Adhyaya 170
Nagara KhandaTirtha MahatmyaAdhyaya 170

Adhyaya 170

Sūta rapporte un nouveau prodige concernant les sages Viśvāmitra et Vasiṣṭha. Viśvāmitra lance contre Vasiṣṭha une « śakti » hostile, mais Vasiṣṭha la retient par la puissance des mantras atharvaniques. Alors la sueur apparaît, et de cette sueur se manifeste une eau fraîche, limpide et purificatrice, que l’on voit couler depuis les pieds et percer la terre, devenant un ruisseau sans tache, comparable à l’eau de la Gaṅgā. Après ce récit d’origine du tīrtha (tīrthotpatti), l’enseignement se tourne vers les prescriptions et les promesses de mérite. Il est dit que s’y baigner procure aussitôt la fécondité aux femmes sans enfant, et que tout baigneur obtient le fruit de tous les tīrthas. Puis, après le bain, le darśana accompli selon la règle envers la Déesse apporte richesse, grains, descendance et bonheur lié à la prospérité royale. Une observance est fixée à Caitra śukla aṣṭamī, à minuit, avec offrandes de naivedya et de bali-piṇḍikā. Manger ou recevoir la piṇḍikā consacrée est présenté comme efficace même à un âge avancé, renforçant la phalaśruti. Le chapitre se clôt en établissant la Déesse comme kuladevatā de plusieurs lignées Nāgara et en affirmant que la participation des Nāgara est indispensable à l’accomplissement de la yātrā.

Shlokas

Verse 1

सूत उवाच । तथान्यदपि संजातमाश्चर्यं यदभूद्द्विजाः । विश्वामित्रेण सा शक्तिर्वसिष्ठाय विसर्जिता

Sūta dit : Ô sages deux-fois-nés, un autre prodige advint encore : Viśvāmitra lança contre Vasiṣṭha cette puissance divine, telle une arme sacrée.

Verse 2

वधार्थं तस्य विप्रर्षेर्वसिष्ठेन च धीमता । स्तंभिताऽथर्वणैर्मन्त्रैः प्रस्वेदः समजायत

Visant à tuer ce rishi brahmane, l’arme fut arrêtée par le sage Vasiṣṭha au moyen des mantras de l’Atharva ; alors la sueur se mit à couler.

Verse 3

स्वेदात्समभवत्तोयं शीतलं तदजायत । पादाभ्यां निर्गतं तोयमत्र दृश्यमजायत

De cette sueur naquit de l’eau, et elle devint fraîche. L’eau sortie de ses deux pieds se rendit visible ici, comme un signe sacré.

Verse 4

विदार्य भूमिं संजाता जलधारा सुशीतला । निर्मलं पावनं स्वच्छं गंगांभ इव निःसृतम्

Fendant la terre, jaillit un flot d’eau très fraîche : sans tache, purifiante et limpide, s’écoulant comme les eaux du Gaṅgā.

Verse 6

तस्यां या कुरुते स्नानं नारी वंध्या द्विजोत्तमाः । सद्यः पुत्रवती सा स्याद्रौद्रे कलियुगे द्विजाः

Ô les meilleurs des deux-fois-nés : même une femme stérile qui se baigne dans ce tīrtha devient aussitôt mère ; oui, même en ce rude Kali Yuga, ô dvijas.

Verse 7

अन्योऽपि कुरुते स्नानं सर्वतीर्थफलं लभेत्

Quiconque, lui aussi, s’y baigne obtient le fruit spirituel de tous les tīrtha (lieux saints).

Verse 8

स्नात्वा तत्र तु यो देवीं पश्येच्च विधिना नरः । धनं धान्यं तथा पुत्रान्राज्योत्थं च सुखं लभेत्

Mais l’homme qui s’y baigne puis contemple la Déesse selon le rite prescrit obtient richesse, grains et prospérité, des enfants, et aussi la joie issue de la faveur royale.

Verse 9

या नारी दुर्भगा वन्ध्या साऽपि पुत्रवती भवेत् । चैत्रे मासि सिताष्टम्यां भक्तियोगसमन्विता । महानिशायां तत्रैव नैवेद्यबलिपिंडिकाम्

Même une femme infortunée et stérile peut devenir mère d’un fils si—munie de la discipline de la dévotion (bhakti-yoga)—au mois de Caitra, le huitième jour clair (Śuklāṣṭamī), au cœur de la nuit, en ce lieu même, elle prépare une piṇḍikā avec naivedya et l’offrande bali.

Verse 10

प्रसन्नया कुमार्या तु स्वयं चाऽथ करोति या । गृह्णाति या च वै नारी पिंडिकां बलिसंयुताम्

Et la femme qui le prépare elle-même avec une jeune fille paisible (kanyā), puis reçoit la piṇḍikā accompagnée de l’offrande bali, celle-là obtient assurément le fruit sacré recherché.

Verse 11

शतवर्षा तु या नारी पिंडिकां भक्षयेद्द्विजाः । साऽपि पुत्रवती च स्याद्यदि वृद्धतमा भवेत्

Ô deux-fois-nés (dvija), même si une femme a cent ans, si elle mange la piṇḍikā, elle aussi peut être bénie d’une descendance, fût-elle au comble de la vieillesse.

Verse 12

किं पुनर्यौवनोपेता सौभाग्येन समन्विता । पुत्रसौख्यवती नारी देव्या वै दर्शनेन च

À plus forte raison, une femme dans la plénitude de la jeunesse, comblée de bonne fortune, obtiendra la joie des enfants, et recevra aussi la bénédiction qui vient du darśana, la vision même de la Déesse.

Verse 13

सर्वेषां नागराणां तु भावजा देवता स्मृता । सा सार्धाष्टद्विपंचाशद्गोत्राणां कुलदेवता

Pour tous les Nāgaras, Bhāvajā est tenue pour la divinité tutélaire; elle est la kuladevatā, la déesse de lignée, des cinquante-huit (et demi) gotras.

Verse 14

एतस्मात्कारणाद्यात्रा नागरैः सुकृता भवेत् । न विना नागरैर्यात्रां तुष्टिं याति सुरेश्वरी

Pour cette raison, la yātrā, le pèlerinage accompli par les Nāgaras, s’achève avec pleine réussite; sans les Nāgaras, la Souveraine des dieux n’est pas satisfaite du pèlerinage.

Verse 170

इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां षष्ठे नागरखण्डे हाटके श्वरक्षेत्रमाहात्म्ये धारातीर्थोत्पत्तिमाहात्म्यवर्णनंनाम सप्तत्युत्तरशततमोऽध्यायः

Ainsi, dans le saint Skanda Mahāpurāṇa—au sein de la Saṃhitā de quatre-vingt-un mille vers—dans le sixième livre, le Nāgara Khaṇḍa, dans le Māhātmya du Hāṭakeśvara-kṣetra, s’achève le cent-soixante-dixième chapitre, intitulé «Glorification décrivant l’origine du Dhārā-tīrtha».