Adhyaya 77
Bhumi KhandaAdhyaya 77108 Verses

Adhyaya 77

The Account of King Yayāti: Kāmasaras, Rati’s Tears, and the Birth of Aśrubindumatī (within the Mātā–Pitṛ Tīrtha Narrative)

Dans PP.2.77, le roi Yayāti, fils de Nahūṣa, est pris dans l’enchantement de Kāma et se trouve intérieurement submergé par la vieillesse et le désir. En poursuivant un merveilleux cerf d’or à quatre cornes, il est entraîné dans une forêt semblable à Nandana et vers un vaste lac sanctifié nommé Kāmasaras. Une musique céleste le guide jusqu’à une femme rayonnante, attisant davantage sa convoitise. Par le récit de Viśālā, fille de Varuṇa, le chapitre relie ce lac au chagrin de Rati après que Śiva eut réduit Kāma en cendres, puis à la restauration conditionnelle de sa vie par le Seigneur. Des larmes de Rati naissent des afflictions personnifiées—vieillesse, séparation, tristesse, brûlure d’angoisse, évanouissement, langueur d’amour, folie et mort—puis des qualités auspiciantes, jusqu’à l’apparition d’une jeune fille née d’un lotus, Aśrubindumatī. Yayāti désire l’union, mais on lui dit que sa faute est la vieillesse. On lui conseille de transmettre la royauté (et la jeunesse) à un fils, préparant le motif célèbre de l’échange jeunesse/vieillesse comme question de dharma, sous le signe de la puissance du tīrtha et de la causalité morale.

Shlokas

Verse 1

सुकर्मोवाच । कामस्य गीतलास्येन हास्येन ललितेन च । मोहितो राजराजेंद्रो नटरूपेण पिप्पल

Sukarma dit : Envoûté par le chant et la danse gracieuse de Kāma, par son rire et sa charmante espièglerie, le roi des rois fut troublé lorsque Kāma apparut sous l’aspect d’un danseur, près du pippala.

Verse 2

कृत्वा मूत्रं पुरीषं च स राजा नहुषात्मजः । अकृत्वा पादयोः शौचमासने उपविष्टवान्

Après avoir uriné et déféqué, ce roi —fils de Nahusha— s’assit sur le siège sans purifier ses pieds.

Verse 3

तदंतरं तु संप्राप्य संचचार जरा नृपम् । कामेनापि नृपश्रेष्ठ इंद्रकार्यं कृतं हितम्

Après quelque temps, la vieillesse s’approcha et se mit à agir au-dedans du roi. Pourtant, ô meilleur des rois, même par l’entremise de Kāma, l’œuvre salutaire d’Indra fut accomplie.

Verse 4

निवृत्ते नाटके तस्मिन्गतेषु तेषु भूपतिः । जराभिभूतो धर्मात्मा कामसंसक्तमानसः

Quand ce spectacle prit fin et qu’ils s’en furent allés, le roi —bien que juste de nature— fut accablé par la vieillesse, l’esprit enlacé par le désir.

Verse 5

मोहितः काममोहेन विह्वलो विकलेंद्रियः । अतीव मुग्धो धर्मात्मा विषयैश्चापवाहितः

Trompé par l’ivresse du désir, il devint éperdu, les sens défaillants. Bien que juste de nature, il fut entièrement égaré et emporté par les objets des sens.

Verse 6

एकदा तु गतो राजा मृगया व्यसनातुरः । वने च क्रीडते सोपि मोहरागवशं गतः

Un jour, le roi s’en alla, tourmenté par le vice de la chasse; et dans la forêt, lui aussi se divertit, tombé sous l’emprise de l’illusion et de la passion.

Verse 7

सरसं क्रीडमानस्य नृपतेश्च महात्मनः । मृगश्चैकः समायातश्चतुःशृंगो ह्यनौपमः

Tandis que ce roi au grand cœur se jouait dans l’étang limpide, un cerf unique s’approcha, sans pareil, portant quatre cornes.

Verse 8

सर्वांगसुंदरो राजन्हेमरूपतनूरुहः । रत्नज्योतिः सुचित्रांगो दर्शनीयो मनोहरः

Ô Roi, il était beau en chacun de ses membres : son corps et son pelage luisaient comme l’or. Il resplendissait d’un éclat de joyaux, d’une forme finement dessinée, agréable à voir et ravissant l’esprit.

Verse 9

अभ्यधावत्स वेगेन बाणपाणिर्धनुर्द्धरः । इत्यमन्यत मेधावी कोपि दैत्यः समागतः

Il s’élança avec une grande vitesse, la flèche en main et l’arc prêt. Le sage se dit : «Sans doute quelque daitya, un démon, est-il arrivé.»

Verse 10

मृगेण च स तेनापि दूरमाकर्षितो नृपः । गतः सरथवेगेन श्रमेण परिखेदितः

Tiré au loin par ce cerf, le roi s’élança avec toute la fougue de son char; et, brisé par l’effort, il fut accablé de fatigue.

