Adhyaya 104
Avanti KhandaReva KhandaAdhyaya 104

Adhyaya 104

Mārkaṇḍeya enseigne à un souverain de se rendre au lieu éminent nommé Sauvarṇaśilā, renommé sur la rive nord de la Revā comme effaceur de tout démérite. Le chapitre le situe près d’un saṅgama (confluence) et rappelle que jadis des groupes de sages y établirent les rites, d’où sa réputation de lieu « difficile à obtenir » (durlabha) : un espace restreint, mais un champ de mérite d’une puissance exceptionnelle. La discipline prescrite suit un ordre précis : se baigner à Sauvarṇaśilā ; adorer Maheśvara ; se prosterner devant Bhāskara (le Soleil) ; puis offrir dans le feu sacré du bilva mêlé de ghee, ou des feuilles de bilva. Une courte prière est donnée, demandant la satisfaction du Seigneur et la cessation des maladies. L’enseignement se tourne ensuite vers le dāna : offrir de l’or à un brāhmane qualifié est tenu pour équivalent aux fruits les plus élevés de dons d’or immenses et de grands sacrifices. Après la mort, le donateur s’élève au ciel, demeure longtemps auprès de Rudra, puis redescend pour renaître heureusement dans une lignée pure et prospère, gardant la mémoire de cette eau sacrée.

Shlokas

Verse 1

श्रीमार्कण्डेय उवाच । ततो गच्छेन्महीपालं सौवर्णशिलमुत्तमम् । प्रख्यातमुत्तरे कूले सर्वपापक्षयंकरम्

Śrī Mārkaṇḍeya dit : Alors, ô roi, qu’on se rende à l’excellente Sauvarṇaśilā, renommée sur la rive septentrionale, qui détruit tous les péchés.

Verse 2

समन्ताच्छतपातेन मुनिसङ्घैः पुरा कृतम् । रेवायां दुर्लभं स्थानं सङ्गमस्य समीपतः

Autrefois, des assemblées de munis rendirent ce lieu sacré de toutes parts par de répétées pradakṣiṇā et par le culte. Sur la Revā, c’est un endroit saint rare et difficile à obtenir, proche du Saṅgama.

Verse 3

विभक्तं हस्तमात्रं च पुण्यक्षेत्रं नराधिप । सुवर्णशिलके स्नात्वा पूजयित्वा महेश्वरम्

Ô seigneur des hommes, ce kṣetra méritoire est distinct, n’ayant pour étendue qu’une mesure de main. Après s’être baigné à Suvarṇaśilā et avoir adoré Maheśvara (Śiva)…

Verse 4

नत्वा तु भास्करं देवं होतव्यं च हुताशने । बिल्वेनाज्यविमिश्रेण बिल्वपत्रैरथापि वा

Après s’être prosterné devant le dieu Bhāskara (le Soleil), qu’on offre aussi des āhuti dans le feu sacré, avec le fruit de bilva mêlé de ghee, ou bien avec des feuilles de bilva.

Verse 5

प्रीयतां मे जगन्नाथो व्याधिर्नश्यतु मे ध्रुवम् । द्विजाय काञ्चने दत्ते यत्फलं तच्छृणुष्व मे

«Que Jagannātha, Seigneur de l’univers, soit satisfait de moi; que ma maladie soit assurément détruite.» Écoute de moi le fruit qui naît lorsque l’on offre de l’or en aumône à un deux-fois-né (brāhmane).

Verse 6

बहुस्वर्णस्य यत्प्रोक्तं यागस्य फलमुत्तमम् । तथासौ लभते सर्वं काञ्चनं यः प्रयच्छति

Quel que soit le fruit suprême déclaré pour un yajña accompli avec une abondance d’or, ce même fruit, en sa plénitude, l’obtient celui qui donne de l’or en aumône.

Verse 7

तेन दानेन पूतात्मा मृतः स्वर्गमवाप्नुयात् । रुद्रस्यानुचरस्तावद्यावदिन्द्राश्चतुर्दश

Par ce don, son ātman est purifié; et, à sa mort, il atteint le ciel. Là, il demeure comme serviteur de Rudra aussi longtemps que durent quatorze Indra.

Verse 8

ततः स्वर्गावतीर्णस्तु जायते विशदे कुले । धनधान्यसमोपेतः पुनः स्मरति तज्जलम्

Puis, redescendant du ciel, il renaît dans une lignée pure et honorable. Pourvu de richesses et de grains, il se souvient de nouveau de cette eau sacrée.

Verse 104

। अध्याय

Fin du chapitre (adhyāya) ; ici s’achève l’enseignement sacré.