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L’Akṣi Upaniṣad (rattaché à l’Atharvaveda) appartient au corpus tardif des Upaniṣad. En prenant ‘akṣi’ (l’œil) comme symbole, il déplace l’enquête du visible vers le ‘voyant’ : la conscience-témoin (draṣṭṛ/sākṣin) qui rend toute expérience possible. Le monde perçu est changeant, tandis que la conscience qui illumine l’expérience est auto-lumineuse (svayaṃ-prakāśa) et immuable ; tel est son cœur vedāntique. Le texte lit l’orientation extérieure des sens comme une métaphore de l’attachement au saṃsāra, et met en avant le retournement intérieur par la maîtrise des sens, la purification du mental et le viveka (discernement entre le vu et le voyant) comme voie de libération. L’aboutissement est une compréhension non-duelle : l’ātman n’est pas différent de Brahman. La mokṣa n’est pas l’acquisition d’un nouvel objet, mais la reconnaissance de l’identité toujours présente lorsque l’avidyā se dissipe.
Start ReadingAkṣi (the eye) as a symbol for consciousness: the seer is prior to the seen
Distinction between dṛśya (objects) and draṣṭṛ (witness); the witness is not objectifiable
Self-luminosity (svayaṃ-prakāśatva) of awareness: it illumines all experiences
Sense-withdrawal and interiorization: turning attention from external forms to the inner light
Discrimination (viveka) between the transient field of perception and the unchanging ātman
Non-dual orientation: ātman recognized as Brahman, the ground of knowing
Liberation (mokṣa) as knowledge (jñāna), not as ritual attainment or sensory perfection
49 verses with Sanskrit text, transliteration, and translation.
Verse 1
अथ ह सांकृतिः भगवान् आदित्यलोकं जगाम। तम् आदित्यं नत्वा चाक्षुष्मतीविद्यया तम् अस्तुवत्। ॐ नमो भगवते श्रीसूर्यायाक्षितेजसे नमः। ॐ खेचराय नमः। ॐ महासेनाय नमः। ॐ तमसे नमः। ॐ रजसे नमः। ॐ सत्त्वाय नमः। ॐ ...
Alors Sāṅkṛti interrogea Āditya : «Vénérable, enseigne-moi la brahma-vidyā, la connaissance de Brahman.» Āditya lui répondit : «Sāṅkṛti, écoute ; je vais exposer la connaissance du Réel, très difficile à obtenir ; par le seul fait de la connaître, tu deviendras libéré tout en vivant.»
Brahman as Light/Consciousness (jyotis) manifest as Āditya; upāsanā leading toward mokṣa and well-beingVerse 2
अथ ह सांकृतिरादित्यं पप्रच्छ भगवन्- ब्रह्मविद्यां मे ब्रूहीति । तमादित्यो होवाच । सांकृते शृणु वक्ष्यामि तत्त्वज्ञानं सुदुर्लभम् । येन विज्ञातमात्रेण जीवन्मुक्तो भविष्यसि॥१॥
Alors, en vérité, Sankriti demanda à Aditya : 'Ô Seigneur, enseigne-moi la connaissance de Brahman.' Aditya lui dit : 'Ô Sankriti, écoute, je vais déclarer la connaissance de la vérité, extrêmement difficile à obtenir, par la seule connaissance de laquelle tu seras libéré tout en vivant.' ||1||
Brahmavidya (Knowledge of Brahman), Jivanmukti (Liberation while living), Tattvajnana (Knowledge of the Ultimate Truth)Verse 3
सर्वमेकमजं शान्तमनन्तं ध्रुवमव्ययम्। पश्यन् भूतार्थचिद्रूपं शान्त आस्व यथासुखम्॥ अवेदनं विदुर्योगं चित्तक्षयमकृत्रिमम्। योगस्थः कुरु कर्माणि नीरसो वाथ मा कुरु॥२–३॥
Tout est Un : non-né, paisible, infini, ferme, impérissable. Voyant la réalité des êtres comme de nature consciente, demeure tranquille et repose en aisance. Les sages savent que le yoga est « avedana », la non-sensation, l’extinction naturelle du mental. Établi dans le yoga, accomplis les actes sans saveur ni attachement ; ou bien, sinon, ne les accomplis pas.
Nondual Brahman/Ātman; cittakṣaya (attenuation of mind); karma in the light of jñāna; vairāgyaVerse 4
सर्वमेकमजं शान्तमनन्तं ध्रुवमव्ययम्। पश्यन् भूतार्थचिद्रूपं शान्त आस्व यथासुखम्॥ अवेदनं विदुर्योगं चित्तक्षयमकृत्रिमम्। योगस्थः कुरु कर्माणि नीरसो वाथ मा कुरु॥२–३॥
Tout est Un : non-né, paisible, infini, ferme, impérissable. Voyant la réalité des êtres comme de nature consciente, demeure tranquille et repose en aisance. Les sages savent que le yoga est « avedana », la non-sensation, l’extinction naturelle du mental. Établi dans le yoga, accomplis les actes sans saveur ni attachement ; ou bien, sinon, ne les accomplis pas.
Nonduality; mind-cessation/attenuation; niṣkāma karma vs naiṣkarmyaVerse 5
विरागमुपयात्यन्तर्वासनास्वनुवासरम्। क्रियासूदररूपासु क्रमते मोदतेऽन्वहम्॥ ग्राम्यासु जडचेष्टासु सततं विचिकित्सते। नोदाहरति मर्माणि पुण्यकर्माणि सेवते॥ अनन्योद्वेगकारीणि मृदुकर्माणि सेवते। पापाद्बिभेति...
Jour après jour, il parvient au détachement (vairāgya) à l’égard des tendances latentes en lui. Il chemine parmi des actions de belle tenue et s’en réjouit chaque jour. Face aux comportements mondains et inertes, il demeure sans cesse dans le discernement. Il ne profère pas de paroles qui blessent aux points sensibles ; il pratique des actes méritoires. Il accomplit des actions douces qui ne troublent pas autrui. Il craint constamment la faute et ne recherche pas la jouissance. Il prononce des paroles empreintes d’affection et d’amitié — agréables, justes, et convenant au lieu et au temps.
Vairāgya and sādhana-catuṣṭaya traits; ethical purification (yama-like virtues) supporting jñānaVerse 6
विरागमुपयात्यन्तर्वासनास्वनुवासरम् । क्रियासूदाररूपासु क्रमते मोदतेऽन्वहम् ॥ ग्राम्यासु जडचेष्टासु सततं विचिकित्सते । नोदाहरति मर्माणि पुण्यकर्माणि सेवते ॥ अनन्योद्वेगकारीणि मृदुकर्माणि सेवते । पापाद्...
Jour après jour, il parvient au détachement (vairāgya) à l’égard des tendances latentes en lui. Il chemine parmi des actions pures et bien ordonnées, et s’en réjouit chaque jour. Dans les activités mondaines et inertes, il demeure constamment dans le discernement ; il ne profère pas de paroles qui blessent aux points sensibles, mais pratique des actes méritoires. Il accomplit des actions douces qui ne troublent pas autrui ; il craint sans cesse la faute et ne recherche pas la jouissance. Il prononce des paroles empreintes d’affection et de bienveillance — agréables, justes, et convenant au lieu et au temps.
Vairāgya (dispassion) and sādhana-catuṣṭaya as preparation for jñāna/mokṣaVerse 7
विरागमुपयात्यन्तर्वासनास्वनुवासरम् । क्रियासूदाररूपासु क्रमते मोदतेऽन्वहम् ॥ ग्राम्यासु जडचेष्टासु सततं विचिकित्सते । नोदाहरति मर्माणि पुण्यकर्माणि सेवते ॥ अनन्योद्वेगकारीणि मृदुकर्माणि सेवते । पापाद्...
