
Genealogy of the Ancestors (Pitṛs) and the Procedure of Śrāddha
Bhīṣma demande à Pulastya la lignée des Pitṛs (Ancêtres) ainsi que celle de Ravi et Soma, divinités liées au śrāddha. Pulastya décrit les catégories de Pitṛs et leurs domaines—Vairāja, Somapathā, Barhiṣad et Somapā—puis insère des récits étiologiques : la chute d’Acchodā, la consécration de l’Amāvāsyā, et des liens prophétiques menant à Satyavatī/Aṣṭakā et à Vyāsa/Bādarāyaṇa. Le chapitre devient ensuite fortement normatif : il expose les types de śrāddha (nitya, naimittika, kāmya), les critères d’éligibilité ou d’exclusion des brāhmaṇas, et la mise en place du rite—orientation, prācīnāvīta, récipients (surtout l’argent), offrandes, mantras/recitations, distribution des piṇḍas et observances après la cérémonie. Il précise aussi les moments favorables ou défavorables (parvans, saṅkrānti, équinoxes/solstices, Mahālaya). Il s’achève sur le śrāddha « sādhāraṇa », accessible même aux Śūdras (sans mantras), en affirmant que le dāna est pour eux le dharma primordial.
Verse 1
भीष्म उवाच । भगवन्श्रोतुमिच्छामि पितॄणां वंशमुत्तमम् । रवेश्च श्राद्धदेवस्य सोमस्य च विशेषतः
Bhīṣma dit : Ô Bienheureux, je souhaite entendre l’excellente lignée des Pitṛs (Ancêtres) ; et tout spécialement celle de Ravi, le Soleil, divinité présidant aux rites de śrāddha, ainsi que celle de Soma, la Lune.
Verse 2
पुलस्त्य उवाच । हंत ते कथयिष्यामि पितॄणां वंशमुत्तमम् । स्वर्गे पितृगणाः सप्त त्रयस्तेषाममूर्तयः
Pulastya dit : «Soit, je vais te raconter l’excellente lignée des Pitṛs. Au ciel, il existe sept groupes de Pitṛs ; trois d’entre eux sont sans forme».
Verse 3
मूर्तिमंतोथ चत्वारः सर्वेषाममितौजसां । अमूर्त्तयः पितृगणा वैराजस्य प्रजापतेः
Puis, quatre d’entre eux étaient incarnés, tous d’une splendeur incommensurable ; et les cohortes de Pitṛs étaient sans corps, relevant de Vairāja Prajāpati.
Verse 4
यजन्ति यान्देवगणा वैराजा इति विश्रुताः । ये वै ते योगविभ्रष्टाः प्रापुर्लोकान्सनातनान्
Les mondes que vénèrent les cohortes des dieux—célèbres sous le nom de royaumes Vairāja—sont atteints même par ceux qui se sont écartés du Yoga ; ils parviennent aux mondes éternels.
Verse 5
पुनर्ब्रह्मदिनांते तु जायंते ब्रह्मवादिनः । संप्राप्य तां स्मृतिं भूयो योगं सांख्यमनुत्तमम्
Mais à la fin du jour de Brahmā, les docteurs du Brahman renaissent ; et, retrouvant cette mémoire, ils atteignent de nouveau le Yoga et le Sāṃkhya, sans égal.
Verse 6
सिद्धिं प्रयांति योगेन पुनरावृत्तिदुर्ल्लभाम् । योगिनामेव देयानि तस्माच्छाद्धानि दातृभिः
Par le yoga, ils atteignent une perfection dont le retour à la renaissance est difficile. C’est pourquoi ceux qui offrent doivent accomplir les rites de śrāddha spécialement pour les yogins.
Verse 7
एतेषां मानसी कन्या पत्नी हिमवतो मता । मैनाकस्तस्य दायादः क्रौचस्तस्य सुतोभवत्
Parmi ceux-ci, une jeune fille née de la pensée fut tenue pour l’épouse d’Himavān. De sa lignée naquit Maināka, et Krauca devint son fils.
Verse 8
क्रौंचद्वीपः स्मृतो येन चतुर्थो धृतसंयुतः । मेना तु सुषवे तिस्रः कन्या योगवतीस्ततः
Cette contrée est rappelée comme Krauncha-dvīpa, le quatrième continent, associé à Dhṛti. Alors Menā enfanta trois filles, toutes pourvues de puissance yogique.
Verse 9
उमैकपर्णा पर्णा च तीव्रव्रतपरायणाः । रुद्रस्यैका भृगोश्चैका जैगीषव्यस्य चापरा
Umā, Ekaparṇā et Parṇā—inébranlables dans de sévères vœux—devinrent : l’une l’épouse de Rudra, l’une la femme de Bhṛgu, et une autre la femme de Jaigīṣavya.
Verse 10
दत्ता हिमवता बालाः सर्वलोकतपोधिकाः । पितॄणां लोकसंगीतं कथयामि शृणुष्व तत्
Himavān donna ces jeunes filles en mariage—dont le mérite ascétique surpassait celui de tous les mondes. À présent, je décrirai le domaine et l’ordre harmonieux des Pitṛs (ancêtres) ; écoute cela.
Verse 11
लोकाः सोमपथा नाम यत्र मारीचनंदनाः । वर्त्तंते येन पितरो यान्देवा भावयन्त्यलम्
Il est des mondes nommés Somapathā, où demeurent les descendants de Marīci ; par cette voie/région cheminent les Pitṛs, et les dieux les soutiennent grandement, tout en étant soutenus par eux.
Verse 12
अग्निष्वात्ता इति ख्याता यज्वानो यत्र संस्थिताः । अच्छोदा नाम तेषां तु कन्याभूद्वरवर्णिनी
Là demeurent les prêtres sacrifiants, les yajvāna, connus sous le nom d’Agniṣvātta. Parmi eux se trouvait une jeune fille nommée Acchodā, au teint splendide et lumineux.
Verse 13
अच्छोदं च सरस्तत्र पितृभिर्निर्मितं पुरा । अच्छोदाथ तपश्चक्रे दिव्यं वर्षसहस्रकम्
Là, jadis, les Pitṛs créèrent un lac nommé Acchoda. Puis Acchodā y accomplit des austérités divines durant mille années.
Verse 14
आजग्मुः पितरस्तुष्टा दास्यन्तः किल ते वरम् । दिव्यरूपधराः सर्वे दिव्यमाल्यानुलेपनाः
Les Pitṛs vinrent, comblés de joie, résolus à t’accorder un bienfait ; tous revêtaient une forme divine, parés de guirlandes célestes et d’onctions sacrées.
Verse 15
सर्वे प्रधाना बलिनः कुसुमायुधसन्निभाः । तन्मध्येमावसुं नाम पितरं वीक्ष्य सांगना
Tous étaient éminents et puissants, semblables à Kāma, l’armé de fleurs. Au milieu d’eux, les femmes, voyant le Pitṛ nommé Māvasu, le regardèrent.
Verse 16
वव्रे वरार्थिनी संगं कुसुमायुधपीडिता । योगाद्भ्रष्टा तु सा तेन व्यभिचारेण भामिनी
Tourmentée par le dieu aux armes de fleurs (Kāma), la femme ardente—désireuse d’un époux—choisit une compagnie ; mais par cet acte d’infidélité, elle déchut de sa discipline du yoga.
Verse 17
धरान्न स्पृशते पूर्वं प्रयाताथ भुवस्तले । तथैवामावसुर्योयमिच्छां चक्रे न तां प्रति
Sans toucher d’abord la terre, il s’en alla et se déplaça sur la surface du monde. De même, cet Amāvāsu, soleil du jour de nouvelle lune, forma un désir—mais non pour elle.
Verse 18
धैर्येण तस्य सा लोके अमावास्येति विश्रुता । पितॄणां वल्लभा यस्माद्दत्तस्याक्षयकारिका
Par sa constance, ce jour devint célèbre dans le monde sous le nom d’Amāvāsyā ; car il est cher aux Pitṛs et rend inépuisable le mérite de tout don fait en ce jour.
Verse 19
अच्छोदाधोमुखी दीना लज्जिता तपसः क्षयात् । सा पितॄन्प्रार्थयामास पुनरात्मसमृद्धये
Acchodā, le visage baissé et accablée—honteuse car ses austérités s’étaient épuisées—implora de nouveau ses ancêtres, désirant le rétablissement de sa propre prospérité intérieure.
Verse 20
विलज्जमाना पितृभिरिदमुक्ता तपस्विनी । भविष्यमथ चालोक्य देवकार्यं च ते तदा
Alors l’ascète, toute honteuse, fut ainsi interpellée par les Pitṛs; et, en ce temps-là, ils considérèrent aussi l’avenir et l’œuvre divine qui l’attendait.
Verse 21
इदमूचुर्महाभागाः प्रसाद शुभयागिरा । दिवि दिव्यशरीरेण यत्किंचित्क्रियते बुधैः
Les bienheureux prononcèrent ces paroles, avec une voix gracieuse et de bon augure : «Quelque acte que les sages accomplissent au ciel, revêtus d’un corps divin…».
Verse 22
तेनैव तत्कर्मफलं भुज्यते वरवर्णिनी । सद्यः फलंति कर्माणि देवत्वे प्रेत्यमानुषे
Par cette même cause, ô dame au teint éclatant, on goûte le fruit de l’acte. Les actions portent aussitôt leur résultat : qu’on obtienne la condition divine ou, après la mort, l’état humain.
Verse 23
तस्मात्त्वं सुकृतं कृत्वा प्राप्स्यसे प्रेत्य यत्फलम् । अष्टाविंशे भवित्री त्वं द्वापरे मत्स्ययोनिजा
Ainsi donc, après avoir accompli des œuvres méritoires, tu obtiendras, après la mort, le fruit qui s’ensuit. Dans la vingt-huitième (ère), tu naîtras au Dvāpara Yuga, issue d’un sein de poisson.
