Varaha Purana - Adhyaya 149
Varaha PuranaAdhyaya 14998 Shlokas

Adhyaya 149: The Sacred Geography and Merit of Dvārakā

Dvārakā-māhātmya

Ancient-Geography (Tīrtha-Māhātmya) and Ritual-Manual

Le chapitre s’ouvre sur Pṛthivī (Dharaṇī), profondément apaisée après l’éloge de Stutasvāmin, qui demande un enseignement plus élevé. Varāha répond en déroulant un cadre du Dvāpara-yuga : l’essor de la lignée des Yādava, l’établissement de Dvārakā décrite comme édifiée par puissance divine, puis la crise à venir due à la malédiction de Durvāsas. Il en expose la cause immédiate : la tromperie de Sāmba, feignant une grossesse, d’où naît la prophétie du musala (massue) et, finalement, la destruction des groupes Vṛṣṇi–Andhaka–Bhoja, tandis que Balarāma entraîne la cité vers la mer. Varāha passe ensuite à un itinéraire pédagogique des lieux saints de Dvārakā (tīrtha, kuṇḍa, arbres), avec bains aux moments prescrits, offrandes de piṇḍa et conditions éthiques de pureté contre le péché, conférant le ciel ou la propre loka de Varāha, et présentant la sainteté terrestre comme une discipline de conduite enracinée dans les lieux.

Speakers

VarāhaPṛthivī (Dharaṇī)

Key Concepts

Dvārakā-kṣetra as sacred geography (tīrtha network)Durvāsas-śāpa and lineage dissolution (Vṛṣṇi–Andhaka–Bhoja)Ritual bathing (snāna/abhiṣeka) with vrata-like time requirementsPiṇḍa-offering logic and moral visibility (puṇya vs. pāpa)Environmental sanctity: groves, trees, springs, sea-shores as ethical landscapesTithi-based observance (caturviṁśati-dvādaśī, ekādaśī) and calendrical discipline
Recitation with translationVaraha Purana Adhyaya 149

Shlokas in Adhyaya 149

Verse 1

अथ द्वारकामाहात्म्यम्॥ सूत उवाच॥ श्रीस्तुतस्वामिमाहात्म्यं श्रुत्वा धर्मपरायणा॥ परितुष्टमना देवी वाक्यमेतदुवाच ह॥

Voici maintenant le récit de la grandeur de Dvārakā. Sūta dit : Ayant entendu la grandeur de Śrī-Stutasvāmin, la déesse vouée au dharma, l’esprit satisfait, prononça ces paroles.

Verse 2

धरण्युवाच॥ एतच्छ्रुत्वा तु माहात्म्यं देव देववर प्रभो॥ मम चित्तस्य परमा जाता शान्तिरनुत्तमा॥

Dharaṇī (la Terre) dit : «Ayant entendu ce récit de grandeur, ô Dieu, le meilleur des dieux, Seigneur, une paix suprême et sans égale s’est levée en mon esprit».

Verse 3

नाराचधारावरणासिधारी सुररिपुवधकारी धरणीधरः ॥ धृतशङ्खगदाब्जचक्रपाणिः स्वयमिह शास्त्रमुदावहत्प्रधानम् ॥

Portant une épée, comme un rempart contre l’averse de flèches—lui qui abat les ennemis des dieux, le Soutien de la Terre—tenant conque, massue, lotus et disque en ses mains, il proclama ici lui-même l’enseignement suprême (śāstra).

Verse 4

एवं हि गुणमाहात्म्यं स्तुतस्वामिनि मच्छ्रुतम् ॥ अस्माच्छेदं परं श्रेष्ठं तन्मे वद कृपानिधे ॥

Ainsi, ô Seigneur loué, j’ai entendu la grandeur de tes qualités. Dis-moi maintenant ce qui est plus élevé et le plus excellent—ô trésor de compassion—au-delà de ce récit.

Verse 5

श्रीवराह उवाच ॥ एवं भूमे वरं श्रेष्ठे फुल्लपङ्कजमालिनि ॥ कथयिष्यामि चान्यत्ते गुह्यं पापभयापहम् ॥

Śrī Varāha dit : «Qu’il en soit ainsi, ô Terre—ô excellente, parée de guirlandes de lotus épanouis. Je te dirai aussi autre chose : un enseignement secret qui ôte la crainte née de la faute».

Verse 6

द्वापरं युगमासाद्य यादवाणां कुलोद्वहः ॥ शौरीति तत्र विख्यातो भविष्यति पिता मम ॥

Quand viendra l’âge de Dvāpara, le soutien de la lignée des Yādava—célèbre là sous le nom de «Śauri»—sera mon père.

Verse 7

द्वारकेति च विख्याता पुरी तत्र स्थिता अभवत् ॥ या च देवपुरी रम्या विश्वकर्मविनिर्मिता ॥

Là se dressait une cité renommée Dvārakā—belle comme une ville des dieux—édifiée par Viśvakarman.

Verse 8

पञ्चयोजनविस्तारा दशयोजनमायता ॥ वसाम्यत्र वरारोहे शतपञ्चसमास्तथा ॥

Elle avait cinq yojanas de largeur et dix yojanas de longueur. J’y demeure, ô toi aux hanches gracieuses, pendant cent cinq années.

Verse 9

भारावतरणं कृत्वा देवानां सुमहत्प्रियम् ॥ पुनरप्यागमिष्यामि स्वर्लोकं प्रति सुन्दरि ॥

Ayant accompli la «descente et l’allègement du fardeau», acte très cher aux dieux, je retournerai de nouveau vers Svarga, ô belle.

