
Mārkaṇḍeya expose à un roi la sainteté d’un tīrtha d’une puissance purificatrice suprême, lié à Caṇḍāditya, forme du Soleil (Bhāskara) consacrée et installée. Le récit en donne l’origine : les daityas farouches Caṇḍa et Muṇḍa accomplissent de longues austérités (tapas) sur la rive propice de la Narmadā, méditant le Soleil comme celui qui dissipe les ténèbres dans les trois mondes. Sahasrāṃśu, le Soleil aux mille rayons, satisfait, leur offre une grâce. Ils demandent l’invincibilité contre tous les devas et l’absence de maladies en tout temps. Le Soleil accorde ce don et, par leur installation dévotionnelle (sthāpanā), demeure associé à ce lieu sous le nom de Caṇḍabhānu/Caṇḍāditya. Le chapitre décrit ensuite la conduite du pèlerinage et ses bienfaits : le chercheur doit s’y rendre pour l’accomplissement du Soi (ātma-siddhi), accomplir le tarpaṇa pour les dieux, les humains et les ancêtres, et offrir une lampe de ghee, spécialement le sixième jour lunaire (ṣaṣṭhī). La phalaśruti promet l’effacement des fautes, l’accès à la cité ou au domaine du Soleil, ainsi qu’une victoire durable et une santé sans maladie à ceux qui entendent le récit des origines de Caṇḍabhānu.
Verse 1
श्रीमार्कण्डेय उवाच । ततो गच्छेन्महीपाल तीर्थपरमपावनम् । चण्डादित्यं नृपश्रेष्ठ स्थापितं चण्डमुण्डयोः
Śrī Mārkaṇḍeya dit : Ensuite, ô protecteur de la terre, qu’on se rende au tīrtha souverainement purificateur ; ô meilleur des rois : à Caṇḍāditya, le sanctuaire du Soleil établi par Caṇḍa et Muṇḍa.
Verse 2
आस्तां पुरा महादैत्यौ चण्डमुण्डौ सुदारुणौ । नर्मदातीरमाश्रित्य चेरतुर्विपुलं तपः
Dans les temps anciens, il y eut deux asuras puissants et terribles, Caṇḍa et Muṇḍa. Ayant pris refuge sur la rive de la Narmadā, ils accomplirent d’immenses austérités.
Verse 3
ध्यायन्तौ भास्करं देवं तमोनाशं जगत्त्रये । तुष्टस्तत्तपसा देवः सहस्रांशुरुवाच ह
Méditant sur Bhāskara, le dieu qui dissipe les ténèbres dans les trois mondes, ils l’adorèrent par l’austérité. Satisfait de ce tapas, le dieu aux mille rayons prit la parole.
Verse 4
साधु साध्विति तौ पार्थ नर्मदायाः शुभे तटे । वरं प्रार्थयतं वीरौ यथेष्टं चेतसेच्छितम्
« Bien, bien ! » dit le dieu à ces deux héros, ô Pārtha, sur la rive auspicious de la Narmadā. « Demandez une grâce : ce que vous voulez, ce que votre esprit désire ».
Verse 5
चण्डमुण्डावूचतुः । अजेयौ सर्वदेवानां भूयास्वावां समाहितौ । सर्वरोगैः परित्यक्तौ सर्वकालं दिवाकर
Caṇḍa et Muṇḍa dirent : « Ô Divākara (Soleil), puissions-nous être tous deux invincibles même face à tous les dieux, fermes dans une concentration recueillie, et que toute maladie nous quitte à jamais ».
Verse 6
एवमस्त्विति तौ प्राह भास्करो वारितस्करः । इत्युक्त्वान्तर्दधे भानुर्दैत्याभ्यां तत्र भास्करः
Bhāskara, celui qui retient les voleurs, leur dit à tous deux : « Qu’il en soit ainsi ». Ayant parlé, Bhānu, le Soleil, disparut là devant les deux daityas.
Verse 7
स्थापितः परया भक्त्या तं गच्छेदात्मसिद्धये । गीर्वाणांश्च मनुष्यांश्च पित्ःंस्तत्रापि तर्पयेत्
Après avoir établi (la divinité) avec une dévotion suprême, qu’on s’y rende pour son propre accomplissement spirituel ; et qu’on y offre aussi le tarpana, pour la satisfaction des dieux, des hommes et des ancêtres.
Verse 8
स वसेद्भास्करे लोके विरिञ्चिदिवसं नृप । घृतेन बोधयेद्दीपं षष्ठ्यां स च नरेश्वर । मुच्यते सर्वपापैस्तु प्रतियाति पुरं रवेः
Ô roi, il demeure dans le monde de Bhāskara durant un « jour de Brahmā » (un temps immense). Au sixième tithi, ô seigneur des hommes, s’il allume une lampe avec du ghee, il est délivré de tous les péchés et s’avance vers la cité de Ravi, le Soleil.
Verse 9
उत्पत्तिं चण्डभानोर्यः शृणोति भरतर्षभ । विजयी स सदा नूनमाधिव्याधिविवर्जितः
Ô taureau parmi les Bhārata, quiconque entend l’origine de Caṇḍabhānu devient à jamais victorieux et, en vérité, demeure exempt d’affliction mentale et de maladie du corps.
Verse 91
। अध्याय
Indication de chapitre : « Adhyāya » (Chapitre).