Adhyaya 12
Uttara BhagaAdhyaya 1264 Verses

Adhyaya 12

Karma-yoga Discipline for the Twice-born: Upanayana, Upavīta Conduct, Guru-veneration, and Alms-regimen

Poursuivant le courant d’instruction de l’Īśvara-gītā dans l’Uttara-bhāga, Vyāsa expose un « enseignement éternel » du karma-yoga destiné aux brāhmaṇas et aux deux-fois-nés, transmis par Manu dans la lignée āmnāya. Le chapitre passe ensuite du cadre doctrinal à la discipline concrète du brahmacarya : moment et procédure de l’upanayana, matières et manières de porter le cordon sacré (upavīta/nivīta/prācīnāvīta), et signes de la vie d’étudiant (bâton, ceinture, peaux/vêtements). Les obligations quotidiennes sont mises en avant—sandhyā à l’aube et au crépuscule, rites du feu, bain, offrandes aux devas/ṛṣis/pitṛs—ainsi que l’étiquette des salutations respectueuses (abhivādana) et les formes d’adresse correctes. Une hiérarchie des « gurus » est décrite (parents, maître, aînés, roi, parents), culminant dans la primauté de la mère et du père, et l’affirmation que les satisfaire accomplit le dharma. La conclusion donne les règles du bhaikṣya (aumône), la retenue dans l’alimentation, l’orientation en mangeant et l’ācamana, préparant une conduite varnashrama plus vaste et l’orientation intérieure du karma-yoga : pureté extérieure et révérence sociale comme soutien à la stabilité yogique.

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Shlokas

Verse 1

इति श्रीकूर्मपुराणे षट्साहस्त्र्यां संहितायामुपरिविभागे (ईश्वरगीतासु) एकादशो ऽध्यायः व्यास उवाच शृणुध्वमृषयः सर्वे वक्ष्यमाणं सनातनम् / कर्मयोगं ब्राह्मणानामात्यन्तिकफलप्रदम्

Ainsi, dans le Śrī Kūrma Purāṇa, dans la Saṃhitā de six mille ślokas, dans la section ultérieure—au sein de l’Īśvara-gītā—(commence) le onzième chapitre. Vyāsa dit : «Écoutez, ô rishis tous, l’enseignement éternel que je vais exposer : le Karma-yoga des brāhmaṇas, qui confère le fruit suprême».

Verse 2

आम्नायसिद्धमखिलं ब्रिह्मणानुप्रदर्शितम् / ऋषीणां शृण्वतां पूर्वं मनुराह प्रजापतिः

Auparavant, tandis que les rishis écoutaient, Prajāpati Manu exposa l’enseignement tout entier—établi dans l’āmnāya (la tradition sacrée transmise) et dûment expliqué par Brahmā.

Verse 3

सर्वपापहरं पुण्यमृषिसङ्घैर्निषेवितम् / समाहितधियो यूयं शृणुध्वं गदतो मम

Cet enseignement sacré—méritoire et destructeur de tous les péchés—a été chéri et pratiqué par des assemblées de rishis. Vous donc, l’esprit recueilli en concentration, écoutez-moi à présent tandis que je parle.

Verse 4

कृतोपनयनो वेदानधीयीत द्विजोत्तमाः / गर्भाष्टमे ऽष्टमे वाब्दे स्वसूत्रोक्तविधानतः

Après avoir reçu le rite d’upanayana, le meilleur des « deux-fois-nés » doit étudier les Veda, la huitième année à compter de la conception —ou bien la huitième année à compter de la naissance— selon la règle enseignée dans sa propre tradition de Gṛhya-sūtra.

Verse 5

दण्डी च मेखली सूत्री कृष्णाजिनधरो मुनिः / भिक्षाहारो गुरुहितो वीक्षमाणो गुरुर्मुखम्

Portant le bâton, ceint de la mekhalā et du cordon sacré, vêtu d’une peau d’antilope noire, l’élève, tel un muni, vit d’aumônes; il se dévoue au bien du maître et garde les yeux fixés sur le visage du guru, dans l’attente de l’enseignement.

