
L’Adhyāya 1 ouvre le Satīkhaṇḍa par une demande solennelle : Nārada, après avoir entendu des récits antérieurs sur Śiva, prie Sūta d’exposer plus complètement la Śiva-kathā auspicious. Il souligne une tension doctrinale : Śiva est le yogin nirvikāra, au-delà du changement et des dualités, et pourtant il devient gṛhastha (maître de maison) en épousant, sous impulsion divine, la Femme suprême. Nārada formule ensuite le problème généalogique central du récit de Satī : Satī est dite fille de Dakṣa, puis Pārvatī, fille d’Himavat/Parvata ; comment une même Śakti peut-elle être comptée comme fille de deux lignées, et comment Satī revient-elle à Śiva en tant que Pārvatī ? Sūta situe le cadre de la transmission et rapporte la réponse de Brahmā : l’écoute de ce récit porte un fruit spirituel et procure une « naissance accomplie » ; Brahmā se prépare donc à narrer la śubhā kathā qui résout la question d’identité et de continuité, et établit la logique théologique de la līlā nuptiale de Śiva.
Verse 1
इति श्रीशिवमहापुराणे द्वितीयायां रुद्रसंहितायां द्वितीये सतीसंक्षेपचरित्रवर्णनं नाम प्रथमोऽध्यायः
Ainsi, dans le Śrī Śiva Mahāpurāṇa — au sein de la Seconde (Rudra) Saṃhitā, dans sa deuxième section — le premier chapitre est intitulé « La narration concise de la vie et de l'épisode sacré de Satī ».
Verse 2
त्वन्मुखांभोजसंवृत्तां श्रुत्वा शिवकथां पराम् । अतृप्तो हि पुनस्तां वै श्रोतुमिच्छाम्यहं प्रभो
Ô Seigneur, après avoir entendu le récit suprême de Śiva, jailli de ta bouche pareille au lotus, je ne suis pas rassasié; en vérité, je désire entendre encore ce même récit, ô Maître.
Verse 3
पूर्णांशश्शंकरस्यैव यो रुद्रो वर्णितः पुरा । विधे त्वया महेशानः कैलासनिलयो वशी
Ô Vidhi (Brahmā), le Rudra que tu as décrit jadis est en vérité la pleine manifestation de Śaṅkara — Mahēśāna, le Seigneur maître de lui-même, qui demeure au Kailāsa.
Verse 4
स योगी सर्वविष्ण्वादिसुरसे व्यस्सतां गतिः । निर्द्वंद्वः क्रीडति सदा निर्विकारी महाप्रभुः
Ce Seigneur Suprême est le véritable Yogī, servi par tous les dieux à commencer par Viṣṇu. Il est le refuge et le but ultime de ceux qui, pris et dispersés dans l’activité mondaine, s’égarent. Toujours au-delà des dualités, le Grand Seigneur se joue dans sa propre liberté, demeurant immuable et sans altération.
Verse 5
सोऽभूत्पुनर्गृहस्थश्च विवाह्य परमां स्त्रियम् । हरिप्रार्थनया प्रीत्या मंगलां स्वतपस्विनीम्
Ensuite, il entra de nouveau dans l’état de maître de maison et, dans la joie—à la prière pressante de Hari—épousa Maṅgalā, femme éminente, elle-même vouée aux austérités.
Verse 6
प्रथमं दक्षपुत्री सा पश्चात्सा पर्वतात्मजा । कथमेकशरीरेण द्वयोरप्यात्मजा मता
«D’abord, elle fut tenue pour la fille de Dakṣa, puis ensuite pour la fille de la Montagne (Himālaya). Comment un seul et même être incarné peut-il être considéré comme la fille des deux ?»
Verse 7
कथं सती पार्वती सा पुनश्शिवमुपागता । एतत्सर्वं तथान्यच्च ब्रह्मन् गदितुमर्हसि
«Ô Brahman, daigne nous dire comment cette Satī redevint Pārvatī et obtint de nouveau l’union avec Śiva. Déclare tout cela, ainsi que tout ce qui s’y rapporte.»
