
L’Adhyāya 40 poursuit le récit des suites de la destruction du sacrifice de Dakṣa par Vīrabhadra et les Rudra-gaṇa. Nārada interroge Brahmā sur ce qui advint après le retour de Vīrabhadra au Kailāsa. Brahmā raconte que les devas et les munis, vaincus et blessés par les forces de Rudra, vinrent en son domaine, se prosternèrent et exposèrent en détail leur détresse. Brahmā, accablé de chagrin—surtout à cause du choc lié à Dakṣa, tenu pour son « fils », et de la rupture de l’ordre sacrificiel—cherche un remède immédiat pour rétablir le bien des dieux : ranimer Dakṣa et achever le yajña interrompu afin de stabiliser l’économie cosmique du sacrifice. Ne trouvant pas de solution aisée, il se tourne avec dévotion vers Viṣṇu, reçoit un conseil opportun, puis se rend avec les devas et les sages à la demeure de Viṣṇu. Là, ils louent Viṣṇu et le supplient d’établir les conditions pour que l’adhvara soit accompli, que Dakṣa reprenne son rôle d’officiant et que dieux et rishis retrouvent le bien-être, faisant de Viṣṇu le préservateur médiateur dans ce récit śaiva de restauration après la crise.
Verse 1
नारद उचाच । विधे विधे महाप्राज्ञा शैवतत्त्वप्रदर्शक । श्राविता रमणीप्राया शिवलीला महाद्भुता
Nārada dit : «Ô Créateur, ô Créateur—ô très sage révélateur de la vérité de Śiva—j’ai entendu une līlā du Seigneur Śiva, merveilleuse au-delà de toute mesure, et d’une grâce enchanteresse.»
Verse 2
वीरेण वीरभद्रेण दक्षयज्ञं विनाश्य वै । कैलासाद्रौ गते तात किमभूत्तद्वदाधुना
Après que le vaillant Vīrabhadra eut détruit le sacrifice de Dakṣa, et que (Śiva) fut allé au mont Kailāsa, ô bien-aimé—que se passa-t-il ensuite ? Dis-le-moi à présent.
Verse 3
ब्रह्मोवाच । अथ देवगणास्सर्वे मुनयश्च पराजिताः । रुद्रानीकैर्विभिन्नांगा मम लोकं ययुस्तदा
Brahmā dit : «Alors toutes les cohortes des dieux, ainsi que les sages, furent vaincues. Leurs corps furent déchirés et mutilés par les bataillons de Rudra, et, en ce temps-là, ils vinrent dans mon monde (Brahmaloka) pour y chercher refuge.»
Verse 4
स्वयंभुवे नमस्कृत्य मह्यं संस्तूय भूरिशः । तत्स्वक्लेशं विशेषेण कार्त्स्येनैव न्यवेदयन्
Après s’être prosterné devant Svayambhū (Brahmā) et m’avoir comblé d’éloges abondants, il rapporta—clairement et dans le moindre détail—sa propre affliction et sa détresse.
Verse 5
तदाकर्ण्य ततोहं वै पुत्रशोकेन पीडितः । अचिन्तयमतिव्यग्रो दूयमानेन चेतसा
En entendant cela, je fus réellement accablé par le chagrin pour mon fils. L’esprit brûlant d’angoisse et dans une grande agitation, je me mis à réfléchir à ce qu’il convenait de faire.
Verse 6
किं कार्य्यं कार्यमद्याशु मया देवसुखावहम् । येन जीवतु दक्षासौ मखः पूर्णो भवेत्सुरः
«Quel acte dois-je accomplir—quelle action immédiate—afin d’apporter la joie aux dieux, afin que Daksha vive, et afin que ce yajña soit mené à son plein achèvement, ô Deva ?»
Verse 7
एवं विचार्य बहुधा नालभं शमहं मुने । विष्णुं तदा स्मरन् भक्त्या ज्ञानमाप्तं तदोचितम्
«Après avoir réfléchi de bien des façons, ô sage, je ne trouvai pas la paix. Alors, me souvenant de Viṣṇu avec dévotion, j’obtins l’intelligence juste, convenant à cet instant.»