Verse 6

कार्पासमुपवीतार्थं निर्मितं ब्रह्मणा पुरा / ब्राह्मणानां त्रिवित् सूत्रं कौशं वा वस्त्रमेव वा

Dans les temps anciens, Brahmā façonna le coton pour l’upavīta (cordon sacré). Pour les brāhmaṇa, le cordon est prescrit en triple fil; il peut être fait de fibre d’herbe kuśa, ou même simplement de tissu.

Verse 7

सदोपवीती चैव स्यात् सदा बद्धशिखो द्विजः / अन्यथा यत् कृतं कर्म तद् भवत्ययथाकृतम्

Le « deux-fois-né » doit toujours porter l’upavīta et garder en tout temps sa śikhā (touffe sommitale) dûment nouée. Sinon, tout rite ou devoir accompli devient comme s’il n’avait pas été fait correctement.

Verse 8

वसेदविकृतं वासः कार्पासं वा कषायकम् / तदेव परिधानीयं शुक्लमच्छिद्रमुत्तमम्

Qu’on porte un vêtement non modifié : de coton, ou bien une étoffe teinte d’une légère couleur astringente. Cela seul doit être revêtu : blanc, pur, sans déchirure et de belle qualité.

Verse 9

उत्तरं तु समाख्यातं वासः कृष्णाजिनं शुभम् / अभावे गव्यमजिनं रौरवं वा विधीयते

Le vêtement supérieur est déclaré être l’auspicieuse peau d’antilope noire (kṛṣṇājina). À défaut, on prescrit une peau de vache, ou bien une peau de cerf (raurava).

Verse 10

उद्धृत्य दक्षिणं बाहुं सव्ये बाहौ समर्पितम् / उपवीतं भवेन्नित्यं निवीतं कण्ठसज्जने

En levantant le bras droit et en plaçant le cordon sacré (upavīta) sur le bras gauche, on obtient la position d’upavīta pour la pratique quotidienne ; mais lorsqu’il repose au cou, on l’appelle nivīta.

Verse 11

सव्यं बाहुं समुद्धृत्य दक्षिणे तु धृतं द्विजाः / प्राचीनावीतमित्युक्तं पित्र्ये कर्मणि योजयेत्

En levantant le bras gauche et en portant le cordon sacré sur l’épaule droite, ô dvijas (nés deux fois), cette disposition est appelée prācīnāvīta. Qu’on l’emploie dans les rites offerts aux ancêtres (pitṛ-karmas).

Verse 12

अग्न्यगारे गवां गोष्ठे होमे जप्ये तथैव च / स्वाध्याये भोजने नित्यं ब्राह्मणानां च सन्निधौ

Dans la demeure du feu (agnyagāra), dans l’étable des vaches, lors du homa et du japa ; de même pendant l’étude védique et au moment des repas—qu’on demeure toujours dans une pureté disciplinée et une révérence, en présence des brāhmaṇas.

Verse 13

उपासने गुरूणां च संध्ययोः साधुसंगमे / उपवीती भवेन्नित्यं विधिरेष सनातनः

Lors du service et de l’assistance aux maîtres, aux deux rites crépusculaires de Sandhyā, et en compagnie des vertueux—qu’on demeure toujours revêtu du cordon sacré (upavīta). Telle est la règle éternelle (sanātana).

Verse 14

मौञ्जी त्रिवृत् समा श्लक्षणा कार्या विप्रस्य मेखला / मुञ्जाभावे कुशेनाहुर्ग्रन्थिनैकेन वा त्रिभिः

Pour un brāhmane, la ceinture (mekhalā) doit être faite d’herbe muñja, torsadée en triple brin, régulière et lisse. Si la muñja manque, on prescrit une ceinture d’herbe kuśa, nouée d’un seul nœud ou de trois nœuds.

Verse 15

धारयेद् बैल्वपालाशौ दण्डौ केशान्तकौ द्विजः / यज्ञार्हवृक्षजं वाथ सौम्यमव्रणमेव च

L’étudiant deux-fois-né doit porter un bâton de bois de bael ou de palāśa, atteignant l’extrémité des cheveux (le sommet de la tête) ; ou bien un bâton tiré de tout arbre digne du sacrifice, d’aspect doux et sans défaut.

Verse 16

सायं प्रातर्द्विजः संध्यामुपासीत समाहितः / कामाल्लोभाद् भयान्मोहात् त्यक्तेन पतितो भवेत्

Le deux-fois-né doit vénérer la Sandhyā le soir et à l’aube, l’esprit recueilli. S’il l’abandonne par désir, avidité, peur ou égarement, il devient déchu.

