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Śrāddha–Pitṛyajña-niścaya-prakaraṇa
Ritual-Manual (Śrāddha / Pitṛyajña) with Ethical-Discourse
Dans un dialogue avec Pṛthivī, Varāha explique la logique rituelle et les contraintes socio-éthiques du śrāddha (rites aux ancêtres). Pṛthivī demande comment les êtres passent d’un monde à l’autre selon le karma, qui sont les « pitṛs » recevant les offrandes, comment accomplir le piṇḍa-saṅkalpa mensuel et qui peut y prendre part. Varāha définit les trois principaux destinataires—père, grand-père et arrière-grand-père—, insiste sur le bon moment durant pitṛpakṣa et sur les tithi/parvan favorables, et prescrit des brāhmaṇas qualifiés comme récipiendaires, en excluant les apāṅkteya et les catégories troublant l’ordre social. Il décrit la procédure (darbhā, tilodaka, piṇḍas, orientation, purification, hospitalité) et présente le śrāddha correct comme soutien de l’ordre domestique et délivrance des états de preta/naraka. Le chapitre offre aussi une justification mythique liée à Soma, Brahmā et à l’origine divine des divinités pitṛ, faisant du śrāddha une intendance terrestre qui stabilise la réciprocité humain–ancêtres–cosmos.
Verse 1
अथ श्राद्धपितृयज्ञनिश्चयप्रकरणम् ॥ धरण्युवाच ॥ देवमानुषतिर्यक्षु प्रेतेषु नरकेषु च ॥ आयान्ति जन्तवः केचिद्भूत्वा गच्छन्ति चापरे
Voici maintenant la section sur la détermination du śrāddha et du pitṛ-yajña. Dharaṇī dit : « Parmi les dieux, les humains, les animaux, les défunts et aussi dans les enfers, certains êtres arrivent (naissent), et d’autres, étant devenus [tels], s’en vont. »
Verse 2
स्वप्नोपममिमं लोकं ह्यात्मकर्म शुभाशुभम् ॥ वर्तते तिष्ठते देव तव मायाबलैर्जगत्
Ce monde est vraiment semblable à un rêve ; les actions propres—bonnes et mauvaises—y opèrent. Ô Deva, l’univers agit et demeure par les puissances de ta māyā.
Verse 3
क एते पितरो देव श्राद्धं भोक्ष्यन्ति योगतः ॥ आत्मकर्मवशाल्लोके गतिः पञ्चसु वर्तते ॥
«Qui donc sont ces êtres ancestraux, ô Dieu, qui—par le rite approprié—prennent part au śrāddha ? Dans le monde, la marche (gati) d’un être se déploie en cinq voies, gouvernée par ses propres actes (karma).»
Verse 4
कथं तं पिण्डसङ्कल्पं मासे मासे नियोजयेत् ॥ के भवन्ति च भोक्तारः श्राद्धे पिण्डान्पितृक्रियाः ॥
«Comment doit-on, mois après mois, établir cette intention et cette offrande du piṇḍa ? Et qui sont ceux qui prennent part au śrāddha—ceux pour qui l’on accomplit les piṇḍas et les rites envers les ancêtres ?»
Verse 5
निश्चयं श्रोतुमिच्छामि परं कौतूहलं हि मे ॥ पृथिव्या एवमुक्तस्तु देवो नारायणो हरिः ॥
«Je souhaite entendre une conclusion certaine, car ma curiosité est grande.» Ainsi interpellé par Pṛthivī, le dieu Nārāyaṇa, Hari, se disposa à répondre.
Verse 6
वराहरूपी भगवान्प्रत्युवाच वसुन्धराम् ॥ श्रीवराह उवाच ॥ साधु भूमे वरारोहे सर्वधर्मव्यवस्थिते ॥
Le Seigneur Bienheureux, sous la forme de Varāha, répondit à Vasundharā : «Bien parlé, ô Terre—ô excellente—fermement établie dans l’ordonnancement de tous les dharmas.»
Verse 7
कथयिष्यामि ते देवि यन्मां त्वं परिपृच्छसि ॥ ये ते भवन्ति भोक्तारः पितृयज्ञेषु माधवि ॥
«Je te dirai, ô Déesse, en détail ce que tu me demandes : qui sont, pour toi, ceux qui prennent part aux rites du pitṛ-yajña, ô Mādhavī.»
Verse 8
पिता पितामहश्चैव तथैव प्रपितामहः ॥ क्रियते पिण्डसङ्कल्पो मासे ह्येकदिने तथा ॥
Ce sont le père, le grand-père et de même l’arrière-grand-père. Pour eux, on accomplit le saṅkalpa de l’offrande de piṇḍa, mois après mois, en un seul jour.
Verse 9
ज्ञात्वा नक्षत्रसंयोगं पितृपक्षे ह्युपागते ॥ तिथिं पर्वं विजानीयाद्येषु दत्तं महत्फलम् ॥
Après avoir déterminé la conjonction du nakṣatra lorsque le Pitṛ-pakṣa est arrivé, on doit reconnaître le tithi et le parvan convenables ; les offrandes faites en ces moments portent un grand fruit.
Verse 10
केचिद्यजन्ति यज्ञं वै ब्रह्मयज्ञं द्विजातयः ॥ केचिद्यजन्ति सुभगे देवयज्ञं हुताशने ॥
Certains dvija accomplissent en vérité le sacrifice nommé brahma-yajña. D’autres, ô bienheureuse, accomplissent le deva-yajña par des oblations dans le feu.
Verse 11
केचिच्च भूतयज्ञेन वर्त्तयन्ति सुमध्यमे ॥ केचिन्मनुष्ययज्ञेन पूजयन्ति गृहाश्रमे ॥
Certains se maintiennent par le bhūta-yajña, ô toi à la taille fine ; et certains, dans l’état de maître de maison, honorent autrui par le manuṣya-yajña.
Verse 12
पितृयज्ञं च भो देवि शृणु वक्ष्यामि निश्चयम् ॥ ये यजन्ति वरारोहे क्रतूनेकशतैरपि ॥
Et maintenant, ô Devī, écoute : j’exposerai avec certitude le pitṛ-yajña, même au sujet de ceux qui accomplissent des kratu par centaines, ô excellente.
Verse 13
सर्वे ते मयि वर्तन्ते सत्यमेतद्ब्रवीमि ते ॥ अग्निर्मुखं च देवानां हव्यकव्येषु माधवि ॥
«Toutes ces (fonctions rituelles) demeurent en Moi — telle est la vérité que je te déclare. Dans les offrandes d’oblation (havya) et les rites aux ancêtres (kavya), ô Mādhavī, Agni est dit la “bouche” des dieux.»
Verse 14
उत्तरोग्निरहं चैव दक्षिणाग्निरहं तथा ॥ अहम् आहवनीयोऽग्निः सर्वयज्ञेषु सुन्दरि ॥
«Je suis certes le feu du nord, et de même je suis le feu du sud. Je suis le feu Āhavanīya dans tous les yajñas, ô Sundarī.»
Verse 15
पावनः पावकश्चैव अहमेव व्यवस्थितः ॥ सर्वेष्वेव तु कार्येषु देवसत्रेषु माधवि ॥
«Comme le Purificateur et comme le feu purifiant, Moi seul suis établi; en vérité, dans tous les rites et dans les devasatras (sessions sacrificielles prolongées), ô Mādhavī.»