Jour après jour, il parvient au détachement (virāga) à l’égard des tendances latentes en lui. Il chemine parmi des actions pures et bien ordonnées, et se réjouit chaque jour. Dans les activités mondaines et inertes, il demeure constamment lucide; il ne profère pas de paroles qui frappent les points vitaux; il pratique des actes méritoires. Il accomplit des actions douces qui ne troublent pas autrui; il craint sans cesse la faute et ne recherche pas la jouissance. Il prononce des paroles empreintes d’affection et de bienveillance—agréables, justes, et adaptées au lieu et au temps.
Antaḥkaraṇa-śuddhi (purification of mind) through vairāgya and dhārmic conductVerse 8
विरागमुपयात्यन्तर्वासनास्वनुवासरम् । क्रियासूदाररूपासु क्रमते मोदतेऽन्वहम् ॥ ग्राम्यासु जडचेष्टासु सततं विचिकित्सते । नोदाहरति मर्माणि पुण्यकर्माणि सेवते ॥ अनन्योद्वेगकारीणि मृदुकर्माणि सेवते । पापाद्...
Jour après jour, il parvient au détachement (virāga) à l’égard des tendances latentes en lui. Il chemine parmi des actions pures et bien ordonnées, et se réjouit chaque jour. Dans les activités mondaines et inertes, il demeure constamment lucide; il ne profère pas de paroles qui frappent les points vitaux; il pratique des actes méritoires. Il accomplit des actions douces qui ne troublent pas autrui; il craint sans cesse la faute et ne recherche pas la jouissance. Il prononce des paroles empreintes d’affection et de bienveillance—agréables, justes, et adaptées au lieu et au temps.
Mumukṣutva-supported discipline: ethical restraint and dispassion as proximate causes for knowledgeVerse 9
मनसा कर्मणा वाचा सज्जनानुपसेवते । यतः कुतश्चिदानीय नित्यं शास्त्राण्यवेक्षते ॥
Par la pensée, par l’acte et par la parole, il se met au service des gens de bien. D’où que ce soit, de quelque source que ce soit, les ayant recueillis, il examine sans cesse les śāstra, les Écritures.
Satsaṅga and śāstra-adhyayana as means to viveka and mokṣaVerse 10
तदासौ प्रथमामेकां प्राप्तो भवति भूमिकाम् । एवं विचारवान्यः स्यात्संसारोत्तरणं प्रति ॥ स भूमिकावानित्युक्तः शेषस्त्वार्य इति स्मृतः । विचारनाम्नीमितरामागतो योगभूमिकाम् ॥ श्रुतिस्मृतिसदाचारधारणाध्यानकर्...
Alors il atteint la première et unique étape (bhūmikā). Celui qui est ainsi pourvu d’investigation (vicāra) en vue de franchir le saṃsāra est dit « posséder une étape »; les autres ne sont retenus que comme de simples « nobles » (ārya). Parvenu à l’autre étape yogique nommée « Investigation », il se réfugie auprès des meilleurs pandits, réputés pour exposer, selon l’interprétation principale, les disciplines de la śruti et de la smṛti, la bonne conduite (sadācāra), la concentration (dhāraṇā), la méditation (dhyāna) et l’action (karma).
Vicāra (Self-inquiry) as a yogic/vedāntic bhūmikā; adhikāritva and graded path toward mokṣaVerse 11
तदासौ प्रथमामेकां प्राप्तो भवति भूमिकाम् । एवं विचारवान् यः स्यात् संसारोत्तरणं प्रति ॥ स भूमिकावान् इत्युक्तः शेषस् त्वार्य इति स्मृतः । विचारनाम्नीम् इतराम् आगतो योगभूमिकाम् ॥ श्रुतिस्मृतिसदाचारधारण...
Alors il atteint la première étape unique (bhūmikā). Ainsi, quiconque est pourvu de l’investigation (vicāra) en vue de franchir le saṃsāra est appelé « possesseur d’une étape »; les autres ne sont retenus que comme de simples « nobles » (ārya). Parvenu à l’autre étape yogique nommée « Investigation », il recourt aux meilleurs érudits, renommés pour l’exposé principal de la śruti, de la smṛti, de la bonne conduite (sadācāra), de la concentration (dhāraṇā), de la méditation (dhyāna) et de l’action disciplinée (karma).
Sādhana (spiritual discipline) through vicāra leading toward mokṣa; gradations of yogic/gnostic progress (bhūmikā)Verse 12
तदासौ प्रथमामेकां प्राप्तो भवति भूमिकाम् । एवं विचारवान् यः स्यात् संसारोत्तरणं प्रति ॥ स भूमिकावान् इत्युक्तः शेषस् त्वार्य इति स्मृतः । विचारनाम्नीम् इतराम् आगतो योगभूमिकाम् ॥ श्रुतिस्मृतिसदाचारधारण...
Alors il atteint la première étape unique (bhūmikā). Ainsi, celui qui est pourvu de vicāra—l’enquête intérieure—en vue de franchir le saṃsāra est appelé « possesseur d’une étape » ; les autres ne sont retenus que comme « ārya » (nobles). Parvenu à l’autre étape yogique nommée « Enquête », il se réfugie auprès des meilleurs savants, renommés pour l’exposé principal de la śruti, de la smṛti, de la bonne conduite, de la dhāraṇā (concentration), du dhyāna (méditation) et de l’action disciplinée.
Vicāra as the gateway discipline; guru-śāstra-satsaṅga as means to mokṣaVerse 13
पदार्थप्रविभागज्ञः कार्याकार्यविनिर्णयम् । जानात्यधिगतश्चान्यो गृहं गृहपतिर्यथा ॥ मदाभिमानमात्सर्यलोभमोहातिशायिताम् । बहिरप्यास्थितामीषत् त्यजत्यहिरिव त्वचम् ॥ इत्थंभूतमतिः शास्त्रगुरुसज्जनसेवया । सरह...
Celui qui connaît la distinction des catégories (padārtha-vibhāga) comprend le discernement de ce qu’il convient de faire ou non, tel un maître de maison qui a pleinement gouverné son foyer. Il abandonne peu à peu l’orgueil, l’ego, l’envie, l’avidité et l’illusion excessive—même s’ils subsistent encore légèrement au dehors—comme le serpent qui se dépouille de sa peau. Avec une telle disposition, par le service rendu à l’Écriture, au maître et aux gens de bien, il saisit correctement et entièrement l’enseignement avec son sens intérieur, secret.
Viveka (discrimination), vairāgya (dispassion), and purification of antaḥkaraṇa as preparation for brahmajñānaVerse 14
पदार्थप्रविभागज्ञः कार्याकार्यविनिर्णयम् । जानात्यधिगतश्चान्यो गृहं गृहपतिर्यथा ॥ मदाभिमानमात्सर्यलोभमोहातिशायिताम् । बहिरप्यास्थितामीषत् त्यजत्यहिरिव त्वचम् ॥ इत्थंभूतमतिः शास्त्रगुरुसज्जनसेवया । सरह...
Celui qui connaît la distinction des catégories (padārtha-vibhāga) comprend le discernement de ce qu’il convient de faire ou non, tel un maître de maison qui a pleinement gouverné son foyer. Il abandonne peu à peu l’orgueil, l’ego, l’envie, l’avidité et l’illusion excessive—même s’ils subsistent encore légèrement au dehors—comme le serpent qui se dépouille de sa peau. Avec une telle disposition, par le service rendu à l’Écriture, au maître et aux gens de bien, il saisit correctement et entièrement l’enseignement avec son sens intérieur, secret.
Antaḥkaraṇa-śuddhi (purification of mind) supporting jñānaVerse 15
पदार्थप्रविभागज्ञः कार्याकार्यविनिर्णयम् । जानात्यधिगतश्चान्यो गृहं गृहपतिर्यथा ॥ मदाभिमानमात्सर्यलोभमोहातिशायिताम् । बहिरप्यास्थितामीषत् त्यजत्यहिरिव त्वचम् ॥ इत्थंभूतमतिः शास्त्रगुरुसज्जनसेवया । सरह...