Verse 11

वीक्षमाणस्य तस्यापि मृगश्चांतरधीयत । स पश्यति वनं तत्र नंदंनोपममद्भुतम्

Alors même qu’il continuait de regarder, le cerf disparut à ses yeux. Puis il aperçut là une forêt merveilleuse, prodigieuse, pareille à Nandana lui-même.

Verse 12

चारुवृक्षसमाकीर्णं भूतपंचकशोभितम् । गुरुभिश्चंदनैः पुण्यैः कदलीखंडमंडितैः

Il était rempli de beaux arbres, paré des cinq éléments, et embelli d’agaru sacré et de santal, ainsi que de bosquets de bananiers.

Verse 13

बकुलाशोकपुंनागैर्नालिकेरैश्च तिंदुकैः । पूगीफलैश्च खर्जूरैः कुमुदैः सप्तपर्णकैः

Avec des arbres bakula, aśoka et puṃnāga; avec des cocotiers et des tiṃduka; avec des fruits d’arec et des dattes; avec des lotus blancs et des saptaparṇa.

Verse 14

पुष्पितैः कर्णिकारैश्च नानावृक्षैः सदाफलैः । पुष्पितामोदसंयुक्तैः केतकैः पाटलैस्ततः

Il était orné de karṇikāra en fleurs et de maintes espèces d’arbres toujours féconds; et encore de ketaka et de pāṭala, riches du parfum et de la joie de leurs fleurs.

Verse 15

वीक्षमाणो महाराज ददर्श सर उत्तमम् । पुण्योदकेन संपूर्णं विस्तीर्णं पंचयोजनम्

En regardant autour de lui, ô grand roi, il aperçut un lac excellent, rempli d’eaux sacrées et s’étendant sur cinq yojanas.

Verse 16

हंसकारंडवाकीर्णं जलपक्षिविनादितम् । कमलैश्चापि मुदितं श्वेतोत्पलविराजितम्

Il était rempli de cygnes et de canards kāraṇḍava, retentissant des cris des oiseaux d’eau ; réjoui de lotus et resplendissant de nénuphars blancs.

Verse 17

रक्तोत्पलैः शोभमानं हाटकोत्पलमंडितम् । नीलोत्पलैः प्रकाशितं कल्हारैरतिशोभितम्

Il resplendissait de lotus rouges, orné de lotus d’or ; illuminé par des lotus bleus et merveilleusement embelli par les lys kalhāra.

Verse 18

मत्तैर्मधुकरैश्चपि सर्वत्र परिनादितम् । एवं सर्वगुणोपेतं ददर्श सर उत्तमम्

Partout il retentissait du bourdonnement des abeilles enivrées de miel ; ainsi il vit ce lac excellent, pourvu de toutes qualités et beautés.

Verse 19

पंचयोजनविस्तीर्णं दशयोजनदीर्घकम् । तडागं सर्वतोभद्रं दिव्यभावैरलंकृतम्

Un réservoir (tadāga) fut façonné, large de cinq yojanas et long de dix, faste et beau de tous côtés, orné de qualités divines.

Verse 20

रथवेगेन संखिन्नः किंचिच्छ्रमनिपीडितः । निषसाद तटे तस्य चूतच्छायां सुशीतलाम्

Las, brisé par la vitesse du char et quelque peu accablé de fatigue, il s’assit sur sa rive, sous l’ombre très fraîche d’un manguier.

Verse 21

स्नात्वा पीत्वा जलं शीतं पद्मसौगंध्यवासितम् । सर्वश्रमोपशमनममृतोपममेव तत्

Après s’être baigné et avoir bu cette eau fraîche, imprégnée du parfum des lotus, toute fatigue s’apaise ; vraiment, elle est semblable au nectar.

Verse 22

वृक्षच्छाये ततस्तस्मिन्नुपविष्टेन भूभृता । गीतध्वनिः समाकर्णि गीयमानो यथा तथा

Puis, tandis que le roi était assis à l’ombre d’un arbre, il entendit le son d’un chant, modulé tantôt d’une façon, tantôt d’une autre.

Verse 23

यथा स्त्री गायते दिव्या तथायं श्रूयते ध्वनिः । गीतप्रियो महाराज एव चिंतां परां गतः

Comme chante une femme céleste, ainsi se faisait entendre ce son. Le grand roi, épris de musique, tomba dans une profonde inquiétude.

Verse 24

चिंताकुलस्तु धर्मात्मा यावच्चिंतयते क्षणम् । तावन्नारी वरा काचित्पीनश्रोणी पयोधरा

Tandis que l’homme juste, troublé par l’inquiétude, réfléchissait un instant, en ce même intervalle apparut une femme d’exception, aux hanches larges et à la poitrine pleine.

Verse 25

नृपतेः पश्यतस्तस्य वने तस्मिन्समागता । सर्वाभरणशोभांगी शीललक्षणसंपदा

Tandis que le roi la regardait, elle vint en cette forêt : ses membres rayonnaient de tous les ornements, et elle était comblée des trésors de la bonne conduite et des signes de bon augure.