Verse 8
सूत उवाच । इति तस्य वचः श्रुत्वा सुरर्षेः शंकरात्मनः । प्रसन्नमानसो भूत्वा ब्रह्मा वचनमब्रवीत्
«Sūta dit : Ayant entendu les paroles de ce sage divin — dont l’être même était voué à Śaṅkara — Brahmā, l’esprit apaisé et réjoui, prit alors la parole en réponse.»
Verse 9
ब्रह्मोवाच । शृणु तात मुनिश्रेष्ठ कथयामि कथां शुभाम् । यां श्रुत्वा सफलं जन्म भविष्यति न संशयः
Brahmā dit : « Écoute, mon cher, ô le meilleur des sages. Je vais te raconter un récit sacré et de bon augure ; en l'entendant, la naissance humaine devient vraiment fructueuse — de cela, il n'y a aucun doute. »
Verse 10
पुराहं स्वसुतां दृष्ट्वा संध्याह्वां तनयैस्सह । अभवं विकृतस्तात कामबाणप्रपीडितः
Une fois, en voyant ma propre fille nommée Sandhyā avec ses fils, je devins intérieurement troublé, mon cher — transpercé et tourmenté par les flèches du désir.
Verse 11
धर्मः स्मृतस्तदा रुद्रो महायोगी परः प्रभुः । धिक्कृत्य मां सुतैस्तात स्वस्थानं गतवानयम्
Alors Rudra—le Seigneur suprême, le grand Yogin, toujours établi dans le dharma—me réprimanda, moi et mes fils, puis Il partit vers Sa propre demeure.
Verse 12
यन्मायामोहितश्चाहं वेदवक्ता च मूढधीः । तेनाकार्षं सहाकार्य परमेशेन शंभुना
Trompé par Māyā, moi—bien que proclamateur des Veda—je devins d’intelligence troublée. Ainsi j’agis, avec ceux qui m’étaient liés, contre Śambhu, le Seigneur Suprême.
Verse 13
तदीर्षयाहमाकार्षं बहूपायान्सुतैः सह । कर्तुं तन्मोहनं मूढः शिवमाया विमोहितः
Poussé par la jalousie envers Lui, moi—abusé par la Māyā de Śiva—j’entrepris sottement, avec mes fils, maints stratagèmes afin de Le troubler et L’ensorceler.
Verse 14
अभवंस्तेऽथ वै सर्वे तस्मिञ् शंभो परप्रभो । उपाया निष्फलास्तेषां मम चापि मुनीश्वर
Ô Śambhu, Seigneur Suprême : alors tous demeurèrent là, et tous leurs efforts furent vains, tout comme les miens, ô seigneur parmi les sages.
Verse 15
तदाऽस्मरं रमेशानं व्यथोपायस्तुतैस्सह । अबोधयत्स आगत्य शिवभक्तिरतस्सुधीः
Alors le sage—toujours établi dans la bhakti envers Śiva—vint et éveilla (instruisit) Rameśāna, Seigneur de Ramā, en le rappelant par des louanges, remèdes à son tourment.
Verse 16
प्रबोधितो रमेशेन शिवतत्त्वप्रदर्शिना । तदीर्षामत्यजं सोहं तं हठं न विमोहितः
Éveillé par Rameśa, révélateur du véritable principe de Śiva, je rejetai cette jalousie ; et, n’étant plus abusé, j’abandonnai aussi cette obstination farouche.
Verse 17
शक्तिं संसेव्य तत्प्रीत्योत्पादयामास तां तदा । दक्षादशिक्न्यां वीरिण्यां स्वपुत्राद्धरमोहने
S’étant uni avec amour à sa propre Śakti, il la fit alors se manifester. Elle apparut comme la fille de Dakṣa et de Vīriṇī—Satī—qui, plus tard, enchanterait même Hara (Śiva) en tant que Bien-aimée.
