
Vṛtrāsura Instructs Indra on Providence and Devotion; The Slaying of Vṛtrāsura
Ce chapitre décrit la bataille intense où Vṛtrāsura, bien qu'ayant perdu un bras à cause de la foudre d'Indra, instruit ce dernier sur la volonté suprême. Quand Indra laisse tomber son arme de honte, Vṛtrāsura l'encourage, expliquant que la victoire et la défaite relèvent de la providence. Indra, reconnaissant la dévotion de Vṛtrāsura, reprend le combat et coupe son autre bras. Vṛtrāsura avale Indra, mais celui-ci, protégé par le Nārāyaṇa-kavaca, s'échappe et tranche la tête du démon. Vṛtrāsura atteint la demeure spirituelle du Seigneur Saṅkarṣaṇa.
Verse 1
श्रीऋषिरुवाच एवं जिहासुर्नृप देहमाजौ मृत्युं वरं विजयान्मन्यमान: । शूलं प्रगृह्याभ्यपतत् सुरेन्द्रं यथा महापुरुषं कैटभोऽप्सु ॥ १ ॥
Le sage dit : Ô roi, désireux d’abandonner son corps, Vṛtrāsura jugea la mort au combat préférable à la victoire. Saisissant son trident, il se rua avec une grande force sur Indra, roi des devas, comme Kaiṭabha s’était jeté sur le Mahāpuruṣa lorsque l’univers était submergé par les eaux du pralaya.
Verse 2
ततो युगान्ताग्निकठोरजिह्व- माविध्य शूलं तरसासुरेन्द्र: । क्षिप्त्वा महेन्द्राय विनद्य वीरो हतोऽसि पापेति रुषा जगाद ॥ २ ॥
Alors Vṛtrāsura, le vaillant chef des asuras, fit tournoyer son trident aux pointes dures comme les langues de feu de l’incendie de fin d’âge. Dans sa colère, il le lança sur Indra en rugissant : «Ô pécheur, je vais te tuer !»
Verse 3
ख आपतत्तद्विचलद्ग्रहोल्कव- न्निरीक्ष्य दुष्प्रेक्ष्यमजातविक्लव: । वज्रेण वज्री शतपर्वणाच्छिनद् भुजं च तस्योरगराजभोगम् ॥ ३ ॥
Dans le ciel, le trident de Vṛtrāsura ressemblait à un météore éclatant. Bien que cette arme flamboyante fût difficile à soutenir du regard, Indra, sans crainte, la mit en pièces avec son vajra aux cent arêtes et, du même coup, trancha l’un des bras de Vṛtrāsura, épais comme le corps de Vāsuki, roi des serpents.
Verse 4
छिन्नैकबाहु: परिघेण वृत्र: संरब्ध आसाद्य गृहीतवज्रम् । हनौ तताडेन्द्रमथामरेभं वज्रं च हस्तान्न्यपतन्मघोन: ॥ ४ ॥
Bien qu’un de ses bras eût été tranché, Vṛtrāsura, furieux, se rua sur Indra, porteur du vajra, et le frappa à la mâchoire d’une massue de fer; il frappa aussi Airāvata, l’éléphant qui le portait. Ainsi, le vajra échappa de la main d’Indra.
Verse 5
वृत्रस्य कर्मातिमहाद्भुतं तत् सुरासुराश्चारणसिद्धसङ्घा: । अपूजयंस्तत् पुरुहूतसङ्कटं निरीक्ष्य हा हेति विचुक्रुशुर्भृशम् ॥ ५ ॥
L’acte de Vṛtrāsura fut prodigieusement merveilleux. Devas, asuras, Cāraṇas et Siddhas le louèrent; mais voyant Indra, appelé Puruhūta, en grand péril, ils s’écrièrent en gémissant: «Hélas! Hélas!»
Verse 6
इन्द्रो न वज्रं जगृहे विलज्जित- श्च्युतं स्वहस्तादरिसन्निधौ पुन: । तमाह वृत्रो हर आत्तवज्रो जहि स्वशत्रुं न विषादकाल: ॥ ६ ॥
Ayant laissé tomber le vajra de sa main devant l’ennemi, Indra, honteux comme un vaincu, n’osa pas le reprendre. Mais Vṛtrāsura l’encouragea: «Ô Hara, saisis ton vajra et tue ton ennemi; ce n’est pas l’heure de te lamenter.»