Verse 24
व्यतिक्रमात्पितॄणां तु कष्टं कुलमवाप्स्यसि । तस्माद्राज्ञो वसोः कन्या त्वमवश्यं भविष्यसि
Pour avoir transgressé l’ordre dû envers les Ancêtres, tu feras tomber la peine sur ta lignée. C’est pourquoi, assurément, tu deviendras la fille du roi Vasu.
Verse 25
कन्यात्वे देवलोकांस्तान्पुनः प्राप्स्यसि दुर्ल्लभान् । पराशरस्य वीर्येण पुत्रमेकमवाप्स्यसि
Dans ta condition de jeune fille, tu atteindras de nouveau ces rares mondes des devas; et par la puissance de Parāśara tu obtiendras un fils unique.
Verse 26
द्वीपे तु बदरीप्राये बादरायणमप्युत । स वेदमेकं बहुधा विभजिष्यति ते सुतः
Et sur la terre semblable à une île, près de Badarī, se trouvera aussi Bādarāyaṇa; ton fils partagera l’unique Veda en de multiples parties.
Verse 27
पौरवस्यात्मजौ द्वौ तु समुद्रांशस्य शंतनोः । विचित्रवीर्यस्तनयस्तथा चित्रांगदो नृपः
Or, dans la lignée de Paurava—Śaṃtanu, qui était une part de l’Océan—il y eut deux fils royaux : le roi Citrāṅgada et Vicitravīrya.
Verse 28
इमावुत्पाद्य तनयौ क्षेत्रजौ तस्य धीमतः । प्रौष्ठपद्यष्टकाभूयः पितृलोके भविष्यसि
Après avoir engendré ces deux fils—nés par le kṣetra (procréation prescrite) pour ce sage—tu redeviendras l’Aṣṭakā de Prōṣṭhapadā et tu demeureras dans le monde des Pitṛs (Ancêtres).
Verse 29
नाम्ना सत्यवती लोके पितृलोके तथाष्टका । आयुरारोग्यदा नित्यं सर्वकामफलप्रदा
Dans le monde des hommes, elle est connue sous le nom de Satyavatī, et dans le monde des Ancêtres (Pitṛloka) sous celui d’Aṣṭakā. Elle accorde sans cesse longue vie et santé, et donne les fruits de tous les vœux.
Verse 30
भविष्यसि परे लोके नदी त्वं च गमिष्यसि । पुण्यतोया सरिच्छ्रेष्ठा लोकेष्वच्छोदनामिका
Dans le monde à venir, tu deviendras une rivière et tu t’écouleras; tes eaux seront saintes. La meilleure des rivières, tu seras connue dans les mondes sous le nom d’Acchodā.
Verse 31
इत्युक्ता सा गणैस्तैस्तु तत्रैवांतरधीयत । साप्यापचारित्रफलं मया यदुदितं पुरा
Ainsi apostrophée par ces serviteurs, elle disparut sur-le-champ. Ceci aussi est le fruit de la mauvaise conduite que j’avais auparavant énoncé.
Verse 32
विभ्राजो नाम ये चान्ये दिवि संति सुवर्चसः । लोका बर्हिषदो यत्र पितरः संति सुव्रताः
Dans le ciel se trouvent les êtres rayonnants appelés Vibhrājas et d’autres, éclatants de splendeur. Là sont aussi les mondes des Barhiṣads, où demeurent les Pitṛs, les pères ancestraux, fermes dans les observances sacrées.
Verse 33
यत्र बर्हिषि युक्तानि विमानानि सहस्रशः । संकल्पपादपा यत्र तिष्ठंति फलदायिनः
Là où, sur l’herbe rituelle sacrée (barhis), des milliers de chars célestes sont rangés; là où se dressent les arbres qui exaucent les vœux, dispensant les fruits désirés.
Verse 34
यदभ्युदयशालासु मोदंते श्राद्धदायिनः । ये दानवासुरगणा गंधर्वाप्सरसां गणाः
Ceux qui offrent le śrāddha se réjouissent dans les salles de la prospérité ; et l’on y trouve aussi les cohortes des Dānavas et des Asuras, ainsi que les multitudes des Gandharvas et des Apsaras.
Verse 35
यक्षरक्षोगणास्ते च यजंति दिवि देवताः । पुलस्त्यपुत्राः शतशस्तपोयोगबलान्विताः
Ces cohortes de Yakṣas et de Rākṣasas, pourvues de la puissance née de l’ascèse et de la discipline du yoga — fils de Pulastya par centaines — adorent les dieux au ciel.
Verse 36
महात्मानो महाभागा भक्तानामभयंकराः । एतेषां पीवरी कन्या मानसी दिवि विश्रुता
Ils sont grands d’âme et comblés de fortune, accordant l’absence de crainte aux dévots. Parmi eux, une jeune fille nommée Pīvarī — née de l’esprit (mānasī) — est renommée au ciel.
Verse 37
योगिनी योगमाता च तपश्चक्रे सुदारुणं । प्रसन्नो भगवांस्तस्या वरं वव्रे तु सा ततः
La Yoginī, Mère du Yoga, accomplit des austérités d’une rigueur extrême. Le Seigneur Bienheureux, satisfait d’elle, lui accorda une grâce ; puis elle choisit un vœu à demander.
Verse 38
योगवंतं सुरूपं च भर्तारं विजितेंद्रियम् । देहि देव प्रसन्नस्त्वं यदि ते वदतां वर
Accorde-moi, ô Deva, si tu es satisfait, un époux doué de yoga, beau de forme et maître de ses sens ; ô le plus excellent de ceux qui accordent des grâces.
Verse 39
निर्णुदः सर्वपापानां पवित्र ऋषिसंस्तुतः । गंधपुष्पैरलंकृत्य या दिव्येत्यर्घमुत्सृजेत्
Celui qui repousse tous les péchés—pur, loué par les ṛṣi—ayant paré l’offrande de parfums et de fleurs, doit offrir l’arghya en disant : «Ô Divin !»
Verse 40
भविष्यति च ते कन्या कृत्तीनामाथ योगिनी । पांचालपतये देया सात्वताय तु सा तदा
Et il te naîtra une fille, nommée Kṛttī, yoginī. Alors, qu’elle soit donnée en mariage au seigneur des Pāñcāla, à Sātvata.
Verse 41
जननी ब्रह्मदत्तस्य योगसिद्धांतगा स्मृता । कृष्ण गौरश्च शंभुश्च भविष्यंति च ते सुताः
La mère de Brahmadatta est tenue pour établie dans les doctrines de l’accomplissement yogique. Et tes fils seront Kṛṣṇa, Gaura et Śambhu.
Verse 42
सर्वकामसमृद्धेषु विमानेष्वपि पावनाः । किं पुनः श्राद्धदा विप्रा भक्तिमंतः क्रियान्विताः
Même ces palais célestes (vimāna), comblés de tous les plaisirs désirés, sont purifiants ; combien plus encore les brāhmaṇa qui offrent le śrāddha, pleins de bhakti et fidèles aux rites prescrits !
Verse 43
गौर्नाम कन्या येषां तु मानसी दिवि राजते । सुकन्या दयिता पत्नी साध्यानां कीर्तिवर्द्धिनी
Parmi eux, une jeune fille nommée Gaur—née de l’esprit—resplendit au ciel. Cette noble demoiselle, épouse bien-aimée, est la compagne des Sādhyas et accroît leur renommée.
Verse 44
मरीचिगर्भनामानो लोके मार्तंडमंडले । पितरो यत्र तिष्ठंति हविष्मंतोंगिरः सुताः
Dans la sphère solaire, l’orbe de Mārtaṇḍa, demeurent les Pitṛs connus dans le monde sous le nom de Marīcigarbhā ; là ils résident—Haviṣmān et les fils d’Aṅgiras.
Verse 45
तीर्थश्राद्धप्रदा यांति यत्र क्षत्रियसत्तमाः । राज्ञां तु पितरस्ते वै स्वर्गभोगफलप्रदाः
Là où se rendent les plus nobles Kṣatriyas, on obtient le mérite du śrāddha accompli aux tīrthas sacrés ; et, en vérité, les Pitṛs des rois accordent le fruit de la jouissance des plaisirs célestes.
Verse 46
एतेषां मानसी कन्या यशोदा नाम विश्रुता । पत्नी यांशुमतः श्रेष्ठा स्नुषा पंचजनस्य च
Parmi eux se trouvait une fille née de la pensée, renommée sous le nom de Yaśodā—épouse éminente de Yāṃśumat, et aussi belle-fille de Pañcajana.
Verse 47
जनन्यथ दिलीपस्य भगीरथपितामही । लोकाः कामदुघा नाम कामभोगफलप्रदाः
Puis elle devint la mère de Dilīpa et la grand-mère paternelle de Bhagīratha. D’elle naquirent les mondes nommés Kāmadhughā, dispensateurs des fruits des jouissances et plaisirs désirés.
Verse 48
सुस्वधा नाम पितरो यत्र तिष्ठन्ति ते सुताः । आज्यपा नाम लोकेषु कर्दमस्य प्रजापतेः
Là où demeurent les Pitṛs nommés Susvadhā—tels sont leurs fils ; et dans les mondes se trouvent aussi les Pitṛs appelés Ājyapā, relevant du Prajāpati Kardama.
Verse 49
पुलहाग्रजदायादा वैश्यास्तान्भावयंति ह । यत्र श्राद्धकृतः सर्वे पश्यंति युगपद्गताः
Là, les Vaiśya—descendants du frère aîné de Pulaha—les invoquent et les apaisent véritablement (les ancêtres) ; et en ce lieu, tous ceux qui ont accompli le śrāddha les voient, comme s’ils étaient arrivés ensemble au même instant.
