Adhyaya 93
Avanti KhandaReva KhandaAdhyaya 93

Adhyaya 93

Le chapitre présente l’enseignement de Mārkaṇḍeya à Yudhiṣṭhira au sujet d’un haut lieu de pèlerinage sur la rive de la Revā (Narmadā), nommé Kalhoḍī-tīrtha. Ce tīrtha est célébré dans toute Bhārata comme effaceur des fautes, doté d’une puissance purificatrice comparable à celle de la Gaṅgā; il est en outre décrit comme difficile d’accès pour les hommes ordinaires, signe de sa sainteté exceptionnelle. Son autorité est établie par une attribution doctrinale—« ceci est un tīrtha sacré », parole de Śūlin (Śiva)—et par un récit étiologique selon lequel Jāhnavī (Gaṅgā) y serait venue se baigner sous une forme animale, expliquant la renommée du lieu. Une observance est prescrite : trois nuits de vœu au temps de la pleine lune, accompagnées d’un renoncement discipliné aux impuretés intérieures—rajas, tamas, colère, hypocrisie/ostentation et envie. La pratique dévotionnelle consiste à baigner la divinité trois fois par jour durant trois jours avec du lait d’une vache ayant son veau, dans un vase de cuivre mêlé de miel, tout en récitant le mantra śaiva « oṃ namaḥ śivāya ». Les fruits promis annoncent l’accès aux cieux (compagnie de femmes divines) et, pour ceux qui se baignent selon la règle et font des dons au nom des défunts, la satisfaction des ancêtres. Un dāna particulier est mis en avant : offrir une vache blanche avec son veau, parée de tissu et posée sur de l’or, à un brāhmaṇa purifié, fidèle au dharma du foyer, ouvrant la voie à Śāmbhava-loka, le monde associé à Śiva.

Shlokas

Verse 1

श्रीमार्कण्डेय उवाच । ततो गच्छेत्तु राजेन्द्र कल्होडीतीर्थमुत्तमम् । विख्यातं भारते लोके गङ्गायाः पापनाशनम्

Śrī Mārkaṇḍeya dit : Alors, ô roi, qu’on aille au suprême tīrtha de Kalhoḍī, renommé dans toute Bhārata, destructeur des péchés, comparable à la Gaṅgā.

Verse 2

दुर्लभं मनुजैः पार्थ रेवातटसमाश्रितम् । प्राणिनां पापनाशाय ऊषरं पुष्करं तथा

Ô Pārtha, il est difficile aux humains d’obtenir ce bonheur, car il repose sur la rive de la Revā. Pour la destruction des péchés des êtres, s’y trouvent les eaux sacrées nommées Ūṣara et aussi Puṣkara.

Verse 3

तत्तु तीर्थमिदं पुण्यमित्येवं शूलिनो वचः । जाह्नवी पशुरूपेण तत्र स्नानार्थमागता

«En vérité, ce tīrtha est saint», déclara le Porteur du Trident (Śiva). Et Jāhnavī (Gaṅgā), ayant pris la forme d’un animal, vint là pour s’y baigner.

Verse 4

अतस्तद्विश्रुतं लोके कल्होडीतीर्थमुत्तमम् । त्रिरात्रं कारयेत्तत्र पूर्णिमायां युधिष्ठिर

Ainsi, l’excellent Kalhoḍī Tīrtha devint renommé dans le monde. Ô Yudhiṣṭhira, qu’on y observe un vœu de trois nuits au jour de la pleine lune.

Verse 5

रजस्तमस्तथा क्रोधं दम्भं मात्सर्यमेव च । एतांस्त्यजति यः पार्थ तेनाप्तं मोक्षजं फलम्

Ô Pārtha, celui qui renonce au rajas et au tamas, ainsi qu’à la colère, à l’hypocrisie et à l’envie, par cette renonciation même obtient le fruit qui mène à la délivrance (mokṣa).

Verse 6

पयसा स्नापयेद्देवं त्रिसन्ध्यं च त्र्यहं तथा । पयो गोसम्भवं सद्यः सवत्सा जीवपुत्रिणी

Qu’on baigne la Divinité avec du lait aux trois sandhyās du jour, et qu’on le fasse durant trois jours. Que ce lait soit fraîchement tiré d’une vache, avec son veau, bénie d’une descendance vivante.

Verse 7

कृत्वा तत्ताम्रजे पात्रे क्षौद्रेण चैव योजिते । ॐ नमः श्रीशिवायेति स्नानं देवस्य कारयेत्

Après l’avoir préparé dans un vase de cuivre et l’avoir mêlé de miel, qu’on accomplisse le bain rituel de la Divinité en récitant : «Oṃ namaḥ Śrīśivāya».

Verse 8

स याति त्रिदशस्थानं नाकस्त्रीभिः समावृतः । यस्तत्र विधिवत्स्नात्वा दानं प्रेतेषु यच्छति

Il se rend à la demeure des Trente Dieux, entouré de jeunes filles célestes—celui qui, s’y étant baigné selon le rite, fait l’aumône et les offrandes destinées aux défunts.

Verse 9

शुक्लां गां दापयेत्तत्र प्रीयतां मे पितामहाः । ब्राह्मणे शौचसम्पन्ने स्वदारनिरते सदा

Là, qu’on fasse donner une vache blanche en aumône, en pensant : «Puissent mes ancêtres être satisfaits», à un brāhmaṇa pur de conduite et toujours fidèle à sa propre épouse.

Verse 10

सवत्सां वस्त्रसंयुक्तां हिरण्योपरि संस्थिताम् । सत्त्वयुक्तो ददद्राजञ्छाम्भवं लोकमाप्नुयात्

Ô Roi, si quelqu’un—doué de pureté de cœur—offre une vache avec son veau, parée d’étoffes et posée sur (un don d’)or, il atteint le monde de Śambhu.

Verse 93

। अध्याय

Adhyāya : mention de chapitre, marque de clôture ou d’en-tête.