
Ce chapitre poursuit la suite des rites après le mariage de Śiva et Pārvatī. Brahmā raconte à Nārada que, sur l’ordre de Śiva et en présence des assemblées de sages, les devoirs cérémoniels restants sont accomplis : le śiro’bhiṣeka (onction/ablution de la tête), le darśana de bon augure, les rites qui soutiennent et fortifient le cœur (hṛdayālambhana), ainsi que les récitations bénédictives (svastipāṭha), le tout dans le cadre d’un grand festival (mahotsava). Selon l’instruction des « deux-fois-nés », Śiva applique le sindūra sur la tête de Śivā ; Pārvatī resplendit merveilleusement et est reconnue comme Girijā. Les prêtres font asseoir le couple sur un même siège, signe d’unité conjugale et d’auspice public. Revenu à leur place, ils accomplissent avec joie le rite final de consommation (saṃsrava-prāśana). Le yajña nuptial étant dûment achevé, Śiva offre à Brahmā un pūrṇapātra (vase plein) pour le bien des mondes, puis accorde le godāna et d’autres grands dons propices à l’ācārya et aux brahmanes : or, joyaux et biens précieux variés. Le récit s’achève dans l’allégresse universelle des dieux et des êtres, au son des acclamations de victoire (jayadhvani), attestant l’approbation cosmique du rite.
Verse 1
ब्रह्मोवाच । ततश्चाहं मुनिगणैश्शेषकृत्यं शिवाज्ञया । अकार्षं नारद प्रीत्या शिवाशिवविवाहतः
Brahmā dit : Ensuite, sur l’ordre de Śiva, moi—avec les assemblées de sages—j’accomplis les rites qui restaient. Ô Nārada, je le fis avec joie, en raison des noces auspiciées de Śivā (Pārvatī) et de Śiva.
Verse 2
तयोश्शिरोऽभिषेकश्च बभूवादरतस्ततः । ध्रुवस्यदर्शनं विप्राः कारयामासुरादरात
Alors, avec un soin empreint de vénération, on accomplit l’abhiṣeka, l’ablution consacratoire sur leurs têtes. Ensuite, ô brāhmanes, avec une grande dévotion, ils organisèrent l’auspicieux darśana de Dhruva.
Verse 3
हृदयालम्भनं कर्म बभूव तदनन्तरम् । स्वस्तिपाठश्च विप्रेन्द्र महोत्सवपुरस्सरः
Aussitôt après, on accomplit un rite qui réjouit le cœur. Puis, ô le meilleur des brāhmanes, on récita les svasti-pāṭha, bénédictions de bon augure, en prélude à la grande fête.
Verse 4
शिवाशिरसि सिन्दूरं ददौ शम्भुर्द्विजाज्ञया । तदानीं गिरिजाभिख्याद्भुतावर्ण्या बभूव ह
Sur l’ordre du brāhmane, Śambhu déposa du sindūra, le vermillon sacré, sur la tête de Śivā. À cet instant même, Girijā devint d’une splendeur merveilleuse, sa beauté dépassant toute description.
Verse 5
ततो विप्राज्ञया तौ द्वावेकासनसमास्थितौ । लेभाते परमां शोभां भक्तचित्त मुदावहाम्
Puis, sur l’ordre du brāhmane, tous deux s’assirent ensemble sur un même siège. Ils obtinrent une splendeur suprême, qui réjouit le cœur des dévots.
Verse 6
ततः स्वस्थानमागत्य संस्रवप्राशनं मुदा । चक्रतुस्तौ निदेशान्मेऽद्भुतलीलाकरौ मुने
Puis, revenus à leur juste demeure, ces deux êtres—acteurs de l’étonnante līlā divine—burent avec joie le reste consacré, selon mon injonction, ô sage.
Verse 7
इत्थं निवृत्ते विधिवद्याज्ञे वैवाहिके शिवः । ब्रह्मणे पूर्णपात्रं मे ददौ लोककृते प्रभुः
Lorsque le sacrifice nuptial eut été dûment achevé selon la règle, le Seigneur Śiva—souverain agissant pour le bien des mondes—donna à Brahmā, en mon nom, un vase rempli à pleine mesure comme don d’offrande.
