Ramayana Ayodhya Kanda Sarga 118
Ayodhya KandaSarga 11854 Verses

Sarga 118

अनसूयोपदेशः तथा सीताया स्वयंवरकथा (Anasuya’s Counsel and Sita’s Swayamvara Narrative)

अयोध्याकाण्ड

Le Sarga 118 se déploie comme un enseignement au sein de l’hospitalité respectueuse d’un āśrama forestier. Après qu’Anasūyā s’est adressée à Vaidehī (Sītā), Sītā répond avec humilité : l’époux est le guru de l’épouse, et le service dévoué au mari (patiśuśrūṣā) est présenté comme le principal tapas des femmes. Des exemples sont invoqués—Sāvitrī, honorée au ciel pour sa fidélité, et Rohiṇī, inséparable de la Lune—formant une typologie morale des vœux conjugaux inébranlables. Satisfaite, Anasūyā offre des parures divines—guirlande, vêtements, bijoux, onguents parfumés et baume précieux—dotés d’une qualité durable, qui ne se fane pas et convient toujours. Elle relie l’embellissement de Sītā à Śrī (Lakṣmī) rehaussant Viṣṇu, sacralisant ainsi l’harmonie du couple. Le second mouvement devient récit des origines : Anasūyā demande l’histoire de la naissance et du mariage de Sītā. Sītā raconte son apparition ayoni-jā, surgie de la terre lorsque Janaka labourait pour le sacrifice, son adoption et son éducation par la reine principale, l’inquiétude de Janaka de trouver un époux digne, puis l’instauration du svayaṃvara centré sur le lourd arc divin de Varuṇa. Les rois échouent à le soulever. Rāma arrive ensuite avec Viśvāmitra et Lakṣmaṇa ; il bande l’arc et le brise aussitôt. Janaka, lié par la vérité, décide d’offrir Sītā à Rāma, mais Rāma attend le consentement de Daśaratha. Le sarga s’achève sur l’accomplissement légitime de l’alliance matrimoniale et sur l’affirmation par Sītā de sa dévotion dharmique envers Rāma.

Shlokas

Verse 1

सात्वेवमुक्ता वैदेही अनसूयाऽनसूयया। प्रतिपूज्य वचो मन्दं प्रवक्तुमुपचक्रमे।।2.118.1।।

Ainsi interpellée par Anasūyā, Vaidehī —sans malveillance— honora ses paroles en retour et se mit à parler doucement.

Verse 2

नैतदाश्चर्यमार्याया यन्मां त्वमभिभाषसे। विदितन्तु ममाप्येतद्यथा नार्याः पतिर्गुरुः।।2.118.2।।

Il n’est pas étonnant qu’une noble dame me parle ainsi. Moi aussi je le sais bien : pour une femme, son époux doit être vénéré comme un guru.

Verse 3

यद्यप्येष भवेद्भर्ता ममाऽर्ये वृत्तवर्जितः।अद्वैधमुपचर्तव्यस्तथाप्येष मया भवेत्।।2.118.3।।

Ô noble dame, quand bien même mon époux serait dépourvu de bonne conduite, je dois pourtant le servir sans hésitation.

Verse 4

किं पुनर्यो गुणश्लाघ्य स्सानुक्रोशो जितेन्द्रियः।स्थिरानुरागो धर्मात्मा मातृवत्पितृवत्प्रियः।।2.118.4।।

Combien plus encore si l’époux est louable par ses vertus : compatissant, maître de ses sens, constant dans son attachement, juste de nature, et cher comme une mère et comme un père.

Verse 5

यां वृत्तिं वर्तते रामः कौसल्यायां महाबलः।तामेव नृपनारीणामन्यासामपि वर्तते।।2.118.5।।

Le puissant Rāma traite les autres reines du roi de la même manière qu’il traite Kausalyā.