Verse 10

तस्य शापाभिसन्तापाद्द्वारकावासिनो धरे ॥ वृष्ण्यन्धकाश्च भोजाश्च गमिष्यन्ति यमक्षयम् ॥

Sous l’ardeur de la souffrance née de cette malédiction, ô Terre, les habitants de Dvārakā — les Vṛṣṇi, les Andhaka et les Bhoja — iront au séjour de Yama.

Verse 11

चन्द्रपाण्डुरसङ्काशो वनमाली हलायुधः ॥ हलेनाकृष्य नगरं समुद्रं गमयिष्यति ॥

Semblable à la pâle clarté de la lune, portant une guirlande sylvestre, le brandisseur de la charrue, traînant la cité avec sa charrue, la fera aller dans la mer.

Verse 12

नारायणवचः श्रुत्वा धर्मकामा वसुन्धरा ॥ उभौ तौ चरणौ गृह्य पुनः पप्रच्छ माधवी ॥

Ayant entendu les paroles de Nārāyaṇa, Vasundharā — éprise de dharma — saisit ses deux pieds; puis Mādhavī l’interrogea de nouveau.

Verse 13

धरण्युवाच ॥ लोकनाथोऽसि सर्वेषां देव मायाकरण्डक ॥ शपिष्यति कथं तत्र दुर्वासास्तद्वदस्व मे ॥

Pṛthivī dit : « Tu es le Seigneur de tous les mondes, ô Dieu, coffret de puissance merveilleuse. Comment, en ce contexte, Durvāsas proférera-t-il une malédiction ? Dis-le-moi. »

Verse 14

श्रीवराह उवाच ॥ तत्र जाम्बवती नाम मम पत्नी भविष्यति ॥ रूपयौवनसम्पन्ना मम भोगसमन्विता ॥

Śrī Varāha dit : « Là, une femme nommée Jāmbavatī deviendra mon épouse, pourvue de beauté et de jeunesse, et liée à ma jouissance et à la prospérité du monde. »

Verse 15

तस्याः पुत्रो महाभागो रूपयौवनदर्पितः ॥ साम्ब इत्यभिविख्यातो ममैव सततं प्रियः ॥

« Son fils sera très fortuné, fier de sa beauté et de sa jeunesse ; il sera connu sous le nom de Sāmba et m’est toujours cher. »

Verse 16

तेनैव क्रीडमानेन कृत्वा गर्भमतथ्यतः ॥ स पृष्टः परमश्रेष्ठ ऋषिरेषा प्रसोष्यति ॥

«Tandis qu’il se livrait ainsi au jeu, il fabriqua une grossesse mensongère. Alors on interrogea le ṛṣi suprême : “Cette femme enfantera-t-elle ?”»

Verse 17

पुत्रकामा त्वियं बाला मुने तत्प्रब्रवीहि मे ॥ साम्बोऽयमिति च ज्ञात्वा स मुनिः कोपमूर्च्छितः ॥

«“Cette jeune fille désire un fils, ô muni ; dis-le-moi”, dirent-ils. Et comprenant : “C’est Sāmba”, le muni fut saisi de colère.»

Verse 18

उवाच तर्हि ते गर्भान्मुसलं कुलनाशनम् ॥ येन वृष्ण्यन्धकाः सर्वे गमिष्यन्ति यमक्षयम् ॥

Alors il dit : « De ton sein sortira une massue (musala), destructrice de la lignée ; par elle, tous les Vṛṣṇi et les Andhaka iront au séjour de Yama, c’est-à-dire à la mort. »

Verse 19

ततस्तानागतान्दृष्ट्वा कुमारान्पृष्टवानहम् ॥ ते च मामब्रुवन्सर्वे यथावृत्तं समुत्सुकाः ॥

Puis, voyant ces jeunes gens arriver, je les interrogeai ; et tous, avec empressement, me racontèrent ce qui s’était passé.

Verse 20

तच्च तेषां वचः श्रुत्वा प्रोक्तवानस्मि तच्छृणु ॥ भविष्यति न सन्देहो दुर्वासा यदुवाच ह ॥

Ayant entendu leurs paroles, je dis : « Écoutez ceci. Cela arrivera assurément, sans aucun doute, comme l’a déclaré Durvāsas. »

Verse 21

एवं ते कथितं भूमे वृष्ण्यादेः शापकाणम् ॥ तत्र स्थानानि मे भूमे कथ्यमानानि मे शृणु ॥

Ainsi, ô Terre, je t’ai exposé la cause de la malédiction qui frappa les Vṛṣṇi et les autres. Maintenant, ô Terre, écoute tandis que je décris là mes lieux sacrés.

Verse 22

द्वारकायां महाभागे वैष्णवानां सुखावहे ॥ अस्ति पञ्चसरो नाम गुह्यं क्षेत्रं परं मम ॥

À Dvārakā, ô très fortunée, qui apporte le bien aux Vaiṣṇava, se trouve un lieu de pèlerinage qui m’appartient, secret et souverainement sacré, nommé Pañcasaras.

Verse 23

समुद्रतीरमुत्सृज्य मम कर्मसुखावहम् ॥ तत्र स्नानं तु कुर्वीत षष्ठकालोषितो नरः ॥

S’étant rendu au rivage de la mer —qui, dans mon domaine sacré, procure le fruit agréable des actes—, l’homme doit s’y baigner après y avoir demeuré durant six périodes rituelles de temps.

Verse 24

मोदते नाकपृष्ठे तु अप्सरोगणसंकुले ॥ अथात्र मुञ्चते प्राणान्क्षेत्रे पञ्चसरे मम ॥

Il se réjouit sur le plan céleste, rempli de troupes d’apsaras ; et s’il y abandonne ici son souffle vital, dans mon kṣetra sacré nommé Pañcasara, ce résultat est obtenu.