Verse 8
अथ देवैश्च मुनिभिर्विष्णोर्लोकमहं गतः । नत्वा नुत्वा च विविधैस्स्तवैर्दुःखं न्यवेदयम्
Alors, accompagné des dieux et des sages, je me rendis au séjour de Viṣṇu. M’étant prosterné maintes fois et l’ayant loué par divers hymnes, je lui exposai ma peine.
Verse 9
यथाध्वरः प्रपूर्णः स्याद्देव यज्ञकरश्च सः । सुखिनस्स्युस्सुरास्सर्वे मुनयश्च तथा कुरु
« Agis ainsi, ô Deva, afin que le rite sacrificiel s’accomplisse pleinement et que l’officiant du yajña réussisse lui aussi ; ainsi tous les dieux et les sages (muni) seront dans la joie. »
Verse 10
देव देव रमानाथ विष्णो देवसुखावह । वयं त्वच्छरणं प्राप्तास्सदेवमुनयो ध्रुवम्
« Ô Dieu des dieux, ô Seigneur de Ramā (Lakṣmī), ô Viṣṇu, dispensateur du bien-être divin : assurément, nous, avec les sages des dieux, sommes venus d’un cœur ferme chercher refuge à tes pieds. »
Verse 11
ब्रह्मोवाच । इत्याकर्ण्य वचो मे हि ब्रह्मणस्स रमेश्वरः । प्रत्युवाच शिवं स्मृत्वा शिवात्मा दीनमानसः
Brahmā dit : Ayant ainsi entendu mes paroles, Rameśvara (Viṣṇu), l’esprit rendu humble, se souvint du Seigneur Śiva ; intérieurement, il devint d’un seul point en Śiva, puis il me répondit.
Verse 12
विष्णुरुवाच । तेजीयसि न सा भूता कृतागसि बुभूषताम् । तत्र क्षेमाय बहुधा बुभूषा हि कृतागसाम्
Viṣṇu dit : «Pour celui qui a commis une offense et cherche pourtant à prospérer, il n’y a jamais eu—et il n’y aura jamais—de prospérité véritable. Pour les coupables, le bien-être ne s’obtient que par de multiples moyens d’expiation, accomplis pour leur sauvegarde.»
Verse 13
कृतपापास्सुरा सर्वे शिवे हि परमेश्वरे । पराददुर्यज्ञभागं तस्य शंभोर्विधे यतः
Tous les dieux, ayant contracté une faute, offrirent la part du sacrifice à Śiva, le Seigneur Suprême ; car c’est Lui, ô Brahmā, qui est le véritable ordonnateur des rites et des parts qui leur sont dues.
Verse 14
प्रसादयध्यं सर्वे हि यूयं शुद्धेन चेतसा । अथापरप्रसादं तं गृहीतांघ्रियुगं शिवम्
Vous tous, l’esprit purifié, efforcez-vous de plaire au Seigneur Śiva. Puis, ayant obtenu cette grâce suprême, contemplez Śiva, dont les deux pieds doivent être saisis dans l’abandon dévot.
Verse 15
यस्मिन् प्रकुपिते देवे विनश्यत्यखिलं जगत् । सलोकपालयज्ञस्य शासनाज्जीवितं द्रुतम्
Quand cette Divinité (Śiva) s’irrite, l’univers entier est anéanti. Aussi, selon l’ordre du sacrifice avec les Lokapālas (gardiens du monde), il faut sauver la vie sur-le-champ, en obéissant et en agissant sans délai.
Verse 16
तमाशु देवं प्रियया विहीनं च दुरुक्तिभिः । क्षमापयध्वं हृद्विद्धं दक्षेण सुदुरात्मना
Hâtez-vous d’apaiser ce Seigneur—désormais privé de sa Bien-aimée et blessé au cœur—car Dakṣa, à l’âme vile, l’a frappé de paroles cruelles.
Verse 17
अयमेव महोपायस्तच्छांत्यै केवलं विधे । शंभोस्संतुष्टये मन्ये सत्यमेवोदितं मया
Ô Vidhe, Créateur, ceci seul est le grand moyen d’obtenir cet apaisement. Je tiens que c’est pour la satisfaction de Śambhu (Śiva) ; ce que j’ai dit est, en vérité, la vérité.
