Adhyaya 3
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Adhyaya 3

Prajāpati-vaṃśānukīrtana — Genealogical Enumeration of Progenitors (Dharma’s Line and the Sādhyas)

Le chapitre s’ouvre sur la demande des sages d’entendre un récit plus développé des origines des devas, des dānavas et des daityas dans le cadre du manvantara de Vaivasvata. Sūta répond en commençant une exposition généalogique méthodique centrée sur Dharma : il énumère les épouses de Dharma (les dix filles données par Dakṣa Prācetasa) et présente leur descendance, en mettant l’accent sur les Sādhyas, classe divine en douze, que les spécialistes décrivent comme « au-delà des devas ». Le discours suit ensuite la réapparition et le changement de nom des groupes divins au fil des manvantaras successifs (tels que Tuṣitas, Satyas, Haris, Vaikuṇṭhas), en soulignant l’effet de la malédiction de Brahmā et la cyclicité des re-manifestations. Dans l’extrait, le récit aboutit en reliant ces cycles à des naissances illustres comme Nara–Nārāyaṇa, et en rappelant les positions antérieures de figures telles que Vipaścit, Indra, Satya et Hari dans des manvantaras précédents. Ainsi, l’adhyāya sert surtout d’index généalogique ordonné selon la chronologie des manvantaras, plutôt que d’un récit linéaire unique de la « première création ».

Shlokas

Verse 1

इति श्रीब्रह्माण्डे महापुराणे वायुप्रोक्ते मध्यभागे तृतीय उपोद्धातपादे प्रजापतिवंशानुकीर्त्तनं नाम द्वितीयो ऽध्यायः ऋषय ऊचु / देवानां दानवानां च दैत्यानां चैव सर्वशः / उत्पत्तिं विस्तरेणैव ग्रूहि वैवस्वतेंऽतरे

Ainsi, dans le Śrī Brahmāṇḍa Mahāpurāṇa, dans la partie médiane enseignée par Vāyu, au troisième upoddhāta-pāda, le deuxième chapitre nommé « Récitation de la lignée de Prajāpati ». Les ṛṣi dirent : « Expose en détail la naissance des devas, des dānavas et des daityas durant le Vaivasvata Manvantara ».

Verse 2

सूत उवाच धर्म्मस्यैव प्रवक्ष्यामि निसर्गन्तं निबोधत / अरुन्धतीवसुर्जामालंबा भानुर्मरुत्वती

Sūta dit : « Je vais exposer la lignée de Dharma ; écoutez avec attention : Arundhatī, Vasu, Jāmā, Ālambā, Bhānu et Marutvatī. »

Verse 3

संकल्पा च मुहूर्त्ता च साध्या विश्वा तथैव च / धर्मस्य पत्न्यो दश ता दक्षः प्राचेतसो ददौ

Saṃkalpā, Muhūrttā, Sādhyā, Viśvā, et d’autres encore : telles furent les dix épouses de Dharma, que Dakṣa Prācetasa lui donna.

Verse 4

साध्यापुत्रास्तु धर्मस्य साध्या द्वादशजज्ञिरे / देवेभ्यस्तान्परान्देवान्दैवज्ञाः परिचक्षते

De Sādhyā, l’épouse de Dharma, naquirent douze fils, les Sādhyas ; les connaisseurs du divin les décrivent comme des dieux au-delà même des devas.

Verse 5

ब्राह्मणा वै मुखात्सृष्टा जया देवाः प्रजेप्सया / सर्वे मन्त्रशरीरस्ते समृता मन्वन्तरेष्विह

Les brāhmaṇa furent créés de la bouche ; par le désir d’engendrer les créatures apparurent les devas nommés Jayā. Tous sont de corps-mantra et sont rappelés au fil des manvantaras.

Verse 6

दर्शश्च पौर्णमासश्च बृहद्यच्च रथन्तरम् / वित्तिश्चैव विवित्तिश्च आकूतिः कूतिरेव च

Darśa et Paurṇamāsa, ainsi que Bṛhad et Rathantara; de même Vitti, Vivitti, Ākūti et Kūti : tels sont des noms sacrés du yajña.

Verse 7

विज्ञाता चैव विज्ञातो मनो यज्ञस्तथैव च / नामान्येतानि तेषां वै यज्ञानां प्रथितानि च

Vijñātā et Vijñāta, ainsi que le Mano-yajña; tels sont, en vérité, les noms renommés de ces yajñas.

Verse 8

ब्रह्मशापेन तेजाताः पुनः स्वायंभुवे जिताः / स्वारोचिषे वै तुषिताः सत्यश्चैवोत्तमे पुनः

Par la malédiction de Brahmā, ils furent dépouillés de leur éclat; puis, dans le manvantara de Svāyaṃbhuva, ils furent vaincus. Dans le manvantara de Svārociṣa, on les nomma Tuṣita, et dans celui d’Uttama, de nouveau, Satya.

Verse 9

तामसे हरयो नाम वैकुण्ठा रेवतान्तरे / ते साध्याश्चाक्षुषे नाम्ना छन्दजा जज्ञिरे सुराः

Dans le manvantara Tāmāsa, on les nomma Harayaḥ, et dans celui de Revata, Vaikuṇṭha. Dans le manvantara Cākṣuṣa, ils naquirent comme les Sādhya, des dieux issus du Chandas (mètre sacré).

Verse 10

धर्मपुत्रा महाभागाः साध्या ये द्वादशामराः / पूर्वं समनुसूयन्ते चाक्षुषस्यान्तरे मनोः

Les douze Sādhya immortels, fortunés et fils de Dharma, sont comptés depuis l’origine dans le manvantara de Manu Cākṣuṣa.

Verse 11

स्वारोचिषेंऽतरे ऽतीता देवा ये वै महौजसः / तुषिता नाम ते ऽन्योन्यमूचुर्वै चाक्षुषेंऽतरे

Dans le manvantara de Svārociṣa, les dieux au grand éclat étaient déjà passés ; ceux nommés Tuṣita se parlèrent entre eux durant le manvantara de Cākṣuṣa.