Verse 26

तस्मिन्वने समायाता नृपतेः पुरतः स्थिता । तामुवाच महाराजः का हि कस्य भविष्यसि

Étant venue dans cette forêt, elle se tint devant le roi. Alors le grand roi lui dit : «Qui es-tu, et de qui seras-tu (épouse ou fille) ?»

Verse 27

किमर्थं हि समायाता तन्मे त्वं कारणं वद । पृष्टा सती तदा तेन न किंचिदपि पिप्पल

«Dans quel but es-tu venue ici ? Dis-moi la raison.» Interrogée ainsi par lui en ce moment-là, Pippalā ne dit absolument rien.

Verse 28

शुभाशुभं च भूपालं प्रत्यवोचद्वरानना । प्रहस्यैव गता शीघ्रं वीणादंडकराऽबला

La dame au beau visage répondit au roi au sujet de ce qui est favorable et défavorable ; puis, dans un rire, la frêle femme—tenant dans sa main le manche d’une vīṇā—s’en alla promptement.

Verse 29

विस्मयेनापि राजेंद्रो महता व्यापितस्तदा । मया संभाषिता चेयं मां न ब्रूते स्म सोत्तरम्

Alors le roi, saisi d’un grand étonnement, bien que je lui eusse adressé la parole, ne me répondit point.

Verse 30

पुनश्चिंतां समापेदे ययातिः पृथिवीपतिः । यो वै मृगो मया दृष्टश्चतुःशृंगः सुवर्णकः

Alors le roi Yayāti, seigneur de la terre, retomba dans une méditation inquiète : «Le cerf que j’ai vu—vraiment—avait quatre cornes et était d’or».

Verse 31

तस्मान्नारी समुद्भूता तत्सत्यं प्रतिभाति मे । मायारूपमिदं सत्यं दानवानां भविष्यति

Ainsi, de cela est née une femme ; et cela, vraiment, m’apparaît comme vérité. Cette réalité, sous la forme de māyā (illusion), s’accomplira pour les Dānavas.

Verse 32

चिंतयित्वा क्षणं राजा ययातिर्नहुषात्मजः । यावच्चिंतयते राजा तावन्नारी महावने

Le roi Yayāti, fils de Nahuṣa, réfléchit un instant. Et tandis que le roi méditait encore, cette femme demeurait dans la grande forêt.

Verse 33

अंतर्धानं गता विप्र प्रहस्य नृपनंदनम् । एतस्मिन्नंतरे गीतं सुस्वरं पुनरेव तत्

Ô brāhmane, après avoir ri du prince, elle disparut à la vue. Dans ce même intervalle, on entendit de nouveau le même chant, au doux timbre.

Verse 34

शुश्रुवे परमं दिव्यं मूर्छनातानसंयुतम् । जगाम सत्वरं राजा यत्र गीतध्वनिर्महान्

Il entendit un son éminemment divin, accompagné de modes mélodiques et de passages musicaux ; et le roi se hâta aussitôt vers le lieu d’où s’élevait cette puissante résonance du chant.

Verse 35

जलांते पुष्करं चैव सहस्रदलमुत्तमम् । तस्योपरि वरा नारी शीलरूपगुणान्विता

Au bord des eaux se trouvait aussi un lotus excellent aux mille pétales. Sur lui se tenait une noble femme, douée de conduite vertueuse, de beauté et de qualités éminentes.

Verse 36

दिव्यलक्षणसंपन्ना दिव्याभरणभूषिता । दिव्यैर्भावैः प्रभात्येका वीणादंडकराविला

Pourvue de marques divines et parée d’ornements célestes, elle seule resplendit d’états sublimes ; sa main glisse sur le manche de la vīṇā.

Verse 37

गायंती सुस्वरं गीतं तालमानलयान्वितम् । तेन गीतप्रभावेण मोहयंती चराचरान्

Elle chantait un chant à la voix suave, pourvu de tāla, māna et laya ; par la seule puissance de cette musique, elle envoûtait tous les êtres, mobiles et immobiles.

Verse 38

देवान्मुनिगणान्सर्वान्दैत्यान्गंधर्वकिन्नरान् । तां दृष्ट्वा स विशालाक्षीं रूपतेजोपशालिनीम्

Il vit tous les dieux, les assemblées de sages, les Daityas, les Gandharvas et les Kinnaras ; et, voyant cette dame aux grands yeux, pleine de beauté et d’éclat, il fut saisi d’émerveillement.

Verse 39

संसारे नास्ति चैवान्या नारीदृशी चराचरे । पुरा नटो जरायुक्तो नृपतेः कायमेव हि

Dans tout l’univers, parmi les êtres mobiles et immobiles, il n’est point d’autre femme semblable à elle. Jadis, en vérité, l’acteur chargé de vieillesse n’était que le corps même du roi, une simple apparence incarnée.