Verse 25

देवलोकं समुत्सृज्य मम लोके महीयते ॥ प्लक्षो वै तत्र सुश्रोणि शतशाखो महाद्रुमः ॥

Délaissant le monde des dieux, il est honoré dans mon monde. Et là, ô toi aux belles hanches, se trouve en vérité un plakṣa, grand arbre aux cent branches.

Verse 26

सुफलैः शोभनैः कुम्भाकृतिभिर्बहुभिः फलैः ॥ बहवस्तत्र गच्छन्ति लाभलौल्‍येन मानवाः ॥

Avec de nombreux fruits excellents et beaux, en forme de jarres, beaucoup d’hommes s’y rendent, poussés par l’avidité du gain.

Verse 27

फलं न लभते कश्चिन्मुक्त्वा भागवतं नरम् ॥ लभन्ते ये फलं तत्र मुक्ताः पापेन कर्मणा ॥

Nul n’y obtient le (véritable) fruit, si ce n’est l’homme bhāgavata, dévot du Seigneur. Ceux qui y obtiennent un fruit sont délivrés de l’acte pécheur.

Verse 28

मनुजा यं न पश्यन्ति रागलोभसमन्विताः ॥ तत्र स्नानं प्रकुर्वीत पञ्चभक्तोषितो नरः ॥

Cette réalité que les hommes ne perçoivent pas, liés par la passion et l’avidité : là, l’homme doit accomplir le bain sacré, après y avoir demeuré en observant la règle dévotionnelle en cinq formes.

Verse 29

मोदते सप्तद्वीपेषु गुह्यानि च स गच्छति ॥ अथ चेन्मुञ्चते प्राणान्प्रभाते गतकिल्बिषः ॥

Il se réjouit dans les sept continents et parvient aussi aux domaines secrets. Et si, à l’aube, purifié de toute faute, il abandonne ses souffles vitaux…

Verse 30

सर्वसङ्गं परित्यज्य मम लोकं स गच्छति ॥ तत्राश्चर्यं महाभागे कथ्यमानं मया शृणु ॥

Ayant renoncé à tout attachement, il se rend en mon séjour. Maintenant, ô très fortuné, écoute la merveille qui s’y trouve, tandis que je la raconte.

Verse 31

प्रभासे यत्र शृण्वन्ति सागरे न म (ग) रं प्रति ॥ मकरास्तत्र दृश्यन्ते भ्रममाणा इतस्ततः ॥

À Prabhāsa, au bord de la mer, ils entendent un son qui n’est pas adressé au makara ; là, l’on voit des makaras errer çà et là.

Verse 32

॥ न किञ्चिदपराध्यन्ति स्नायमाना जले ततः ॥ अथात्र प्रक्षिपेत्पिण्डान्प्रसन्ने सलिले नरः ॥

Ceux qui s’y baignent dans l’eau ne commettent aucune faute. Alors, ici, l’homme doit déposer des piṇḍas dans l’eau limpide et paisible.

Verse 33

असम्प्राप्ते च गृह्णन्ति एवमेतन्न संशयः ॥ पापकर्मरतस्यापि न गृह्णन्ति जलं प्रति ॥

Ils acceptent l’offrande lorsqu’elle a été obtenue selon la règle — il n’y a là aucun doute. Mais pour celui qui s’adonne aux actes pécheurs, ils n’acceptent même pas l’eau en offrande.

Verse 34

धर्मात्मनां च गृह्णन्ति पिण्डमेव न संशयः ॥ पञ्चपिण्डमिति ख्यातं तस्मिन्गुह्यं परं मम ॥

Et des êtres au cœur juste, ils acceptent assurément l’offrande de piṇḍa — il n’y a là aucun doute. Elle est renommée comme les « cinq piṇḍas » ; en cela se trouve mon secret suprême (enseignement).

Verse 35

अगाधस्याप्यपारस्य क्रोशविस्तार एव च ॥ तत्राभिषेकं कुर्वीत पञ्चकालोषितो नरः ॥

Bien que (l’eau) soit insondable et sans limites, elle s’étend sur un krośa. Là, l’homme qui a observé les cinq périodes prescrites doit accomplir l’ablution rituelle (abhiṣeka).

Verse 36

मोदते शक्रलोके स एवमेतन्न संशयः ॥ अथात्र मुञ्चते प्राणान्पञ्चकुण्डे यशस्विनि ॥

Il se réjouit dans le monde de Śakra (Indra) — il n’y a là aucun doute. Puis, ô illustre, en ce lieu des « cinq kuṇḍas », il dépose son souffle vital.

Verse 37

न पश्येत्पापकर्मा वै शुभकर्मैव पश्यति ॥ चतुर्विंशतिद्वादश्यां मध्याह्ने च दिवाकरे ॥

Celui qui accomplit des actes pécheurs ne le voit pas ; au contraire, seul celui qui accomplit des actes propices le voit. Le vingt-quatrième (jour lunaire) et le douzième, et à midi lorsque le soleil est au zénith…

Verse 38

रौप्यं सुवर्णकं पद्मं दृश्यते नात्र संशयः ॥ क्षेत्रं संगमनं नाम तस्मिंस्तीर्थे परं मम ॥

On y voit un lotus d’argent et d’or—sans aucun doute. Le champ sacré se nomme ‘Saṅgamana’; en ce tīrtha demeure mon enseignement suprême.

Verse 39

चतुर्धाराः पतन्त्यत्र मणिपूरगिरिं श्रिताः ॥ तत्राभिषेकं कुर्वीत चतुर्भक्तोषितो नरः ॥

Quatre courants tombent ici, s’adossant au mont Maṇipūra. Là, l’homme qui a observé les quatre temps de discipline dévotionnelle doit accomplir l’abhiṣeka, le bain rituel.