Verse 12

किञ्चिच्छिष्टे तदा तस्मिन्देवा वै तुषिताब्रुवन् / एतामेव महाभागां वयं साध्यां प्रविश्य वै

Lorsqu’il en restait encore un peu, les dieux Tuṣita dirent : « Ô très fortunée, nous y entrerons nous-mêmes en tant que Sādhya ».

Verse 13

मन्वन्तरे भविष्यामस्तन्नः श्रेयो भविष्यति / एवमुक्त्वा तु ते सर्वे चाक्षुषस्यान्तरे मनोः

« Nous serons dans le manvantara ; ce sera pour nous le plus salutaire. » Ayant ainsi parlé, ils demeurèrent tous durant l’ère de Manu Cākṣuṣa.

Verse 14

तस्यां द्वादश संभूता धर्मात्स्वायंभुवात्पुनः / नरनारायणो तत्र जज्ञाते पुनरेव हि

Là naquirent douze êtres issus de Dharma Svāyaṃbhuva ; et là même Nara et Nārāyaṇa naquirent de nouveau, assurément.

Verse 15

विपश्चिदिन्द्रो यश्चाभूत्तथा सत्यो हरिश्च तौ / स्वारोचिषेंऽतरे पूर्वमास्तां तौ तुषितासुतौ

Vipaścit et Indra, de même que Satya et Hari : ces deux-là, jadis, dans le manvantara de Svārociṣa, étaient fils des Tuṣita.

Verse 16

तुषितानां तु साध्यात्वे नामान्येतानि चक्षते / मनो ऽनुमन्ता प्राणश्च नरो ऽपानश्च वीर्यवान्

Dans l’état de Sādhya des Tuṣita, on énonce ces noms : Manas, Anumantā, Prāṇa, Nara et le vigoureux Apāna.

Verse 17

वितिर्नयो हयश्चैव हंसो नारायणस्तथा / विभुश्चापि प्रभुश्चापि साध्या द्वादश जज्ञिरे

Viti, Naya, Haya, Haṃsa, Nārāyaṇa, ainsi que Vibhu et Prabhu : ainsi naquirent les douze Sādhya.

Verse 18

स्वायंभुवैंऽतरे पूर्वं ततः स्वारो चिषे पुनः / नामान्यासन्पुनस्तानि तुषितानां निबोधत

D’abord, dans le manvantara de Svāyaṃbhuva, puis de nouveau dans celui de Svārociṣa, les noms des Tuṣita furent les mêmes ; sache-le.

Verse 19

प्राणापानावुदानश्च समानो व्यान एव च / चक्षुः श्रोत्रं रसो घ्राणं स्पर्शो बुद्धिर्मनस्तथा

Prāṇa, Apāna, Udāna, Samāna et Vyāna ; ainsi que l’œil, l’ouïe, le goût, l’odorat, le toucher, l’intelligence et le mental.

Verse 20

नामान्येतानि वै पूर्वं तुषितानां स्मृतानि च / वसोस्तु वसवः पुत्राः साध्यानामनुजाः स्मृताः

Ces noms furent jadis rappelés comme ceux des Tuṣita ; et les Vasu, fils de Vasu, sont tenus pour les cadets des Sādhya.

Verse 21

धरो ध्रुवश्च सोमश्च आयुश्चैवानलो ऽनिलः / प्रत्यूषश्च प्रभासश्च वसवो ऽष्टौ प्रकीर्तिताः

Dhara, Dhruva, Soma, Ayu, Anala, Anila, Pratyusha et Prabhasa : tels sont les huit Vasus célébrés.

Verse 22

धरस्य पुत्रो द्रविणो हुतहव्यो रजस् तथा / ध्रुवपुत्रो ऽभवत्तात कालो लोकाप्रकालनः

Les fils de Dhara furent Dravina, Hutahavya et Rajas; et le fils de Dhruva, ô cher, fut Kala, l’ordonnateur des mondes.

Verse 23

सोमस्य भगवान्वर्चा बुधश्च ग्रहबौधनः / धरोर्मी कलिलश्चैव पञ्च चन्द्रमसः सुताः

De Soma naquirent Bhagavanvarcha, Budha qui éclaire la science des grahas, ainsi que Dharormi et Kalila : cinq fils de Chandra.

Verse 24

आयस्य पुत्रो वैतण्ड्यः शमः शान्तस्तथैव च / स्कन्दः सनत्कुमारश्च जज्ञे पादेन तेजसः

Les fils d’Ayu furent Vaitandya, Shama et Shanta; et d’une part du tejas naquirent Skanda et Sanatkumara.

Verse 25

अग्नेः पुत्रं कुमारं तु स्वाहा जज्ञे श्रिया षृतम् / तस्य शाखो विशाखश्च नैगमेयश्च प्रष्टजाः

Svaha enfanta Kumara, fils d’Agni, comblé de la splendeur de Shri ; ses fils furent Shaka, Vishakha et Naigameya (Prashtaja).

Verse 26

अनिलस्य शिवा भार्या तस्याः पुत्रो मनोजवः / अविज्ञान गतिश्चैव द्वौ पुत्रावनिलस्य च

L’épouse d’Anila fut Śivā ; d’elle naquit le fils nommé Manojava. Anila eut encore deux fils : Avijñāna et Gati.

Verse 27

प्रत्यूषस्य विदुः पुत्रमृषिं नाम्नाथ देवलम् / द्वौ पुत्रौ देवलस्यापि क्षमावन्तौ मनीषिणौ

On sait que le fils de Pratyūṣa fut le ṛṣi nommé Devala. Devala eut aussi deux fils, pleins de patience et de sagesse.

Verse 28

बृहस्पतेश्तु भगिनी भुवना ब्रह्मवादिनी / योगसिद्धा जगत्कृत्स्नमशक्ता चरति स्म ह

La sœur de Bṛhaspati, Bhuvanā, était une proclamatrice du Brahman. Par la perfection du yoga, elle parcourait sans entrave l’univers entier.

Verse 29

प्रभासस्य तु भार्या सा वसूनामष्टमस्य ह / विश्वकर्मा सुतस्तस्याः प्रजापतिपतिर्विभुः

Elle fut l’épouse de Prabhāsa, le huitième des Vasus. D’elle naquit Viśvakarmā, seigneur des Prajāpatis, le Tout-Puissant.