Verse 7
युयुत्सतां कुत्रचिदाततायिनां जय: सदैकत्र न वै परात्मनाम् । विनैकमुत्पत्तिलयस्थितीश्वरं सर्वज्ञमाद्यं पुरुषं सनातनम् ॥ ७ ॥
Ô Indra, parmi les combattants subordonnés qui s’affrontent, la victoire ne demeure pas toujours d’un seul côté. Le seul à jamais invincible est le Paramātmā : Bhagavān, la Personne Suprême, Purusha primordial et éternel, omniscient, Seigneur de la création, du maintien et de la dissolution.
Verse 8
लोका: सपाला यस्येमे श्वसन्ति विवशा वशे । द्विजा इव शिचा बद्धा: स काल इह कारणम् ॥ ८ ॥
Tous les êtres de tous les mondes, y compris les divinités régentes, sont entièrement sous la maîtrise du Seigneur. Tels des oiseaux pris au filet, ils n’ont point d’indépendance; Lui, en tant que Temps, est la cause.
Verse 9
ओज: सहो बलं प्राणममृतं मृत्युमेव च । तमज्ञाय जनो हेतुमात्मानं मन्यते जडम् ॥ ९ ॥
La vigueur des sens, l’endurance, la force, le souffle vital, l’immortalité et la mort—tout est sous la supervision de la Suprême Personnalité de Dieu. L’ignorant croit que le corps inerte est la cause de ses actes.
Verse 10
यथा दारुमयी नारी यथा पत्रमयो मृग: । एवं भूतानि मघवन्नीशतन्त्राणि विद्धि भो: ॥ १० ॥
Ô roi Indra, de même qu’une poupée de bois en forme de femme ou un animal fait de feuilles et d’herbe ne peut bouger ni danser par lui-même, dépendant de celui qui le manie, ainsi nous dansons tous selon le désir du Contrôleur suprême, Bhagavān; nul n’est indépendant.
Verse 11
पुरुष: प्रकृतिर्व्यक्तमात्मा भूतेन्द्रियाशया: । शक्नुवन्त्यस्य सर्गादौ न विना यदनुग्रहात् ॥ ११ ॥
Les trois puruṣas—Kāraṇodakaśāyī, Garbhodakaśāyī et Kṣīrodakaśāyī Viṣṇu—ainsi que la nature matérielle, le mahat-tattva, le faux ego, les cinq éléments, les sens, le mental, l’intelligence et la conscience ne peuvent engendrer la manifestation sans l’ordre et la grâce de la Suprême Personnalité de Dieu.
Verse 12
अविद्वानेवमात्मानं मन्यतेऽनीशमीश्वरम् । भूतै: सृजति भूतानि ग्रसते तानि तै: स्वयम् ॥ १२ ॥
L’insensé, bien que toujours dépendant, se prend pour le Seigneur. Croire que « le corps est créé par le père et la mère puis détruit par un autre agent » n’est pas une juste compréhension; la Suprême Personnalité de Dieu crée et dévore les êtres à travers d’autres êtres.
Verse 13
आयु: श्री: कीर्तिरैश्वर्यमाशिष: पुरुषस्य या: । भवन्त्येव हि तत्काले यथानिच्छोर्विपर्यया: ॥ १३ ॥
De même qu’un homme, même sans vouloir mourir, doit au moment venu abandonner longévité, prospérité, renommée et tout le reste, ainsi, à l’heure fixée de la victoire, on obtient tout cela lorsque le Seigneur Suprême l’accorde par Sa miséricorde.
Verse 14
तस्मादकीर्तियशसोर्जयापजययोरपि । सम: स्यात्सुखदु:खाभ्यां मृत्युजीवितयोस्तथा ॥ १४ ॥
Puisque tout dépend de la volonté suprême de la Personnalité de Dieu, il faut demeurer égal dans la renommée et le déshonneur, la victoire et la défaite, la vie et la mort; et, dans leurs effets de joie et de peine, rester en équilibre, sans anxiété.
Verse 15
सत्त्वं रजस्तम इति प्रकृतेर्नात्मनो गुणा: । तत्र साक्षिणमात्मानं यो वेद स न बध्यते ॥ १५ ॥
Sattva, rajas et tamas sont des qualités de la nature matérielle, non de l’âme. Celui qui sait que l’âme pure n’est que témoin des actions et réactions de ces qualités doit être tenu pour libéré; il n’en est pas lié.
