
Adhyaya 79 — Bhakti-Mahima and Linga-Archana-Vidhi (Condensed Ritual Sequence)
Les sages demandent comment des humains à la vie brève et aux moyens limités peuvent adorer Mahādeva, alors que même les dieux peinent à Le contempler après de longues austérités. Sūta répond que l’inquiétude est fondée, mais que Śiva est approché et même « vu » par la śraddhā (foi révérencielle), et qu’Il accorde des fruits selon l’état intérieur du dévot. Le texte oppose l’adoration impure ou d’intention fautive à des résultats inférieurs, puis expose l’essentiel constructif : une séquence graduée de liṅga-pūjā—purifier le liṅga et le siège, invoquer la divinité, offrir l’arghya et les autres upacāras, accomplir l’abhiṣeka avec des liquides sanctifiés, orner de santal et de fleurs (notamment le bilva), présenter le dhūpa et divers naivedyas, achever par la pradakṣiṇā et des namaskāras répétés, et conclure par un culte mantrique aux cinq aspects pañcabrahma de Śiva (Īśāna, Tatpuruṣa/Puruṣa, Aghora, Vāmadeva, Sadyojāta). Le chapitre étend aussi l’économie de la dévotion : voir, entendre, approuver ou offrir une lampe de ghee—surtout en Kārttika—confère des lokas sublimes et mène finalement à la Śiva-sāyujya. Cet adhyāya fait le pont entre la doctrine de la bhakti et une pratique rituelle quotidienne reproductible, préparant les enseignements śivaïtes des chapitres suivants.
Verse 1
इति श्रीलिङ्गमहापुराणे पूर्वभागे भक्तिमहिमवर्णनं नामाष्टसप्ततितमो ऽध्यायः ऋषय ऊचुः कथं पूज्यो महादेवो मर्त्यैर्मन्दैर्महामते कल्पायुषैर् अल्पवीर्यैर् अल्पसत्त्वैः प्रजापतिः
Ainsi, dans le Śrī Liṅga-Mahāpurāṇa, dans le Pūrvabhāga, commence le soixante-dix-neuvième chapitre intitulé « Glorification de la grandeur de la Bhakti ». Les sages dirent : « Ô esprit magnanime, comment Mahādeva — Prajāpati, Seigneur des êtres — doit-il être adoré par les mortels lents d’esprit, à la vie brève en cet âge, de faible force et de capacité intérieure limitée ? »
Verse 2
संवत्सरसहस्रैश् च तपसा पूज्य शङ्करम् न पश्यन्ति सुराश्चापि कथं देवं यजन्ति ते
Même après avoir honoré Śaṅkara par l’ascèse durant des milliers d’années, les Deva ne Le contemplent pas. S’ils ne peuvent même pas voir ce Deva, comment pourraient-ils Lui rendre un culte véritable ?
Verse 3
सूत उवाच कथितं तथ्यम् एवात्र युष्माभिर् मुनिपुङ्गवाः तथापि श्रद्धया दृश्यः पूज्यः संभाष्य एव च
Sūta dit : «Ô sages éminents, ce que vous avez déclaré ici est bien la vérité. Pourtant, on doit s’approcher de Lui avec śraddhā : Le contempler avec révérence, Le vénérer et Lui adresser la parole avec respect.»
Verse 4
प्रसंगाच्चैव सम्पूज्य भक्तिहीनैरपि द्विजाः भावानुरूपफलदो भगवानिति कीर्तितः
Ô deux-fois-nés, même si le culte est accompli par simple occasion et sans bhakti, le Seigneur (Pati) est loué comme Celui qui accorde les fruits selon le bhāva, la disposition intérieure du dévot.
Verse 5
उच्छिष्टः पूजयन्याति पैशाचं तु द्विजाधमः संक्रुद्धो राक्षसं स्थानं प्राप्नुयान् मूढधीर् द्विजाः
Ô brāhmaṇas, un deux-fois-né de la conduite la plus vile, s’il rend un culte en état d’ucciṣṭa (souillé par des restes de nourriture), tombe dans une condition de piśāca. S’il adore dans la colère, l’esprit égaré, il atteint un rang semblable à celui d’un rākṣasa. Ainsi, une disposition fautive et l’impureté lient plus étroitement le paśu (l’âme) au pāśa, au lieu de le conduire vers Pati, Śiva.