Verse 40

संचारितो महाकामस्तदासौ प्रकटोभवत् । घृतं स्पृष्ट्वा यथा वह्नी रश्मिवान्संप्रजायते

Quand ce grand désir fut éveillé, il se manifesta aussitôt—tel le feu qui, touchant le ghee, s’embrase en flammes éclatantes.

Verse 41

तां च दृष्ट्वा तथा कामस्तत्कायात्प्रकटोऽभवत् । मन्मथाविष्टचित्तोसौ तां दृष्ट्वा चारुलोचनाम्

Et en la voyant, le désir (Kāma) se manifesta aussitôt de son propre corps. L’esprit saisi par Manmatha, il fixa cette femme aux beaux yeux.

Verse 42

ईदृग्रूपा न दृष्टा मे युवती विश्वमोहिनी । चिंतयित्वा क्षणं राजा कामसंसक्तमानसः

«Jamais je n’ai vu une jeune femme d’une telle beauté, qui ensorcelle l’univers entier.» Songeant un instant, le roi—l’esprit enlacé par le désir—(agit/parla).

Verse 43

तस्याः सविरहेणापि लुब्धोभून्नृपतिस्तदा । कामाग्निना दह्यमानः कामज्वरेणपीडितः

Même séparé d’elle, le roi fut alors dévoré par l’avidité du désir—brûlant dans le feu de Kāma et tourmenté par la fièvre de la passion.

Verse 44

कथं स्यान्मम चैवेयं कथं भावो भविष्यति । यदा मां गूहते बाला पद्मास्या पद्मलोचना

Comment pourrait-elle être à moi, et comment un tel élan naîtrait-il, lorsque cette jeune fille—au visage de lotus, aux yeux de lotus—m’enlace dans ses bras ?

Verse 45

यदीयं प्राप्यते तर्हि सफलं जीवितं भवेत् । एवं विचिंत्य धर्मात्मा ययातिः पृथिवीपतिः

«Si cela est obtenu, alors la vie deviendra vraiment féconde.» Ainsi réfléchissant, le roi juste Yayāti, seigneur de la terre, prit sa décision.

Verse 46

तामुवाच वरारोहां का त्वं कस्यापि वा शुभे । पूर्वं दृष्टा तु या नारी सा दृष्टा पुनरेव च

Il dit à cette dame au noble maintien : «Ô bienheureuse, qui es-tu, et à qui appartiens-tu ? La femme vue auparavant est de nouveau apparue».

Verse 47

तां पप्रच्छ स धर्मात्मा का चेयं तव पार्श्वगा । सर्वं कथय कल्याणि अहं हि नहुषात्मजः

Cet homme juste l’interrogea : «Qui est cette femme qui se tient à tes côtés ? Ô bienheureuse, dis-moi tout, car je suis le fils de Nahuṣa».

Verse 48

सोमवंशप्रसूतोहं सप्तद्वीपाधिपः शुभे । ययातिर्नाम मे देवि ख्यातोहं भुवनत्रये

Ô bienheureuse, je suis né de la dynastie lunaire (Somavaṃśa) et je suis le souverain des sept dvīpas. Ô Devī, mon nom est Yayāti, et je suis renommé dans les trois mondes.

Verse 49

तव संगमने चेतो भावमेवं प्रवांछते । देहि मे संगमं भद्रे कुरु सुप्रियमेव हि

Mon cœur aspire ainsi à l’union avec toi. Accorde-moi cette rencontre, ô bienheureuse, et fais ce qui est vraiment le plus agréable.

Verse 50

यं यं हि वांछसे भद्रे तद्ददामि न संशयः । दुर्जयेनापि कामेन हतोहं वरवर्णिनि

Tout ce que tu désires, ô douce dame, je te l’accorderai—sans nul doute. Même le désir, si difficile à vaincre, m’a terrassé, ô toi au teint radieux.

Verse 51

तस्मात्त्राहि सुदीनं मां प्रपन्नं शरणं तव । राज्यं च सकलामुर्वीं शरीरमपि चात्मनः

C’est pourquoi protège-moi—malheureux et accablé—moi qui me suis abandonné et ai pris refuge en toi. Je t’offre mon royaume, la terre entière, et même mon corps et mon être.

Verse 52

संगमे तव दास्यामि त्रैलोक्यमिदमेव ते । तस्य राज्ञो वचः श्रुत्वा सा स्त्री पद्मनिभानना

«Lors de notre union, je te donnerai ce triple monde même.» Entendant les paroles du roi, cette femme au visage pareil au lotus en fut émue.

Verse 53

विशालां स्वसखीं प्राह ब्रूहि राजानमागतम् । नाम चोत्पत्तिस्थानं च पितरं मातरं शुभे

Elle dit à son amie Viśālā : «Parle-moi du roi qui est arrivé : son nom, son lieu d’origine, et, ô bienheureuse, son père et sa mère aussi».