Verse 30

विश्वेदेवास्तु विश्वाया जज्ञिरे दश विश्रुताः / क्रतुर्दक्षः श्रवः सत्यः कालः मुनिस्तथा

De Viśvā naquirent les dix illustres Viśvedevas : Kratu, Dakṣa, Śrava, Satya, Kāla, Muni, et d’autres.

Verse 31

पुरूरवो मार्द्रवसो रोचमानश्च ते दश / धर्मपुत्राः सुरा एते विश्वायां जज्ञिरे शुभाः

Purūrava, Mārdravasa et Rocamāna—ces dix dieux de bon augure, fils du Dharma, naquirent de Viśvā dans le monde.

Verse 32

मरुत्वत्यां मरुत्वन्तो भानवो भानुजाः स्मृताः / मुहूर्ताश्च मुहूर्ताया घोषलंबा ह्यजायत

De Marutvatī naquirent les Marutvant; de Bhānujā l’on se souvient des Bhānava; et de Muhūrtā naquirent les Muhūrta, ainsi que Ghoṣalambā.

Verse 33

संकल्पायां तु संजज्ञे विद्वान्संकल्प एव तु / नव वीथ्यस्तु जामायाः पथत्रयमुपाश्रिताः

Dans Saṃkalpā naquit le sage nommé Saṃkalpa; et les neuf vīthi de Jāmā prirent appui sur les trois voies.

Verse 34

पृथिवी विषयं सर्वमरुन्धत्यामजायत / एष सर्गः समाख्यातो विद्वान्धर्मस्य शाश्वतः

D’Arundhatī naquit tout le domaine de la terre; tel est ce sarga, ainsi proclamé par les sages connaissant le Dharma éternel.

Verse 35

मुहूर्ताश्चैव तिथ्याश्च प्रतिभिः सह सुव्रताः / नामतः संप्रवक्ष्यामि ब्रुवतो मे निबोधत

Ô vous aux vœux purs : les muhūrta et les tithi, avec les pratibhi; à présent j’en dirai les noms—écoutez attentivement mes paroles.

Verse 36

अहोरात्रविभागश्च नक्षत्राणि समाश्रितः / मुहुर्त्ताः सर्वनक्षत्रा अहोरात्रभिदस्तथा

La division du jour et de la nuit repose sur les nakṣatra; dans tous les nakṣatra, les muhūrta indiquent pareillement les distinctions du jour et de la nuit.

Verse 37

अहोरात्रकलानां तु षडशीत्यधिकाः स्मृताः / रवेर्गति विशेषेण सर्वर्त्तुषु च नित्यशः

Les kalā du jour et de la nuit sont tenues pour plus de quatre-vingt-six; selon la particularité du mouvement du Soleil, cela demeure constamment en toutes les saisons.

Verse 38

ततो वेदविदश्चैतां गतिमिच्छन्ति पर्वसु / अविशेषेषु कालेषु ज्ञेयः सवितृमानतः

Ainsi, les connaisseurs des Veda recherchent ce mouvement aux jours de parva; aux temps sans particularité, il doit être connu selon la mesure de Savitṛ (le Soleil).

Verse 39

रौद्रः सार्पस्तथा मैत्रः पित्र्यो वासव एव च / आप्यो ऽथ वैश्वदेवश्च ब्राह्मो मध्याह्नसंश्रितः

Raudra, Sārpa, Maitra, Pitrya, Vāsava, Āpya, Vaiśvadeva et Brāhma : ces muhūrta sont rattachés au milieu du jour.

Verse 40

प्राजापत्यस्तथैवेन्द्र इन्द्राग्नी निरृतिस्तथा / वारुणश्च यथार्यम्णो भगश्चापि दिनश्रिताः

Prājāpatya, Aindra, Indrāgnī, Nairṛti, Vāruṇa, Aryaman et Bhaga : ces muhūrta aussi sont établis dans les portions du jour.

Verse 41

एते दिनमुहूर्ताश्च दिवाकरविनिर्मिताः / शङ्कुच्छाया विशेषेण वेदितव्याः प्रमाणतः

Tels sont les muhūrta du jour, institués par le Dieu Soleil ; on doit les connaître avec justesse d’après les variations de l’ombre du śaṅku (gnomon).

Verse 42

अजैकपादहिर्बुध्न्यः पूषाश्वियमदेवताः / आग्नेयश्चापि विज्ञेयः प्राजापत्यस्तथैव च

Ajaikapād et Ahirbudhnya, ainsi que Pūṣā, les Aśvin et le dieu Yama ; de même, l’Āgneya et le Prājāpatya doivent être reconnus.

Verse 43

सौम्यश्चापि तथादित्यो बार्हस्पत्यश्च वैष्मवः / सावित्रश्च तथा त्वाष्ट्रो वायव्यश्चेति संग्रहः

Saumya et Āditya, Bārhaspatya et Vaiṣṇava ; ainsi Sāvitra, Tvāṣṭra et Vāyavya : tel est le résumé.

Verse 44

एते रात्रेर्मुहूर्त्ताः स्युः क्रमोक्ता दश पञ्च च / इन्दोर्गत्युदया ज्ञेया नाडिका आदितस्तथा

Voici les muhūrta de la nuit, énoncés dans l’ordre : quinze. D’après la marche et le lever de la Lune, il faut aussi connaître dès le début la nāḍikā.

Verse 45

कालावस्थास्त्विमास्त्वेते मुहूर्त्ता देवताः स्मृताः / सर्वग्रहाणां त्रीण्येव स्थानानि विहितानि च

Ces états du temps sont tenus pour les divinités des muhūrta ; et pour tous les graha (planètes), seules trois positions ont été prescrites.

Verse 46

दक्षिणोत्तरमध्यानि तानि विद्याद्यथाक्रमम् / स्थानं जारद्गवं सध्ये तथैरावतमुत्तरम्

Qu’on les connaisse selon l’ordre : au sud, au nord et au milieu. Au centre se trouve le lieu nommé Jāradgava, et au nord se tient Airāvata (la vīthī).

Verse 47

वैश्वानरं दक्षिणतो निर्दिष्टमिह तत्त्वतः / अश्विनी कृत्तिका याम्यं नागवीथीति विश्रुता

Ici, en vérité, Vaiśvānara est indiqué du côté du sud. Aśvinī et Kṛttikā se trouvent dans la partie yāmya (méridionale), renommée Nāgavīthī.