Verse 50
मातृभ्रातृपितृस्वसॄः सखिसंबंधिबांधवान् । अपिजन्मायुतैर्दृष्टाननुभूतान्सहस्रशः
Mères, frères, pères, sœurs, amis, parents et proches : bien qu’on les ait vus au fil de dizaines de milliers de naissances et rencontrés par milliers, ils ne demeurent pas réellement “à soi” pour l’éternité.
Verse 51
एतेषां मानसी कन्या विरजा नाम विश्रुता । सा पत्नी नहुषस्यासीद्ययातेर्जननी तथा
D’entre eux naquit une fille issue de l’esprit, célèbre sous le nom de Virajā. Elle devint l’épouse de Nahuṣa et aussi la mère de Yayāti.
Verse 52
एषाष्टकाभवत्पश्चाद्ब्रह्मलोकगता सती । त्रय एते गणाः प्रोक्ताश्चतुर्थं तु वदाम्यहम्
Ensuite, elle devint une « octade » (aṣṭakā) et, vertueuse, parvint au monde de Brahmā. Ces trois groupes ont été décrits ; maintenant, je dirai le quatrième.
Verse 53
लोकाः सुमनसो नाम ब्रह्मलोकोपरिस्थिताः । सोमपा नाम पितरो यत्र तिष्ठंति शाश्वतं
Au-dessus de Brahmaloka se trouvent les mondes appelés Sumanasa ; là demeurent éternellement les Pitṛs nommés Somapā.
Verse 54
धर्ममूर्तिधराः सर्वे परतो ब्रह्मणः स्मृताः । उत्पन्नाः प्रलयांते तु ब्रह्मत्वं प्राप्य योगिनः
Tous, portant la forme même du Dharma, sont tenus pour transcendants à Brahmā. Bien qu’ils naissent dans la création, à la fin de la dissolution ces yogins atteignent l’état de Brahman.
Verse 55
कृत्वा सृष्ट्यादिकं सर्वे मानसे सांप्रतं स्थिताः । नर्मदा नाम तेषां तु कन्या तोयवहा सरित्
Après avoir accompli tous les actes commençant par la création, ils demeurèrent alors en Mānasa. D’eux naquit une fille nommée Narmadā, rivière porteuse des eaux.
Verse 56
भूतानि पुनती या तु पश्चिमोदधिगामिनी । तेभ्यः सर्वत्र मनुजाः प्रजासर्गे च निर्मितम्
Cette rivière, qui purifie tous les êtres et s’écoule vers l’océan de l’Ouest, d’elle, lors de la création des êtres, les humains furent façonnés partout.
Verse 57
ज्ञात्वा श्राद्धानि कुर्वंति धर्मभावेन सर्वदा । सर्वदा तेभ्य एवास्य प्रसादाद्योगसंततिः
Connaissant la règle juste, ils accomplissent toujours les rites de śrāddha dans l’esprit du dharma ; et par la seule grâce de ces ancêtres, naît pour lui sans cesse une continuité ininterrompue de yoga.
Verse 58
पितॄणामादिसर्गे तु श्राद्धमेवं विनिर्मितम् । सर्वेषां राजतं पात्रमथवा राजतान्वितम्
Ainsi, lors de la création première destinée aux Pitṛs (esprits ancestraux), le rite de śrāddha fut institué de cette manière. Pour toutes les offrandes, le récipient prescrit est d’argent, ou du moins orné d’argent.
Verse 59
दत्तं स्वधां पुरोधाय पितॄन्प्रीणाति सर्वदा । आग्नीध्रसोमपाभ्यां तु कार्यमाप्यायनं बुधैः
Lorsque l’offrande est donnée en plaçant d’abord la formule svadhā, elle réjouit toujours les Pitṛs (esprits des ancêtres). Mais les sages prescrivent la nourriture et le renforcement du rite par les deux oblations à Agnīdhra et à Somapā.
Verse 60
अग्न्यभावे तु विप्रस्य पाणौ वाथ जलेपि वा । अजाकर्णेश्वकर्णे वा गोष्ठे वाथ शिवांतिके
Mais lorsque le feu fait défaut à un brāhmaṇa, (le rite peut être accompli) dans la paume de la main, ou même dans l’eau ; ou à Ajākarṇa ou à Aśvakarṇa ; ou dans une étable à vaches ; ou près d’un sanctuaire de Śiva.
Verse 61
पितॄणाममलं स्थानं दक्षिणादिक्प्रशस्यते । प्राचीनावीतमुदकं तिलसंत्यागमेव च
Pour les Pitṛs (esprits des ancêtres), la région sans tache et convenable est louée comme étant la direction du sud ; et (les rites se font) selon la manière prācīnāvīta, avec des offrandes d’eau, et aussi avec l’offrande de sésame.
Verse 62
खड्गिगनामामिषं चैवमन्नं श्यामाकशालयः । यवनीवारमुद्गेक्षु शुक्लपुष्प फलानि च
Sont mentionnés des aliments tels que la viande (āmiṣa), des grains comme le śyāmāka et le riz śāli, les grains yavanī et nīvāra, le mudga (haricot mungo) et la canne à sucre, ainsi que des fleurs blanches et des fruits.
Verse 63
वल्लभानि प्रशस्तानि पितॄणामिह सर्वदा । दर्भा माषष्षष्टिकान्नं गोक्षीरं मधुसर्पिषी
Ici, pour les Pitṛs (esprits des ancêtres), sont toujours chers et tout particulièrement louables : l’herbe darbha, le māṣa (haricot noir), la nourriture faite de riz ṣaṣṭika, le lait de vache, le miel et le ghee (beurre clarifié).
Verse 64
शस्त्राणि च प्रवक्ष्यामि श्राद्धे वर्ज्यानि यानि च । मसूर शण निष्पावा राजमाषाः कुलुत्थकाः
Je dirai aussi les choses qu’il faut éviter dans le rite de Śrāddha : les lentilles, la graine de chanvre, les haricots niṣpāva, les haricots rājamāṣa et le pois cheval (kulattha).
Verse 65
पद्म बिल्वार्कादुत्तूर पारिभद्राटरूषकाः । न देयाः पितृकार्येषु पयश्चाजाविकं तथा
Le lotus, le bilva, l’arka, le dhattūra, le pārijāta et l’aṭarūṣaka ne doivent pas être offerts dans les rites pour les ancêtres ; de même, on ne doit pas donner de lait de chèvre ni de brebis.
Verse 66
कोद्रवोदारवरटकपित्थं मधुकातसी । एतान्यपि न देयानि पितॄभ्यः श्रियमिच्छता
Celui qui désire la prospérité ne doit pas offrir aux Pitṛs, même ceux-ci : le grain kodrava, odāra, varaṭa, le fruit kapittha, madhuka et ātasi (graine de lin).
Verse 67
पितृन्प्रीणाति यो भक्त्या ते पुनः प्रीणयंति तं । यच्छंति पितरः पुष्टिं स्वांगारोग्यं प्रजाफलम्
Celui qui, avec dévotion, réjouit les Pitṛs, les pères ancestraux, eux aussi se réjouissent de nouveau de lui. Les Pitṛs accordent nourriture et force, la saine santé du corps, et le fruit de la descendance.
Verse 68
देवकार्यादपि पुनः पितृकार्यं विशिष्यते । देवताभ्यः पितॄणां तु पूर्वमाप्यायनं स्मृतम्
Plus encore que les rites destinés aux devas, les rites destinés aux Pitṛs sont tenus pour supérieurs ; car il est rappelé que les ancêtres doivent être apaisés d’abord, avant même les divinités.
Verse 69
शीघ्रप्रसादास्त्वक्रोधा निस्संगाः स्थिर सौहृदाः । शांतात्मानः शौचपराः सततं प्रियवादिनः
Ils pardonnent promptement, sont sans colère, détachés et constants en amitié ; l’âme paisible, voués à la pureté, et toujours de parole bienveillante.
Verse 70
भक्तानुरक्ताः सुखदाः पितरः पर्वदेवताः । हविष्मतामाधिपत्ये श्राद्धदेवः स्मृतो रविः
Les Pitṛs—attachés à leurs dévots et dispensateurs de bonheur—sont tenus pour les divinités des temps sacrés. Et parmi ceux qui offrent le havis, Ravi (le Soleil) est rappelé comme la divinité présidant au rite de śrāddha.
Verse 71
एतद्धि सर्वमाख्यातं पितृवंशानुकीर्त्तनम् । पुण्यं पवित्रमारोग्यं कीर्त्तनीयं नृभिः सदा
Ainsi a été exposé tout ce récit de la lignée des ancêtres. Il est méritoire, purificateur et source de santé ; c’est pourquoi les hommes doivent le réciter sans cesse.
Verse 72
भीष्म उवाच । श्रुत्वैतदखिलं भूयः पराभक्तिरुपस्थिता । श्राद्धकालं विधिं चैव श्राद्धमेव तथैव च
Bhīṣma dit : Ayant entendu tout cela, la dévotion suprême s’est de nouveau éveillée en moi. Dis-moi donc aussi le temps du śrāddha, sa règle, et le śrāddha lui-même en entier.
Verse 73
श्राद्धेषु भोजनीया ये श्राद्धवर्ज्या द्विजातयः । कस्मिन्वासरभागे तु पितृभ्यः श्राद्धमारभेत्
Dans les śrāddhas, quels « deux-fois-nés » doivent être nourris, et quels « deux-fois-nés » doivent être exclus du śrāddha ? Et à quel moment du jour doit-on commencer le śrāddha pour les Pitṛs (ancêtres) ?