Verse 18
सोमा भूत्वा दक्षसुता तपः कृत्वा तु दुस्सहम् । रुद्रपत्न्यभवद्भक्त्या स्वभक्तहितकारिणी
Devenue Somā, la fille de Dakṣa accomplit des austérités sévères et difficiles à endurer. Par une dévotion inébranlable, elle devint l’épouse de Rudra, œuvrant sans cesse pour le bien de ses dévots.
Verse 19
सोमो रुद्रो गृही भूत्वाऽकार्षील्लीलां परां प्रभुः । मोहयित्वाथ मां तत्र स्वविवाहेऽविकारधीः
Le Seigneur Rudra, qui est aussi Soma, ayant assumé l’état de maître de maison, accomplit sa lîlâ divine suprême. Puis, avec un discernement inaltérable, il me plongea là dans la confusion au sujet de son propre mariage.
Verse 20
विवाह्य तां स आगत्य स्वगिरौ सूतिकृत्तया । रेमे बहुविमोहो हि स्वतंत्रस्स्वात्तविग्रहः
L’ayant épousée, il revint à sa demeure sur sa propre montagne avec Satī ; et là, le Seigneur souverain—qui prend forme selon sa seule volonté—se réjouit en sa lîlâ, trouvant en elle une grande délectation.
Verse 21
तया विहरतस्तस्य व्यातीयाय महान् मुने । कालस्सुखकरश्शभोर्निर्विकारस्य सद्रतेः
Ô grand sage, tandis qu’Il se divertissait avec elle, le temps s’écoula agréablement pour ce Seigneur de bon augure, immuable et ferme dans Son vœu sacré.
Verse 22
ततो रुद्रस्य दक्षेण स्पर्द्धा जाता निजेच्छया । महामूढस्य तन्मायामोहितस्य सुगर्विणः
Alors Dakṣa, de son propre gré, fit naître en lui une rivalité envers Rudra (Śiva). Profondément insensé, enivré et aveuglé par cette même Māyā, il enfla d’orgueil.
Verse 23
तत्प्रभावाद्धरं दक्षो महागर्वी विमूढधीः । महाशांतं निर्विकारं निनि द बहुमोहितः
Sous l’influence de cette puissance, Dakṣa — plein d’arrogance et l’esprit troublé — fut entièrement ensorcelé et se mit à dénigrer le Seigneur Hara, souverainement paisible et immuable.
Verse 24
ततो दक्षः स्वयं यज्ञं कृतवान्गर्वितोऽहरम् । सर्वानाहूय देवादीन् विष्णुं मां चाखिलाधिपः
Ensuite, Dakṣa, gonflé d’orgueil, accomplit de son propre gré un yajña. Ayant convoqué tous les dieux et d’autres êtres, celui qui se disait « seigneur de l’univers » invita même Viṣṇu, mais, par arrogance, m’exclut, Moi, Śiva.
Verse 25
नाजुहाव तथाभूतो रुद्रं रोषसमाकुलः । तथा तत्र सतीं नाम्ना स्वपुत्रीं विधिमोहितः
Submergé par la colère contre Rudra, dans cet état il n’accomplit pas l’offrande rituelle. Puis, abusé par l’ordonnance de Brahmā, il engendra là une fille de lui-même, nommée Satī.
Verse 26
यदा नाकारिता पित्रा मायामोहित चेतसा । लीलां चकार सुज्ञाना महासाध्वी शिवा तदा
Lorsque son père, l’esprit égaré par Māyā, ne la fit pas appeler, alors cette Dame suprêmement vertueuse et sage — Śivā (Satī) — entreprit son jeu divin (līlā).
Verse 27
अथागता सती तत्र शिवाज्ञामधिगम्य सा । अनाहूतापि दक्षेण गर्विणा स्वपितुर्गृहम्
Alors Satī, ayant obtenu l’assentiment du Seigneur Śiva, s’y rendit — dans la maison de son propre père — bien qu’elle n’eût pas été invitée par l’orgueilleux Dakṣa.
