Adhyaya 37
Purva BhagaAdhyaya 3717 Verses

Adhyaya 37

Yamunā–Gaṅgā Tīrtha-Māhātmya: Agni-tīrtha, Anaraka, Prayāga, and the Tapovana of Jāhnavī

Poursuivant l’enseignement sur les tīrtha attribué au discours de Mārkaṇḍeya à Yudhiṣṭhira, ce chapitre renforce la cartographie sacrée des espaces fluviaux du nord de l’Inde. Yamunā—dite fille du Soleil et liée, par son origine, à la Gaṅgā—est louée comme purificatrice : son souvenir et sa louange effacent le péché même à grande distance. Des gués de la rive méridionale de Yamunā sont mis en avant : Agni-tīrtha et, à l’ouest, l’Anaraka de Dharmarāja, où le bain et les rites (notamment le tarpana offert à Dharmarāja au caturdaśī de la kṛṣṇa-pakṣa) promettent la délivrance des fautes graves et l’accès au ciel. Le texte s’élargit ensuite au vaste réseau de tīrtha de Prayāga et recentre la Gaṅgā (Jāhnavī) comme matrice englobante de tous les tīrtha à travers les mondes. Partout où coule la Gaṅgā, le lieu devient tapovana et siddhi-kṣetra ; et là où Maheśvara demeure avec Devī sous le nom de Vaṭeśvara, l’endroit est déclaré tīrtha par nature. Le chapitre se clôt par une injonction au secret et à l’enseignement réservé aux dignes, puis par la phalaśruti : écouter ou réciter chaque jour confère pureté, absence de péché et séjour en Rudra-loka, annonçant les énumérations suivantes de tīrtha terrestres et l’exposé cosmographique.

All Adhyayas

Shlokas

Verse 1

इति श्रीकूर्मपुराणे षट्साहस्त्र्यां संहितायां पूर्वविभागे षट्त्रिंशो ऽध्यायः मार्कण्डय उवाच तपनस्य सुता देवी त्रिषु लोकेषु विश्रुता / समागता महाभागा यमुना यत्र निम्नगा

Ainsi, dans le Śrī Kūrma Purāṇa sacré, dans la Saṃhitā de six mille vers, au Pūrvabhāga, le trente-sixième chapitre. Mārkaṇḍeya dit : «La Déesse, fille de Tapan (le Soleil), renommée dans les trois mondes—la glorieuse Yamunā—est venue là où la rivière s’écoule.»

Verse 2

येनैव निः सृता गङ्गा तेनैव यमुना गता / योजनानां सहस्त्रेषु कीर्तनात् पापनाशनी

De la même source d’où jaillit la Gaṅgā, la Yamunā aussi s’est écoulée. Même à des milliers de yojanas, le seul fait de s’en souvenir et de la louer détruit le péché.

Verse 3

तत्र स्नात्वा च पीत्वा च यमुनायां युधिष्ठिर / सर्वपापविनिर्मुक्तः पुनात्यासप्तमं कुलम् / प्राणांस्त्यजति यस्तत्र स याति परमां गतिम्

Ô Yudhiṣṭhira, celui qui s’y baigne et boit les eaux de la Yamunā est délivré de tous les péchés et purifie sa lignée jusqu’à la septième génération. Et celui qui y abandonne la vie atteint la demeure suprême.

Verse 4

अग्नितीर्थमिति ख्यातं यमुनादक्षिण तटे / पश्चिमे धर्मराजस्य तीर्थं त्वनरकं स्मृतम् / तत्र स्नात्वा दिवं यान्ति ये मृतास्ते ऽपुनर्भवाः

Sur la rive sud de la Yamunā se trouve un gué sacré renommé sous le nom d’Agni-tīrtha. À l’ouest de celui-ci est le tīrtha de Dharmarāja, connu comme Anaraka («le lieu sans enfer»). Ceux qui s’y baignent, même s’ils meurent ensuite, vont au ciel et ne reviennent plus à la naissance.

Verse 5

कृष्णपक्षे चतुर्दश्यां स्नात्वा संतर्पयेच्छुचिः / धर्मराजं महापापैर्मुच्यते नात्र संशयः

Le quatorzième jour lunaire (caturdaśī) de la quinzaine sombre, après s’être baigné et être devenu pur, on doit offrir le tarpana (libation d’eau) à Dharmarāja ; ainsi l’on est délivré des grands péchés—sans aucun doute.

Verse 6

दश तीर्थसहस्त्राणि त्रिंशत्कोट्यस्तथापराः / प्रयागे संस्थितानि स्युरेवमाहुर्मनीषिणः

Dix mille tīrtha sacrés, et encore trente crores de plus, sont dits établis à Prayāga—ainsi l’affirment les sages.