Verse 17

अग्निकार्यं ततः कुर्यात् सायं प्रातः प्रसन्नधीः / स्नात्वा संतर्पयेद् देवानृषीन् पितृगणांस्तथा

Ensuite, l’esprit paisible et joyeux, qu’il accomplisse le rite du feu le soir et de nouveau le matin. Après le bain, qu’il offre selon la règle le tarpaṇa pour satisfaire les dieux, les ṛṣi et les assemblées d’ancêtres.

Verse 18

देवताभ्यर्चनं कुर्यात् पुष्पैः पत्रेण वाम्बुभिः / अभिवादनशीलः स्यान्नित्यं वृद्धेषु धर्मतः

Qu’il adore les divinités avec des fleurs, des feuilles, ou même avec de l’eau. Et, selon le dharma, qu’il soit toujours porté aux salutations respectueuses, surtout envers les aînés.

Verse 19

असावहं भो नामेति सम्यक् प्रणतिपूर्वकम् / आयुरारोग्यसिद्ध्यर्थं तन्द्रादिपरिवर्जितः

Après s’être prosterné comme il convient, qu’on énonce justement la formule : « Me voici—ô Vénérable—nommé… ». Et, pour obtenir longue vie et délivrance des maladies, qu’on se tienne à l’écart de la torpeur et des entraves semblables.

Verse 20

आयुष्णान् भव सौम्येति वाच्यो विप्रो ऽभिवादने / अकारश्चास्य नाम्नो ऽन्ते वाच्यः पूर्वाक्षरः प्लुतः

Lors de la salutation rituelle (abhivādana), on doit s’adresser au brāhmaṇa en disant : « Sois longévif, ô doux ». De plus, en prononçant son nom, qu’on ajoute un « a » à la fin, et que la syllabe précédente soit étirée selon le ton pluta.

Verse 21

न कुर्याद् यो ऽभिवादस्य द्विजः प्रत्यभिवादनम् / नाभिवाद्यः स विदुषा यथा शूद्रस्तथैव सः

Le deux-fois-né qui, salué avec respect, ne rend pas la salutation, ne doit pas être salué par le sage ; en cela, il est tenu pour semblable à un śūdra.

Verse 22

व्यत्यस्तपाणिना कार्यमुपसंग्रहणं गुरोः / सव्येन सव्यः स्प्रष्टव्यो दक्षिणेन तु दक्षिणः

En s’approchant du Guru pour le saluer avec respect, on doit le faire les mains croisées : le côté gauche est touché par la main gauche, et le côté droit par la main droite.

Verse 23

लौकिकं वैदिकं चापि तथाध्यात्मिकमेव वा / आददीत यतो ज्ञानं तं पूर्वमभिवादयेत्

Qu’il s’agisse d’un savoir mondain, d’un savoir védique ou même d’une sagesse spirituelle (adhyātmika), à celui de qui l’on reçoit la connaissance, qu’on rende d’abord hommage par la révérence.

Verse 24

नोदकं धारयेद् भैक्षं पुष्पाणि समिधस्तथा / एवंविधानि चान्यानि न दैवाद्येषु कर्मसु

Qu’on ne garde pas pour l’usage rituel l’eau, la nourriture d’aumône, les fleurs ni les baguettes de bois pour le feu; et d’autres objets de même nature ne doivent pas non plus être employés dans les rites qui commencent par le culte des devas (daiva-karmas).

Verse 25

ब्राह्मणं कुशलं पृच्छेत् क्षत्रबन्धुमनामयम् / वैश्यं क्षेमं समागम्य शूद्रमारोग्यमेव तु

En rencontrant un brāhmaṇa, qu’on s’enquière de son bien-être; d’un kṣatriya, de son absence d’affliction; d’un vaiśya, de sa sûreté et de sa prospérité; et d’un śūdra, en vérité, de sa seule santé.