Verse 54

ममापि भावमेकाग्रमस्याग्रे च निवेदय । तस्याश्च वांछितं ज्ञात्वा विशाला भूपतिं तदा

«Expose-lui aussi mon intention, tout entière concentrée.» Et Viśālā, ayant compris ce qu’elle désirait, s’adressa alors au roi et agit en conséquence.

Verse 55

उवाच मधुरालापैः श्रूयतां नृपनंदन । विशालोवाच । काम एष पुरा दग्धो देवदेवेन शंभुना

Il parla d’une voix aux paroles suaves : « Écoute, ô fils de roi ». Viśāla dit : « Ce Kāma fut jadis réduit en cendres par Śambhu, le Dieu des dieux ».

Verse 56

रुरोद सा रतिर्दुःखाद्भर्त्राहीनापि सुस्वरम् । अस्मिन्सरसि राजेंद्र सा रतिर्न्यवसत्तदा

Rati, bien que privée de son époux, pleura dans sa douleur d’une voix douce. Ô roi des rois, c’est alors que Rati établit sa demeure dans ce lac.

Verse 57

तस्य प्रलापमेवं सा सुस्वरं करुणान्वितम् । समाकर्ण्य ततो देवाः कृपया परयान्विताः

Entendant sa plainte pour lui—d’une voix douce et toute de compassion—les dieux furent émus, remplis de la plus haute pitié.

Verse 58

संजाता राजराजेंद्र शंकरं वाक्यमब्रुवन् । जीवयस्व महादेव पुनरेव मनोभवम्

Alors elle se leva et adressa ces paroles à Śaṅkara : « Ô Mahādeva, rends de nouveau la vie à Manobhava ».

Verse 59

वराकीयं महाभाग भर्तृहीना हि कीदृशी । कामेनापि समायुक्तामस्मत्स्नेहात्कुरुष्व हि

« Ô bienheureux, que peut faire cette pauvre femme, privée d’époux ? Même si elle demeure liée au désir, fais-le par affection pour moi, certes ».

Verse 60

तच्छ्रुत्वा च वचः प्राह जीवयामि मनोभवम् । कायेनापि विहीनोयं पंचबाणो मनोभवः

Ayant entendu ces paroles, il répondit : « Je rendrai la vie à Manobhava. Bien que privé de corps, ce Manobhava, armé de cinq flèches, demeure encore. »

Verse 61

भविष्यति न संदेहो माधवस्य सखा पुनः । दिव्येनापि शरीरेण वर्तयिष्यति नान्यथा

Il n’y a nul doute : il redeviendra le compagnon de Mādhava. Même avec un corps divin, il vivra uniquement de cette manière, et non autrement.

Verse 62

महादेवप्रसादाच्च मीनकेतुः स जीवितः । आशीर्भिरभिनंद्यैवं देव्याः कामं नरोत्तम

Par la grâce de Mahādeva, ce Mīnaketu demeura en vie. Ainsi, accueillant et célébrant les bénédictions de la Déesse, le meilleur des hommes accomplit son désir.

Verse 63

गच्छ काम प्रवर्तस्व प्रियया सह नित्यशः । एवमाह महातेजाः स्थितिसंहारकारकः

« Va, ô Kāma ; poursuis ton œuvre, toujours avec ta bien-aimée. » Ainsi parla le Très-Rayonnant, l’ordonnateur de la conservation et de la dissolution.

Verse 64

पुनः कामः सरःप्राप्तो यत्रास्ते दुःखिता रतिः । इदं कामसरो राजन्रतिरत्र सुसंस्थिता

De nouveau Kāma parvint au lac où Rati demeurait assise dans la douleur. « Ceci, dit-il, est le lac nommé Kāmasaras, ô roi ; ici Rati demeure établie en paix. »

Verse 65

दग्धे सति महाभागे मन्मथे दुःखधर्षिता । रत्याः कोपात्समुत्पन्नः पावको दारुणाकृतिः

Lorsque l’illustre Manmatha eut été consumé, Rati—accablée de chagrin—fit naître, par sa colère, un feu d’aspect effroyable.

Verse 66

अतीवदग्धा तेनापि सा रतिर्मोहमूर्छिता । अश्रुपातं मुमोचाथ भर्तृहीना नरोत्तम

Même ainsi, Rati fut brûlée à l’excès et, défaillant dans l’égarement, elle éclata en sanglots, privée de son époux, ô meilleur des hommes.

Verse 67

नेत्राभ्यां हि जले तस्याः पतिता अश्रुबिंदवः । तेभ्यो जातो महाशोकः सर्वसौख्यप्रणाशकः

Vraiment, de ses yeux tombèrent des gouttes de larmes dans l’eau ; d’elles naquit une grande affliction qui anéantit toute joie.

Verse 68

जरा पश्चात्समुत्पन्ना अश्रुभ्यो नृपसत्तम । वियोगो नाम दुर्मेधास्तेभ्यो जज्ञे प्रणाशकः

Ô meilleur des rois, ensuite la vieillesse naquit des larmes ; et d’elles vint au monde un destructeur nommé «Séparation», force misérable et obtuse.