Celui qui connaît la distinction des catégories (padārtha-vibhāga) comprend le discernement de ce qu’il convient de faire ou non, tel un maître de maison qui a pleinement gouverné son foyer. Il abandonne peu à peu l’orgueil, l’ego, l’envie, l’avidité et l’illusion excessive, comme le serpent qui se dépouille de sa peau. Avec une telle disposition, par le service rendu à l’Écriture, au maître et aux gens de bien, il saisit pleinement et correctement l’enseignement avec son sens intérieur, secret.
Viveka leading to vairāgya and right understanding (yathāvad-jñāna)Verse 16
असंसर्गाभिधामन्यां तृतीयां योगभूमिकाम् । ततः पतत्यसौ कान्तः पुष्पशय्यामिवामलाम् ॥ यथावच्छास्त्रवाक्यार्थे मतिमाधाय निश्चलाम् । तापसाश्रमविश्रान्तैरध्यात्मकथनक्रमैः । शिलाशय्यासनासीनो जरयत्यायुराततम् ॥...
Dans la troisième étape du yoga, appelée « asaṃsarga » (non-association, non-attachement), l’être bien-aimé se pose comme sur une couche immaculée de fleurs. Ayant fixé une pensée inébranlable sur le sens véritable des énoncés scripturaires, par des suites d’entretiens spirituels qui procurent repos dans les ermitages des ascètes, assis sur un lit de pierre et un siège de pierre, il laisse s’user la longue étendue de la vie. Errant dans les forêts et sur la terre, paré de la beauté de l’apaisement du mental, et par l’aisance heureuse née du détachement, l’homme discipliné fait passer le temps. Par la pratique des bonnes Écritures et l’accomplissement d’actes méritoires, chez l’être vivant cette vision du Réel devient claire telle qu’elle est. Ayant atteint la troisième étape, l’éveillé en fait lui-même l’expérience.
Vairāgya (asaṅga/asaṃsarga) leading to vastudṛṣṭi (right vision) and experiential jñānaVerse 17
असंसर्गाभिधामन्यां तृतीयां योगभूमिकाम् । ततः पतत्यसौ कान्तः पुष्पशय्यामिवामलाम् ॥ यथावच्छास्त्रवाक्यार्थे मतिमाधाय निश्चलाम् । तापसाश्रमविश्रान्तैरध्यात्मकथनक्रमैः । शिलाशय्यासनासीनो जरयत्यायुराततम् ॥...
Dans le troisième degré du yoga, nommé « non-association » (asaṃsarga, non-attachement), il se repose alors comme sur une couche de fleurs, sans tache. Ayant fixé une pensée inébranlable sur le sens véritable des énoncés scripturaires, ranimé par une suite ordonnée d’enseignements spirituels dans les ermitages des ascètes, assis sur un lit de pierre et un siège de pierre, il laisse s’écouler la longue durée de la vie. Errant dans les forêts et sur la terre, paré de la beauté de l’apaisement du mental, et par la douce félicité née du détachement, l’homme de discipline traverse le temps. Par la pratique des bonnes Écritures et l’accomplissement d’actes méritoires, cette vision juste du Réel devient limpide pour l’être, telle qu’elle est. Ayant atteint le troisième degré, l’éveillé en fait l’expérience par lui-même.
Citta-upaśama and asaṅga as proximate causes for jñāna-anubhavaVerse 18
असंसर्गाभिधामन्यां तृतीयां योगभूमिकाम् । ततः पतत्यसौ कान्तः पुष्पशय्यामिवामलाम् ॥ यथावच्छास्त्रवाक्यार्थे मतिमाधाय निश्चलाम् । तापसाश्रमविश्रान्तैरध्यात्मकथनक्रमैः । शिलाशय्यासनासीनो जरयत्यायुराततम् ॥...
Au troisième stade du yoga, dit « non-association » (asaṃsarga, non-attachement), il trouve le repos comme sur un lit de fleurs sans tache. L’esprit rendu immobile dans le sens vrai des énoncés des Écritures, soutenu par un enseignement spirituel ordonné qui apporte le répit dans les ermitages des ascètes, assis sur un lit de pierre, il laisse s’user la longue vie. En errant dans les forêts et sur la terre, embelli par le calme du mental et par le réconfort de la félicité née du détachement, l’homme de principe traverse le temps. Par l’étude répétée des bonnes Écritures et par les actes méritoires, la vision juste du Réel devient lumineuse pour l’être incarné. Parvenu au troisième stade, l’éveillé en fait l’expérience directe.
Sādhana leading to sākṣānubhava (direct realization) through asaṅga and śāstra-niścayaVerse 19
असंसर्गाभिधामन्यां तृतीयां योगभूमिकाम् । ततः पतत्यसौ कान्तः पुष्पशय्यामिवामलाम् ॥ यथावच्छास्त्रवाक्यार्थे मतिमाधाय निश्चलाम् । तापसाश्रमविश्रान्तैरध्यात्मकथनक्रमैः । शिलाशय्यासनासीनो जरयत्यायुराततम् ॥...
Dans le troisième « sol » du yoga, nommé « non-association » (asaṃsarga, non-attachement), il s’établit comme sur un lit de fleurs immaculé. Ayant posé un esprit ferme et immobile sur le sens vrai des paroles des Écritures, ranimé par des exposés spirituels ordonnés dans les ermitages des ascètes, assis sur un lit de pierre, il laisse s’écouler la longue vie. Errant dans les forêts et sur la terre, avec la beauté de l’apaisement du mental et l’agrément de la félicité née du détachement, l’homme discipliné traverse le temps. Par la pratique des bonnes Écritures et par des œuvres méritoires, cette vision juste du Réel devient paisible et claire pour l’être. Ayant obtenu le troisième sol, l’éveillé en fait l’expérience par lui-même.
Antaḥkaraṇa-śuddhi and niścaya (firm ascertainment) culminating in vastudṛṣṭiVerse 20
असंसर्गाभिधामन्यां तृतीयां योगभूमिकाम् । ततः पतत्यसौ कान्तः पुष्पशय्यामिवामलाम् ॥ यथावच्छास्त्रवाक्यार्थे मतिमाधाय निश्चलाम् । तापसाश्रमविश्रान्तैरध्यात्मकथनक्रमैः । शिलाशय्यासनासीनो जरयत्यायुराततम् ॥...
Dans le troisième stade du yoga, connu comme « non-association » (asaṃsarga, non-attachement), il descend au repos comme sur une couche de fleurs sans tache. Ayant établi un esprit inébranlable sur le sens des phrases des Écritures conformément à la vérité, ranimé par des discours spirituels ordonnés dans les ermitages des ascètes, assis sur lit et siège de pierre, il laisse s’user la longue vie. Errant dans les forêts et sur la terre, avec la beauté de l’apaisement du mental et la douce aisance de la félicité née du détachement, l’homme discipliné traverse le temps. Par la pratique des bonnes Écritures et l’accomplissement d’actions méritoires, pour l’être vivant cette vision du Réel devient claire telle qu’elle est. Ayant atteint le troisième stade, l’éveillé en fait l’expérience par lui-même.
Mokṣa-sādhana: asaṅga + śāstra-niścaya → vastudṛṣṭi → anubhavaVerse 21
द्विप्रकारसंसर्गं तस्य भेदमिमं शृणु । द्विविधोऽयमसंसर्गः सामान्यः श्रेष्ठ एव च ॥ नाहं कर्ता न भोक्ता च न बाध्यो न च बाधकः । इत्यसंजनमर्थेषु सामान्यासङ्गनामकम् ॥ प्राक्कर्मनिर्मितं सर्वमीश्वराधीनमेव वा...
