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Rishi: Atharvanic/Angirasa tradition (hymn attributed in tradition to Atharvan/Angiras line; precise r̥ṣi assignment depends on Anukramaṇī)
Devata: Sādhyas, Rudras, Vasus, Ādityas (collective divine hosts)
Chandas: Anuṣṭubh (predominant in AV; this verse conforms to anuṣṭubh-like cadence)
AVŚ 8.8 est un hymne atharvanique de victoire et de ligature, qui déploie l’imagerie d’un « filet » divin (jāla/indrajāla) pour saisir, obscurcir et mettre en déroute une senā hostile (force ennemie), y compris des adversaires qui attaquent par une parole maligne. Il convoque les compagnies divines (Sādhyas, Rudras, Vasus, Ādityas) comme une seule agence unifiée — « un seul dressé/élevé » — afin de vaincre la résistance et de recouvrir l’adversaire de tamas (ténèbres incapacitantes). L’hymne s’achève sur des acclamations répétées de victoire (jaya) et sur un geste de scellement consistant à « étendre une couverture » (nīla-lohita) sur les ennemis, marquant la clôture rituelle et l’efficacité opératoire.
Mantra 1
शत्रुपराजयः। इन्द्रो॑ मन्थतु॒ मन्थि॑ता श॒क्रः शूरः॑ पुरंद॒रः । यथा॒ हना॑म॒ सेना॑ अ॒मित्रा॑णां सहस्र॒शः
Pour la défaite des ennemis. Qu’Indra, le Brasseur, les mette en branle — lui, le Puissant, le Héros, le Briseur de forteresses — afin que nous frappions par milliers les armées de nos adversaires.
Mantra 2
पू॒ति॒रज्जुरु॑प॒ध्मानी॒ पूतिं॒ सेनां॑ कृणोत्व॒मूम्। धू॒मम॒ग्निं प॑रा॒दृश्या॒मित्रा॑ हृ॒त्स्वा द॑धतां भ॒यम्
Que la corde fétide, les soufflets qui soufflent, fassent de cette armée là-bas une puanteur. Ayant fait disparaître de la vue, en fumée et en feu, qu’ils s’évanouissent ; que les ennemis déposent la peur au fond de leur cœur.
Mantra 3
अ॒मून॑श्वत्थ॒ निः शृ॑णीहि॒ खादा॒मून् ख॑दिराजि॒रम्। ता॒जद्भङ्ग॑ इव भजन्तां॒ हन्त्वे॑नान् वध॑को व॒धैः
Ô Aśvattha, déchire au dehors ces hommes là-bas ; dévore ces hommes là-bas, ô Khādira rapide. Qu’ils soient brisés comme le claquement d’un fouet : que le tueur les frappe de ses coups meurtriers.
Mantra 4
प॒रु॒षान॒मून् प॑रुषा॒ह्वः कृ॑णोतु॒ हन्त्वे॑ना॒न् वध॑को व॒धैः । क्षि॒प्रं श॒र इ॑व भजन्तां बृहज्जा॒लेन॒ संदि॑ताः
Que la Puissance au Nom-Rude rende rudes ces hommes là-bas ; que le tueur les frappe de ses coups meurtriers. Vite, comme une flèche, qu’ils soient fendus, étroitement liés dans le grand filet.
Mantra 5
अ॒न्तरि॑क्षं॒ जाल॑मासीज्जालद॒ण्डा दिशो॑ म॒हीः । तेना॑भि॒धाय॒ दस्यू॑नां श॒क्रः सेना॒मपा॑वपत्
L’espace intermédiaire était un filet; les vastes directions en étaient les perches. Avec lui, l’ayant jeté sur les Dasyus, Śakra repoussa et chassa leur armée.
Mantra 6
बृ॒हद्धि जालं॑ बृह॒तः श॒क्रस्य॑ वा॒जिनी॑वतः । तेन॒ शत्रू॑न॒भि सर्वा॒न् न्युऽब्ज॒ यथा॒ न मुच्या॑तै कत॒मश्च॒नैषा॑म्
Car puissant est le filet du grand Śakra, le fort, possesseur de coursiers. Par lui, plaque contre toi tous les ennemis, afin qu’aucun d’eux, pas un seul, ne puisse se dégager.
Mantra 7
बृ॒हत् ते॒ जालं॑ बृह॒त इ॑न्द्र शूर सहस्रा॒र्घस्य॑ श॒तवी॑र्यस्य । तेन॑ श॒तं स॒हस्र॑म॒युतं॒ न्यऽर्बुदं ज॒घान॑ श॒क्रो दस्यू॑नामभि॒धाय॒ सेन॑या
Vaste est ton filet, ô Indra, héros vaillant—vaste, d’une valeur mille fois accrue, d’une puissance centuplée. Par lui, le Puissant, Śakra, frappa cent, mille, dix mille, oui des myriades sur des myriades de Dasyus, les ayant assaillis avec son armée.