Verse 6

सकृद्दृष्टास्वपि स्त्रिषु नृपेण नृपवत्सलः।मातृवद्वर्तते वीरो मानमुत्सृज्य धर्मवित्।।2.118.6।।

Même envers des femmes que le roi n’avait fait qu’apercevoir une seule fois, le héros Rāma, dévoué au roi et connaisseur du dharma, renonce à l’orgueil et les traite comme une mère.

Verse 7

आगच्छन्त्याश्च विजनं वनमेवं भयावहम्।समाहितं मे श्वश्र्वा च हृदये तद्धृतं महत्।।2.118.7।।

Alors que je m’avançais vers cette forêt déserte et redoutable, le grand conseil que ma belle-mère m’avait donné fut déposé en moi, et je l’ai tenu fermement dans mon cœur.

Verse 8

पाणिप्रदानकाले च यत्पुरात्वग्नि सन्निधौ।अनुशिष्टा जनन्याऽस्मि वाक्यं तदपि मे धृतम्।।2.118.8।।

Et les paroles dont ma mère m’instruisit jadis, lorsque ma main fut donnée en mariage devant le feu sacré—celles-là aussi, je les ai gardées en moi.

Verse 9

नवीकृतं तु तत्सर्वं वाक्यैस्ते धर्मचारिणि।पतिशुश्रूषणान्नार्यास्तपो नान्यद्विधीयते।।2.118.9।।

Ô femme qui suis le dharma, tes paroles ont ranimé pour moi tout cet enseignement ; car pour une épouse, nulle autre austérité n’est prescrite que le service dévoué à son époux.

Verse 10

सावित्री पतिशुश्रूषां कृत्वा स्वर्गे महीयते।तथावृत्तिश्च याता त्वं पतिशुश्रूषया दिवम्।।2.118.10।।

Sāvitrī, par son service dévoué envers son époux, est honorée au ciel ; toi aussi, suivant cette même voie, tu atteindras le ciel par un tel service.

Verse 11

वरिष्ठा सर्वनारीणामेषा च दिवि देवता।रोहिणी न विनाचन्द्रं मुहूर्तमपि दृश्यते।।2.118.11।।

Rohiṇī, la meilleure de toutes les femmes et une déesse dans les cieux, n’est jamais vue au firmament, fût-ce un instant, sans la Lune.

Verse 12

एवंविधाश्च प्रवराः स्त्रियो भर्तृदृढव्रताः।देवलोके महीयन्ते पुण्येन स्वेन कर्मणा।।2.118.12।।

De telles femmes —éminentes et fermes dans leur vœu envers l’époux— sont honorées dans le monde des dieux par le mérite de leurs propres actes.

Verse 13

ततोऽनसूया संहृष्टा श्रुत्वोक्तं सीतया वचः।शिरस्याघ्राय चोवाच मैथिलीं हर्षयन्त्युत।।2.118.13।।

À l’écoute des paroles de Sītā, Anasūyā fut transportée de joie ; elle baisa son front et s’adressa à la princesse de Mithilā, voulant réjouir son cœur.

Verse 14

नियमैर्विविधैराप्तं तपो हि महदस्ति मे।तत्संश्रित्य बलं सीते छन्दये त्वां शुचिव्रते।।2.118.14।।

Ô Sītā, toi dont les vœux sont purs, je possède une grande puissance d’ascèse acquise par maintes observances ; m’appuyant sur cette force, je t’accorderai ce que tu désires, pour ta joie.

Verse 15

उपपन्नं मनोज्ञं च वचनं तव मैथिलि।प्रीता चास्म्युचितं किं ते करवाणि ब्रवीहि मे।।2.118.15।।

Ô Maithilī, tes paroles sont à la fois justes et charmantes. J’en suis ravie ; dis-moi ce qu’il convient que je fasse pour toi.

Verse 16

तस्यास्तद्  वचनं श्रूत्वा विस्मिता मन्दविस्मया। कृतमित्यब्रवीत् सीता तपोबलसमन्विताम्।।2.118.16।।

Entendant ces paroles, Sītā, avec un doux sourire d’étonnement, dit à Anasūyā, riche de la force de l’ascèse : «C’est déjà accompli».

