Atharva Veda Sukta 18
Kanda 4Anuvaka 2Sukta 188 Mantras

Sukta 18

Rishi: Atharvanic tradition (specific r̥ṣi not stated in the provided excerpt)

Devata: Apāmārga / the apotropaic power embodied in the plant and mantra

Chandas: Anuṣṭubh (probable; hymn style and cadence consistent with AV anuṣṭubh)

AV 4.18 est un hymne de contre-sorcellerie qui renvoie la kṛtyā hostile (maléfice fabriqué) à son expéditeur, protégeant une maisonnée innocente et ses moyens de subsistance. Centré sur la force apotropaïque d’Apāmārga en tant que puissance d’oṣadhi, le sūkta affirme que le mantra peut « gâter » les sortilèges opérés sur les champs, le bétail et les personnes, entraver la capacité d’agir de l’adversaire, tout en assurant la bénédiction au bénéficiaire.

Mantras

Mantra 1

अपामार्गः। स॒मं ज्योतिः॒ सूर्ये॒णाह्ना॒ रात्री॑ स॒मावती॑ । कृ॒णोमि॑ स॒त्यमू॒तये॑ऽर॒साः स॑न्तु॒ कृत्व॑रीः

Apāmārga ! J’égalise la lumière à celle du Soleil ; avec le Jour j’équilibre la Nuit. J’accomplis la Vérité pour le secours : que les faiseurs de sorcellerie soient sans sève, sans saveur.

Mantra 2

यो दे॑वाः कृ॒त्यां कृ॒त्वा हरा॒दवि॑दुषो गृ॒हम्। व॒त्सो धा॒रुरि॑व मा॒तरं॒ तं प्र॒त्यगुप॑ पद्यताम्

Celui qui, ô dieux, ayant façonné la kṛtyā (sorcellerie), s’est glissé vers la maison de celui qui n’en savait rien — comme un veau qui s’attache et se hâte vers sa mère, qu’elle revienne et qu’elle marche sur cet homme.

Mantra 3

अ॒मा कृ॒त्वा पा॒प्मानं॒ यस्तेना॒न्यं जिघां॑सति । अश्मा॑न॒स्तस्यां॑ द॒ग्धायां॑ बहु॒लाः फट् क॑रिक्रति

Celui qui, chez lui, a accompli le pāpman (le mal) et, par là, voudrait tuer un autre—quand cette œuvre de sorcellerie est brûlée, alors bien des pierres crient «Phaṭ !» et la brisent dans le fracas.

Mantra 4

सह॑स्रधाम॒न् विशि॑खा॒न् विग्री॑वां छायया॒ त्वम्। प्रति॑ स्म च॒क्रुषे॑ कृ॒त्यां प्रि॒यां प्रि॒याव॑ते हर

Ô toi aux mille demeures, par ton ombre rends-la sans crête, sans tête; rends-la sans cou. Vraiment, tu as repoussé la kṛtyā (sorcellerie)—porte l’être cher à celui qui le tient pour cher.

Mantra 5

अ॒नया॒हमोष॑ध्या सर्वाः॑ कृ॒त्या अ॑दूदुषम्। यां क्षेत्रे॑ च॒क्रुर्यां गोषु॒ यां वा॑ ते॒ पुरु॑षेषु

Par cette oṣadhi (plante médicinale), pour ma part, j’ai gâté toutes les kṛtyā, toutes les œuvres de sorcellerie: celles qu’ils ont faites au champ, celles parmi les vaches, ou encore celles au sein de tes hommes.

Mantra 6

यश्च॒कार॒ न श॒शाक॒ कर्तुं॑ श॒श्रे पाद॑म॒ङ्गुरि॑म्। च॒कार॑ भ॒द्रम॒स्मभ्य॑मा॒त्मने॒ तप॑नं॒ तु सः

Celui qui a agi — que nul n’avait pouvoir de contrecarrer — a brisé pied et orteil. Pour nous, il a préparé une bénédiction ; mais pour lui-même, en vérité, une brûlure (pour l’ennemi).

Mantra 7

अ॒पा॒मा॒र्गोऽप॑ मार्ष्टु क्षेत्रि॒यं श॒पथ॑श्च॒ यः । अपाह॑ यातुधा॒नीरप॒ सर्वा॒ अरा॒य्यः

Qu’Apāmārga efface le mal établi et toute malédiction avec lui. Il a chassé les sorcières ensorceleuses ; loin soient toutes les malveillances.

Mantra 8

अ॒प॒मृज्य॑ यातु॒धाना॒नप॒ सर्वा॑ अरा॒य्यः । अपा॑मार्ग॒ त्वया॑ व॒यं सर्वं॒ तदप॒ मृज्महे

En effaçant les Yātudhānas, les sorciers, loin (s’en vont) toutes les malveillances. Ô Apāmārga, par toi nous effaçons tout cela entièrement.

Frequently Asked Questions

Kṛtyā is a deliberately ‘made’ harmful act—witchcraft or hostile ritual construction—sent to injure a person, household, cattle, or crops. The hymn treats it as something that can be detected, undone, and forced to return to its maker.

Apāmārga is the ‘sweeper-away’ herb used as an oṣadhi-power that drives out and neutralizes harmful forces. In AV 4.18 it is the main ritual support for spoiling sorcery and protecting every affected domain (field, cattle, people).

It does both: it seeks welfare (bhadra) for the client while explicitly redirecting the harm so the sender bears the consequence. The hymn’s logic is reversal—harm is not kept in the household but sent back to its source.

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