Verse 18
नाहं न त्वं सुराश्चान्ये मुनयोपि तनूभृतः । यस्य तत्त्वं प्रमाणं च न विदुर्बलवीर्ययोः
Ni moi, ni toi, ni les autres dieux, ni même les sages incarnés ne Le connaissent vraiment ; Son essence et la mesure de Sa puissance et de Sa force demeurent hors de notre portée.
Verse 19
आत्मतंत्रस्य तस्यापि परस्य परमात्मनः । क उपायं विधित्सेद्वै परं मूढं विरोधिनम्
Il est souverain de Lui-même ; en vérité, ce Paramātmā suprême est au-delà de toute contrainte. Quel moyen pourrait-on donc concevoir pour retenir ou dominer cet adversaire entièrement égaré, qui se dresse en contradiction avec Lui ?
Verse 20
चलिष्येहमपि ब्रह्मन् सर्वैः सार्द्ध शिवालयम् । क्षमापयामि गिरिशं कृतागाश्च शिवे धुवम्
Ô Brahmā, moi aussi j’irai, avec tous, vers la demeure de Śiva. Assurément, je demanderai pardon à Girīśa, le Seigneur de la Montagne, pour les offenses que j’ai commises envers Śivā.
Verse 21
ब्रह्मोवाच । इत्थमादिश्य विष्णुर्मां ब्रह्माणं सामरादिकम् । सार्द्धं देवेर्मतिं चक्रे तद्गिरौ गमनाय सः
Brahmā dit : Après m’avoir ainsi instruit, moi—Brahmā—avec les dieux et les autres, le Seigneur Viṣṇu, avec Devī, prit la résolution de se rendre vers cette montagne.
Verse 22
ययौ स्वधिष्ण्य निलयं शिवस्याद्रिवरं शुभम् । कैलासं सामरमुनिप्रजेशादिमयो हरिः
Hari (Viṣṇu), accompagné des troupes de dieux, de sages et de Prajāpati, quitta sa propre demeure et se rendit vers la montagne suprême et bénie, séjour de Śiva : le saint Kailāsa.
Verse 23
अतिप्रियं प्रभोर्नित्यं सुजुष्टं किन्नरादिभिः । नरेतरैरप्सरोभिर्योगसिद्धैमहोन्नतम्
Il est à jamais infiniment cher au Seigneur, dignement servi par les Kinnara et autres êtres célestes ; fréquenté par les Apsaras et par des multitudes non humaines ; et exalté par les yogin-siddha accomplis.
Verse 24
नानामणिमयैश्शृंगैः शोभमानं समंततः । नानाधातुविचित्रं वै नानाद्रुमलताकुलम्
De toutes parts, il resplendissait, ses sommets façonnés de gemmes de mille espèces. Bigarré de minéraux variés, il était rempli d’arbres innombrables et de lianes enlacées.
Verse 25
नानामृगगणाकीर्णं नानापक्षिसमन्वितम् । नानाजलप्रस्रवणैरमरैस्सिद्धयोषिताम्
Il était rempli de hardes de cerfs de maintes sortes et embelli par des oiseaux de diverses espèces. De nombreux ruisseaux jaillissants l’ornaient, et les Immortels ainsi que les Siddhas accomplis, avec leurs femmes célestes, le fréquentaient.
Verse 26
रमणैवाहरंतीनां नानाकंदर सानुभिः । द्रुमजातिभिरन्याभी राजितं राजतप्रभम्
Cette contrée, d’un éclat d’argent, resplendissait avec beauté, ornée de maintes pentes charmantes et de grottes variées; et elle s’embellissait encore par des arbres de toutes espèces, réjouissant le cœur de quiconque la voyait.
Verse 27
व्याघ्रादिभिर्महासत्त्वैर्निर्घुष्टं क्रूरतोज्झितम् । सर्वशोभान्वितं दिव्यं महाविस्मयकारकम्
Il retentissait des cris de puissants êtres tels que les tigres, et pourtant il était exempt de toute cruauté. Pourvu de toutes les splendeurs, il était divin, un séjour qui suscitait une grande merveille.