Verse 28
विलोक्य रुद्रभागं नो प्राप्यावज्ञां च ताततः । विनिंद्य तत्र तान्सर्वान्देहत्यागमथाकरोत्
Voyant que la part légitime de Rudra n’avait pas été reçue et qu’en outre on avait manifesté du mépris, Satī blâma tous ceux qui étaient là, puis décida d’abandonner son corps.
Verse 29
तच्छुत्वा देव देवेशः क्रोधं कृत्वा तु दुस्सहम् । जटामुत्कृत्य महतीं वीरभद्रमजीजनत्
À ces paroles, le Seigneur des dieux—Śiva, la Divinité suprême—fut saisi d’une colère insoutenable. Arrachant une grande mèche de ses jata emmêlés, il fit naître Vīrabhadra.
Verse 30
सगणं तं समुत्पाद्य किं कुर्य्या मिति वादिनम् । सर्वापमानपूर्वं हि यज्ञध्वंसं दिदेश ह
Ayant manifesté cette troupe d’assistants, et l’entendant demander : « Que dois-je faire ? », Śiva—après avoir d’abord voulu que le rite de Dakṣa fût couvert d’une humiliation totale—ordonna la destruction du sacrifice.
Verse 31
तदाज्ञां प्राप्य स गणाधीशो बहुबलान्वितः । गतोऽरं तत्र सहसा महाबलपराक्रमः
Ayant reçu cet ordre, le Seigneur des gaṇas de Śiva, pourvu d’une grande force et d’une vaillance héroïque, s’y rendit aussitôt en toute hâte.
Verse 32
महोपद्रवमाचेरुर्गणास्तत्र तदाज्ञया । सर्वान्स दंडयामास न कश्चिदवशेषितः
Sur son ordre, les gaṇas y semèrent un grand tumulte. Il les châtia tous, ne laissant personne sans correction ni épargné.
Verse 33
विष्णुं संजित्य यत्नेन सामरं गणसत्तमः । चक्रे दक्षशिरश्छेदं तच्छिरोग्नौ जुहाव च
Alors, le plus éminent des gaṇas de Śiva, après s’être appliqué et avoir vaincu Viṣṇu avec ses troupes au combat, trancha la tête de Dakṣa ; et cette tête, il la jeta en offrande dans le feu sacré.
Verse 34
यज्ञध्वंसं चकाराशु महोपद्रवमाचरन् । ततो जगाम स्वगिरिं प्रणनाम प्रभुं शिवम्
Il détruisit promptement le yajña, déchaînant un grand bouleversement. Puis il gagna sa demeure de montagne et se prosterna devant le Seigneur Śiva, le Maître suprême.
Verse 35
यज्ञध्वंसोऽभवच्चेत्थं देवलोके हि पश्यति । रुद्रस्यानुचरैस्तत्र वीरभद्रादिभिः कृतः
Ainsi le yajña fut détruit, et cela fut vu jusque dans le monde des dieux. Là, les suivants de Rudra, tels Vīrabhadra et d’autres, accomplirent cet acte.
Verse 36
मुने नीतिरियं ज्ञेया श्रुतिस्मृतिषु संमता । रुद्रे रुष्टे कथं लोके सुखं भवति सुप्रभो
Ô muni, voici la règle juste de conduite, reconnue dans les Śruti et les Smṛti : lorsque Rudra (le Seigneur Śiva) s’irrite, comment le monde pourrait-il connaître le bonheur, ô illustre ?
Verse 37
ततो रुद्रः प्रसन्नोभूत्स्तुतिमाकर्ण्य तां पराम् । विज्ञप्तिं सफलां चक्रे सर्वेषां दीनवत्सलः
Alors Rudra, ayant entendu cet hymne d’éloge excellent, fut entièrement comblé. Compatissant envers les affligés, Il rendit leur requête efficace, accorda le succès à leur demande et la fit porter du fruit pour tous.