Verse 16
वैश्वदेवे नियुञ्जीत ब्रह्मचारी शुचिः सदा ॥ भिक्षुको देवतीर्थेषु वानप्रस्थो यतिस्तथा ॥
«Dans le rite du Vaiśvadeva, qu’on assigne un brahmacārin, toujours pur; de même, un mendiant aux tīrthas sacrés des dieux, ainsi qu’un vānaprastha et un yati.»
Verse 17
एतान्न भोजयेच्छ्राद्धे देवतीर्थेषु पूजयेत् ॥ व्रतस्थान्संप्रवक्ष्यामि श्राद्धमर्हन्ति ये द्विजाः ॥
«On ne doit pas nourrir ceux-ci lors d’un śrāddha; qu’on les honore plutôt aux tīrthas sacrés des dieux. Je vais maintenant exposer ceux qui observent les vœux — les dvijas dignes de recevoir au śrāddha.»
Verse 18
उत्तमो गृहसन्तुष्टः क्षान्तो दान्तो जितेन्द्रियः ॥ उदासीनः सत्यसन्धः श्रोत्रियो धर्मपाठकः ॥
Excellent est celui qui, content dans la vie de maison, est patient, maîtrisé et vainqueur des sens ; détaché, voué à la vérité, śrotriya instruit dans le Veda, et récitant/étudiant du dharma.
Verse 19
दत्त्वा हुताशनायादौ देवतीर्थेषु सुन्दरि ॥ मुखेषु पश्चाद्ब्राह्मणस्य पित्रे दद्याद्यथाविधि ॥
Après avoir d’abord offert à Hutāśana (Agni) dans les tīrtha sacrés des dieux, ô Sundarī, ensuite, selon la règle, qu’on donne aux « bouches » (les brāhmaṇa officiants), puis au père (destinataire du śrāddha).
Verse 20
चतुर्णामेव वर्णानां यद्यथा श्राद्धमर्हति ॥ तथा विधिः प्रयोक्तव्यः पितृयज्ञेषु सुन्दरि ॥
Pour les quatre varṇa, selon la manière dont le śrāddha convient à chacun, de cette même manière doit être appliquée la procédure dans les pitṛyajña, ô Sundarī.
Verse 21
यन्न पश्यन्ति ते भोज्यं श्वानः कुक्कुटसूकराः ॥ ब्राह्मणाश्चाप्यपांक्तेया नराः संस्कारवर्जिताः ॥
Au repas de śrāddha, qu’il n’y ait pas de nourriture vue ou atteinte par des chiens, des coqs et des porcs ; et qu’on n’y admette ni des brāhmaṇa inaptes à s’asseoir dans la rangée rituelle, ni des hommes dépourvus des saṃskāra requis.
Verse 22
सर्वकर्मकरा ये च सर्वभक्षाश्च ये नराः ॥ एताञ्छ्राद्धे न पश्येत्तु पितृयज्ञेषु सुन्दरि ॥
Et ceux qui vivent en accomplissant toutes sortes de services, ainsi que ceux qui mangent tout sans discernement : qu’on ne les fasse pas paraître au śrāddha ni aux pitṛyajña, ô Sundarī.
Verse 23
एते पश्यन्ति यच्छ्राद्धं तच्छ्राद्धं राक्षसं विदुः ॥ मया प्रकल्पितो भागो बलये पूर्वमेव तु
Ceux qui guettent des défauts dans le rite tiennent ce Śrāddha pour « rākṣasa » (impur ou entravé). Pourtant, j’avais auparavant fixé une part destinée à Bali (l’offrande aux êtres auxiliaires).
Verse 24
हृतं यदा तु त्रैलोक्यं शक्रस्यार्थे त्रिविक्रमॆ ॥ एवं श्राद्धं प्रतीक्षन्ति मन्त्रहीनमविक्रियम्
De même que, lors de l’épisode de Trivikrama, les trois mondes furent pris pour le bien de Śakra (Indra), de même ils guettent un Śrāddha dépourvu de mantras et sans accomplissement correct.
Verse 25
वर्जनीया बुधैरेते पितृयज्ञेषु सुन्दरि ॥ प्रच्छन्नं भोजयेच्छ्राद्धे तर्पयित्वा द्विजं शुचिः
Les sages doivent les éviter dans les rites destinés aux ancêtres, ô belle. Dans le Śrāddha, on doit nourrir l’invité d’une manière protégée ou couverte et, étant pur, après avoir d’abord satisfait le dvija (brāhmane « deux fois né »).
Verse 26
पितॄींस्तत्राह्वयेद्भूमे मन्त्रेण विधिपूर्वकम् ॥ पिण्डास्त्रयः प्रदातव्याः सह व्यञ्जनसंयुताः
Là, ô Terre, on doit invoquer les ancêtres par des mantras, selon la procédure prescrite. Trois piṇḍas (boules de riz) doivent être offerts, avec les mets d’accompagnement.
Verse 27
पिता पितामहश्चैव तथैव प्रपितामहः ॥ अपसव्येन दातव्यं मासिमासि तिलोदकम्
Au père, au grand-père et de même à l’arrière-grand-père, on doit offrir mois après mois l’eau au sésame (tilodaka), en accomplissant le rite selon l’orientation apasavya (vers la gauche, à rebours de l’usage).
Verse 28
एवं दत्तेन प्रीयन्ते पितरश्च न संशयः ॥ परमात्मा शरीरस्थो देवतानां मया कृतः
Par les offrandes données de cette manière, les ancêtres sont satisfaits—sans aucun doute. Le Soi suprême, demeurant dans le corps, a été établi par moi comme la présence intérieure des divinités.
Verse 29
त्रयस्तत्र वरारोहे देवगात्राद्विनिःसृताः ॥ पितृदेवा भविष्यन्ति भोक्तारः पितृपिण्डकान्
Là, ô dame à la belle démarche, trois êtres issus des corps des divinités deviennent des «pitṛ-devas», ceux qui goûtent les offrandes de piṇḍa destinées aux ancêtres.
Verse 30
देवतासुरगन्धर्वा यक्षराक्षसपन्नगाः ॥ छिद्रं श्राद्धेऽस्य पश्यन्ति वायुभूता न संशयः
Devas, asuras, gandharvas, yakṣas, rākṣasas et êtres serpents—devenus semblables au vent (subtils et mobiles)—aperçoivent toute «faille» dans ce Śrāddha; sans aucun doute.
Verse 31
पितृयज्ञं विशालाक्षि ये कुर्वन्ति विदो जनाः ॥ आयुः कीर्तिं बलं तेजो धनपुत्रपशुस्त्रियः
Ô toi aux grands yeux, les personnes avisées qui accomplissent le pitṛyajña, le rite aux ancêtres, obtiennent longévité, renommée, force, éclat et prospérité—richesse, enfants, bétail et bien-être du foyer.
Verse 32
ददन्ते पितरस्तस्य आरोग्यं नात्र संशयः ॥ आत्मकर्मवशाल्लोकान् प्राप्नुवन्तीह शोभनान्
Ses ancêtres lui accordent la santé—sans aucun doute. Et, sous la loi de ses propres actes (karma), il atteint des mondes auspices dans l’au-delà, comme conséquence de ses actions.
Verse 33
तिर्यग्भ्यश्च विमुच्यन्ते प्रेतभावेन मानवाः ॥ नरके पच्यमानानां त्राता भवति मानवः ॥
Même ceux qui sont tombés dans des états animaux sont délivrés, s’ils sont secourus par la condition de preta ; et pour ceux qui sont tourmentés en enfer, l’être humain devient un libérateur.