Verse 16
पश्य मां निर्जितं शत्रु वृक्णायुधभुजं मृधे । घटमानं यथाशक्ति तव प्राणजिहीर्षया ॥ १६ ॥
Ô ennemi, regarde-moi : dans la mêlée, mon arme et mon bras ont été tranchés; je suis déjà vaincu. Pourtant, désirant te ôter la vie, je combats de toutes mes forces. Je ne suis nullement accablé; renonce donc à ton abattement et poursuis le combat.
Verse 17
प्राणग्लहोऽयं समर इष्वक्षो वाहनासन: । अत्र न ज्ञायतेऽमुष्य जयोऽमुष्य पराजय: ॥ १७ ॥
Ô ennemi, considère cette bataille comme un jeu de hasard : nos vies en sont l’enjeu, les flèches en sont les dés, et les bêtes servant de montures en sont le plateau. Nul ne sait qui sera vaincu ou victorieux; tout dépend de la providence.
Verse 18
श्रीशुक उवाच इन्द्रो वृत्रवच: श्रुत्वा गतालीकमपूजयत् । गृहीतवज्र: प्रहसंस्तमाह गतविस्मय: ॥ १८ ॥
Śrī Śukadeva dit : Entendant les paroles droites et instructives de Vṛtrāsura, le roi Indra le loua et reprit le foudre en main. Sans trouble ni duplicité, il sourit et s’adressa à Vṛtrāsura ainsi.
Verse 19
इन्द्र उवाच अहो दानव सिद्धोऽसि यस्य ते मतिरीदृशी । भक्त: सर्वात्मनात्मानं सुहृदं जगदीश्वरम् ॥ १९ ॥
Indra dit : Ô dānava ! À voir ton discernement, tu es un être accompli. Tu es un bhakta de tout ton être du Bhagavān, le Paramātmā, Seigneur du monde et ami de tous.
Verse 20
भवानतार्षीन्मायां वै वैष्णवीं जनमोहिनीम् । यद् विहायासुरं भावं महापुरुषतां गत: ॥ २० ॥
Tu as surmonté la māyā vaiṣṇavī du Seigneur Viṣṇu, qui envoûte les êtres. Par cette délivrance, tu as renoncé à l’esprit asurique et atteint la condition d’un bhakta exalté.
Verse 21
खल्विदं महदाश्चर्यं यद् रज:प्रकृतेस्तव । वासुदेवे भगवति सत्त्वात्मनि दृढा मति: ॥ २१ ॥
Ô Vṛtrāsura, c’est un grand prodige : bien que tu sois un asura, d’ordinaire mû par la passion (rajas), ton esprit est fermement fixé sur Bhagavān Vāsudeva, établi dans la pure bonté (sattva).
Verse 22
यस्य भक्तिर्भगवति हरौ नि:श्रेयसेश्वरे । विक्रीडतोऽमृताम्भोधौ किं क्षुद्रै: खातकोदकै: ॥ २२ ॥
Celui qui est ferme dans le service dévotionnel à Bhagavān Hari, Seigneur du bien suprême, nage et joue dans l’océan de nectar. À quoi lui servirait l’eau de petits fossés ?
Verse 23
श्रीशुक उवाच इति ब्रुवाणावन्योन्यं धर्मजिज्ञासया नृप । युयुधाते महावीर्याविन्द्रवृत्रौ युधाम्पती ॥ २३ ॥
Śrī Śukadeva Gosvāmī dit : Vṛtrāsura et le roi Indra parlèrent du service de dévotion même sur le champ de bataille, puis, par devoir, ils recommencèrent à se battre.
Verse 24
आविध्य परिघं वृत्र: कार्ष्णायसमरिन्दम: । इन्द्राय प्राहिणोद् घोरं वामहस्तेन मारिष ॥ २४ ॥
Ô Mahārāja Parīkṣit, Vṛtrāsura, tout à fait capable de soumettre son ennemi, prit sa massue de fer, la fit tournoyer et la jeta sur Indra de sa main gauche.
Verse 25
स तु वृत्रस्य परिघं करं च करभोपमम् । चिच्छेद युगपद्देवो वज्रेण शतपर्वणा ॥ २५ ॥
Avec sa foudre nommée Śataparvan, Indra coupa simultanément en morceaux la massue de Vṛtrāsura et sa main restante.
