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Rishi: Prāṇa-hymn tradition (often attributed in ancillary tradition to Atharvanic seers; exact r̥ṣi per anukramaṇī to be verified).
Devata: Prāṇa (personified vital breath).
Chandas: Mixed; predominantly anuṣṭubh-like with prose-like segmentation.
Ce sūkta exalte Prāṇa (le souffle vital) comme la puissance souveraine sous la domination de laquelle se tiennent tous les êtres, de sorte que la vie, le rétablissement et la stabilité dépendent de sa faveur. Il mêle une visée thérapeutique et protectrice à une spéculation de type brahmavāda, présentant Prāṇa à la fois comme force vitale physiologique et comme principe cosmique qui soutient l’ordre, le temps et la cognition. Récité pour affermir une vitalité vacillante, il vise à « réinstaller » la vie dans le corps et à accorder la personne au rythme soutenant de l’univers.
Mantra 1
प्राणः। प्रा॒णाय॒ नमो॒ यस्य॒ सर्व॑मि॒दं वशे॑ । यो भू॒तः सर्व॑स्येश्व॒रो यस्मि॒न्त्सर्वं॒ प्रति॑ष्ठितम्
Prāṇa ! — hommage à Prāṇa, sous la domination de qui est tout ceci ; qui, devenue l’Être, est la souveraine de tout, en qui tout est établi.
Mantra 2
नम॑स्ते प्राण॒ क्रन्दा॑य॒ नम॑स्ते स्तनयि॒त्नवे॑ । नम॑स्ते प्राण वि॒द्युते॒ नम॑स्ते प्राण॒ वर्ष॑ते
Hommage à toi, ô Prāṇa, comme au Rugissant ; hommage à toi comme au Tonnerre. Hommage à toi, ô Prāṇa, comme à l’Éclair ; hommage à toi, ô Prāṇa, comme à la Pluie.
Mantra 3
यत् प्रा॒ण स्त॑नयि॒त्नुना॑भि॒क्रन्द॒त्योष॑धीः । प्र वी॑यन्ते॒ गर्भा॑न् दध॒तेऽथो॑ ब॒ह्वीर्वि जा॑यन्ते
Quand Prāṇa, ayant le tonnerre pour compagnon, crie à pleine voix sur les Plantes médicinales, alors elles se déploient; elles reçoivent en elles les germes, et, de plus, nombreuses sont celles qui naissent au loin.
Mantra 4
यत् प्रा॒ण ऋ॒तावाग॑तेऽभि॒क्रन्द॒त्योष॑धीः । सर्वं॑ त॒दा प्र मो॑दते॒ यत् किं च॒ भूम्या॒मधि॑
Quand Prāṇa, la saison venue selon l’Ordre (ṛta), crie à pleine voix sur les Plantes médicinales, alors tout ce qui est sur la terre—quoi que ce soit—se réjouit, s’épanouit et prospère.
Mantra 5
य॒दा प्रा॒णो अ॒भ्यव॑र्षीद् व॒र्षेण॑ पृथि॒वीं म॒हीम्। प॒शव॒स्तत् प्र मो॑दन्ते॒ महो॒ वै नो॑ भविष्यति
Quand Prāṇa a fait pleuvoir sur la grande Terre, la puissante, alors le bétail s’en réjouit et prospère : en vérité, un grand bien nous adviendra.
Mantra 6
अ॒भिवृ॑ष्टा॒ ओष॑धयः प्रा॒णेन॒ सम॑वादिरन्। आयु॒र्वै नः॒ प्राती॑तरः॒ सर्वा॑ नः सुर॒भीर॑कः
Les plantes, bien arrosées par la pluie, ont parlé d’une seule voix avec Prāṇa. Que la Vie, en vérité, nous fasse passer au-delà; et que toutes soient pour nous de douce fragrance et de puissance bienfaisante.
Mantra 7
नम॑स्ते अस्त्वाय॒ते नमो॑ अस्तु पराय॒ते। नम॑स्ते प्राण॒ तिष्ठ॑त॒ आसी॑नायो॒त ते॒ नमः॑
Hommage à toi quand tu t’avances; hommage à toi quand tu t’éloignes. Hommage à toi, ô Prāṇa, quand tu te tiens debout; et à toi quand tu es assis — oui, hommage à toi.
Mantra 8
नम॑स्ते प्राण प्राण॒ते नमो॑ अस्त्वपान॒ते। प॒रा॒चीना॑य ते॒ नमः॑ प्रती॒चीना॑य ते॒ नमः॑ सर्व॑स्मै त इ॒दं नमः॑
Hommage à toi, ô Prāṇa, à toi qui respires en Prāṇa; hommage—qu’il soit—à Apāna. À toi tourné vers l’extérieur, hommage; à toi tourné vers l’intérieur, hommage; à toi tout entier—à toi cet hommage.
