
Mārkaṇḍeya décrit un tīrtha sacré où la Déesse, honorée comme Siddheśvarī et aussi comme Vaiṣṇavī, est célébrée comme celle qui détruit l’impureté morale et anéantit les péchés (pāpa-nāśinī). En ce lieu, le darśana —la vision bénie de la Divinité— et la pratique rituelle sont tenus pour hautement auspices. Le chapitre présente une suite de rites très concrète : se baigner au tīrtha, accomplir le culte avec des offrandes et des rites destinés aux ancêtres et aux divinités (pitṛ-devatāḥ), puis s’approcher de la Devī avec bhakti. Il énumère ensuite les fruits : le fidèle qui la contemple est délivré des fautes ; les femmes privées d’enfants, endeuillées ou stériles, retrouvent une descendance ; et ceux qui se baignent au saṅgama (confluence) obtiennent un fils et la prospérité. La fonction protectrice est mise en avant : la Déesse garde le gotra, le lignage (gotra-rakṣā), et protège sans cesse enfants et communauté lorsqu’elle est adorée selon la règle. Des observances sont prescrites aux jours d’Aṣṭamī et de Caturdaśī, et un régime distinct à Navamī : bain, jeûne ou discipline (upavāsa sous-entendu) et culte avec une intention purifiée par la śraddhā. La conclusion promet l’accès à un séjour suprême, difficile même pour les dieux, faisant de ce tīrtha un lieu à la fois rituel, éthique et salvifique.
Verse 1
मार्कण्डेय उवाच । ततः सिद्धेश्वरी देवी वैष्णवी पापनाशिनी । आनन्दं परमं प्राप्ता दृष्ट्वा स्थानं सुशोभनम्
Mārkaṇḍeya dit : Alors la Déesse Siddheśvarī—Vaiṣṇavī, destructrice des péchés—ayant contemplé ce lieu saint d’une grande beauté, atteignit la joie suprême.
Verse 2
तत्र तीर्थे नरः स्नात्वा पूजयेत्पितृदेवताः । देवीं पश्यति यो भक्त्या मुच्यते सर्वपातकैः
En ce tīrtha, après s’être baigné, l’homme doit vénérer les divinités Pitṛ. Celui qui y contemple la Déesse avec dévotion est délivré de tous les péchés et de toute chute.
Verse 3
मृतवत्सा तु या नारी वन्ध्या स्त्रीजननी तथा । पुत्रं सा लभते नारी शीलवन्तं गुणान्वितम्
La femme dont l’enfant est mort, la femme stérile, et celle qui n’enfante que des filles, obtient un fils : vertueux dans sa conduite et pourvu de nobles qualités.
Verse 4
तत्र तीर्थे तु यः स्नात्वा पश्येद्देवीं सुभक्तितः । अष्टम्यां वा चतुर्दश्यां सर्वकालेऽथवा नृप
Ô Roi, quiconque se baigne en ce tīrtha et contemple la Déesse avec une dévotion sincère—au huitième jour lunaire, au quatorzième, ou en tout temps—(obtient le fruit célébré).
Verse 5
सङ्गमे तु ततः स्नाता नारी वा पुरुषोऽपि वा । पुत्रं धनं तथा देवी ददाति परितोषिता
Au saint confluent, après le bain rituel, femme ou homme, la Déesse—pleinement satisfaite—accorde descendance et richesse.
Verse 6
गोत्ररक्षां प्रकुरुते दृष्टा देवी सुपूजिता । प्रजां च पाति सततं पूज्यमाना न संशयः
Lorsque la Déesse est vue et honorée comme il se doit, elle accorde la protection du lignage ; et, vénérée, elle garde sans cesse la descendance—sans aucun doute.
Verse 7
नवम्यां च महाराज स्नात्वा देवीमुपोषितः । पूजयेत्परया भक्त्या श्रद्धापूतेन चेतसा
Et au neuvième jour lunaire, ô grand roi, après le bain et l’observance du jeûne, qu’on adore la Déesse avec une dévotion suprême et un esprit purifié par la foi.
Verse 8
स गच्छेत्परमं लोकं यः सुरैरपि दुर्लभः
Un tel être atteint le monde suprême, difficile à obtenir même pour les dieux.
Verse 166
। अध्याय
«Chapitre»—marque de colophon du scribe indiquant la division du chapitre.