Verse 6
अभक्ष्यभक्षी सम्पूज्य याक्षं प्राप्नोति दुर्जनः गानशीलश् च गान्धर्वं नृत्यशीलस्तथैव च
Le mauvais qui mange ce qui est interdit, même s’il rend un culte, atteint l’état d’un Yakṣa. Celui qui se voue au chant atteint la condition d’un Gandharva ; de même, celui qui se voue à la danse obtient un destin correspondant. Ainsi, les paśu, âmes incarnées, vont vers des naissances déterminées selon leurs conduites et tendances dominantes ; mais la réalisation véritable de Śiva requiert une purification au-delà des seuls actes extérieurs.
Verse 7
ख्यातिशीलस् तथा चान्द्रं स्त्रीषु सक्तो नराधमः मदार्तः पूजयन् रुद्रं सोमस्थानमवाप्नुयात्
Même un homme de conduite vile—fût-il renommé, d’humeur lunaire, attaché aux femmes et tourmenté par l’ivresse—s’il vénère Rudra, atteint la demeure de Soma (le royaume lunaire).
Verse 8
गायत्र्या देवमभ्यर्च्य प्राजापत्यमवाप्नुयात् ब्राह्मं हि प्रणवेनैव वैष्णवं चाभिनन्द्य च
En vénérant la Divinité par la Gāyatrī, on obtient l’état de Prajāpati ; en vérité, par le seul Pranava (Oṁ) on obtient l’état de Brahmā, et par la louange respectueuse on obtient aussi l’état vaiṣṇava.
Verse 9
श्रद्धया सकृदेवापि समभ्यर्च्य महेश्वरम् रुद्रलोकमनुप्राप्य रुद्रैः सार्धं प्रमोदते
Même en vénérant Maheśvara (Mahādeva) une seule fois avec foi, le paśu—l’âme liée—atteint le monde de Rudra ; parvenu à Rudraloka, il se réjouit en la compagnie des Rudras.
Verse 10
संशोध्य च शुभं लिङ्गम् अमरासुरपूजितम् जलैः पूतैस्तथा पीठे देवमावाह्य भक्तितः
Après avoir d’abord purifié l’auspicieux Liṅga—vénéré par les Devas et même honoré parmi les Asuras—qu’on le lave avec des eaux sanctifiées ; puis, sur le pīṭha (socle), qu’on invoque le Seigneur avec bhakti.
Verse 11
दृष्ट्वा देवं यथान्यायं प्रणिपत्य च शङ्करम् कल्पिते चासने स्थाप्य धर्मज्ञानमये शुभे
Après avoir contemplé le Seigneur selon la règle rituelle et s’être prosterné devant Śaṅkara, qu’on l’établisse sur un siège dûment préparé, auspice, empli de dharma et de vraie connaissance, afin que le paśu (l’âme liée) se tourne vers le Pati (le Seigneur) par le rite juste et l’intelligence juste.
Verse 12
वैराग्यैश्वर्यसम्पन्ने सर्वलोकनमस्कृते ओङ्कारपद्ममध्ये तु सोमसूर्याग्निसंभवे
Ô Seigneur, comblé de vairāgya (détachement) et d’aiśvarya (souveraineté), adoré par tous les mondes—Tu te manifestes dans le lotus de l’Oṃkāra, surgissant comme l’éclat triple de Soma (la lune), Sūrya (le soleil) et Agni (le feu).
Verse 13
पाद्यमाचमनं चार्घ्यं दत्त्वा रुद्राय शंभवे स्नापयेद्दिव्यतोयैश् च घृतेन पयसा तथा
Après avoir offert le pādya (eau pour les pieds), l’ācamanīya (eau à siroter) et l’arghya à Rudra—au bienheureux Śambhu—qu’on baigne le (Śiva-)Liṅga avec des eaux consacrées, puis de même avec du ghee et du lait.