Écoute cette distinction au sujet de la « fréquentation » (saṃsarga) : la « non-association » (asaṃsarga) est de deux sortes, ordinaire et suprême. « Je ne suis ni l’agent ni le jouisseur ; je ne suis ni celui qui subit ni celui qui fait subir » : ce non-agrippement aux objets est appelé « non-attachement ordinaire ». Que tout soit produit par le karma antérieur ou dépende du Seigneur—que ce soit bonheur ou peine—quelle part d’agentivité t’appartient ici ? Jouissances et non-jouissances sont de grandes maladies ; les prospérités sont des calamités suprêmes ; les unions ne sont que pour la séparation ; les tourments et les maladies relèvent du mental. Le temps, occupé à mesurer, pousse sans relâche tous les états. L’intervalle intérieur qui est « non-souci », c’est-à-dire la non-conceptualisation des états : telle est la non-association ordinaire pour celui dont l’esprit a saisi le sens de l’énoncé (de l’enseignement).
Asaṅga (non-attachment) grounded in akartṛtva/abhoktṛtva (non-agency/non-enjoyership)Verse 22
द्विप्रकारसंसर्गं तस्य भेदमिमं शृणु । द्विविधोऽयमसंसर्गः सामान्यः श्रेष्ठ एव च ॥ नाहं कर्ता न भोक्ता च न बाध्यो न च बाधकः । इत्यसंजनमर्थेषु सामान्यासङ्गनामकम् ॥ प्राक्कर्मनिर्मितं सर्वमीश्वराधीनमेव वा...
Écoute cette distinction concernant l’attachement : le non-attachement est double—ordinaire et suprême. «Je ne suis ni l’agent ni le jouisseur ; je ne suis ni l’affecté ni l’affectant» : ce non-agrippement aux objets est nommé non-attachement ordinaire. Que tout soit façonné par le karma antérieur ou dépende uniquement du Seigneur—joie ou peine—quelle part d’agir t’appartient ici ? Jouissances et non-jouissances sont de grandes maladies ; les prospérités, des calamités suprêmes ; les unions ne sont que pour la séparation ; afflictions et maux relèvent du mental. Le temps, occupé à mesurer, transforme sans cesse tous les états. L’intervalle intérieur appelé « non-souci », c’est-à-dire l’absence de conceptualisation des états—voilà le non-attachement ordinaire pour celui dont l’esprit a saisi le sens de l’enseignement.
Vairāgya through insight into non-agency (akartṛtva) and impermanence (anityatā)Verse 23
द्विप्रकारसंसर्गं तस्य भेदमिमं शृणु । द्विविधोऽयमसंसर्गः सामान्यः श्रेष्ठ एव च ॥ नाहं कर्ता न भोक्ता च न बाध्यो न च बाधकः । इत्यसंजनमर्थेषु सामान्यासङ्गनामकम् ॥ प्राक्कर्मनिर्मितं सर्वमीश्वराधीनमेव वा...
Écoute la distinction de l’attachement : le non-attachement est double—ordinaire et suprême. «Je ne suis ni l’agent ni le jouisseur ; je ne suis ni l’affecté ni l’affectant» : ce non-agrippement aux objets est dit non-attachement ordinaire. Que tout soit fait par le karma antérieur ou dépende seulement du Seigneur—joie ou douleur—quelle agence serait la tienne ici ? Jouissances et non-jouissances sont de grandes maladies ; les prospérités, des calamités suprêmes ; les unions ne sont que pour la séparation ; afflictions et maux relèvent du mental. Le temps, occupé à mesurer, altère sans cesse tous les états. L’intervalle intérieur appelé « non-souci », c’est-à-dire ne pas conceptualiser les états—voilà la non-association ordinaire pour celui qui a obtenu le sens de l’enseignement.
Anityatā-viveka and asaṅga as mental discipline (sādhana)Verse 24
द्विप्रकारसंसर्गं तस्य भेदमिमं शृणु । द्विविधोऽयमसंसर्गः सामान्यः श्रेष्ठ एव च ॥ नाहं कर्ता न भोक्ता च न बाध्यो न च बाधकः । इत्यसंजनमर्थेषु सामान्यासङ्गनामकम् ॥ प्राक्कर्मनिर्मितं सर्वमीश्वराधीनमेव वा...
Écoute cette distinction concernant l’association : la non-association est de deux sortes—ordinaire et suprême. «Je ne suis ni l’agent ni le jouisseur ; ni l’affecté ni l’affectant» : ce non-agrippement aux objets est appelé non-attachement ordinaire. Que tout soit produit par le karma antérieur ou dépende uniquement du Seigneur—joie ou peine—quelle agence t’appartient ici ? Jouissances et non-jouissances sont de grandes maladies ; les prospérités, des calamités suprêmes ; les unions ne sont que pour la séparation ; afflictions et maux appartiennent au mental. Le temps, voué à mesurer, transforme sans cesse tous les états. L’intervalle intérieur nommé « non-souci », c’est-à-dire ne pas conceptualiser les états—voilà la non-association ordinaire pour celui dont l’esprit a saisi le sens de l’enseignement.
Akartṛtva-bhāvanā (contemplation of non-doership) as sāmānya-asaṅgaVerse 25
द्विप्रकारसंसर्गं तस्य भेदमिमं शृणु । द्विविधोऽयमसंसर्गः सामान्यः श्रेष्ठ एव च ॥ नाहं कर्ता न भोक्ता च न बाध्यो न च बाधकः । इत्यसंजनमर्थेषु सामान्यासङ्गनामकम् ॥ प्राक्कर्मनिर्मितं सर्वमीश्वराधीनमेव वा...
Écoute cette distinction concernant l’association : la non-association est double—ordinaire et suprême. «Je ne suis ni l’agent ni le jouisseur ; ni l’affecté ni l’affectant» : ce non-agrippement aux objets est appelé non-attachement ordinaire. Que tout soit produit par le karma antérieur ou dépende uniquement du Seigneur—joie ou peine—quelle agence t’appartient ici ? Jouissances et non-jouissances sont de grandes maladies ; les prospérités, des calamités suprêmes ; les unions ne sont que pour la séparation ; afflictions et maux appartiennent au mental. Le temps, occupé à mesurer, modifie sans cesse tous les états. L’intervalle intérieur nommé « non-souci », c’est-à-dire ne pas conceptualiser les états—voilà la non-association ordinaire pour celui dont l’esprit a saisi le sens de l’enseignement.
Sāmānya-asaṅga (ordinary non-attachment) as a stabilizing discipline before para-asaṅgaVerse 26
अनेन क्रमयोगेन संयोगेन महात्मनाम् । नाहं कर्तेश्वरः कर्ता कर्म वा प्राक्तनं मम ॥ कृत्वा दूरतरे नूनमिति शब्दार्थभावनम् । यन्मौनमासनं शान्तं तच्छ्रेष्ठासङ्ग उच्यते ॥२५-२६॥
Par ce yoga graduel—cette discipline d’union des grandes âmes—(on contemple) : «Je ne suis pas l’agent ; le Seigneur est l’agent ; et l’action, présente ou passée, n’est pas mienne.» Ayant ainsi établi la contemplation du sens des mots—«assurément, très loin (de moi)»—cette posture silencieuse et paisible est appelée le non-attachement suprême.
Akartṛtva (non-doership) and asanga (non-attachment) as means to mokshaVerse 27
अनेन क्रमयोगेन संयोगेन महात्मनाम् । नाहं कर्तेश्वरः कर्ता कर्म वा प्राक्तनं मम ॥ कृत्वा दूरतरे नूनमिति शब्दार्थभावनम् । यन्मौनमासनं शान्तं तच्छ्रेष्ठासङ्ग उच्यते ॥२५-२६॥
Par ce yoga progressif—cette conjonction disciplinée des âmes magnanimes—on contemple : «Je ne suis pas l’agent ; le Seigneur est l’agent ; et l’action, présente ou antérieure, n’est pas mienne.» Ayant ainsi médité le sens des mots «assurément, loin (de moi)», cette assise silencieuse et paisible est appelée le non-attachement suprême.
