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Kārpāsadhenu-dāna-māhātmya
Ritual-Manual (Dāna-vidhi and Apotropaic Rite)
Dans le cadre didactique Varāha–Pṛthivī, cet adhyāya expose le kārpāsadhenu-dāna, don de la « vache de coton », comme rite de remède et de mérite. Hotṛ instruit le roi sur les temps favorables ou critiques—viṣuva, passages d’ayana, yugādi et éclipses—ainsi que lors d’afflictions planétaires (grahapīḍā), de rêves funestes ou de malchance ressentie. Il prescrit de purifier le lieu (enduit de bouse de vache, darbha, sésame), d’installer et d’orner la vache symbolique de tissus, guirlandes, onguents, encens, lampes et offrandes, et de régler le « degré » du don selon le poids sans tromperie. Le rite s’achève par une invocation menée par des mantras et la donation à un bénéficiaire qualifié, avec une supplication protectrice pour être délivré du saṃsāra, reliant l’ordre rituel au bien-être terrestre.
Verse 1
अथ कार्पासधेनुदानमाहात्म्यम् ॥ होतोवाच ॥ अथातः सम्प्रवक्ष्यामि धेनुं कार्पासकीं नृप ॥ यत्प्रदानान्नरो याति ऐन्द्रलोकमनुत्तम
Voici (maintenant) le récit de la grandeur du don de la vache de coton. Le Hotā dit : « À présent, ô roi, j’exposerai la vache faite de coton, par le don de laquelle l’homme parvient au monde incomparable d’Indra ».
Verse 2
विषुवे त्वयने पुण्ये युगादिग्रहणे तथा ॥ ग्रहपीडासु चोग्रासु दुःस्वप्नेऽरिष्टदर्शने
À l’équinoxe, au solstice propice, ainsi que lors des éclipses survenant au commencement d’un âge; et lors des rudes afflictions dues aux planètes, lors de mauvais rêves et à la vue de signes néfastes—
Verse 3
नृणां च ग्रहपीडासु दुःस्वप्नाद्भुतदर्शने ॥ पुण्येष्वायतने राजञ्छुचिदेशे गवां गणे
Lorsqu’il y a des afflictions dues aux planètes sur les hommes, et à la vue de rêves funestes et de présages, ô Roi—(qu’on accomplisse le rite) dans un sanctuaire méritoire, en un lieu purifié, au milieu d’un troupeau de vaches.
Verse 4
गोमयेनोपलिप्तायां दर्भानास्तीर्य वै तिलान् ॥ तन्मध्ये स्थापयेद्धेनुं वस्त्रमाल्यानुलेपनाम्
Après avoir enduit (le sol ou l’autel) de bouse de vache, et après y étendre de l’herbe darbha et des graines de sésame, qu’on place la vache au milieu—ornée d’étoffes, de guirlandes et d’onguents.
Verse 5
धूपदीपादिनैवेद्यैः पूजयেচ्च विमत्सरः ॥ उत्तमा च चतुर्भारैरर्धेनैव तु मध्यमाः
Sans jalousie, qu’on l’honore par l’encens, les lampes et les offrandes de nourriture. Le don ‘excellent’ se mesure à quatre bhāras ; le ‘moyen’ à la moitié de cela.
Verse 6
भारेण चाधमा प्रोक्ता वित्तशाठ्यं विवर्जयेत् ॥ चतुर्थांशेन वत्सं तु कल्पयित्वा विधानतः
La catégorie ‘inférieure’ est dite d’un bhāra ; qu’on évite toute tromperie quant aux biens. Et, selon la règle rituelle, qu’on prépare un veau pour un quart (de la mesure).
Verse 7
कर्तव्या रुक्मशृङ्गी तु रजतस्य खुरान्विता ॥ नानाफलमया दन्ता रत्नगर्भसमन्विताः
Qu’elle soit faite avec des cornes d’or et des sabots d’argent ; avec des dents façonnées de fruits variés, et pourvue d’un intérieur empli de joyaux.