Verse 40

वैखानसेषु लोकेषु मोदते नात्र संशयः ॥ अथात्र मुञ्चते प्राणान्मम भक्तिपरायणः ॥

Il se réjouit dans les mondes vaikhānasa—sans aucun doute. Puis, ici même, il dépose son souffle vital, entièrement voué à la dévotion envers moi.

Verse 41

त्यक्त्वा वैखानसान् लोकान्मम लोकं स गच्छति ॥ तत्रापि परमाश्चर्यं कथ्यमानं शृणुष्व मे ॥

Ayant quitté les mondes vaikhānasa, il se rend dans mon monde. Et là aussi, écoute-moi tandis que je rapporte un prodige suprême.

Verse 42

दृश्यन्ते यानि कुण्डेषु मणिपूरगिरौ तथा ॥ प्रक्षीयमाणे पापे तु नयते तज्जलं भुवि ॥

Tout ce que l’on voit dans les bassins (kuṇḍas) là-bas, sur le mont Maṇipūra—lorsque le péché s’épuise, cette eau en porte l’effet sur la terre.

Verse 43

स्नायमानेषु पापेषु न पतॆत्तद्यथा पुरा ॥ हंसकुण्डेति विख्यातं तस्मिन्क्षेत्रे परे मम ॥

Lorsque les péchés sont lavés par le bain rituel, on ne retombe pas en eux comme auparavant. Ce lieu sacré suprême qui est le Mien est renommé sous le nom de « Haṃsakuṇḍa ».

Verse 44

धारा चैका पतत्यत्र मणिपूरगिरौ श्रिता ॥ तत्राभिषेकं कुर्वीत षष्ठकालोषितो नरः ॥

Ici tombe un unique filet d’eau, établi sur Maṇipūragiri. Celui qui y a demeuré durant six périodes rituelles doit y accomplir l’abhiṣeka, l’ablution consacrante.

Verse 45

मुक्तसङ्गो महाभागे मोदते वरुणालये ॥ अथात्र मुंचते प्राणान् हंसकुण्डे वरानने ॥

Délivré de tout attachement, ô bienheureux, il se réjouit dans la demeure de Varuṇa. Et si, ici à Haṃsakuṇḍa, il abandonne ses souffles vitaux, ô au beau visage, on dit que cela mène à un tel état.

Verse 46

शुद्धाः पश्यन्ति मनुजाः पापकर्मा न पश्यति ॥ चतुर्विंशतिद्वादश्यां मध्याह्ने च दिवाकरे ॥

Les hommes purs le voient, mais celui dont les actes sont pécheurs ne le voit pas — au vingt-quatrième tithi et au douzième tithi, et à midi lorsque le soleil est au zénith.

Verse 47

हंसाश्चैवात्र दृश्यन्ते चन्द्रकुण्डसमप्रभाः ॥ हंसान्पश्यति यस्तत्र भ्रममाणानितस्ततः ॥

Et l’on voit ici, assurément, des hamsa, des cygnes, dont l’éclat égale celui du Chandra-kuṇḍa (l’Étang de la Lune). Quiconque y voit les cygnes errer çà et là—

Verse 48

लभन्ते ते परां सिद्धिं धरे नास्त्यत्र संशयः ॥ कदम्बमिति विख्यातं तस्मिन्क्षेत्रे परं मम ॥

Ils obtiennent l’accomplissement suprême ; ô Toi qui portes la terre, il n’y a là aucun doute. Ce lieu sacré suprême qui est le Mien est renommé sous le nom de « Kadamba ».

Verse 49

मोदते ऋषिलोकॆषु पुण्यात्मा वै न संशयः ॥ अथात्र मुञ्चते प्राणान्कृत्वा कर्म सुदुष्करम् ॥

L’âme méritante se réjouit dans les mondes des ṛṣi ; en vérité, il n’y a aucun doute. Et si, ici même, elle dépose ses souffles vitaux après avoir accompli un acte très ardu,

Verse 50

वृष्णयो यत्र वै शुद्धाः संप्राप्ताश्च ममालयम् ॥ तत्राभिषेकं कुर्वीत चतुःकालोषितो नरः ॥

Là où les Vṛṣṇi, assurément purifiés, parvinrent à Ma demeure, qu’un homme ayant séjourné durant quatre périodes rituelles y accomplisse l’abhiṣeka, l’ablution consacratoire.

Verse 51

ऋषिलोकं परित्यज्य मम लोकं प्रपद्यते ॥ तत्राश्चर्यं महाभागे कथ्यमानं शृणुष्व मे ॥

Délaissant le monde des ṛṣi, il parvient à Mon monde. À présent, ô bienheureux, écoute de ma bouche la merveille que l’on rapporte à ce sujet.

Verse 52

कदम्बात्पतते धारा तत्र पूर्वविनिःसृता ॥ स कदम्बो महाभागे माघमासस्य द्वादशी ॥

Du Kadamba tombe un courant d’eau, jailli là depuis les temps anciens. Ce Kadamba, ô bienheureux, est particulièrement associé au douzième jour lunaire du mois de Māgha.

Verse 53

पुष्पाणि वै प्रकटयत्युदयस्थे दिवाकरे ॥ ये वा लभन्ते तत्पुष्पं मम मार्गानुसारिणः ॥

Lorsque le soleil s’est levé, il fait véritablement éclore les fleurs. Ceux qui obtiennent cette fleur—les adeptes de ma voie—s’en trouvent ainsi distingués.