Verse 8
गोदानं विधिवच्छम्भुराचार्याय ददौ ततः । महादानानि च प्रीत्या यानि मङ्गलदानि वै
Ensuite, Śambhu, selon le rite prescrit, accorda à l’ācārya le don d’une vache; et, dans la joie de la dévotion, il offrit aussi les grands dons, ces aumônes auspiciées qui apportent le bien sacré.
Verse 9
ततश्शतसुवर्णं च विप्रेभ्यस्स ददौ पृथक् । बहुभ्यो रत्नकोटीश्च नानाद्रव्याण्यनेकशः
Ensuite, il distribua séparément des centaines de pièces d’or aux brāhmaṇa ; et à beaucoup d’autres il donna des koṭi de gemmes précieuses, avec maints présents de diverses sortes, en abondance. Dans la compréhension śaiva, une dāna si généreuse, offerte avec dévotion et respect du dharma, devient une aide purificatrice, préparant l’esprit à une bhakti inébranlable envers le Seigneur Śiva.
Verse 10
तदानीममरास्सर्वे परे जीवाश्चराचराः । मुमुदुश्चेतसातीव जयध्वनिः
En cet instant même, tous les deva, et de même tous les êtres—mobiles et immobiles—furent saisis d’une grande joie au cœur, et un puissant cri de victoire s’éleva.
Verse 11
मङ्गलध्वनिगानश्च बभूव बहु सर्वतः । वाद्यध्वनिरभूद्रम्यो सर्वानन्दप्रवर्द्धनः
De toutes parts s’élevèrent en abondance des chants de bon augure et des clameurs de fête; et la douce résonance des instruments de musique accroissait la joie de tous.
Verse 12
हरिर्मयाथ देवाश्च मुनयश्चापरेऽखिलाः । गिरिमामन्त्र्य सुप्रीत्या स्वस्थानम्प्रययुर्द्रुतम्
Alors Hari (Viṣṇu), moi, et tous les autres dieux et sages—après avoir pris congé avec affection de la Montagne (Himālaya)—partîmes promptement vers nos demeures respectives.
Verse 13
तदानीं शैलनगरे स्त्रियश्च मुदिता वरम् । शिवाशिवौ समानीय ययुः कुह वरालयम्
Alors, dans la cité de la montagne, les femmes, transportées de joie, réunirent Śiva et Śivā et se rendirent à la splendide demeure nuptiale.
Verse 14
लौकिकाचारमाजह्रुस्ताः स्त्रियस्तत्र चादृताः । महोत्साहो बभूवाथ सर्वतः प्रमुदावहः
Là, ces femmes adoptèrent la bienséance du monde et furent honorées comme il se doit. Alors s’éleva partout un grand élan (utsāha), apportant la joie de tous côtés.
Verse 15
अथ तास्तौ समानीय दम्पती जनशंकरौ । वासालयम्महादिव्यं भवाचारं व्यधुर्मुदा
Alors furent amenés en ce lieu les deux—Śiva et Pārvatī, le couple divin bienheureux qui répand l’auspice sur tous les êtres. Dans la joie, ils ordonnèrent une demeure d’une splendeur suprême et établirent la juste conduite sacrée qui convient à Bhava (le Seigneur Śiva).
Verse 16
अथो समीपमागत्य शैलेन्द्रनगरस्त्रियः । निर्वृत्य मङ्गलं कर्म प्रापयन्दम्पती गृहम्
Puis les femmes de la cité de Śailendra s’approchèrent ; après avoir accompli comme il se doit les rites de bon augure, elles escortèrent le couple divin et le conduisirent jusqu’à leur demeure.
Verse 17
कृत्वा जयध्वनिं चक्रुर्ग्रन्थिनिर्मोचनादिकम् । सस्मितास्सकटाक्षाश्च पुलकाञ्चितविग्रहाः
Élevant des cris de victoire, elles accomplirent les actes auspiciateurs selon l’usage, tels que le dénouement des nœuds rituels et autres. Souriantes, échangeant des regards de côté, le corps frémissant de chair de poule, elles se réjouirent — signes d’une bhakti profonde et d’une joie sacrée.
Verse 18
वासगेहं सम्प्रविश्य मुमुहुः कामिनीवराः । प्रसंशन्त्यस्स्वभाग्यानि पश्यन्तः परमेश्वरम्
Entrant dans la demeure, ces femmes d’élite furent saisies d’extase ; en contemplant Parameśvara (le Seigneur Śiva), elles louèrent leur propre bonne fortune.