Verse 17

सा त्वेवमुक्ता धर्मज्ञा तया प्रीततराऽभवत्।सफलं च प्रहर्षं ते हन्त सीते करोम्यहम्।।2.118.17।।

Ainsi interpellée, Anasūyā, connaisseuse du dharma, fut encore plus satisfaite de Sītā et dit : «Oui, ô Sītā, je ferai porter fruit à la joie que tu m’inspires».

Verse 18

इदं दिव्यं वरं माल्यं वस्त्रमाभरणानि च।अङ्गरागं च वैदेहि महार्हं चानुलेपनम्।।2.118.18।।मया दत्तमिदं सीते तव गात्राणि शोभयेत्।अनुरूपमसंक्लिष्टं नित्यमेव भविष्यति।।2.118.19।।

Ô Vaidehī, voici une guirlande divine et parfaite, des vêtements et des parures, avec des onguents parfumés et un baume précieux. Donnés par moi, ô Sītā, ils orneront tes membres ; ils demeureront convenables, sans souillure et toujours frais.

Verse 19

इदं दिव्यं वरं माल्यं वस्त्रमाभरणानि च।अङ्गरागं च वैदेहि महार्हं चानुलेपनम्।।2.118.18।।मया दत्तमिदं सीते तव गात्राणि शोभयेत्।अनुरूपमसंक्लिष्टं नित्यमेव भविष्यति।।2.118.19।।

Ô Vaidehī, voici une guirlande divine et parfaite, des vêtements et des parures, avec des onguents parfumés et un baume précieux. Donnés par moi, ô Sītā, ils orneront tes membres ; ils demeureront convenables, sans souillure et toujours frais.

Verse 20

अङ्गरागेण दिव्येन लिप्ताङ्गी जनकात्मजे।शोभयिष्यसि भर्तारं यथा श्रीर्विष्णुमव्ययम्।।2.118.20।।

Ô fille de Janaka, ointe de cet onguent divin, tu accroîtras la splendeur de ton époux, comme Śrī (Lakṣmī) pare Viṣṇu l’impérissable.

Verse 21

सा वस्त्रमङ्गरागं च भूषणानि स्रजस्तथा।मैथिली प्रतिजग्राह प्रीतिदानमनुत्तमम्।।2.118.21।।

Maithilī reçut ces incomparables dons d’affection : vêtements, onguents, parures et guirlandes.

Verse 22

प्रतिगृह्य च तत्सीता प्रीतिदानं यशस्विनी।श्लिष्टाञ्जलिपुटा तत्र समुपास्त तपोधनाम्।।2.118.22।।

La glorieuse Sītā reçut ce don d’affection ; puis, les paumes jointes en salut respectueux, elle s’assit tout près de l’ascète, riche en austérités (tapas).

Verse 23

तथा सीतामुपासीनामनसूया दृढव्रता।वचनं प्रष्टुमारेभे काञ्चित्प्रियकथामनु।।2.118.23।।

Voyant Sītā assise ainsi, Anasūyā, inébranlable dans ses vœux, se mit à l’interroger, désirant entendre un récit chéri.

Verse 24

स्वयं वरे किल प्राप्ता त्वमनेन यशस्विना।राघवेणेति मे सिते कथा श्रुतिमुपागता।।2.118.24।।

«Ô Sītā, j’ai entendu dire qu’au svayaṃvara tu fus remportée par cet illustre Rāghava ; telle est la nouvelle parvenue à mes oreilles.»

Verse 25

तां कथां श्रोतुमिच्छामि विस्तरेण च मैथिलि।यथाऽनुभूतं कार्त्स्न्येन तन्मे त्वं वक्तुमर्हसि।।2.118.25।।

«Ô Maithilī, je souhaite entendre cette histoire en détail ; daigne me la raconter entièrement, telle que tu l’as vécue.»