Verse 54

ते लभन्ते परां सिद्धिमेवमेतन्न संशयः ॥ चक्रतीर्थमिति ख्यातं तस्मिन्क्षेत्रे परं मम ॥

Ils atteignent la siddhi suprême; il en est ainsi, sans aucun doute. Ce lieu est renommé Cakratīrtha; dans ce kṣetra sacré se tient ma présence suprême.

Verse 55

दशवर्षसहस्राणि स्वर्गलोके स मोदते ॥ अथात्र मुञ्चते प्राणाँल्लोभमोहविवर्जितः ॥

Pendant dix mille ans, il se réjouit dans le monde céleste. Puis, ici à la fin, exempt d’avidité et d’illusion, il relâche ses souffles vitaux (il meurt).

Verse 56

सर्वान्स्वर्गान्समुत्सृज्य मम लोकं स गच्छति ॥ तत्राश्चर्यं प्रवक्ष्यामि कथ्यमानं शृणुष्व मे ॥

Délaissant tous les cieux, il se rend dans mon monde. Là, j’exposerai une merveille : écoute ce que je te rapporte.

Verse 57

अन्यथैतन्न पश्यन्ति मम कर्मपरायणाः ॥ चतुर्विंशतिद्वादश्यामर्द्धरात्रे यशस्विनि ॥

Ceux qui me sont dévoués, voués à mes actes, ne le voient pas autrement. Au vingt-quatrième (tithi) et au douzième, à minuit, ô illustre, (cela se produit).

Verse 58

श्रूयते तत्र निर्घोषो मनःकर्णसुखावहः ॥ सुगन्धो वहते वायुर्बहुमाल्यसमन्वितः ॥

Là, l’on entend une résonance qui réjouit l’esprit et l’oreille. Une brise parfumée souffle, accompagnée d’abondantes guirlandes, chargée de senteurs florales et d’offrandes.

Verse 59

दुर्ल्लभः पापिनां चैव सुलभः पुण्यकर्मिणाम् ॥ तस्य चोत्तरपार्श्वेन अशोकश्च महाद्रुमः ॥

Il est difficile à obtenir pour ceux dont la conduite est fautive, et facile pour ceux qui accomplissent des actes méritoires. Et sur son flanc nord se dresse un Aśoka, grand arbre.

Verse 60

पुष्प्यते सोऽथ तत्रापि सूर्ये चाभ्युदिते सति ॥ ये तत्र लभते पुष्पं मम मार्गानुसारिणः ॥

Cet arbre y fleurit aussi lorsque le soleil s’est levé. Ceux qui y obtiennent la fleur—suivants de ma voie—(reçoivent le fruit énoncé).

Verse 61

ते लभन्ते परां सिद्धिं एवं भूमे न संशयः ॥ अस्ति रैवतकम् नाम तस्मिन्क्षेत्रे परं मम ॥

Ils atteignent la siddhi suprême; ainsi, ô Terre, sans aucun doute. Il existe un lieu nommé Raivataka; dans ce kṣetra sacré se trouve ma présence suprême.

Verse 62

सर्वलोकेषु विख्यातं यत्र विक्रीडितं मया ॥ बहुगुल्मलताकीर्णं बहुपुष्पैश्च शोभितम् ॥

Il est renommé dans tous les mondes, là où j’ai pris mes jeux. Il est rempli de nombreux buissons et lianes, et orné d’une profusion de fleurs.

Verse 63

बहुवर्णशिलापङ्क्तिर्गुहाश्चापि दिशो दश ॥ वाप्यश्च कन्दराश्चैव देवानामपि दुर्लभाः

Il y a des rangées de pierres aux couleurs multiples, et des grottes aussi, s’étendant dans les dix directions ; il y a également des étangs et des ravins de montagne — merveilles que l’on dit difficiles à obtenir même pour les dieux.

Verse 64

अथात्र मुञ्चते प्राणान्मम कर्मसु निष्ठितः ॥ सोमलोकं समुत्सृज्य मम लोकं प्रपद्यते

Alors, ici, celui qui demeure ferme dans les observances que j’ai prescrites dépose les souffles vitaux ; ayant dépassé le monde de Soma, il parvient à mon monde.

Verse 65

तत्राश्चर्यं महाभागे कथ्यमानं मया शृणु ॥ पश्यन्ति मनुजाः सर्वे धर्मकामाः न संशयः

Là, ô bienheureux, écoute la merveille que je vais dire : tous les humains qui désirent le dharma la voient — sans aucun doute.

Verse 66

पतन्ति सर्ववृक्षाणां पत्राणि सुबहून्यपि ॥ एकं चापि न दृश्येत प्रसन्नं याति तज्जलम्

Les feuilles de tous les arbres tombent, en très grand nombre ; pourtant on n’en voit pas une seule (à sa surface) : cette eau demeure limpide.

Verse 67

स च पूर्वेण पार्श्वेन शोभते वै महाद्रुमः ॥ अपरो मम पार्श्वेन देवानामपि दुर्लभः

Et sur le côté oriental, en vérité, se dresse un grand arbre resplendissant ; et un autre, à mon côté, est rare même parmi les dieux.

Verse 68

पञ्चक्रोशसुविस्तारः शोभते वै महाद्रुमः ॥ पद्मैश्चैवोत्पलैश्छन्नं सुगन्धिकुसुमैः सह

Le grand arbre, s’étendant sur cinq krośas, apparaît vraiment splendide—couvert de lotus et de nénuphars, avec des fleurs au parfum suave.

Verse 69

बहुमत्स्यजलाकीर्णं सर्वतस्तु फलान्वितम् ॥ शिलातलगुहाच्छन्नं सुगन्धिकुसुमैः सह

Il est rempli d’une abondance de poissons et d’eaux; de tous côtés il est pourvu de fruits—recouvert de dalles rocheuses et de grottes, avec des fleurs parfumées.