Verse 28
पर्यस्तं गंगया सत्या स्थानपुण्यतरोदया । सर्वपावनसंकर्त्र्या विष्णुपद्या सुनिर्मलम्
Ce lieu est entièrement pénétré par la véritable Gaṅgā—dont l’essor rend un endroit encore plus éminent en mérite—, elle qui accorde toute purification, le courant sacré né du pied de Viṣṇu; ainsi tout devient parfaitement pur.
Verse 29
एवंविधं गिरिं दृष्ट्वा कैलासाख्यं शिवप्रियम् । ययुस्ते विस्मयं देवा विष्ण्वाद्यास्समुनीश्वराः
Voyant une telle montagne—nommée Kailāsa, si chère au Seigneur Śiva—les dieux, avec Viṣṇu et les sages les plus éminents, furent saisis d’émerveillement.
Verse 30
तस्समीपेऽलकां रम्यां ददृशुर्नाम ते पुरीम् । कुबेरस्य महादिव्यां रुद्रमित्रस्य निर्जराः
Tout près, ces êtres célestes virent la ravissante cité nommée Alakā—la capitale suprêmement divine de Kubera, renommé comme l’ami de Rudra (Śiva).
Verse 31
वनं सौगंधिकं चापि ददृशुस्तत्समीपतः । सर्वद्रुमान्वितं दिव्यं यत्र तन्नादमद्रुतम्
Puis, tout près, ils virent la forêt parfumée de Saugaṅdhika—un bois divin et de bon augure, rempli de toutes sortes d’arbres—où ce son merveilleux continuait de résonner sans cesse.
Verse 32
तद्बाह्यतस्तस्य दिव्ये सरितावतिपावने । नंदा चालकनंदा च दर्शनात्पापहारिके
À l’extérieur de ce lieu sacré coulent deux rivières divines, souverainement purificatrices—Nandā et Cālakanandā—dont la seule vue efface les péchés.
Verse 33
पपुः सुरस्त्रियो नित्यमवगूह्य स्वलोकतः । विगाह्य पुंभिस्तास्तत्र क्रीडंति रतिकर्शिताः
Les femmes célestes y buvaient sans cesse, venues de leurs propres mondes. S’immergeant avec les hommes célestes, elles s’ébattaient en ce lieu, leurs corps rendus sveltes par les élans du plaisir.
Verse 34
हित्वा यक्षेश्वरपुरीं वनं सौगंधिकं च यत् । गच्छंतस्ते सुरा आराद्ददृशुश्शांकरं वटम्
Ayant quitté la cité de Yakṣeśvara et cette forêt parfumée, Saugandhika, les dieux poursuivirent leur route et, bientôt, aperçurent de près le banian sacré de Śaṅkara (le Seigneur Śiva).
Verse 35
पर्यक् कृताचलच्छायं पादोन विटपाय तम् । शतयोजन कोत्सेधं निर्नीडं तापवर्ज्जितम्
Son ombre était vaste, comme si l’ombre d’une montagne avait été étendue tel un lit; au-dessous, ses branches descendaient presque jusqu’au sol. Il s’élevait à cent yojanas, sans nids, et entièrement dépourvu de chaleur.
Verse 36
महापुण्यवतां दृश्यं सुरम्यं चातिपावनम् । शंभुयोगस्थलं दिव्यं योगिसेव्यं महोत्तमम्
C’est un spectacle réservé aux êtres de très grand mérite : d’une beauté extrême et d’une pureté souveraine. C’est le sol divin du Yoga de Śambhu, le lieu le plus élevé, digne d’être approché et servi par les yogins.
Verse 37
मुमुक्षुशरणे तस्मिन् महायोगमये वटे । आसीनं ददृशुस्सर्वे शिवं विष्ण्वादयस्सुराः
Là, auprès de ce banian, refuge des aspirants à la délivrance et imprégné du grand Yoga, tous les dieux—conduits par Viṣṇu—virent Śiva assis, dans une paisible posture yogique.
Verse 38
विधिपुत्रैर्महासिद्धैश्शिव भक्तिरतैस्सदा । उपास्यमानं सुमुदा शांतैस्संशांतविग्रहैः
Il était adoré avec une grande joie par les puissants Siddha—fils de Brahmā—toujours absorbés dans la dévotion à Śiva, l’esprit serein et le corps parfaitement apaisé, comme immobile.