Verse 14
दध्ना च स्नापयेद्रुद्रं शोधयेच्च यथाविधि ततः शुद्धांबुना स्नाप्य चन्दनाद्यैश् च पूजयेत्
Qu’on baigne Rudra avec du dadhi (caillé) et qu’on purifie le culte selon le rite prescrit; puis, l’ayant baigné d’eau pure, qu’on l’honore avec de la pâte de santal et d’autres offrandes.
Verse 15
रोचनाद्यैश् च सम्पूज्य दिव्यपुष्पैश् च पूजयेत् बिल्वपत्रैरखण्डैश् च पद्मैर्नानाविधैस् तथा
Après l’avoir honoré comme il se doit avec la rocanā et d’autres onguents sacrés, qu’on l’adore avec des fleurs célestes; qu’on offre aussi des feuilles de bilva intactes et des lotus de maintes sortes—accomplissant le service floral envers Pati, le Seigneur qui délie le pāśa (lien) du paśu (l’âme).
Verse 16
नीलोत्पलैश् च राजीवैर् नद्यावर्तैश् च मल्लिकैः चम्पकैर् जातिपुष्पैश्च बकुलैः करवीरकैः
Qu’on adore le Liṅga de Śiva—Pati, le Seigneur qui délie le pāśa du paśu—en offrant des lotus bleus, des lotus rouges, des fleurs nandyāvarta, du jasmin (mallikā), des fleurs de campaka, des fleurs jāti, des fleurs bakula et des fleurs karavīra.
Verse 17
शमीपुष्पैर् बृहत्पुष्पैर् उन्मत्तागस्त्यजैरपि अपामार्गकदम्बैश् च भूषणैरपि शोभनैः
Qu’il orne le Liṅga du Seigneur de fleurs de śamī, de grandes fleurs, ainsi que des fleurs d’unmattā et d’agastya; qu’il y ajoute l’apāmārga et le kadamba, et de beaux ornements, rendant ainsi le culte splendide pour Pati, le Maître qui délivre le paśu du pāśa.
Verse 18
दत्त्वा पञ्चविधं धूपं पायसं च निवेदयेत् दधिभक्तं च मध्वाज्यपरिप्लुतमतः परम्
Après avoir offert cinq sortes d’encens, qu’il présente le pāyasa (riz sucré) en naivedya. Ensuite, comme offrande plus excellente, qu’il offre du riz mêlé de caillé, abondamment imprégné de miel et de ghee, achevant ainsi les upacāras pour le Liṅga, signe manifeste de Pati qui délivre le paśu du pāśa.
Verse 19
शुद्धान्नं चैव मुद्गान्नं षड्विधं च निवेदयेत् अथ पञ्चविधं वापि सघृतं विनिवेदयेत्
Qu’il offre au Liṅga du riz pur et une préparation de mudga (haricot mungo), en les présentant en six variétés; ou bien qu’il offre cinq sortes de mets, chacun enrichi de ghee. Ainsi le dévot accomplit le naivedya comme un service révérencieux envers Pati (Śiva), desserrant le pāśa d’impureté qui lie le paśu.
Verse 20
केवलं चापि शुद्धान्नम् आढकं तण्डुलं पचेत् कृत्वा प्रदक्षिणं चान्ते नमस्कृत्य मुहुर्मुहुः
Qu’il fasse aussi cuire un repas simple et pur, avec une mesure de riz d’un āḍhaka. Puis, à la fin, après avoir accompli la circumambulation autour (du Seigneur/Śiva-liṅga), qu’il se prosterne encore et encore.
Verse 21
स्तुत्वा च देवमीशानं पुनः सम्पूज्य शङ्करम् ईशानं पुरुषं चैव अघोरं वाममेव च
Après avoir loué le Seigneur Īśāna et, de nouveau, avoir dûment adoré Śaṅkara, le dévot doit contempler et vénérer Śiva comme Īśāna, comme Puruṣa (Tatpuruṣa), comme Aghora et comme Vāma (Vāmadeva).