Verse 70

तत्राभिषेकं कुर्वीत अष्टभक्तोषितो नरः ॥ मोदते नन्दने दिव्ये अप्सरोभिः समन्विते

Là, l’homme comblé par la pratique octuple doit accomplir le rite d’ablution (abhiṣeka) ; il se réjouit dans le divin Nandana, accompagné d’apsaras.

Verse 71

अत्राश्चर्यं महाभागे कथ्यमानं मया शृणु ॥ पश्यन्ति मनुजाः सर्वे धर्मकामाः न संशयः

Ici, ô bienheureux, écoute la merveille que je vais dire : tous les hommes qui désirent le dharma la voient—sans aucun doute.

Verse 72

मध्याह्ने च पुनः पूर्णश्चार्धरात्रे समो वहेत् ॥ वर्धते क्षीयते चैव यथैव च महोदधिः

À midi, il redevient plein, et à minuit il s’écoule d’un cours égal ; il croît et décroît, tout comme le grand océan.

Verse 73

पश्येत् तु शुभकर्मा च पापकर्मा न पश्यति ॥ दृश्यते च महाभागे अस्तमेते दिवाकरे ॥

Celui qui accomplit des actes propices peut le contempler; celui qui s’adonne aux fautes ne le contemple pas. Et, ô bienheureux, on le voit lorsque le soleil se couche.

Verse 74

यस्तत्र लभते पुष्पं मम मार्गानुसारकः ॥ स लभेत परां सिद्धिमेवं भूमे न संशयः ॥

Quiconque y obtient une fleur—en suivant ma voie—atteint l’accomplissement suprême; ainsi, ô Terre, il n’y a nul doute.

Verse 75

विष्णुसंक्रमणं नाम तस्मिन्क्षेत्रे परे मम ॥ विद्धोऽस्मि यत्र व्याधेन स्वमूर्त्तिं चास्थितः पुनः ॥

Dans ce suprême lieu sacré qui est mien se trouve un endroit nommé «Viṣṇu-saṃkramaṇa». C’est là que je fus transpercé par un chasseur, puis que je repris de nouveau ma propre forme.

Verse 76

तत्र कुण्डं महाभागे मणिपूरगिरा श्रुतम् ॥ धारा चैका पतत्यत्र लाभालाभविवर्जितः ॥

Là, ô bienheureux, se trouve un bassin connu sous le nom de «Maṇipūragirā». Et là tombe un unique filet d’eau, (le dévot) étant affranchi du souci du gain et de la perte.

Verse 77

सूर्यलोकं समुत्सृज्य मम लोके महीयते ॥ तत्राश्चर्यं प्रवक्ष्यामि विष्णुं शत्रुगणेश्वरम् ॥

En abandonnant le monde du soleil, on est honoré dans mon monde. Là, je dirai une merveille : Viṣṇu, le seigneur des cohortes d’adversaires.

Verse 78

पापिनां यस्तु दुर्दर्शः सुदृश्यः पुण्यचारिणाम् ॥ तस्य दक्षिणपार्श्वेन अश्वत्थो वै महाद्रुमः ॥

Cette merveille, difficile à voir pour les pécheurs, est clairement perçue par ceux qui pratiquent le mérite. Sur son flanc méridional se dresse un aśvattha, arbre véritablement immense.

Verse 79

चतुर्विंशतिद्वादश्यां मध्याह्ने तु दिवाकरे ॥ फलते स यथान्यायं सर्वभागवतप्रियम् ॥

Au vingt-quatrième tithi, la Dvādaśī, à midi lorsque le soleil est au zénith, il porte des fruits selon l’ordre prescrit, cher à tous les dévots du Seigneur.

Verse 80

उच्चश्चैव विशालश्च मनोज्ञश्चैव शीतलः ॥ ये लभन्ते फलं तत्र मम मार्गानुसारिणः ॥

Élevé et vaste, charmant et frais : ceux qui y obtiennent le fruit sont les disciples de ma voie.

Verse 81

ते लभन्ते परां सिद्धिमेवमेतन्न संशयः ॥ तस्मिन् क्षेत्रे महाभागे तिष्ठामि चोत्तरामुखः ॥

Ils atteignent la siddhi suprême : il en est ainsi, sans aucun doute. Dans ce kṣetra sacré, ô bienheureux, je demeure tourné vers le nord.

Verse 82

त्रयस्तत्रैव तिष्ठामो द्वारकायां यशस्विनि ॥ तस्मिन् क्षेत्रे महाभागे त्रयो मोदामहे वयम् ॥

Nous trois demeurons là, en vérité, à Dvārakā, ô illustre. Dans ce kṣetra sacré, ô bienheureux, nous trois nous réjouissons.

Verse 83

त्रिंशद्योजनविस्तारः सर्वतस्तु दिशो दश ॥ तत्र गत्वा वरारोहे ये मां द्रक्ष्यन्ति भक्तितः ॥

(Cela s’étend) sur trente yojanas de largeur, en toutes les dix directions. Étant allés là-bas, ô toi aux hanches gracieuses, ceux qui me verront avec dévotion…

Verse 84

अदीर्घेणैव कालेन प्राप्नुवन्ति परां गतिम् ॥ आख्यानानां महाख्यानं शान्तीनां शान्तिरुत्तमा ॥

En peu de temps, en vérité, ils atteignent la destination suprême. C’est le grand récit parmi les récits, la paix la plus haute parmi les paix.

Verse 85

धर्माणां परमो धर्मो द्युतिनां परमा द्युतिः ॥ लाभानां परमो लाभः क्रियाणां परमा क्रिया ॥

Parmi les devoirs, c’est le devoir suprême ; parmi les splendeurs, la splendeur suprême ; parmi les gains, le gain suprême ; parmi les rites et les actes, l’acte suprême.