Akartṛtva (non-doership) and asanga (non-attachment) as means to mokshaVerse 28
सन्तोषामोदमधुरा प्रथमोदेति भूमिका । भूमिप्रोदितमात्रोऽन्तरमृताङ्कुरिकेव सा ॥ एषा हि परिमृष्टान्तः संन्यासा प्रसवैकभूः । द्वितीयां च तृतीयां च भूमिकां प्राप्नुयात्ततः ॥ श्रेष्ठा सर्वगता ह्येषा तृतीया भ...
Le premier degré s’élève, doux de contentement et de joie ; il est comme un germe d’immortalité, à peine sorti de la terre. C’est bien là le renoncement (saṃnyāsa) dont la fin a été clairement touchée ; l’unique sol où naît une réalisation plus haute. Ensuite, il faut atteindre le deuxième et le troisième degrés. Ici, le troisième degré est excellent et tout-pénétrant ; en lui, l’homme devient celui qui a entièrement rejeté toute fabrication d’intentions (saṅkalpa). Par la pratique des trois degrés, lorsque l’ignorance est détruite, ceux qui parviennent au quatrième degré voient l’égalité partout. Quand la stabilité dans la non-dualité advient et que la dualité s’apaise, ceux qui parviennent au quatrième degré voient le monde comme un rêve.
Bhūmikā-krama (stages of realization), saṃnyāsa, saṅkalpa-kṣaya, ajñāna-nāśa, advaita-sthairyaVerse 29
सन्तोषामोदमधुरा प्रथमोदेति भूमिका । भूमिप्रोदितमात्रोऽन्तरमृताङ्कुरिकेव सा ॥ एषा हि परिमृष्टान्तः संन्यासा प्रसवैकभूः । द्वितीयां च तृतीयां च भूमिकां प्राप्नुयात्ततः ॥ श्रेष्ठा सर्वगता ह्येषा तृतीया भ...
Le premier degré s’élève, doux de contentement et de joie ; il est comme un germe d’immortalité, à peine sorti de la terre. C’est bien là le renoncement (saṃnyāsa) dont la fin a été clairement touchée ; l’unique sol où naît une réalisation plus haute. Ensuite, il faut atteindre le deuxième et le troisième degrés. Ici, le troisième degré est excellent et tout-pénétrant ; en lui, l’homme devient celui qui a entièrement rejeté toute fabrication d’intentions (saṅkalpa). Par la pratique des trois degrés, lorsque l’ignorance est détruite, ceux qui parviennent au quatrième degré voient l’égalité partout. Quand la stabilité dans la non-dualité advient et que la dualité s’apaise, ceux qui parviennent au quatrième degré voient le monde comme un rêve.
Bhūmikā-krama (stages of realization), saṃnyāsa, saṅkalpa-kṣaya, ajñāna-nāśa, advaita-sthairyaVerse 30
सन्तोषामोदमधुरा प्रथमोदेति भूमिका । भूमिप्रोदितमात्रोऽन्तरमृताङ्कुरिकेव सा ॥ एषा हि परिमृष्टान्तः संन्यासा प्रसवैकभूः । द्वितीयां च तृतीयां च भूमिकां प्राप्नुयात्ततः ॥ श्रेष्ठा सर्वगता ह्येषा तृतीया भ...
Le premier degré s’élève, doux de contentement et de joie ; il est comme un germe d’immortalité, à peine sorti de la terre. C’est bien là le renoncement (saṃnyāsa) dont la fin a été clairement touchée ; l’unique sol où naît une réalisation plus haute. Ensuite, il faut atteindre le deuxième et le troisième degrés. Ici, le troisième degré est excellent et tout-pénétrant ; en lui, l’homme devient celui qui a entièrement rejeté toute fabrication d’intentions (saṅkalpa). Par la pratique des trois degrés, lorsque l’ignorance est détruite, ceux qui parviennent au quatrième degré voient l’égalité partout. Quand la stabilité dans la non-dualité advient et que la dualité s’apaise, ceux qui parviennent au quatrième degré voient le monde comme un rêve.
Bhūmikā-krama (stages of realization), saṃnyāsa, saṅkalpa-kṣaya, ajñāna-nāśa, advaita-sthairyaVerse 31
सन्तोषामोदमधुरा प्रथमोदेति भूमिका । भूमिप्रोदितमात्रोऽन्तरमृताङ्कुरिकेव सा ॥ एषा हि परिमृष्टान्तः संन्यासा प्रसवैकभूः । द्वितीयां च तृतीयां च भूमिकां प्राप्नुयात्ततः ॥ श्रेष्ठा सर्वगता ह्येषा तृतीया भ...
Le premier degré (bhūmikā) s’élève, doux de la joie du contentement ; dès qu’il surgit, il y a au-dedans quelque chose comme un germe d’immortalité. Car c’est le renoncement (saṃnyāsa) dont la fin est clairement touchée, l’unique sol de la « naissance » spirituelle ; de là, il faut atteindre le deuxième et le troisième degrés. Ce troisième degré est ici vraiment excellent et tout-pénétrant ; en lui, l’homme devient celui qui a rejeté toute construction d’intention (saṅkalpa). Par la pratique des trois degrés, lorsque l’ignorance est détruite, ceux qui parviennent au quatrième degré voient l’égalité partout. Quand la stabilité dans la non-dualité advient et que la dualité s’apaise, ceux qui parviennent au quatrième degré voient le monde comme un rêve.
Moksha through gradual inner stages (bhūmikā), saṃnyāsa, dissolution of saṅkalpa, dawning of advaita-darśanaVerse 32
सन्तोषामोदमधुरा प्रथमोदेति भूमिका । भूमिप्रोदितमात्रोऽन्तरमृताङ्कुरिकेव सा ॥ एषा हि परिमृष्टान्तः संन्यासा प्रसवैकभूः । द्वितीयां च तृतीयां च भूमिकां प्राप्नुयात्ततः ॥ श्रेष्ठा सर्वगता ह्येषा तृतीया भ...
Le premier degré s’élève, doux de la joie du contentement; dès qu’il s’est levé, au-dedans apparaît comme un germe d’immortalité. Car ceci est le renoncement (saṃnyāsa) dont l’extrémité a été pleinement touchée, l’unique terre du second naître; de là, l’on doit ensuite atteindre le deuxième et le troisième degré. Ce troisième degré est ici vraiment excellent et tout-pénétrant; en lui, l’homme devient celui qui a rejeté toutes les fabrications de l’intention. Par l’exercice des trois degrés, lorsque l’ignorance est détruite, ceux qui ont atteint le quatrième degré voient l’égalité partout. Quand la stabilité dans la non-dualité est venue et que la dualité s’est apaisée, ceux qui ont atteint le quatrième degré voient le monde comme un rêve.
Gradual maturation into advaita-niṣṭhā; saṃnyāsa and saṅkalpa-kṣaya as means to samadarśanaVerse 33
भूमिकात्रितयं जाग्रच्चतुर्थी स्वप्न उच्यते ॥ चित्तं तु शरदभ्रांशविलयं प्रविलीयते । सत्त्वावशेष एवास्ते पञ्चमीं भूमिकां गतः ॥ जगद्विकल्पो नोदेति चित्तस्यात्र विलापनात् । पञ्चमीं भूमिकामेत्य सुषुप्तपदना...
