Adhyaya 36
Purva BhagaAdhyaya 3614 Verses

Adhyaya 36

Prayāga-māhātmya and Ṛṇa-pramocana-tīrtha — Māgha-snāna, Austerities, and Release from Debts

Après la formule de clôture du chapitre précédent, Mārkaṇḍeya célèbre la sainteté de Prayāga au mois de Māgha, louant la confluence Gaṅgā–Yamunā comme purificatrice, dont le mérite égale les grands dons, notamment le go-dāna (don d’une vache). Le chapitre énumère les austérités et rites accomplis dans l’antarvedī (la région entre les deux rivières), y compris la discipline dite kārṣāgni, et en expose les fruits selon un cycle sotériologique: élévation aux cieux (Soma-loka et Indra-loka), chute ultérieure, renaissance en roi juste, jouissance des biens, puis retour au même tīrtha pour renouveler mérite et purification. Des exemples saisissants—immersion au sangam renommé, boire le courant la tête en bas, ou offrir son propre corps aux oiseaux—mettent en lumière la logique purānique selon laquelle tapas et tīrtha, unis, transforment péché et limites du corps en excellence spirituelle et dignité sociale. Le récit se resserre ensuite sur Ṛṇa-pramocana, sur la rive nord de la Yamunā au sud de Prayāga, promettant la délivrance des dettes par une seule nuit de séjour et un bain, menant à Sūrya-loka et à une liberté durable de l’endettement. Ainsi, l’éloge ample de Prayāga s’unit à la présentation d’un sous-tīrtha précis, annonçant la suite du catalogue des lieux saints.

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Shlokas

Verse 1

इति श्रीकूर्मपुराणे षट्साहस्त्र्यां संहितायां पूर्वविभागे पञ्चत्रिंशो ऽध्यायः मार्कण्डेय उवाच षष्टिस्तीर्थसहस्त्राणि षष्टिस्तीर्थशतानि च / माघमासे गमिष्यन्ति गङ्गायमुनसंगमम्

Ainsi, dans le Śrī Kūrma Purāṇa, dans la Saṃhitā de six mille vers, dans le Pūrva-bhāga, s’achève le trente-cinquième chapitre. Mārkaṇḍeya dit : «Soixante mille tīrtha, et aussi six mille lieux saints, au mois de Māgha, se rendent à la confluence de la Gaṅgā et de la Yamunā.»

Verse 2

गवां शतसहस्त्रस्य सम्यग् दत्तस्य यत् फलम् / प्रयागे माघमासे तु त्र्यहं स्नातस्य तत् फलम्

Le mérite obtenu en offrant correctement cent mille vaches, ce même mérite est acquis par celui qui se baigne trois jours à Prayāga durant le mois de Māgha.

Verse 3

गङ्गायमुनयोर्मध्ये कार्षाग्निं यस्तु साधयेत् / अहीनाङ्गो ऽप्यरोगश्च पञ्चेन्द्रियसमन्वितः

Celui qui, dans la région entre la Gaṅgā et la Yamunā, accomplit selon la règle l’austérité appelée kārṣāgni, même s’il avait une infirmité, devient sans maladie et pourvu pleinement des cinq sens.

Verse 4

जलप्रवेशं यः कुर्यात् संगमे लोकविश्रुते / राहुग्रस्तो यथा सोमो विमुक्तः सर्वपातकैः

Quiconque s’immerge dans les eaux d’une confluence sacrée renommée dans le monde est délivré de toute faute, comme la Lune, saisie par Rāhu, est de nouveau relâchée.

Verse 5

ततः स्वर्गात् परिभ्रष्टो जम्बूद्वीपपतिर्भवेत् / स भुक्त्वा विपुलान् भोगांस्तत् तीर्थं भजते पुनः

Ensuite, retombé du ciel, il devient le souverain de Jambūdvīpa. Après avoir goûté d’abondantes jouissances, il se réfugie de nouveau en ce tīrtha, le gué sacré.

