
Sanaka enseigne un vœu sacré centré sur l’érection et la protection du dhvaja (étendard) cérémoniel du Seigneur Viṣṇu, le proclamant rite destructeur de péchés, au mérite égal ou supérieur aux dons illustres et aux actes accomplis dans les tīrtha. L’observance commence à Kārtika śukla-daśamī par la purification du corps et la discipline, puis vient la retenue d’ekādaśī et le souvenir constant de Nārāyaṇa. Avec des brāhmaṇa, on organise le svasti-vācana et l’on accomplit le nāndī-śrāddha; ensuite on consacre l’étendard et son mât par le Gāyatrī, et l’on adore Sūrya, Garuḍa (Vainateya) et la Lune; Dhātā et Vidhātā sont honorés sur le mât. Un feu rituel de type gṛhya est établi et 108 oblations de pāyasa sont offertes avec le Puruṣa-sūkta, des stotra de Viṣṇu, Irāvatī, ainsi que des offrandes spécifiques à Garuḍa et des hymnes solaires/d’apaisement, le tout s’achevant par une veille nocturne près de Hari. Au son de la musique et des stotra, l’étendard est porté et dressé à la porte ou au sommet du temple; Viṣṇu est vénéré et un long stotra est récité. Le rite se conclut en honorant les brāhmaṇa et le guru, en nourrissant, en accomplissant le pāraṇa, et par une phalaśruti promettant une rapide destruction des fautes, le sārūpya durant des milliers de yuga tant que l’étendard demeure, et un bienfait même pour ceux qui ne font que le voir et s’en réjouir.
Verse 1
सनक उवाच । अन्यद्व्रतं प्रवक्ष्यामि ध्वजारोपणसंज्ञितम् । सर्वपापहरं पुण्यं विष्णुप्रीणनकारणम् ॥ १ ॥
Sanaka dit : Je vais maintenant enseigner un autre vœu sacré, appelé l’érection de l’étendard. C’est un rite méritoire qui enlève tous les péchés et devient cause de réjouir le Seigneur Viṣṇu.
Verse 2
यः कुर्याद्विष्णुभवने ध्वजारोपणमुत्तमम् । संपूज्यते विग्निञ्च्याद्यैः किमन्यैर्बहुभाषितैः ॥ २ ॥
Quiconque accomplit l’excellent rite d’élever un drapeau dans le temple de Viṣṇu est honoré et vénéré même par Vighneśa (Gaṇeśa) et d’autres êtres divins ; à quoi bon s’étendre davantage ?
Verse 3
हेमभारसहस्त्रं तु यो ददाति कुटुम्बिने । तत्फलं तुल्यमात्रं स्याद्धूजारोपणकर्मणः ॥ ३ ॥
Quand bien même quelqu’un donnerait mille charges d’or à un maître de maison, le mérite acquis n’est qu’égal au fruit du rite consistant à planter la dhūjā, plante ou arbre sacré.
Verse 4
ध्वजारोपणतुल्यं स्याद्गङ्गास्नानमनुत्तमम् । अथवा तुलसिसेवा शिवलिङ्गप्रपूजनम् ॥ ४ ॥
Le bain, incomparable, dans la Gaṅgā est dit égal à l’érection de l’étendard sacré pour le culte. Ou bien, le service rendu à Tulasī et l’adoration accomplie du Śiva-liṅga confèrent un mérite semblable.
Verse 5
अहोऽपूर्वमहोऽपूर्वमहोऽपूर्वमिदं द्विज । सर्वपाप हरं कर्म ध्वजागोपणसंज्ञितम् ॥ ५ ॥
Ô merveille—merveille—vraiment merveilleuse est cette chose, ô deux-fois-né ! Cet acte, nommé « Dhvajāgopaṇa » (le rite de sauvegarde de l’étendard sacré), anéantit tous les péchés.