Verse 34
पूजकः पितृदेवानां सर्वकालं गृहाश्रमे ॥ द्विजातींस्तर्पयित्वा तु पूर्णेन विधिना नरः ॥
Dans l’état de maître de maison, l’homme doit en tout temps vénérer avec piété les divinités ancestrales ; et, après avoir rassasié les deux-fois-nés par des offrandes, qu’il accomplisse le rite selon la règle entière.
Verse 35
अक्षय्यं तस्य मन्यन्ते पितरः श्राद्धतर्पिताः ॥ नरा ये पितृभक्तास्ते प्राप्नुवन्ति परां गतिम् ॥
Les Pères (Pitṛs), rassasiés par le śrāddha, tiennent son offrande pour impérissable ; et les hommes dévoués aux ancêtres atteignent la voie suprême.
Verse 36
सात्विकं शुक्लपन्थानमेतॆ यान्ति विदो जनाः ॥ पुनरन्यत्प्रवक्ष्यामि शृणु तत्त्वेन सुन्दरि ॥
Ces sages cheminent sur la voie sāttvique, le « sentier blanc ». Je vais encore expliquer autre chose : écoute avec une intelligence attentive, ô belle.
Verse 37
कल्पान्तं पच्यमानापि त्रायन्ते येन मानवाः ॥ तेषां पुत्राश्च पौत्राश्च कदाचिदपि सुन्दरि ॥
Même s’ils sont tourmentés jusqu’à la fin d’un kalpa, par ce moyen les hommes sont délivrés ; et leurs fils et leurs petits-fils, à un moment donné, ô belle, participent aussi à cette délivrance.
Verse 38
मुंचन्ति जलबिन्दूंश्च अमां प्राप्य जलाशये ॥ तेनैव भविता तृप्तिस्तेषां निरयगामिनाम् ॥
Ils laissent couler même des gouttes d’eau, parvenus au jour de nouvelle lune auprès d’un réservoir d’eau ; par cela seul vient l’apaisement pour ceux qui sont voués à l’enfer.
Verse 39
ये वै श्राद्धं प्रकुर्वन्ति तर्पयित्वा द्विजातयः ॥ दत्त्वा तिलोदकं पिण्डान् पितृभ्यो भक्तिभावतः ॥
Ceux qui sont « deux fois nés » et accomplissent le śrāddha — après avoir offert le tarpaṇa pour apaiser, et après avoir donné aux ancêtres l’eau mêlée de sésame et les piṇḍa (boules de riz) avec un cœur dévot —
Verse 40
निरयात्तेऽपि मुच्यन्ते तृप्तिर्भवति चाक्षया ॥ गृह्य चोदुम्बरं पात्रं कृत्वा तत्र तिलोदकम् ॥
Eux aussi sont délivrés de l’enfer, et leur apaisement devient inépuisable. Prenant un récipient en bois d’udumbara et y préparant l’eau mêlée de sésame—
Verse 41
विप्राणां वचनं कृत्वा यथाशक्त्या च दक्षिणा ॥ देया तेषां तु विप्राणां पितॄणां मोक्षणाय च ॥
Après avoir suivi la parole des brāhmaṇa (prêtres savants), on doit offrir la dakṣiṇā selon ses moyens ; elle doit être donnée à ces prêtres eux-mêmes, pour la délivrance des ancêtres.
Verse 42
देयो नीलो वृषस्तत्र नरकार्त्तिविनाशनः ॥ नीलषण्डस्य लाङ्गूले तोयमप्युद्धरेद्यदि ॥
Là, l’on doit offrir un taureau bleu, destructeur des tourments de l’enfer. Et si l’on pouvait même puiser de l’eau au niveau de la queue du « taureau bleu » (nīlaṣaṇḍa)—
Verse 43
षष्टिवर्षसहस्राणि पितरस्तेन तर्पिताः ॥ मुक्तमात्रेण शृङ्गेण नीलषण्डेन सुन्दरि ॥
Pendant soixante mille ans, les ancêtres sont rassasiés par lui, ô belle, au moyen du seul corne du taureau bleu, une fois relâché.
Verse 44
उद्धृतो यदि सुश्रोणि पङ्कः शृङ्गेण तेन च ॥ बान्धवाः पितरस्तस्य निरये पतितास्तु ये ॥
Si, ô toi aux belles hanches, de la boue est soulevée par ce corne, alors ses proches—ses ancêtres—tombés en enfer sont à comprendre comme délivrés.
Verse 45
तानुद्धृत्य वरारोहे सोमलोकं स गच्छति ॥ मुक्तेन नीलषण्डेन यत्पुण्यं जायते भुवि ॥
Les ayant relevés, ô toi à la démarche gracieuse, il se rend au monde de Soma. Quelque mérite qui naît sur la terre par la libération du taureau bleu—
Verse 46
एष धर्मो गृहस्थानां पुत्रपौत्रसमन्विताः ॥ त्रातारश्च भविष्यन्ति वर्तयन्तो यथासुखम् ॥
Tel est le dharma des maîtres de maison : pourvus de fils et de petits-fils, ils deviennent protecteurs et soutiens, menant la vie avec l’aisance convenable.
Verse 47
पिपीलिकादिभूतानि जङ्गमाश्च विहङ्गमाः ॥ उपजीवन्ति सुश्रोणि गृहस्थेषु न संशयः ॥
Les êtres начиная par les fourmis, ainsi que les êtres mobiles et les oiseaux—ô toi aux belles hanches—dépendent pour leur subsistance des maîtres de maison ; il n’y a là aucun doute.
Verse 48
एवं गृहाश्रमो मूलं धर्मस्तत्र प्रतिष्ठितः ॥ मासिमासि तु ये श्राद्धं प्रकुर्वन्ति गृहाश्रमे ॥
Ainsi, l’āśrama du maître de maison est la racine ; c’est là que le dharma est établi. Et ceux qui, mois après mois, accomplissent le śrāddha au sein de l’āśrama domestique—
Verse 49
तिथौ पर्वणि ये चैव स्वपितॄींस्तारयन्ति वै ॥
Et ceux qui, au jour lunaire (tithi) et aux conjonctions festives (parvan), délivrent véritablement leurs propres ancêtres—
Verse 50
न यज्ञदानाध्ययनोपवासैस्तीर्थाभिषेकैरपि चाग्निहोत्रैः ॥ दानैरनेकैर्विधिसम्प्रदत्तैर्न तत्फलं श्राद्धगृहस्य धर्मे ॥
Ce n’est ni par les sacrifices, les dons, l’étude ou les jeûnes ; ni même par les bains dans les tīrtha de pèlerinage, ni par les rites d’agnihotra ; ni par de multiples aumônes offertes selon la règle—qu’on obtient ce fruit même qui appartient au dharma du maître de maison accomplissant le śrāddha.
Verse 51
पितरो निर्गतास्तत्र ब्रह्मविष्णुशरीरगाः ॥ पिता पितामहश्चैव तथैव प्रपितामहः ॥
Là, les ancêtres s’avancent, revêtus des formes corporelles de Brahmā et de Viṣṇu. (Ce sont) le père, le grand-père et de même l’arrière-grand-père.
Verse 52
एवं क्रमेण वै तत्र पितृदेवा वसुन्धरे ॥ देवताः कश्यपोत्पन्ना श्राद्धेषु विनियोजिताः ॥
Ainsi, selon l’ordre prescrit, ô Vasundharā, les divinités des Pitṛ—divinités nées de Kaśyapa—sont assignées à leur office dans les rites de śrāddha.
