
L’Adhyāya 2 s’ouvre dans le cadre établi : Sūta s’adresse aux sages de Naimiṣāraṇya et, après l’enseignement précédent, le plus éminent d’entre eux demande un récit « destructeur de péché » (pāpa-praṇāśinī). Le dialogue se déplace ensuite vers Nārada, qui interroge Brahmā avec révérence, exprimant un désir inextinguible d’entendre la narration auspicieuse de Śambhu (Śiva) et sollicitant une explication complète des actes sacrés de Śiva liés à Satī. Nārada formule une série de questions précises : l’origine de Satī dans la maison de Dakṣa ; comment l’esprit de Śiva se tourna vers l’idée de prendre épouse ; comment Satī abandonna son corps à cause de la colère de Dakṣa et renaquit comme fille d’Himavat ; comment elle revint en tant que Pārvatī et quelles circonstances la conduisirent à une tapas rigoureuse ; comment eut lieu le mariage ; et comment elle en vint à partager l’état de « demi-corps » avec le destructeur de Smara (Kāma). Brahmā commence alors sa réponse, qualifiant ce récit de suprêmement purificateur, divin et ésotérique, « le plus secret des secrets », à la fois histoire sacrée et théologie d’initiation. Le colophon nomme le chapitre « Kāmaprādurbhāva », annonçant que la suite reliera ces questions au rôle de Kāma et à la réponse de Śiva dans le cycle Satī–Pārvatī.
Verse 1
सूत उवाच । इत्याकर्ण्य वचस्तस्य नेमिषारण्यवासिनः । पप्रच्छ च मुनिश्रेष्ठः कथां पापप्रणाशिनीम्
Sūta dit : Ayant entendu ses paroles, les sages demeurant à Naimiṣāraṇya; alors le plus éminent des munis demanda de nouveau le récit sacré qui anéantit le péché.
Verse 2
इति श्रीशिवमहापुराणे द्वितीयायां रुद्रसंहितायां द्वितीये सतीखंडे कामप्रादुर्भावो नाम द्वितीयोऽध्यायः
Ainsi, dans le Śrī Śiva Mahāpurāṇa—au Deuxième Livre, la Rudra Saṃhitā, dans la seconde section appelée Satī Khaṇḍa—s’achève le Deuxième Chapitre intitulé «La Manifestation de Kāma».
Verse 3
अतः कथय तत्सर्वं शिवस्य चरितं शुभम् । सतीकीर्त्यन्वितं दिव्यं श्रोतुमिच्छामि विश्वकृत्
Ainsi, raconte tout ce récit sacré et de bon augure du Seigneur Śiva—divin et paré de la gloire de Satī. Moi, le Faiseur de l’univers, je désire l’entendre.
Verse 4
सती हि कथमुत्पन्ना दक्षदारेषु शोभना । कथं हरो मनश्चक्रे दाराहरणकर्मणि
«Comment donc la resplendissante Satī naquit-elle dans la maison de l’épouse de Dakṣa ? Et comment Hara (Śiva) porta-t-il son esprit vers l’acte de la prendre pour épouse ?»
Verse 5
कथं वा दक्षकोपेन त्यक्तदेहा सती पुरा । हिमवत्तनया जाता भूयो वाकाशमागता
Comment donc Satī, qui jadis abandonna son corps à cause de la colère de Dakṣa, renaquit-elle comme fille d’Himavat ? Et comment atteignit-elle de nouveau l’état divin (l’union avec Śiva) ?
Verse 6
पार्वत्याश्च तपोऽत्युग्रं विवाहश्च कथं त्वभूत् । कथमर्द्धशरीरस्था बभूव स्मरनाशिनः
Comment Pārvatī accomplit-elle un tapas si terriblement austère, et comment son mariage advint-il ? Et comment fut-elle établie comme la moitié même du corps du Destructeur de Smara (Kāma)—le Seigneur Śiva ?
Verse 7
एतत्सर्वं समाचक्ष्व विस्तरेण महामते । नान्योस्ति संशयच्छेत्ता त्वत्समो न भविष्यति
Ô grand sage, expose-nous tout cela en détail et sans rien omettre. Nul autre ne peut dissiper nos doutes ; jamais personne ne sera ton égal en cette matière.
Verse 8
ब्रह्मोवाच । शृणु त्वं च मुने सर्वं सतीशिवयशश्शुभम् । पावनं परमं दिव्यं गुह्याद्गुह्यतमं परम्
Brahmā dit : Ô sage, écoute tout—la gloire bénie de Satī et de Śiva. Elle est souverainement purificatrice, très excellente et divine, et le secret suprême, plus caché que tout ce qui est caché.