Verse 6
सन्ति वै यानि कार्याणि ध्वजारोपणकर्मणि । तानि सर्वाणि वक्ष्यामि श्रृणुष्व गदतो मम ॥ ६ ॥
Tous les actes prescrits dans le rite d’érection de l’étendard sacré, je les dirai sans en omettre aucun. Écoute tandis que je parle.
Verse 7
कार्तिकस्य सिते पक्षे दशम्यां प्रयतो नरः । स्नानं कुर्यात्प्रयत्नेन दन्तधावनपूर्वकम् ॥ ७ ॥
Au dixième jour lunaire (Daśamī) de la quinzaine claire de Kārtika, l’homme recueilli doit accomplir avec soin le bain rituel, en commençant d’abord par le nettoyage des dents.
Verse 8
एकाशी ब्रह्मचारी च स्वपेन्नारायणं स्मरन् । धौताम्बरधरः शुद्धो विप्रो नारायणाग्रतः ॥ ८ ॥
Observant l’Ekādaśī et gardant le brahmacarya, se souvenant de Nārāyaṇa même dans le sommeil, le brāhmane purifié—vêtu d’habits propres et lavés—doit demeurer en présence de Nārāyaṇa.
Verse 9
ततः प्रातः समुत्थाय स्नात्वाचम्य यथाविधि । नित्यकर्माणि निर्वर्त्य पश्चाद्विष्णुं समर्चयेत् ॥ ९ ॥
Ensuite, se levantant de bon matin, qu’il se baigne et accomplisse l’ācamana selon la règle prescrite; après avoir achevé les devoirs quotidiens, qu’il adore alors le Seigneur Viṣṇu avec entière révérence.
Verse 10
चतुर्भिर्ब्राह्मणैः सार्ध्दं कृत्वा च स्वस्तिवाचनम् । नान्दीश्राद्धं प्रकुर्वीत ध्वजारोपणकर्मणि ॥ १० ॥
Avec quatre brāhmaṇas, après avoir d’abord fait réciter le svasti-vācana, qu’il accomplisse le Nāndī-śrāddha à l’occasion du rite d’élévation de l’étendard (dhvaja-āropaṇa).
Verse 11
ध्वजस्तम्भो च गायत्र्या प्रोक्षयेद्वस्त्रसंयुतौ । सूर्यं च वैनतेयं च हिमांशुं तत्परोऽर्चयेत् ॥ ११ ॥
Qu’il asperge de l’eau de consécration l’étendard et le mât, avec leurs étoffes, en récitant la Gāyatrī. Puis, d’une bhakti recueillie, qu’il adore Sūrya, Vainateya (Garuḍa) et Himāṃśu (la Lune).
Verse 12
धातारं च विधातारं पूजयेद्धजदण्डके । हरिद्राक्षतगन्धाद्यैः शुक्लपुष्पैर्विशेषतः ॥ १२ ॥
Sur le dhvaja-daṇḍa (hampe de l’étendard), qu’il honore Dhātā et Vidhātā en offrant curcuma, akṣata (riz intact), parfums et autres offrandes, et tout particulièrement des fleurs blanches.
Verse 13
ततो गोचर्ममात्रघं तु स्थण्डिलं चोपलिप्य वै । आधायान्गिं स्वगृह्योत्त्या ह्याज्यभागादिकं क्रमात् ॥ १३ ॥
Ensuite, après avoir enduit le sthaṇḍila, l’aire rituelle de la taille d’une peau de vache, qu’on établisse le feu sacré selon les prescriptions de sa propre tradition Gṛhya; puis, dans l’ordre convenable, qu’on accomplisse les offrandes de ghee et les autres parts prescrites.
Verse 14
जुहुयात्पायसं चैव साज्यमष्टोत्तरं शतम् । प्रथमं पौरुषं सूक्तं विष्णोर्नुकमिरावतीम् ॥ १४ ॥
Qu’on verse dans le feu sacré du pāyasa (riz au lait) mêlé de ghee, en tout cent huit oblations; et d’abord qu’on récite le Puruṣa-sūkta, avec des hymnes de louange à Viṣṇu et l’hymne nommé Irāvatī.