Verse 74
अन्नं दत्तं कथं याति श्राद्धे वै ब्रह्मवित्तम । विधिना केन कर्त्तव्यं कथं प्रीणाति तान्पितॄन्
Ô toi, le plus excellent des connaisseurs de Brahman, comment la nourriture offerte dans le śrāddha parvient-elle aux défunts ? Selon quel rite doit-on l’accomplir, et comment comble-t-elle les Ancêtres, les Pitṛs ?
Verse 75
पुलस्त्य उवाच । कुर्यादहरहः श्राद्धमन्नाद्येनोदकेन च । पयोमूलफलैर्वापि पितृभ्यः प्रीतिमावहन्
Pulastya dit : Qu’on accomplisse chaque jour le śrāddha, avec nourriture et aussi avec eau ; ou même avec lait, racines et fruits, apportant ainsi joie aux ancêtres (pitṛs).
Verse 76
नित्यं नैमित्तिकं काम्यं त्रिविधं श्राद्धमुच्यते । नित्यं तावत्प्रवक्ष्यामि अर्घ्यावाहनवर्जितम्
On dit que le śrāddha est de trois sortes : nitya (quotidien), naimittika (occasionnel) et kāmya (accompli pour un désir). Je vais d’abord exposer le śrāddha quotidien, sans l’offrande dite arghya et sans invocation (āvāhana).
Verse 77
अदैवतं विजानीयात्पार्वणं पर्व सुस्मृतम् । पार्वणं त्रिविधं प्रोक्तं शृणु यत्नान्महीपते
Qu’on sache que l’« adaivata » est le rite Pārvaṇa, bien connu comme observance du Parvan. Le Pārvaṇa a été déclaré triple : écoute avec soin, ô roi.
Verse 78
पार्वणेय नियोज्यास्तु तान्शृणुष्व नराधिप । पंचाग्निः स्नातकश्चैव त्रिसौपर्णः षडंगवित्
Écoute, ô roi, ceux qu’il convient d’assigner au rite Pārvaṇa : celui qui entretient les cinq feux sacrés, le Snātaka (ayant achevé l’étude védique), le connaisseur des trois hymnes Suparṇa, et celui qui maîtrise les six membres (Vedāṅga).
Verse 79
श्रोत्रियः श्रोत्रियसुतो विधिवाक्यविशारदः । सर्वज्ञो वेदवान्मंत्री ज्ञानवंशकुलान्वितः
C’est un savant védique, fils d’un savant, expert dans l’interprétation des injonctions scripturaires ; comme omniscient, porteur de la science des Veda, conseiller avisé, et pourvu d’une lignée et d’une tradition familiale fondées sur la connaissance.
Verse 80
त्रिणाचिकेतस्त्रिमधुः श्रुतेष्वन्येषु संस्थितः । पुराणवेत्ता ब्रह्मज्ञः स्वाध्यायी जपतत्परः
Il accomplit le rite triple de Nāciketa, connaît les enseignements des « trois Madhu », et demeure solidement établi dans les Veda et les autres Écritures ; maître des Purāṇa, connaisseur de Brahman, voué à l’étude de soi, et toujours appliqué au japa, la récitation sacrée.
Verse 81
ब्रह्मभक्तः पितृपरः सूर्यभक्तोथ वैष्णवः । ब्राह्मणो योगनिष्ठात्मा विजितात्मा सुशीलवान्
Dévot de Brahmā, attaché aux rites des ancêtres, adorateur du Soleil et aussi vaiṣṇava : il est un brāhmaṇa, ferme dans le yoga, maître de lui-même et d’une conduite noble.
Verse 82
एते तोष्याः प्रयत्नेन वर्जनीयानिमान्शृणु । पतितस्तत्सुतः क्लीबः पिशुनो व्यंगरोगितः
Ceux-là doivent être satisfaits avec effort ; écoute maintenant ceux qu’il faut éviter : l’homme déchu, son fils, l’impuissant, le médisant, et celui qui souffre de difformité ou de maladie.
Verse 83
सर्वे ते श्राद्धकाले तु त्याज्या वै धर्मदर्शिभिः । पूर्वेद्युरपरेद्युर्वा विनीतांश्च निमंत्रयेत्
Tous ceux-là doivent assurément être écartés au moment du śrāddha par ceux qui discernent le dharma. Qu’on invite des personnes disciplinées et dignes, soit la veille, soit le lendemain.
Verse 84
निमंत्रितांश्च पितर उपतिष्ठंति तान्द्विजान् । वायुभूतानि गच्छंति तथासीनानुपासते
Lorsqu’on les invite, les Pitṛs (ancêtres) se tiennent auprès des deux-fois-nés ; ayant pris une forme subtile, semblable au vent, ils s’approchent et demeurent ainsi tout près, au service de ceux qui sont assis.
Verse 85
दक्षिणं जानुचालभ्य वामं पात्यनिमंत्रयेत् । अक्रोधनैः शौचपरैः सुस्नातैर्ब्रह्मवादिभिः
La jambe droite avancée au genou et la gauche abaissée, qu’on adresse l’invitation ; qu’elle soit faite par des connaisseurs de Brahman, sans colère, voués à la pureté et dûment baignés selon le rite.
Verse 86
भवितव्यं भवद्भिस्तु मया च श्राद्धकर्मणि । पितृयज्ञं विनिर्वर्त्य तर्पणाख्यं तु योग्निमान्
Vous et moi devons prendre part comme il se doit au rite de śrāddha. Après avoir accompli le pitṛ-yajña, le pratiquant discipliné accomplira ensuite le rite nommé tarpaṇa, les libations offertes aux ancêtres.
Verse 87
पिंडान्वाहार्यकं कुर्याच्छ्राद्धमिंदुक्षये तथा । गोमयेनानुलिप्ते तु दक्षिणाप्लवनस्थले
Qu’on accomplisse aussi le śrāddha piṇḍa–anvāhāryaka lors du déclin de la lune, au lieu du dakṣiṇā-plavana pour l’offrande au sud, après avoir enduit l’endroit de bouse de vache.
Verse 88
श्राद्धं समारभेद्भक्त्या गोष्ठे वा जलसन्निधौ । अग्निमान्निर्वपेत्पित्र्यं चरुं वा सक्तुमुष्टिभिः
Avec dévotion, qu’on commence le śrāddha, soit dans une étable à vaches, soit près de l’eau. En présence du feu, qu’on offre l’oblation piṭrya : soit le caru, bouillie de riz cuite, soit des poignées de saktu, grain ou farine grillés.
Verse 89
पितृभ्यो निर्वपामीति सर्वं दक्षिणतो न्यसेत् । अभिघार्य ततः कुर्यान्निर्वापत्रयमग्रतः
En disant : « J’offre ceci aux Pitṛs (ancêtres) », qu’on dispose tout du côté du sud. Puis, après avoir versé l’oblation de ghee, qu’on fasse trois offrandes devant soi.
Verse 90
ते वितस्त्यायताः कार्याश्चतुरङ्गुलविस्तृताः । दर्वीत्रयं च कुर्वीत खादिरं रजतान्वितम्
Qu’on les fasse d’une empan de longueur et de quatre doigts de largeur ; et qu’on prépare aussi trois louches, en bois de khadira et garnies d’argent.
Verse 91
रत्निमात्रं परिश्लक्ष्णं हस्ताकाराग्रमुत्तमम् । उदपात्राणि कांस्यस्य मेक्षणं च समित्कुशम्
Un instrument lisse et parfaitement poli, mesurant un ratni (une empan), avec une excellente extrémité en forme de main ; des récipients de bronze pour l’eau ; ainsi qu’une louche, du bois de feu et de l’herbe kuśa.
Verse 92
तिलपात्राणि सद्वासो गंधधूपानुलेपनम् । आहरेदपसव्यं च सर्वं दक्षिणतः शनैः
Qu’il apporte des récipients remplis de sésame, avec de bons vêtements, des parfums, de l’encens et des onguents ; et qu’il apporte le tout lentement, par le côté droit, en marche antihoraire (apasavya).
Verse 93
एवमासाद्य तत्सर्वं भवनस्योत्तरेंतरे । गोमयेनानुलिप्तायां गोमूत्रेण च मंडलम्
Ainsi, après avoir rassemblé et disposé tout cela dans la partie intérieure nord de la maison—après avoir enduit l’endroit de bouse de vache—qu’on trace aussi un cercle rituel avec l’urine de vache.
Verse 94
साक्षताभिः सपुष्पाभिरद्भिः सव्यापसव्यवत् । विप्राणां क्षालयेत्पादावभिवंद्य पुनःपुनः
Avec de l’eau mêlée de grains de riz intacts et de fleurs, qu’on lave les pieds des brāhmaṇas, en se déplaçant respectueusement de gauche à droite, et en se prosternant maintes fois.
Verse 95
आसनेषूपविष्टेषु दर्भवत्सु विधानतः । उपस्पृष्टोदकान्विप्रानुपवेश्यानुमंत्रयेत्
Lorsque les brāhmaṇas sont assis selon la règle sur des sièges garnis d’herbe darbha, et qu’ils ont accompli le rite de toucher l’eau pour la purification, qu’on les fasse alors prendre place pour la cérémonie et qu’on récite sur eux les mantras convenables.
Verse 96
द्वौ दैवे पितृकृत्ये त्रीनेकैकं चोभयत्र वा । भोजयेदीश्वरोपीह न कुर्याद्विस्तरं बुधः
Dans un rite pour les dieux, qu’on nourrisse deux (brāhmaṇas) ; dans un rite pour les ancêtres, trois ; ou bien un pour chacun des deux rites. Même un maître de maison compétent ne doit en nourrir qu’autant ici ; que le sage n’étale pas une vaine magnificence.