Verse 19
महासुरूपवेषश्च सर्व लावण्यसंयुतम् । नवीनयौवनस्थञ्च कामिनीचित्तमोहनम्
Il apparut sous une forme et un vêtement d’une beauté suprême, doté de toutes les grâces ; il se tenait dans la fraîcheur d’une jeunesse nouvelle, captivant l’esprit des femmes.
Verse 20
ईषद्धास्यप्रसन्नास्यं सकटाक्षं सुसुन्दरम् । सुसूक्ष्मवासो बिभ्राणं नानारत्न विभूषितम्
Il apparut d’une beauté incomparable : le visage paisible, éclairé d’un léger sourire, les yeux jetant de gracieuses œillades; il portait des vêtements d’une extrême finesse et était paré d’ornements sertis de gemmes de toutes sortes.
Verse 21
तदानीन्दिव्यनार्यश्च षोडशारं समाययुः । तौ दम्पती च संद्रष्टुं महादरपुरस्सरम्
Alors, à cet instant même, les femmes célestes se rassemblèrent dans le cercle aux seize rayons et, pleines d’ardeur, s’avancèrent pour contempler le couple divin—Śiva et Pārvatī—ouvrant la grande procession.
Verse 22
सरस्वती च लक्ष्मीश्च सावित्री जाह्नवी तथा । अदितिश्च शची चैव लोपामुद्राप्यरुन्धती
S’y trouvaient Sarasvatī et Lakṣmī, Sāvitrī et Jāhnavī; Aditi et Śacī également, ainsi que Lopāmudrā et Arundhatī.
Verse 23
अहल्या तुलसी स्वाहा रोहिणी च वसुन्धरा । शतरूपा च संज्ञा च रतिरेतास्सुरस्त्रियः
«Ahalyā, Tulasī, Svāhā, Rohiṇī et Vasundharā; Śatarūpā, Saṃjñā et Rati : telles sont les femmes parmi les devas, ici énumérées.»
Verse 24
देवकन्या नागकन्या मुनिकन्या मनोहराः । तत्र या याः स्थितास्तासां सङ्ख्यां कर्तुं च कः क्षमः
Là se tenaient de ravissantes jeunes filles — filles des Devas, filles des Nāgas et filles des sages. Parmi toutes celles qui s’y trouvaient assemblées, qui donc serait capable d’en compter le nombre ?
Verse 25
ताभी रत्नासने दत्ते तत्रोवास शिवो मुदा । तमूचुः क्रमतो देव्यस्सुहास मधुरं वचः
Lorsqu’elles l’eurent assis sur un trône serti de joyaux, Śiva demeura là, plein de joie. Alors, selon l’ordre convenable, les déesses, souriantes, lui adressèrent de douces paroles.
Verse 26
सरस्वत्युवाच । प्राप्ता सती महादेवाधुना प्राणाधिका मुदा । दृष्ट्वा प्रियास्यञ्चन्द्राभं सन्तापन्त्यज कामुक
Sarasvatī dit : «À présent, Satī est venue auprès de Mahādeva, plus chère à Lui que sa propre vie, apportant une grande joie. Ô être passionné, en voyant le visage lunaire de sa bien-aimée, rejette ton tourment».
Verse 27
कालं गमय कालेश सतीसंश्लेषपूर्वकम् । विश्लेषस्ते न भविता सर्वकालं ममाश्रिता
Ô Kāleśa, Seigneur du Temps, fais passer le temps dans l’union avec Satī. Pour Toi, il n’y aura jamais de séparation ; en tout temps je demeurerai dépendante de Toi et je prendrai refuge en Toi.
Verse 28
लक्ष्मीरुवाच । लज्जां विहाय देवेश सतीं कृत्वा स्ववक्षसि । तिष्ठ ताम्प्रति का लज्जा प्राणा यान्ति यया विना
Lakṣmī dit : «Ô Seigneur des dieux, renonce à la pudeur ; prends Satī sur ta propre poitrine et demeure auprès d’elle. Quelle place y a-t-il pour la réserve envers elle ? Sans elle, même le souffle de vie s’en va.»