Mantra 8
अ॒यं लो॒को जाल॑मासीच्छ॒क्रस्य॑ मह॒तो म॒हान्। तेना॒हमि॑न्द्रजा॒लेना॒मूंस्तम॑सा॒भि द॑धामि॒ सर्वा॑न्
Ce monde était un filet de Śakra, le Grand—vraiment puissant. Par ce filet d’Indra, je place ceux-là, là-bas, tous, de toutes parts, dans les ténèbres.
Mantra 9
से॒दिरु॒ग्रा व्यृऽद्धि॒रार्ति॑श्चानपवाच॒ना। श्रम॑स्त॒न्द्रीश्च॒ मोह॑श्च॒ तैर॒मून॒भि द॑धामि॒ सर्वा॑न्
Torpueur farouche, accroissement dévoyé et détresse qu’on ne peut écarter; fatigue, somnolence et égarement—par ceux-ci, j’enserre ceux-là, là-bas, tous, de toutes parts.
Mantra 10
मृ॒त्यवे॒ऽमून् प्र य॑च्छामि मृत्युपा॒शैर॒मी सि॒ताः । मृ॒त्योर्ये अ॑घ॒ला दू॒तास्तेभ्य॑ एना॒न् प्रति॑ नयामि ब॒द्ध्वा
À la Mort je livre ceux-là, là-bas : par les lacets de la Mort ils sont liés. Aux mauvais messagers de la Mort — vers eux je conduis ceux-ci, solidement entravés.
Mantra 11
नय॑ता॒मून् मृ॑त्युदूता॒ यम॑दूता॒ अपो॑म्भत । प॒रः॒स॒ह॒स्रा ह॑न्यन्तां तृ॒णेढ्वे॑नान् म॒त्यं भ॒वस्य॑
Conduisez ceux-là, ô messagers de la Mort, messagers de Yama ; balayez-les au loin. Qu’ils soient frappés au-delà du millier ; piétinez ceux-ci jusqu’à l’herbe — dans le lot des mortels, par la puissance de Bhava.
Mantra 12
सा॒ध्या एकं॑ जालद॒ण्डमु॒द्यत्य॑ य॒न्त्योज॑सा । रु॒द्रा एकं॒ वस॑व॒ एक॑मादि॒त्यैरेक॒ उद्य॑तः
Les Sādhyas, levant bien haut l’unique bâton au filet, s’avancent avec puissance. Les Rudras sont Un, les Vasus sont Un; avec les Ādityas, il y a l’Un, dressé en hauteur.
Mantra 13
विश्वे॑ दे॒वाः उ॒परि॑ष्टादु॒ब्जन्तो॑ य॒न्त्वोज॑सा । मध्ये॑न॒ घ्नन्तो॑ यन्तु॒ सेना॒मङ्गि॑रसो म॒हीम्
Que tous les Dieux, écrasant d’en haut, s’avancent avec puissance; frappant par le milieu, que les Aṅgirases aillent contre la grande armée.
Mantra 14
वन॒स्पती॑न् वानस्प॒त्यानोष॑धीरु॒त वी॒रुधः॑ । द्वि॒पाच्चतु॑ष्पादिष्णामि॒ यथा॒ सेना॑म॒मूं हन॑न्
Les seigneurs de la forêt, les nés de la forêt, les herbes et les plantes rampantes — bipèdes et quadrupèdes, je les mets en branle, afin qu’ils frappent cette armée, là-bas.
Mantra 15
ग॒न्ध॒र्वा॒प्स॒रसः॑ स॒र्पान् दे॒वान् पु॑ण्यज॒नान् पितॄ॒न्। दृ॒ष्टान॒दृष्टा॑निष्णामि॒ यथा॒ सेना॑म॒मूं हन॑न्
Les Gandharvas et les Apsaras, les serpents, les dieux, le peuple méritant, les Pères (Pitṛ) — les vus et les invisibles, je les envoie, afin qu’ils frappent cette armée, là-bas.
Mantra 16
इ॒म उ॒प्ता मृ॑त्युपा॒शा याना॒क्रम्य॒ न मु॒च्यसे॑ । अ॒मुष्या॑ हन्तु॒ सेना॑या इ॒दं कूटं॑ सहस्र॒शः
Les voici semés, les lacets de mort : qui marche dessus n’est pas délivré. Que ce piège, mille fois, frappe l’armée de cet ennemi, là-bas.
Mantra 17
घ॒र्मः समि॑द्धो अ॒ग्निना॒यं होमः॑ सहस्र॒हः । भ॒वश्च॒ पृश्नि॑बाहुश्च॒ शर्व॒ सेना॑म॒मूं ह॑तम्
Cette offrande ardente, allumée par Agni, cette oblation de homa, qui frappe mille fois : Bhava et Pṛśnibāhu, et Śarva — abattez cette armée là‑bas.