Verse 53
तत एते न जानन्ति देवाः शक्रपुरोगमाः ॥ ईश्वरश्च न जानाति आत्मदेहविनिःसृताः ॥
Ainsi, même les dieux, conduits par Śakra (Indra), ne les reconnaissent pas ; et même le Seigneur ne reconnaît pas ceux qui se sont retirés de leur propre corps.
Verse 54
न च ब्रह्मा विजानाति निःसृतो मम मायया ॥ एवं मायामयौ भूमौ ब्रह्मरुद्रौ बहिष्कृतौ ॥
Et Brahmā non plus ne le discerne, car il a été projeté au-dehors par ma māyā. Ainsi, ô Terre, Brahmā et Rudra—faits de māyā—demeurent au-dehors, exclus.
Verse 55
कृत्वा वै पिण्डसङ्कल्पं दर्भानास्तीर्य भूतले ॥ तेन ते पितृपिण्डेन पितृदेवा वसुन्धरे ॥
Ayant véritablement conçu l’intention de l’offrande de piṇḍa et étendu l’herbe darbha sur le sol, par ce piṇḍa des ancêtres, ô Vasundharā, les divinités Pitṛ furent honorées et servies.
Verse 56
अजीर्णेनाभिपीड्यन्ते भुज्यन्ते न च सुन्दरि ॥ ततो दुःखेन सन्तप्ताः पद्यन्ते सोममेव च ॥
Ils sont tourmentés par l’indigestion et ne peuvent prendre part à l’offrande, ô belle. Alors, brûlés par la souffrance, ils s’approchent aussi de Soma.
Verse 57
दृष्टाः सोमेन सुष्रोणि देवताजीर्णपीडिताः ॥ स्वागतेनाथ वाक्येन पूजितास्तदनन्तरम् ॥
Les ayant vus, Soma—ces divinités tourmentées par l’indigestion—ô toi aux belles hanches, les honora aussitôt par des paroles de bienvenue.
Verse 58
सोम उवाच ॥ देवताः कस्य चोत्पन्ना दुखिताः केन हेतुना ॥ एवं तु भाषमाणस्य सोमस्य तदनन्तरम् ॥
Soma dit : «De qui êtes-vous la descendance, ô divinités, et pour quelle raison souffrez-vous ?» Aussitôt après, tandis que Soma parlait ainsi…
Verse 59
श्राद्धे नियुक्तास्तैस्तु पितृपिण्डेन तर्पिताः ॥ अजीर्णं जायते सोम तेन वै दुःखिता वयम् ॥
«Lors du śrāddha, ils nous ont conviés et désignés, et nous avons été rassasiés par le piṇḍa offert aux ancêtres. Une indigestion survient, ô Soma ; c’est pourquoi nous sommes réellement affligés.»
Verse 60
सोम उवाच ॥ सखा चाहं भविष्यामि त्रयाणां च चतुर्थकः ॥ सहितास्तत्र गच्छामो यथा श्रेयो भविष्यति ॥
Soma dit : «Moi aussi, je deviendrai votre compagnon, le quatrième parmi les trois. Allons-y ensemble, afin que s’accomplisse ce qui est salutaire.»
Verse 61
एवमुक्तास्तु सोमेन पितृदेवास्तदन्तरे ॥ सोमं सोमेन गच्छन्ति श्रेयस्कामा वसुन्धरे ॥
Ainsi exhortés par Soma, les Pitṛ-devas, dans l’intervalle, s’avancèrent—désireux de ce qui est salutaire—avec Soma, ô Vasundharā.
Verse 62
ऊचुस्ते सोममेवापि वाक्यं नः श्रूयतामिति ॥ त्रयस्तु पितरो देवा ब्रह्मविष्णुहरोद्भवाः ॥
Ils dirent aussi à Soma : «Que notre parole soit entendue.» «Les trois Pères sont des divinités, nées de Brahmā, de Viṣṇu et de Hara (Rudra/Śiva).»
Verse 63
शरण्यं शरणं देवं ब्रह्माणं पद्मसम्भवम् ।। मेरुशृङ्गे सुखासीनं ब्रह्मर्षिगणसेवितम्
Cherchant asile auprès de la divinité qui accorde refuge—Brahmā, né du lotus—ils le virent assis en paix au sommet du Méru, honoré et servi par des multitudes de brahmarṣis.
Verse 64
य एते पितरो देव दुःखिताजीरनपीडिताः ।। आगताः शरणं चात्र सोमं सोमेन सत्तम
«Ces pères ancestraux, ô divinité, accablés par la souffrance et tourmentés par la faiblesse de la vieillesse, sont venus ici chercher refuge—avec Soma. Ô le meilleur parmi les Soma,»
Verse 65
यथा नश्यन्ति जीर्णानि तथा कुरु पितामह ।। मुहूर्तं ध्यानमास्थाय ईश्वरं च ददर्श ह
«De même que périssent les choses usées, ainsi agis, ô Pitāmaha (Grand-Père primordial).» Puis, ayant pris la méditation un instant, il contempla Īśvara.
Verse 66
उवाच वचनं तत्र ब्रह्मा योगीश्वरं प्रति ।। एते ते पितरो देव दुःखिताजीरनपीडिताः
Là, Brahmā s’adressa à Yogīśvara : «Voici tes pères ancestraux, ô divinité—affligés et tourmentés par la faiblesse et le mal.»
Verse 67
आगताः शरणं चात्र सोमेन सहिताः मम ।। आचक्ष्व निर्मिता येन यथा श्रेयो भवेत् तव
«Ils sont venus ici auprès de moi chercher refuge, accompagnés de Soma. Dis par quel moyen ils furent constitués et ordonnés, afin que pour toi advienne le bien et l’issue juste.»
Verse 68
ब्रह्मणा चैवमुक्तस्तु ईश्वरः परमेश्वरः ।। मुहूर्तं ध्यानमास्थाय दिव्यं योगं च माधवि
Ainsi interpellé par Brahmā, Īśvara—le Seigneur Suprême—demeura un instant en méditation, entrant dans un yoga divin, ô Mādhavī.
Verse 69
पश्यते ईश्वरं तत्र योगवेदाङ्गनिर्मितम् ।। विस्मयं परमं गत्वा ब्रह्माणं वाक्यमब्रवीत्
Là, il contempla Īśvara, dit constitué du yoga et des membres du Veda; puis, saisi d’un étonnement suprême, il adressa des paroles à Brahmā.
Verse 70
निर्मिता विष्णुना ब्रह्मन् वैष्णव्या मायया च ते ।। प्रथमं पितरौ देवा ये च श्रेष्ठा भवन्ति ते
«Ils furent constitués par Viṣṇu, ô Brahman, et aussi par la māyā vaiṣṇavī. Les premiers sont les deux divinités Pitṛ; et ceux qui sont les plus éminents le deviennent en ce rang.»
Verse 71
पिता तु ब्रह्मदैवत्यो मम गात्राद्विनिर्मितः ।। पितामहो विष्णुदेवो विष्णुगात्राद्विनिर्मितः
«Le Père est associé à Brahmā comme sa divinité et fut façonné de mon corps; le Grand-Père est une divinité de Viṣṇu, façonné du corps de Viṣṇu.»
Verse 72
प्रपितामहो रुद्रदेवो मम गात्राद्विनिर्मितः ।। श्राद्धे नियोजितास्तेऽत्र मर्त्येषु पितृदेवताः
«L’Arrière-grand-père est une divinité de Rudra, façonné de mon corps. Dans les rites de śrāddha, ces divinités Pitṛ sont instituées ici parmi les mortels.»