Verse 97
दैवपूर्वं निवेद्याथ विप्रानर्घादिना बुधैः । अग्नौ कुर्यादनुज्ञातो विप्रैर्विप्रो यथाविधि
D’abord, après avoir dûment présenté l’offrande aux puissances divines, les sages doivent honorer les brāhmaṇas par des présents tels que l’arghya ; puis, avec l’assentiment des brāhmaṇas, qu’un brāhmaṇa accomplisse l’oblation au feu dans le feu sacré selon le rite prescrit.
Verse 98
स्वगृह्योक्तेन विधिना काले कृत्वा समंततः । अग्नीषोममयाभ्यां तु कुर्यादाप्यायनं बुधः
Au moment convenable, après avoir accompli le rite de tous côtés selon la procédure enseignée dans son propre Gṛhya-sūtra, le sage doit ensuite accomplir l’āpyāyana, le rite de réplétion, au moyen des oblations faites d’Agni et de Soma.
Verse 99
दक्षिणाग्नौ प्रणीतेन स एवाग्निर्द्विजोत्तमः । यज्ञोपवीतान्निर्वर्त्य ततः पर्युक्षणादिकम्
Lorsque ce feu a été conduit au dakṣiṇāgni, ce même feu—ô le meilleur des deux-fois-nés—doit servir à parachever le rite du yajñopavīta ; ensuite, l’on accomplira le paryukṣaṇa (aspersion) et les autres procédures annexes.
Verse 100
प्राचीनावीतिना कार्यमेतत्सर्वं विजानता । लब्ध्वा तस्माद्विशेषेण पिंडान्कुर्वीत चोदकं
Celui qui connaît l’ensemble de ces rites doit les accomplir en portant le fil sacré selon la manière prācīnāvīta ; ainsi, ayant obtenu ce qu’il faut et le moment propice, qu’il prépare tout particulièrement les offrandes de piṇḍa et l’oblation d’eau qui les accompagne.
Verse 101
दद्यादुदकपात्रैस्तु सलिलं सव्यपाणिना । दद्यात्सर्वं प्रयत्नेन दमयुक्तो विमत्सरः
Avec des vases d’eau, qu’on offre l’eau de la main gauche ; et que tout soit donné avec effort et soin, dans la maîtrise de soi et sans jalousie.
Verse 102
विधाय रेखां यत्नेन निर्वपेदवनेजनं । दक्षिणाभिमुखः कुर्यात्ततो दर्भान्निधाय वै
Après avoir tracé avec soin une ligne, qu’on dépose l’offrande de purification ; qu’on l’accomplisse tourné vers le sud, puis qu’on dispose l’herbe darbha.
Verse 103
निधाय पिंडमेकैकं सर्वं दर्भोपरिक्रमात् । निर्वपेदथ दर्भेषु नामगोत्रानुकीर्तनैः
Après avoir déposé chaque piṇḍa l’un après l’autre, et les avoir tous entourés d’herbe kuśa, qu’on les offre ensuite sur la kuśa en récitant le nom et le gotra (lignée).
Verse 104
तेषु दर्भेषु तं हस्तं विमृज्याल्लेपभागिनां । तथैव च जपं कुर्यात्पुनः प्रत्यवनेजनम्
Qu’il essuie sur ces herbes darbha la main qui a touché les restes de la pâte ou l’impureté; puis, de la même manière, qu’il reprenne la récitation du japa et accomplisse encore l’ablution purificatrice.
Verse 105
जलयुक्तं नमस्कृत्य गंधधूपार्चनादिभिः । एवमावाह्य तत्सर्वं वेदमंत्रैर्यथोदितैः
Après s’être incliné en offrant l’eau, et avec parfum, encens, adoration et autres rites, qu’il invoque ainsi l’ensemble, au moyen des mantras védiques, selon l’ordonnance transmise.
Verse 106
एकाग्नरेकएवाद्भिर्निर्वपेद्दर्विकां तथा । ततः कृत्वा नरो दद्यात्पितृभ्यस्तु कुशान्बुधः
Avec un seul feu, et avec l’eau, qu’il accomplisse dûment l’oblation au moyen de la louche. Puis, l’ayant faite, que l’homme sage offre l’herbe kuśa aux Pitṛs, les ancêtres.
Verse 107
ततः पिंडादिकं कुर्यादावाहनविसर्जनम् । ततो गृहीत्वा पिंडेभ्यो मात्राः सर्वाः क्रमेण तु
Ensuite, qu’il accomplisse les rites commençant par les offrandes de piṇḍa, avec l’invocation et le congé. Puis, prélevant des parts des piṇḍas, qu’il offre ou répartisse toutes les portions mesurées selon l’ordre prescrit.
Verse 108
तानेव विप्रान्प्रथममाशयित्वा च मानवः । वर्णयन्भोजयेदन्नमिष्टं पूर्तं च सर्वदा
Après avoir d’abord fait asseoir ces mêmes brahmanes, l’homme doit toujours les nourrir de mets, tant ceux offerts comme don sacrificiel (iṣṭa) que ceux donnés en œuvre de mérite public (pūrta), en célébrant avec respect leurs qualités.
Verse 109
वर्जयेत्क्रोधपरतां स्मरन्नारायणं हरिम् । तृप्तान्ज्ञात्वा पुनः कुर्याद्विकिरं सार्ववर्णिकं
En se souvenant de Nārāyaṇa, Hari, qu’on se garde d’être dominé par la colère. Après s’être assuré que tous sont rassasiés, qu’on redistribue encore les offrandes ou la nourriture avec équité à toutes les classes.
Verse 110
विधृत्य सोदकं त्वन्नं सतिलं प्रक्षिपेद्भुवि । आचांतेषु पुनर्दद्याज्जलं पुष्पाक्षतोदकम्
Ayant pris de la nourriture mêlée d’eau et de sésame, qu’on la jette sur le sol. Puis, après l’ācamana (l’ablution par gorgées), qu’on offre de nouveau de l’eau mêlée de fleurs et de grains de riz entiers.
Verse 111
स्वधावाचनकं सर्वं पिंडोपरि समाचरेत् । देवाद्यंतं प्रकुर्वीत श्राद्धनाशोन्यथा भवेत्
Qu’on accomplisse toute la récitation des formules Svadhā au-dessus du piṇḍa (offrande funéraire). Qu’elle soit faite dans l’ordre, en commençant par les dieux jusqu’à la fin; autrement, le rite de śrāddha est détruit.
Verse 112
विसृज्य विप्रान्प्रणतस्तेषां कृत्वा प्रदक्षिणम् । दक्षिणांदिशमाकांक्षन्पितॄनुद्दिश्य मानवः
Après avoir congédié respectueusement les brāhmaṇas, s’être prosterné devant eux et les avoir contournés en pradakṣiṇā, l’homme—tourné vers le sud—accomplit l’acte en se souvenant des Pitṛs, les ancêtres.
Verse 113
दातारो नोभिवर्द्धंतां वेदाः सन्ततिरेव च । श्रद्धा च नो मा व्यगमद्बहुदेयं च नोस्त्विति
Que nos bienfaiteurs s’accroissent; que les Veda que nous gardons prospèrent; et que notre lignée se perpétue. Que notre foi ne nous quitte jamais, et que nous ayons toujours beaucoup à donner : telle est notre prière.
Verse 114
अन्नं च नो बहुभवेदतिथींश्च लभेमहि । याचितारश्च नः संतु मा च याचिष्म कंचन
Puissions-nous avoir une nourriture abondante et accueillir des hôtes; puissent-il y avoir des demandeurs auprès de nous, et puissions-nous ne jamais mendier auprès de quiconque.
Verse 115
एतदग्निमतः प्रोक्तमन्वाहार्यं तु पार्वणं । यथेंदुसंक्षये तद्वदन्यत्रापि निगद्यते
Ceci a été enseigné par les maîtres des feux sacrés : l’offrande anvāhārya est le rite pārvana. De même qu’elle est prescrite au déclin de la lune, ainsi est-il dit qu’elle s’applique ailleurs aussi.
Verse 116
पिंडांस्तु गोजविप्रेभ्यो दद्यादग्नौ जलेपि वा । वप्रांते वाथ विकिरेदापोभिरथ वापयेत्
Qu’on donne les piṇḍas (boules de riz) aux vaches, aux animaux et aux brāhmaṇas; ou bien qu’on les jette au feu, voire à l’eau. Ou encore qu’on les disperse au bord d’un talus, ou qu’on les délaie avec de l’eau.
Verse 117
पत्नीं तु मध्यमं पिंडं प्राशयेद्विनयान्विताम् । आधत्त पितरो गर्भं पुत्रसंतानवर्द्धनं
Que l’on fasse manger à l’épouse, empreinte de pudeur, le piṇḍa du milieu. Alors les Pitṛs accordent la conception, qui accroît fils et lignée.
Verse 118
तावन्निर्वापणं तिष्ठेद्यावद्विप्रा विसर्जिताः । वैश्वदेवं ततः कुर्यान्निवृत्तः पितृकर्मणः
Que le nirvāpaṇa (l’offrande déposée) demeure en place jusqu’à ce que les brāhmaṇas aient été congédiés avec honneur. Ensuite, les rites aux ancêtres achevés, qu’on accomplisse l’offrande de Vaiśvadeva.
Verse 119
इष्टैः सह ततः शांतो भुंजीत पितृसेवितम् । पुनर्भोजनमध्वानं यानमायासमैथुनम्
Ensuite, l’esprit apaisé, qu’il prenne avec ses proches la nourriture offerte en service aux Pitṛs (ancêtres). Après cela, qu’il s’abstienne de remanger, de voyager, de faire des trajets en véhicule, d’efforts pénibles et de l’union sexuelle.
Verse 120
श्राद्धकृच्छ्राद्धभुग्यो वा सर्वमेतद्विवर्जयेत् । स्वाध्यायं कलहं चैव दिवास्वप्नं च सर्वदा
Qu’il accomplisse les rites de Śrāddha ou qu’il prenne le repas de Śrāddha, qu’il évite tout cela; et qu’il s’abstienne toujours de la récitation védique (svādhyāya), des querelles et du sommeil de jour.
