यधमां पूजां कृत्वा मम प्रभो

Alors la Déesse, outrée par la colère, dit à son père : «Ô seigneur, pourquoi m’as-tu accordé un culte inférieur, alors que même aux cadettes tu as donné un hommage meilleur ?»

Verse 50

असत्कृत्य पितर्मां त्वं कृतवानसि गर्हितम् / अहं ज्येष्ठा वरिष्ठा च त्वं मां सत्कर्तुमर्ह सि

Ô père ! En ne m’honorant pas, tu as commis un acte blâmable; je suis l’aînée et la plus digne, tu dois donc me rendre les honneurs.

Verse 51

एवमुक्तो ऽब्रवीदेनां दक्षः संरक्तलोचनः / त्वत्तः श्रेष्ठावरिष्ठाश्च पूज्या बालाः सुता मम

À ces mots, Daksha aux yeux rougis lui dit— «Mes filles sont plus éminentes que toi et dignes d’adoration»

Verse 52

तासां चैव तु भर्तार स्ते मे बहुमाताः सति / ब्रह्मिष्ठाः सुतपस्काश्च महायोगाः सुधार्मिकाः

Ô Sati, leurs époux aussi sont pour moi hautement vénérables : établis dans le Brahman, grands ascètes, mahāyogin et justes en dharma.

Verse 53

गुणैश्चैवाधिकाः श्लाघ्याः सर्वे ते त्र्यंबकात्सति / वसिष्ठो ऽत्रिः पुलस्त्यश्च ह्यङ्गिरा पुलहः क्रतुः

Ô Sati, tous surpassent Tryambaka en qualités et sont dignes d’éloge : Vasiṣṭha, Atri, Pulastya, Aṅgiras, Pulaha et Kratu.

Verse 54

भृगुर्मरीचिश्च तथा श्रैष्ठा जामातरो मम / यस्मान्मां स्पर्द्धते शर्वः सदा चैवावमन्यते

Bhṛgu et Marīci sont aussi mes gendres les plus éminents; car Śarva ne cesse de me défier et de me mépriser.

Verse 55

तेन त्वां न विभूषोमि प्रतिकूलो हि मे भवः / इत्युक्तवांस्तदा दक्षः संप्रमूढेन चेतसा

C’est pourquoi je ne te pare point; car Bhava m’est contraire— ainsi parla Daksha, l’esprit alors obscurci par l’égarement.

Verse 56

शापार्थमात्मनश्चैव ये चोक्ताः परमर्षयः / तथोक्ता पितरं सा वै क्रुद्धा देवीदम ब्रवीत्

Se souvenant du dessein de sa malédiction et des paroles des grands rishis, la Déesse, courroucée, parla ainsi à son père.

Verse 57

वाङ्मनः कर्मभिर्यस्माददुष्टां मां विगर्हसे / तस्मात्त्यजाम्यहमिमं देहं तात तवात्मजम्

Puisque par la parole, la pensée et l’acte tu blâmes celle qui est sans faute, alors, ô père, moi, ta fille, j’abandonne ce corps.

Verse 58

ततस्तेनावमानेन सती दुःखादमर्षिता / अब्रवीद्वचनं देवी नमस्कृत्य स्वयंभुवे

Par cet affront, Satī, accablée de peine et ne pouvant le supporter, parla; et la Déesse, après s’être inclinée devant Svayambhū, prononça ces paroles.

Verse 59

यत्राहमुपपद्ये च पुनर्देहेन भास्वता / तत्राप्यहमसंभूता संभूता धार्मिकादपि

Où que je renaisse avec un corps éclatant, là non plus je ne naîtrai pas de toi; je naîtrai d’un homme juste, établi dans le dharma.

Verse 60

गच्छेयं धर्मपत्नीत्वं त्र्यंबकस्यैव धीमतः / तत्रैवाथ समासीना युक्तात्मानं समादधे

Je deviendrai l’épouse selon le dharma du sage Tryambaka (Śiva) ; ainsi résolue, la Déesse s’assit là même et recueillit son âme dans le yoga.

Verse 61

धारयामास चाग्नेयीं धारणां मनसात्मनः / तत आत्मसमुत्थो ऽस्या वायुना समुदीरितः / सर्वागेभ्यो विनिःसृत्य वह्निस्तां भस्मसात्करोत्

Elle maintint en son esprit la dhāraṇā du Feu. Alors le feu, né de son propre être et attisé par le vent, jaillit de tous ses membres et la réduisit en cendres.

Verse 62

तदुपश्रुत्य निधनं सत्या देवो ऽथ शूलभृत् / संवादं च तयोर्बुद्धा याथातथ्येन शङ्करः / दक्षस्य च ऋषीणां च चुकोप भगवान्प्रभुः

Ayant appris la mort de Satī et saisi fidèlement l’entretien des deux, le dieu Śaṅkara, porteur du trident—le Seigneur—s’emporta contre Dakṣa et les ṛṣi.