Verse 26
दोर्भ्यामुत्कृत्तमूलाभ्यां बभौ रक्तस्रवोऽसुर: । छिन्नपक्षो यथा गोत्र: खाद्भ्रष्टो वज्रिणा हत: ॥ २६ ॥
Vṛtrāsura, saignant abondamment, ses deux bras coupés à la racine, paraissait très beau, telle une montagne volante dont les ailes ont été mises en pièces par Indra.
Verse 27
महाप्राणो महावीर्यो महासर्प इव द्विपम् । कृत्वाधरां हनुं भूमौ दैत्यो दिव्युत्तरां हनुम् । नभोगम्भीरवक्त्रेण लेलिहोल्बणजिह्वया ॥ २७ ॥ दंष्ट्राभि: कालकल्पाभिर्ग्रसन्निव जगत्त्रयम् । अतिमात्रमहाकाय आक्षिपंस्तरसा गिरीन् ॥ २८ ॥ गिरिराट् पादचारीव पद्भ्यां निर्जरयन् महीम् । जग्रास स समासाद्य वज्रिणं सहवाहनम् ॥ २९ ॥
Le puissant Vṛtrāsura plaça sa mâchoire inférieure sur la terre et la supérieure dans le ciel. Sa bouche était profonde comme le ciel. Il ébranla les montagnes et avala Indra avec Airāvata.
Verse 28
महाप्राणो महावीर्यो महासर्प इव द्विपम् । कृत्वाधरां हनुं भूमौ दैत्यो दिव्युत्तरां हनुम् । नभोगम्भीरवक्त्रेण लेलिहोल्बणजिह्वया ॥ २७ ॥ दंष्ट्राभि: कालकल्पाभिर्ग्रसन्निव जगत्त्रयम् । अतिमात्रमहाकाय आक्षिपंस्तरसा गिरीन् ॥ २८ ॥ गिरिराट् पादचारीव पद्भ्यां निर्जरयन् महीम् । जग्रास स समासाद्य वज्रिणं सहवाहनम् ॥ २९ ॥
Vṛtrāsura était d’une puissance et d’une vaillance immenses. Il posa sa mâchoire inférieure sur la terre et leva la supérieure jusqu’au ciel. Sa bouche devint profonde comme la voûte céleste, et sa langue ondoyait telle un grand serpent. Avec des crocs terribles, pareils à la mort, il semblait vouloir engloutir les trois mondes. Prenant un corps gigantesque, il fit trembler les montagnes et broya la surface de la terre sous ses jambes, comme si l’Himalaya marchait. Puis il s’avança vers Indra et l’avala avec Airāvata, sa monture, comme un python géant avale un éléphant.
Verse 29
महाप्राणो महावीर्यो महासर्प इव द्विपम् । कृत्वाधरां हनुं भूमौ दैत्यो दिव्युत्तरां हनुम् । नभोगम्भीरवक्त्रेण लेलिहोल्बणजिह्वया ॥ २७ ॥ दंष्ट्राभि: कालकल्पाभिर्ग्रसन्निव जगत्त्रयम् । अतिमात्रमहाकाय आक्षिपंस्तरसा गिरीन् ॥ २८ ॥ गिरिराट् पादचारीव पद्भ्यां निर्जरयन् महीम् । जग्रास स समासाद्य वज्रिणं सहवाहनम् ॥ २९ ॥
Vṛtrāsura était d’une puissance et d’une vaillance immenses. Il posa sa mâchoire inférieure sur la terre et leva la supérieure jusqu’au ciel. Sa bouche devint profonde comme la voûte céleste, et sa langue ondoyait telle un grand serpent. Avec des crocs terribles, pareils à la mort, il semblait vouloir engloutir les trois mondes. Prenant un corps gigantesque, il fit trembler les montagnes et broya la surface de la terre sous ses jambes, comme si l’Himalaya marchait. Puis il s’avança vers Indra et l’avala avec Airāvata, sa monture, comme un python géant avale un éléphant.
Verse 30
वृत्रग्रस्तं तमालोक्य सप्रजापतय: सुरा: । हा कष्टमिति निर्विण्णाश्चुक्रुशु: समहर्षय: ॥ ३० ॥
Lorsque les demi-dieux, avec Brahmā, les autres prajāpatis et les grands sages, virent qu’Indra avait été avalé par le démon, ils furent accablés de chagrin. Ils s’écrièrent en gémissant : « Hélas ! Quel désastre ! Quel désastre ! »
Verse 31
निगीर्णोऽप्यसुरेन्द्रेण न ममारोदरं गत: । महापुरुषसन्नद्धो योगमायाबलेन च ॥ ३१ ॥
Bien qu’avalé par le roi des asuras, Indra ne mourut pas dans son ventre. Car il était protégé par l’armure divine du Mahāpuruṣa Nārāyaṇa—identique à Nārāyaṇa Lui-même—et aussi par la puissance de sa yoga-māyā.