Verse 86

यदीच्छेत्परमां सिद्धिं मम लोकं स गच्छति ॥ य एतत्पठते भद्रे कल्यमुत्थाय मानवः ॥

Si quelqu’un désire la siddhi suprême, il se rend en mon monde. Ô toi l’auspicieuse, l’homme qui récite ceci en se levant à l’aube (obtient ce fruit).

Verse 87

सकुल्यास्तारितास्तेन सप्त सप्त च सप्त च ॥ एतत्ते कथितं भद्रे द्वारकायाः सुनिश्चितम् ॥

Avec ses proches, il les fait traverser : sept, et sept, et sept (générations). Cela t’a été exposé, ô toi l’auspicieuse, comme conclusion assurée au sujet de Dvārakā.

Verse 88

उचितेनोपचारेण किमन्यत्परिपृच्छति ॥

Avec l’honneur qui convient et une attention juste, que pourrait-on encore demander ?

Verse 89

श्रुतीनां परमं श्रेष्ठं तपसा च परं तपः ॥ एतन्मरणकालेऽपि मा कदाचित्तु विस्मरेत् ॥

Parmi les enseignements révélés, ceci est l’excellence suprême ; et parmi les austérités, l’austérité la plus haute. Même à l’heure de la mort, qu’on ne l’oublie jamais.

Verse 90

भविष्यति वरारोहे ईश्वरः सदृशो मम ॥ दुर्वासा इति विख्यातः शपिष्यति कुलं मम ॥

Il y aura, ô toi aux hanches gracieuses, un seigneur semblable à moi, renommé sous le nom de Durvāsā ; il maudira ma lignée.

Verse 91

श्रुत्वा दुर्वाससः शापं ते च सर्वे कुमारकाः ॥ शापेन संतप्तधियो मामूचुर्भयसंयुताः ॥

Ayant entendu la malédiction de Durvāsā, tous ces jeunes gens—l’esprit brûlé par la malédiction—me parlèrent, saisis de crainte.

Verse 92

ते लभन्ते परां सिद्धिं मम कर्मणि संस्थिताः ॥ प्रभासमिति विख्यातं तस्मिंस्तीर्थे परे मम ॥

Ceux qui demeurent établis dans mon rite et ma pratique obtiennent la siddhi suprême. Il est un tīrtha mien, le plus éminent, connu sous le nom de Prabhāsa.

Verse 93

शक्रलोकं परित्यज्य मम लोकं स गच्छति ॥ तत्राश्चर्यं महाभागे कथ्यमानं मया शृणु ॥

Délaissant le monde de Śakra, il se rend en mon séjour. Maintenant, ô bienheureuse, écoute la merveille qui s’y trouve, tandis que je la raconte.

Verse 94

वारुणं लोकमुत्सृज्य मम लोके महीयते ॥ तत्राश्चर्यं प्रवक्ष्यामि हंसकुण्डे यशस्विनि ॥

Laissant derrière lui le royaume de Varuṇa, il est honoré dans mon monde. Je décrirai la merveille qui s’y trouve, ô illustre, à Haṃsakuṇḍa.

Verse 95

पञ्च धाराः पतन्त्यत्र मणिपूरसमाश्रिताः ॥ तत्राभिषेकं कुर्वीत पञ्चकालोषितो नरः ॥

Ici tombent cinq courants, associés à Maṇipūra. L’homme qui a demeuré cinq périodes rituelles doit y accomplir l’abhiṣeka, le bain de consécration.

Verse 96

तत्राभिषेकं कुर्वीत षष्ठकालोषितो नरः ॥ गच्छेत्तु सोमलोकं तु कृतकृत्यो न संशयः ॥

L’homme qui a demeuré six périodes rituelles doit y accomplir l’abhiṣeka ; il ira au séjour de Soma, ses buts accomplis — sans aucun doute.

Verse 97

तस्य पश्चिमपार्श्वे तु बिल्वश्चैव महाद्रुमः ॥ चतुर्विंशतिद्वादश्यां स पुष्यति च निष्कलम् ॥

Sur son flanc occidental se dresse un bilva, un arbre véritablement majestueux. Lors de la vingt-quatrième Dvādaśī, il fleurit pleinement, sans aucune imperfection.

Verse 98

सर्वभागवतप्रीतिं समुद्रतटमाश्रितः ॥ अहं रामेण सहितः सा चाप्येकादशी शुभा ॥

Demeurant sur le rivage de l’océan, ce lieu réjouit tous les dévots du Seigneur Bienheureux. J’y suis avec Rāma ; et cette Ekādaśī est elle aussi de bon augure.

Inside Adhyaya 149

How it unfolds

  1. Where it opens

    Pṛthivī (Dharaṇī), pacified and inwardly steady after hearing the prior praise of Stutasvāmin, requests from Varāha a still higher, more discriminating instruction—one that surpasses mere eulogy and becomes a guide to lived sanctity.

  2. Central event

    Varāha answers by placing Dvārakā within a Dvāpara-yuga narrative: the flourishing of the Yādava line, the divine construction of Dvārakā (with Viśvakarman as architect), and the approach of catastrophe through Durvāsas’ curse—triggered by Sāmba’s deception (false pregnancy) that yields the musala (club) prophecy and the unraveling of the Vṛṣṇi–Andhaka–Bhoja confederacies.

  3. Climax resolution

    The curse narrative resolves into the city’s liminal fate: the Yādava destruction is foreshadowed as inevitable karmic consequence, and Balarāma (Halāyudha) is depicted as drawing Dvārakā toward the sea—turning political grandeur into a coastal threshold where history collapses into tīrtha.