Verse 26

उपाध्यायः पिता ज्येष्ठो भ्राता चैव महीपतिः / मातुलः श्वशुरस्त्राता मातामहपितामहौ / वर्णज्येष्ठः पितृव्यश्च पुंसो ऽत्र गुरवः स्मृताः

En cette matière, le maître (upādhyāya), le père, le frère aîné et le roi sont tenus pour des gurus. De même, l’oncle maternel, le beau-père, le protecteur, le grand-père maternel et le grand-père paternel, ainsi que l’aîné selon l’ordre de varṇa et l’oncle paternel : tous sont déclarés gurus pour l’homme.

Verse 27

माता मातामही गुर्वो पितुर्मातुश्च सोदराः / श्वश्रूः पितामहीज्येष्ठा धात्री च गुरवः स्त्रियः

La mère et la grand-mère maternelle doivent être vénérées comme des gurus; de même les sœurs du père et de la mère. La belle-mère, l’aînée parmi les grand-mères paternelles, et la nourrice qui a élevé l’enfant : ces femmes aussi sont tenues pour des gurus.

Verse 28

इत्युक्तो गुरुवर्गो ऽयं मातृतः पितृतो द्विजाः / अनुवर्तनमेतेषां मनोवाक्कायकर्मभिः

Ainsi est proclamée toute cette catégorie d’aînés vénérables—ô deux-fois-nés—du côté maternel comme du côté paternel; qu’on les suive et qu’on les serve par la pensée, la parole et l’acte du corps.

Verse 29

गुरुं दृष्ट्वा समुत्तिष्ठेदभिवाद्य कृताञ्जलिः / नैतैरुपविशेत् सार्धं विवदेन्नात्मकारणात्

En voyant le Guru, qu’on se lève et qu’on le salue avec révérence, les mains jointes ; qu’on ne s’assoie pas à l’égal de tels vénérables aînés, et qu’on ne dispute pas par motif d’ego.

Verse 30

जीवितार्थमपि द्वेषाद् गुरुभिर्नैव भाषणम् / उदितो ऽपि गुणैरन्यैर्गुरुद्वेषी पतत्यधः

Même pour sauver sa vie, les Gurus ne parlent pas à quelqu’un par aversion ; et quand bien même il brillerait d’autres qualités, celui qui hait le Guru tombe vers le bas.

Verse 31

गुरूणामपि सर्वेषां पूज्याः पञ्च विशेषतः / तेषामाद्यास्त्रयः श्रेष्ठास्तेषां माता सुपूजिता

Même parmi tous les maîtres, cinq sont tout particulièrement dignes de vénération. Parmi eux, les trois premiers sont les plus éminents ; et, parmi ceux-là, la mère doit être honorée comme la plus digne d’adoration.

Verse 32

यो भावयति या सूते येन विद्योपदिश्यते / ज्येष्ठो भ्राता च भर्ता च पञ्चैते गुरवः स्मृताः

Celui qui nous nourrit et nous élève, celle qui enfante, celui par qui l’on reçoit la connaissance sacrée, le frère aîné et l’époux : ces cinq-là sont, selon la tradition, tenus pour des « gurus », autorités vénérables.

Verse 33

आत्मनः सर्वयत्नेन प्राणत्यागेन वा पुनः / पूजनीया विशेषेण पञ्चैते भूतिमिच्छता

Par tous les efforts—fût-ce au prix de sa propre vie—celui qui recherche le bien, la prospérité et l’épanouissement spirituel doit honorer ces cinq-là d’une vénération particulière.

Verse 34

यावत् पिता च माता च द्वावेतौ निर्विकारिणौ / तावत् सर्वं परित्यज्य पुत्रः स्यात् तत्परायणः

Tant que le père et la mère—ces deux-là—demeurent intacts, le fils doit tout délaisser et se vouer entièrement à eux.

Verse 35

पिता माता च सुप्रीतौ स्यातां पुत्रगुणैर्यदि / स पुत्रः सकलं धर्ममाप्नुयात् तेन कर्मणा

Si, grâce aux vertus du fils, le père et la mère sont profondément comblés, alors par cette conduite même le fils obtient la totalité du Dharma.

Verse 36

नास्ति मातृसमं दैवं नास्ति पितृसमो गुरुः / तयोः प्रत्युपकारो ऽपि न कथञ्चन विद्यते

Il n’est point de divinité égale à la mère, ni de maître égal au père. Même la possibilité de rendre leur bienfait n’existe en aucune manière.