Verse 29
सावित्र्युवाच । भोजयित्वा सती शम्भो शीघ्रं त्वं भुंक्ष्व मा खिद । तदाचम्य सकर्पूरन्तांबूलं देहि सादरम्
Sāvitrī dit : «Ô Śambhu, après avoir nourri Satī, prends vite ton repas, ne t’attriste pas. Puis, après l’ācamana, reçois avec respect le tāmbūla préparé avec du camphre.»
Verse 30
जाह्नव्युवाच । स्वर्णकांतिकरां धृत्वा केशान्मार्जय योषितः । कामिन्यास्स्वामिसौभाग्यसुखं नातः परं भवेत्
Jāhnavī dit : «Tenant une main à l’éclat d’or (comme un peigne d’or), la femme doit peigner et purifier sa chevelure. Pour l’épouse aimante, il n’est pas de bonheur plus haut que la bonne fortune du bien-être et de la faveur de son époux.»
Verse 31
अदितिरुवाच । भोजनान्ते शिवः शम्भुं मुखं शुद्ध्यर्थमादरात् । जलं देहि महाप्रीत्या दम्पतिप्रेम दुर्लभम्
Aditi dit : « Après le repas, Śivā (en épouse dévouée) demande à Śambhu, avec un soin respectueux, de l’eau pour purifier sa bouche. “Donne cette eau avec une grande affection : une telle harmonie d’amour entre époux est vraiment rare.” »
Verse 32
शच्युवाच । कृत्वा विलापं यद्धेतोः शिवां कृत्वा च वक्षसि । यो बभ्रामानिशं मोहात् का लज्जा ते प्रियाम्प्रति
Śacī dit : « Pour qui te lamentais-tu — après avoir serré Śivā contre ta poitrine — et pourtant, dans l’illusion, tu as erré toute la nuit ? Quelle pudeur, quelle retenue te reste-t-il encore envers ta bien-aimée ? »
Verse 33
लोपामुद्रोवाच । व्यवहारोऽस्ति च स्त्रीणां भुक्त्वा वासगृहे शिव । दत्त्वा शिवायै ताम्बूलं शयनं कर्तुमर्हसि
Lopāmudrā dit : «Ô Śiva, il est une coutume pour les femmes : après avoir mangé dans la demeure, tu dois offrir le tāmbūla (bétel) à Śivā (Pārvatī), puis il convient que tu te retires au repos.»
Verse 34
अरुन्धत्युवाच । मया दत्तां सतीमेनां तुभ्यन्दातुमनीप्सिताम् । विविधं बोधयित्वेमां सुरतिं कर्तुमर्हसि
Arundhatī dit : «Je t’ai donné cette femme vertueuse, bien qu’elle ne désirât pas être donnée. Après l’avoir instruite de diverses manières, il te convient de t’unir à elle selon le devoir conjugal.»
Verse 35
अहल्योवाच । वृद्धावस्थाम्परित्यज्य ह्यतीव तरुणो भव । येन मेनानुमन्येत त्वां सुतार्पितमानसा
Ahalyā dit : «Abandonne la vieillesse et deviens d’une jeunesse éclatante, afin que Menā — dont le cœur est tout offert à sa fille — consente à toi.»
Verse 36
तुलस्युवाच । सती त्वया परित्यक्ता कामो दग्धः पुरा कृतः । कथन्तदा वसिष्ठश्च प्रभो प्रस्थापितोऽधुना
Tulasi dit : «Ô Seigneur, jadis tu as délaissé Satī, et autrefois tu as réduit Kāma, le dieu du désir, en cendres. Comment donc, ô Maître, Vasiṣṭha a-t-il été envoyé à présent ?»
Verse 37
स्वाहोवाच । स्थिरो भव महादेव स्त्रीणां वचसि साम्प्रतम् । विवाहे व्यवहारोऽस्ति पुरन्ध्रीणां प्रगल्भता
Svāhā dit : «Sois ferme, ô Mahādeva, face aux paroles des femmes en cet instant. Dans les affaires de mariage, il y a bien des usages du monde, et les femmes peuvent se montrer hardies dans leurs mots et leurs actes.»
Verse 38
रोहिण्युवाच । कामम्पूरय पार्वत्याः कामशास्त्रविशारद । कुरु पारं स्वयं कामी कामिनीकामसागरम्
Rohiṇī dit : «Ô maître versé dans la science du désir, accomplis le vœu de Pārvatī. Toi-même—embrasé de passion—fais traverser jusqu’à l’autre rive cet océan de longing d’une jeune fille.»