Verse 63

रुद्र उवाच सर्वेषामेव लोकानां भूर्लोकस्त्वादिरुच्यते / तं सदा धारयिष्यामि निदेशात्परमेष्ठिनः

Rudra dit : Parmi tous les mondes, Bhūrloka est appelé le premier. Sur l’ordre de Parameṣṭhin, je le soutiendrai à jamais.

Verse 64

अस्यां क्षितौ धृता लोकाः सर्वे तिष्ठन्ति भास्वराः / तानहं धारया मीह सततं च तदाज्ञया

Sur cette terre, tous les mondes, ainsi portés, demeurent resplendissants. Par Son ordre, je les soutiens ici sans relâche.

Verse 65

चातुर्वर्ण्यं हि देवानां ते चाप्येकत्र भुञ्जते / नाहं तैः सह भोक्षये वै ततो दास्यन्ति ते पृथक्

Même parmi les dieux il existe le cāturvarṇya, et ils mangent ensemble. Moi, je ne mangerai pas avec eux ; dès lors ils m’offriront à part.

Verse 66

यस्मादवमता दक्ष मत्कृते ऽनागसा सती / प्रशस्ताश्चेतराः सर्वाः स्वसुता भर्तृभिः सह

Ô Daksha ! À cause de moi tu as méprisé Sati, sans faute; que toutes tes filles, avec leurs époux, soient louées et reçoivent l’auspice, et les autres aussi.

Verse 67

तस्मा द्वैवस्वते प्राप्ते पुनरेते महर्षयः / उत्पत्स्यन्ते द्वितीये वै मम यज्ञ ह्ययोनिचाः

Ainsi, lorsque viendra le manvantara de Dvaivasvata, ces grands rishis renaîtront; dans mon second yajña, ils se manifesteront comme ayonicā, nés sans matrice.

Verse 68

हुते वै ब्रह्मणा शुक्रे चाक्षुषस्यातरे मनोः / अभिव्याहृत्य सर्वांस्तान् दक्षं चैवाशपत्पुनः

Dans l’intervalle du Manu Cākṣuṣa, au temps de Śukra, Brahmā accomplit l’homa; après avoir prononcé leurs noms à tous, il maudit de nouveau Daksha.

Verse 69

भविता मानुषो राजा चाक्षुषस्य त्वमन्वये / प्राचीनबर्हिषः पौत्रः पुत्रश्चैव प्रचे तसाम्

Tu deviendras un roi des hommes dans la lignée de Manu Cākṣuṣa; petit-fils de Prācīnabarhiṣ et aussi fils des Pracetas.

Verse 70

दक्ष एवेह नाम्ना तु मारिषायां जनिष्यसि / कन्यायां शाखिनां त्वं वै प्राप्ते वैवस्वतेंऽतरे

Ici tu naîtras sous le nom même de « Daksha » du sein de Māriṣā; dans l’intervalle du manvantara de Vaivasvata, tu naîtras de la fille des Śākhin.

Verse 71

विघ्नं तत्रा प्यहं तुभ्यमाचरिष्यामि दुर्मते / धर्म्मयुक्ते च ते कार्ये एकस्मिंस्तु दुरासदे

Ô esprit égaré ! Même là, je susciterai pour toi des obstacles ; et ton unique œuvre conforme au dharma deviendra extrêmement difficile à accomplir.

Verse 72

सुत उवाच तदुपश्रुत्य दक्षस्तु रुद्रं सो ऽभ्य शपत्पुनः / यस्मात्त्वं मत्कृते ऽनिष्टमृषीणां कृतवानसि / तस्मात्सार्द्धं सुरैर्यज्ञे न त्वां यक्ष्यन्ति वै द्विजाः

Suta dit : l’ayant entendu, Daksha maudit de nouveau Rudra : «Puisque, à cause de moi, tu as causé du tort aux rishis, lors du yajña, même avec les devas, les dvijas ne t’offriront pas le sacrifice.»

Verse 73

हुत्वाऽहुतिं तव क्रूर ह्यपः स्प्रक्ष्यन्ति कर्मसु / इहैव वत्स्यसि तथा दिवं हित्वा युगक्षयात्

Ô cruel ! Après que ton oblation aura été offerte, dans les rites l’eau la touchera ; et jusqu’à la fin du yuga, délaissant le ciel, tu demeureras ici même.

Verse 74

ततो देवैःस तैः सार्द्धं नेज्यते पृथसिज्यते / ततो ऽभिव्याहृतो दक्षो रुद्रेणामिततेजसा

Alors il n’est pas honoré avec ces devas, mais honoré à part ; puis Rudra, à l’éclat sans mesure, adressa sa réponse à Daksha.