Verse 121
अनेन विधिना श्राद्धं त्रिवर्गस्येह निर्वपेत् । कन्या कुंभ वृषस्थेर्के कृष्णपक्षेषु सर्वदा
Selon cette règle prescrite, qu’on accomplisse ici le śrāddha qui soutient les trois buts de la vie; et qu’on le fasse toujours durant la quinzaine sombre (kṛṣṇa-pakṣa), lorsque le Soleil est en Vierge (Kanyā), Verseau (Kumbha) ou Taureau (Vṛṣa).
Verse 122
यत्रयत्र प्रदातव्यं सपिंडीकरणात्मकम् । तत्रानेन विधानेन देयमग्निमता सदा
Partout où doit être faite une offrande liée au rite de sapiṇḍīkaraṇa, qu’elle soit toujours donnée—par celui qui entretient le feu sacré—selon cette règle prescrite.
Verse 123
अतः परं प्रवक्ष्यामि ब्रह्मणा यदुदीरितम् । श्राद्धं साधारणं नाम भुक्तिमुक्तिफलप्रदम्
À présent, j’exposerai ce que Brahmā a proclamé : le rite nommé le śrāddha « commun » (sādhāraṇa), qui accorde les fruits à la fois de la jouissance en ce monde et de la délivrance.
Verse 124
अयने विषुवे चैव अमावस्यार्कसंक्रमे । अमावस्याष्टका कृष्णपक्ष पंचदशीषु च
Aux solstices et aux équinoxes, au jour d’amāvasyā (nouvelle lune), lors de l’entrée du Soleil dans un nouveau rāśi, à l’observance d’Aṣṭakā, et aussi au quinzième jour de la quinzaine sombre—(ces moments sont tout particulièrement sacrés).
Verse 125
आर्द्रा मघा रोहिणीषु द्रव्यब्राह्मणसंगमे । गजच्छायाव्यतीपाते विष्टिवैधृतिवासरे
Dans les nakṣatras Ārdrā, Maghā et Rohiṇī; lors d’une rencontre où se mêlent richesse et un brāhmaṇa; durant les moments funestes nommés Gaja-chāyā et Vyatīpāta; et aux jours marqués par Viṣṭi (Bhadrā) et Vaidhṛti—(on les tient pour défavorables aux actes propices).
Verse 126
वैशाखस्य तृतीयायां नवमीकार्तिकस्य च । पंचदशी तु माघस्य नभस्ये च त्रयोदशी
Au troisième tithi de Vaiśākha, au neuvième de Kārtika, au quinzième de Māgha et au treizième de Nabhas—(telles sont les dates sacrées prescrites).
Verse 127
युगादयः स्मृता ह्येताः पितॄपक्षोपकारिकाः । तथा मन्वंतरादौ च देयं श्राद्धं विजानता
Ces occasions, commençant avec les yuga, sont tenues en mémoire comme favorables au Pitṛpakṣa, la quinzaine des Ancêtres. De même, au commencement d’un manvantara, celui qui sait doit offrir le śrāddha.
Verse 128
अश्वयुङ्नवमी चैव द्वादशी कार्तिके तथा । तृतीया चैत्रमासस्य तथा भाद्रपदस्य च
Sont également à noter le neuvième tithi du mois d’Āśvayuja, le douzième en Kārttika, le troisième du mois de Caitra, et de même le troisième en Bhādrapada.
Verse 129
फाल्गुनस्य त्वमावास्या पौषस्यैकादशी तथा । आषाढस्यापि दशमी माघमासस्य सप्तमी
Le jour de nouvelle lune du mois de Phālguna; de même le onzième tithi en Pauṣa; aussi le dixième en Āṣāḍha; et le septième dans le mois de Māgha.
Verse 130
श्रावणे चाष्टमी कृष्णा तथाषाढी च पूर्णिमा । कार्तिकी फाल्गुनी चैवा ज्येष्ठे पंचदशी सिता
En Śrāvaṇa, le huitième tithi de la quinzaine sombre; en Āṣāḍha, le jour de pleine lune; de même en Kārtika et en Phālguna; et en Jyeṣṭha, le quinzième tithi de la quinzaine claire—telles sont les dates lunaires sacrées prescrites.
Verse 131
मन्वंतरादयस्त्वेता दत्तस्याक्षयकारिकाः । पानीयमप्यत्र तिलैर्विमिश्रं दद्यात्पितृभ्यः प्रयतो मनुष्यः
Ces rites, à commencer par les observances du Manvantara, rendent impérissable ce qui est offert. Ici encore, l’homme appliqué doit donner aux Pitṛs même de l’eau mêlée de graines de sésame.
Verse 132
श्राद्धं कृतं तेन समास्सहस्रं रहस्यमेतत्पितरो वदंति । वैशाख्यामुपवासेषु तथोत्सवमहालये
Les Ancêtres disent ceci comme un secret: par lui, le Śrāddha est accompli comme pour mille années, surtout durant les jeûnes de Vaiśākha, et de même lors du Mahālaya célébré.
Verse 133
तीर्थायतनगोष्ठेषु द्वीपोद्यानगृहेषु च । विविक्तेषूपलिप्तेषु श्राद्धं देयं विजानता
L’homme avisé doit offrir le rite de śrāddha dans les tīrthas et lieux saints, dans les salles d’assemblée, sur les îles, dans les jardins et dans les demeures—surtout en des endroits retirés et bien enduits (purifiés).
Verse 134
विप्रान्पूर्वेपरेचाह्नि विनीतात्मानि मंत्रयेत् । शीलवृत्तगुणोपेतान्वयोरूपसमन्वितान्
Le matin puis encore l’après-midi, qu’on prenne conseil auprès de brāhmaṇas bien maîtrisés : pourvus de bonne conduite, d’un juste mode de vie et de vertus, avec maturité et digne prestance.
Verse 135
द्वौ दैवे पितृकृत्ये त्रीनेकैकमुभयत्र वा । भोजयेत्सुसमृद्धोपि न प्रकुर्वीत विस्तरम्
Dans un rite pour les dieux, qu’on nourrisse deux (brāhmaṇas) ; dans un rite pour les ancêtres, trois—ou bien un pour chacun, ou un seul pour les deux ensemble. Même dans l’abondance, qu’on ne fasse pas du repas une vaine démonstration.
Verse 136
विश्वेदेवान्यवैः पुष्पैरभ्यर्च्यासनपूर्वकं । पूरयेत्पात्रयुग्मं तु स्थाप्यं दर्भपवित्रके
Après avoir honoré comme il se doit les Viśvedevas avec de l’orge et des fleurs, en commençant par leur offrir un siège, qu’on remplisse la paire de récipients et qu’on les dépose sur l’herbe kuśa consacrée, purificatrice.
Verse 137
शन्नोदेवीत्यपः कुर्याद्यवोसीति यवानपि । गंधपुष्पैस्तु संपूज्य विश्वान्देवान्प्रतिन्यसेत्
En récitant « śaṃ no devīḥ », qu’on consacre les eaux ; et en récitant « yavosī », qu’on consacre de même l’orge. Puis, après l’adoration par parfums et fleurs, qu’on établisse (invoque) les Viśve-devas.
Verse 138
विश्वेदेवास इत्याभ्यामावाह्य विकिरेद्यवान् । यवोसि धान्यराजस्त्वं वारुणो मधुमिश्रितः
Après les avoir invoqués par les deux mantras commençant par « Viśvedevāsa… », qu’on répande ensuite l’orge. (En disant :) « Tu es l’orge, roi des grains ; tu es l’offrande de Varuṇa, mêlée de miel ».
Verse 140
अभ्यर्च्य गंधाद्युत्सृज्य पितृयज्ञं समारभेत् । दर्भासनादि कृत्वादौ त्रीणि पात्राणि चार्चयेत्
Après avoir d’abord rendu un culte et mis de côté les parfums et le reste, qu’on commence le rite aux Ancêtres (pitṛ-yajña). Au début, après avoir préparé un siège d’herbe darbha et les dispositions requises, qu’on consacre et vénère les trois récipients.
Verse 141
सपवित्राणि कृत्वादौ शन्नोदेवीत्यपः क्षिपेत् । तिलोसीति तिलान्कुर्याद्गन्धपुष्पादिकं पुनः
D’abord, après avoir préparé les pavitras sacrés, qu’on asperge d’eau en récitant «śaṃ no devīḥ» ; puis, avec le mantra «tilosī», qu’on dépose des graines de sésame, et qu’on offre de nouveau parfum, fleurs et autres offrandes.
Verse 142
पात्रं वनस्पतिमयं तथा पर्णमयं पुनः । राजतं वा प्रकुर्वीत तथा सागरसंभवम्
Qu’on prépare un récipient fait de matière végétale, ou bien un autre fait de feuilles ; ou encore qu’on le fasse d’argent, et de même de ce qui provient de l’océan.
Verse 143
सौवर्णं राजतं ताम्रं पितॄणां पात्रमुच्यते । रजतस्य कथा वापि दर्शनं दानमेव च
Pour les offrandes aux Pitṛs (Ancêtres), on prescrit des récipients d’or, d’argent et de cuivre. En vérité, même parler de l’argent, le voir ou l’offrir en dāna (don sacré) est en soi méritoire.
Verse 144
राजतैर्भाजनैरेषां पितॄणां रजतान्वितैः । वार्यपि श्रद्धया दत्तमक्षयायोपकल्पते
Même l’eau, lorsqu’elle est offerte avec foi aux Pitṛs dans des récipients d’argent ornés d’argent, devient cause de mérite impérissable.