Verse 39
वसुन्धरोवाच । जानासि भावं भावज्ञ कामार्तानां च योषिताम् । न च स्वं स्वामिनं शम्भो ईश्वरं पाति सन्ततम्
Vasundharā dit : «Ô connaisseur des états intérieurs, tu comprends l’esprit des femmes tourmentées par le désir. Pourtant, ô Śambhu, l’esprit—si changeant—ne protège pas sans cesse, ni ne demeure fidèle, à son propre Seigneur, l’Īśvara suprême.»
Verse 40
शतरूपोवाच । भोगं दिव्यं विना भुक्त्वा न हि तुष्येत्क्षुधातुरः । येन तुष्टिर्भवेच्छंभो तत्कर्तुमुचितं स्त्रियाः
Śatarūpā dit : «Celui que la faim tourmente n’est pas rassasié s’il mange sans une jouissance divine. Ainsi, ô Śambhu, ce par quoi Tu peux être comblé—voilà ce qu’une femme doit accomplir selon le juste ordre.»
Verse 41
संज्ञोवाच । तूर्णं प्रस्थापय प्रीत्या पार्वत्या सह शङ्करम् । रत्नप्रदीपन्ताम्बूलं तल्पं निर्माय निर्जने
Saṃjñā dit : «Vite, avec amour et dévotion, conduisez Śaṅkara avec Pārvatī. Dans un lieu retiré, préparez une couche, disposez des lampes semblables à des joyaux et tenez le bétel prêt.»
Verse 42
ब्रह्मोवाच । स्त्रीणान्तद्वचनं श्रुत्वा ता उवाच शिवः स्वयम् । निर्विकारश्च भगवान्योगीन्द्राणां गुरोर्गुरुः
Brahmā dit : Ayant entendu les paroles de ces femmes, Śiva lui-même leur adressa la parole—le Seigneur bienheureux, immuable, le Guru suprême, Guru même des gurus des plus grands yogins.
Verse 43
शंकर उवाच । देव्यो न ब्रूत वचनमेवंभूतं ममान्तिकम् । जगतां मातरः साध्व्यः पुत्रे चपलता कथम्
Śaṅkara dit : «Ô Déesses, ne me tenez pas de tels propos. Vous êtes les mères vertueuses des mondes—comment pourrait-il y avoir de l’inconstance envers votre propre fils ?»
Verse 44
ब्रह्मोवाच । शङ्करस्य वचः श्रुत्वा लज्जितास्सुरयोषितः । बभूवुः सम्भ्रमात्तूष्णीं चित्रपुत्तलिका यथा
Brahmā dit : Ayant entendu les paroles de Śaṅkara, les épouses des dieux furent saisies de honte ; et, dans un trouble soudain, elles demeurèrent muettes, telles des poupées peintes.
Verse 45
भुक्त्वा मिष्टान्नमाचम्य महेशो हृष्टमानसः । सकर्पूरं च तांबूलं बुभुजे भार्य या सह
Après avoir goûté les mets sucrés et accompli l’ācamana, Maheśa, l’esprit réjoui, savoura le tāmbūla (bétel) mêlé de camphre avec son épouse (Pārvatī).
Verse 50
इति श्रीशिवमहापुराणे द्वितीयायां रुद्रसंहितायां तृतीय पार्वतीखण्डे परिहासवर्णनंनाम पञ्चाशत्तमोऽध्यायः
Ainsi s’achève le cinquantième chapitre, intitulé « Description des plaisanteries enjouées », dans le Pārvatī-khaṇḍa (troisième section) de la Rudra-saṃhitā (deuxième division) du vénérable Śiva Mahāpurāṇa.
The chapter depicts the completion of Śiva–Pārvatī’s wedding proceedings, including anointing rites, auspicious recitations, shared seating, and the formal closing of the vaivāhika yajña followed by gifts.
Ritual closure and dāna are presented as cosmic-stabilizing acts: the union of Śiva–Śivā is publicly sealed through maṅgala-kriyā, while gifts redistribute auspicious power and merit for loka-kalyāṇa (welfare of worlds).
Śiva appears as Śambhu, the ritual patron and giver of boons; Pārvatī is explicitly marked as Girijā and described as wondrously radiant after the sindūra rite, emphasizing her auspicious śakti in the marital context.