Verse 73
आगताः शरणं ब्रह्मन् सोमेन सहिताः यदि ॥ येन नश्यत्यजीर्णं च पितॄणां च सुखं भवेत्
S’ils sont venus chercher refuge, ô Brahmane, avec Soma—par quoi l’indigestion est dissipée et le bien-être des Pitṛs s’établit…
Verse 74
शृणु तत्ते प्रवक्ष्यामि ब्रह्मन् लोकपितामह ॥ शाण्डिल्यपुत्रस्तेजस्वी धूम्रकेतुर्विभावसुः
Écoute; je vais te l’exposer, ô Brahmane—dit l’Aïeul des mondes : le fils rayonnant de Śāṇḍilya, Dhūmraketu, Vibhāvasu (le Feu).
Verse 75
श्राद्धे तु प्रथमं तस्य दातव्यं मानुषेषु वा ॥ सह तेनैव भोक्तव्यं पितृपिण्डविसर्जितम्
Dans le śrāddha, on doit d’abord le donner à lui (Agni / le récipiendaire désigné), ou parmi les hommes (par l’entremise des officiants) ; et la part liée au piṇḍa relâché pour les Pitṛs doit être consommée avec cette offrande.
Verse 76
ईश्वरैनेवमुक्तस्तु ब्रह्मा कमलसम्भवः ॥ आहूय मनसा चैव ह्यागतो हव्यवाहनः
Ainsi interpellé par le Seigneur, Brahmā, né du lotus, l’appela par la seule pensée ; et Havyavāhana (Agni), porteur des oblations, arriva.
Verse 77
प्रदीप्तस्तेजसा वह्निः सर्वभक्षो हुताशनः ॥ योजितः पञ्चयज्ञेषु ब्रह्मणा मम मायया
Flamboyant de splendeur, Vahni—Hutāśana, le feu qui consume tout—fut établi parmi les cinq yajñas par Brahmā, par ma (celle du Seigneur) māyā.
Verse 78
ब्रह्माग्निं भाषते तत्र शृणुष्व च हुताशन ॥ भोक्तव्यं प्रथमं ब्रह्मन् पितृपिण्डविसर्जितम्
Là, Brahmā s’adressa à Agni : «Écoute, ô Hutāśana : d’abord, ô brahmane, il faut manger la part liée au piṇḍa offert et déposé pour les Pitṛs (ancêtres)».
Verse 79
त्वया भुक्तेति भोक्ष्यन्ति देवताः समरुद्गणाः ॥ भोक्तव्यं मध्यमं श्राद्धं पथ्यं अन्नं च वै सह
«Quand tu l’auras mangé», les dieux, avec les troupes des Maruts, en prendront part. Il faut manger la portion médiane du śrāddha, avec une nourriture convenable et salutaire.
Verse 80
पश्चाद्दत्तं तु तं पिण्डं सह सोमेन भुञ्जते ॥ ब्रह्मणा ह्येवमुक्तास्तु पितृदेवहुताशनाः
Mais le piṇḍa donné ensuite est mangé avec Soma. Ainsi, instruits par Brahmā, les Pitṛs, les dieux et Hutāśana (Agni) agissent conformément.
Verse 81
प्रस्थिताः सह सोमेन देवतास्ता वसुन्धरे ॥ पितृयज्ञं वरारोहे भोक्ष्यन्ति सहिताः सदा
Ces divinités partirent avec Soma, ô Vasundharā. Dans le Pitṛyajña, ô Varārohā, elles prendront part—ensemble—à jamais.
Verse 82
पश्चात्पिण्डान्प्रदद्याच्च दर्भानास्तीर्य भूतले ॥ प्रथमं ब्रह्मणोऽंशाय दद्यात्पिण्डं विधानतः
Ensuite, on doit offrir les piṇḍas, après avoir étendu l’herbe darbha sur le sol. D’abord, selon la règle rituelle, on donnera un piṇḍa comme part destinée à Brahmā.
Verse 83
पितामहाय रुद्रांशसम्भूताय तु मध्यमम् ॥ प्रपितामहाय विष्णोस्तु दद्यात्पिण्डं महीतले
Sur la terre, qu’on offre le piṇḍa du milieu au grand-père—dit né d’une part de Rudra—et qu’on donne aussi un piṇḍa à l’arrière-grand-père, ici rattaché à Viṣṇu.
Verse 84
विधिना मन्त्रपूर्वेण श्राद्धं कुर्वन्ति ये नराः ॥ तेषां वरं प्रयच्छन्ति पितरः श्राद्धतर्पिताः
Ceux qui accomplissent le śrāddha selon la règle prescrite et précédé de mantras—rassasiés par ce śrāddha, les ancêtres leur accordent une faveur.
Verse 85
मम मायाबलेनैव कृतं श्राद्धं द्विजातिभिः ॥ अपाङ्क्तेयांस्तथा विप्रान्प्रवक्ष्यामि वसुन्धरे
Par la seule puissance de ma māyā, le śrāddha a été accompli par les deux-fois-nés (dvijāti) ; et maintenant, ô Vasundharā, j’exposerai quels brāhmaṇas doivent être tenus pour apāṅkteya, «indignes de s’asseoir dans la rangée».
Verse 86
नपुंसकाश्चित्रकारा वसुपालविनिन्दकाः ॥ कुनखाः श्यावदन्ताश्च काणाश्च विकटोदऱाः
Les eunuques ; les peintres ; ceux qui dénigrent Vasupāla ; ceux dont les ongles sont difformes ; ceux dont les dents sont noircies ; les borgnes ; et ceux dont le ventre est difforme—tels sont énumérés comme disqualifiés.
Verse 87
नर्त्तका गायनाश्चैव तथा रङ्गोपजीविनः ॥ वेदविक्रयिणश्चैव सर्वे याजकयाजकाः
Les danseurs, les chanteurs et ceux qui vivent de la scène ; ceux qui vendent le Veda ; et tous ceux qui officient comme prêtres contre salaire ou font officier ainsi—tous ceux-là sont énumérés comme disqualifiés.
Verse 88
राजोपसेवकाश्चैव वाणिज्यक्रयविक्रयाः ॥ ब्रह्मयोन्यां समुत्पन्नाः सङ्कीर्णा पतिताश्च ये
Ceux qui servent les rois, et ceux qui vivent du commerce—achat et vente—; ainsi que ceux nés d’une lignée brāhmaṇa mais d’état mêlé, et ceux dits « déchus » : tous ceux-là sont tenus pour inaptes.
Verse 89
असंस्कारप्रवृत्ताश्च शूद्रकर्मोपजीविनः ॥ शूद्रकर्मकरा ये च गणका ग्रामयाजकाः
Ceux qui mènent leur vie sans les saṁskāras prescrits; ceux qui subsistent par des métiers de type śūdra; ceux qui accomplissent de tels travaux; les calculateurs/comptables; et les prêtres de village—tous ceux-là sont tenus pour inaptes.
Verse 90
दीक्षितः क्रोडपृष्ठश्च यश्च वार्धुषिको द्विजः ॥ विक्रेतारो रसानां च ये च वैश्योपजीविनः
L’initié (dīkṣita) ; celui qu’on appelle kroḍapṛṣṭha ; et le « deux-fois-né » qui est prêteur (vārdhuṣika) ; les vendeurs de rasa (condiments/jus) ; et ceux qui vivent d’un gagne-pain de type vaiśya—tous ceux-là sont tenus pour inaptes.