Verse 26

एवमुक्ता तु सा सीता तां ततो धर्मचारिणीम्।श्रूयतामिति चोक्त्वा वै कथयामास तां कथाम्।।2.118.26।।

Ainsi sollicitée, Sītā, fidèle au dharma, dit à cette ascète vertueuse : «Écoute», puis elle raconta toute l’histoire.

Verse 27

मिथिलाधिपतिर्वीरो जनको नाम धर्मवित्।क्षत्रधर्मे ह्यभिरतो न्यायतश्शास्ति मेदिनीम्।।2.118.27।।

«À Mithilā régnait un roi héroïque nommé Janaka, connaisseur du dharma ; voué au devoir du kṣatriya, il gouvernait la terre selon la justice.»

Verse 28

तस्य लाङ्गलहस्तन्य कर्षतः क्षेत्रमण्डलम्।अहं किलोत्थिता भित्वा जगतीं नृपतेस्सुता।।2.118.28।।

Tandis que, la charrue en main, il labourait l’enceinte du sacrifice, on dit que je surgis en fendant la terre ; ainsi je devins la fille du roi.

Verse 29

स मां दृष्ट्वा नरपतिर्मुष्टिविक्षेपतत्परः।पांसुकुण्ठितसर्वाङ्गीं जनको विस्मितोऽभवत्।।2.118.29।।

Alors le roi Janaka, tout occupé à jeter des poignées (de semence), me vit le corps entier couvert de poussière, et il fut saisi d’émerveillement.

Verse 30

अनपत्येन च स्नेहादङ्कमारोप्य च स्वयम्।ममेयं तनयेत्युक्त्वा स्नेहो मयि निपातितः।।2.118.30।।

N’ayant pas d’enfant, lui-même, par affection, me prit et me posa sur ses genoux ; disant : «Voici ma fille», il répandit sur moi sa tendresse.

Verse 31

अन्तरिक्षे च वागुक्ताऽप्रतिमाऽमानुषी किल।एवमेतन्नरपते धर्मेण तनया तव।।2.118.31।।

Alors, dans le ciel, une voix se fit entendre, incomparable et non humaine : «Il en est ainsi, ô roi ; selon le dharma, elle est ta fille».

Verse 32

ततः प्रहृष्टो धर्मात्मा पिता मे मिथिलाधिपः।अवाप्तो विपुलां बुद्धिं मामवाप्य नराधिपः।।2.118.32।।

Alors mon père, le juste souverain de Mithilā, fut comblé de joie ; et m’ayant obtenue, le roi acquit une résolution vaste et noble.

Verse 33

दत्ता चास्मीष्टवद्देव्यै ज्येष्ठायै पुण्यकर्मणा।तया सम्भाविता चास्मि स्निग्धया मातृसौहृदात्।।2.118.33।।

Et ce roi aux actes méritoires me confia —tel un don très chéri— à la reine aînée ; et elle, tendre de nature, m’éleva avec une affection maternelle.

Verse 34

पतिसंयोगसुलभं वयो दृष्ट्वा तु मे पिता।चिन्तामभ्यगमद्धीनो वित्तनाशादिवाधनः।।2.118.34।।

Mais lorsque mon père vit que j’avais atteint l’âge propice à l’union, il fut saisi d’inquiétude, tel un pauvre accablé après la perte de ses biens.

Verse 35

सदृशाच्चापकृष्टाच्च लोके कन्यापिता जनात्।प्रधर्षणामवाप्नोति शक्रेणापि समो भुवि।।2.118.35।।

Car en ce monde, le père d’une jeune fille non mariée subit l’humiliation des gens, qu’ils lui soient égaux ou même inférieurs, fût-il sur terre aussi grand qu’Indra.

Verse 36

तां धर्षणामदूरस्थां दृष्ट्वा चात्मनि पार्थिवः।चिन्तार्णवगतः पारं नाससादाप्लवो यथा।।2.118.36।।

Voyant cette humiliation toute proche pour lui-même, le roi s’enfonça dans un océan de soucis, tel un homme sans appui qui ne peut atteindre l’autre rive.