Verse 7

तिस्त्रः कोट्योर्ऽधकोटी च तीर्थानां वायुरब्रवीत् / दिवि भूम्यन्तरिक्षे च तत्सर्वं जाह्नवी स्मृता

Vāyu déclara qu’il existe trois crores et un demi-crore de tīrthas; au ciel, sur la terre et dans la région intermédiaire—et pourtant tout cela est tenu pour Jāhnavī, la Gaṅgā elle-même.

Verse 8

यत्र गङ्गा महाभागा स देशस्तत् तपोवनम् / सिद्धिक्षेत्रं तु तज्ज्ञेयं गङ्गातीरसमाश्रितम्

Partout où s’écoule la très bienheureuse Gaṅgā, ce pays doit être connu comme tapovana, forêt d’austérité. Sachez-le comme siddhi-kṣetra, champ d’accomplissement spirituel, car il repose sur les rives de la Gaṅgā.

Verse 9

यत्र देवो महादेवो देव्या सह महेश्वरः / आस्ते वटेश्वरो नित्यं तत् तीर्थं तत् तपोवनम्

Là où Mahādeva—Maheśvara—demeure à jamais avec la Déesse sous le nom de Vaṭeśvara, ce lieu même est un tīrtha, et il est aussi tapovana.

Verse 10

इदं सत्यं द्विजातीनां साधूनामात्मजस्य च / सुहृदां च जपेत् कर्णे शिष्यस्यानुगतस्य तु

Cet enseignement est vérité : qu’il soit dit aux deux-fois-nés, aux vertueux, à son propre fils et aux amis sûrs ; mais qu’il ne soit murmuré à l’oreille qu’à un disciple dévoué et obéissant.

Verse 11

इदं धन्यमिदं स्वर्ग्यमिदं मेध्यमिदं सुखम् / इदं पुण्यमिदं रम्यं पावनं धर्म्यमुत्तमम्

Ceci est de bon augure; ceci mène au ciel; ceci purifie; ceci est félicité. Ceci est méritoire; ceci est charmant; ceci sanctifie — telle est la voie suprême, accordée au dharma.

Verse 12

महर्षोणामिदं गुह्यं सर्वपापप्रमोचनम् / अत्राधीत्य द्विजो ऽध्यायं निर्मलत्वमवाप्नुयात्

Voici l’enseignement secret des grands sages, un moyen qui délivre de tous les péchés. Le dvija (deux fois né), après avoir étudié ce chapitre, obtient la pureté intérieure.

Verse 13

यश्चेदं शृणुयान्नित्यं तीर्थं पुण्यं सदा शुचिः / जातिस्मरित्वं लभते नाकपृष्ठे च मोदते

Quiconque, toujours pur, écoute chaque jour ce récit sacré du tīrtha méritoire, acquiert le pouvoir de se souvenir des naissances passées et se réjouit dans le séjour céleste.

Verse 14

प्राप्यन्ते तानितीर्थानि सद्भिः शिष्टानुदर्शिभिः / स्नाहि तीर्थेषु कौरव्य न च वक्रमतिर्भव

Ces tīrthas sacrés sont atteints par les hommes de bien, par ceux qui suivent la conduite des êtres disciplinés. Ô fils de Kuru, baigne-toi dans les tīrthas et ne deviens pas d’esprit tortueux ni rusé.

Verse 15

एवमुक्त्वा स भगवान् मार्कण्डेयो महामुनिः / तीर्तानि कथयामास पृथिव्यां यानि कानिचित्

Après avoir parlé ainsi, le vénérable grand sage Mārkaṇḍeya se mit alors à raconter quelques-uns des tīrthas sacrés qui se trouvent sur la terre.

Verse 16

भूसमुद्रादिसंस्थानं प्रमाणं ज्योतिषां स्थितम् / पृष्टः प्रोवाच सकलमुक्त्वाथ प्रययो मुनिः

Interrogé, le sage exposa pleinement l’ordonnance de la terre et des océans, ainsi que les mesures et les positions établies des luminaires célestes ; ayant tout dit, le muni s’en alla.

Verse 17

य इदं कल्यमुत्थाय पठते ऽथ शृणोति वा / मुच्यते सर्वपापेभ्यो रुद्रलोकं स गच्छति

Quiconque se lève à l’aube et récite cet enseignement de bon augure, ou même l’écoute, est délivré de tous les péchés et atteint le monde de Rudra (Śiva).

← Adhyaya 36Adhyaya 38

Frequently Asked Questions

Bathing at Anaraka (Dharmarāja’s ford) and offering tarpana—especially on the dark-fortnight caturdaśī—are said to remove great sins; the tīrtha is framed as ‘free from hell,’ promising heavenly attainment and non-return in the chapter’s rhetoric of pilgrimage merit.

Any region touched by Gaṅgā’s flow is called tapovana and a field of accomplishment (siddhi-kṣetra); additionally, wherever Maheśvara abides with Devī as Vaṭeśvara is intrinsically a tīrtha, grounding sanctity in both river-presence and divine residence.