Verse 91
सर्वकर्मकरा ये च सर्वविक्रयिणस्तथा ॥ एतान्न भोजयेच्छ्राद्धे पितरर्थे च वसुन्धरे
Ceux qui font toutes sortes de travaux et ceux qui vendent toutes sortes de choses, on ne doit pas les nourrir lors d’un śrāddha accompli pour les ancêtres, ô Vasundharā.
Verse 92
दूराध्वानं गता ये च तत्र कर्मोपजीविनः ॥ रसविक्रयिणश्चैव शैलूषस्तिलविक्रयी
Ceux qui sont partis pour de longs voyages et y gagnent leur vie par leur travail; les vendeurs de rasa (condiments/jus); un acteur (śailūṣa); et un vendeur de sésame—tous ceux-là sont tenus pour inaptes.
Verse 93
श्राद्धकालमनुप्राप्तं राजसं तं विदुर्बुधाः ॥ अन्ये ये दूषिता देवि द्विजरूपेण राक्षसाः
Les sages reconnaissent qu’au temps du śrāddha s’est manifestée une disposition rājasa. Et il en est d’autres, ô Déesse, forces de corruption : des rākṣasas prenant l’apparence de brāhmanes.
Verse 94
एतन्न पश्येच्छ्राद्धेषु पितृपिण्डेषु माधवि ॥ अपाङ्क्तेयाँस्तथा विप्रान्भुञ्जतः पश्यतो द्विजान्
Ô Mādhavī, qu’on ne les laisse pas paraître aux śrāddhas ni lors des offrandes de piṇḍa aux ancêtres ; de même, qu’on évite les brāhmanes inaptes (apāṅkteya) et aussi ceux qui mangent en regardant les autres manger.
Verse 95
पितरस्तस्य षण्मासं दुःखमृच्छन्ति दारुणम् ॥ न्यस्तपात्रं द्रुतं कुर्यात्प्रायश्चित्तमुभौ धरे
Ses ancêtres endurent une souffrance terrible durant six mois. C’est pourquoi, après avoir mis de côté le récipient rituel, on doit accomplir sans délai une expiation (prāyaścitta) ici sur la terre.
Verse 96
धृतं तु जुहुयादग्नावादित्यं चावलोकयेत् ॥ पुनरावपनं कृत्वा पितरं च पितामहान्
Qu’on verse du ghee dans le feu et qu’on contemple le Soleil ; puis, après avoir accompli la ré-offrande (punar-āvapana), qu’on honore les ancêtres et les aïeux.
Verse 97
गन्धपुष्पं च धूपं च दद्यादर्घ्यं तिलोदकम् ॥ यथाविधिं च विप्राय भोजयेच्च पुनः शुचिः
Qu’on offre parfum, fleurs et encens, et qu’on présente l’arghya avec de l’eau au sésame ; puis, de nouveau purifié, qu’on nourrisse le brāhmane selon la règle.
Verse 98
पुनश्चान्यत्प्रवक्ष्यामि शृणु तत्त्वेन सुन्दरि ॥ ज्ञानशुद्धेन विप्रेण मन्त्रशुद्धिं यथाविधि
Je vais encore exposer autre chose ; écoute en vérité, ô belle : la purification et la justesse du mantra, selon la règle, sont assurées par un brāhmaṇa dont la connaissance est pure.
Verse 99
मृतान्नं ये न भुञ्जन्ति कदाचिदपि माधवि ॥ वैश्वदेवेषु दातव्यं श्राद्धेषु च न योजयेत्
Ô Mādhavī, ceux qui ne mangent jamais de nourriture liée aux circonstances funéraires : qu’on donne cette nourriture dans l’offrande vaiśvadeva, et qu’on ne l’emploie pas dans les rites de śrāddha.
Verse 100
दम्भकारकृतोच्छिष्टं कृत्वा तु नरकं व्रजेत् ॥ प्रायश्चित्तं प्रवक्ष्यामि यथा शुध्यन्ति ते नराः
Celui qui produit ou manipule des restes issus de l’hypocrisie et de l’ostentation va au naraka, état de souffrance. Je dirai l’expiation par laquelle ces hommes sont purifiés.
Verse 101
माघमासे तु द्वादश्यां सर्पिर्युक्तं तु पायसम् ॥ स लिहेन्मधुमांसॆन तर्पयित्वा द्विजातयः
Au mois de Māgha, au douzième tithi, qu’on prépare du pāyasa mêlé de ghee ; après avoir rassasié les dvijāta, il en goûte avec du miel et de la viande, ainsi que le dit le texte.
Verse 102
सवत्सां कपिलां दद्यादात्मनः शुद्धिकामुकः ॥ पुनः श्राद्धं प्रकुर्वीत चात्मनः शुभकामुकः
Désireux de sa propre purification, qu’il donne une vache kapilā, fauve, avec son veau ; et désireux de son propre bien, qu’il accomplisse ensuite de nouveau le śrāddha.
Verse 103
स्नानोऽपलेपनं भूमे कृत्वा विप्रान्प्रमन्त्रयेत् ॥ दन्तकाष्ठं विसृज्यैव ब्रह्मचारी शुचिर्भवेत् ॥
Ô Terre, après avoir accompli le bain et l’onction, qu’on consacre rituellement les brāhmaṇas par des mantras appropriés ; et, renonçant au bâtonnet dentaire, que le brahmacārin demeure pur.
Verse 104
यत्नेन मिथुनं श्राद्धे भोजयित्वा विसर्ज्जयेत् ॥ अमायां च विशालाक्षि दन्तकाष्ठं न खादयेत् ॥
Avec soin, lors d’un śrāddha, qu’on nourrisse une paire (de brāhmaṇas) puis qu’on les congédie ; et, au jour de nouvelle lune, ô toi aux grands yeux, qu’on ne mâche pas le bâtonnet dentaire.
Verse 105
अमायां तु च यो मूर्खो दन्तकाष्ठं हि खादति ॥ हिंसितो हि भवेत्सोमो देवताः पितरस्तथा ॥
Mais au jour de nouvelle lune, l’insensé qui mâche vraiment le bâtonnet dentaire—on dit qu’il lèse Soma, ainsi que les divinités et les ancêtres.
Verse 106
प्रभातायां तु शर्वर्यामुदिते च दिवाकरे ॥ दिवाकृत्यं ततो गृह्य विप्रस्य विधिपूर्व्वकम् ॥
À l’aube, lorsque la nuit s’est retirée et que le soleil s’est levé, après avoir accompli les devoirs du jour, qu’on s’avance alors selon la règle auprès du brāhmaṇa (officiant ou récipiendaire).
Verse 107
श्मश्रुकर्म च कर्त्तव्यं नखानां छेदनानि च ॥ स्नापनाभ्यञ्जने दद्यात्पितृभक्तेन सुन्दरी ॥
Il faut aussi accomplir le soin ou le rasage, ainsi que la coupe des ongles ; et, pour le bain et l’onction, que pourvoie aux besoins celui qui est dévoué aux ancêtres, ô belle.
Verse 108
पक्वान्नं तत्र वै कार्यं सुविमृष्टं च शुद्धितः ॥ वृत्ते तु तत्र मध्याह्ने श्राद्धारम्भं तु कारयेत् ॥
Là, l’on doit préparer une nourriture cuite, soigneusement nettoyée et purifiée ; et lorsque le midi est arrivé, l’on doit y commencer le śrāddha.