Verse 7

सोमलोकमवाप्नोति सोमेन सह मोदते / षष्टिं वर्षसहस्त्राणि षष्टिं वर्षशतानि च

Il atteint Somaloka, le séjour de Soma (la Lune), et s’y réjouit en la compagnie de Soma durant soixante mille ans, et encore six cents ans.

Verse 8

स्वर्गतः शक्रलोके ऽसौ मुनिगन्धर्वसेवितः / ततो भ्रष्टस्तु राजेन्द्र समृद्धे जायते कुले

Étant allé au ciel—dans le royaume de Śakra, Indra—il est servi par des sages et des Gandharvas. Mais lorsqu’il en retombe, ô seigneur des rois, il renaît dans une lignée prospère.

Verse 9

अधः शिरास्त्वयोधारामुर्ध्वपादः पिबेन्नरः / शतं वर्षसहस्त्राणि स्वर्गलोके महीयते

Celui qui boit le flot en se tenant renversé—la tête en bas et les pieds levés—est honoré dans le monde céleste pendant cent mille ans.

Verse 10

तस्माद् भ्रष्टस्तु राजेन्द्र अग्निहोत्री भवेन्नरः / भुक्त्वा तु विपुलान् भोगांस्तत् तीर्थं भजते पुनः

Ainsi, ô le meilleur des rois, l’homme qui est tombé de sa juste conduite redevient un Agnihotrin, célébrant de l’Agnihotra. Après avoir goûté d’abondantes jouissances, il se réfugie encore une fois en ce tīrtha sacré.

Verse 11

यः स्वदेहं विकर्तेद् वा शकुनिभ्यः प्रयच्छति / विहगैरुपभुक्तस्य शृणु तस्यापि यत्फलम्

Celui qui tranche son propre corps et l’offre aux oiseaux—écoute maintenant le fruit du mérite qui revient même à celui dont la chair a été consommée par les êtres ailés.

Verse 12

शतं वर्षसहस्त्राणि सोमलोके महीयते / ततस्तस्मात् परिभ्रष्टो राजा भवति धार्मिकः

Pendant cent mille ans, il est honoré dans le monde de Soma (la Lune). Puis, lorsqu’il déchoit de ce séjour, il renaît en roi juste, établi dans le dharma.

Verse 13

गुणवान् रूपसंपन्नो विद्वान् सुप्रियवाक्यवान् / भुक्त्वा तु विपुलान् भोगांस्तततीर्थं भजते पुनः

Pourvu de vertus, beau de forme, savant et à la parole douce, il jouit d’abondantes plaisirs du monde ; pourtant, à la fin, il revient encore à ce même tīrtha sacré, en quête de refuge et de mérite une fois de plus.

Verse 14

उत्तरे यमुनातीरे प्रयागस्य तु दक्षिणे / ऋणप्रमोचनं नाम तीर्थं तु परमं स्मृतम्

Sur la rive nord de la Yamunā, et au sud de Prayāga, se trouve un tīrtha nommé Ṛṇa-pramocana (« Délivrance des dettes »), tenu en mémoire comme un lieu de passage sacré d’excellence suprême.

Verse 15

एकरात्रोषितः स्नात्वा ऋणैस्तत्र प्रमुच्यते / सूर्यलोकमवाप्नोति अनृणश्च सदा भवेत्

Après y avoir séjourné une seule nuit et s’y être baigné, on est délivré des dettes ; on atteint le monde du Soleil, et l’on demeure dès lors à jamais sans dette.

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Frequently Asked Questions

It elevates three days of bathing at Prayāga in Māgha as equivalent in merit to an immense go-dāna (gifting a hundred thousand cows), presenting the saṅgama as a premier purifier that destroys sin and generates lasting spiritual and worldly uplift.

It is placed on the northern bank of the Yamunā, to the south of Prayāga; staying one night and bathing there is said to release one from debts, grant attainment of Sūrya-loka, and establish enduring freedom from indebtedness.

Tapas (such as kārṣāgni and other severe observances) is portrayed as amplifying the tīrtha’s purificatory power, yielding health, sensory completeness, heavenly honor, and righteous rebirth—yet repeatedly redirecting the practitioner back to the tīrtha as the ongoing locus of dharmic renewal.