Adhyaya 80
Avanti KhandaReva KhandaAdhyaya 80

Adhyaya 80

Mārkaṇḍeya, s’adressant à un roi auditeur, attire l’attention sur l’éminent tīrtha de Nandikeśvara, lié au siddha Nandī. Le chapitre fait de Nandī l’archétype du pèlerinage discipliné : il place la rivière Revā au premier plan de sa dévotion et passe de tīrtha en tīrtha en accomplissant le tapas (austérité). Śiva, satisfait de cette longue marche ascétique, lui propose une grâce. Nandī refuse richesse, descendance et buts des sens, et demande seulement une bhakti inébranlable aux pieds de lotus de Śiva à travers les naissances—même s’il renaît sous des formes non humaines—affirmant ainsi la continuité de la dévotion au-delà d’une seule vie. Śiva acquiesce, conduit le dévot accompli à Sa demeure et consacre l’autorité sacrée du tīrtha. La phalaśruti enseigne que se baigner et adorer le Śiva aux trois yeux en ce lieu procure un mérite égal au sacrifice Agniṣṭoma. Mourir au tīrtha est décrit comme obtenir la compagnie de Śiva, jouir longuement dans un éon impérissable, puis renaître heureusement dans une lignée pure, dotée du savoir védique et d’une longue vie. La conclusion souligne la rareté du tīrtha et sa puissance à détruire les péchés.

Shlokas

Verse 1

श्रीमार्कण्डेय उवाच । ततो गच्छेत्तु राजेन्द्र नन्दिकेश्वरमुत्तमम् । यत्र सिद्धो महानन्दी तत्ते सर्वं वदाम्यहम्

Śrī Mārkaṇḍeya dit : «Alors, ô roi des rois, rends-toi auprès du suprême Nandikeśvara, là où le grand Nandī obtint la perfection. Je t’en dirai tout».

Verse 2

रेवायां पुरतः कृत्वा पुरा नन्दी गणेश्वरः । तपस्तपञ्जयं कुर्वंस्तीर्थात्तीर्थं जगाम ह

Dans les temps anciens, Nandī, seigneur des gaṇas de Śiva, plaçant devant lui la Revā (Narmadā) comme présence directrice, alla de tīrtha en tīrtha, accomplissant l’ascèse et triomphant des rigueurs du tapas.

Verse 3

दधिस्कन्दं मधुस्कन्दं यावत्त्यक्त्वा तु गच्छति । तावत्तुष्टो महादेवो नन्दिनाथमुवाच ह

Tandis qu’il poursuivait sa route, laissant derrière lui les lieux sacrés nommés Dadhiskanda et Madhuskanda, Mahādeva, réjoui par cette persévérance, s’adressa à Nandī, son premier serviteur.

Verse 4

ईश्वर उवाच । भोभोः प्रसन्नो नन्दीश वरं वृणु यथेप्सितम् । तपसा तेन तुष्टोऽहं तीर्थयात्राकृतेन ते

Īśvara dit : «Ô Nandīśa, je suis pleinement satisfait. Choisis une grâce selon ton désir. Par ton ascèse et par ton pèlerinage aux tīrthas, je suis comblé».

Verse 5

नन्दीश्वर उवाच । न चाहं कामये वित्तं न चाहं कुलसन्ततिम् । मुक्त्वा न कामये कामं तव पादाम्बुजात्परम्

Nandīśvara dit : «Je ne désire ni richesse, ni lignée et descendance. Hormis la délivrance (mokṣa), je ne veux aucun autre désir : rien au-delà de tes pieds de lotus.»

Verse 6

कृमिकीटपतङ्गेषु तिर्यग्योनिं गतस्य वा । जन्म जन्मान्तरेऽप्यस्तु भक्तिस्त्वयि ममाचला

Quand bien même j’entrerais dans les matrices des vers, des insectes ou des oiseaux—oui, même si je tombais en quelque naissance animale—que ma dévotion envers toi demeure inébranlable, vie après vie.

Verse 7

तथेत्युक्त्वा महादेवः परया कृपया नृप । गृहीत्वा तं करे सिद्धं जगाम निलयं हरः

«Qu’il en soit ainsi», dit Mahādeva, ô roi, avec une compassion suprême. Prenant par la main cet être accompli, Hara retourna à sa propre demeure.

Verse 8

तस्मिंस्तीर्थे तु यः स्नात्वा भक्त्या त्र्यक्षं प्रपूजयेत् । अग्निष्टोमस्य यज्ञस्य फलं प्राप्नोति मानवः

Quiconque se baigne en ce tīrtha et, avec dévotion, vénère Tryakṣa, Śiva aux Trois Yeux, obtient un mérite égal au fruit du sacrifice Agniṣṭoma.

Verse 9

तत्र तीर्थे तु यः स्नात्वा प्राणत्यागं करोति चेत् । शिवस्यानुचरो भूत्वा मोदते कल्पमक्षयम्

Si, après s’être baigné en ce tīrtha, quelqu’un y abandonne sa vie, alors, devenu serviteur de Śiva, il se réjouit durant un kalpa impérissable.

Verse 10

ततः कालेन महता जायते विमले कुले । वेदवेदाङ्गतत्त्वज्ञो जीवेच्च शरदां शतम्

Ensuite, au terme d’un long temps, il naît dans une lignée pure et noble ; il connaît la vérité des Veda et de leurs Vedāṅga, et il vit cent automnes.

Verse 11

एतत्ते कथितं तात तीर्थमाहात्म्यमुत्तमम् । दुर्लभं मर्त्यसंज्ञस्य सर्वपापक्षयंकरम्

Ainsi, mon cher, je t’ai exposé la gloire suprême de ce tīrtha : rare à obtenir pour ceux qu’on nomme mortels, et cause de l’anéantissement de tous les péchés.

Verse 80

। अध्याय

Ici commence le chapitre (Adhyāya).