Verse 9
एतच्छंभुः पुरोवाच भक्तवर्याय विष्णवे । पृष्टस्तेन महाभक्त्या परोपकृतये मुने
Ainsi, ô sage, Śambhu (le Seigneur Śiva) avait auparavant enseigné cela à Viṣṇu, le plus éminent des dévots, lorsqu’il l’en avait prié avec une grande bhakti, pour le bien d’autrui.
Verse 10
ततस्सोपि मया पृष्टो विष्णुश्शैववरस्सुधीः । प्रीत्या मह्यं समाचख्यौ विस्तरान्मुनिसत्तम
Alors je l’interrogeai moi aussi — Viṣṇu, le sage, le plus éminent parmi les śaiva. Par affection, ô meilleur des munis, il m’exposa tout dans le moindre détail.
Verse 11
अहं तत्कथयिष्यामि कथामेतां पुरातनीम् । शिवाशिवयशोयुक्तां सर्वकामफलप्रदाम्
Je vais maintenant raconter ce récit sacré et ancien, empli de la gloire de Śiva et de Śivā (Satī), une histoire qui accorde les fruits de toute aspiration légitime.
Verse 12
पुरा यदा शिवो देवो निर्गुणो निर्विकल्पकः । अरूपश्शक्तिरहितश्चिन्मात्रस्सदसत्परः
Au commencement, lorsque le Seigneur Śiva était sans attributs et affranchi de toute distinction — sans forme, sans puissance manifestée, pure conscience seule — Il transcendait l’être comme le non-être.
Verse 13
अभवत्सगुणस्सोपि द्विरूपश्शक्तिमान्प्रभुः । सोमो दिव्याकृतिर्विप्र निर्वि कारी परात्परः
Ce Seigneur Soma, lui aussi, se manifesta comme saguṇa, pourvu d’attributs. Ô brāhmane, le Puissant et Souverain prit une forme double, d’aspect divin, et pourtant demeura nirvikāra, immuable, le Suprême au-delà de tout suprême.
Verse 14
तस्य वामांगजो विष्णुर्ब्रह्माहं दक्षिणांगजः । रुद्रो हृदयतो जातोऽभवच्च मुनिसत्तम
De Son côté gauche naquit Viṣṇu ; de Son côté droit naquis-je, Brahmā. Et Rudra jaillit de Son cœur, ô le meilleur des sages.
Verse 15
सृष्टिकर्ताभवं ब्रह्मा विष्णुः पालनकारकः । लयकर्ता स्वयं रुद्रस्त्रिधाभूतस्सदाशिवः
Brahmā devint l’agent de la création ; Viṣṇu accomplit la préservation ; et Rudra lui-même est l’agent de la dissolution. Ainsi Sadāśiva—l’unique Seigneur suprême—se manifeste en trois modes pour gouverner le cosmos.
Verse 16
मरीचिमत्रिं पुलहं पुलस्त्यांगिरसौ क्रतुम् । वसिष्ठं नारदं दक्षं भृगुं चेति महाप्रभून्
Il mentionna ces êtres puissants et illustres—Marīci, Atri, Pulaha, Pulastya, Aṅgiras, Kratu, Vasiṣṭha, Nārada, Dakṣa et Bhṛgu—grandes luminaires parmi les sages.
Verse 17
सृष्ट्वा प्रजापतीन् दक्षप्रमुखान्सुरसत्तमान् । अमन्यं सुप्रसन्नोहं निजं सर्वमहोन्नतम्
Après avoir créé les Prajāpati—avec Dakṣa au premier rang—les meilleurs parmi les dieux, moi, comblé de satisfaction, je tins mon propre état pour entièrement sublime et parfaitement accompli.
Verse 19
ब्रह्माहं मानसान्पुत्रानसर्जं च यदा मुने । तदा मन्मनसो जाता चारुरूपा वरांगना
Brahmā dit : «Ô sage, lorsque je créai les fils nés de l’esprit, à cet instant même naquit de mon propre mental une dame noble, d’une beauté exquise.»
Verse 20
नाम्ना संध्या दिवक्षांता सायं संध्या जपंतिका । अतीव सुन्दरी सुभ्रूर्मुनिचेतोविमोहिनी
Elle était connue sous le nom de Sandhyā, appelée aussi Divakṣāntā ; et le soir elle accomplissait le Sandhyā-japa. D’une beauté extrême, aux sourcils gracieux, elle pouvait envoûter même l’esprit des sages.
Verse 22
दृष्ट्वाहं तां समुत्थाय चिन्तयन्हृदि हृद्गतम् । दक्षादयश्च स्रष्टारो मरीच्याद्याश्च मत्सुताः
En la voyant, je me levai et méditai dans mon cœur sur ce qui demeurait caché au plus intime de mon esprit : «Dakṣa et les autres Prajāpati, les créateurs, ainsi que Marīci et les autres—mes fils nés de l’esprit—(sont concernés par cette affaire).»