Verse 32
भित्त्वा वज्रेण तत्कुक्षिं निष्क्रम्य बलभिद् विभु: । उच्चकर्त शिर: शत्रोर्गिरिशृङ्गमिवौजसा ॥ ३२ ॥
Avec son foudre, Indra, d’une puissance extrême, transperça l’abdomen de Vṛtrāsura et en sortit. Puis Indra, vainqueur de Bala, trancha aussitôt la tête de l’ennemi avec une force prodigieuse ; elle s’élevait comme un sommet de montagne.
Verse 33
वज्रस्तु तत्कन्धरमाशुवेग: कृन्तन् समन्तात् परिवर्तमान: । न्यपातयत् तावदहर्गणेन यो ज्योतिषामयने वार्त्रहत्ये ॥ ३३ ॥
Bien que la foudre tournât autour du cou de Vṛtrāsura à grande vitesse, il fallut une année entière (360 jours) pour séparer sa tête de son corps. Ensuite, sa tête tomba au sol.
Verse 34
तदा च खे दुन्दुभयो विनेदु- र्गन्धर्वसिद्धा: समहर्षिसङ्घा: । वार्त्रघ्नलिङ्गैस्तमभिष्टुवाना मन्त्रैर्मुदा कुसुमैरभ्यवर्षन् ॥ ३४ ॥
Lorsque Vṛtrāsura fut tué, les Gandharvas et les Siddhas des planètes célestes battirent des tambours avec jubilation. Ils louèrent Indra avec des hymnes védiques et firent pleuvoir des fleurs sur lui.
Verse 35
वृत्रस्य देहान्निष्क्रान्तमात्मज्योतिररिन्दम । पश्यतां सर्वदेवानामलोकं समपद्यत ॥ ३५ ॥
Ô Roi, l'étincelle vitale sortit alors du corps de Vṛtrāsura. Sous le regard de tous les demi-dieux, il entra dans le monde transcendantal pour rejoindre le Seigneur Saṅkarṣaṇa.
Vṛtrāsura frames the battle as duty under providence (daiva): embodied beings are not independent arbiters of victory, and lamentation is ignorance of the Lord’s supervision. His instruction is not sentimental pacifism but spiritual clarity—perform one’s role without illusion, knowing outcomes rest with Bhagavān. This also reveals Vṛtrāsura’s bhakti: he seeks the Lord’s will, even if it arrives through his own death.
The chapter explicitly distinguishes external designation from internal consciousness. Indra observes Vṛtrāsura’s discrimination, endurance, and fixation on Vāsudeva in pure goodness—symptoms of devotion that surpass bodily identity and social category. The Bhāgavata’s point is that bhakti is defined by surrender and God-centered intent; a devotee may appear in any birth, while demoniac mentality can exist even amid “heavenly” power.
The wooden doll analogy teaches īśvara-sarva-niyantṛtva: beings act as instruments moved by the supreme controller, so independence is illusory. The gambling match analogy addresses uncertainty in worldly struggle: even with strategy and strength, the decisive factor is providence under the Lord’s sanction. Together they cultivate samatā—steady performance of duty without pride in success or despair in failure.
Indra is protected by the Nārāyaṇa-kavaca, described as identical with Nārāyaṇa Himself—signifying that divine protection is not merely symbolic but the Lord’s personal shelter. Thus, even within the demon’s belly, Indra does not die; he then pierces Vṛtrāsura’s abdomen with the vajra and emerges to complete the destined slaying.
The text emphasizes cosmic timing: the weapon revolves with great speed, yet the separation completes only at the “suitable time” for Vṛtrāsura’s death, measured as 360 days (a full solar-lunar cycle of northern and southern courses). The narrative underscores that even divine weapons operate under the Lord’s overarching will and the ordained moment (kāla) governing embodied events.
Vṛtrāsura’s living spark is seen returning ‘back to Godhead’ to become an associate of Lord Saṅkarṣaṇa. This implies that liberation is awarded according to devotional consciousness rather than battlefield alignment. The Bhāgavata thereby teaches that bhakti can be perfected even amid conflict when one’s heart is fixed on the Supreme Lord.