Verse 48

ब्राह्मं सौम्यं तथार्द्रा च गजवीथीति शब्दिता / पुष्याश्लेषे तथादित्यं वीथी चैरावती मता

Brāhma, Saumya et Ārdrā sont appelées Gajavīthī. Et Āditya, avec Puṣya et Āśleṣā, est tenu pour la vīthī nommée Airāvatī.

Verse 49

तिस्रस्तु विथयो ह्येता उत्तरो मार्ग उच्यते / पूर्वोत्तरे च फल्गुन्यौ मघा चैवार्षभी स्मृता

Ces trois vīthī sont dites l’Uttaro Mārga, la voie du nord. Et au nord-est (pūrvottara), les deux Phalgunī et Maghā sont rappelées comme Ārṣabhī (vīthī).

Verse 50

हस्तश्चित्रा तथा स्वाती गोवीथीति तु शब्दिता / ज्येष्ठा विशाखानुराधा वीथी जारद्गवी मता

Hasta, Citrā et Svātī sont appelées Govīthī. Et Jyeṣṭhā, Viśākhā et Anurādhā sont tenues pour la vīthī Jāradgavī.

Verse 51

एतास्तु वीथयस्तिस्रो मध्यमो मार्ग उच्यते / मूलं पूर्वोत्तराषाढे अजवीथ्याभिशब्दिते

Voici les trois vīthi; c’est ce que l’on nomme la « voie médiane ». Dans Pūrvottarāṣāḍhā, la nakṣatra Mūla est appelée « Ajavīthī ».

Verse 52

श्रवणं च धनिष्ठा च मार्गी शतभिषक्तथा / वैश्वानरी भाद्रपदे रेवती चैव कीर्त्तिता

Śravaṇa et Dhaniṣṭhā, ainsi que Śatabhiṣak, sont dits « mārgī ». Dans Bhādrapada, Vaiśvānarī et Revatī sont aussi célébrées.

Verse 53

एतास्तु वीथयस्तिस्रो दक्षिणे मार्ग उच्यते / अष्टाविशति याः कन्या दक्षः सोमाय ता ददौ

Ces trois vīthi sont appelées la « voie du sud ». Les vingt-huit jeunes filles furent données par Dakṣa à Soma (Candra).

Verse 54

सर्वा नक्षत्रनाम्न्यस्ता ज्यौतिषे परिकीर्त्तिताः / तासामपत्यान्यभवन्दीप्तयो ऽमिततेजसः

Toutes celles qui portent des noms de nakṣatra sont célébrées dans la science du jyotiṣa. Leur descendance naquit rayonnante, d’une splendeur sans mesure.

Verse 55

यास्तु शेषास्तदा कन्याः प्रतिजग्राह कश्यपः / चतुर्दशा महाभागाः सर्वास्ता लोकमातरः

Les jeunes filles qui restaient alors furent accueillies par Kaśyapa. Ces quatorze, hautement bénies, sont toutes des Mères du Monde (Lokamātā).

Verse 56

अदितिर्दितिर्दनुः काष्ठारिष्टानायुः खशा तथा / सुरभिर्विनता ताम्रा मुनिः क्रोधवशा तथा

Aditi, Diti, Danu, Kastha, Arishta, Anayu et Khasha; de même Surabhi, Vinata, Tamra, Muni et Krodhavasha : toutes furent des épouses du Prajapati.

Verse 57

कद्रूर्माता च नागानां प्रजास्तासां निबोधत / स्वायंभुवे ऽन्तरे तात ये द्वादश सुरोत्तमाः

Kadru fut la mère des Naga ; apprends donc leur descendance. Ô mon enfant, dans le Manvantara de Svayambhuva il y eut douze dieux très excellents.

Verse 58

वैकुण्ठा नाम ते साध्या बभूवुश्चाक्षुषेंऽतरे / उपस्थितेंऽतरे ह्यस्मिन्पुनर्वैवस्वतस्य ह

Les Sādhya nommés « Vaikuntha » apparurent durant le Manvantara de Cākṣuṣa ; et lorsque cet intervalle advient, le Manvantara de Vaivasvata survient de nouveau.

Verse 59

आराधिता आदित्या ते समेत्योचुः परस्परम् / एतामेव महाभागामदितिं संप्रविश्य वै

Les Āditya, satisfaits par l’adoration, se réunirent et se dirent l’un à l’autre : « Entrons en cette Aditi, la très fortunée, (afin d’y prendre naissance). »

Verse 60

वैवस्वतेंऽतरे ह्यस्मिन्योगादर्द्धेन तेजसा / गच्छेम पुत्रतामस्यास्तन्नः श्रेयो भविष्यति

Dans ce Manvantara de Vaivasvata, par la puissance du yoga et avec la moitié de notre splendeur, gagnons la condition de ses fils ; cela sera pour nous le plus salutaire.

Verse 61

एवमुक्त्वा तु ते सर्वे वर्त्तमानेंऽतरे तदा / जज्ञिरे द्वादशादित्या मारीयात्कश्यपात्पुनः

Après avoir ainsi parlé, en ce temps d’intervalle; naquirent de nouveau les douze Āditya, de Kaśyapa par la fille de Marīci.

Verse 62

शतक्रतुश्च विष्णुश्च जज्ञाते पुनरेव हि / वैवस्वतेंऽतरे ह्यस्मिन्नरनारायणौ तदा

Śatakratu (Indra) et Viṣṇu naquirent eux aussi de nouveau, assurément; en ce Manvantara de Vaivasvata, ils se manifestèrent alors comme Nara et Nārāyaṇa.

Verse 63

तेषामपि हि देवानां निधनोत्पत्तिरुच्यते / यथा सूर्यस्य लोके ऽस्मिन्नुदयास्तमयावुभौ

Même pour ces dieux, on parle de naissance et de disparition; comme en ce monde le soleil a l’aurore et le couchant, l’un et l’autre.