Verse 15
ततश्च वैनतेयाय स्वाहेत्यष्टाहुतीस्तथा । सोमो धेनुमुदुत्यं च जुहुयाच्च ततो द्विज ॥ १५ ॥
Ensuite, s’adressant à Vainateya (Garuḍa) avec l’exclamation «svāhā», qu’on offre huit oblations; puis, ô dvija, qu’on fasse aussi des offrandes avec les mantras «Somo dhenuḥ» et «Udutyaṃ».
Verse 16
सौरमन्त्राञ्जपेत्तत्र शान्तिसूत्कानि शक्तितः । रात्रौ जागरणं कुर्यादुपकण्ठं हरेः शुचुः ॥ १६ ॥
Là, qu’on répète en japa les mantras Saura (solaires) et, selon sa force, qu’on récite les Śānti-sūktas, hymnes d’apaisement. La nuit, purifié, qu’on veille, demeurant tout près de la présence de Hari (Viṣṇu).
Verse 17
ततः प्रातः समुत्थाय नित्यकर्म समाप्य च । गन्धपुष्पादिभिर्देवमर्चयेत्पूर्ववत्क्रमात् ॥ १७ ॥
Puis, au matin, s’étant levé et ayant achevé les rites quotidiens obligatoires, qu’on adore le Seigneur, comme il a été prescrit auparavant et selon l’ordre, avec des offrandes de parfums, de fleurs et autres.
Verse 18
ततो मङ्गलवाद्यैश्च सूक्तपाठैश्च शौभनम् । नृत्यैश्च रतोत्रपठनैर्नयेद्विष्णवालये ध्वजम् ॥ १८ ॥
Ensuite, au son des instruments de bon augure, par la récitation des sūkta sacrés, dans une célébration splendide, avec des danses et le chant de stotra de louange, on doit porter l’étendard (dhvaja) jusqu’au temple de Viṣṇu.
Verse 19
देवस्य द्वारदेशे वा शिखरे वा मुदान्वितः । सुस्थिरं स्थापयेद्विप्र ध्वजं सस्तम्भसंयुतम् ॥ १९ ॥
Ô brāhmane, l’esprit joyeux et révérencieux, qu’on fixe solidement le drapeau du temple—avec son mât—soit près du portail du sanctuaire du Deva, soit au sommet (du temple).
Verse 20
गन्धपुष्पाघक्षतैर्द्देवं धूपदीपैर्मनोहरैः । भक्षयभोज्यादिसंयुक्तैर्नैवेद्यैश्च हरिं यजेत् ॥ २० ॥
Qu’on adore le Seigneur Hari avec des parfums, des fleurs et l’akṣata (grains intacts), avec de l’encens et des lampes charmantes, et aussi avec le naivedya (offrande de nourriture) comprenant des douceurs et d’autres mets dignes d’être consommés.
Verse 21
एवं देवालये स्थाप्य शोभनं ध्वजमुत्तमम् । प्रदक्षिणमनुव्रज्य स्तोत्रमेतदुदूरयेत् ॥ २१ ॥
Ainsi, après avoir dressé dans le temple l’étendard splendide et excellent, qu’on accomplisse la pradakṣiṇa (circumambulation) et qu’on récite à haute voix cet hymne.
Verse 22
नमस्ते पुण्डरीकाक्ष नमस्ते विश्वभावन । नमस्तेऽस्तु हृषीकेश महापुरुष पूर्वज ॥ २२ ॥
Hommage à Toi, Seigneur aux yeux de lotus ; hommage à Toi, Soutien de l’univers. Hommage, oui, à Toi, ô Hṛṣīkeśa—Suprême Personne, Ancêtre primordial.