Verse 23
एवं चिंतयतो मे हि ब्रह्मणो मुनिसत्तम । मानसः पुरुषो मंजुराविर्भूतो महाद्भुतः
Ô le plus excellent des sages, tandis que moi—Brahmā—méditais ainsi, une Personne née de l’esprit, merveilleuse et prodigieusement étonnante, apparut devant moi, au corps rayonnant et d’une beauté suave.
Verse 24
कांचनीकृतजाताभः पीनोरस्कस्सुनासिकः । सुवृत्तोरुकटीजंघो नीलवेलितकेसरः
Son teint resplendissait tel l’or affiné ; sa poitrine était large et pleine, et son nez bien dessiné. Ses cuisses, ses hanches et ses jambes étaient harmonieusement proportionnées, et sa chevelure sombre bouclait en vagues aux reflets bleutés.
Verse 25
लग्नभ्रूयुगलो लोलः पूर्णचन्द्रनिभाननः । कपाटायतसद्वक्षो रोमराजीवराजितः
Ses deux sourcils se rejoignaient avec grâce en un seul arc continu ; son regard, doucement joueur, allait et venait. Son visage brillait comme la pleine lune. Sa noble poitrine, large comme un grand panneau de porte, était embellie par la splendide ligne de poils—révélant ainsi la forme auspicieuse, saguna, de Śiva, dispensatrice de dévotion et de délivrance.
Verse 26
अभ्रमातंगकाकारः पीनो नीलसुवासकः । आरक्तपाणिनयनमुखपादकरोद्भवः
Il apparaissait, par la teinte et la majesté, tel un nuage de pluie et tel un éléphant—vaste et puissant—revêtu de vêtements bleus ; et de Lui rayonnait une lueur rougeâtre depuis ses mains, ses yeux, son visage, ses pieds, et les paumes déployées pour bénir et protéger.
Verse 27
क्षीणमध्यश्चारुदन्तः प्रमत्तगजगंधनः । प्रफुल्लपद्मपत्राक्षः केसरघ्राणतर्पणः
Il a la taille fine et de belles défenses ; il est comme le parfum d’un éléphant enivré. Ses yeux sont tels les pétales d’un lotus pleinement épanoui, et il se réjouit du parfum du safran (kesar).
Verse 28
कंबुग्रीवो मीनकेतुः प्रांशुर्मकरवाहनः । पंचपुष्पायुधो वेगी पुष्पकोदंडमंडितः
Il avait le cou semblable à une conque ; son étendard portait l’emblème du poisson ; il était grand, et sa monture était le makara. Armé de cinq flèches de fleurs, prompt dans ses mouvements, il était orné d’un arc de fleurs—ainsi était décrit Kāma, le dieu du désir.
Verse 29
कांतः कटाक्षपातेन भ्रामयन्नयनद्वयम् । सुगंधिमारुतो तात शृंगाररससेवितः
Ô bien-aimé, la saison chérie fait chanceler la paire des yeux par la chute de ses regards obliques. Et le vent parfumé, imprégné du śṛṅgāra-rasa, la saveur de l’amour, émeut le cœur vers les délices du monde, liant ainsi l’âme incarnée par l’attrait.
Verse 30
तं वीक्ष्य पुरुषं सर्वे दक्षाद्या मत्सुताश्च ते । औत्सुक्यं परमं जग्मुर्विस्मयाविष्टमानसाः
À la vue de ce Puruṣa sublime, tous—Dakṣa et les autres, avec mes filles—furent saisis d’émerveillement; l’esprit plongé dans la stupeur sacrée, ils furent remplis de l’ardeur la plus haute.
Verse 31
अभवद्विकृतं तेषां मत्सुतानां मनो द्रुतम् । धैर्यं नैवालभत्तात कामाकुलितचेतसाम्
Alors l’esprit de mes fils se troubla et se déforma aussitôt; car, le cœur agité par le désir, ils ne purent trouver la stabilité, ô bien-aimé.
Verse 32
मां सोपि वेधसं वीक्ष्य स्रष्टारं जगतां पतिम् । प्रणम्य पुरुषः प्राह विनयानतकंधरः
Alors cet être, voyant Brahmā (Vedhas)—créateur et seigneur des mondes—se prosterna; puis, le cou incliné dans l’humilité, il prit la parole.
Verse 33
पुरुष उवाच । किं करिष्याम्यहं कर्म ब्रह्मंस्तत्र नियोजय । मान्योद्य पुरुषो यस्मादुचितः शोभितो विधे
Le Puruṣa dit : «Ô Brahmā, quelle œuvre dois-je accomplir ? Assigne-moi à cette tâche. Car aujourd’hui je dois être honoré comme un être digne—convenable et magnifiquement paré—ô Ordonnateur».