Verse 75

स्वायंभुवीं तनुं त्यक्त्वा उत्पन्नो मानुषेष्विह

Ayant quitté le corps de Svayambhuva, il naquit ici parmi les humains.

Verse 76

ज्ञात्वा गृहपतिर्दक्षो यज्ञाना मीश्वरं प्रभुम् / समस्तेनेह यज्ञेन सो ऽयजद्दैवतैः सह

Ayant reconnu que le Seigneur est le Maître souverain de tous les sacrifices, Daksha, chef de maison, accomplit ici le sacrifice total en compagnie des dieux.

Verse 77

अथ देवी सती या तु प्राप्ते वैवस्वतेंऽतरे / मेनायां तामुमां देवीं जनयामास शैलराट्

Puis, lorsque survint le manvantara de Vaivasvata, la déesse qui était Satī naquit comme la déesse Umā dans le sein de Menā, engendrée par le roi des montagnes.

Verse 78

या तु देवी सती पूर्वमासीत्पश्चादुमाभवत् / सदा पत्नी भवस्यैषा न तया मुच्यते भवः

La déesse qui fut jadis Satī devint ensuite Umā; elle est à jamais l’épouse de Bhava (Śiva), et Bhava ne s’en détache jamais.

Verse 79

मरीचं कश्यपं देवी यथादितिरनुव्रता / यथा नारायणं श्रीश्च मघवतं शची यथा

De même qu’Aditi est fidèle à Marīci et à Kaśyapa, de même que Śrī demeure unie à Nārāyaṇa, ainsi Śacī demeure fidèle à Maghavat (Indra).

Verse 80

विष्णुं कीर्ती रुषा मूर्यं वसिष्ठं चाप्यरुन्धती / नैतास्तु विजहत्येतान् भर्तॄन् देव्यः कदाचन

Kīrti auprès de Viṣṇu, Ruṣā auprès de Mūrya, et Arundhatī auprès de Vasiṣṭha : ces déesses n’abandonnent jamais leurs époux.

Verse 81

आवर्तमानाः कल्पेषु जायन्ते तैः पुनः सह / एवं प्राचेतसो दक्षो जज्ञे वै चाक्षुषेंऽतरे

Ils reviennent d’un kalpa à l’autre et renaissent de nouveau avec eux. Ainsi naquit Dakṣa, issu de Prācetas, durant le Manvantara de Cākṣuṣa.

Verse 82

दशभ्यस्तु प्रचेतोभ्यो मारिषायां पुनर्नृपः / जज्ञे तदाभिशापेन द्वितीय इति नः श्रुतम्

Des dix Prācetas, dans le sein de Māriṣā, ce roi naquit de nouveau ; à cause de la malédiction d’alors, on l’appela « le second », ainsi l’avons-nous entendu.

Verse 83

भृगवादयश्च ये सप्त जज्ञिरे च महर्षयः / आद्ये त्रेतायुगे पूर्वं मनोर्वैवस्वतस्य च

Les sept grands ṛṣi, à commencer par Bhṛgu, naquirent eux aussi : au premier Tretāyuga, avant Manu Vaivasvata.

Verse 84

देवस्य महतो यज्ञे वारुणीं बिभ्रतस्तनुम् / इत्येषो ऽनुशयो ह्यासीत्तयोर्जात्यन्तरानुगः

Dans le grand sacrifice du Dieu suprême, (l’un) revêtit un corps de forme Vāruṇī ; tel fut l’anuśaya, l’empreinte latente, qui suivit tous deux à travers d’autres naissances.

Verse 85

प्रजापतेश्च दक्षस्य त्र्यबकस्य च धीमतः / तस्मान्नानुशयः कार्यो वैरेष्विह कदाचन

Prajāpati Dakṣa et Tryambaka (Śiva) sont tous deux des sages ; aussi, en ce monde, ne faut‑il jamais nourrir d’anuśaya, rancœur latente, dans les inimitiés.

Verse 86

जात्यन्तरगतस्यापि भवितस्य शुभाशुभैः / ख्यातिं न मुञ्चते जन्तुस्तन्न कार्यं विपश्चिता

Même né dans une autre caste, sous l’effet des actes bons et mauvais, l’être ne renonce pas à sa renommée; ainsi le sage ne doit pas agir ainsi.

Verse 87

इत्येषा समनुक्रान्ता कथा पापप्रमोचनी / या दक्षमधिकृत्येह त्वया पूर्वं प्रचौदिता

Ainsi s’achève, résumée, cette histoire qui efface les fautes, concernant ici Daksha, que tu avais jadis sollicitée par ta question.

Verse 88

पितृवंशप्रसंगेन कथा ह्येषा प्रकीर्त्तिता / पितॄणामानुपूर्व्येण देवान्वक्ष्याम्यतः परम्

Cette histoire a été proclamée à l’occasion de la lignée des Pitri; désormais, je décrirai les dieux selon l’ordre successif des Pitri.