Verse 64

दृष्टानुश्रविके यस्मात्सक्ताः शब्दादिलक्षणे / अष्टात्मके ऽणिमाद्ये च तस्मात्ते जज्ञिरे सुराः

Parce qu’ils étaient attachés à ce qui est vu et entendu, aux marques telles que le son et autres, et aux huit siddhi comme aṇimā; c’est pourquoi ils naquirent comme suras (dieux).

Verse 65

इत्येष विषये रागः संभूत्याः कारणं स्मृतम् / ब्रह्मशापेन संभूता जयाः स्वायंभुवे जिताः

Ainsi, l’attachement aux objets est tenu pour la cause de la naissance; les ‘Jaya’, nés de la malédiction de Brahmā, furent vaincus dans le Manvantara de Svāyambhuva.

Verse 66

स्वारोचिषे वै तुषिताः सत्यश्चैवोत्तमे पुनः / तामसे हरयो देवा जाताश्चा रिष्टवे तु वै

Dans le manvantara de Svārociṣa naquirent les dieux Tuṣita et Satya ; et dans le manvantara d’Uttama, on les mentionne encore. Dans le manvantara de Tāmasa naquirent les dieux Haraya, et pour Ariṣṭa aussi les dieux se manifestèrent.

Verse 67

वैकुण्ठाश्चाश्रुषे साध्या आदित्याः सप्तमे पुनः / धातार्यमा च मित्रश्च वरुणोंऽशो भगस्तथा

Dans le manvantara d’Āśruṣa se trouvèrent les dieux Vaikuṇṭha et les Sādhya ; et dans le septième manvantara apparurent les Āditya. Dhātā, Aryamā, Mitra, Varuṇa, Aṃśa et Bhaga sont ces Āditya.

Verse 68

इन्द्रो विवस्वान्पूषा च पर्जन्यो दशमः स्मृतः / ततस्त्वष्टा ततो विष्णुरजघन्यो जघन्यजः

Indra, Vivasvān, Pūṣā et Parjanya : on se souvient d’eux comme du dixième (parmi les Āditya). Ensuite viennent Tvaṣṭā, puis Viṣṇu ; et l’on mentionne aussi Ajaghanya et Jaghanyaja.

Verse 69

इत्येते द्वादशादित्याः कश्यपस्य सुता विभोः / सुरभ्यां कश्यपाद्रुद्रा एकादश विजज्ञिरे

Ainsi, ces douze Āditya sont les fils du puissant Kaśyapa. De Surabhī, par Kaśyapa, naquirent onze Rudra.

Verse 70

महादेवप्रसादेन तपसा भाविता सती / अङ्गारकं तथा सर्पं निरृतिं सदसत्पतिम्

Par la grâce de Mahādeva, mûrie par l’ascèse, cette Satī (Surabhī) fut emplie de puissance ; et elle enfanta Aṅgāraka, Sarpa, Nirṛti et Sadasatpati.

Verse 71

अचैकपादहिर्बुध्न्यौ द्वावेकं च ज्वरं तथा / भुवनं चेश्वरं मृत्युं कपालीति च विशुतम्

Acaikapāda et Ahirbudhnya—deux; et aussi un nommé Jvara. Sont également renommés les noms Bhuvana, Īśvara, Mṛtyu et Kapālī.

Verse 72

देवानेकादशैतांस्तु रुद्रांस्त्रिभुवनेश्वरान् / तपसोग्रेण महाता सुरभिस्तानजीजनत्

Par la force d’une austérité immense et ardente, Surabhi engendra ces onze Rudra, seigneurs des trois mondes.

Verse 73

ततो दुहितरावन्ये सुरभिर्देव्यजायत / रोहिणी चैव सुभगां गान्धवी च यशस्विनीम्

Puis, de la déesse Surabhi naquirent encore deux filles : Rohiṇī la fortunée, et Gāndhavī la renommée.

Verse 74

रोहिण्या जज्ञिरे कन्याश्चतस्रो लोकविश्रुताः / सुरूपा हंसकाली च भद्रा कामदुघा तथा

De Rohiṇī naquirent quatre jeunes filles, célèbres dans le monde : Surūpā, Haṃsakālī, Bhadrā et Kāmadughā.

Verse 75

सुषुवे गाः कामदुघा सुरूपा तनयद्वयम् / हंसकाली तु महिषान्भद्रायस्त्वविजातयः

Kāmadughā enfanta les vaches; Surūpā engendra deux fils. Haṃsakālī mit au monde des buffles; et de Bhadrā naquit une autre lignée dite Avijāta.

Verse 76

विश्रुतास्तु महाभागा गान्धर्व्या वाजिनः सुताः / उच्चैःश्रवादयो जाताः खेचरास्ते मनोजवाः

Les fils fortunés de Vājina, nés de Gandharvī, devinrent célèbres ; Uccaiḥśravā et les autres naquirent comme des êtres parcourant le ciel, rapides comme la pensée.

Verse 77

श्वेताः शोणाः पिशङ्गास्च सारङ्गा हरि तार्जुनाः / उक्ता देवोपवाह्यास्ते गान्धर्वियोनयो हयाः

On dit qu’ils étaient blancs, rouges, fauves, tachetés, dorés-verdâtres et tārjuna ; ces chevaux, nés de la lignée de Gandharvī, furent déclarés dignes de porter les dieux.

Verse 78

भूयो जज्ञे सुरभ्यास्तु श्रीमांश्चन्द्रप्रभो वृषः / स्रग्वी ककुद्मान्द्युतिमा नमृतालयसंभवः

Puis, de Surabhī naquit encore un taureau splendide, rayonnant comme l’éclat de la lune ; il portait une guirlande, avait une bosse saillante, brillait de lumière, et ne provenait pas du séjour de l’amṛta.

Verse 79

सुरभ्यनुमते दत्तो ध्वजो माहेश्वरस्तु सः / इत्येते कश्यपसुता रुद्रादित्याः प्रकीर्त्तिताः

Avec l’assentiment de Surabhī, il fut donné comme étendard de Maheśvara ; ainsi, ces fils de Kaśyapa sont célébrés sous le nom de Rudrāditya.

Verse 80

धर्मपु पुत्राः स्मृताः साध्या विश्वे च वसवस्तथा / यथेन्धनवशाद्वह्निरेकस्तु बहुधा भवेत्

Les Sādhyas, les Viśves et les Vasus sont tenus pour fils de Dharma ; de même qu’un seul feu, selon le bois qui l’alimente, se manifeste de multiples façons.