Verse 37

अयोनिजां हि मां ज्ञात्वा नाध्यगच्छद्विचिन्तयन्।सदृशं चानुरूपं च महीपालः पतिं मम।।2.118.37।।

Sachant que je n’étais pas née d’un sein, le roi de la terre, malgré de longues réflexions, ne put trouver pour moi un époux à la fois égal et pleinement digne, conforme à ma nature.

Verse 38

तस्य बुद्धिरियं जाता चिन्तयानस्य सन्ततम्।स्वयंवरं तनूजायाः करिष्यामीति धीमतः।।2.118.38।।

Tandis qu’il méditait sans relâche, cette pensée naquit dans l’esprit du roi sage : «J’organiserai un svayaṁvara pour ma fille».

Verse 39

महायज्ञे तदा तस्य वरुणेन महात्मना।दत्तं धनुर्वरं प्रीत्या तूणी चाक्षयसायकौ।।2.118.39।।

Alors, lors de son grand yajña, le magnanime Varuṇa lui donna avec bienveillance un arc d’exception, ainsi que des carquois et deux flèches inépuisables.

Verse 40

असञ्चाल्यं मनुष्यैश्च यत्नेनापि च गौरवात्।तन्न शक्ता नमयितुं स्वप्नेष्वपि नराधिपाः।।2.118.40।।

Si lourd était cet arc qu’aucun homme ne pouvait même le remuer, fût-ce au prix de grands efforts ; et les rois n’étaient pas capables de le bander, pas même en rêve.

Verse 41

तद्धनुः प्राप्य मे पित्रा व्याहृतं सत्यवादिना।समवाये नरेन्द्राणां पूर्वमामन्त्र्य पार्थिवान्।।2.118.41।।

Lorsque mon père, fidèle à sa parole, eut obtenu cet arc, il convoqua d’abord les rois en assemblée et, là, fit sa proclamation.

Verse 42

इदं च धनुरुद्यम्य सज्यं यः कुरुते नरः।तस्य मे दुहिता भार्या भविष्यति न संशयः।।2.118.42।।

«L’homme qui saura soulever cet arc et y tendre la corde, sans aucun doute, aura ma fille pour épouse.»

Verse 43

तच्च दृष्ट्वा धनुश्श्रेष्ठं गौरवाद्गिरिसन्निभम्। अभिवाद्य नृपा जग्मुरशक्तास्तस्य तोलने।।2.118.43।।

Voyant cet arc excellent, imposant et lourd comme une montagne, les rois, incapables même de le soulever, rendirent hommage et s’en allèrent.

Verse 44

सुदीर्घस्य तु कालस्य राघवोऽयं महाद्युतिः।विश्वामित्रेण सहितो यज्ञं द्रष्टुं समागतः।।2.118.44।।लक्ष्मणेन सह भ्रात्रा राम स्सत्यपराक्रमः।

Après un long temps, arriva ce Rāghava resplendissant—Rāma, dont la vaillance est fondée sur la vérité—avec son frère Lakṣmaṇa et avec Viśvāmitra, afin de voir le sacrifice.

Verse 45

विश्वामित्रस्तु धर्मात्मा मम पित्रा सुपूजितः।।2.118.45।।प्रोवाच पितरं तत्र भ्रातरौ रामलक्ष्मणौ।

Là, le juste Viśvāmitra, dûment honoré par mon père, lui parla de ces deux frères, Rāma et Lakṣmaṇa.

Verse 46

सुतौ दशरथस्येमौ धनुर्दर्शकाङ्क्षिणौ।धनुर्दर्शय रामाय राजपुत्राय दैविकम्।।2.118.46।।

«Ces deux-là sont les fils de Daśaratha, désireux de voir l’arc. Montre à Rāma, le prince, l’arc divin.»