  4. Closing phalashruti

    No single, formal phalaśruti is foregrounded as a concluding verse-formula; instead, the chapter closes by distributing fruits site-by-site: timed snāna, piṇḍa, and restraint performed in Dvārakā’s tīrtha-ecology yield heaven and, for the ethically qualified (puṇyakarman), access to Viṣṇu/Varāha’s own loka, while pāpakarman are said to lack perceptibility and full fruition.

Geographical context

Dvārakā; samudra-tīra (sea-shore); Pañcasara (guhya-kṣetra); Prabhāsa-tīrtha; Maṇipūra-giri (hill/mountain locus for multiple dhārās); Haṁsakuṇḍa; Saṅgamana-kṣetra; Kadamba (sacred tree-site); Chakratīrtha; Raivataka (noted as a renowned site of play/vikrīḍita); Viṣṇu-saṅkramaṇa (site of being ‘pierced’ by a hunter in the narrative frame); groves/trees: plakṣa, aśoka, bilva, aśvattha; aquatic features: kuṇḍas, vāpīs, kandarās, sālila (calm waters), sāgara (sea).

Tirtha focus

  • Primary TirthaDvārakā-kṣetra (samudra-tīra network of kuṇḍas, dhārās, groves, and named kṣetras)
  • Associated RegionSaurāṣṭra / western seacoast (Gujarat littoral)
  • Pilgrimage MeritMerit is mapped as a disciplined itinerary: bathing at prescribed tithis and times (madhyāhna, ardharātra, sunset; caturviṁśati-dvādaśī; Māgha-dvādaśī; ekādaśī), coupled with piṇḍa and ethical restraint (freedom from rāga/lobha, bodily and mental purity), grants heavenly ascent and, in higher cases, Varāha-loka; the impure are described as unable to ‘see’ or fully obtain the promised fruits, making moral visibility a condition of sacred geography.

Ritual instructions

  • Primary RitualTīrtha-yātrā in Dvārakā with snāna/abhiṣeka, piṇḍa-offering, and vrata-like time discipline across named sites (kuṇḍa, dhārā, grove, sea-shore).
  • BenefitSite-specific merit culminating in svarga and, for the ethically qualified, attainment of Viṣṇu/Varāha’s loka; additionally, the pilgrim gains ‘darśana-capacity’—the ability to perceive sanctity—presented as a moral-ritual outcome rather than a mere sensory event.

The narrative frame

  • VarāhaPṛthivī (Dharaṇī) · Pedagogical and consoling, moving from mythic-historical warning (curse and dissolution) to practical instruction (itinerary and discipline), with an undercurrent of ethical seriousness.

The emotional journey

  • Dominant RasaŚānta (with a strong undercurrent of Karuṇa and Bhayānaka in the curse narrative)
  • Emotional ProgressionCalm receptivity (Pṛthivī) → awe at divine city and lineage grandeur → dread and sorrow as curse and annihilation are disclosed → sober acceptance of impermanence → renewed steadiness as sanctity is re-grounded in disciplined pilgrimage and ethical ecology.

Planning a pilgrimage

  • Visit FeasibilityHighly feasible as a modern pilgrimage: Dvārakā (Dwarka) remains a major coastal tirtha with accessible transport and established temple circuits; several named loci may be locally identified through regional tradition, while some (e.g., broader Prabhāsa) align with nearby Saurashtra sacred geography.
  • Best SeasonOctober–March (cooler coastal climate; Māgha observances fall within this window)
  • Modern Location NameDwarka, Gujarat, India (Dvārakā / Devbhumi Dwarka district); Prabhāsa commonly associated with Somnath/Prabhas Patan region in Saurashtra.
  • Related FestivalKārtika and Māgha month observances; Ekādaśī/Dvādaśī vrata days; Janmāṣṭamī is widely celebrated in Dvārakā (Krishna-centric), aligning with the chapter’s Yādava/Dvārakā sacrality even if not explicitly specified here.

Frequently Asked Questions

The text links moral disposition to ritual efficacy and perceptibility: those characterized as puṇyakarman (ethically disciplined) can access the chapter’s promised ‘visions’ and fruits of tīrtha practice, while pāpakarman are described as unable to perceive or obtain certain results. The instruction is framed as disciplined conduct expressed through regulated pilgrimage, restraint from raga/lobha, and correct performance of snāna/abhiṣeka and offerings within designated sacred ecologies (trees, kuṇḍas, sea-shores).

Multiple rites are keyed to caturviṁśati-dvādaśī (the 24th dvādaśī) and specific times such as madhyāhna (midday), ardharātra (midnight), and astamita divākara (sunset). A māsika marker appears with Māgha-māsa dvādaśī in connection with the Kadamba site. Ekādaśī is also mentioned in association with Varāha’s presence with Rāma (Balarāma) at the sea-shore.

Pṛthivī’s role as interlocutor frames sacred space as an ethical landscape: the narrative maps merit onto specific ecological features—springs (dhārā), ponds/kuṇḍas, groves and keystone trees (plakṣa, aśoka, bilva, aśvattha), and the sea margin—treating them as regulated zones where human action (bathing, offering, restraint) yields social and cosmic outcomes. The city’s movement toward the sea and the emphasis on clean, calm waters also encode a discourse of terrestrial vulnerability and place stewardship through disciplined use.

The chapter references the Yādava lineage and the groups Vṛṣṇi, Andhaka, and Bhoja; the sage Durvāsas as the agent of the curse; Jāmbavatī as Varāha’s future wife in the narrative frame; Sāmba as their son and the catalyst for the curse episode; and Balarāma (Halāyudha) as the figure who draws the city toward the sea. Viśvakarman is named as the divine architect associated with Dvārakā’s construction.

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