Verse 145
अद्यापि पितृपात्रेषु पितॄणां राजतान्वितम् । शिवनेत्रोद्भवं यस्मादुत्तमं पितृवल्लभम्
Aujourd’hui encore, dans les vases d’offrande aux Pitṛ, on met de l’argent, car l’on dit qu’il est né de l’œil de Śiva ; ainsi le tient-on pour excellent et tout particulièrement cher aux Ancêtres.
Verse 146
एवं पात्राणि संकल्प्य यथालाभं विमत्सरः । या दिव्येति पितुर्नाम गोत्रे दर्भान्करे न्यसेत्
Ainsi, après avoir préparé les vases selon ce que l’on peut obtenir, sans jalousie, qu’on place l’herbe kuśa dans la main et qu’on énonce le nom du père et le gotra, avec l’invocation « yā divyā ».
Verse 147
पितॄनावाहयिष्यामि तथेत्युक्तः स तैः पुनः । उशंतस्त्वा तथायन्तु ऋग्म्यामावाहयेत्पितॄन्
« J’invoquerai les Pitṛ », dit-il ; puis, de nouveau instruit par eux : « Qu’ils viennent ici, bienveillants envers toi ». Ainsi, par des versets du Ṛg, faut-il invoquer les Pitṛ.
Verse 148
या दिव्येत्यर्घ्यमुत्सृज्य दद्याद्गंधादिकं ततः । वस्त्रोत्तरं दर्भपूर्वं दत्वा संश्रयमादितः
Après avoir offert l’arghya avec le mantra « yā divyā… », qu’on présente ensuite les parfums et les autres offrandes. Puis, après avoir d’abord disposé le darbha, qu’on offre le vêtement supérieur et, dès l’origine, qu’on prenne refuge avec la révérence due dans le rite sacré.
Verse 149
पितृपात्रे निधायाथ न्युब्जमुत्तरतो न्यसेत् । पितृभ्यः स्थानमसीति निधाय परिवेषयेत्
Ensuite, l’ayant déposé dans le vase destiné aux Pitṛ, qu’on place l’offrande au nord. Après avoir établi : « Ceci est le siège des Pitṛ », qu’on serve alors les offrandes selon l’usage rituel.
Verse 150
तत्रापि पूर्वतः कुर्यादग्निकार्यं विमत्सरः । उभाभ्यामपि हस्ताभ्यामाहृत्य परिवेषयेत्
Là aussi, sans jalousie, qu’on accomplisse d’abord les rites liés au feu sacré; puis, apportant l’offrande des deux mains, qu’on la distribue comme il convient.
Verse 151
उशन्तस्त्वेति तं दर्भं पाणिभक्तं विशेषतः । गुणान्वितैश्च शाकाद्यैर्नानाभक्ष्यैस्तथैव च
En disant : «Puisses-tu en être satisfait», ils offrirent avec un soin particulier, de la main même, cette herbe darbha, avec des légumes bien apprêtés et maints mets variés.
Verse 152
अन्नं च सदधिक्षीरं गोघृतं शर्करान्वितं । मासं प्रीणाति वै सर्वान्पितॄनित्याह पद्मजः
Nourriture avec caillé et lait, ghee de vache et sucre : cela, pendant un mois, rassasie véritablement tous les Pitṛs; ainsi parla Padmaja (Brahmā).
Verse 153
द्वौ मासौ मत्स्यमांसेन त्रीन्मासान्हारिणेन तु । औरभ्रेणाथ चतुरः शाकुनेनाथ पंच वै
Avec la chair du poisson, la satisfaction dure deux mois; avec celle du cerf, trois mois; avec celle du mouton, quatre; et avec celle des oiseaux, cinq mois assurément.
Verse 154
वाराहस्य तु मांसेन षण्मासं तृप्तिरुत्तमा । सप्तलोहस्य मांसेन तथाष्टावाजकेन तु
Par la chair du sanglier, on obtient une satisfaction excellente (des ancêtres) durant six mois; par la chair du saptalohā, de même; et par celle de l’ājaka, durant huit mois.
Verse 155
पृषतस्य तु मांसेन तृप्तिर्मासान्नवैव तु । दशमासांश्च तृप्यंते वराहमहिषामिषैः
Par la chair du cerf tacheté (pṛṣata), la satiété demeure neuf mois ; et par la chair du sanglier et du buffle, elle demeure dix mois.
Verse 156
शशकूर्मयोस्तु मांसेन मासानेकादशैव तु । संवत्सरं तु गव्येन पयसा पायसेन वा
En mangeant la chair du lièvre ou de la tortue, (l’expiation) dure onze mois ; mais en prenant les dons de la vache — lait ou pāyasa (riz au lait) — elle s’étend sur une année entière.
Verse 157
सौकरेण तु तृप्यंते मासान्पंचदशैव तु । वार्ध्रीणसस्य मांसेन तृप्तिर्द्वादशवार्षिकी
Par la chair du sanglier, la satiété demeure quinze mois ; par la chair du vārdhrīṇasa, la satiété demeure douze années.
Verse 158
कालशाकेन चानंत्यं खड्गमांसेन चैव हि । यत्किंचिन्मधुना मिश्रं गोक्षीरं दधिपायसम्
De même, on encourt un démérite sans fin en mangeant les verdures de kālaśāka et aussi la chair du rhinocéros ; et pareillement en consommant quoi que ce soit mêlé de miel — lait de vache et riz cuit dans le caillé (douceur lactée).
Verse 159
दत्तमक्षयमित्याहुः पितरः पूर्वदेवताः । स्वाध्यायं श्रावयेत्पित्र्यं पुराणान्यखिलानि च
Les Pitṛs — les antiques divinités — proclament : «Le don (accompli selon le rite) est impérissable». C’est pourquoi l’on doit leur faire entendre l’étude védique dédiée aux ancêtres, et faire aussi réciter tous les Purāṇas.
Verse 160
ब्रह्मविष्ण्वर्करुद्राणां स्तवानि विविधानि च । इंद्रेशसोमसूक्तानि पावमानीश्च शक्तितः
Et l’on y trouve divers hymnes de louange à Brahmā, à Viṣṇu, au Soleil et à Rudra ; ainsi que les Sūktas adressés à Indra, à Īśa et à Soma, et les hymnes Pāvamānī, chacun selon sa puissance et son efficacité propres.
Verse 161
बृहद्रथंतरं तत्र ज्येष्ठसामाथ रौरवं । तथैव शांतिकाध्यायं मधुब्राह्मणमेव च
Là, l’on récite le Bṛhadrathantara, le Jyeṣṭhasāman et le Raurava ; de même le chapitre d’apaisement (Śānti) et aussi le Madhu-brāhmaṇa.
Verse 162
मण्डलब्राह्मणं तद्वत्प्रीतिकारि च यत्पुनः । विप्राणामात्मनश्चापि तत्सर्वं समुदीरयेत्
De même, il convient de réciter dûment tout cela—ce qui concerne le maṇḍala et le brāhmane—et tout ce qui, en outre, procure la joie, tant aux brāhmanes qu’à soi-même.
Verse 163
भारताध्ययनं कार्यं पितॄणां परमप्रियं । भुक्तवत्सु च विप्रेषु भोज्यतोयादिकं नृप
Ô roi, il faut réciter et étudier le Bhārata, car il est suprêmement cher aux Pitṛs (ancêtres). Et lorsque les brāhmanes ont fini de manger, on doit offrir nourriture, eau et autres choses, en juste accomplissement du rite.
Verse 164
सार्ववर्णिकमन्नाद्यमानयेत्सावधारणं । समुत्सृजेद्भुक्तवतामग्रतो विकिरान्भुवि
On doit apporter avec soin la nourriture et les autres provisions convenant à toutes les classes ; puis, après qu’ils ont mangé, on met respectueusement de côté le reste, en dispersant des portions sur le sol devant ceux qui ont mangé.
Verse 165
अग्निदग्धाश्च ये जीवा येप्यदग्धाः कुले मम । भूमौ दत्तेन तृप्यंतु तृप्ता यांतु परां गतिं
Que les êtres de ma lignée—ceux consumés par le feu et ceux qui ne le furent pas—soient rassasiés par l’offrande déposée sur la terre; et, rassasiés, qu’ils atteignent l’état suprême.
Verse 166
येषां न माता न पिता न बंधुर्न चापि मित्रं न तथान्नमस्ति । तत्तॄप्तयेन्नं भुवि दत्तमेतत्पयातु योगाय यतो यतस्ते
Pour ceux qui n’ont ni mère ni père, ni parent ni ami, et qui manquent aussi de nourriture : que cette nourriture donnée sur la terre aille les rassasier, les atteignant où qu’ils soient, pour leur subsistance et leur bien-être.
Verse 167
असंस्कृतप्रमीतानां त्यागिनां कुलभागिनां । उछिष्टभागधेयानां दर्भेषु विकिरासनं
Il est prescrit de répandre les restes de nourriture sur l’herbe kuśa pour ceux qui meurent sans les saṃskāras, pour les renonçants, pour ceux qui ont droit à une part par le lien familial, et pour ceux dont la part due n’est que le reste.
Verse 168
तृप्तान्ज्ञात्वोदकं दद्यात्सकृद्विकिरणे तथा । विप्रलिप्तमहीपृष्टे गोशकृन्मूत्रवारिणा
Sachant que les hôtes sont rassasiés, qu’il offre ensuite de l’eau; et qu’il asperge aussi une fois pour la purification. Sur le sol préparé pour les brāhmaṇas, cela se fait avec de l’eau mêlée de bouse et d’urine de vache.
Verse 169
निधाय दर्भान्विधिवद्दक्षिणाग्रान्प्रयत्नतः । सर्ववर्णविधानेन पिंडांश्च पितृयज्ञवत्
Après avoir disposé avec soin les herbes darbha selon la règle, leurs pointes tournées vers le sud, qu’il prépare aussi, suivant l’ordonnance complète, les piṇḍas (boules de riz) comme dans le rite aux ancêtres (pitṛ-yajña).