Verse 37

तयोर्नित्यं प्रियं कुर्यात् कर्मणा मनसा गिरा / न ताभ्यामननुज्ञातो धर्ममन्यं समाचरेत्

Qu’on fasse sans cesse ce qui plaît aux deux (mère et père) par l’acte, par la pensée et par la parole; et, sans leur assentiment, qu’on n’entreprenne aucun autre devoir ni observance religieuse.

Verse 38

वर्जयित्वा मुक्तिफलं नित्यं नैमित्तिकं तथा / धर्मसारः समुद्दिष्टः प्रेत्यानन्तफलप्रदः

Mettant de côté le fruit de la délivrance, l’essence du Dharma a été proclamée comme l’observance des devoirs quotidiens (nitya) et occasionnels (naimittika) ; après la mort, elle confère des fruits sans fin.

Verse 39

सम्यगाराध्य वक्तारं विसृष्टस्तदनुज्ञया / शिष्यो विद्याफलं भुङ्क्ते प्रेत्य चापद्यते दिवि

Après avoir dûment vénéré le maître, expositeur de l’enseignement sacré, et s’être retiré avec sa permission, le disciple jouit du fruit de cette connaissance ; et, après la mort, il atteint le monde céleste.

Verse 40

यो भ्रातरं पितृसमं ज्येष्ठं मूर्खो ऽवमन्यते / तेन दोषेण स प्रेत्य निरयं घोरमृच्छति

L’insensé qui outrage son frère aîné — qu’il faut tenir pour l’égal d’un père —, par cette faute même, après la mort, tombe dans un enfer terrible.

Verse 41

पुंसा वर्त्मनिविष्टेन पूज्यो भर्ता तु सर्वदा / याति दातरि लोके ऽस्मिन् उपकाराद्धि गौरवम्

Pour l’homme établi sur la voie juste de la conduite, l’époux — protecteur et soutien du foyer — doit être honoré en tout temps. En ce monde, l’estime s’obtient par la bienfaisance ; en vérité, l’honneur naît de l’aide que l’on donne.

Verse 42

येनरा भर्तृपिण्डार्थं स्वान् प्राणान् संत्यजन्ति हि / तेषामथाक्षयांल्लोकान् प्रोवाच भगवान् मनुः

Celles qui, pour l’offrande de piṇḍa destinée à leur époux, vont jusqu’à abandonner leur propre vie : le Bienheureux Manu a déclaré qu’elles atteignent des mondes impérissables.

Verse 43

मातुलांश्च पितृव्यांश्च श्वशुरानृत्विजो गुरून् / असावहमिति ब्रूयुः प्रत्युत्थाय यवीयसः

Les plus jeunes doivent se lever avec respect et s’adresser aux oncles maternels, aux oncles paternels, aux beaux-pères, aux prêtres officiants et aux maîtres, en disant : « Me voici ».

Verse 44

अवाच्यो दीक्षितो नाम्ना यवीयानपि यो भवेत् / भोभवत्पूर्वकं त्वेनमभिभाषेत धर्मवित्

Même s’il est plus jeune, celui qui a reçu la dīkṣā (initiation) ne doit pas être interpellé par son nom. Le connaisseur du dharma doit lui parler avec des formes respectueuses telles que « bho » et « bhavat », en l’honorant comme il convient.

Verse 45

अभिवाद्याश्च पूज्यश्च शिरसा वन्द्य एव च / ब्राह्मणः क्षत्रियाद्यैश्च श्रीकामैः सादरं सदा

Un brāhmaṇa doit toujours être salué avec respect, honoré par le culte et vénéré en inclinant la tête, par les kṣatriya et les autres ordres, surtout par ceux qui aspirent à la prospérité et aux bons auspices.

Verse 46

नाभिवाद्यास्तु विप्रेण क्षत्रियाद्याः कथञ्चन / ज्ञानकर्मगुणोपेता यद्यप्येते बहुश्रुताः

Un brāhmaṇa ne doit en aucune circonstance saluer le premier les kṣatriya et les autres varṇa, même s’ils sont pourvus de savoir, de conduite juste, de vertus et d’une vaste érudition.