Verse 89

त्रेतायुगमुखे पूर्वमासन्स्वायंभुवेंऽतरे / देवायामा इति ख्याताः पूर्वं ये यज्ञसूनवः

Autrefois, au seuil du Tréta-yuga, dans le Manvantara de Svayambhuva, ceux qui étaient auparavant les fils de Yajña furent connus sous le nom de « Devayāma ».

Verse 90

प्रथिता ब्रह्मणः पुत्रा अजत्वादजितास्तु ते / पुत्राः स्वायंभुवस्यैते शक्ता नाम तु मानसाः

Ils étaient les fils illustres de Brahmā; étant « aja » (non-nés), on les appela « Ajita ». Ce sont les fils nés de la pensée de Svāyambhuva, nommés « Shakta ».

Verse 91

तेषां यतो गणा ह्येते देवानां तु त्रयः स्मृताः / छन्दजास्तु त्रयस्त्रिंशत्सर्गे स्वायंभुवस्य ह

D’eux sont issus ces groupes; et l’on se souvient de trois classes de dieux. Dans la création de Svāyambhuva Manu, les dieux nés des Chandas sont au nombre de trente-trois.

Verse 92

यदुर्ययातिर्देवौ द्वौ वीवधस्रासतो मतिः / विभासश्च क्रतुश्चैव प्रयातिर्विश्रुतो द्युतिः

Yadu et Yayāti—deux dieux; ainsi que Vīvadhasrāsa et Mati. Vibhāsa et Kratu, et encore Prayāti : des divinités au rayonnement renommé.

Verse 93

वायव्यः संयमश्चैव यामा द्वादश कीर्त्तिताः / असमश्चोग्रदृष्टिश्च सुनयो ऽथ शुचिश्रवाः

Vāyavya et Saṃyama sont célébrés parmi les douze dieux nommés Yāmā. On y compte aussi Asama, Ogradṛṣṭi, Sunaya et Śuciśravā.

Verse 94

केवलो विश्वरूपश्च सुदक्षो मधुपस्तथा / तुरीय इद्रयुक्चैव युक्तो ग्रावजितस्तु वै

Kevala, Viśvarūpa, Sudakṣa et Madhupa; ainsi que Turīya, Idrayuk, Yukta et Grāvajit : tels sont aussi les noms cités parmi les dieux.

Verse 95

चनिमा विश्वदेवा च जविष्ठो मितवानपि / जरो विभुर्विभावश्च स ऋचीको ऽथ दुर्दिहः

Canimā et Viśvadevā; ainsi que Javiṣṭha et Mitavān. Jaro, Vibhu, Vibhāva, Ṛcīko et Durdiha : eux aussi sont nommés comme des dieux.

Verse 96

श्रुतिर्गृणानो ऽथ बृहच्छुक्रा द्वादश कीर्त्तिताः / आसन्स्वायंभुवस्यैते चान्तरे सोमपायिनः

Śruti, Gṛṇāna et Bṛhacchukra : ils sont célébrés au nombre de douze. Dans le Manvantara de Svāyambhuva, tous étaient buveurs du Soma.

Verse 97

दीप्तिमन्तो गणा ह्येते वीर्यवन्तो महाबलाः / तेषामिन्द्रस्तद्दा ह्यासीत्प्रथमे विश्वभुक्त प्रभुः

Ces troupes étaient éclatantes, vaillantes et d’une grande puissance. Alors, Indra était le premier parmi eux : le Seigneur qui jouit de l’univers.

Verse 98

असुरा ये तदा तेषामासन् दायादबान्धवाः / सुपर्णयक्षगन्धर्वाः पिशाचोरगराक्षसाः

Les Asura d’alors étaient leurs cohéritiers, mais non leurs proches. Il y avait aussi les Suparṇa, Yakṣa, Gandharva, Piśāca, Ura ga et Rākṣasa.

Verse 99

अष्टौ ताः पितृभिः सार्द्धमासन्या देवयोनयः / स्वायंभुवेन्तरे ऽतीताः प्रजास्तासां महस्रशः

Ces huit lignées d’origine divine, avec les Pitṛ, formaient un autre ordre. Dans le Manvantara de Svāyambhuva, elles ont passé; leurs créatures furent des milliers innombrables.

Verse 100

प्रभावरूपसंपन्ना आयुषा च बलेन च / विस्तरादिह नोच्यन्ते माप्रसंगो भवेदिह

Ils étaient comblés d’éclat et de beauté, ainsi que de longévité et de force. Ici, on ne les décrit pas en détail, afin que le propos ne s’étende pas.

Verse 101

स्वायंभुवो विसर्गस्तु विज्ञेयः सांप्रतेन ह / अतीतो वर्तमानेन दृष्टो वैवस्वते न सः

L’émanation créatrice de Svāyambhuva doit être comprise à partir du temps présent ; dans le manvantara de Vaivasvata, elle n’est pas vue par les êtres d’aujourd’hui, car elle est révolue.