Verse 69

दुःखसंतापकौ चोभौ जज्ञाते दारुणौ तदा । मूर्छा नाम ततो जज्ञे दारुणा सुखनाशिनी

Alors naquirent deux puissances terribles : la Douleur et l’Ardente Angoisse. Après elles naquit celle qu’on nomme Défaillance (Mūrcchā), farouche, destructrice de la joie.

Verse 70

शोकाज्जज्ञे महाराज कामज्वरोथ विभ्रमः । प्रलापो विह्वलश्चैव उन्मादो मृत्युरेव च

De la douleur, ô grand roi, naquirent la fièvre d’amour, puis la confusion ; le délire des paroles et l’agitation impuissante, puis la folie—et même la mort elle-même.

Verse 71

तस्याश्च अश्रुबिंदुभ्यो जज्ञिरे विश्वनाशकाः । रत्याः पार्श्वे समुत्पन्नाः सर्वे तापांगधारिणः

De ses gouttes de larmes naquirent des êtres destructeurs du monde ; apparus auprès de Ratī, tous portaient sur leurs corps les marques de la souffrance.

Verse 72

मूर्तिमंतो महाराज सद्भावगुणसंयुताः । काम एष समायातः केनाप्युक्तं तदा नृप

Ô grand roi, pourvu d’une noble nature et de vertus, ce Kāma est apparu en forme incarnée—appelé par quelqu’un en ce temps-là, ô souverain.

Verse 73

महानंदेन संयुक्ता दृष्ट्वा कामं समागतम् । नेत्राभ्यामश्रुपूर्णाभ्यां पतिता अश्रुबिन्दवः

Saisie d’une grande joie, voyant Kāma arriver, des larmes—emplissant ses deux yeux—tombèrent en gouttes.

Verse 74

अप्सु मध्ये महाराज चापल्याज्जज्ञिरे प्रजाः । प्रीतिर्नाम तदा जज्ञे ख्यातिर्लज्जा नरोत्तम

Ô grand roi, au sein des eaux, des êtres naquirent de la légèreté changeante. Alors naquit celle qu’on nomma Prīti (Affection), ainsi que Khayāti (Renommée) et Lajjā (Pudeur), ô le meilleur des hommes.

Verse 75

तेभ्यो जज्ञे महानंद शांतिश्चान्या नृपोत्तम । जज्ञाते द्वे शुभे कन्ये सुखसंभोगदायिके

D’eux naquirent Mahānanda et une autre nommée Śānti, ô le meilleur des rois. Deux filles de bon augure naquirent aussi, dispensatrices de joie et de douce félicité.

Verse 76

लीलाक्रीडा मनोभाव संयोगस्तु महान्नृप । रत्यास्तु वामनेत्राद्वै आनंदादश्रुबिंदवः

Ô grand roi, leurs jeux gracieux et l’union de leurs cœurs furent profonds. De l’œil gauche de Rati, en vérité, jaillirent des larmes nées de la béatitude.

Verse 77

जलांते पतिता राजंस्तस्माज्जज्ञे सुपंकजम् । तस्मात्सुपंकजाज्जाता इयं नारी वरानना

Ô roi, lorsqu’elle tomba au bord des eaux, de là surgit un lotus splendide ; et de ce lotus splendide naquit cette femme au visage gracieux.

Verse 78

अश्रुबिंदुमती नाम रतिपुत्री नरोत्तम । तस्याः प्रीत्या सुखं कृत्वा नित्यं वर्त्ते समीपगा

Ô le meilleur des hommes, il y avait une femme nommée Aśrubindumatī, fille de Rati. Par amour pour elle, elle demeurait sans cesse tout près, lui donnant réconfort et joie.

Verse 79

सखीभावस्वभावेन संहृष्टा सर्वदा शुभा । विशाला नाम मे ख्यातं वरुणस्य सुता नृप

Par nature, tendre en amitié, toujours réjouie et de bon augure : je la connais sous le nom de Viśālā, ô roi, fille de Varuṇa.

Verse 80

अस्याश्चांते प्रवर्तामि स्नेहात्स्निग्धास्मि सर्वदा । एतत्ते सर्वमाख्यातमस्याश्चात्मन एव ते

Par affection, je demeure dévoué à elle jusqu’à la fin ; je lui suis toujours tendrement attaché. Je t’ai maintenant tout exposé—oui, tout ce qui relève de son être même.

Verse 81

तपश्चचार राजेंद्र पतिकामा वरानना । राजोवाच । सर्वमेव त्वयाख्यातं मया ज्ञातं शुभे शृणु

Ô roi, la femme au beau visage, désirant un époux, accomplit des austérités. Le roi dit : «Tout ce que tu as expliqué, je l’ai compris ; ô bienheureuse, écoute maintenant».