La triade des degrés est appelée « veille »; le quatrième est appelé « rêve ». Mais le mental se dissout comme se fondent des fragments de nuages d’automne; celui qui a atteint le cinquième degré ne garde pour résidu que le sattva. La construction conceptuelle du monde (vikalpa) ne surgit pas, car ici le mental a été dissous; parvenu au cinquième degré, nommé « état de sommeil profond » (suṣupti), toutes les parts de particularité apaisées, on demeure comme non-dualité seule. L’apparence de la dualité s’étant évanouie, joyeux et dès lors éveillé au-dedans, celui qui a atteint le cinquième degré demeure avec un mental comme en sommeil profond. Tourné vers l’intérieur, tout en étant encore engagé au-dehors, il paraît comme toujours somnolent par fatigue. En s’exerçant dans ce degré, libre des vāsanā (tendances latentes), il entre peu à peu dans le sixième degré, aussi appelé turya. Là, il n’est ni non-être ni être; il n’y a ni « je » ni même « je-faisant »; seule subsiste une pensée amincie—il demeure en non-dualité, absolument sans crainte. Sans nœud, le doute pacifié, libéré vivant, lucide en contemplation—non éteint au dehors et pourtant éteint—il se tient tel une lampe peinte. Établi au sixième degré, il atteint le septième.
Progressive dissolution of mind (citta-laya), vāsanā-kṣaya, turya/turīyātīta trajectory, jīvanmuktiVerse 34
भूमिकात्रितयं जाग्रच्चतुर्थी स्वप्न उच्यते ॥ चित्तं तु शरदभ्रांशविलयं प्रविलीयते । सत्त्वावशेष एवास्ते पञ्चमीं भूमिकां गतः ॥ जगद्विकल्पो नोदेति चित्तस्यात्र विलापनात् । पञ्चमीं भूमिकामेत्य सुषुप्तपदना...
Les trois premiers degrés sont appelés « veille », et le quatrième « rêve ». Le mental se dissout comme fondent des fragments de nuages d’automne; celui qui atteint le cinquième degré ne garde qu’un résidu de sattva. Parce que le mental est dissous, le vikalpa, construction conceptuelle du monde, ne surgit pas; parvenu au cinquième degré, nommé « sommeil profond » (suṣupti), toutes les particularités apaisées, on demeure comme non-dualité seule. L’apparence de la dualité s’étant dissoute, joyeux et éveillé au-dedans, celui qui a atteint le cinquième degré demeure avec un mental comme en sommeil profond. Tourné vers l’intérieur tout en agissant au dehors, il paraît somnolent. En s’exerçant ici, libre des vāsanā, il entre peu à peu dans le sixième degré appelé turya. Là, ni être ni non-être, ni « je » ni « je-faisant »; seule subsiste une pensée amincie—demeure en non-dualité, sans peur. Sans nœud, le doute apaisé, libéré vivant, il se tient comme une lampe peinte; établi au sixième, il atteint le septième.
Suṣupti-analogue absorption, turya, jīvanmukti, vāsanā-kṣayaVerse 35
भूमिकात्रितयं जाग्रच्चतुर्थी स्वप्न उच्यते ॥ चित्तं तु शरदभ्रांशविलयं प्रविलीयते । सत्त्वावशेष एवास्ते पञ्चमीं भूमिकां गतः ॥ जगद्विकल्पो नोदेति चित्तस्यात्र विलापनात् । पञ्चमीं भूमिकामेत्य सुषुप्तपदना...
Les trois étapes sont dites « veille », la quatrième « rêve ». Le mental se dissout comme fondent des fragments de nuages d’automne; celui qui atteint la cinquième étape ne garde qu’un résidu de sattva. La conceptualisation du monde ne surgit pas, car le mental est dissous; parvenu à la cinquième étape appelée « sommeil profond » (suṣupti), toutes les particularités apaisées, on demeure comme non-dualité seule. L’apparence de la dualité s’étant dissoute, joyeux et éveillé au-dedans, on demeure avec un mental comme en sommeil profond. Bien qu’actif au dehors, on reste tourné vers l’intérieur et l’on paraît somnolent. Par la pratique en cette étape, libre des vāsanā, on entre peu à peu dans la sixième étape, turya, où il n’y a ni être ni non-être, ni « je » ni « je-faisant »; seule subsiste une pensée amincie en non-dualité, sans peur. Sans nœud, le doute apaisé, libéré vivant, on se tient comme une lampe peinte; établi au sixième, on atteint le septième.
Turya-oriented Advaita sādhanā; cessation of vikalpa; jīvanmukti marksVerse 36
भूमिकात्रितयं जाग्रत् चतुर्थी स्वप्न उच्यते॥ चित्तं तु शरदभ्रांशविलयं प्रविलीयते। सत्त्वावशेष एवास्ते पञ्चमीं भूमिकां गतः॥ जगद्विकल्पो नोदेति चित्तस्यात्र विलापनात्। पञ्चमीं भूमिकामेत्य सुषुप्तपदनामिक...
La triade des degrés est appelée veille; le quatrième est dit rêve. Mais le mental se dissout comme se dissout un amas de fragments de nuages d’automne; il ne reste qu’un résidu de sattva—il a atteint le cinquième degré. Parce qu’ici le mental est dissous, le vikalpa, imagination ou construction du monde, ne surgit pas. Parvenu au cinquième degré, nommé l’état de sommeil profond (suṣupti), toutes les particularités restantes apaisées, on demeure comme pure non-dualité. L’apparence de la dualité s’étant fondue, joyeux et dès lors éveillé, celui qui a atteint le cinquième degré demeure avec un mental comme en sommeil profond. Tourné vers l’intérieur, tout en étant encore engagé au dehors, il est toujours vu comme somnolent par épuisement. En s’exerçant dans ce degré, libre des vāsanā, il entre peu à peu dans un autre degré, le sixième, appelé turya. Là, il n’est ni non-être ni être; il n’y a ni « je » ni fonction d’ego; seule subsiste une pensée amincie—il demeure en non-dualité, absolument sans crainte. Sans nœud, le doute pacifié, libéré vivant, contemplatif; non éteint au dehors et pourtant extinction—stable comme une lampe peinte. Établi au sixième degré, il peut atteindre le septième.
Bhūmikā-s (stages of realization), citta-laya (dissolution of mind), suṣupti-like samādhi, turīya, jīvanmukti, advaitaVerse 37
भूमिकात्रितयं जाग्रत् चतुर्थी स्वप्न उच्यते॥ चित्तं तु शरदभ्रांशविलयं प्रविलीयते। सत्त्वावशेष एवास्ते पञ्चमीं भूमिकां गतः॥ जगद्विकल्पो नोदेति चित्तस्यात्र विलापनात्। पञ्चमीं भूमिकामेत्य सुषुप्तपदनामिक...
La triade des étapes est la veille ; la quatrième est le rêve. Le mental se dissout comme les nuages d'automne ; seul le sattva subsiste. Au cinquième stade, la dualité s'efface. Au sixième stade appelé Turya, l'ego disparaît et l'on devient un libéré vivant, stable comme une lampe peinte.
Advaita realization through bhūmikā progression; suṣupti-like absorption; turīya; jīvanmuktiVerse 38
भूमिकात्रितयं जाग्रत् चतुर्थी स्वप्न उच्यते॥ चित्तं तु शरदभ्रांशविलयं प्रविलीयते। सत्त्वावशेष एवास्ते पञ्चमीं भूमिकां गतः॥ जगद्विकल्पो नोदेति चित्तस्यात्र विलापनात्। पञ्चमीं भूमिकामेत्य सुषुप्तपदनामिक...
La triade des étapes est la veille ; la quatrième est le rêve. Le mental se dissout comme les nuages d'automne ; seul le sattva subsiste. Au cinquième stade, la dualité s'efface. Au sixième stade appelé Turya, l'ego disparaît et l'on devient un libéré vivant, stable comme une lampe peinte.