Verse 22
सद्योजातं जपंश्चापि पञ्चभिः पूजयेच्छिवम् अनेन विधिना देवः प्रसीदति महेश्वरः
En récitant le mantra Sadyojāta et en adorant Śiva selon la méthode quintuple (Pañcabrahma), par ce rite même le Seigneur Maheśvara devient bienveillant et satisfait.
Verse 23
वृक्षाः पुष्पादिपत्राद्यैर् उपयुक्ताः शिवार्चने गावश्चैव द्विजश्रेष्ठाः प्रयान्ति परमां गतिम्
Ô le meilleur des deux-fois-nés : les arbres, lorsque leurs fleurs, feuilles et autres sont employés dans l’adoration de Śiva, et de même les vaches, atteignent l’état suprême, car ils sont reliés au service de Pati, le Seigneur Śiva.
Verse 24
पूजयेद्यः शिवं रुद्रं शर्वं भवमजं सकृत् स याति शिवसायुज्यं पुनरावृत्तिवर्जितम्
Quiconque, ne fût-ce qu’une seule fois, adore Śiva—Rudra, Śarva, Bhava, l’Inengendré—atteint l’union avec Śiva (śiva-sāyujya) et se trouve délivré du retour, le renouveau des naissances étant éteint.
Verse 25
अर्चितं परमेशानं भवं शर्वमुमापतिम् सकृत्प्रसंगाद्वा दृष्ट्वा सर्वपापैः प्रमुच्यते
Pour avoir contemplé ne fût-ce qu’une fois—volontairement ou par simple rencontre fortuite—le Suprême Parameśāna, le Pati adoré : Bhava, Śarva, époux d’Umā, on est délivré de tous les péchés et des impuretés qui lient l’âme tel un pāśa.
Verse 26
पूजितं वा महादेवं पूज्यमानमथापि वा दृष्ट्वा प्रयाति वै मर्त्यो ब्रह्मलोकं न संशयः
Que Mahādeva ait déjà été adoré ou qu’il soit en train de l’être, le simple fait de voir cette adoration conduit sûrement un mortel à Brahmaloka ; il n’y a aucun doute.
Verse 27
श्रुत्वानुमोदयेच्चापि स याति परमां गतिम् यो दद्याद् घृतदीपं च सकृल्लिङ्गस्य चाग्रतः
Celui qui n’en entend que le récit et l’approuve avec un assentiment révérencieux atteint l’état suprême. À plus forte raison celui qui, ne fût-ce qu’une fois, offre une lampe de ghee (ghṛta) devant le Liṅga : il parvient au but le plus élevé, s’approche de Pati (Śiva) et relâche les liens (pāśa) qui entravent le paśu (l’âme individuelle).
Verse 28
स तां गतिम् अवाप्नोति स्वाश्रमैर् दुर्लभां स्थिराम् दीपवृक्षं पार्थिवं वा दारवं वा शिवालये
Il obtient cet état stable—rare même pour ceux qui demeurent fermement dans leur propre āśrama—en installant dans le temple de Śiva un arbre à lampes, un support de lampes (dīpa-vṛkṣa), fait de terre ou façonné en bois.
Verse 29
दत्त्वा कुलशतं साग्रं शिवलोके महीयते आयसं ताम्रजं वापि रौप्यं सौवर्णिकं तथा
Après avoir offert en juste plénitude un don qui profite à cent familles, on est honoré dans le monde de Śiva. Ce don peut être de fer, ou de cuivre, ou d’argent, et de même d’or.
Verse 30
शिवाय दीपं यो दद्याद् विधिना वापि भक्तितः सूर्यायुतसमैः श्लक्ष्णैर् यानैः शिवपुरं व्रजेत्
Quiconque offre une lampe à Śiva—selon le rite prescrit ou même par pure bhakti—se rendra à la cité de Śiva, porté par de splendides chars, éclatants comme dix mille soleils.