Verse 81

भवत्येकस्तथा तद्वन्मूर्त्तीनां स पिता महः / एको ब्रह्मान्तकश्चैव पुरुषश्चैति तत्र यः

Il est l’Unique; il est le grand Père de toutes les formes. Là, l’Un est nommé Brahmā, Antaka et Puruṣa.

Verse 82

एकस्यैताः स्मृतास्तिस्रस्तनवस्तु स्वयंभुवः / ब्राह्मी च पौरुषी चैव कालाख्या चेति ताः स्मृताः

Du Svayambhū unique, on se souvient de trois corps: Brāhmī, Pauruṣī et celui nommé Kālākhyā.

Verse 83

या तत्र राजसी तस्य तनुः सा वै प्रजाकरी / मता सा या तु कालाख्या प्रजाक्षयकरी तु सा

Parmi elles, son corps de nature rajasique est tenu pour engendrer les créatures; mais celui nommé Kālākhyā provoque leur dépérissement.

Verse 84

सात्त्विकी पौरुषी या तु सा तनुः पालिका स्मृता / राजसी ब्रह्मणो या तु मारीचः कश्यपो ऽभवत्

Le corps Pauruṣī de nature sattvique est tenu pour protecteur. Et du corps rajasique de Brahmā naquirent Marīci et Kaśyapa.

Verse 85

तामसी चान्तकृद्या तु तदंशो विष्णुरुच्यते

Quant au corps de nature tamasique, qui apporte la fin, sa part est dite Viṣṇu.

Verse 86

त्रैलोक्ये ताः स्मृतास्तिस्रस्तनवो वै प्रजाकरी / मता सा या तु कालाख्या प्रजाक्षयकरी तु सा

Dans les trois mondes, on se souvient de trois formes comme génératrices des êtres; mais celle qu’on nomme Kāla, le Temps, est tenue pour celle qui consume les êtres.

Verse 87

सृजत्यथानुगृह्णाति तथा संहरति प्रजाः / एवमेताः स्मृतास्तिस्रस्तनवो हि स्वयंभुवः

Il crée les êtres, puis les comble de grâce, et de même les résorbe; ainsi sont rappelées les trois formes du Svayambhū, l’Auto-né.

Verse 88

प्राजापत्या च रौद्रा च वैष्णवी चेति तास्त्रिधा / एतास्तन्वः स्मृता देवा धर्मशास्त्रे पुरातने

Elles sont de trois sortes : prājāpatya, raudra et vaiṣṇavī ; dans l’antique Dharmaśāstra, ces formes sont tenues pour de nature divine.

Verse 89

सांख्ययोगरतैर्धीरैः पृथगेकार्थदर्शिभिः / अभिजातिप्रभावज्ञैर्मुनिभिस्तत्त्वदर्शिभिः

Ainsi l’énoncent les sages constants, voués au Sāṃkhya et au Yoga, qui, tout en distinguant, voient un seul sens, connaissant l’influence de la naissance et contemplant la vérité.

Verse 90

एकत्वेन पृथक्त्वेन तासु भिन्नाः प्रजास्त्विमाः / इदं परमिदं नेति ब्रुवते भिन्नदर्शिनः

Selon qu’on les considère dans l’unité ou la séparation, ces êtres diffèrent en ces formes; ceux dont la vision diverge disent : « Ceci est suprême, ceci ne l’est pas ».

Verse 91

ब्रह्माणां कारणं के चित्केचिदाहुः प्रजापतिम् / केचिद्भवं परत्वेन प्राहुर्विष्णुं तथापरे

Les uns disent que Prajāpati est la cause de l’univers; d’autres proclament Bhava (Śiva) comme le Suprême, et d’autres encore Viṣṇu.

Verse 92

अभिज्ञानेन संभूताः सक्तारिष्टविचेतसः / सत्त्वं कालं च देशं च कार्यं चावेक्ष्य कर्म च

Nés du discernement, mais l’esprit lié par l’attachement et la crainte, ils considèrent la qualité sattva, le temps, le lieu, l’œuvre et l’acte.

Verse 93

कारणं तु स्मृता ह्येते नानार्थेष्विह देवताः / एकं प्रशंसमानस्तु सर्वानेवप्रशसति

Ici, ces divinités sont tenues pour cause en des sens variés; mais qui loue l’une, en vérité loue toutes.

Verse 94

एकं निन्दति यस्त्वेषां सर्वानेव स निन्दति / न प्रद्वेषस्ततः कार्यो देवतासु विजानता

Qui blâme l’une d’entre elles blâme toutes; ainsi, celui qui sait ne doit pas nourrir d’aversion envers les divinités.

Verse 95

न शक्या ईश्वराज्ञातुमैश्वर्येण व्यवस्थिताः / एकत्वात्स त्रिधा भूत्वा संप्रमोहयति प्रजाः

Il n’est pas aisé de connaître le décret du Seigneur, établi dans sa souveraineté; étant Un, il devient triple et ainsi trouble les créatures.

Verse 96

एतेषां वै त्रयाणां तु विचिन्वन्त्यन्तरं जनाः / जिज्ञासवः परीहन्ते सक्ता दुष्टा विचेतसः

Parmi ces trois, les hommes cherchent une différence. Même les avides de savoir s’égarent; les attachés, les mauvais et les esprits troublés sont abusés.

Verse 97

इदं परमिदं नेति संरंभाद्भिन्नदर्शिनः / यातुधाना विशेषा ये पिशाचाश्चैव नान्तरम्

Par l’entêtement à dire : « ceci est suprême, ceci ne l’est pas », ils prennent des vues différentes. Même dans des formes particulières comme les yātudhāna et les piśāca, il n’y a en vérité aucune différence.

Verse 98

एकः स तु पृथक्त्वेन स्वयं भूत्वा च तिष्ठति / गुणमात्रात्मिकाभिस्तु तनुभिर्मोहयन्प्रजाः

Il est l’Unique; pourtant, comme distinct, il devient de lui-même et demeure. Par des corps faits seulement de guṇa, il plonge les créatures dans l’illusion.