Verse 23
येनेदमखिलं जातं यत्र सर्वं प्रतिष्टितम् । लयमेष्यति यत्रैवं तं प्रपन्नोऽस्मि केशवम् ॥ २३ ॥
Je prends refuge en Keśava : de Lui naît cet univers tout entier; en Lui tout est établi; et en Lui, en vérité, tout finit par se résorber.
Verse 24
न जानन्ति परं भावं यस्य ब्रह्यादयः सुराः । योगिनोयं न पश्यन्ति तं वन्दं ज्ञानरुपिणम् ॥ २४ ॥
Même les dieux, à commencer par Brahmā, ne connaissent pas Sa réalité suprême; même les yogins ne Le voient pas. Je me prosterne devant Celui dont la forme même est pure Connaissance.
Verse 25
अन्तरिक्षंतु यन्नाभिर्द्यौर्मूर्द्धा यस्य चैव हि । पादोऽभूद्यस्य पृथिवी तं वन्दे विश्वरुपिणम् ॥ २५ ॥
Je me prosterne devant le Seigneur à la forme cosmique : dont le nombril est l’espace médian, dont la tête est le ciel, et dont le pied est devenu la terre.
Verse 26
यस्य श्रोत्रे दिशः सर्वा यच्चक्षुर्दिनकृच्छशी । ऋक्सामयजुषी येन तं वन्दे ब्रह्ररुपिणम् ॥ २६ ॥
Je me prosterne devant Celui de nature brahmanique : pour qui toutes les directions sont comme des oreilles; dont les yeux sont le Soleil et la Lune; et par qui les Védas Ṛg, Sāma et Yajur sont manifestés et soutenus.
Verse 27
यन्मुखाद्वाह्मणा जाता यद्वाहोरभवन्नृपाः । वैश्या यस्योरुतो जाताः पद्भ्यां शूद्रो व्यजायत ॥ २७ ॥
De Sa bouche naquirent les brāhmaṇas; de Ses bras surgirent les souverains (kṣatriyas); de Ses cuisses naquirent les vaiśyas; et de Ses pieds vint à l’existence le śūdra.
Verse 28
मायासङ्गममात्रेण वदन्ति पुरुषं त्वजम् । स्वभावविमलं शुद्धं निर्विकारं निरञ्जनम् ॥ २८ ॥
Ce n’est que par l’association à Māyā qu’ils disent du Puruṣa qu’il est « né » ; en vérité, par nature Il est sans tache et pur—immuable et sans souillure.
Verse 29
क्षीरब्धि शायिनं देवमनन्तमपराजितम् । सद्भक्तवत्सलं विष्णुं भक्तिगम्यं नमाम्यहम् ॥ २९ ॥
Je me prosterne devant le Seigneur Viṣṇu—le Divin qui repose sur l’Océan de Lait, infini et invaincu ; plein de tendresse pour les vrais bhaktas, et accessible par la bhakti.
Verse 30
पृथिव्यादीनि भूतानि तन्मात्राणींन्द्रियाणि च । सूक्ष्मासूक्ष्माणि येनासंस्तं वन्दे सर्वतोमुखम् ॥ ३० ॥
Je me prosterne devant le Seigneur aux visages tournés vers toutes les directions, par qui furent manifestés les êtres начиная par la terre, les tanmātras et les facultés des sens—le subtil comme le grossier.
Verse 31
यद्ब्रह्म परमं धाम सर्वलोकोत्तमोत्तमम् । निर्गुणं परमं सूक्ष्मं प्रणतोऽस्ति पुनः पुनः ॥ ३१ ॥
Je me prosterne encore et encore devant ce Brahman—demeure suprême—le plus exalté au-delà de tous les mondes, au-delà des guṇas, suprême et d’une subtilité extrême.
Verse 32
अविकारमजं शुद्धं सर्वतोबाहुमीश्वरम् । यमामनन्ति योगीन्द्राः सर्वकारणकारणम् ॥ ३२ ॥
Immuable, non né et pur—le Seigneur dont les bras sont partout—que les plus grands yogins proclament comme la Cause de toutes les causes.