Verse 109
आसनं कल्पयित्वा तु आवाह्य तदनन्तरम् ॥ अर्घ्यं दत्त्वा विधानेन गन्धमाल्यैः प्रपूज्य च ॥
Après avoir disposé un siège, puis les avoir invoqués, après avoir offert l’arghya selon la règle prescrite, on doit aussi les honorer dûment par des parfums et des guirlandes.
Verse 110
धूपं दीपं तथा वस्त्रं तिलोदकमथापि वा ॥ पात्रं च भोजनस्यार्थे विप्राग्रे धारयेत्तथा ॥
Encens, lampe et étoffe, ainsi que de l’eau mêlée de sésame ; et de même un récipient destiné au repas : tout cela doit être placé devant le brāhmane.
Verse 111
भस्मना मण्डलं कार्यं पङ्क्ति दोषनिवारकम् ॥ अग्निकार्यं ततः कृत्वा अन्नं च परिवेषयेत् ॥
Avec de la cendre, on doit tracer un cercle qui écarte les défauts (ou l’inauspice) touchant la rangée des convives ; puis, après avoir accompli le rite du feu, on doit servir la nourriture.
Verse 112
तत्र कार्यो न सङ्कल्पः पितॄन्नुद्दिश्य सुन्दरी ॥ यथासुखेन भोक्तव्यमिति ब्रूयाद्द्विजं प्रति ॥
Là, ô belle, on ne doit pas faire de saṅkalpa en visant les ancêtres ; au contraire, l’on doit dire au deux-fois-né : « Mangez à votre aise, selon votre bon plaisir ».
Verse 113
रक्षोघ्नमन्त्रपाठांश्च श्रावयीत विचक्षणः ॥ तृप्तं तु ब्राह्मणं दत्त्वा दद्याद्वै विकिरं ततः ॥
L’officiant avisé fera entendre la récitation des mantras de protection qui anéantissent les rākṣasas. Ensuite, après avoir comblé et honoré le brāhmaṇa, il offrira le vikira, l’offrande à disperser.
Verse 114
उत्तरीयासनं दत्त्वा पिण्डप्रश्नं तु कारयेत् ॥ दक्षिणाभिमुखो भूत्वा दर्भानास्तीर्य भूतले ॥
Après avoir offert un vêtement supérieur et un siège, on procédera à l’interrogation concernant l’offrande de piṇḍa. Tourné vers le sud, on étendra l’herbe darbha sur le sol.
Verse 115
पिण्डदानं प्रकुर्वीत पित्रादित्रितये तथा ॥ पिण्डानां पूजनं कार्यं तन्तुवृद्ध्यै यथाविधि ॥
On accomplira l’offrande des piṇḍas à la triade des ancêtres, à commencer par le père. Le culte rendu aux piṇḍas doit être exécuté selon la règle, pour accroître la continuité de la lignée.
Verse 116
ब्राह्मणस्य च हस्ते तु दद्यादक्षय्यमात्मवान् ॥ दक्षिणाभिः प्रतोष्यापि स्वस्ति वाच्यं विसर्जयेत् ॥
L’homme maître de lui déposera dans la main du brāhmaṇa le don impérissable. L’ayant aussi satisfait par la dakṣiṇā, il le congédiera après avoir prononcé des paroles de bon augure (svasti).
Verse 117
पिण्डास्त्रयस्तु वसुधे यावत्तिष्ठन्ति भूतले ॥ अप्यायमानाः पितरस्तावत्तिष्ठन्ति वै गृहे ॥
Ô Vasudhā, tant que les trois piṇḍas demeurent sur le sol, durant ce même temps les ancêtres—nourris—demeurent présents dans la demeure.
Verse 118
वैष्णवी काश्यपी चेति अक्षया चेति नामतः ॥ भक्षयेत्प्रथमं पिण्डं पत्न्यै देयं तु मध्यमम् ॥
On les nomme « Vaiṣṇavī », « Kāśyapī » et « Akṣayā ». Que l’on consomme le premier piṇḍa ; celui du milieu, toutefois, doit être donné à l’épouse.
Verse 119
तृतीयमुदके दद्याच्छ्राद्धे एवं विधिः स्मृतः ॥ पितृदेवांश्च विसृजेत् ततश्च प्रणमेत् तान् ॥
Le troisième doit être déposé dans l’eau ; dans le śrāddha, telle est la règle mémorisée. Ensuite, qu’on congédie les pitṛ-devas, puis qu’on se prosterne devant eux.
Verse 120
एवं दत्तेन तुष्यन्ति पितृदेवा न संशयः ॥ दीर्घायुष्यं प्रयच्छन्ति पुत्रपौत्रधनानि च ॥
Par des offrandes faites ainsi, les pitṛ-devas sont satisfaits, sans aucun doute. Ils accordent longue vie, ainsi que fils, petits-fils et prospérité.
Verse 121
ज्ञानोत्तमेषु विप्रेषु दद्याच्छ्राद्धं विधानतः ॥ अन्यथा तत्तु वै श्राद्धं निष्फलं नास्ति संशयः ॥
Qu’on offre le śrāddha, selon la règle prescrite, à des brāhmaṇas éminents par la connaissance. Autrement, ce śrāddha est assurément sans fruit, sans aucun doute.
Verse 122
मन्त्रहीनं क्रियाहीनं यः श्राद्धं कुरुते द्विजः ॥ मद्भक्तस्यासुरेन्द्रस्य फलं भवति भागतः ॥
Si un dvija (deux fois né) accomplit le śrāddha sans mantras et sans les actes requis, son fruit échoit, pour une part, à un seigneur des asuras dévoué à moi.
Verse 123
उद्धरेद्यदि पात्रं तु ब्राह्मणो ज्ञानवर्जितः॥ राक्षसैर्ह्रियते तच्च भुञ्जतस्तस्य सुन्दरि॥
Mais si un brāhmaṇa dépourvu de connaissance prend la place d’un pātra (réceptacle qualifié), on dit que cette offrande est emportée par les rākṣasas tandis qu’il la mange, ô belle.
Verse 124
एतत्ते कथितं भद्रे पितृकार्यमनुत्तमम्॥ उत्पतिश्चैव दानं च यत्पुण्यं कथितं तव॥
Ainsi, ô bienheureuse, le rite incomparable pour les Ancêtres (pitṛkārya) t’a été exposé ; et l’on t’a aussi décrit le mérite sacré lié à l’apparition (des fruits) et au don (dāna).
Verse 125
अपरं चापि वसुधे किमन्यच्छ्रोतुमिच्छसि।
Et encore, ô Vasudhā (Terre), que désires-tu entendre de plus ?
Verse 126
करिष्यन्ति च ये श्राद्धं श्रद्धया ज्ञानिनो जनाः॥ तत्सर्वं कथयिष्यामि श्रूयतां शुभ लोचने॥
Et quant aux gens instruits qui accompliront le śrāddha avec foi, je dirai tout cela ; qu’on écoute, ô toi aux yeux de bon augure.
Verse 127
तस्करा लेखकाऱाश्च याजका रङ्गकारकाः॥ शौलिका गिरिका ये च दाम्भिका ये च माधवि॥
Voleurs, scribes, sacrificateurs de métier et gens de théâtre ; ainsi aussi les śaulikas, les girikas et les hypocrites, ô Mādhavī.
Verse 128
प्रेतान्नं भुञ्जमानास्तु श्राद्धमर्हन्ति ये द्विजाः॥ तेषां दोषं प्रवक्ष्यामि भुक्तं भोजयते तु सः॥
Quant aux deux-fois-nés qui consomment le pretānna tout en étant tenus pour dignes du repas de śrāddha, j’exposerai leur faute : en vérité, il fait manger aux autres ce qui a déjà été mangé.