Cessation of jagat-vikalpa; turīya as ego-transcendence; jīvanmuktiVerse 39
भूमिकात्रितयं जाग्रत् चतुर्थी स्वप्न उच्यते॥ चित्तं तु शरदभ्रांशविलयं प्रविलीयते। सत्त्वावशेष एवास्ते पञ्चमीं भूमिकां गतः॥ जगद्विकल्पो नोदेति चित्तस्यात्र विलापनात्। पञ्चमीं भूमिकामेत्य सुषुप्तपदनामिक...
La triade des étapes est la veille ; la quatrième est le rêve. Le mental se dissout comme les nuages d'automne ; seul le sattva subsiste. Au cinquième stade, la dualité s'efface. Au sixième stade appelé Turya, l'ego disparaît et l'on devient un libéré vivant, stable comme une lampe peinte.
Non-dual abidance (advaitamātraka) through mind-dissolution; turīya; vāsanā-kṣayaVerse 40
भूमिकात्रितयं जाग्रत् चतुर्थी स्वप्न उच्यते॥ चित्तं तु शरदभ्रांशविलयं प्रविलीयते। सत्त्वावशेष एवास्ते पञ्चमीं भूमिकां गतः॥ जगद्विकल्पो नोदेति चित्तस्यात्र विलापनात्। पञ्चमीं भूमिकामेत्य सुषुप्तपदनामिक...
La triade des étapes est la veille ; la quatrième est le rêve. Le mental se dissout comme les nuages d'automne ; seul le sattva subsiste. Au cinquième stade, la dualité s'efface. Au sixième stade appelé Turya, l'ego disparaît et l'on devient un libéré vivant, stable comme une lampe peinte.
Seven-stage path culminating in turīya and beyond; ego-negation; fearless non-dualityVerse 41
भूमिकात्रितयं जाग्रच्चतुर्थी स्वप्न उच्यते॥ चित्तं तु शरदभ्रांशविलयं प्रविलीयते। सत्त्वावशेष एवास्ते पञ्चमीं भूमिकां गतः॥ जगद्विकल्पो नोदेति चित्तस्यात्र विलापनात्। पञ्चमीं भूमिकामेत्य सुषुप्तपदनामिका...
La triade des étapes est la veille ; la quatrième est le rêve. Le mental se dissout comme les nuages d'automne ; seul le sattva subsiste. Au cinquième stade, la dualité s'efface. Au sixième stade appelé Turya, l'ego disparaît et l'on devient un libéré vivant, stable comme une lampe peinte, comme en nirvana.
Bhūmikā-s (stages of realization), dissolution of mind (citta-laya), jīvanmukti, advaitaVerse 42
विदेहमुक्ततात्रोक्ता सप्तमी योगभूमिका। अगम्या वचसां शान्ता सा सीमा सर्वभूमिषु॥ लोकानुवर्तनं त्यक्त्वा त्यक्त्वा देहानुवर्तनम्। शास्त्रानुवर्तनं त्यक्त्वा स्वाध्यासापनयं कुरु॥ ओङ्कारमात्रमखिलं विश्वप्र...
La septième étape du yoga est proclamée comme la délivrance sans corps (videha-mukti) ; elle est paisible, hors d’atteinte des paroles, et la limite ultime de toutes les étapes. Ayant renoncé à suivre le monde, ayant renoncé à suivre le corps, et ayant renoncé même à suivre l’Écriture, ôte la surimposition (adhyāsa). Tout ceci n’est que Oṃ, marqué comme Viśva, Prājña, et ainsi de suite ; car, par l’examen de la différence et de la non-différence entre le signifiant et le signifié, on ne l’appréhende pas comme autre que Oṃ. La lettre A est Viśva (veille) ; la lettre U est rappelée comme Taijasa (rêve) ; Prājña est la lettre M (sommeil profond) — ainsi faut-il contempler selon l’ordre. Avant même le temps du samādhi, réfléchis avec un grand effort ; du grossier au subtil, résorbe tout dans le Soi conscient. Sache le Soi conscient éternellement pur, intelligent, libre, réel, non-duel ; de la nature de la béatitude suprême : « Je suis Vāsudeva, Oṃ ». Puisque, au commencement, au milieu et à la fin, tout ceci est souffrance, abandonne donc tout et demeure établi dans le Réel, ô sans faute. Au-delà des ténèbres de l’ignorance, dépourvu de toute apparence, bienheureux, sans tache, pur, au-delà du mental et de la parole — contemple : « Je suis Brahman, masse compacte de conscience et de béatitude ».
Oṃ as totality (praṇava-upāsanā), adhyāsa-apavāda (removal of superimposition), Brahmātma-aikya, videhamuktiVerse 43
विदेहमुक्ततात्रोक्ता सप्तमी योगभूमिका। अगम्या वचसां शान्ता सा सीमा सर्वभूमिषु॥ लोकानुवर्तनं त्यक्त्वा त्यक्त्वा देहानुवर्तनम्। शास्त्रानुवर्तनं त्यक्त्वा स्वाध्यासापनयं कुरु॥ ओङ्कारमात्रमखिलं विश्वप्र...
Comme Akshi.41 : la septième étape est la délivrance sans corps, paisible et au-delà des mots ; renonce à suivre le monde, le corps et même l’Écriture, et ôte la surimposition (adhyāsa). Contemple tout comme Oṃ ; A-U-M correspondent à veille–rêve–sommeil profond, dans cet ordre. Avant le samādhi, réfléchis avec effort ; du grossier au subtil, résorbe tout dans le Soi conscient. Affirme le Soi comme pur, libre, réel, non-duel — « Je suis Vāsudeva, Oṃ ». Voyant que le saṃsāra est souffrance au début, au milieu et à la fin, abandonne tout et demeure dans le vrai. Contemple : « Je suis Brahman, masse dense de conscience et de béatitude », au-delà du mental et de la parole.
Oṃ contemplation and Brahman-realization culminating in videhamuktiVerse 44
विदेहमुक्ततात्रोक्ता सप्तमी योगभूमिका। अगम्या वचसां शान्ता सा सीमा सर्वभूमिषु॥ लोकानुवर्तनं त्यक्त्वा त्यक्त्वा देहानुवर्तनम्। शास्त्रानुवर्तनं त्यक्त्वा स्वाध्यासापनयं कुरु॥ ओङ्कारमात्रमखिलं विश्वप्र...
Comme Akshi.41 : la septième étape est la délivrance sans corps, paisible et au-delà de la parole ; renonce au monde, au corps et même à l’Écriture, et ôte l’adhyāsa. Tout est Oṃ ; A-U-M correspondent à veille–rêve–sommeil profond. Avant le samādhi, réfléchis avec effort ; du grossier au subtil, résorbe tout dans le Soi conscient. Affirme : « Je suis Vāsudeva, Oṃ » — le Soi est pur, libre, réel, non-duel, béatitude suprême. Voyant le saṃsāra comme souffrance au début, au milieu et à la fin, abandonne tout et demeure dans le vrai. Contemple : « Je suis Brahman, masse dense de conscience et de béatitude », au-delà du mental et de la parole.
Praṇava as Brahman; adhyāsa removal; Brahmātma-aikyaVerse 45
विदेहमुक्ततात्रोक्ता सप्तमी योगभूमिका। अगम्या वचसां शान्ता सा सीमा सर्वभूमिषु॥ लोकानुवर्तनं त्यक्त्वा त्यक्त्वा देहानुवर्तनम्। शास्त्रानुवर्तनं त्यक्त्वा स्वाध्यासापनयं कुरु॥ ओङ्कारमात्रमखिलं विश्वप्र...
Comme Akshi.41 : la septième étape du yoga est la délivrance sans corps, paisible et au-delà de la parole ; renonce au monde, au corps et même à l’Écriture, et ôte l’adhyāsa. Tout est Oṃ ; A-U-M correspondent à veille–rêve–sommeil profond. Avant le samādhi, réfléchis avec effort ; du grossier au subtil, résorbe tout dans le Soi conscient. Affirme : « Je suis Vāsudeva, Oṃ » — le Soi est pur, libre, réel, non-duel, béatitude suprême. Voyant le saṃsāra comme souffrance au début, au milieu et à la fin, abandonne tout et demeure dans le vrai. Contemple : « Je suis Brahman, masse dense de conscience et de béatitude », au-delà du mental et de la parole.