Verse 99

तेष्वेकं यजते यो वै स तदा यजते त्रयम् / तस्माद्देवास्त्रयो ह्येते नैरन्तर्येणधिष्टताः

Celui qui, parmi eux, adore l’un, adore alors les trois. Ainsi ces trois dieux sont établis sans discontinuité sur un même fondement.

Verse 100

तस्मात्पृथक्त्वमेकत्वं संख्या संख्ये गतागतम् / अल्पत्वं वा बहुत्वं वा तेषु को ज्ञातुमर्हति

Ainsi, séparation ou unité en eux, va-et-vient du nombre et du dénombrement, peu ou beaucoup : qui pourrait le savoir avec certitude ?

Verse 101

तस्मात्सृष्ट्वानुगृह्णति ग्रसते चैव सर्वशः / गुणात्मकत्ववै कल्पये तस्मादेकः स उच्यते

Ainsi, après avoir créé, Il accorde sa grâce et, de toutes parts, Il engloutit aussi toute chose. On Le conçoit comme l’essence des guṇa; c’est pourquoi on Le dit Unique.

Verse 102

रुद्रं ब्रह्माणमिन्द्रं च लोकपालानृषीन्मनून् / देवं तमेकं बहुधा प्राहुर्नारायणं द्विजाः

Rudra, Brahmā, Indra, les gardiens des mondes, les ṛṣi et les Manu : ce Dieu unique, les deux-fois-nés le proclament de multiples façons sous le nom de Nārāyaṇa.

Verse 103

प्राजापत्या च रौद्री च तनुर्या चैव वैष्णवी / मन्वन्तरेषु वै तिस्र आवर्त्तन्ते पुनः पुनः

La forme prājāpatya, la raudrī et la vaiṣṇavī : ces trois manifestations reviennent sans cesse au fil des manvantaras.

Verse 104

क्षेत्रज्ञा अपि चान्ये ऽस्य विभोर्जायन्त्यनुग्रहात् / तेजसा यशसा बुद्ध्या श्रुतेन च बलेन च

Par la grâce de ce Seigneur naissent aussi d’autres connaisseurs du champ (kṣetrajña), pourvus d’éclat, de renommée, d’intelligence, de savoir révélé et de force.

Verse 105

जायन्ते तत्समाश्चैव तानपीमान्निबोधत / राजस्या ब्रह्मणोंऽशेन मारीचः कश्यपो ऽभवत्

D’autres, semblables à Lui, naissent aussi ; sachez-le également. De la part rajassique de Brahmā, Marīci devint Kaśyapa.

Verse 106

तामस्यास्तस्य चांशेन कालो रुद्रः स उच्यते / सात्त्विक्याश्च तथांशेन यज्ञो विष्णुरजा यत

De sa part tamasique, on dit que le Temps est Rudra ; et de sa part sattvique se manifeste Vishnu, forme même du Yajña.

Verse 107

त्रिषु कालेषु तस्यैता ब्रह्ममस्तनवो द्विजाः / मन्वन्तरेष्विह स्रष्टुमावर्त्तन्ते पुनः पुनः

Dans les trois temps, ce sont les grandes formes de Brahmā, ô dvija ; et, dans les manvantaras, elles reviennent sans cesse pour créer.

Verse 108

मन्वन्तरेषु सर्वेषु प्रजाः स्थावरजङ्गमाः / युगादौ सकृदुत्पन्नास्तिष्ठन्तीहाप्रसंयमात्

Dans tous les manvantaras, les créatures immobiles et mobiles naissent une fois au commencement du yuga et demeurent ici, faute de la contrainte de la dissolution.

Verse 109

प्राप्ते प्राप्ते तु कल्पान्ते रुद्रः संहरति प्रजाः / कालो भूत्वा युगात्मासौ रुद्रः संहरते पुनः

Chaque fois qu’advient la fin du kalpa, Rudra résorbe les créatures ; devenu Kāla, l’âme du yuga, ce même Rudra détruit de nouveau.

Verse 110

संप्राप्ते चैव कल्पान्ते सप्तरशिमर्दिवाकरः / भूत्वा संवर्त्तकादित्यस्त्रींल्लोकांश्च दहत्युत

Quand survient la fin du kalpa, le Divākara aux sept rayons, prenant la forme de l’Āditya Samvartaka, embrase aussi les trois mondes.

Verse 111

विष्णुः प्रजानुग्रहकृत्सदा पालयति प्रजाः / तस्यां तस्यामवस्थायां तत उत्पाद्य कारणम्

Vishnou, toujours bienveillant envers les créatures, protège les êtres. En chaque état, c’est Lui-même qui devient la cause de cette manifestation.

Verse 112

सत्त्वोद्रिक्ता तु या प्रोक्ता ब्रह्मणः पौरुषी तनुः / तस्याशेन च विज्ञेयो मनोः स्वायंभुवेन्तरे

La forme virile de Brahmā, dite prédominante en sattva : c’est par sa part que ceci doit être connu dans le Manvantara de Manu Svayambhuva.

Verse 113

आकृत्यां मनसा देव उत्पन्नः प्रथमं विभुः / ततः पुनः स वै देवः प्राप्ते स्वारोचिषे ऽन्तरे

Le Deva tout-puissant surgit d’abord sous une forme née du mental. Puis, lorsque vint le Manvantara de Svarocisa, ce même Deva se manifesta de nouveau.

Verse 114

तुषितायां समुत्पन्नो ह्यजितस्तुषितैः सह / औत्तमे ह्यन्तरे वापि ह्यजितस्तु पुनः प्रभुः

Parmi les dieux Tusita, Ajita naquit avec les Tusitas. Et dans le Manvantara d’Uttama aussi, le Seigneur Ajita se manifesta de nouveau.

Verse 115

सत्यायामभवत्सत्यः सह सत्यैः सुरोत्तमैः / तामसस्यातरे चापि स देवः पुनरेव हि

Parmi les dieux Satya, le Deva Satya apparut avec les Suras excellents appelés « Satya ». Et dans le Manvantara de Tamasa aussi, ce même Deva se manifesta assurément de nouveau.