Verse 33
यो देवः सर्वभूतानामन्तरात्मा जगन्मयः । निर्गुणः परमात्मा च स मे विष्णुः प्रसीदतु ॥ ३३ ॥
Que Viṣṇu me soit favorable—Lui, le Divin, Âme intérieure de tous les êtres, qui pénètre l’univers entier, au-delà des guṇa, et qui est le Soi suprême, le Paramātman.
Verse 34
हृदयस्थोऽपि दूरस्थो मायया मोहितात्मनाम् । ज्ञानिनां सर्वगो यस्तु स मे विष्णुः प्रसीदतु ॥ ३४ ॥
Bien qu’il demeure dans le cœur, il paraît lointain à ceux dont l’esprit est abusé par Māyā; mais pour les sages il est partout—que ce Viṣṇu me soit favorable.
Verse 35
चतुर्भिश्च चतुर्भिश्च द्वाभ्यां पञ्चभिरेव च । हूयते च पुनर्द्वाभ्यां स मे विष्णुः प्रसीदतु ॥ ३५ ॥
Par quatre et quatre (oblations), par deux, et de même par cinq; puis encore par deux on l’offre—que ce Viṣṇu me soit favorable.
Verse 36
ज्ञानिनां कर्मिणां चैव तथा भक्तिमतां नृणाम् । गतिदाता विश्वमृग्यः स मे विष्णुः प्रसीदतु ॥ ३६ ॥
Que Viṣṇu soit satisfait de moi—Lui qui accorde le but ultime à ceux de la connaissance, de l’action rituelle et de la bhakti; Lui que l’univers entier recherche.
Verse 37
जगद्धितार्थं ये देहा ध्रियन्ते लीलया हरेः । तानर्चयन्ति विबुधाः स मे विष्णुः प्रसीदतु ॥ ३७ ॥
Que Viṣṇu me soit favorable—Hari, qui pour le bien du monde revêt des corps dans son līlā divin; ces formes sont adorées même par les sages et par les dieux.
Verse 38
यमामनन्ति वै सन्तः सच्चिदानन्दविग्रहम् । निर्गुणं च गुणाधारं स मे विष्णुः प्रसीदतु ॥ ३८ ॥
Que ce Viṣṇu me soit favorable—Lui que les saints proclament comme la forme même de l’Être, de la Conscience et de la Béatitude (sat-cit-ānanda) ; au-delà des guṇa, et pourtant soutien de tous les guṇa.
Verse 39
इति स्तुत्वा नमेद्विष्णुं ब्राह्मणांश्च प्रपूजयेत् । आचार्यं पूजयेत्पश्चाद्दक्षिणाच्छादनादिभिः ॥ ३९ ॥
Ainsi, après avoir chanté la louange, qu’on se prosterne devant Viṣṇu et qu’on honore comme il se doit les brāhmaṇa. Ensuite, qu’on vénère aussi son maître (ācārya) par la dakṣiṇā, des vêtements et d’autres offrandes.
Verse 40
ब्राह्मणान्भोजयेच्छक्त्या भक्ति भावसमन्वितः । पुत्रमित्रकलत्राद्यैः स्वयं च सह बन्धुभिः ॥ ४० ॥
Avec bhakti et un esprit de vénération, qu’on nourrisse les brāhmaṇa selon ses moyens. Puis, avec ses fils, ses amis, son épouse et les autres membres de la famille, qu’on prenne soi-même le repas avec ses proches.
Verse 41
कुर्वीत पारणं विप्र नारायणपरायणः । यस्त्वेतत्कर्म कुर्वीत ध्वजारोपणमुत्तमम् । तस्य पुण्यफलं वक्ष्ये श्रृणुष्व सुसमाहितः ॥ ४१ ॥
Ô brāhmaṇa voué à Nārāyaṇa, qu’on accomplisse le pāraṇa, le rite de clôture et de rupture du jeûne. Et quiconque accomplit cette œuvre très excellente, l’érection de la bannière sacrée (dhvajāropaṇa), qu’il écoute avec une attention recueillie : je dirai le fruit de mérite qui en découle.