Verse 47

ब्राह्मणः सर्ववर्णानां स्वस्ति कुर्यादिति स्थितिः / सवर्णेषु सवर्णानां कार्यमेवाभिवादनम्

La règle établie est que le brāhmaṇa prononce la bénédiction « svasti » pour les gens de toutes les varṇa ; et entre personnes d’une même varṇa, le devoir juste est la salutation réciproque (abhivādana).

Verse 48

गुरुरग्निर्द्विजातीनां वर्णानां ब्राह्मणो गुरुः / पतिरेको गुरुः स्त्रीणां सर्वत्राभ्यागतो गुरुः

Pour les « deux-fois-nés » (dvija), le Feu (Agni) est le guru ; parmi les ordres, le brāhmaṇa est le guru. Pour les femmes, l’époux seul est le guru ; et partout, l’hôte qui arrive doit être regardé comme un guru.

Verse 49

विद्या कर्म वयो बन्धुर्वित्तं भवति पञ्चमम् / मान्यस्थानानि पञ्चाहुः पूर्वं पूर्वं गुरूत्तरात्

Le savoir, la juste conduite (karma), l’âge, la parenté et la richesse sont dits les cinq fondements de l’honneur. Parmi ces cinq, chacun de ceux qui précèdent doit être tenu pour plus lourd et plus digne de préséance que celui qui suit.

Verse 50

पञ्चानां त्रिषु वर्णेषु भूयांसि बलवन्ति च / यत्र स्युः सो ऽत्र मानार्हः शूद्रो ऽपि दशमीं गतः

Parmi les trois varṇa supérieurs, celui qui possède en plus grand nombre les cinq qualités et les a puissantes en lui est digne d’honneur en ce lieu ; même un Śūdra—s’il a atteint le dixième degré de mérite ou de rang—doit être respecté.

Verse 51

पन्था देयो ब्राह्मणाय स्त्रियै राज्ञे ह्यचक्षुषे / वृद्धाय भारबुग्नाय रोगिणे दुर्बलाय च

Il faut céder le passage (donner le droit de passer) à un brāhmaṇa, à une femme, à un roi et à l’aveugle ; de même au vieillard, à celui que le fardeau courbe, au malade et au faible.

Verse 52

भिक्षामाहृत्य शिष्टानां गृहेभ्यः प्रयतो ऽन्वहम् / निवेद्य गुरवे ऽश्नीयाद् वाग्यतस्तदनुज्ञया

Ayant rapporté chaque jour, avec recueillement, l’aumône des maisons des gens de bonne conduite, il doit la présenter au maître ; puis, la parole maîtrisée, ne manger qu’avec la permission du guru.

Verse 53

भवत्पूर्वं चरेद् भैक्ष्यमुपनीतो द्विजोत्तमः / भवन्मध्यं तु राजन्यो वैश्यस्तु भवदुत्तरम्

Ô Roi, le brāhmaṇa nouvellement initié par l’upanayana, le meilleur des deux‑fois‑nés, doit aller quêter l’aumône le matin ; le kṣatriya à midi ; et le vaiśya l’après‑midi.

Verse 54

मातरं वा स्वसारं वा मातुर्वा भगिनीं निजाम् / भिक्षेत भिक्षां प्रथमं या चैनं न विमानयेत्

Qu’il demande l’aumône d’abord à sa mère, ou à sa propre sœur, ou à la sœur de sa mère, pourvu qu’elle ne le traite pas avec mépris.

Verse 55

सजातीयगृहेष्वेव सार्ववर्णिकमेव वा / भैक्ष्यस्य चरणं प्रोक्तं पतितादिषु वर्जितम्

Il est enseigné que la quête d’aumône (bhaikṣya) doit se faire soit uniquement dans les maisons de son propre groupe, soit d’une manière ouverte à toutes les varṇa ; mais elle doit être évitée chez les déchus et autres personnes réprouvées.

Verse 56

वेदयज्ञैरहीनानां प्रशस्तानां स्वकर्मसु / ब्रह्मचर्याहरेद् भैक्षं गृहेभ्यः प्रयतो ऽन्वहम्

Un brahmacārin, maître de lui et appliqué, doit chaque jour aller quêter l’aumône dans les maisons de ceux qui ne manquent ni d’étude védique ni de devoirs sacrificiels, et qui sont réputés pour accomplir leurs actes prescrits.