Mantra 9
या ते॑ प्राण प्रि॒या त॒नूर्यो ते॑ प्राण॒ प्रेय॑सी । अथो॒ यद् भे॑ष॒जं तव॒ तस्य॑ नो धेहि जी॒वसे॑
Ô Prāṇa, ce corps qui est à toi, qui t’est cher, ô Prāṇa, qui t’est le plus cher; et aussi, quel que soit ton remède (bheṣajá), de celui-là accorde-nous, pour la vie.
Mantra 10
प्रा॒णः प्र॒जा अनु॑ वस्ते पि॒ता पु॒त्रमि॑व प्रि॒यम्। प्रा॒णो ह॒ सर्व॑स्येश्व॒रो यच्च॑ प्रा॒णति॒ यच्च॒ न
Prāṇa demeure parmi les créatures, comme un père auprès d’un fils bien-aimé. Prāṇa, en vérité, est le seigneur de tout: de ce qui respire et de ce qui ne respire pas.
Mantra 11
प्रा॒णो मृ॒त्युः प्रा॒णस्त॒क्मा प्रा॒णं दे॒वा उपा॑सते । प्रा॒णो ह॒ सत्यवा॒दिन॑मुत्त॒मे लो॒क आ द॑धत्
Prāṇa est la Mort; Prāṇa est la fièvre Takman (takmán). Prāṇa, les dieux eux-mêmes le vénèrent. Prāṇa, en vérité, établit le véridique dans le monde suprême.
Mantra 12
प्रा॒णो वि॒राट् प्रा॒णो देष्ट्री॑ प्रा॒णं सर्व॒ उपा॑सते । प्रा॒णो ह॒ सूर्य॑श्च॒न्द्रमाः॑ प्रा॒णमा॑हुः प्र॒जाप॑तिम्
Prāṇa est Virāṭ ; Prāṇa est la Directrice ; Prāṇa, tous la vénèrent et s’y attachent. Prāṇa est en vérité le Soleil et la Lune ; Prāṇa, on l’appelle Prajāpati.
Mantra 13
प्रा॒णा॒पा॒नौ व्री॑हिय॒वाव॑न॒ड्वान् प्रा॒ण उ॑च्यते । यवे॑ ह प्रा॒ण आहि॑तोऽपा॒नो व्री॒हिरु॑च्यते
L’inspiration et l’expiration sont appelées le riz et l’orge; le bœuf de trait est appelé le Souffle (prāṇa). En vérité, dans l’orge le Souffle est déposé; l’expiration est appelée le riz.
Mantra 14
अपा॑नति॒ प्राण॑ति॒ पुरु॑षो॒ गर्भे॑ अन्त॒रा। य॒दा त्वं प्रा॑ण॒ जिन्व॒स्यथ॒ स जा॑यते॒ पुनः॑
Il expire, il inspire—l’homme au-dedans du sein. Quand toi, ô Souffle (prāṇa), tu le vivifies, alors il naît de nouveau.
Mantra 15
प्रा॒णमा॑हुर्मात॒रिश्वा॑नं॒ वातो॑ ह प्रा॒ण उ॑च्यते । प्रा॒णे ह॑ भू॒तं भव्यं॑ च प्रा॒णे सर्वं॑ प्रति॑ष्ठितम्
Ils appellent le Souffle Mātariśvan ; et le Vent, en vérité, est nommé le Souffle. Dans le Souffle sont établis le passé et l’avenir ; dans le Souffle tout est fermement fondé.
Mantra 16
आ॒थ॒र्व॒णीरा॑ङ्गिर॒सीर्दैवी॑र्मनुष्य॒जा उ॒त। ओष॑धयः॒ प्र जा॑यन्ते य॒दा त्वं प्रा॑ण॒ जिन्व॑सि
Atharvaniques, Aṅgirasiques — divines, et aussi nées parmi les hommes — ces herbes de guérison jaillissent, lorsque toi, ô Souffle, tu les vivifies.
Mantra 17
य॒दा प्रा॒णो अ॒भ्यव॑र्षीद् व॒र्षेण॑ पृथि॒वीं म॒हीम्। ओष॑धयः॒ प्र जा॑य॒न्तेऽथो॒ याः काश्च॑ वी॒रुधः॑
Lorsque le Souffle fit pleuvoir sur la grande Terre, la puissante, alors jaillissent les herbes de guérison, et aussi toutes les plantes, quelles qu’elles soient, les vīrudh.
Mantra 18
यस्ते॑ प्राणे॒दं वेद॒ यस्मिं॒श्चासि॒ प्रति॑ष्ठितः । सर्वे॒ तस्मै॑ ब॒लिं ह॑रान॒मुष्मिंल्लो॒क उ॑त्त॒मे
Quiconque, ô Prāṇa, sait ceci de toi — ce en quoi tu es fermement établi — que tous lui portent tribut, là-bas, dans le monde suprême.