Verse 31
कार्तिके मासि यो दद्याद् घृतदीपं शिवाग्रतः सम्पूज्यमानं वा पश्येद् विधिना परमेश्वरम्
Quiconque, au mois de Kārttika, offre une lampe de ghee (ghṛta) devant Śiva—ou bien, selon le rite, contemple Parameśvara dûment honoré—obtient le fruit de bon augure né de cet acte sacré de Śiva-bhakti.
Verse 32
स याति ब्रह्मणो लोकं श्रद्धया मुनिसत्तमाः आवाहनं सुसान्निध्यं स्थापनं पूजनं तथा
Ô le meilleur des sages, celui qui, avec foi, accomplit l’invocation (āvāhana) du Seigneur dans le Liṅga, le rite d’établir Sa présence auspicieuse (susānnidhya), l’installation (sthāpana) et l’adoration (pūjana), atteint le monde de Brahmā, s’élevant par le mérite sur la voie qui s’achève dans la grâce de Pati, Śiva.
Verse 33
सम्प्रोक्तं रुद्रगायत्र्या आसनं प्रणवेन वै पञ्चभिः स्नपनं प्रोक्तं रुद्राद्यैश् च विशेषतः
Le siège (āsana) est prescrit avec la Rudra-Gāyatrī et, en vérité, aussi avec le Praṇava (Oṁ). Le bain rituel (snapana) est enseigné avec cinq formules purificatrices, tout particulièrement avec les mantras de Rudra et les autres.
Verse 34
एवं सम्पूजयेन्नित्यं देवदेवमुमापतिम् ब्रह्माणं दक्षिणे तस्य प्रणवेन समर्चयेत्
Ainsi, il faut adorer chaque jour le Dieu des dieux — Umāpati, le Seigneur uni à Śakti. À Sa droite, il convient aussi d’honorer Brahmā, en lui offrant le culte avec le Praṇava (Oṁ).
Verse 35
उत्तरे देवदेवेशं विष्णुं गायत्रिया यजेत् वह्नौ हुत्वा यथान्यायं पञ्चभिः प्रणवेन च
Ensuite, vers le nord, on doit adorer Viṣṇu — Seigneur des dieux — au moyen de la Gāyatrī ; et, après avoir offert des oblations dans le feu sacré selon la règle, on offrira aussi cinq oblations avec le Praṇava (Oṁ).
Verse 36
स याति शिवसायुज्यम् एवं सम्पूज्य शङ्करम् इति संक्षेपतः प्रोक्तो लिङ्गार्चनविधिक्रमः
Ainsi, après avoir dûment adoré Śaṅkara de cette manière, le paśu (l’âme liée) atteint le Śiva-sāyujya — l’union dans la proximité du Seigneur et la participation à Sa même nature divine. En bref, tel est l’enchaînement du rite enseigné pour l’adoration du Liṅga.
Verse 37
व्यासेन कथितः पूर्वं श्रुत्वा रुद्रमुखात्स्वयम्
Autrefois, Vyāsa l’enseigna après l’avoir entendu lui-même de la bouche même de Rudra ; ainsi l’instruction śaiva est préservée comme révélation directe de Pati (Śiva), pour la délivrance du paśu (l’âme liée).
Liṅga and pīṭha purification (śodhana), āvāhana (invocation), respectful darśana and praṇāma, offering pādya–ācamanīya–arghya, abhiṣeka with pure waters and auspicious substances (ghee, milk, curd, etc.), adornment with sandal/flowers and bilva, dhūpa and naivedya, pradakṣiṇā and repeated namaskāra, and mantra-worship through the pañcabrahma forms (Īśāna, Tatpuruṣa, Aghora, Vāmadeva, Sadyojāta).
It states that even once-only worship with śraddhā can lead to Rudraloka and joy among Rudras, and that worship, darśana of worship, hearing and approving it (anumodana), and dīpa-dāna can elevate one through higher lokas—culminating in Śiva-sāyujya, described as freedom from return (punarāvṛtti-varjita).
Offering a ghee lamp before the liṅga is presented as a powerful, accessible act whose merit grants rare, stable attainment; Kārttika-month lamp offerings and proper darśana of worship are specifically linked to Brahmaloka and higher spiritual fruition.