Verse 47

इत्युक्तस्तेन विप्रेण तद्धनुस्समुपानयत्।।2.118.47।।निमेषान्तरमात्रेण तदाऽनम्य महाबलः।ज्यां समारोप्य झडिति पूरयामास वीर्यवान्।।2.118.48।।

Ainsi interpellé par ce sage, mon père apporta l’arc. Alors Rāma, puissant et vaillant, le plia, y posa vivement la corde, puis le banda—en l’espace d’un battement de paupières.

Verse 48

इत्युक्तस्तेन विप्रेण तद्धनुस्समुपानयत्।।2.118.47।।निमेषान्तरमात्रेण तदाऽनम्य महाबलः।ज्यां समारोप्य झडिति पूरयामास वीर्यवान्।।2.118.48।।

Ainsi interpellé par ce sage, mon père apporta l’arc. Alors Rāma, puissant et vaillant, le plia, y posa vivement la corde, puis le banda—en l’espace d’un battement de paupières.

Verse 49

तेन पूरयता वेगान्मध्ये भग्नं द्विधा धनुः।तस्य शब्दो भवद्भीमः पतितस्याशनेरिव।।2.118.49।।

Sous l’élan de sa traction, l’arc se rompit au milieu en deux; et le fracas qui s’éleva fut terrible, tel l’éclair foudroyant qui s’abat.

Verse 50

ततोऽहं तत्र रामाय पित्रा सत्याभिसन्धिना।निश्चिता दातुमुद्यम्य जलभाजनमुत्तमम्।।2.118.50।।

Alors, là, mon père—fermement attaché à la vérité—leva un excellent vase d’eau, résolu à me donner à Rāma.

Verse 51

दीयमानां न तु तदा प्रतिजग्राह राघवः।अविज्ञाय पितुश्छन्दमयोध्याऽधिपतेः प्रभोः।।2.118.51।।

Mais à cet instant, Rāghava ne m’accepta pas alors qu’on m’offrait, ne connaissant pas encore l’intention de son père, le seigneur, roi d’Ayodhyā.

Verse 52

तत श्श्वशुरमामन्त्र्य वृद्धं दशरथं नृपम्।मम पित्रा त्वहं दत्ता रामाय विदितात्मने।।2.118.52।।

Puis, après avoir convié mon beau-père, le roi Daśaratha déjà âgé, mon père me donna à Rāma, dont la sagesse et le discernement étaient reconnus.

Verse 53

मम चैवानुजा साध्वी ऊर्मिला प्रियदर्शना।भार्यार्थे लक्ष्मणस्यापि दत्ता पित्रा मम स्वयम्।।2.118.53।।

Et ma sœur cadette, la vertueuse Urmilā, belle à voir, fut elle aussi donnée par mon père, de son plein gré, pour être l’épouse de Lakṣmaṇa.

Verse 54

एवं दत्ताऽस्मि रामाय तदा तस्मिन्स्वयंवरे।अनुरक्ताऽस्मि धर्मेण पतिं वीर्यवतां वरम्।।2.118.54।।

Ainsi, lors de ce svayaṁvara, je fus donnée à Rāma ; et selon le dharma je demeure dévouée à mon époux, le plus éminent des vaillants.

Frequently Asked Questions

The sarga formalizes a dharma-framework for household life: Sītā articulates unwavering obedience and service to her husband as a normative vow—even hypothetically if the husband lacks good conduct—while also demonstrating restraint and propriety in accepting gifts and narrating her past within a righteous setting.

Patiśuśrūṣā is presented as a central tapas for women in the text’s ethical register, supported by exempla (Sāvitrī, Rohiṇī). The narrative also teaches that legitimacy in marriage and kingship ethics depends on truth-bound procedure and consent (Rāma waits for Daśaratha’s approval).

Cultural institutions include the svayaṃvara and sacrificial ground (the ploughed ritual plot where Sītā emerges). Geographical anchors include Mithilā (Janaka’s realm) and Ayodhyā (Daśaratha’s kingship), with the forest āśrama serving as the dialogic setting for instruction.

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