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Thème principal : bhaiṣajya et śānti par des « remèdes vivants » (eaux, herbes, arbres) et par la neutralisation des présages néfastes pour la sûreté du foyer. Sous-thèmes : les Āpas comme médecine divine et omniprésente (pluie, confluences, eaux courantes) ; la puissance des plantes médicinales enracinée dans Bhūmi/Pṛthivī (croissance, nourriture, prospérité) ; l’expulsion du pāpmán et des affections corporelles localisées ; prospérité rituelle par un rite d’orge mêlée de miel et de plantes ; ariṣṭa-nivāraṇa — neutralisation des oiseaux de mauvais augure (pigeon, chouette) et des mauvais signes domestiques.
Ce bref hymne de guérison et de nutrition confère puissance à l’herbe keśavardhanī (« qui accroît les cheveux ») en enracinant son efficacité dans Bhūmi/Pṛthivī, soutien suprême de la vie végétale et de la médecine. Il « recueille » le remède sur la peau extérieure (tvac) de la terre, puis exalte l’herbe comme la première des thérapeutiques et, enfin, s’adresse aux plantes comme à des agents généreux et invincibles qui fortifient et multiplient les cheveux.
AV 6.22 est un hymne apām-bhaiṣajya concis qui traite les eaux — surtout la pluie chargée de la force marutique — comme un remède vivant, ouvrant, humidifiant et ranimant la terre et le corps. Il relie l’hydrologie cosmique (nuages, pluie, ṛta) à la guérison concrète : les eaux enrichissent les plantes de sève, accroissent la nourriture et lavent la sécheresse et le désordre. En louant leur descente ordonnée et leur pouvoir d’« adoucir » (rendre doux/sucré), l’hymne présente le rétablissement comme une restauration du juste écoulement — dans la terre, les plantes et les personnes.
AV 6.23 est une brève incantation de guérison qui appelle les Eaux divines comme un remède toujours disponible—coulant de jour comme de nuit—pour purifier, rafraîchir et restaurer. L’eau n’y est pas seulement une substance, mais une puissance rituellement « tissée » dans l’acte, qui desserre et expulse aussitôt l’affliction; la clôture place le rite sous l’impulsion sacrée de Savitar, afin que les Eaux et les Plantes agissent avec bienveillance pour le bien-être.
Ce bref hymne de guérison invoque les Eaux (Āpas) comme des médecins divines : leur puissance fluente, celle des eaux rassemblées et l’énergie née au confluent deviennent un remède tangible. Il recherche tout spécialement le saṅgama-jala, l’eau du point de rencontre/confluence, ainsi que l’eau du réseau fluvial sous la souveraineté du Sindhu, afin de laver les douleurs brûlantes et d’accorder un remède « illuminant le cœur » qui rétablit l’aisance intérieure, la clarté et la paix.
AV 6.25 est un bref charme atharvanique d’expulsion qui chasse des afflictions groupées — nommées vākāḥ — imaginées comme des forces en essaim qui « pressent » sur des articulations précises (nuque, épaule) et doivent être bannies de la sphère du patient. En énumérant ces agents en séries croissantes (cinq/cinquante ; sept/soixante-dix ; neuf/quatre-vingt-dix), l’hymne les « décompte » rituellement et les disperse, scellant la guérison par la puissance performative du brahman (parole efficace). Son efficacité est apotropaïque : il ne marchande pas avec la maladie, mais lui ordonne de disparaître « d’ici » au moyen d’une formule de renvoi énergique.
AV 6.26 est une brève incantation atharvanique d’expulsion qui affronte directement Pāpmán (mal, maladie, malheur) et le contraint à relâcher le patient. Elle associe une visée thérapeutique (ramener le souffrant dans le « monde de l’auspicieux ») à une logique de transfert plus dure : si le mal s’accroche, on le détourne ailleurs — finalement vers un ennemi — sous l’autorité coercitive de « l’Immortel aux mille yeux ».
Ce bref charme śānti de l’Atharvaveda neutralise le présage funeste que constitue l’apparition d’un pigeon près de la maison ou dans la maison, interprété comme messager de Nirṛti (calamité). En requalifiant l’oiseau comme potentiellement favorable sous le contrôle des dieux et en ancrant la protection au foyer (Agni), l’hymne « libère » la maisonnée de l’emprise du signe et assure śam (bien-être) aux personnes comme au bétail.
Ce bref hymne d’ariṣṭa-kṣayaṇa neutralise un mauvais présage qui s’est « attaché » à la maison — figuré comme le kapota (pigeon) — en le chassant par la force de la ṛc (parole métrique efficace), aidée d’un appât. Il sécurise ensuite la sphère domestique par un circuit protecteur autour d’Agni et du bétail, puis apaise enfin Yama/Mṛtyu afin que la trajectoire funeste soit tranchée sans épuiser l’ūrj (prospérité vitale) du foyer. En trois mouvements compacts, la sūkta convertit le présage en départ, le danger en prestige gardé (śravas) et la fatalité en distance apaisée.
AV 6.29 est un hymne bref d’ariṣṭa-nivāraṇa qui neutralise les mauvais présages domestiques produits par les oiseaux de présage — surtout le cri de la chouette et le contact funeste du pigeon avec le feu du foyer. Il requalifie ces signes comme vides (mogha), barre l’entrée à Nirṛti par ses « messagers » et détourne rituellement la force menaçante pour la durée d’une année, vers un lieu de bannissement associé à Yama.
AV 6.30 est un cycle de charmes atharvaniques compact qui mobilise la puissance des plantes selon deux registres : expiation et prospérité par un rite d’orge miellé, et contrôle des rivalités par le « māda » dérangeant (ivresse/égarement) de l’arbre Śamī personnifié. L’hymne élimine à la fois les croissances hostiles ou concurrentes (au sens littéral et symbolique) et assure la faveur du foyer — surtout la protection des enfants et l’apaisement des cheveux/de l’apparence, lieu de vulnérabilité sociale.
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