Verse 82

मामेवं हि भजत्वेषा रतिपुत्री वरानना । यमेषा वांछते बाला तत्सर्वं तु ददाम्यहम्

«Que cette belle fille de Rati m’honore en ce même rite ; tout ce que désire cette jeune fille, je le lui accorderai assurément».

Verse 83

तथा कुरुष्व कल्याणि यथा मे वश्यतां व्रजेत् । विशालोवाच । अस्या व्रतं प्रवक्ष्यामि तदाकर्णय भूपते

«Fais ainsi, ô bienheureuse, afin qu’il vienne sous mon pouvoir». Viśāla dit : «Je vais exposer son vœu ; écoute-le, ô roi».

Verse 84

पुरुषं यौवनोपेतं सर्वज्ञं वीरलक्षणम् । देवराजसमं राजन्धर्माचारसमन्वितम्

«(C’est) un homme pourvu de jeunesse, omniscient, portant les marques d’un héros—égal au roi des dieux, ô roi—et doté d’une conduite droite et d’observances conformes au dharma».

Verse 85

तेजस्विनं महाप्राज्ञं दातारं यज्विनां वरम् । गुणानां धर्मभावस्य ज्ञातारं पुण्यभाजनम्

Rayonnant, d’une grande sagesse, généreux donateur, le meilleur parmi ceux qui accomplissent le yajña—connaisseur des vertus et de l’esprit du dharma, digne réceptacle du mérite.

Verse 86

लोक इंद्रसमं राजन्सुयज्ञैर्धर्मतत्परम् । सर्वैश्वर्यसमोपेतं नारायणमिवापरम्

Ô Roi, aux yeux du monde il était l’égal d’Indra : voué au dharma par de nobles yajñas, comblé de toute prospérité, tel un autre Nārāyaṇa.

Verse 87

देवानां सुप्रियं नित्यं ब्राह्मणानामतिप्रियम् । ब्रह्मण्यं वेदतत्त्वज्ञं त्रैलोक्ये ख्यातविक्रमम्

Toujours cher aux devas, infiniment aimé des brāhmaṇas; dévoué à Brahman et aux brāhmaṇas, connaisseur du vrai sens des Vedas, et renommé dans les trois mondes pour sa vaillance.

Verse 88

एवंगुणैः समुपेतं त्रैलोक्येन प्रपूजितम् । सुमतिं सुप्रियं कांतं मनसा वरमीप्सति

Ainsi pourvu de telles vertus et honoré dans les trois mondes, en son cœur elle désire un don : un être sage, chéri et plein de charme.

Verse 89

ययातिरुवाच । एवं गुणैः समुपेतं विद्धि मामिह चागतम् । अस्यानुरूपो भर्त्ताहं सृष्टो धात्रा न संशयः

Yayāti dit : Sache que je suis venu ici pourvu de ces mêmes qualités. Sans nul doute, le Créateur m’a façonné comme l’époux qui lui convient.

Verse 90

विशालोवाच । भवंतं पुण्यसंवृद्धं जाने राजञ्जगत्त्रये । पूर्वोक्ता ये गुणाः सर्वे मयोक्ताः संति ते त्वयि

Viśāla dit : Ô roi, je sais que tu es abondamment comblé de mérite à travers les trois mondes. Toutes les vertus que j’ai jadis énoncées se trouvent véritablement en toi.

Verse 91

एकेनापि च दोषेण त्वामेषा हि न मन्यते । एष मे संशयो जातो भवान्विष्णुमयो नृप

Même à cause d’une seule faute, elle ne t’agrée pas. Un doute s’est levé en moi, ô roi : es-tu pénétré de la nature de Viṣṇu (viṣṇu-maya) ?

Verse 92

ययातिरुवाच । समाचक्ष्व महादोषं यमेषा नानुमन्यते । तत्त्वेन चारुसर्वांगी प्रसादसुमुखी भव

Yayāti dit : «Expose-moi clairement la grande faute que cette femme belle et bien proportionnée n’approuve pas. Parle selon la vérité, et deviens paisible, le visage adouci par la grâce.»

Verse 93

विशालोवाच । आत्मदोषं न जानासि कस्मात्त्वं जगतीपते । जरया व्याप्तकायस्त्वमनेनेयं न मन्यते

Viśāla dit : «Pourquoi, ô seigneur du monde, ne reconnais-tu pas ta propre faute ? Ton corps est envahi par la vieillesse ; c’est pourquoi elle ne t’agrée pas.»

Verse 94

एवं श्रुत्वा महद्वाक्यमप्रियं जगतीपतिः । दुःखेन महताविष्टस्तामुवाच पुनर्नृपः

Ayant ainsi entendu ces paroles lourdes, pénibles à entendre, le seigneur de la terre, accablé d’une grande douleur, lui adressa de nouveau la parole.