Verse 39
तथा सख्या कुबेरेण भर्त्रा गुह्यकरक्षसाम् । सेव्यमानं विशेषेण स्वगणैर्ज्ञातिभिस्सदा
De même, il était lié d’amitié avec Kubera, seigneur des Guhyakas et des Rākṣasas, et il était sans cesse servi avec une révérence particulière par ses propres troupes et par ses parents.
Verse 40
इति श्रीशिवमहापुराणे द्वितीयायां रुद्रसंहितायां द्वितीये सतीखंडे शिवदर्शनवर्णनं नाम चत्वारिंशोध्यायः
Ainsi, dans le Śrī Śiva Mahāpurāṇa, au deuxième livre nommé Rudra-saṃhitā, dans la deuxième section—le Satī-khaṇḍa—s’achève le quarantième chapitre intitulé «Description du Darśana (vision divine) de Śiva».
Verse 41
मुने तुभ्यं प्रवोचंतं पृच्छते ज्ञानमुत्तमम् । कुशासने सूपविष्टं सर्वेषां शृण्वतां सताम्
Ô muni, tandis que tu exposes, quelqu’un t’interroge sur la connaissance suprême : lorsque tu es assis comme il convient sur un siège d’herbe kuśa, et lorsque tous les vertueux écoutent avec attention.
Verse 42
कृत्वोरौ दक्षिणे सव्यं चरणं चैव जानुनि । बाहुप्रकोष्ठाक्षमालं स्थितं सत्तर्कमुद्रया
Il posa le pied gauche sur la cuisse droite et l’autre pied sur le genou; ainsi demeura-t-Il, paisible et recueilli. Sur son avant-bras reposait un mālā, chapelet de perles, et Il se tenait dans la noble tarka-mudrā, le geste du juste discernement.
Verse 43
एवंविधं शिवं दृष्ट्वा तदा विष्ण्वादयस्सुराः । प्रणेमुस्त्वरितं सर्वे करौ बध्वा विनम्रकाः
Voyant Śiva sous une forme ainsi manifestée, saisissante de majesté, Viṣṇu et les autres dieux se hâtèrent de se prosterner. Les mains jointes en révérence, tous s’inclinèrent, humbles et soumis.
Verse 44
उपलभ्यागतं रुद्रो मया विष्णुं सतां गतिः । उत्थाय चक्रे शिरसाभिवंदनमपि प्रभुः
Reconnaissant que Viṣṇu—refuge et voie véritable des justes—était venu en ce lieu, Rudra se leva; et bien qu’Il fût le Seigneur, Il s’inclina devant lui, la tête courbée en vénération.
Verse 45
वंदितांघ्रिस्तदा सर्वैर्दिव्यैर्विष्ण्वादिभिश्शिवः । ननामाथ यथा विष्णुं कश्यपं लोकसद्गतिः
Alors Śiva—dont les pieds sont adorés par tous les êtres divins, à commencer par Viṣṇu—s’inclina à son tour, de la même manière que Viṣṇu s’incline devant Kaśyapa, le vénérable refuge des mondes.
Verse 46
सुरसिद्धगणाधीशमहर्षिसु नमस्कृतम् । समुवाच सुरैर्विष्णुं कृतसन्नतिमादरात्
Alors Viṣṇu—salué avec révérence par les cohortes des dieux, les Siddhas, les chefs des Gaṇas et les grands Ṛṣis—s’adressa aux Devas avec une humble déférence.
The immediate aftermath of Vīrabhadra and the Rudra-gaṇas destroying Dakṣa’s yajña, followed by devas and sages seeking Brahmā’s help and then approaching Viṣṇu for restoration.
The chapter treats an incomplete yajña as a sign of cosmic disequilibrium; restoration requires not merely restarting ritual form but re-aligning authority and auspiciousness with the proper divine order (ultimately grounded in Śiva-tattva).
Rudra’s forces (as instruments of disruption when dharma is violated), Brahmā’s role as deliberating overseer of cosmic administration, and Viṣṇu’s role as preserver-mediator who can facilitate restoration after crisis.