Mantra 19
यथा॑ प्राण बलि॒हृत॒स्तुभ्यं॒ सर्वाः॑ प्र॒जा इ॒माः । ए॒वा तस्मै॑ ब॒लिं ह॑रा॒न् यस्त्वा॑ शृ॒णव॑त् सुश्रवः
De même que, ô Prāṇa, toutes ces créatures te portent tribut, ainsi portez tribut à celui qui t’entend, ô toi de bonne renommée.
Mantra 20
अ॒न्तर्गर्भ॑श्चरति दे॒वता॒स्वाभू॑तो भू॒तः स उ॑ जायते॒ पुनः॑ । स भू॒तो भव्यं॑ भवि॒ष्यत् पि॒ता पु॒त्रं प्र वि॑वेशा॒ शची॑भिः
Avec un sein intérieur il chemine parmi les divinités ; devenu ce qui est devenu, il renaît vraiment. Lui qui a été devient ce qui sera : le Père, avec ses puissances (śacībhis), est entré et s’est manifesté dans le Fils.
Mantra 21
एकं॒ पादं॒ नोत्खि॑दति सलि॒लाद्धंस उ॒च्चर॑न्। यद॒ङ्ग स तमु॑त्खि॒देन्नैवाद्य न श्वः स्या॒न्न रात्री॒ नाहः॑ स्या॒न्न व्युऽछेत् क॒दा च॒न
Un seul pied il ne le déplace pas — le Cygne (Haṃsa) s’élevant des eaux. S’il le déplaçait vraiment, il n’y aurait ni aujourd’hui ni demain ; il n’y aurait ni nuits ni jours, et l’aurore ne se lèverait jamais.
Mantra 22
अ॒ष्टाच॑क्रं वर्तत॒ एक॑नेमि स॒हस्रा॑क्षरं॒ प्र पु॒रो नि प॒श्चा। अ॒र्धेन॒ विश्वं॒ भुव॑नं ज॒जान॒ यद॑स्या॒र्धं क॑त॒मः स के॒तुः
Une roue à huit rayons tourne, d’un seul moyeu, faite de mille syllabes — en avant, devant, et en bas, derrière. Par une moitié elle a engendré tout cet univers : laquelle de ses moitiés est ce Signe (ketu) ?
Mantra 23
यो अ॒स्य वि॒श्वज॑न्मन॒ ईशे॒ विश्व॑स्य॒ चेष्ट॑तः । अन्ये॑षु क्षि॒प्रध॑न्वने॒ तस्मै॑ प्राण॒ नमो॑ऽस्तु ते
Celui qui, par l’esprit qui enfante tout, est seigneur de ceci et seigneur aussi de tout ce qui s’agite et se met en mouvement, — à cette Puissance au trait rapide parmi tous les êtres, à Prāṇa, révérence : hommage à toi.
Mantra 24
यो अ॒स्य स॒र्वज॑न्मन॒ ईशे॒ सर्व॑स्य॒ चेष्ट॑तः । अत॑न्द्रो॒ ब्रह्म॑णा॒ धीरः॑ प्रा॒णो मानु॑ तिष्ठातु
Celui qui, par l’esprit qui enfante tout, est seigneur de ceci et seigneur de toute activité, — infatigable, ferme, par la puissance du brahman, le sage : que Prāṇa se tienne ferme pour toi, ô Manu, pour les humains.
Mantra 25
ऊ॒र्ध्वः सु॒प्तेषु॑ जागार न॒नु ति॒र्यङ् नि प॑द्यते । न सु॒प्तम॑स्य सु॒प्तेष्वनु॑ शुश्राव॒ कश्च॒न
Debout, il veille parmi les dormeurs; certes, il ne s’affaisse pas de travers. Nul, lorsque tous dorment, n’a jamais entendu qu’il dormît.
Mantra 26
प्राण॒ मा म॑त् प॒र्यावृ॑तो॒ न मद॒न्यो भ॑विष्यसि । अ॒पां गर्भ॑मिव जी॒वसे॒ प्राण॑ ब॒ध्नामि॑ त्वा॒ मयि॑
Ô Prāṇa, ne te détourne pas de moi; ne deviens pas autre que mien. Comme l’embryon des eaux, pour la vie, ô Prāṇa, je te lie fermement en moi.
To praise and stabilize Prāṇa as the ruling life-force, so vitality returns, life remains established, and weakening or life-threatening collapse is averted.
Both. It functions as a healing/protective charm (bhaisajya/āyuṣya) while also teaching a brahmavāda view: breath is a cosmic sovereignty that upholds all beings and order.
No specific substances are required by the hymn. The primary ‘instrument’ is disciplined recitation with a steady, calming intent; optional water or a simple protective thread may be used by local tradition.
Answers come straight from the texts, with the shlokas they draw on. Ask in your own words.
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