Verse 116

हरिण्यां हरिभिः सार्द्धं हरिरेव बभूव ह / वैवस्वतेन्तरे चापि हरिर्देवेः पुनस्तु सः

Avec Hariṇyā et en compagnie des Hari, Hari lui-même se manifesta. Même durant le manvantara de Vaivasvata, ce même Hari naquit de nouveau du sein de la Déesse.

Verse 117

वैकुण्ठो नामतो जज्ञे विधूतरजसैः सह / मरीचात्कश्यपाद्विष्णुरदित्यां संबभूव ह

Il naquit sous le nom de « Vaikuṇṭha », avec les dieux purifiés du rajas. De Kaśyapa, issu de Marīci, Viṣṇu se manifesta dans le sein d’Aditi.

Verse 118

त्रिभिः क्रमैरिमांल्लोकञ्जित्वा विष्णुस्त्रिविक्रमः / प्रत्यपादयदिन्द्राय दैवतैश्चैव स प्रभुः

Par trois pas, Viṣṇu, le Trivikrama, conquit ces mondes. Ce Seigneur, avec les dieux, rendit à Indra sa royauté.

Verse 119

इत्येतास्तनवो जाता व्यतीताः सप्तसप्तसु / मन्वन्तरेष्वतीतेषु याभिः संरक्षिताः प्रजाः

Ainsi, ces formes d’incarnation naquirent et s’écoulèrent au fil de sept manvantaras par sept; par elles, les créatures furent protégées.

Verse 120

यस्माद्विश्वमिदं सर्वं जायते लीयते पुनः / यस्यांशेनामराः सर्वे जायन्ते त्रिदिवेश्वराः

De Lui naît cet univers tout entier et en Lui il se résorbe de nouveau; d’une parcelle de Lui naissent tous les Immortels, seigneurs du triple ciel.

Verse 121

वर्द्धन्ते तेजसा बुद्ध्या श्रुतेन च बलेन च / यद्यद्विभूतिमत्सत्त्वं श्रीमदूर्जितमेव वा

Ceux qui grandissent par le tejas, l’intelligence, l’enseignement reçu et la force; tout être pourvu de vibhūti, de śrī et de vigueur, resplendit ainsi.

Verse 122

तत्तदेवावगच्छध्वं विष्णोस्तेजोंऽशसंभवम् / स एव जायतेंऽशेन केचिदिच्छन्ति मानवाः

Sachez-le : cela provient d’une part du tejas de Viṣṇu; Lui-même naît en tant qu’aṃśa, comme certains humains le désirent.

Verse 123

एके विवदमानास्तु दृष्टान्ताच्च ब्रुवन्ति हि / एषां न विद्यते भेदस्त्रयाणां द्युसदामिह

Certains, en disputant, parlent par exemples : ici, il n’existe aucune différence entre ces trois habitants célestes.

Verse 124

जायन्ते पोहयन्त्यं शैरीश्वरा योगमायया

Ces Śairīśvara naissent par la Yogamāyā et, par elle, ils envoûtent aussi (le monde).

Verse 125

तस्मात्तेषां प्रचारे तु युक्तायुक्तं न विद्यते / भूतानुवादिना माद्या मध्यस्था भूतवादिनाम्

Ainsi, dans leur conduite, il n’y a plus de distinction entre le convenable et l’inconvenable; ils suivent les récits de bhūta, s’enivrent de boisson, et servent d’intermédiaires parmi les bhūtavādins.

Verse 126

भूतानुवादिनः सक्तस्त्रयश्चैव प्रवादिनाम् / परीक्ष्य चानुगृह्णन्ति निगृह्णन्ति खलान्स्वयम्

Parmi les diseurs de récits, il est trois sortes d’hommes attachés aux histoires des êtres; après examen, ils accordent leur grâce aux justes et répriment eux-mêmes les méchants.

Verse 127

मत्तः पूर्व्वे च ते तस्मात्प्रभवश्च ततो ऽधिकाः / तथाधिकरणैरतैर्यथा तत्त्वनिदर्शकाः

Ils existent même avant moi; ainsi leur origine procède de moi, et pourtant on les tient pour plus élevés; ils demeurent en des assises qui manifestent la vérité du tattva.

Verse 128

देवानां देवभूताश्च ते वै सर्वप्रवर्त्तकाः / कर्म्मणां महतां ते हि कर्त्तारो जगदीश्वराः

Ils sont dieux même pour les dieux; ce sont eux qui mettent tout en mouvement. Des grandes œuvres, ils sont les auteurs : les Seigneurs du monde.

Verse 129

श्रुतिज्ञैः कारणैरेतैश्चतुर्भिः परिकीर्त्तिताः / बालिशास्ते न जानन्ति दैवतानि प्रभागशः

Les sages connaissant la Śruti ont énoncé ces quatre causes; mais les ignorants ne connaissent pas les divinités selon leurs parts et degrés.

Verse 130

इमं चोदाहरन्त्यत्र श्लोकं योगेश्वरान्प्रति / कुर्याद्योगबलं प्राप्य तैश्च सर्वैर्महांश्चरेत्

Ici l’on cite ce śloka à l’adresse des Yogēśvara : ayant obtenu la force du yoga, qu’il agisse ainsi et chemine en grandeur avec eux tous.

Verse 131

प्राप्नुयाद्विषयांश्चैव पुनश्चोर्द्ध्व तपश्चरेत् / संहरेत पुनः सर्व्वान्सूर्य्यो ज्योतिर्गणानिव

Il obtient aussi les objets des sens, puis de nouveau s’élève pour pratiquer l’ascèse. Ensuite il résorbe tout à nouveau, comme le Soleil rassemble ses gerbes de lumière.

Frequently Asked Questions

The chapter foregrounds Dharma’s familial line: Dharma’s ten wives (given by Dakṣa Prācetasa) and the emergence of the twelve Sādhyas as a key divine class, framed within manvantara-based recurrence.

It treats deity-classes as cyclical offices: groups such as the Tuṣitas, Satyas, Haris, and Vaikuṇṭhas appear in different manvantaras, sometimes due to conditions like Brahmā’s curse, and are re-identified according to the governing manvantara context.

In the sampled material it is primarily lineage-and-time: it uses genealogical enumeration (vaṃśa) to situate divine classes within successive manvantaras, rather than presenting bhūvana-kośa measurements or planetary distances.