Verse 102

प्रजाभिर्देवाताभिश्च ऋषिभिः पितृभिः सह / तेषां सर्पर्षयः पूर्वमासन्ये तान्निबोधत

Avec les créatures, les dieux, les ṛṣi et les Pitṛ ; avant eux se tenaient les sages-serpents : écoutez et comprenez leur récit.

Verse 103

भृग्वं गिरा मरीचिश्च पुलस्त्यः पुलहः क्रतुः / अत्रिश्चैव वसिष्ठस्च सप्त स्वायंभुवे ऽतरे

Bhṛgu, Aṅgiras, Marīci, Pulastya, Pulaha, Kratu, Atri et Vasiṣṭha : tels sont les sept ṛṣi du manvantara de Svāyambhuva.

Verse 104

आग्नीध्रश्चाग्निबाहुश्च मोधा मेधातिथिर् वसुः / ज्योतिष्मान् द्युतिमान्हव्यः सवनः सत्त्र एव च

Āgnīdhra, Agnibāhu, Modhā, Medhātithi, Vasu, Jyotiṣmān, Dyutimān, Havya, Savana et Sattra : tels sont d’autres noms éminents.

Verse 105

मनोः स्वायंभुवस्यैते दश पुत्रा महौजसः / वायुवेगा महासत्त्वा राजानः प्रथमेंऽतरे

Ces dix fils de Manu Svāyambhuva étaient d’une grande vigueur ; rapides comme le vent, d’une puissance immense : dans le premier manvantara, ils furent rois.

Verse 106

सासुरं तत्सुगन्धर्वं सयक्षोरगराक्षसम् / सपिशाचमनुष्यञ्च ससुपर्णाप्सरोगणम्

S’y trouvaient les dieux, les Gandharvas, les Yakshas, les Nāgas et les Rākshasas, ainsi que les Piśācas et les hommes, avec les Suparṇas et les troupes d’Apsaras.

Verse 107

नशक्यमानु पूर्व्येण वक्तुं वर्षशतैरपि / बहुत्वान्नामधेयानां संख्या तेषां कुतः कुले

Selon la manière des anciens, même en des centaines d’années on ne pourrait tout dire; tant les noms sont innombrables, comment compter leurs lignées ?

Verse 108

या वै प्रजा युगाख्यास्तु आसन्स्वायंभुवेंऽतरे / कालेन महतातीता अयनाब्दयुगक्रमैः

Les créatures connues sous des noms de yuga dans le Manvantara de Svayambhuva ont déjà passé dans le courant du Grand Temps, selon la suite des ayana, des années et des yugas.

Verse 109

ऋषय ऊचुः क एष भगवान् कालः सर्वभूतापहारकः / कस्य योनिः किमादिश्च किं सतत्त्वः किमात्मकः

Les rishis dirent : « Qui est ce Bhagavān, le Temps, ravisseur de tous les êtres ? De qui est-il issu, quel est son commencement, quel est son tattva, et quelle est sa nature intime ? »

Verse 110

किमस्य चक्षुः का मूर्तिः के वा अवयवाः स्मृताः / किं नामधेयं को ऽस्यात्मा एप्तत्त्वं ब्रूहि तत्त्वतः

Quel est son œil, quelle est sa forme (mūrti), et quels membres lui sont attribués par la Smriti ? Quel est son nom, quel est son ātman ? Dis-nous cette vérité telle qu’elle est, en son essence.

Verse 111

सूत उवाच श्रूयता कालसद्भावः श्रुत्वा चैवावधार्यताम् / सूर्ययोनिर्निमेषादिः संख्याचक्षुः स उच्यते

Sūta dit : Écoutez la vraie nature du Temps (Kāla) ; après l’avoir entendue, gardez-la en votre cœur. Né du Soleil, d’où procèdent le nimeṣa et les autres mesures, il est appelé « l’œil du dénombrement ».

Verse 112

मूर्तिरस्य त्वहो रात्रो निमेषावयवश्च सः / संवत्सरः सतत्त्वश्च नाम चास्य कलात्मकः

Sa forme est le jour et la nuit, et le nimeṣa et autres mesures sont ses membres. Il est lui-même la réalité sous la forme du saṃvatsara (l’année), et son nom est aussi dit « kalātmaka », composé de parts du temps.

Verse 113

साम्प्रतानागतातीतकालात्मा स प्रजापतिः / पञ्चधा प्रविभक्तां तु कालावस्थां निबोधत

Ce Prajāpati est l’âme du temps présent, du temps à venir et du temps passé. Maintenant, comprenez l’état du Temps, réparti en cinq formes.