Verse 57

गुरोः कुले न भिक्षेत न ज्ञातिकुलबन्धुषु / अलाभे त्वन्यगेहानां पूर्वं पूर्वं विवर्जयेत्

Qu’il ne quête pas dans la maison de son guru, ni parmi ses parents et attaches familiales. S’il n’obtient rien, qu’il aille vers d’autres maisons, en évitant successivement celles déjà abordées auparavant.

Verse 58

सर्वं वा विचरेद् ग्रामं पूर्वोक्तानामसंभवे / नियम्य प्रयतो वाचं दिशस्त्वनवलोकयन्

Ou bien, si les moyens précédemment indiqués ne sont pas possibles, qu’il parcoure tout le village—maître de soi et vigilant—retenant sa parole et sans regarder autour de lui vers les directions.

Verse 59

समाहृत्य तु तद् भैक्षं यावदर्थममायया / भुञ्जीत प्रयतो नित्यं वाग्यतो ऽनन्यमानसः

Ayant rassemblé cette nourriture d’aumône, sans tromperie et seulement selon le besoin, qu’il la prenne chaque jour dans la pureté, maîtrisant la parole et tenant l’esprit fixé sur nul autre que le Seigneur Suprême.

Verse 60

भैक्ष्येण वर्तयेन्नित्यं नैकान्नादी भवेद् व्रती / भैक्ष्येण व्रतिनो वृत्तिरुपवाससमा स्मृता

Que l’observant du vœu se nourrisse chaque jour d’aumônes, sans devenir mangeur de mets variés. Car, pour celui qui garde le vœu, vivre d’aumônes est tenu pour l’équivalent du jeûne.

Verse 61

पूजयेदशनं नित्यमद्याच्चैतदकुत्सयन् / दृष्ट्वा हृष्येत् प्रसीदेच्च प्रतिनन्देच्च सर्वशः

Qu’il honore sa nourriture chaque jour et la prenne sans la dénigrer. En la voyant, qu’il se réjouisse, s’apaise et manifeste sa reconnaissance de toutes les manières.

Verse 62

अनारोग्यमनायुष्यमस्वर्ग्यं चातिभोजनम् / अपुण्यं लोकविद्विष्टं तस्मात् तत्परिवर्जयेत्

La suralimentation apporte la maladie, abrège la vie et fait obstacle au bien céleste; elle est encore sans mérite et blâmée par le monde. Qu’on l’évite donc.

Verse 63

प्राङ्मुखो ऽन्नानि भुञ्जीत सूर्याभिमुख एव वा / नाद्यादुदङ्मुखो नित्यं विधिरेष सनातनः

Qu’il mange tourné vers l’est, ou bien face au soleil. Qu’il ne mange jamais habituellement tourné vers le nord. Telle est la règle éternelle de la conduite prescrite.

Verse 64

प्रक्षाल्य पाणिपादौ च भुञ्जानो द्विरुपस्पृशेत् / शुचौ देशे समासीनो भुक्त्वा च द्विरुपस्पृशेत्

Après s’être lavé les mains et les pieds, pendant le repas il doit accomplir deux fois l’ācāmana, la gorgée purificatrice. Assis en un lieu pur, après avoir mangé il doit encore accomplir cette gorgée deux fois.

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Frequently Asked Questions

It operationalizes karma-yoga as disciplined daily conduct: upanayana-based brahmacarya, constant upavīta observance, sandhyā rites, agni and offerings, humility through abhivādana, service to gurus/elders, regulated alms-living, and restraint in eating—actions performed as dharma with inner collectedness.

Upavīta (over the left shoulder) is prescribed for regular duties; nivīta (resting at the neck) is a named mode; prācīnāvīta (over the right shoulder) is specifically assigned for pitṛ-karmas, showing how bodily arrangement encodes ritual intention.

It expands ‘guru’ beyond the teacher to include father, mother (highest honor), elder brother, king, and a wide kinship network; it then crystallizes five especially revered gurus—nurturer, birth-giver (mother), giver of sacred knowledge, elder brother, and husband—linking social ethics to dharmic fruit.

It states that the ‘essence of dharma’ is nitya and naimittika karma and that these yield endless post-mortem results, presented as a pragmatic dharmic foundation even when the fruit of liberation is conceptually set aside—positioning disciplined action as the bedrock for higher realization.