
Protection et guérison appliquées : stabiliser la vie (naissance, grossesse, longévité) tout en expulsant toxines, maladies et afflictions socio‑mentales intérieures par le mantra et la médecine végétale. Sous‑thèmes : puṃsavana et obtention/assurance d’un fils ; garbha-dṛṃhaṇa (raffermissement de l’embryon) et stabilité de la grossesse ; mṛtyujaya/śānti contre la mort prématurée et le meurtre violent ; bhaiṣajya — remèdes ciblés contre le venin/la morsure, les maladies des yeux, balāsa, la fièvre/yakṣma ; oṣadhi et les arbres‑alliés comme auxiliaires médicinaux.
AV 6.11 est un bref charme de pumsavana (pour engendrer un fils) qui transfère et installe chez les femmes la puissance génératrice afin d’assurer « l’obtention d’un fils ». Il relie un symbolisme botanique (Śamī sur Aśvattha) à l’ordonnance de Prajāpati et invoque des puissances de consentement et de fécondité (Anumati, Sinīvālī) pour orienter l’issue de la reproduction vers un enfant mâle.
AV 6.12 est un bref charme thérapeutique d’inspiration atharvanique qui écarte le venin de serpent en invoquant les purificateurs cosmiques et l’autorité totale du savoir sacré. Il s’achève sur un « adoucissement » apaisant (madhu) des eaux et des rivières nommées, étendant la guérison au registre de la śānti : bien‑être pour la bouche (ingestion/parole) et pour le cœur (centre vital‑émotionnel). La puissance de l’hymne réside dans la séparation du poison d’avec le patient (à l’image de la pureté englobante du Soleil) et dans le rétablissement de l’harmonie par des eaux miellées, de bon augure.
AV 6.13 est un hymne bref de Mṛtyujaya-śānti qui écarte la mort prématurée en rendant hommage (namas) à la Mort (Mṛtyu) et à tous les canaux sociaux et cosmiques par lesquels l’abattage/la mise à mort (vadhá) peut survenir—divins, royaux et communautaires. Plutôt que d’attaquer Mṛtyu, il l’apaise et « détourne » son intention, neutralisant la parole létale, les verdicts hostiles et les agents démoniaques, tout en orientant les remèdes et la puissance brahmanique vers la vie et le rétablissement.
AV 6.14 est un bref charme thérapeutique de tradition atharvanique visant balāsa, maladie logée et « déliant » qui atteint les os, les articulations, les membres et même la région du cœur. En trois vers anuṣṭubh, l’affection est d’abord identifiée, puis son extirpation est ordonnée en tranchant son « lien » et sa « racine », et enfin elle est chassée, affaiblie et inoffensive, afin qu’elle ne puisse revenir.
Ce bref charme atharvavédique cherche à obtenir une suprématie protectrice en invoquant Oṣadhi — l’Herbe souveraine personnifiée — soutenue par des Arbres alliés comme une suite végétale. Il transforme la hiérarchie naturelle des plantes (Soma parmi les herbes, Talāśa parmi les arbres) en une analogie rituelle d’ascension sociale et spirituelle, de sorte que tout agresseur (même un parent) soit neutralisé. La puissance de l’hymne réside dans l’établissement de l’« uttamatva » (le fait d’être le plus haut) comme bouclier : la supériorité devient protection.
AV 6.16 est une brève incantation thérapeutique atharvanique contre l’akṣi-roga (maladie des yeux), qui associe une invocation du remède à l’expulsion vigoureuse des agents du mal, nommément désignés. Elle met en œuvre le rasa (suc/essence) puissant du médicament au moyen d’un support alimentaire préparé (karambha) et, en même temps, «saisit» le trouble en énumérant puis en rejetant ses formes multiples et ses noms d’esprits.
Ce bref hymne atharvavédique est un charme de garbhadṛṃhaṇa, qui «raffermit l’embryon» en prenant pour modèle la Terre (Pṛthivī), dont la puissance inégalée est de porter et de maintenir. En invoquant à plusieurs reprises Pṛthivī comme soutien stable des êtres, des montagnes et du monde ordonné, il prie pour que le fœtus demeure solidement tenu jusqu’au moment convenable de la naissance, sous l’élan vital de Savitar.
Ce bref charme thérapeutique atharvavédique vise īrṣyā (jalousie/envie), conçue comme une chaleur née de l’esprit et logée dans le cœur, qui s’embrase en chagrin et en nuisance sociale. Par l’imagerie de l’extinction de l’Agni intérieur, de la réduction de l’esprit jaloux à l’inertie — comme la terre et les morts — et de l’évacuation de la chaleur d’un sac de cuir, l’hymne « refroidit » rituellement la passion hostile et rétablit la concorde.
AVŚ 6.19 est un hymne de purification concis qui invoque Pavamāna — le principe somaïque « auto‑purifiant » — ainsi que des purificateurs associés (dieux, figures ancestrales de Manu et tous les êtres) afin de purifier le récitant à tous les niveaux. Cette purification n’est pas seulement rituelle : elle vise à rétablir une capacité auspicious — juste résolution (kratu), compétence/efficacité (dakṣa), vitalité (jīva), sûreté/invulnérabilité (ariṣṭatā) et, enfin, une vision clarifiée (cakṣus) grâce à l’impulsion consacrante de Savitar.
AVŚ 6.20 est un hymne bref à Takman (la fièvre) qui traite la fièvre et la maladie de dépérissement (yakṣma) comme une puissance personnifiée que l’on peut apaiser, nommer et expulser. Il associe une visée thérapeutique à un léger motif abhicārika de « redirection » : la chaleur fébrile est exhortée à quitter le patient et à chercher un avratá (celui qui vit hors du vœu et de la discipline réglée), tandis que la maisonnée assure sa protection par des hommages répétés (namo).
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