Mantra 18
मृ॒त्योराष॒मा प॑द्यन्तां॒ क्षुधं॑ से॒दिं व॒धं भ॒यम्। इन्द्र॑श्चाक्षुजा॒लाभ्यां॒ शर्व॒ सेना॑म॒मूं ह॑तम्
Que les atteigne le coup de la Mort : faim, dépérissement, mise à mort, effroi. Et Indra aussi, avec les filets des yeux (ākṣujālā), et Śarva — abattez cette armée là‑bas.
Mantra 19
परा॑जिताः॒ प्र त्र॑सतामित्रा नु॒त्ता धा॑वत॒ ब्रह्म॑णा । बृह॒स्पति॑प्रनुत्तानां॒ मामीषां॑ मोचि कश्चन
Vaincus, que les alliés tremblent ; repoussés, courez, par la puissance du brahman (de l’incantation). De ceux que Bṛhaspati a poussés en avant, qu’aucun ne s’échappe, qu’aucun d’entre eux ne se dérobe.
Mantra 20
अव॑ पद्यन्तामेषा॒मायु॑धानि॒ मा श॑कन् प्रति॒धामिषु॑म्। अथै॑षां ब॒हु बिभ्य॑ता॒मिष॑वः घ्नन्तु॒ मर्म॑णि
Que leurs armes tombent ; qu’ils n’aient pas la force d’opposer la flèche. Alors qu’ils soient saisis d’une grande crainte ; que les traits les frappent au point vital, au marman.
Mantra 21
सं क्रो॑शतामेना॒न् द्यावा॑पृथि॒वी सम॒न्तरि॑क्षं स॒ह दे॒वता॑भिः । मा ज्ञा॒तारं॒ मा प्र॑ति॒ष्ठां वि॑दन्त मि॒थो वि॑घ्ना॒ना उप॑ यन्तु मृ॒त्युम्
Que le Ciel et la Terre, que l’espace intermédiaire, avec les dieux, les fassent crier d’une seule voix. Qu’ils ne trouvent ni guide ni ferme appui ; se contrariant les uns les autres, qu’ils s’avancent vers la Mort.
Mantra 22
दिश॒श्चत॑स्रोऽश्वत॒र्यो देवर॒थस्य॑ पुरो॒डाशाः॑ श॒फा अन्तरि॑क्षमु॒द्धिः । द्यावा॑पृथि॒वी पक्ष॑सी ऋ॒तवो॒ऽभीश॑वोऽन्तर्दे॒शाः किं॑क॒रा वाक् परि॑रथ्यम्
Les quatre directions sont les juments-mulets ; pour le char du Dieu, les gâteaux sacrificiels (puroḍāśa) sont sa provende ; ses sabots sont le soulèvement de l’espace intermédiaire (antarikṣa). Ciel et Terre sont ses deux ailes ; les Saisons sont ses rênes ; les régions intermédiaires sont ses serviteurs ; la Parole (Vāc) est sa course circulaire autour du char.
Mantra 23
सं॒व॒त्स॒रो रथः॑ परिवत्स॒रो र॑थोप॒स्थो वि॒राडी॒षाग्नी र॑थमु॒खम्। इन्द्रः॑ सव्य॒ष्ठाश्च॒न्द्रमाः॒ सार॑थिः
L’Année est le char ; l’Année-circulaire (parivatsara) est le siège du char. Virāj est le timon ; Agni est la bouche du char. Indra se tient à droite ; la Lune (Candramas) est le cocher.
Mantra 24
इ॒तो ज॑ये॒तो वि ज॑य॒ सं ज॑य॒ जय॒ स्वाहा॑ । इ॒मे ज॑यन्तु॒ परा॒मी ज॑यन्तां॒ स्वाहै॒भ्यो दु॒राहा॒मीभ्यः॑ । नी॒ल॒लो॒हि॒तेना॒मून॒भ्यव॑तनोमि
D’ici, sois vainqueur ; d’ici, avance en vainqueur ; vaincs pleinement ; vaincs — svāhā ! Que ceux-ci, ici, triomphent ; que ceux-là, là-bas, soient vaincus — svāhā ! Contre ces ennemis à la parole mauvaise, avec le bleu-et-rouge, j’étends un voile sur ceux-là, là-bas.
It is primarily an Abhicarika (combative) and rakṣohā (anti-hostile) hymn, aimed at binding and disabling opponents and securing victory rather than curing disease.
In this sukta it functions as Indra/Śakra’s “net” power—an ensnaring, confounding force used to trap adversaries and place them under tamas (ritualized darkness/ineffectiveness).
It marks a concluding ‘covering’ act: a blue-red cloth/cord/pigment is spread or extended toward the foe as a ritual seal that symbolically veils, suppresses, and subjugates the hostile party.
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