Verse 38
पूर्ववच्च कृतं तेन कृपालुत्वं महात्मना । शंकरेण महेशेन नानालीलावि हारिणा
Comme auparavant, le Seigneur à la grande âme—Śaṅkara, Maheśa—qui se plaît en d’innombrables līlās divines, manifesta de nouveau sa compassion.
Verse 39
जीवितस्तेन दक्षो हि तत्र सर्वे हि सत्कृताः । पुनस्स कारितो यज्ञः शंकरेण कृपालुना
Par Lui, Dakṣa fut ramené à la vie, et là tous furent honorés comme il se doit. Puis, par compassion, Śaṅkara fit accomplir de nouveau le yajña.
Verse 40
रुद्रश्च पूजितस्तत्र सर्वैर्देवैर्विशेषतः । यज्ञे विश्वादिभिर्भक्त्या सुप्रसन्नात्मभिर्वने
Là, dans ce yajña célébré en forêt, Rudra aussi fut adoré—tout particulièrement par tous les dieux—par les Viśvadevas et les autres cohortes divines, dont les cœurs, par la bhakti, devinrent parfaitement sereins.
Verse 41
सतीदेहसमुत्पन्ना ज्वाला लोकसुखावहा । पतिता पर्वते तत्र पूजिता सुखदायिनी
Du corps de Satī jaillit une flamme sacrée, ardente et resplendissante, qui apporte bienfait et joie aux mondes. Tombée sur cette montagne, elle y devint objet de vénération, dispensant le bonheur à ceux qui la révèrent.
Verse 42
ज्वालामुखीति विख्याता सर्वकामफलप्रदा । बभूव परमा देवी दर्शनात्पापहारिणी
Elle fut renommée Jvālāmukhī, la Déesse suprême qui accorde les fruits de tous les désirs légitimes ; et par son seul darśana, la vision sacrée, elle efface le péché et tranche les liens qui enchaînent l’âme.
Verse 43
इदानीं पूज्यते लोके सर्वकामफलाप्तये । संविधाभिरनेकाभिर्महोत्सवपरस्परम्
Aujourd’hui encore, dans le monde, on lui rend un culte afin d’obtenir les fruits de tous les désirs. Par de multiples formes de vénération prescrites, de grandes fêtes se succèdent, célébrées sans cesse.
Verse 44
ततश्च सा सती देवी हिमालयसुता ऽभवत् । तस्याश्च पार्वतीनाम प्रसिद्धमभवत्तदा
Ensuite, cette Déesse Satī naquit comme fille de l’Himālaya ; et dès lors le nom de « Pārvatī » devint célèbre pour elle.
Verse 45
सा पुनश्च समाराध्य तपसा कठिनेन वै । तमेव परमेशानं भर्त्तारं समुपाश्रिता
Puis, l’ayant apaisé par de rudes austérités, elle se réfugia en ce même Parameśāna, le Seigneur suprême, et l’accepta pour époux.
Verse 46
एतत्सर्वं समाख्यातं यत्पृष्टोहं मुनीश्वर । यच्छ्रुत्वा सर्वपापेभ्यो मुच्यते नात्र संशयः
Ô seigneur parmi les sages, j’ai pleinement exposé tout ce que tu m’as demandé. En l’entendant, on est délivré de tous les péchés—il n’y a là aucun doute.
The chapter introduces the identity-continuity problem: Satī is called Dakṣa’s daughter yet later appears as Pārvatī, daughter of Himavat/Parvata; Nārada asks how one śakti can be ‘daughter’ to two lineages and how she returns to Śiva.
It establishes that Śiva’s householdership is līlā—an intentional mode of grace—rather than a fall into bondage; his nirvikāratva remains intact while he participates in cosmic order for the welfare of gods and beings.
Śiva is highlighted as Rudra/Śaṅkara/Maheśāna, the Kailāsa-dwelling yogin beyond dualities; Satī/Pārvatī is highlighted as the supreme consort (śakti) whose manifestation history is to be clarified.