Verse 95

जरादोषो न मे भद्रे संसर्गात्कस्यचित्कदा । समुद्भूतं ममांगे वै तं न जाने जरागमम्

Ô douce dame, jamais la tache de la vieillesse n’est née en moi par fréquentation de quiconque. Et pourtant, bien qu’elle se soit montrée dans mon corps, j’ignore comment est survenue cette venue de l’âge.

Verse 96

यं यं हि वांछते चैषा त्रैलोक्ये दुर्लभं शुभे । तमस्यै दातुकामोहं व्रियतां वर उत्तमः

Ô dame de bon augure, tout ce qu’elle désire—fût-ce chose rare dans les trois mondes—je suis prêt à le lui accorder. Qu’on choisisse donc la grâce la plus haute.

Verse 97

विशालोवाच । जराहीनो यदा स्यास्त्वं तदा ते सुप्रिया भवेत् । एतद्विनिश्चितं राजन्सत्यं सत्यं वदाम्यहम्

Viśāla dit : «Quand tu seras délivré de la vieillesse, alors elle te sera la plus chère. Cela est arrêté sans doute, ô roi ; je dis vrai, oui, vrai.»

Verse 98

श्रुतिरेवं वदेद्राजन्पुत्रे भ्रातरि भृत्यके । जरा संक्राम्यते यस्य तस्यांगे परिसंचरेत्

Ô roi, telle est la parole de la Śruti : qu’il s’agisse d’un fils, d’un frère ou même d’un serviteur, la vieillesse passe à celui à qui elle est destinée ; elle circule dans les membres de son corps.

Verse 99

तारुण्यं तस्य वै गृह्य तस्मै दत्वा जरां पुनः । उभयोः प्रीतिसंवादः सुरुच्या जायते शुभः

En lui prenant sa jeunesse et en lui rendant de nouveau la vieillesse, Surucī fait naître entre eux deux un échange heureux, empreint d’affection et de bienveillance.

Verse 100

यथात्मदानपुण्यस्य कृपया यो ददाति च । फलं राजन्हि तत्तस्य जायते नात्र संशयः

Ô roi, quiconque donne avec compassion obtient le même fruit que le mérite du don de soi ; il n’y a là aucun doute.

Verse 101

दुःखेनोपार्जितं पुण्यमन्यस्मै हि प्रदीयते । सुपुण्यं तद्भवेत्तस्य पुण्यस्य फलमश्नुते

Le mérite acquis dans la peine, lorsqu’il est offert à autrui, devient un grand mérite pour celui-ci ; et il en goûte le fruit.

Verse 102

पुत्राय दीयतां राजंस्तस्मात्तारुण्यमेव च । प्रगृह्यैव समागच्छ सुंदरत्वेन भूपते

Ainsi donc, ô roi, remets le royaume à ton fils, et la jeunesse aussi. L’ayant saisi, reviens aussitôt, ô seigneur de la terre, paré de beauté.

Verse 103

यदा त्वमिच्छसे भोक्तुं तदा त्वं कुरुभूपते । एवमाभाष्य सा भूपं विशाला विरराम ह

«Quand tu voudras manger, ô roi des Kuru, alors tu le pourras.» Ayant ainsi parlé au roi, Viśālā se tut.

Verse 104

सुकर्मोवाच । एवमाकर्ण्य राजेंद्रो विशालामवदत्तदा । राजोवाच । एवमस्तु महाभागे करिष्ये वचनं तव

Sukarma dit : Ayant entendu cela, le roi des rois s’adressa alors à Viśālā. Le roi dit : «Qu’il en soit ainsi, ô noble dame ; j’accomplirai ta parole.»

Verse 105

कामासक्तः समूढस्तु ययातिः पृथिवीपतिः । गृहं गत्वा समाहूय सुतान्वाक्यमुवाच ह

Le roi Yayāti, seigneur de la terre—égaré et attaché aux plaisirs des sens—rentra chez lui, fit appeler ses fils et leur adressa ces paroles.

Verse 106

तुरुं पूरुं कुरुं राजा यदुं च पितृवत्सलम् । कुरुध्वं पुत्रकाः सौख्यं यूयं हि मम शासनात्

Le roi dit : «Faites prospérer Turu, Pūru, Kuru et Yadu, si dévoué à son père. Mes fils, assurez votre bien-être, car vous agissez selon mon ordre.»

Verse 107

पुत्रा ऊचुः । पितृवाक्यं प्रकर्तव्यं पुत्रैश्चापि शुभाशुभम् । उच्यतां तात तच्छीघ्रं कृतं विद्धि न संशयः

Les fils dirent : «La parole du père doit être accomplie par les fils, qu’elle mène au bien ou au mal. Dis-nous vite, père bien-aimé, ce que c’est ; tiens-le pour fait, sans aucun doute.»

Verse 108

एवमाकर्ण्यतद्वाक्यं पुत्राणां पृथिवीपतिः । आचचक्षे पुनस्तेषु हर्षेणाकुलमानसः

Entendant ces paroles de ses fils, le seigneur de la terre leur parla de nouveau, l’esprit ému et troublé par la joie.