Verse 8
इत्येवं सर्वसम्पूर्णा कृत्वा श्रद्धासमन्वितः ॥ आवाहयेत्तां कार्पासधेनुं मन्त्रैर्द्विजातये
Ainsi, l’ayant rendue entièrement parfaite en tout, et animé d’une foi recueillie, qu’il invoque par des mantras cette kārpāsadhenu, la vache faite de coton, pour le dvijāti (le récipiendaire « deux fois né »).
Verse 9
दद्याद्धेनुं चर्मपाणिः प्रयतः श्रद्धयान्वितः ॥ पूर्वोक्तस्तु विधिः कार्यो दानमन्त्रपुरःसरः
Tenant une peau en main (comme instrument rituel), discipliné et animé d’une foi recueillie, qu’il donne la vache. Le rite précédemment exposé doit être accompli, précédé des mantras du don.
Verse 10
यया देवगणः सर्वस्त्वया हीनो न वर्तते ॥ तथा उद्धर मां देवि पाहि संसारसागरात्
Toi, sans qui toute l’assemblée des dieux ne demeure point privée : de même, ô Déesse, relève-moi ; protège-moi de l’océan du saṃsāra.
Within the Varāha–Pṛthivī instructional milieu, the discourse turns to a remedial, merit-producing dāna: the kārpāsa-dhenu (a ritually constituted ‘cotton cow’) offered to avert misfortune and stabilize auspiciousness in the king’s realm and household life.
Hotṛ-like ritual authority instructs the king on when and why the kārpāsadhenu-dāna should be performed—especially at calendrical thresholds (viṣuva, ayana-saṅkrama, yugādi) and during grahaṇa—as well as in crisis-sign contexts such as grahapīḍā, duḥsvapna, and ariṣṭa-darśana.
The rite reaches completion through strict kṣetra-śuddhi and installation of the symbolic cow, careful ‘grading’ by weight (uttama–madhyama–adhama) without vitta-śāṭhya (deceit), mantra-led invocation, and final transfer to a qualified recipient, paired with a protective supplication for release from saṃsāra and removal of afflictions.
Implicit phala is apotropaic protection (śānti against graha/ariṣṭa), accrual of puṇya through śraddhā-governed giving, and a soteriological orientation (deliverance from saṃsāra); no distinct, standalone phalaśruti verse is indicated in the provided summary.
No explicit toponyms are named in the provided passage. Spatial context is ritual-ecological: śuci-deśa (a purified place), puṇya-āyatana (meritorious/sacred precinct), and gavāṃ gaṇa (a cattle enclosure/herd-space) as the recommended setting.
The chapter presents dāna (charitable gifting) as an ethically regulated practice: it prescribes careful ritual procedure, emphasizes śraddhā (intentional sincerity), and explicitly warns against vitta-śāṭhya (deceit about one’s means or the gift’s quality). The internal logic frames correct giving as a stabilizing social act that counters misfortune and supports orderly life.
The text recommends performance at viṣuva (equinox), during ayana transitions (solar solstice-turnings), on yugādi (a calendrical ‘beginning of an age/period’ marker), and during grahaṇa (eclipses). It also situates the rite in response to grahapīḍā (planetary afflictions), duḥsvapna (bad dreams), and ariṣṭa-darśana (ominous perceptions).
While not explicitly ecological in modern terms, the chapter links ritual purity and orderly giving to the maintenance of auspiciousness in lived space: it requires a śuci-deśa, cow-dung plastering (gomaya-lepana), and careful preparation of the ground with darbha and tilā. In the Varāha–Pṛthivī interpretive frame, such prescriptions can be read as practices that ritualize care for place, livestock-associated landscapes, and communal stability.
The passage addresses a nṛpa (king) and identifies the instructing voice as Hotṛ (a Vedic ritual functionary). No specific dynastic lineage, named sage genealogy, or historical royal house is provided in the excerpt.
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