Videhamukti; Oṃ as Brahman; nondual contemplationVerse 46
विदेहमुक्ततात्रोक्ता सप्तमी योगभूमिका । अगम्या वचसां शान्ता सा सीमा सर्वभूमिषु ॥ लोकानुवर्तनं त्यक्त्वा त्यक्त्वा देहानुवर्तनम् । शास्त्रानुवर्तनं त्यक्त्वा स्वाध्यासापनयं कुरु ॥ ओङ्कारमात्रमखिलं विश्...
La septième étape du yoga est déclarée être la délivrance sans corps (videha-mukti) ; elle est paisible, au-delà de la portée des paroles, et la limite ultime de toutes les étapes. Ayant abandonné la conformité au monde, ayant abandonné la conformité au corps, et ayant abandonné même la conformité à l’Écriture, ôte la surimposition (adhyāsa). Le Tout n’est que Oṃ, caractérisé comme Viśva, Prājña, et ainsi de suite ; car la distinction et la non-distinction entre le signifié et le signifiant ne sont pas saisies comme autre que Oṃ. La lettre A est Viśva ; la lettre U est rappelée comme Taijasa ; Prājña est la lettre M — ainsi faut-il discerner selon l’ordre. Avant même le temps du samādhi, réfléchis avec un grand effort ; du grossier au subtil, résorbe tout dans le Soi conscient. Sache le Soi conscient éternellement pur, intelligent, libre, réel, non-duel ; la béatitude suprême sans doute — « Je suis Vāsudeva, Oṃ ». Puisque, au commencement, au milieu et à la fin, tout ceci est souffrance, abandonne donc tout et demeure établi dans le Réel, ô sans faute. Au-delà des ténèbres de l’ignorance, dépourvu de toute apparence, bienheureux, sans tache, pur, au-delà du mental et de la parole — contemple : « Je suis Brahman, masse compacte de conscience et de béatitude ».
Moksha (videhamukti), Adhyasa-nivritti, Omkara as Brahman, non-dual Atman/Brahman identityVerse 47
विदेहमुक्ततात्रोक्ता सप्तमी योगभूमिका । अगम्या वचसां शान्ता सा सीमा सर्वभूमिषु ॥ लोकानुवर्तनं त्यक्त्वा त्यक्त्वा देहानुवर्तनम् । शास्त्रानुवर्तनं त्यक्त्वा स्वाध्यासापनयं कुरु ॥ ओङ्कारमात्रमखिलं विश्...
Le septième degré du yoga est proclamé être la délivrance sans corps (videha-mukti) : paisible, hors d’atteinte de la parole, et limite ultime de tous les degrés. Ayant renoncé à suivre le monde, renoncé à suivre le corps, et renoncé à suivre l’Écriture, ôte la surimposition (adhyāsa). Le Tout n’est que Oṃ, marqué par Viśva, Prājña, et ainsi de suite, car la différence et la non-différence entre le signifié (vācya) et le signifiant (vācaka) ne sont pas saisies. La lettre A est Viśva ; U est mémorisé comme Taijasa ; Prājña est M : ainsi faut-il discerner successivement. Avant même le samādhi, médite avec un effort intense ; résorbe tout, du grossier au subtil, dans le Soi conscient (cid-ātman). Reconnais ce Soi conscient comme éternellement pur, intelligence, libre, réel, non-duel ; et réalise : « Je suis Vāsudeva, la certitude de la béatitude suprême—Oṃ ». Puisque, au commencement, au milieu et à la fin, tout ceci est souffrance, abandonne tout et demeure établi dans la vérité, ô sans faute. Au-delà des ténèbres de l’ignorance, dépourvu de toute apparence, bienheureux, sans tache, pur, au-delà du mental et de la parole : contemple « Je suis Brahman, masse de conscience et de béatitude ».
Oṃ as totality; avasthā-traya and turīya implication; adhyāsa-apavāda leading to videhamuktiVerse 48
विदेहमुक्ततात्रोक्ता सप्तमी योगभूमिका । अगम्या वचसां शान्ता सा सीमा सर्वभूमिषु ॥ लोकानुवर्तनं त्यक्त्वा त्यक्त्वा देहानुवर्तनम् । शास्त्रानुवर्तनं त्यक्त्वा स्वाध्यासापनयं कुरु ॥ ओङ्कारमात्रमखिलं विश्...
Le septième état du yoga est dit être la délivrance sans corps (videha-mukti) : paisible, au-delà de la parole, frontière ultime de tous les états. Renonçant à suivre le monde, renonçant à suivre le corps et renonçant à suivre l’Écriture, ôte la surimposition (adhyāsa). Tout n’est que Oṃ, marqué par Viśva, Prājña, etc., car la différence et la non-différence entre le signifié (vācya) et le signifiant (vācaka) ne sont pas saisies. A est Viśva ; U est Taijasa ; Prājña est M—ainsi faut-il voir dans l’ordre. Avant même le samādhi, réfléchis avec un grand effort, en dissolvant tout, du grossier au subtil, dans le Soi conscient (cid-ātman). Ce Soi conscient est éternellement pur, intelligence, libre, réel, non-duel ; et réalise : « Je suis Vāsudeva, la certitude de la béatitude suprême—Oṃ ». Puisque, au début, au milieu et à la fin, tout ceci est souffrance, abandonne tout et demeure établi dans la vérité, ô sans péché. Au-delà des ténèbres de l’ignorance, libre de toute apparence, bienheureux, sans tache, pur, au-delà du mental et de la parole—contemple : « Je suis Brahman, conscience compacte et béatitude ».
Non-duality (advaya), aparokṣa-jñāna via nididhyāsana on Oṃ; renunciation and adhyāsa-apavādaVerse 49
विदेहमुक्ततात्रोक्ता सप्तमी योगभूमिका । अगम्या वचसां शान्ता सा सीमा सर्वभूमिषु ॥ लोकानुवर्तनं त्यक्त्वा त्यक्त्वा देहानुवर्तनम् । शास्त्रानुवर्तनं त्यक्त्वा स्वाध्यासापनयं कुरु ॥ ओङ्कारमात्रमखिलं विश्...
Le septième degré du yoga est proclamé être la délivrance sans corps (videha-mukti) : paisible, au-delà des mots, frontière finale de tous les degrés. Abandonnant la conformité au monde, au corps et à l’Écriture, ôte la surimposition (adhyāsa). Le Tout n’est que Oṃ, caractérisé comme Viśva, Prājña, etc., puisque la distinction/non-distinction entre le signifié (vācya) et le signifiant (vācaka) n’est pas saisie. A est Viśva ; U est Taijasa ; Prājña est M—ainsi faut-il discerner successivement. Avant le samādhi, réfléchis avec un grand effort ; dissous tout, du grossier au subtil, dans le Soi conscient (cid-ātman). Le Soi conscient est éternellement pur, intelligence, libre, réel, non-duel ; réalise : « Je suis Vāsudeva, la certitude de la béatitude suprême—Oṃ ». Puisque, au commencement, au milieu et à la fin, tout ceci est souffrance, abandonne tout et demeure établi dans la vérité, ô sans péché. Au-delà des ténèbres de l’ignorance, dépourvu de toute apparence, bienheureux, sans tache, pur, au-delà du mental et de la parole—contemple : « Je suis Brahman, masse de conscience et de béatitude ».
Aham-brahmāsmi contemplation; Brahman as prajñāna-ghana (mass of consciousness); transcendence of avidyā and nāma-rūpaAnswers come straight from the texts, with the shlokas they draw on. Ask in your own words.
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