Verse 170
अवनेजनपूर्वं तु नामगोत्रं तु मानवः । उक्त्वा पुष्पादिकं दत्वा कृत्वा प्रत्यवनेजनं
Avant d’accomplir le rite de l’ablution, l’homme doit énoncer son nom et sa lignée ; puis, après avoir offert des fleurs et autres offrandes, qu’il accomplisse l’ablution de retour, la purification finale.
Verse 171
ज्ञात्वापसव्यं सव्येन पाणिना त्रिः प्रदक्षिणं । पितृवन्मातृकं कार्यं विधिवद्दर्भपाणिना
Ayant compris la manière correcte apasavya (vers la gauche), qu’on accomplisse trois circumambulations en usant de la main gauche ; et le rite pour les ancêtres maternels doit être accompli, comme pour les paternels, selon la règle, la main tenant l’herbe darbha.
Verse 172
दीपप्रज्वालनं तद्वत्कुर्यात्पुष्पार्चनं बुधः । तथा चांतेषु चाचम्य दद्याच्चापः सकृत्सकृत्
De même, le sage doit allumer une lampe et accomplir l’adoration avec des fleurs ; et pareillement, aux parties finales, après avoir fait l’ācamana en sirotant l’eau purificatrice, qu’il offre de l’eau encore et encore.
Verse 173
तथा पुष्पाक्षतान्पश्चादक्षय्योदकमेव च । सतिलं नामगोत्रेण दद्याच्छक्त्या च दक्षिणाम्
Ensuite, qu’on offre des fleurs et des grains de riz intacts, ainsi que le rite de l’eau inépuisable ; avec du sésame, qu’on fasse l’offrande en énonçant nom et lignée, et qu’on donne la dakṣiṇā selon ses moyens.
Verse 174
गोभूहिरण्यवासांसि भव्यानि शयनानि च । दद्याद्यदिष्टं विप्राणामात्मनः पितुरेव च
Qu’on donne des vaches, des terres, de l’or, des vêtements et de beaux lits ; et qu’on offre aussi tout ce qui est cher ou désiré, aux brāhmaṇas, pour le bien de soi-même et aussi de son père.
Verse 175
वित्तशाठ्येन रहितः पितृभ्यः प्रीतिमावहेत् । ततः स्वधावाचनकं विश्वेदेवेषु चोदकं
Exempt de tromperie au sujet des biens, qu’il procure la joie aux Pitṛs (ancêtres). Ensuite, qu’il récite l’invocation svadhā et qu’il offre des libations d’eau aux Viśvedevas.
Verse 176
दत्वाशीः प्रतिगृह्णीयाद्द्विजेभ्योपि यथा बुधः । अघोराः पितरः संतु संत्वित्युक्तः पुनर्द्विजैः
Après avoir donné une bénédiction, le sage doit recevoir à son tour la bénédiction, même des dvija (deux-fois-nés). De nouveau, les brahmanes dirent : «Que les Pitṛs soient non redoutables, bienveillants ; ainsi soit-il».
Verse 177
गोत्रं तथा वर्द्धतां तु तथेत्युक्तश्च तैः पुनः । स्वस्तिवाचनकं कुर्यात्पिंडानुद्धृत्य भक्तितः
Et lorsqu’ils disent encore : «Ainsi soit-il ; que ta lignée prospère», alors, avec dévotion, qu’il soulève les piṇḍas (boules de riz) et accomplisse la récitation bénie du svastivācana.
Verse 178
उच्छेषणं तु तत्तिष्ठेद्यावद्विप्रविसर्जनम् । ततो गृहबलिं कुर्यादिति धर्मो व्यवस्थितः
Les restes de nourriture doivent être mis de côté jusqu’à ce que l’hôte brahmane soit reconduit avec respect. Ensuite, qu’on offre le gṛha-bali, l’oblation domestique ; telle est la règle établie du dharma.
Verse 179
उच्छेषणं भूमिगतमजिह्मस्याशठस्य च । दासवर्गस्य तत्पिंडं भागधेयं प्रचक्षते
Le reste de nourriture, lorsqu’il est déposé à même le sol par quelqu’un de droit et sans tromperie, ce morceau est déclaré être la part légitime attribuée à la classe des serviteurs.
Verse 180
पितृभिर्निर्मितं पूर्वमेतदाप्यायनं सदा । अव्रतानामपुत्राणां स्त्रीणामपि नराधिप
Ô roi, ce rite toujours nourricier fut jadis institué par les Pitṛ (Pères ancestraux) pour ceux qui n’observent pas de vœux, pour les sans enfants, et même pour les femmes.
Verse 181
ततः स्थानाग्रतः स्थित्वा प्रतिगृह्यांबुपात्रिकां । वाजेवाजेति च जपन्कुशाग्रेण विसर्जयेत्
Ensuite, se tenant devant l’emplacement prescrit, prenant le vase d’eau, qu’il la laisse s’écouler avec la pointe d’un brin de kuśa, en murmurant : «vāje vāje».
Verse 182
बहिः प्रदक्षिणं कुर्यात्पदान्यष्टावनुव्रजेत् । बंधुवर्गेण सहितः पुत्रभार्यासमन्वितः
Qu’il accomplisse une circumambulation extérieure (pradakṣiṇa), avançant de huit pas, accompagné de sa parenté, avec son fils et son épouse.
Verse 183
निवृत्य प्रणिपत्याथ प्रयुज्याग्निं स मंत्रवित् । वैश्वदेवं प्रकुर्वीत नैत्यिकं बलिमेव च
De retour, puis s’étant prosterné, le connaisseur des mantras doit allumer le feu sacré ; qu’il accomplisse l’offrande de Vaiśvadeva et aussi l’offrande quotidienne de bali.
Verse 184
ततस्तु वैश्वदेवांते सभृत्यसुतबांधवः । भुंजीतातिथिसंयुक्तः सर्वं पितृनिषेवितं
Ensuite, après avoir achevé le Vaiśvadeva, avec ses serviteurs, ses fils et ses proches—et en présence des hôtes—qu’il prenne le repas, après avoir d’abord servi toute chose selon le rite aux Pitṛ (ancêtres).
Verse 185
एतच्चानुपनीतोपि कुर्यात्सर्वेषु पर्वसु । श्राद्धं साधारणं नाम सर्वकामफलप्रदम् । भार्याविरहितोप्येतत्प्रवासस्थोपि भक्तिमान्
Même celui qui n’a pas reçu le rite de l’upanayana doit l’accomplir à tous les jours sacrés d’observance (parvan). On l’appelle le śrāddha « commun » (sādhāraṇa), et il accorde les fruits de tous les buts désirés. Même sans épouse, même en séjour loin de la maison, l’homme dévot doit encore l’accomplir.
Verse 186
शूद्रोप्यमंत्रकं कुर्यादनेन विधिना नृप । तृतीयमाभ्युदयिकं वृद्धिश्राद्धं विधीयते
Ô roi, même un Śūdra peut l’accomplir sans mantras, selon cette règle. Le troisième type prescrit est l’ābhyudayika : le śrāddha accompli pour la prospérité et l’accroissement.
Verse 187
उत्सवानंदसंस्कारे यज्ञोद्वाहादिमंगले । मातरः प्रथमं पूज्याः पितरस्तदनंतरं
Dans les rites de fête et de joie—tels que les yajñas, les mariages et autres cérémonies de bon augure—les mères doivent être honorées d’abord, puis les pères ensuite.
Verse 188
ततो मातामहा राजन्विश्वेदवास्तथैव च । प्रदक्षिणोपचारेण दध्यक्षतफलोदकैः
Ensuite, ô roi, le grand-père maternel—et de même les Viśvedevās—fut honoré par la circumambulation rituelle et par des offrandes de caillé (dadhi), de grains de riz intacts (akṣata), de fruits et d’eau.
Verse 189
प्राङ्मुखो निर्वपेत्पिंण्डान्पूर्वांश्चैव पुरातनान् । संपन्नमित्यभ्युदये दद्यादर्घं द्वयोर्द्वयोः
Tourné vers l’est, il doit offrir les boules de piṇḍa aux ancêtres selon l’antique usage. Au moment propice de la prospérité, en disant : «Que cela s’accomplisse», il doit présenter l’arghya deux par deux.
Verse 190
युग्मा द्विजातयः पूज्या वस्त्राकल्पांबरादिभिः । तिलकार्यं यवैः कार्यं तच्च सर्वानुपूर्वकं
Les paires de deux-fois-nés doivent être honorées par des vêtements, des ornements, des habits et autres offrandes. Le rite concernant le sésame doit être accompli avec de l’orge, et tout cela doit se faire selon l’ordre prescrit.
Verse 191
मंगल्यानि च सर्वाणि वाचयेद्द्विजपुंगवान् । एवं शूद्रोपि सामान्यं वृद्धिश्राद्धं च सर्वदा
Qu’un brahmane éminent récite toutes les bénédictions de bon augure. Ainsi, même un śūdra peut toujours accomplir le śrāddha ordinaire et aussi le vṛddhi-śrāddha, rite des accroissements et de la prospérité.
Verse 192
नमस्कारेण मंत्रेण कुर्याद्दानानि वै बुधः । दानं प्रधानं शूद्रस्य इत्याह भगवान्प्रभुः । दानेन सर्वकामाप्तिस्तस्य संजायते यतः
Que le sage fasse des dons accompagnés du mantra de salutation révérencieuse. Le Seigneur Bienheureux a déclaré que, pour un śūdra, le don (dāna) est le devoir religieux primordial, car par le don naît pour lui l’accomplissement de tous les désirs.