Verse 114

दिवसार्द्धमासमासैश्च ऋतुभिस्त्वयनैस्तथा / संवत्सरस्तु प्रथमो द्वितीयः परिवत्सरः

Dans l’ordre du jour, du demi-jour, du mois et du sous-mois, des saisons (ṛtu) et des ayana—le premier est nommé « saṃvatsara » et le second « parivatsara ».

Verse 115

इड्रवत्सरस्तृतीयश्च चतुर्थश्चानुवत्सरः / पञ्चमो वत्सरस्तेषां कालःस युगसज्ञितः

Le troisième est « idravatsara » et le quatrième « anuvatsara ». Le cinquième est « vatsara » ; le temps qui les englobe est connu sous le nom de « yuga ».

Verse 116

तेषां तत्त्वं प्रवक्ष्यामि कीर्त्यमानं निबोधत / क्रतुरग्निस्तु यः प्रोक्तः स तु संवत्सरो मतः

Je vais dire leur essence; comprenez ce qui est chanté en louange. Celui qu’on nomme « Kratu-Agni » est tenu pour « Samvatsara », l’Année sacrée.

Verse 117

आदितेयस्त्वसौ सूर्यः कालाग्निः परिवत्सरः / शुक्लकृष्णगतिश्चापि अपां सारमयः खगः

Ce Soleil est fils d’Aditi; « Kāla-Agni » est le Parivatsara. Sa marche suit la moitié claire et la moitié sombre, et il est tel un oiseau formé de l’essence des eaux.

Verse 118

स इडावत्सरः सोमः पुराणे निश्चयं गतः / यश्चायं पवते लोकांस्तनुभिः सप्तसप्तभिः

Ce Soma est l’Idavatsara; telle est la certitude du Purana. Et il purifie les mondes par ses sept fois sept formes corporelles.

Verse 119

अनुवाता च लोकस्य स वायुरनुवत्सरः / अहङ्कारादुदग्रुद्रः संभूतो ब्रह्मणास्तु यः

Le souffle qui accompagne le monde, c’est lui; ce Vayu est nommé Anuvatsara. Et c’est aussi le Rudra farouche, né de Brahma à partir de l’ahamkara (l’ego).

Verse 120

स रुद्रो वत्सर स्तेषां विज्ञेयो नीललोहितः / सतत्त्वं तस्य वक्ष्यमि कीर्त्यमानं निबोधत

Parmi eux, ce Rudra doit être connu comme Vatsara; sachez qu’il est Nilalohita. Je dirai son essence; comprenez ce qui est chanté en louange.

Verse 121

अङ्गप्रत्यङ्गसंयोगात्कालात्मा प्रतितामहः / ऋक्सामयजुषां योनिः पञ्चानां पतिरीश्वरः

Par l’union des membres et des sous-membres, Il est l’Âme du Temps, le suprême Pitāmaha; Il est la source des Ṛk, Sāma et Yajus, et l’Īśvara, maître des cinq.

Verse 122

सो ऽग्निर्यमश्च कालश्च संभूतिः स प्रजापतिः / प्रोक्तः संवत्सरश्चेति सूर्य चोनिर्मनीषिभिः

Lui-même est Agni, est Yama et est Kāla; Il est Saṃbhūti, Il est Prajāpati. Les sages l’ont aussi nommé Saṃvatsara et ‘matrice du Soleil’.

Verse 123

यस्मात्कालविभागानां मासर्त्वयनयोरपि / ग्रहनक्षत्रशीतोष्णवर्षायुः कर्मणां तथा

De Lui procèdent les divisions du temps—mois, saisons et ayana—ainsi que planètes et constellations, froid et chaleur, pluie, durée de vie et l’ordonnance des actes karmiques.

Verse 124

योनिः स प्रविभागानां दिवसानां च भास्करः / वैकारिकः प्रसन्नात्मा ब्रह्मपुत्रः प्रजापतिः

Il est la matrice de ces divisions et le Bhāskara des jours; Il est Vaikārika, à l’âme paisible, Prajāpati, fils de Brahmā.

Verse 125

एको नैको ऽथ दिवसो मासो ऽथर्तुः पितामहः / आदित्यः सविता भानुर्जीवनो ब्रह्मसत्कृतः

Il est Un et pourtant multiple; Il est le Pitāmaha du jour, du mois et des saisons. Il est Āditya, Savitā, Bhānu—donneur de vie—honoré par Brahmā.

Verse 126

प्रभवश्चाव्ययश्चैव भूतानां तेन भास्करः / ताराभिमानी विज्ञेयो द्वितीयः परिवत्सरः

Bhāskara est pour tous les êtres à la fois source et impérissable; reconnu comme seigneur des étoiles, il est le second Parivatsara.

Verse 127

सोमः सर्वौंषधिपतिर्यस्मात्स प्रपितामहः / आजीवः सर्वभूतानां योगक्षेमकृदीश्वरः

Soma est le maître de toutes les plantes médicinales; c’est pourquoi on le nomme Prapitāmaha. Il est la subsistance de tous les êtres, le Seigneur qui assure yoga et sécurité.

