
Cet adhyāya présente un enseignement théologico-rituel où Īśvara s’adresse à Devī et attire l’attention sur un liṅga établi par Indra au sud de Puruṣottama, honoré sous le nom de « Pāpamocana », celui qui délivre du péché. Le récit rappelle la mise à mort de Vṛtra par Indra et le fardeau d’une impureté semblable à la brahmahatyā, visible par la décoloration du corps et une odeur fétide qui altère sa vitalité et son éclat. Des sages et des êtres divins — dont Nārada — conseillent à Indra de se rendre à Prabhāsa, décrit comme un kṣetra qui enlève les fautes. Indra y installe et vénère le liṅga du Seigneur au trident avec encens, parfums et onguents ; l’efficacité expiatoire se marque lorsque l’odeur et la décoloration cessent et que sa forme redevient excellente. Indra énonce ensuite un bienfait durable : quiconque adore ce liṅga avec bhakti obtient la destruction des grands péchés, y compris la brahmahatyā. Le chapitre se clôt par des prescriptions éthico-rituelles : offrir une vache (go-dāna) à un brāhmaṇa versé dans les Veda et accomplir le śrāddha sur ce lieu, comme soutiens pour dissiper l’affliction liée à la brahmahatyā.
Verse 1
ईश्वर उवाच । ततो गच्छेन्महादेवि लिंगमिंद्रप्रतिष्ठितम् । पापमोचननामाढ्यं दक्षिणे पुरुषोत्तमात्
Īśvara dit : «Ensuite, ô grande Déesse, il faut se rendre au liṅga établi par Indra, renommé sous le nom de “Pāpamocana” (Celui qui ôte le péché), situé au sud de Puruṣottama.»
Verse 2
वृत्रं हत्वा पुरा शक्रो ब्रह्महत्यासमन्वितः । अब्रवीत्स ऋषीन्दिव्यान्कथमेषा गमिष्यति
Autrefois, après avoir terrassé Vṛtra, Śakra (Indra), souillé par le péché de brahmahatyā, s’adressa aux ṛṣi divins : «Comment ce (péché) se détachera-t-il de moi ?»
Verse 3
ब्रह्महत्या हि दुष्प्रेक्ष्या विवर्णजननी मम । दुर्गंधचारिणी चैव सर्वतेजोविनाशिनी
«Car la brahmahatyā est terrible à voir : elle m’engendre la pâleur ; elle erre avec une puanteur immonde et anéantit tout éclat et toute vigueur.»
Verse 4
अथोचुस्तं सुरगणा नारदाद्या महर्षयः । प्रभासं गच्छ देवेश क्षेत्रं पापहरं हि तत्
Alors les troupes des dieux et les grands sages—Nārada et les autres—lui dirent : «Va à Prabhāsa, ô Seigneur des dieux ; car ce kṣetra sacré efface véritablement les péchés.»
Verse 5
तत्राराध्य महादेवं मोक्ष्यसे ब्रह्महत्यया । स तथेति प्रतिज्ञाय गतस्तत्र वरानने
«Là, en adorant Mahādeva, tu seras délivré de la brahmahatyā.» Ainsi, ayant promis : «Qu’il en soit ainsi», il s’y rendit, ô toi au beau visage.
Verse 6
लिंगं संस्थापयामास देवदेवस्य शूलिनः । तस्य पूजारतो नित्यं धूपगंधानुलेपनैः
Il établit un liṅga du Dieu des dieux, le Porteur du trident ; et, voué sans cesse à son culte, il l’honorait par l’encens, les parfums et les onguents.
Verse 7
ततोऽस्य गात्रदौर्गंध्यं नाशमाश्वभ्यगच्छत । विवर्णत्वं गतं सर्वं वपुश्चाभूत्तथोत्तमम्
Alors la mauvaise odeur de son corps s’évanouit promptement ; toute décoloration disparut, et sa forme redevint de nouveau excellente.
Verse 8
अथ हृष्टमना भूत्वा वाक्यमेतदुवाच ह । तत्रागत्य नरो भक्त्या यश्चैनं पूजयिष्यति
Puis, le cœur joyeux, il prononça ces paroles : «Quiconque vient là avec dévotion et vénère ce liṅga…».
Verse 9
ब्रह्महत्यादिकं पापं नाशं तस्य प्रयास्यति । एवमुक्त्वा सहस्राक्षः प्रहृष्टस्त्रिदिवं ययौ
«Le péché du meurtre d’un brāhmane et les autres fautes graves seront assurément détruits pour lui.» Ayant ainsi parlé, Sahasrākṣa (Indra), le cœur ravi, gagna le monde céleste.
Verse 10
ब्रह्महत्याविनिर्मुक्तः पूज्यमानो दिवौकसैः । गोदानं तत्र दातव्यं ब्राह्मणे वेदपारगे । ब्रह्महत्यापनोदार्थं तत्र श्राद्धं समाचरेत्
Délivré du péché de brahmahatyā et honoré par les habitants du ciel, on doit y offrir le don d’une vache à un brāhmane versé dans les Veda. Et pour l’effacement de la brahmahatyā, on doit y accomplir selon la règle le rite de Śrāddha.
Verse 224
इति श्रीस्कान्दे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां सप्तमे प्रभासखण्डे प्रथमे प्रभासक्षेत्रमाहात्म्य इन्द्रेश्वरमाहात्म्यवर्णनंनाम चतुर्विंशत्युत्तरद्विशततमोऽध्यायः
Ainsi s’achève le deux-cent-vingt-quatrième chapitre, intitulé « Description de la grandeur d’Indreśvara », dans le Prabhāsa Khaṇḍa (le septième), au sein du Prabhāsa-kṣetra Māhātmya (le premier), du Śrī Skanda Mahāpurāṇa, dans l’Ekāśītisāhasrī Saṃhitā.