Verse 42
पटो ध्वजस्य विप्रेन्द्र यावच्चलति वायुना । तावन्ति पापजालानि नश्यन्त्येव न संशयः ॥ ४२ ॥
Ô le meilleur des brāhmaṇa, tant que l’étoffe de la bannière sacrée flotte au vent, autant de temps les amas de péchés se dissipent—sans aucun doute.
Verse 43
महापातकयुक्तो वा युक्तो वा सर्वपातकैः । ध्वजं विष्णुगृहे कृत्वा मुच्यते सर्वपातकैः ॥ ४३ ॥
Qu’on soit souillé d’un grand péché ou accablé de toutes sortes de fautes, en dressant et consacrant une bannière dans la demeure-temple de Viṣṇu, on est délivré de tous les péchés.
Verse 44
यावद्दिनानि तिष्टेत ध्वजो विष्णुगृहे द्विज । तावद्युगसहस्त्राणि हरिसारुप्यमश्नुते ॥ ४४ ॥
Ô deux-fois-né, autant de jours que la bannière demeure dressée dans la demeure-temple de Viṣṇu, autant de milliers de yugas le dévot obtient le sārūpya, la ressemblance de forme avec le Seigneur Hari.
Verse 45
आरोपितं ध्वजं दृष्ट्वा येऽभिनन्दन्ति धार्मिकाः । तेऽपि सर्वे प्रमुच्यन्ते महापातककोटिभिः ॥ ४५ ॥
Même les hommes vertueux qui, voyant la bannière dressée, s’en réjouissent et l’acclament, eux aussi sont tous délivrés de myriades de grands péchés.
Verse 46
आरोपितो ध्वजो विष्णुगृहे धुन्वन्पटं स्वकम् । कर्तुः सर्वाणि पापानि धुनोति निमिषार्द्धतः ॥ ४६ ॥
La bannière dressée dans la demeure-temple de Viṣṇu, lorsqu’elle fait ondoyer sa propre étoffe, secoue et dissipe tous les péchés de celui qui l’a élevée, en un demi-instant.
Verse 47
यस्त्वारोप्य गृहे विष्णोर्ध्वजं नित्यमुपाचरेत् । स देवयानेन दिवं यातीव सुमतिर्नृपः ॥ ४७ ॥
Celui qui, après avoir dressé dans sa maison la bannière du Seigneur Viṣṇu, la vénère chaque jour—ô Roi—ce sage gagne le ciel par la voie divine, le devayāna.
The chapter presents dhvaja-installation as a sustained, visible act of Viṣṇu-sevā whose efficacy continues as long as the flag cloth flutters. Its phalaśruti ties ongoing physical presence (the standing dhvaja) to ongoing pāpa-kṣaya, granting sārūpya for vast durations and extending benefit even to observers who rejoice—framing the rite as both personal and communal mokṣa-oriented dharma.
Key components include: Kārtika śukla-daśamī purification and discipline; ekādaśī restraint and constant remembrance; svasti-vācana with brāhmaṇas; nāndī-śrāddha; consecration of banner and staff with Gāyatrī; worship of Sūrya, Garuḍa, Candra and Dhātā-Vidhātā; a gṛhya fire-rite with 108 pāyasa āhutis alongside Puruṣa-sūkta and other named hymns; night vigil; festive procession; installation at gateway or temple summit; Viṣṇu pūjā, stotra-recitation, and concluding honors/feeding/pāraṇa.
The text promises immediate and ongoing destruction of sins while the flag flutters, liberation from even grave sins through dedicating the banner, attainment of sārūpya with Hari for thousands of yugas corresponding to the days the flag stands, and heavenly ascent (devayāna) for one who raises and worships the flag daily.