Verse 128

आवेक्षमाणः सततं बिभर्ति जगदंशुभिः / तिथीनां पर्वसंधीनां पूर्णिमादर्शयोरपि

Le regard toujours posé, il soutient le monde par ses rayons; ainsi les tithi, les jonctions des fêtes, et la pleine lune comme la nouvelle lune.

Verse 129

योनिर्निशाकरो यश्च अमृतात्मा प्रजापतिः / तस्मात्स पितृमान्सोमः स्मृत इङ्वत्सरात्मकः

Celui qui est yoni, Niśākara et Prajāpati à l’âme d’ambroisie; ainsi Soma, lié aux Pitṛ, est mémorisé comme la forme de l’Iṅvatsara.

Verse 130

प्राणापानसमानाद्यैर्व्यानोदानात्मकैरपि / कर्मभिः प्राणिनां लोके सर्वचेष्टाप्रवर्तकः

Par prāṇa, apāna, samāna, et aussi par vyāna et udāna, il met en mouvement, dans le monde, toutes les actions des êtres vivants.

Verse 131

पञ्चानां चेन्द्रियमनोर्बुद्धिस्मृतिबलात्मनाम् / समानकालकरणक्रियाः संपादयन्नपि

Même en accomplissant d’un seul temps les actes des cinq—sens, mental, intelligence, mémoire, force et ātman—Il les mène à perfection.

Verse 132

सर्वात्मा सर्वलोकेश आवहप्रवहादिभिः / वर्त्तते चोपकारैर्यस्तनुभिः सप्तसप्तभिः

Lui, Âme de tout et Seigneur de tous les mondes, agit par des bienfaits tels qu’āvaha et pravaha, se déployant en sept fois sept formes.

Verse 133

विधाता सर्वभूतानाङ्क्षेमी नित्यं प्रभञ्जनः / योनिरग्नेरपां भूमे रवेश्चन्द्रमसश्चयः

Il est Vidhātā, garant du bien de tous les êtres, Prabhañjana éternel; il est aussi la matrice causale du feu, des eaux, de la terre, du soleil et de la lune.

Verse 134

वायुः प्रजापतिर्भूतो लोकात्मा प्रपितामहः / अहोरात्रकरस्तस्मात्स वायुरनुवत्सरः

Vāyu, devenu Prajāpati, est l’âme du monde, l’aïeul primordial; il fait naître le jour et la nuit, c’est pourquoi Vāyu est nommé Anuvatsara.

Verse 135

एते प्रजानां पतयश्चत्वार उपपक्षजाः / पितरः सर्वलोकानां लोकात्मानः प्रकीर्त्तिताः

Ces quatre Prajāpati nés de la branche secondaire sont les seigneurs des créatures; ils sont célébrés comme les Pitṛ de tous les mondes et comme âmes du monde.

Verse 136

ध्यायतो ब्रह्माणो वक्त्रादुदन्समभवद्भवः / ऋषिर्विप्रा महादेवो भूतात्मा प्रपितामहः

Tandis que Brahmā méditait, de sa bouche surgit Bhava : Ṛṣi et vipra, Mahādeva, l’Âme de tous les êtres et le Prapitāmaha, l’aïeul suprême.

Verse 137

ईश्वरः सर्वभूतानां प्रणवो यो ऽथपठ्यते / आत्मावेशेन भूतानामङ्गप्रत्यङ्गसंभवः

Celui qui est le Seigneur de tous les êtres est récité comme le Praṇava ; par l’imprégnation de son Soi, il fait naître les membres et sous-membres des créatures.

Verse 138

उन्मादको ऽनुग्रहकृद्रुद्रो वत्सर उच्यते / सूर्य्यश्च चन्द्रमाश्चाग्निर्वायू रुद्रस्तथैव च

Rudra, celui qui bouleverse et celui qui accorde la grâce, est appelé Vatsara ; et le Soleil, la Lune, le Feu et le Vent—eux aussi sont Rudra.

Verse 139

युगाभिमानी कालात्मा नित्यं संक्षयकृद्विभुः / रुद्रः प्रविष्टो भगवाञ्जगत्यस्मिन्स्वतेजसा

Maître des âges, essence du Temps, destructeur incessant : le Bhagavān Rudra, l’Omnipotent, a pénétré ce monde par sa propre splendeur.

Verse 140

आश्रयान्मयि संयोगात्तनुभिर्नाममिस्तथा / ततस्तस्य तु वीर्येण लोकानुग्रहकारकम्

En prenant appui en moi et par l’union avec moi, il revêt des noms selon ses multiples corps ; puis, par sa vīrya, s’accomplit l’œuvre qui accorde la grâce aux mondes.