Verse 34
अभिमानं च योग्यं च स्थानं पत्नी च या मम । तन्मे वद त्रिलोकेश त्वं स्रष्टा जगतां पतिः
«Dis-moi l’honneur qui m’est dû, la juste place qui doit m’être accordée, et l’épouse qui sera mienne. Ô Seigneur des trois mondes — puisque tu es le Créateur et le souverain de l’univers — déclare-le-moi.»
Verse 35
ब्रह्मोवाच । एवं तस्य वचः श्रुत्वा पुरुषस्य महात्मनः । क्षणं न किंचित्प्रावोचत्स स्रष्टा चातिविस्मितः
Brahmā dit : Ayant ainsi entendu les paroles de ce Purusha à la grande âme, le Créateur (Brahmā) demeura silencieux un instant, ne disant rien, saisi d’un profond étonnement.
Verse 36
अतो मनस्सुसंयम्य सम्यगुत्सृज्य विस्मयम् । अवोचत्पुरुषं ब्रह्मा तत्कामं च समावहन्
Alors Brahmā, maîtrisant son esprit et rejetant pleinement l’étonnement, s’adressa à ce Purusha suprême, tout en rassemblant au-dedans et en affermissant sa résolution pour le dessein désiré.
Verse 37
ब्रह्मोवाच । अनेन त्वं स्वरूपेण पुष्पबाणैश्च पंचभिः । मोहयन् पुरुषान् स्त्रीश्च कुरु सृष्टिं सनातनीम्
Brahmā dit : «Avec cette forme même qui est la tienne, et avec tes cinq flèches de fleurs, envoûte hommes et femmes, et par là fais advenir le processus éternel de la création.»
Verse 38
अस्मिञ्जीवाश्च देवाद्यास्त्रैलोक्ये सचराचरे । एते सर्वे भविष्यन्ति न क्षमास्त्यवलंबने
Dans ce triple monde—mobile et immobile—existent les êtres, à commencer par les dieux, ainsi que toutes les âmes incarnées. Tous adviendront puis s’évanouiront; nul n’a le pouvoir de demeurer ici en s’appuyant sur quelque soutien que ce soit.
Verse 39
अहं वा वासुदेवो वा स्थाणुर्वा पुरुषोत्तमः । भविष्यामस्तव वशे किमन्ये प्राणधारकाः
«Que ce soit moi, ou Vāsudeva (Viṣṇu), ou Sthāṇu (Śiva), ou même le Puruṣottama, la Personne Suprême : chacun de nous demeurera sous ta souveraineté ; que dire alors des autres êtres incarnés qui ne font que porter le souffle de vie ?»
Verse 40
प्रच्छन्नरूपो जंतूनां प्रविशन्हृदयं सदा । सुखहेतुः स्वयं भूत्वा सृष्टिं कुरु सनातनीम्
«Prenant une forme voilée, pénètre sans cesse le cœur des êtres vivants ; devenant Toi-même la cause de leur bien, accomplis la création éternelle.»
Verse 41
त्वत्पुष्पबाणस्य सदा सुखलक्ष्यं मनोद्भुतम् । सर्वेषां प्राणिनां नित्यं सदा मदकरो भवान्
«Tes flèches de fleurs atteignent sans cesse une cible douce, née de l’esprit. Pour tous les êtres vivants, Tu es toujours, sans relâche, celui qui engendre l’ivresse : la passion qui égare.»
Verse 42
इति ते कर्म कथितं सृष्टिप्रावर्तकं पुनः । नामान्येते वदिष्यंति सुता मे तव तत्त्वतः
Ainsi, je t’ai de nouveau exposé l’acte qui met en mouvement la création. À présent, mes filles te proclameront ces noms selon le principe véritable (tattva).
Verse 43
ब्रह्मोवाच । इत्युक्त्वाहं सुरश्रेष्ठ स्वसुतानां मुखानि च । आलोक्य स्वासने पाद्मे प्रोपविष्टोऽभवं क्षणम्
Brahmā dit : Ayant ainsi parlé, ô le meilleur parmi les dieux, je contemplai les visages de mes propres fils ; puis, sur mon siège de lotus, je m’assis un instant.
The chapter formally introduces the inquiry that links Satī’s life-cycle (birth in Dakṣa’s house, body-abandonment, rebirth as Pārvatī) to the Kāma/Smara complex—i.e., the narrative conditions leading to Śiva as ‘Smaranāśin’ and to Pārvatī’s tapas and marriage.
By labeling the teaching “guhyād guhyatamam,” the text frames Satī–Śiva history as more than myth: it is a doctrinal disclosure about purification through hearing, the inner meaning of tapas, and the metaphysical continuity of Śakti across embodiments.
Satī’s manifestation in Dakṣa’s lineage and her re-manifestation as Himavat’s daughter (Pārvatī) are foregrounded, with Kāma/Smara invoked as the catalytic figure whose encounter with Śiva becomes integral to the later narrative arc.