
Dans ce chapitre, énoncé par Śrī Mārkaṇḍeya, est présenté un tīrtha renommé nommé Kalakaleśvara, sur la rive méridionale de la Narmadā, décrit comme « établi par le Dieu lui‑même » (svayaṃ devena nirmitam). Le récit s’inscrit dans le cadre śaiva : après avoir terrassé Andhaka au combat, Mahādeva est honoré par les devas, gandharvas, kinnaras et grands serpents, au milieu d’un fracas d’instruments et de chants de louange, ainsi que de la récitation des hymnes védiques. Le nom Kalakaleśvara est expliqué par le tumulte sonore « kalakala » des pramathas et des bardes au moment où le liṅga fut établi. L’enseignement rituel prescrit que se baigner en ce lieu et recevoir le darśana de Kalakaleśvara confère un mérite déclaré supérieur au sacrifice Vājapeya. La phalaśruti promet purification, ascension au ciel dans un véhicule suprême célébré par les apsaras, jouissance des plaisirs célestes, puis renaissance dans une lignée pure en tant que brāhmaṇa savant, sain et doté d’une longue vie.
Verse 1
श्रीमार्कण्डेय उवाच । नर्मदादक्षिणे कूले तीर्थं कलकलेश्वरम् । विख्यातं सर्वलोकेषु स्वयं देवेन निर्मितम्
Śrī Mārkaṇḍeya dit : Sur la rive méridionale de la Narmadā se trouve le tīrtha sacré nommé Kalakaleśvara, renommé dans tous les mondes, façonné par le Dieu Lui-même.
Verse 2
अन्धकं समरे हत्वा देवदेवो महेश्वरः । सहितो देवगन्धर्वैः किन्नरैश्च महोरगैः
Après avoir terrassé Andhaka au combat, Maheśvara —le Dieu des dieux— s’avança, entouré des Devas, des Gandharvas, des Kinnaras et des grands Nāgas, les serpents sacrés.
Verse 3
शङ्खतूर्यनिनादैश्च मृदङ्गपणवादिभिः । वीणावेणुरवैश्चान्यैः स्तुतिभिः पुष्कलादिभिः
Au fracas des conques et des trompettes, au rythme des mṛdaṅgas, des paṇavas et d’autres tambours, aux sons de la vīṇā et de la flûte, et par d’abondants chants de louange,
Verse 4
गायन्ति सामानि यजूंषि चान्ये छन्दांसि चान्ये ऋचमुद्गिरन्ति । स्तोत्रैरनेकैरपरे गृणन्ति महेश्वरं तत्र महानुभावाः
Là, des êtres d’âme sublime chantent les Sāman ; d’autres récitent les formules du Yajus ; d’autres encore proclament les mètres védiques et font retentir les hymnes du Ṛk. D’autres enfin célèbrent Maheśvara par d’innombrables stotras.
Verse 5
प्रमथानां निनादेन कल्कलेन च बन्दिनाम् । यस्मात्प्रतिष्ठितं लिङ्गं तस्माज्जातं तदाख्यया
Parce que le liṅga fut établi au milieu du rugissement des Pramathas et du tumulte des bardes, il fut connu par ce nom même : Kalkaleśvara.
Verse 6
तत्र तीर्थे तु यः स्नात्वा वीक्षेत्कलकलेश्वरम् । वाजपेयात्परं पुण्यं स लभेन्मानवो भुवि
Quiconque se baigne en ce tīrtha puis contemple Kalkaleśvara obtient, en ce monde même, un mérite surpassant celui du sacrifice du Vājapeya.
Verse 7
तेन पुण्येन पूतात्मा प्राणत्यागाद्दिवं व्रजेत् । आरूढः परमं यानं गीयमानोऽप्सरोगणैः
Purifié par ce mérite, au moment où le souffle vital s’en va, il gagne le ciel : monté sur le char céleste suprême, célébré par les troupes d’Apsaras.
Verse 8
उपभुज्य महाभोगान्कालेन महता ततः । मर्त्यलोके महात्मासौ जायते विमले कुले
Après avoir goûté de grands plaisirs célestes durant un très long temps, cette grande âme renaît ensuite dans le monde des mortels, au sein d’une lignée pure et noble.
Verse 9
ब्राह्मणः सुभगो लोके वेदवेदाङ्गपारगः । व्याधिशोकविनिर्मुक्तो जीवेच्च शरदां शतम्
Il devient dans le monde un brāhmane fortuné, accompli dans les Veda et leurs sciences auxiliaires ; délivré de la maladie et du chagrin, il vit cent automnes.
Verse 154
। अध्याय
« Chapitre » (fragment de colophon indiquant l’adhyāya).