Verse 141

देवत्वं च पितृत्वं च कालत्वं चास्य यत्परम् / तस्माद्वै सर्वथा रुद्रस्तद्विद्वद्भिरभीज्यते

Parce qu’en Lui se trouvent la divinité suprême, la paternité et la nature du Temps, Rudra est en toute manière adoré par les sages.

Verse 142

यतः पतिः स भगवान् प्रजेशानां प्रजापतिः / भावनः सर्वभूतानां सर्वात्मा नीललोहितः

Il est le Bhagavān, époux des Prajeśa et Prajāpati; soutien de tous les êtres, Âme universelle, Nīlalohita (Bleu-Rouge).

Verse 143

औषधीः प्रतिसंधत्ते रुद्रः क्षीणाः पुनःपुनः / प्रजापतिमुखैर्देवैः सम्यगिष्टफलार्थिभिः

Rudra rétablit sans cesse les plantes médicinales épuisées; les dieux, menés par Prajāpati, l’adorent selon le rite, désirant le fruit du sacrifice.

Verse 144

त्रिभिरेव कपालैश्च त्रयंबकैरौषधिक्षये / इज्यते भगवान् यस्मात्तस्मार्त्र्यंबक उच्यते

Quand les plantes s’épuisent, le Bhagavān est honoré par les Tryambaka avec trois crânes; c’est pourquoi on l’appelle « Tryambaka ».

Verse 145

गायत्री चैव त्रिष्टुप्च जगती चैव याः स्मृताः / त्र्यंबका नामतः प्रेम्णा योनयस्ता वनस्पतेः

Gāyatrī, Triṣṭup et Jagatī—les mètres dont on se souvient—sont appelés avec amour « Tryambakā »; ils sont les matrices (origines) des végétaux.

Verse 146

ताभिरेकत्वभूताभिस्त्रिविधाभिः स्ववीर्यतः / त्रिसाधनः पुरोडाशस्त्रिकपालः स वै स्मृतः

Par ces trois puissances, diverses mais devenues une, et par sa propre vigueur, cette offrande de puroḍāśa est tenue pour « aux trois moyens » et « aux trois coupes ».

Verse 147

त्र्यंबकः स पुरोडाशस्तेनैष त्र्यंबकः स्मृतः / इत्येतत्पञ्चवर्षं हि युगं प्रोक्तं मनीषिभिः

Cette offrande de puroḍāśa est « Tryambaka » ; c’est pourquoi elle est tenue pour Tryambaka. Ainsi les sages ont enseigné qu’un yuga est de cinq années.

Verse 148

यश्चैष पञ्चधात्मा वै प्रोक्तः संवत्सरो द्विजैः / सैकः षट्को विजज्ञे ऽथ मध्वादिऋतुसंज्ञकः

Le saṃvatsara que les dvija ont dit « à cinq aspects », tout en étant un, fut ensuite reconnu comme six saisons, nommées Madhu et ainsi de suite.

Verse 149

ऋतुपुत्रार्त्तवाः पञ्च इति सर्गः समासतः / इत्येष बहुमानो वै प्राणिना जीवितानि च / नदीवेग इवासक्तः कालो धावति संहरन्

« Fils des saisons » et « ārtava » : ils sont cinq ; telle est, en bref, cette émanation. Ainsi le Temps, tel l’élan d’un fleuve, s’élance et emporte les vies des êtres.

Verse 150

एतेषां यदपत्यं वै तदशक्यं प्रमाणतः / बहुत्वात्परिसंख्यातुं पुत्र पौत्रमनन्तकम्

Leur descendance ne peut être établie avec une juste mesure ; tant elle est nombreuse, on ne saurait dénombrer fils, petits-fils et lignée sans fin.

Verse 151

इमं वंशं प्रजेशानां महतः पुण्यकर्मणाम् / कीर्त्तयन्पुण्यकीर्त्तीनां महतीं सिद्धिमाप्नुयात्

Celui qui récite cette lignée des Prajapati, grands par leurs actes méritoires, et chante la sainte renommée des vertueux, obtient une grande siddhi.

Frequently Asked Questions

Rather than a royal Solar/Lunar dynastic vamśa, this chapter catalogs an ancestral-cosmological lineage: the Pitṛ orders arising in Brahmā’s creation, especially the named classes Agniṣvātta and Barhiṣad, defined through their ritual status and relationship to sacred fire.

No bhuvana-distance measures dominate the sampled material; the chapter’s ‘technical data’ is calendrical-astronomical in form—month-pairs and the six ṛtus—used to encode cosmic order through time units (ahorātra, māsa, ṛtu, ayana, saṃvatsara).

This adhyāya is not part of the Lalitopākhyāna arc; its focus is cosmological time-ordering and Pitṛ classification. Its ‘esoteric’ payoff lies in correlating presiding-identities (abhimānins) with temporal stations, a key Purāṇic method for linking ritual life to cosmic structure.