Verse 129
स्वागतं च तथा कृत्वा पाद्यार्थं सलिलं शुचि॥ पाद्यं दत्त्वा तु विप्राय गृहस्याभ्यन्तरं नयेत्॥
Après avoir dûment offert l’accueil, qu’on présente de l’eau pure pour laver les pieds ; puis, après avoir donné le pādya au brāhmaṇa, qu’on le conduise à l’intérieur de la maison.
Verse 130
उपस्पृश्य शुचिर्भूत्वा दद्याच्छान्त्युदकानि च॥ प्रणम्य शिरसा भूमौ निवापस्य च धारिणीः॥
Après s’être purifié en touchant l’eau et être devenu pur, qu’on donne aussi les eaux d’apaisement (śānty-udaka) ; et, la tête inclinée jusqu’au sol, qu’on honore les porteurs liés à l’offrande (nivāpa).
Verse 131
वेदविद्याव्रतस्नातो सुविमृष्टान्नभोजकः॥ ईदृशान्भोजयेच्छ्राद्धे पितृयज्ञेषु माधवि॥
Celui qui est formé au Veda et au savoir, qui a accompli les observances et le bain rituel, et qui mange une nourriture bien préparée et pure : de tels hommes doivent être nourris au śrāddha et lors des offrandes aux ancêtres, ô Mādhavī.
Verse 132
प्रणम्य शिरसा देवीर्निर्वापस्य च धारिणीः॥ वैष्णवी काश्यपी चेति अजया चेति नामतः॥
La tête inclinée, qu’on honore les déesses qui sont les porteuses associées à l’offrande de nirvāpa, à savoir : Vaiṣṇavī, Kāśyapī et Ajayā.
Verse 133
अज्ञानतमसारूढा निकृतिज्ञाः शठास्तथा ॥ स्नेहपाशशतेनैव पच्यन्ते नरके नराः
Les hommes plongés dans les ténèbres de l’ignorance—connaissant la tromperie et, de même, rusés—sont cuits en enfer, liés par des centaines de liens d’attachement.
Verse 134
षष्टिवर्षसहस्राणि षष्टिवर्षशतानि च ॥ सोमलोकेषु मोदन्ते क्षुत्तृड्भ्यां च विवर्जिताः
Pendant soixante mille ans, et encore soixante centaines d’années, ils se réjouissent dans les mondes de Soma, exempts de faim et de soif.
Verse 135
पुनश्चान्यत्प्रवक्ष्यामि पितृयज्ञेषु सुन्दरी ॥ दद्याद्वै ब्राह्मणमुखे नाग्नौ तु जुहुयात्क्वचित्
De nouveau, ô belle, j’exposerai un autre point concernant les offrandes aux ancêtres : il faut assurément donner dans la bouche (c’est-à-dire à la personne) d’un brāhmaṇa ; mais il ne faut jamais l’offrir au feu.
Verse 136
दृष्ट्वा पितामहं देवं प्रणम्य सहसा क्षितौ ॥ अत्रिपुत्रेण सोमेन भाषितो वै पितामहः
Ayant vu le divin Pitāmaha et s’étant aussitôt prosterné à terre, Pitāmaha fut véritablement adressé par Soma, le fils d’Atri.
Verse 137
ब्राह्मणानां हितार्थाय निर्मिता विष्णुमायया ॥ तर्पिताः पितृयज्ञेषु पितरोऽजीर्णपीडिताः
Pour le bien des brāhmaṇas, cela fut établi par la māyā de Viṣṇu ; dans les rites aux ancêtres, les Pitṛ sont rassasiés—surtout lorsqu’ils sont tourmentés par l’indigestion.
Verse 138
एवं तु प्रथमं श्राद्धं दद्यादग्नेरवसुन्धरे ॥ उद्दिश्य च पितॄन्देवी तर्पयित्वा द्विजातयः
Ainsi, ô Vasundharā, on doit accomplir le premier śrāddha de cette manière, distinct de l’offrande au feu ; et, ô déesse, après avoir désigné les ancêtres et accompli le tarpaṇa, les deux-fois-nés doivent poursuivre.
Pṛthivī questions Varāha on karmic movement among realms after death, the identity and ontology of the pitṛs who receive offerings, and the correct monthly and seasonal discipline of piṇḍa-saṅkalpa within household life.
Varāha delivers a determinative (nirṇaya) exposition of śrāddha/pitṛyajña: defining the principal pitṛ-recipients (father–grandfather–great-grandfather), insisting on pitṛpakṣa and proper tithi/parvan selection, and laying out eligibility rules for brāhmaṇa recipients while excluding apāṅkteya and socially disruptive categories; he also details the rite’s spatial-temporal grammar (madhyāhna performance, orientation, purification, hospitality, and controlled distribution).
A mythic rationale is supplied to stabilize the manual: Soma’s mediation and Brahmā’s role on Meru ground the pitṛ-deities’ origin and authority, while a corrective exemplum involving Agni’s lineage (Dhūmraketu/Vibhāvasu) legitimizes procedural order—thereby resolving why precise sequence, purity, and recipient-qualification are causally efficacious rather than merely conventional.
No explicit standalone phalaśruti is foregrounded; the chapter’s closing logic functions as an implicit phalaśruti: correct śrāddha sustains gṛhastha order (dharma-mūla), yields welfare (āyuḥ, kīrti, bala), and relieves beings from preta/naraka conditions, while incorrect performance produces disorder and suffering.
Meru-śṛṅga (Meru peak) is referenced as Brahmā’s location; otherwise the chapter is largely non-geographical and procedural, focusing on household (gṛha) ritual space and “devatīrtha” as a general category rather than named sites.
The text frames śrāddha as a disciplined household duty that links karma, social order, and intergenerational responsibility. It instructs that correct ritual timing, qualified recipients, and procedural purity are not merely formalities but mechanisms by which the household (gṛhastha) sustains a stable exchange between living society, ancestors (pitṛs), and the wider cosmic order. Improper performance is described as producing disorder and suffering, while proper performance supports welfare (āyuḥ, kīrti, bala) and relief from preta/naraka conditions.
The chapter emphasizes pitṛpakṣa observance and careful selection of tithi and parvan, as well as recurring monthly performance (māsi māsi). It also specifies practical timing cues such as midday initiation of the rite (madhyāhna) after preparatory purification, and mentions amāvāsyā-related restrictions (e.g., avoiding dantakāṣṭha), indicating lunar-phase sensitivity in śrāddha discipline.
Through Pṛthivī as interlocutor, the chapter implicitly treats the household as a terrestrial node of care: orderly food preparation, regulated distribution, purity management, and avoidance of disruptive presences are presented as stabilizing practices that prevent social and karmic ‘pollution.’ The narrative also portrays gṛhastha-āśrama as dharma’s ‘root’ (mūla), suggesting that sustainable human life on Earth depends on disciplined reciprocity—feeding authorized guests, honoring ancestors, and maintaining controlled ritual spaces rather than wasteful or chaotic consumption.
The narrative references a mythic lineage of pitṛ-deities associated with Brahmā, Viṣṇu, and Rudra, and introduces Soma as a mediating figure who accompanies the pitṛ-deities to Brahmā on Meru. It also names a fire lineage via Śāṇḍilya’s son Dhūmraketu (Vibhāvasu/Agni), used to explain a procedural correction in śrāddha consumption order. These figures function as cultural-theological authorities legitimizing ritual protocol rather than as datable historical persons.
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